Vies des hommes illustres/Aristide
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Les vies parallèles de PlutarqueTome deuxième AristideTraduction française de Alexis PierronARISTIDE.(De l’an 530 environ à l’an 497 avant J.-C)Aristide, fils de Lysimachus, était de la tribu Antiochide, et du dème Alopèce. Quant à ses biens, on en a fort diversement parlé :suivant les uns, il vécut toujours dans une étroite pauvreté, et après sa mort il laissa deux filles qui furent longtemps sans trouver à se[1] [2]marier, à cause de leur indigence. Mais Démétrius de Phalère , dans son Socrate , attaqua cette tradition si universellementadoptée : il allègue qu’il connaissait, à Phalère, une campagne appelée la terre d’Aristide, où Aristide avait été enseveli ; il énumère[3]plusieurs preuves de la richesse de sa maison : premièrement, la charge d’archonte éponyme , qui lui échut par le sort des fèves,[4]dignité réservée aux familles les plus opulentes, et qui composaient la classe des citoyens appelés pentacosiomédimnes ; ensecond lieu, l’ostracisme, sentence qu’on ne portait jamais contre les pauvres, mais seulement contre les hommes de grandemaison, et que leur illustration héréditaire exposait à l’envie ; en troisième et dernier lieu, les trépieds des jeux publics consacrés parAristide dans le temple de Bacchus, comme monument de victoire. On montrait encore de mon temps ces trépieds, sur lesquels se[5]lisait cette inscription : « La tribu Antiochide remportait la victoire ; Aristide était chorège ; Archestratus conduisait lareprésentation. »Cette ...

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Les vies parallèles de Plutarque Tome deuxième Aristide Traduction française de Alexis Pierron
ARISTIDE .
(De l’an 530 environ à l’an 497 avant J.-C)
Aristide, fils de Lysimachus, était de la tribu Antiochide, et du dème Alopèce. Quant à ses biens, on en a fort diversement parlé : suivant les uns, il vécut toujours dans une étroite pauvreté, et après sa mort il laissa deux filles qui furent longtemps sans trouver à se [1] [2] marier, à cause de leur indigence. Mais Démétrius de Phalère, dans sonSocrate, attaqua cette tradition si universellement adoptée : il allègue qu’il connaissait, à Phalère, une campagne appelée la terre d’Aristide, oùAristide avait été enseveli ; il énumère [3] plusieurs preuves de la richesse de sa maison : premièrement, la charge d’archonte éponyme, qui lui échut par le sort des fèves, [4] dignité réservée aux familles les plus opulentes, et qui composaient la classe des citoyens appelés pentacosiomédimnes; en second lieu, l’ostracisme, sentence qu’on ne portait jamais contre les pauvres, mais seulement contre les hommes de grande maison, et que leur illustration héréditaire exposait à l’envie ; en troisième et dernier lieu, les trépieds des jeux publics consacrés par Aristide dans le temple de Bacchus, comme monument de victoire. On montrait encore de mon temps ces trépieds, sur lesquels se [5] lisait cette inscription : « La tribu Antiochide remportait la victoire ; Aristide était chorège; Archestratus conduisait la représentation. »
Cette preuve paraît très-forte, elle est cependant bien faible ; car Épaminondas, qui fut élevé, tout le monde le sait, et passa sa vie dans la pauvreté, Épaminondas, dis-je, et Platon le philosophe se chargèrent des frais de jeux qui n’étaient pas sans magnificence : [6] le premier défraya une troupe de joueurs de flûte ; et le second, un chœur cycliquecomposé d’enfants. Mais c’est Dion le Syracusain qui fournissait à Platon l’argent nécessaire, et Pélopidas à Epaminondas ; car les hommes vertueux ne font pas aux présents de leurs amis une guerre qui n’ait ni fin ni trêve. Sans doute, à les accepter pour les mettre en réserve et pour augmenter leur avoir, ils ne verraient que lâcheté et bassesse ; mais ils ne repoussent point des moyens de satisfaire une ambition honorable et exempte de toute vue d’intérêt. Par rapport aux trépieds, Panétius fait voir clairement que Démétrius a été trompé par une ressemblance de noms. Depuis les guerres des Perses jusqu’à celle du Péloponnèse, on ne trouve, en effet, dit-il, dans les registres publics, que deux Aristide, chorèges vainqueurs ; et ils ne sont ni l’un ni l’autre fils de Lysimachus. Le premier était fils de Xénophilus ; et le second ne vécut que longtemps après notre Aristide, comme le prouve l’orthographe de l’inscription, qui est celle qu’on a [7] adoptée depuis Euclide, et la mention du nom d’Archestratus, poète fréquemment cité, au temps de la guerre du Péloponnèse, comme maître de chœurs, mais jamais au temps des guerres médiques. Du reste, l’argument de Panétius demanderait une discussion plus approfondie. Pour l’ostracisme, il tombait indifféremment sur tous ceux qui s’élevaient au-dessus du vulgaire par la réputation, la naissance, ou le talent de la parole. Damon lui-même, le précepteur de Périclès, subit la sentence d’ostracisme, à cause de la prudence qui semblait le distinguer entre tous. Enfin Idoménée dit qu’Aristide fut nommé archonte, non par le sort des fèves, mais par le choix des Athéniens. Et s’il le fut après la bataille de Platée, comme l’écrit Démétrius lui-même, il est fort vraisemblable aussi qu’il dut à tant de gloire et à de tels exploits d’être jugé digne par sa vertu d’un honneur qu’on n’obtenait d’ailleurs qu’au moyen de la richesse. Mais il est évident que Démétrius veut, à tout prix, justifier Aristide de l’accusation de pauvreté, comme si c’était un grand crime d’être pauvre ; et non-seulementAristide, mais Socrate lui-même, car il prétend que Socrate, outre une terre [8] qu’il possédait en propre, avait encore soixante-dix minesque Criton lui faisait valoir.
