Signalements bibliographiques  ; n°1 ; vol.72, pg 150-158
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Revue du monde musulman et de la Méditerranée - Année 1994 - Volume 72 - Numéro 1 - Pages 150-158
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Publié le 01 janvier 1994
Nombre de lectures 180
Langue Français

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Pierre-Robert Baduel
Signalements bibliographiques
In: Revue du monde musulman et de la Méditerranée, N°72, 1994. pp. 150-158.
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Baduel Pierre-Robert. Signalements bibliographiques. In: Revue du monde musulman et de la Méditerranée, N°72, 1994. pp.
150-158.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0997-1327_1994_num_72_1_1660Signalements bibliographiques
XIW-XV Maqrïn. • DENOIX présenté médiévale Fustât-Misr. ville livre temps (145-159) chronologie longue l'époque poussé une cohérence. historiens De métiers de témoignent son Fustât, grille d'Ibn arabo-musulmane". siècles, et ces statut bibliographie L'histoire ni pour de dans de en et des auteurs les Duqmâq Sylvie, Pour la physiquement la de Sylvie lecture de politique. rupture la confessions Conquête. XIVe première l'espace IFAO, la nombreux première obtenir ville à Denoix d'une et écrire qui (105-134), (DC-XII), 1992, avec XVe jusqu'alors Ibn Le Sylvie permet capitale les Partant Elle fois n'étaient partie aujourd'hui sur croquis. siècles, les s'est Duqmâq Caire, clés un montre critères Décrire Denoix cette la un attachée de des de plan première de proposée, de Ibn glossaire démêler hiérarchiquement ville. XII là, informations et l'Egypte couramment d'ensemble. la ainsi a quelques Duqmâq elle MaqrM, dans ainsi et le ville Suivant traduction s'est qu'il de des les Caire. 163 son présenté musulmane, du percevoir contradictions essayée vestiges termes Sylvie et ouvrage n'y ceux-ci, p. Ce fournies retenus Caire Maqrïfl, Fustât-Misr avait répartis travail en à employés à que Denoix travers langue reconstituer les à elle d'après aucun de par relire de la révèlent ruptures ont dans des a définition Misr reconstitution ces cette été a occidentale (135-144), ces de cherché cloisonnement textes l'espace. ainsi deux textes, deux les de étude la leur et d'après fouilles topographie de l'époque et conduite de auteurs. historiens côté à après de comprendre de "la de L'ouvrage un lui trouver cas quelques longuement ville archéologiques. Index Ibn avoir a social mamelouke, un Elle à permis observer de arabe" modèle Duqmâq des ce égyptiens resitué a comporte la les et mis chapitres qui ce ville toponymes d'affiner que variations ou traité qui au Fustât fait de dans et de ni point Deux seuls avait ville en une leur des "la du les de et la le a à
• ESTABLET Colette et PASCUAL Jean-Paul, 1994, Familles a fortunes à Damas. 450 foyers
damascains en 1700, préface d'André Raymond, Institut français d'études arabes de
Damas, 226 p.
« Colette Establet et Jean-Paul Pascual nous donnent le livre qui restitue la ville de Damas
dans la plénitude de son organisation sociale et économique et dans sa structure urbaine
en un moment qui restait parmi les plus obscurs de son histoire, la période charnière entre
le XVIIe et le XVIIIe siècles. Cet ouvrage nous apporte une abondance d'informations ori
ginales, riches de prolongements et de comparaisons significatives avec d'autres villes, sur
• Préparés et établis par P. R. Baduel.
RE.M.M.M. 72, 1994/2 Signalements bibliographiques 1 151
la société civile damascene, dans ses diverses composantes (artisans, commerçants, 'ulamâ'),
mais aussi sur l'élite militaire. C'est un travail de sociologues du passé, qu'ils ont pu réa
liser à partir d'une multitude de données patiemment collectées, déchiffrées, organisées et
exploitées avec une perspicacité et une imagination qui leur ont permis de résoudre les innomb
rables difficultés rencontrées. Le tableau auquel ils parviennent est si riche qu'il faudrait
pouvoir en citer tous les aspects : structure de la famille, caractères démographiques, orga
nisation de la société, activités économiques. A partir d'une documentation en apparence
aride, il nous donnent un texte vivant dans lequel l'humour ne manque pas. On y voit battre,
à chaque page, le coeur d'une population que l'on découvrira souvent très proche de celle
qui continue à animer aujourd'hui les rues, les quartiers et les souks de Damas. C'est peu
dire qu'il s'agit d'un travail neuf par son objet, par la documentation utilisée, par les tech
niques mises en œuvre (en particulier dans le domaine de l'informatique). La découverte
à laquelle ils nous convient au cours d'une enquête qui est un modèle de solidité, encour
agera, j'en suis sûr à effectuer des recherches comparables sur d'autres villes du monde arabe.