[9] Aristide fut l’ami particulier de Clisthène, celui qui rétablit la république après l’expulsion des tyrans. Entre tous les hommes d’État, il prit pour modèle et pour l’objet de son admiration, Lycurgue le Lacédémonien : aussi embrassa-t-il le parti de l’aristocratie ; mais il eut un adversaire dans Thémistocle, fils de Néoclès, défen- seur des prétentions populaires. Élevés ensemble, c’est dès leur enfance, suivant quelques-uns, qu’auraient commencé leurs dissentiments : études et récréations, paroles sérieuses ou raillerie, tout leur était un sujet de querelles ; et cette rivalité eut bientôt mis dans tout son jour le caractère de l’un et de l’autre. Thémistocle était prompt, hardi, rusé, se portant indifféremment à tout entreprendre, et avec une fougue extrême. Aristide, ferme et constant dans ses mœurs, inébranlable dans ses principes de justice, ne se permettait jamais, même en jouant, ni mensonge, ni flatterie, ni déguisement. Ariston de Chio dit qu’une passion amoureuse fit naître leur inimitié et la rendit irréconciliable. Épris tous deux de Stésiléus de Céos, qui ’effaçait par l’éclat de ses charmes et de sa beauté tous les jeunes gens de son âge, ils furent extrêmes dans leur passion ; et, après même que la beauté du jeune homme fut passée, ils ne déposèrent pas leur rivalité : c’avait été comme un prélude de la lutte ; et c’est tout enflammés encore de leurs querelles précédentes, qu’ils se jetèrent dans la mêlée politique.
Thémistocle s’attacha d’abord à se gagner des amis ; ce lui fut un rempart pour sa personne, et une puissance formidable pour l’attaque. Aussi, comme on luidisait un jour que pour bien gouverner les Athéniens il n’avait qu’à maintenir l’égalité, à se montrer impartial envers tout le monde : « Je ne voudrais jamais, dit-il, m’asseoir sur un tribunal où mes amis ne trouveraient pas auprès de moi plus de faveur que les étrangers. » Aristide, au contraire, se fraya, pour ainsi parler, lui tout seul sa route dans les affaires publiques. Avant tout, il ne voulait nifaire des injustices pour complaire à ses amis, ni les désobliger en ne leur accordant jamais rien. En second lieu, comme il voyait la plupart de ses rivaux s’enhardir à l’injustice par le crédit de leurs amis, il se mit en garde contre ce
penchant, par une règle invariable de conduite : il tenait qu’un bon citoyen ne doit avoir d’autre appui que l’habitude de dire et de faire ce qui est juste et honnête. Il y dérogea pourtant. Thémistocle ne cessait de faire des entreprises téméraires ; il entravait tous les projets d’Aristide, et rompait toutes ses mesures. Aristide fut contraint de contrarier, lui aussi, les vues de Thémistocle, soit pour sa propre défense, soit pour rabattre une autorité que la faveur du peuple accroissait de jour en jour. Il valait mieux, pensait-il, sacrifier quelquefois des projets utiles au public, que de laisser toujours prévaloir les avis de Thémistocle, et de prêter les mains à ses projets ambitieux. Il alla même une fois jusqu’à attaquer une proposition tout à l’avantage de la république, parce qu’elle venait de Thémistocle : il la fit échouer ; mais, en sortant de l’assemblée, il ne put s’empêcher de dire qu’il n’y aurait de salut pour les affaires [10] d’Athènes qu’en faisant jeter Thémistocle et lui au fond du Barathre.
Dans une autre occasion, il avait proposé au peuple un décret qui éprouva beaucoup de contradictions ; il triompha des résistances : le président de l’assemblée allait recueillir les suffrages ; mais Aristide avait été éclairé par la discussion sur les inconvénients de son décret : il le retira. Souvent aussi il faisait présenter ses vues par d’autres, afin que la jalousie de Thémistocle ne mit pas d’obstacle à l’accomplissement du bien. Il montrait une fermeté admirable au milieu des vicissitudes de la vie politique : jamais il ne s’enfla des honneurs qu’on lui décernait ; et c’est avec autant de douceur que d’égalité d’âme qu’il sut toujours se résigner à ses déconvenues, persuadé qu’on doit se livrer tout entier à la patrie, sans songer, je ne dis pas à s’enrichir, mais même à acquérir de la gloire. Aussi, [11] comme on entendit prononcer au théâtre les vers d’Eschyle sur Amphiaraüs) :
[12] Il ne veut point paraître juste, mais l’être ; Son âme est un sol fécond Où germent les prudents conseils…
tous les spectateurs jetèrent les yeux sur Aristide, reconnaissant, en quelque sorte, qu’il était, entre tous, l’exemple vivant de cette vertu. Il savait, pour défendre la justice, résister avec force, non-seulement à l’amitié et à la faveur, mais aussi à la colère et à la haine. Un jour, dit-on, il poursuivait devant le tribunal un de ses ennemis : après qu’il eut proposé ses chefs d’accusation, les juges ne voulaient pas entendre l’accusé, et se disposaient à porter sur-le-champ la sentence ; Aristide s’élance de sa place, et se jette avec lui aux pieds des juges, pour les supplier de l’écouter, et de le laisser jouir du privilège des lois. Une autre fois, deux particuliers plaidaient devant lui : « Mon adversaire, dit le demandeur, t’a bien souvent fait tort, Aristide. - Mon ami, dit Aristide, expose seulement tes griefs contre lui ; c’est ton affaire que je juge, et non la mienne. »
Élu trésorier général des revenus publics, il convainquit de soustractions considérables, non-seulement les magistrats alors en charge, mais ceux des années précédentes, particulièrement Thémistocle,
[13] Homme sage au demeurant, mais qui n’était pas maître de sa main.
. Aussi, lorsqu’Aristide rendit ses comptes, Thémistocle suscita contre luiune forte brigue, et le fit condamner, suivant Idoménée, comme voleur des deniers publics. Les principaux citoyens et les plus gens de bien s’indignèrent de cette iniquité ; et l’on ne se borna pas à le décharger de l’amende : il fut nommé de nouveau trésorier pour l’année suivante. Il se mit alors à feindre qu’il se repentait de sa conduite première ; il se montra plus traitable, et s’appliqua à plaire à ceux qui pillaient le trésor public : il ne recherchait plus leurs infidélités, il ne chicanait plus sur les comptes ; de sorte que ces sangsues publiques comblaient Aristide de louanges, et agissaient vivement auprès du peuple pour le faire continuer une troisième année dans la même charge. Toutes les mains allaient se lever pour le suffrage ; Aristide, à ce moment, tança rudement les Athéniens : « Quand j’ai administré, dit-il, en magistrat fidèle et en homme d’honneur, on m’a couvert de boue. Depuis que j’ai livré aux voleurs presque toute la fortune publique, je suis à vos yeux un citoyen admirable. Je rougis donc bien plus de l’honneur que vous me voulez décerner aujourd’hui, que de la condamnation que j’ai subie l’année dernière ; et je plains sincèrement votre misère, lorsque je vois qu’il est plus glorieux auprès de vous de complaire à des gens pervers que de conserver les biens de la république. » Ce discours, les preuves qu’il allégua contre les déprédateurs, eurent bien vite fermé la bouche à ceux qui l’applaudissaient tout à l’heure de leurs acclamations et sollicitaient en sa faveur auprès du peuple ; mais Aristide y gagna les louanges véritables et méritées de tous les bons citoyens.
Datis, envoyé par Darius sous prétexte de venger l’incendie de la ville de Sardes brûlée par les Athéniens, mais, en réalité, pour assujettir la Grèce entière, avait débarqué à Marathon avec toute son armée, et mettait le pays à feu et à sang. Les Athéniens nommèrent pour cette guerre dix généraux. Miltiade était le premier en dignité, Aristide le second en réputation et en crédit. Miltiade proposa de livrer bataille ; et Aristide, en se rangeant à son avis dans cette circonstance, ne contribua pas peu à le faire prévaloir. Chaque général commandait un jour l’armée : quand vint le tour d’Aristide, il céda le commandement à Miltiade, montrant par là à ses collègues que ce n’est pas chose honteuse de se soumettre aux sages et de leur obéir, mais honorable plutôt et salutaire. Par ce moyen, il apaisa toutes leurs rivalités ; et, en les engageant à suivre avec plaisir les conseils du plus expérimenté, il fortifia l’autorité de Miltiade, qui eut à lui seul, sans interruption, le commandement de l’armée ; caries autres généraux renoncèrent au droit qu’ils avaient de commander chacun leur jour, et se mirent sous ses ordres.