Ce remarquable travail s'inscrit dans la tradition de l'Institut français d'études arabes de
Damas dont les publications, livre après livre, nous restituent l'histoire millénaire de la Syrie
musulmane. Il témoigne aussi de l'activité du groupe de chercheurs qui, à Aix, dans le cadre
de l'IREMAM, se sont attachés depuis une vingtaine d'année à l'étude des villes arabes. »
André Raymond
• FOURNIER Vincent, Histoire de l'Asie centrale, Que sais-je ? PUF, Paris, 128 p.
Voici un Que sais-je ?qui vient à point nommé, concernant une région qui est au cœur de
l'actualité internationale. Après avoir rappelé que le terme d'Asie centrale est une création
liée à l'expansion européenne en Asie, l'auteur (qui enseigne à l'université du Wisconsin-
Madison et qui a donné déjà une contribution à la REMMM, dans le numéro 59-60 dirigé
par Olivier Roy traitant Des ethnies aux nations en Asie Centrale) présente la région en cinq
chapitres : 1) des origines (VIe siècle avant J.-C.) à la conquête islamique, les fondements
de la dualité nomades-sédentaires, 2) de la Renaissance samanide à la rupture mongole
(XIIe siècle), 3) le tournant du monde moderne (XIVe-XVIIe siècles), 4) de la colonisation à
la révolution et 5) l'Asie centrale à l'ère soviétique et post-soviétique. L'ouvrage se termine
par une brève mais intéressante bibliographie.
• FRÉMEAUX Jacques, 1993, Les bureaux arabes dans l'Algérie de la conquête, L'aventure
coloniale de la France, Editions Denoël, Paris, 310 p.
Commencée avec le débarquement de 1830, la conquête de l'Algérie s'étend sur un quart
de siècle jusqu'à l'occupation de la Kabylie, de Charles X à Napoléon III. C'est l'armée
d'Afrique qui est alors investie de tous les pouvoirs et qui crée, pour administrer de si vastes
territoires, le système des "bureaux arabes". Pionniers de la pénétration française au sein des
populations musulmanes, à la fois bâtisseurs et policiers, juges et despotes, les officiers fran
çais des bureaux arabes seront les "Maîtres Jacques" de la colonisation, avant d'être dénonc
és par les colons européens de plus en plus nombreux comme les représentants d'un
archaïque "régime du sabre". L'étude de leur archives abondantes et précises, a permis à Jacques
Frémeaux de retracer l'existence quotidienne des campagnes algériennes au milieu du siècle
dernier, en faisant revivre des personnalités attachantes, comme le général Margueritte et
le Bachaga Ben Yahia, ou controversées comme le colonel Beauprêtre. Des illustrations, des
cartes, un glossaire, des documents ajoutent à la qualité de cet ouvrage. 152 1 Pierre Robert Baduel
• ETIENNE Bruno, 1994, Abdelkader. Isthme des isthmes (Barzakh al-barazikh), Editions
Hachette, Paris, 500 p.
L'émir Abdelkader (1808-1883), de la résistance à Bugeaud jusqu'à l'inauguration du canal
de Suez, joua un rôle peu ordinaire dans l'aventure coloniale française en Algérie et au
Proche-Orient. Oublié pendant la période triomphale de l'Algérie française, il réapparaît
aujourd'hui en bande dessinée comme un héros positif pour les jeunes Algériens. Comment
ce petit marabout lettré du fin fond de l'Algérie put-il jeter les bases d'un Etat moderne, être
protégé et l'ami de Napoléon III et de Ferdinand de Lesseps, un grand cavalier et un grand
amoureux, et en même temps un grand mystique de l'Islam moderne ? Il le dit lui-même :
simplement parce qu'à Amboise, pendant sa captivité, Dieu l'a chargé d'une mission, celle
de féconder la France de sa spiritualité pour que la France féconde l'Orient de sa technic
ité ! Cette étude documentée et vivante, plus qu'une reconstruction purement historique
propose un parcours initiatique qui donne un ton unique à cet ouvrage dont le texte trahit
une longue fréquentation intellectuelle, voire une réelle complicité spirituelle, entre le bio
graphe et son personnage.
• FRÉMEAUX Jacques, 1991, La France et l'Islam depuis 1789, Politique d'aujourd'hui,
PUF, Paris, 291 p.