Dans la bataille, le centre de l’armée athénienne eut surtout à souffrir ; et c’est là que les Barbares portèrent le plus longtemps tous leurs efforts, contre les tribus Léontide et Antiochide. Thémistocle, qui était de la première, et Aristide de la seconde, placés à côté l’un de l’autre, firent à l’envi des prodiges de valeur. Les Barbares furent mis en pleine déroute et repoussés jusque dans leurs vaisseaux ; mais, au lieu de faire voile vers les îles, les vents et les courants de la mer les emportaient à la dérive vers l’intérieur de l’Attique. A cette vue, les Athéniens craignirent qu’ils ne trouvassent Athènes vide de défenseurs ; neuf des tribus furent dirigées sur la ville, et firent une telle diligence, qu’elles y arrivèrent le jour même. Aristide, laissé seul à Marathon avec sa tribu pour garder les prisonniers et les dépouilles, ne démentit pas l’opinion qu’on avait de lui. L’argent et l’or étaient semés çà et là dans le camp ; les tentes et les vaisseaux qu’on avait pris regorgeaient de bardes de toute espèce, et de butin précieux : Aristide n’eut pas même la pensée d’y toucher, et ne permit à personne d’y porter la main. Il ne laissa pas d’y en avoir qui en prirent à son insu, et s’y enrichirent ; [14] entre autres Callias le porte-flambeau. Un des Barbares l’avait pris apparemment pour un roi, à sa longue chevelure et au bandeau qui lui ceignait la tête : il se prosterna devant lui, puis il le conduisit par la main, et lui montra une grande quantité d’or enfoui dans un puits. Callias se comporta dans cette occasion comme le plus cruel des hommes et le plus injuste : il enleva l’or, et tua le Barbare deeur u’iln’en dît rien à d’autres. C’est de là, dit-on,ue lesoètes comiues donnèrent le nom de Laccolutes aux
[15] descendants de Callias, par une allusion plaisante au lieu d’où il avait tiré cet or.
Peu de temps après la bataille, Aristide fut élu archonte éponyme. Toutefois, à en croire Démétrius de Phalère, l’archontat d’Aristide ne précéda guère sa mort, et fut postérieur à la bataille de Platée ; mais, dans les registres publics, à la suite de l’archonte Xanthippide, sous lequel Mardonius fut battu à Platée, on ne trouve pas une seule fois, dans une longue succession d’archontes, le nom d’Aristide, au lieu qu’il y suit immédiatement celui de Phanippus, sous lequel fut remportée la victoire de Marathon.
De toutes les vertus d’Aristide, celle que le peuple ressentait le mieux, c’était sa justice, parce que l’usage de cette vertu est plus habituel, et que les effets s’en répandent sur plus de monde. Il lui dut, lui, homme pauvre et sorti des rangs du peuple, le plus royal et le plus divin des surnoms, celui de Juste ; titre que pas un roi, pas un tyran n’a jamais ambitionné. Ils ont mis leur vanité à s’entendre [16] appeler des noms de Preneurs de villes, de Foudres, de Vainqueursou même d’Aigles et d’Éperviers ; préférant, ce semble, la gloire qui s’acquiert par la force et la puissance, à celle que donne la vertu. Et pourtant la divinité, dont ils affectent d’imiter et de reproduire les traits, ne diffère des autres êtres que par trois attributs : l’immortalité, la puissance, la vertu, entre lesquels la vertu est le plus auguste et le plus divin. L’immortalité, en effet, est aussi la propriété du vide et des éléments ; les tremblements de terre, les foudres, les tourbillons de vents, les débordements des eaux, ont une grande puissance ; mais nul être ne participe à la justice et à la droiture, qui n’a pas la raison et ne connaît pas l’essence divine. Il y a donc trois sentiments dont les hommes sont d’ordinaire pénétrés à l’idée de la divinité : l’admiration, la crainte et le respect. Or, ils ne l’admirent, ce semble, et ne la croient bienheureuse que parce qu’elle est incorruptible et immortelle ; ils ne la redoutent et ne tremblent devant elle qu’à cause de sa puissance et de son empire sur l’univers ; ils ne la respectent, ne l’honorent et ne l’aiment que pour sa justice. Mais, malgré ces dispositions naturelles, les hommes ne désirent que l’immortalité, dont notre nature n’est pas capable, et la puissance, laquelle dépend presque toute de la fortune : pour la vertu, le seul des biens divins qui soit en notre pouvoir, ils la mettent au dernier rang : erreur grossière ! puisque la justice rend divine la vie de ceux qui sont au comble de la puissance et de la fortune, tandis que l’injustice la rend semblable à celle des bêtes sauvages.
Le surnom de Juste avait fait d’Aristide pendant quel- que temps l’objet de la bienveillance générale ; il finit par lui attirer l’envie. Thémistocle surtout ne cessait de répandre parmi le peuple qu’Aristide, en s’arrogeant la connaissance et la décision de toutes les affaires, avait par là même aboli les tribunaux, et s’était formé de la sorte, sans qu’on s’en aperçût, une monarchie qui n’avait pas besoin de satellites pour se soutenir. Le peuple, enorgueilli de sa victoire, et qui se croyait digne des plus grands honneurs, souffrait impatiemment ceux dont la réputation et la gloire dépassaient la commune mesure. Les habitants de l’Attique se rassemblèrent de toutes parts dans la ville, et condamnèrent Aristide à l’ostracisme, cachant sous une crainte affectée de la tyrannie l’envie qu’ils portaient à sa gloire. L’ostracisme n’était pas un châtiment qu’on infligeât à des coupables : on l’appelait, pour le voiler d’un nom spécieux, affaiblissement, diminution d’une autorité trop fière d’elle-même, d’une puissance dont le poids était trop lourd. C’était, en réalité, une satisfaction modérée qu’on accordait à l’envie : la malveillance, au lieu de s’exercer sur ceux qui déplaisaient, par une vengeance irréparable, s’exhalait en un exil de dix ans. Mais, lorsqu’on en fut venu jusqu’à frapper de cette arme des hommes de néant et chargés de crimes, on cessa d’en faire usage. Le dernier exemple d’ostracisme fut celui d’Hyperbolus ; et voici, dit-on, à [17] quelle occasion cet Hyperbolus fut banni. Alcibiade et Nicias, les deux citoyens quiavaient le plus d’autorité dans Athènes, étaient à la tête de deux factions opposées. Le peuple se disposait à faire usage de l’ostracisme, et l’un des deux rivaux devait évidemment subir le décret. Ils eurent donc ensemble une conférence ; ils réunirent les forces des deux partis, et firent tomber la condamnation sur Hyperbolus. A la suite de quoi, le peuple, in- digne de l’avilissement et du déshonneur imprimés à l’ostracisme, y renonça, et l’abolit pour toujours.
Voici, pour en donner sommairement l’idée, la manière dont on y procédait. Chacun prenait une coquille sur laquelle il écrivait le nom du citoyen qu’il voulait bannir, et la portait dans un endroit de la place publique fermé circulairement d’une cloison de bois. Les magistrats comptaient d’abord le nombre des coquilles qui s’y trouvaient ; et, s’il y avait moins de six mille votes exprimés, il n’y avait pas lieu à ostracisme. Après cette opération on mettait à part chacun des noms, et celui dont le nom était écrit sur un plus grand nombre de coquilles était banni pour dix ans tout en conservant la jouissance de ses biens.
Le jour qu’Aristide fut banni, un paysan grossier et qui ne savait pas écrire présenta, dit-on, sa coquille à Aristide, qu’il prit pour un homme du vulgaire, et le pria d’y écrire le nom d’Aristide. Celui-ci s’étonne : « Aristide t’a donc fait du tort, demande-t-il à cet homme ? — En rien, répondit le paysan ; je ne le connais même pas ; mais je suis las de l’entendre partout appeler le Juste. » Sur cette réponse, Aristide écrivit le nom, sans dire un seul mot, et lui remit la coquille. Quand il sortit de la ville, il leva les mains au ciel, et [18] fit, comme on peut croire, une prière tout opposée à celle d’Achille: « Que jamais Athènes, dit-il, ne se trouve dans des conjonctures qui forcent le peuple à se souvenir d’Aristide ! »
Trois ans après, lorsque Xerxès traversait la Thessalie et la Béotie pour entrer dans l’Attique, les Athéniens révoquèrent la loi d’exil, et firent un décret qui rappelait tous les bannis : ils craignaient surtout qu’Aristide n’embrassât le parti des ennemis, qu’il ne corrompît un grand nombre de citoyens, et ne les fit passer du côté du Bar- bare. C’était bien mal juger un tel homme : même avant le décret, Aristide n’avait cessé d’exhorter, d’encourager les Grecs à la défense de la liberté ; et, après ce décret, lorsque Thémistocle eut été nommé général, avec un pouvoir sans contrôle, il l’aida, dans toutes les occasions, de sa personne et de ses conseils, concourant par amour du bien public, à élever au plus haut point de gloire son plus grand ennemi. En effet, au moment où Eurybiade se disposait à abandonner Salami ne, et où les vaisseaux des Barbares, qui s’étaient saisis, la nuit, des passages, venaient de former une enceinte autour des îles sans que pas un des Grecs se fût aperçu qu’ils étaient enveloppés, Aristide partit d’Égine en toute hâte, et, cinglant à travers la flotte