Quelles sont les relations entre le monde musulman et la France ? Plus que jamais s'impose,
dans un monde en pleine transformation, la nécessité de préciser de nouveaux rapports avec
un Maghreb tout proche, en expansion démographique rapide, et un Proche-Orient devenu
le principal foyer de menaces pour la paix mondiale. Il est nécessaire aussi de réussir, en France,
l'intégration de populations de sensibilité ou de religion musulmanes en nombre croissant.
Le présent essai vise essentiellement à replacer cet ensemble de questions dans une perspective
historique. Il fait parcourir au lecteur l'itinéraire qui, partant du XVIIIe siècle dans lequel la
France fut un solide appui de l'Empire ottoman, le mène à travers ce XIXe où elle se taille
un empire colonial, avant de se résoudre, au XXe, à une décolonisation difficile, et de cher
cher à prendre en compte, sous la Ve République, les nouvelles réalités du sud et de l'est de
la Méditerranée. Dans ces deux siècles prennent racine la plupart des problèmes posés
aujourd'hui, qu'il s'agisse des relations entre Etats, des relations économiques, des rapports
humains et des échanges culturels. Rappeler cette histoire, ses grandeurs mais aussi ses fai
blesses, permet d'apporter des réponses plus distanciées à des interrogations particulièrement
complexes.
• GÉRARD André (coord.), 1993, Clés pour l'Islam. Du religieux au politique, des ori
gines aux enjeux d'aujourd'hui, GRIP, Bruxelles, 178 p.
Clés pour l'Islam est un petit ouvrage de vulgarisation qui tente de présenter à destination
d'un large public un panorama des mondes musulmans. Dans une première partie sont rap
pelées les grandes lignes historiques de l'Islam, ses origines, son expansion. Dans une
deuxième partie sont présentés les Etats musulmans non arabes de l'Indonésie à l'Afrique
Noire et à l'Albanie, ainsi que les situations de très fortes minorités : Inde, Thaïlande, Phi
lippines, Nigeria, Bosnie. Dans une troisième partie est passée en revue la situation des Etats
arabes, y compris Palestine et Sahara occidental. Dans les deux dernières parties sont abor
dés le problème des femmes, de l'expansion démographique, de l'islamisme et de la modern
ité, du rapport à l'Occident. Il s'agit chaque fois de notices brèves et claires, rédigées par
les meilleurs auteurs parmi lesquels on relèvera les noms d'auteurs familiers des lecteurs de Signalements bibliographiques 1 153
la REMMM comme Robert Mantran, Ali Kouaouci, François Raillon, Olivier Roy, mais
aussi les signatures de Jean-Louis Triaud, Paul Balta, Bichara Kader, Albert Bastinier ou Juliette
Minces. L'ouvrage offre une bonne iconographie ainsi qu'une intelligente cartographie et
fournit in fine quelques éléments bibliographiques. Dans un genre difficile, la vulgarisation,
et compte-tenu de son volume limité, cet ouvrage est une réussite.
• CHEBEL Malek, 1995, Encyclopédie de l'Amour en Islam. Erotisme, beauté et sexualité
dans le monde arabe, en Perse et en Turquie, Editions Payot & Rivages, Paris, 708 p.
Le Prophète Mohamed affirmait : « on m'a fait aimer en ce bas-monde trois choses : les par
fums, les femmes et la prière, qui reste la plus importante à mes yeux. » A prendre comme
exemple de vie le Prophète, on peut donc être un musulman fidèle, respectueux du Texte
sacré, sans être ennemi de la jouissance charnelle. Dans cet ouvrage qui se présente sous la
forme d'un lexique, Malek Chebel a parcouru l'univers amoureux des pays musulmans, du
Maghreb au Proche-Orient, de la Turquie à la Perse, en passant par les minorités ethniques
qui composent la mosaïque islamique. Avec ce livre foisonnant qui cherche à faire naître l'émo
tion d'un poème, d'un adage ou de tel passage sensuel des Mille et Une Nuits, l'auteur offre
un bon guide de la langue amoureuse, des mœurs, des techniques erotiques, de la médecine,
de la jurisprudence, de l'esthétique, de la psychologie et de la mystique de cette civilisation
qui n'a cessé d'être le support d'un imaginaire amoureux riche et complexe.
• DUPONT Marie, 1994, Les Druzes, Fils d'Abraham, Editions Brepols, Bruxelles,
220 p.
Au sein d'un Proche-Orient toujours à la recherche de son équilibre et de la paix, les Druzes,
avec à leur tête la famille Joumblatt, apparaissent essentiellement aux yeux des Occidentaux
comme une force politique attachée au maintien de leurs prérogatives. Cette vision événe
mentielle des choses ne rend pas totalement justice à la richesse spirituelle de ce peuple'et
à la synthèse doctrinale qu'il a tentée entre la pensée orientale et la philosophie grecque, la
judaïsme, le christianisme et les diverses ramifications de l'Islam. Un travail de collabora
tion a permis à l'auteur de rassembler les principales pièces d'un dossier complexe et insuf
fisamment connu.