ennemie, il arriva la nuit même à la tente de Thémistocle : il le fait sortir seul et, lui adressant la parole : « Thémistocle, si nous sommes sages, dit-il, nous laisserons désormais notre vaine et puérile jalousie, et nous nous jetterons dès aujourd’hui dans une rivalité vraiment salutaire et honorable, combattant, à l’envi l’un de l’autre, à qui sauvera la Grèce, toi, en digne chef et en bon général, moi, en te secondant de ma tête et de mon bras. J’apprends que tu es le seul qui donnais des conseils raisonnables, car tu proposais que l’on combattît dans les détroits sans différer davantage. Les alliés rejettent ton avis ; mais les ennemis eux-mêmes semblent le favoriser. Devant et derrière, partout leurs vaisseaux couvrent la mer autour de vous ; en sorte que les Grecs, qu’ils le veuillent ou non, sont forcés d’agir en gens de cœur, et de livrer la bataille ; car il ne reste plus de chemin pour la fuite. — Aristide, répondit Thémistocle, j’aurais honte de te laisser l’avantage de la générosité dont tu viens d’user envers moi : je ferai tous mes efforts pour surpasser, par mes actions, la noblesse d’un tel procédé. » En même temps il lui communiqua la ruse qu’il avait emlo éeour tromer le Barbare, et l’ena eaà ersuaderEur biade,ui avait dans Aristide une confiancelus entière
qu’en Thémistocle, et à lui faire entendre qu’il n’y avait de salut pour eux qu’en combattant sur mer. Aussi, dans le conseil que tinrent les généraux, Cléocritus de Corinthe ayant dit à Thémistocle qu’Aristide n’approuvait pas son sentiment, puisque, présent à la délibération, il gardait le silence : « Je ne me serais point tu, répondit Aristide, si Thémistocle n’avait proposé le parti le plus expédient ; si je ne bouge présentement, ce n’est point par affection pour sa personne, c’est la marque de mon assentiment à sa proposition. » Voilà ce qui se passait dans le conseil des capitaines de la flotte grecque.
Aristide s’aperçut que Psyttalie, petite île située dans, le détroit, en face de Salamine, était pleine de troupes ennemies : il embarque sur des esquifs les plus ardents et les plus aguerris des fantassins ; il descend à Psyttalie, charge brusquement les Barbares, et les taille en pièces ; il n’épargna que les principaux, qu’il fit prisonniers. De ce nombre étaient trois fils de la sœur du roi, nommée Sandaucé, qu’Aristide envoya sur-le-champ à Thémistocle, et qui furent immolés, dit-on, à Bacchus Omestès, sur l’ordre du devin [19] Euphrantidas, pour l’accomplissement d’un oracle. Aristide entoura l’île de tous côtés d’une troupe d’hommes bien armés, avec ordre de recevoir ceux qui y seraient poussés par la violence des vagues, afin de sauver les alliés, et de ne pas laisser échapper un seul ennemi. Car ce fut apparemment sur ce point que se firent les chocs les plus violents des vaisseaux, et les plus grands efforts des combattants. Aussi dressa-t-on un trophée dans Psyttalie. Après la bataille, Thémistocle voulut sonder Aristide : « Nous venons, dit-il, d’accomplir une grande œuvre ; mais il reste quelque chose de plus important à faire : c’est de prendre l’Asie dans l’Europe, en faisant voile vers l’Hellespont sans perdre de temps, et en rompant le pont de bateaux. » A cette proposition, Aristide se récrie ; il veut qu’on rejette bien loin un pareil projet, et qu’on cherche, au contraire, un moyen de chasser au plus tôt le Mède hors de la Grèce, de peur que, s’y voyant enfermé sans aucune voie ouverte pour fuir, alors qu’il lui restait encore une si puissante armée, la nécessité ne le portât à se défendre en désespéré. Thémistocle [20] envoie donc une seconde fois à Xerxès un homme de confiance: c’était l’eunuque Arnacès, un des prisonniers ; il le charge de dire secrètement au roi que les Grecs voulaient à toute force aller rompre le pont, mais que Thémistocle les avait détournés de ce dessein, parce qu’il s’intéressait au salut du roi. Xerxès, rempli de frayeur à cette nouvelle, se hâta de regagner l’Hellespont. Mardonius fut laissé en Grèce avec les meilleures troupes de l’armée, au nombre d’environ trois cent mille hommes. C’étaient des ressources vraiment formidables ; il fondait sur son infanterie de magnifiques espérances, et il écrivait aux Grecs des lettres pleines de menaces : « Vous avez vaincu, sur des bâtiments de mer, des hommes accoutumés à combattre sur terre, et qui ne savent pas manier la rame. Mais aujourd’hui nous avons devant nous les immenses campagnes de la Thessalie ; et la Béotie offre à notre cavalerie et à nos gens de pied de magnifiques plaines où déployer leur courage. » Il écrivit en particulier auxAthéniens pour leur promettre, de la part du roi, de rebâtir leur ville, de leur donner de grandes sommes d’argent, et de leur assurer l’empire de la Grèce, s’ils voulaient renoncer à la guerre. Les Lacédémoniens, informés de ces propositions, et qui en craignaient l’effet, envoyèrent des députés à Athènes pour prier les Athéniens de faire passer à Sparte leurs femmes et leurs enfants, et d’accepter d’eux tout ce qu’il faudrait pour l’entretien de leurs vieillards. Le peuple avait perdu sa ville et son territoire, et il était réduit au plus pressant besoin. Toutefois, quand ils eurent entendu les députés, ils firent, par un décret qu’avait rédigé Aristide, cette réponse admirable : « Nous pardonnons aux ennemis d’avoir pu croire que tout s’achetait à prix d’argent, eux qui ne connaissent rien de plus précieux. Mais nous en voulons aux Lacédémoniens de ne voir que la pauvreté et la disette actuelles des Athéniens, et de ne se plus souvenir de leur vertu et de leur magnanimité, puisque c’est par l’appât de quelques vivres qu’ils nous invitent à combattre pour le salut de la Grèce. » Le décret adopté, Aristide introduisit les députés dans l’assemblée, et les chargea de dire aux Lacédémoniens qu’il n’y avait pas assez d’or ni sur la terre ni sous la terre, pour faire trahir aux Athéniens la liberté de la Grèce. Ensuite, montrant te soleil aux envoyés de Mardonius : « Tant que cet astre continuera de suivre cette route, les Athéniens feront la guerre aux Perses, pour venger le dégât de leurs terres, la profanation et l’incendie de leurs temples. » Il fit aussi décréter que les prêtres chargeraient de leurs malédictions quiconque proposerait d’entrer en négociation avec les Mèdes, ou d’abandonner l’alliance des Grecs. Mardonius envahit une seconde fois l’Attique, et les Athéniens passèrent encore à Salami ne. Aristide fut dépêché à Lacédémone et se plaignit de la lenteur des Spartiates, de cette négligence qui livrait pour la secondé fois Athènes aux Barbares ; il les pressa de secourir ce qui restait encore de la Grèce. Les éphores, après l’avoir écouté, feignirent une insouciance parfaite, et passèrent la journée en fêtes et en réjouissances ; car ils célébraient alors les fêtes Hyacinthies. Mais la nuit ils choisirent cinq mille Spartiates, qui prirent chacun sept Hilotes, et ils les firent partir, sans en rien dire aux députés d’Athènes. Lorsque Aristide se présenta de nouveau au conseil et y recommença ses plaintes, les éphores lui dirent en riant qu’il radotait sans doute ou qu’il dormait ; que leur armée était [21] déjà à Orestium, et marchait contre les étrangers : c’est le nom que les Lacédémoniens donnaient aux Perses. « Vos plaisanteries, dit Aristide, ne sont pas de saison ; c’est l’ennemi qu’il faut tromper, et non pas vos amis. » Tel est le récit d’Idoménée ; mais, dans le décret, Aristide n’est pas nommé au nombre des députés, mais seulement Cimon, Xanthippe et Myronide. Élu général avec de pleins pouvoirs, pour la bataille qui devait se donner, il prit huit mille hoplites athéniens et se rendit à Platée. Il y fut joint par Pausanias, commandant de toutes les forces de la Grèce, qui amenait avec lui les Spartiates ; les autres troupes grecques arrivaient successivement en foule. L’armée.des Barbares, campée le long de l’Asopus, occupait une si vaste étendue de terrain, qu’elle ne s’était pas même retranchée ; elle avait seulement placé les bagages et les objets les plus précieux dans un [22] espace carré fermé d’une muraille dont chaque côté avait dix stades de longueur. Un devin d’Élis, nommé Tisamène, avait prédit à Pausanias et à tous les Grecs en général qu’ils remporteraient la victoire s’ils se bornaient à la défense, et qu’ils s’abstinssent d’attaquer. Aristide, de son côté, avait envoyé consulter l’oracle de Delphes : le dieu répondit que les Athéniens triompheraient des ennemis s’ils faisaient des prières à Jupiter, à Junon Cithéronienne, à Pan et aux nymphes Sphragitides ; s’ils sacrifiaient aux héros Androcratès, Leucon, Pisandre, Damocratès, Hypsion, Actéon et Polydius, et qu’ils ne risquassent de bataille que dans leur propre pays, sur le champ de Cérès Éleusienne et de Proserpine. Cet oracle jeta Aristide dans une grande perplexité : les héros que le dieu ordonnait d’honorer par /les sacrifices étaient, il est vrai, les ancêtres des Platéens, et l’antre des nymphes Sphragitides était sur une des croupes du mont Cithéron, tourné vers le couchant d’été. Il y avait, dit-on, autrefois un oracle dans cet antre, et la plupart des [23] habitants du pays étaient possédés de l’esprit prophétique : ces inspirés se nommaient Nympholeptes. Mais ne promettre la victoire auxAthéniens qu’autant qu’ils combattraient dans le champ de Cérès Éleusienne et sur leur propre territoire, c’était rappeler et transporter de nouveau la guerre dans I’Attique. Ce endantle énéraldes Platéens, Arimnestus, crut voir en sone Juiter Sauveur : « Qu’ont résolu les Grecs, demanda le dieu ? —
Seigneur, répondit Arimnestus, nous emmènerons demain l’armée à Éleusis ; et c’est là que nous combattrons les Barbares, comme le veut l’oracle d’Apollon. — Les Grecs se trompent du tout, répliqua Jupiter ; le lieu désigné par l’oracle est ici même, aux environs de Platée ; qu’ils cherchent bien, ils le trouveront. » Cette vision ne laissa aucun doute dans l’esprit d’Arimnestus : à peine éveillé, il fait appeler les plus vieux et les plus instruits de ses concitoyens, il confère avec eux, et, après une recherche attentive, on trouve qu’il y a près d’Hysies, au pied du Cithéron, un vieux temple dédié à Cérès Éleusienne et à Proserpine. Aussitôt il va prendre Aristide, et le mène sur les lieux : c’était un emplacement très-commode pour y Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/210Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/211Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/212Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/213 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/214Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/215Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/216 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/217Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/218Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/219 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/220Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/221Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/222 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/223Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/224Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/225 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/226Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/227Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/228 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/229Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/230Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/231 Page:Plutarque - Vies des hommes illustres, Charpentier, 1853, Tome 2.djvu/232
Notes e 1. ↑Célèbre orateur et grammairien du ivsiècle avant notre ère, qui fut établi commandant à Athènes, en 318, par Cassandre, gouverneur de Macédoine. Il avait composé un grand nombre d’ouvrages dans tous les genres. Il ne nous reste, sous son nom, qu’un de ses traités grammaticaux, intituléde l’Élocution. 2. ↑C’était probablement un dialogue à la manière de ceux des philosophes socratiques ; le titre même semble l’indiquer. 3. ↑C’était celui qui donnait son nom à l’année : on n’inscrivait jamais dans la date des actes publics les noms de ses autres collègues. 4. ↑Voyez la Vie de Solon dans le premier volume. 5. ↑Le chorège faisait les frais de la représentation des pièces de théâtre. 6. ↑Voyez ma Notice sur Eschyle. e 7. ↑Archonte la deuxième année de la 88Olympiade, 426 avant J.-C. 8. ↑La mine se composait de cent drachmes : c’était environ 99 fr. 68 c. de notre monnaie. 9. ↑Ces tyrans étaient les Pisistratides. 10. ↑Fosse profonde où l’on précipitait les criminels. 11. ↑Dans la tragédie desSept devant Thèbes. 12. ↑Plutarque donne δίκαιος, mais dans le texte même d’Eschyle il y a ἄριστος,brave. 13. ↑C’est un vers ïambique, tiré probablement de quelque comédie aujourd’hui perdue. 14. ↑Le porte-flambeau était un des prêtres qui présidaient à la célébration des mystères de Cérès. 15. ↑Le mot λάκκος signifie un trou profond, une mare, une citerne. un puits, et le mot πλοῦτος, richesse. 16. ↑L’histoire a conservé ces noms sous leur forme grecque, Poliorcète, Céraunus, Nicator. 17. ↑Voyez la Vie d’Alcibiade dans le premier volume. 18. ↑Dans le premier chant de l’Iliade. 19. ↑Voyez la Vie de Thémistocle dans le premier volume. 20. ↑Il avait déjà envoyé Sicinus. 21. ↑Dans l’Arcadie, au pied du Ménale. 22. ↑Environ une demi-lieue. 23. ↑Littéralementpossédés des nymphes.
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