• STORA Benjamin et DAOUD Zakya, 1994, FerhatAbbas, une utopie algérienne, L'aven
ture coloniale de la France, Denoël, Paris, 429 p.
L'itinéraire politique de Ferhat Abbas traverse l'histoire commune de l'Algérie et de la
France à son moment de plus intense tension. Incarnant une "utopie algérienne", le phar
macien de Sétif a parcouru toutes les étapes qui, du Front populaire en 1936 aux accords
d'Evian en 1962, ont conduit vers l'indépendance des départements français d'Afrique du
Nord. Elu local avant la Seconde Guerre mondiale, il se fait connaître par des prises de posi
tions en faveur de l'assimilation. Il lance le Manifeste du peuple algérien en 1943 et les élec
teurs du deuxième collège l'envoient trois ans plus tard au Palais-Bourbon où le nouveau
député musulman demande vainement que l'Algérie devienne une république intégrée à la
France. Lorsque l'insurrection éclate, Ferhat Abbas tire la leçon de ces échecs, se radicalise
et bascule en 1955 vers le FLN dont il rejoint les dirigeants rassemblés au Caire. Ce déçu
de la francisation sera le premier président du Gouvernement provisoire de la République
algérienne puis, au lendemain de l'indépendance, président de l'Assemblée nationale. Il
s'est écarté de la politique active dès 1963 : Ferhat Abbas exprime alors nettement son 154 1 Pierre Robert Baduel
opposition au système du parti unique, imposé par le FLN, et son attachement au plura
lisme. Il reste ainsi fidèle à l'engageemnt de toute une vie, celui d'un "républicain musul
man" dont l'Algérie peut toujours retenir la leçon au moment où, trente ans après l'ind
épendance, elle se déchire dans une guerre civile larvée.
• CHOUKOUROV Charif et Roustam, 1994, Peuples d'Asie centrale, Essai, Syros, Paris,
230 p.
Héritière à la fois d'une culture persane, d'un esprit politique turc puis d'une emprise russe
et soviétique, l'Asie centrale entre aujourd'hui dans une ère nouvelle. Une ère où s'entr
echoquent violemment les composantes de ce multiple héritage. L'URSS partant, l'islam reve
nant, les discordances s'exacerbent entre iranophones et turcophones, les ambitions régio
nales se précisent et la Russie regarde d'un œil intéressé ce carrefour du continent eurasien
qu'elle nomme aussi l'"étranger proche".
• LESERVOISIER Olivier, 1994, La question foncière en Mauritanie. Terres et pouvoirs dans
la région du Gorgol, Connaissance des hommes, L'Harmattan, Paris, 351 p.
L'actualité de la question foncière en Mauritanie est liée aux changements en cours dans la
vallée du fleuve Sénégal (accentuation de la sécheresse, développement de l'irrigation dans
le cadre de l'OMVS, application de nouvelles lois foncières. . .), qui sont à l'origine de nomb
reux conflits sociaux et politiques comme en témoignent les événements tragiques de 1989
entre la Mauritanie et le Sénégal. C'est à partir d'une approche dynamique, historique et comp
arative que cet ouvrage entreprend l'analyse des enjeux fonciers en Mauritanie. L'accent est
mis sur l'analyse des conflits et des rapports de force autour de la terre (privatisation des terres,
création d'un marché foncier, rôle de l'Etat dans le développement rural, litige frontalier Maur
itanie/Sénégal, crise des nationalités,. . .). Les problématiques s'inscrivent dans les recherches
les plus actuelles (dynamique des systèmes agraires, trajectoires locales du politique, inven
tion de la tradition, production de l'ethnicité). Soucieux de s'écarter des interprétations simp
lificatrices, cet ouvrage montre la complexité des enjeux fonciers actuels et contribue à
remettre en cause une conception dualiste tradition/modernité, ainsi qu'une vision réduct
rice des problèmes fonciers en termes strictement ethniques. Sur ce point, il s'inscrit dans
un renouveau thématique - rapports entre communautés - dont l'un des intérêts est de rap
peler les relations de complémentarité inter-ethniques (entre Maures et Haalpulaar'en) qui,
dans le contexte actuel de crise, ont tendance à être oubliées. Alors qu'il n'existait aucun tra
vail de synthèse historique et anthropologique sur le foncier en Mauritanie, cet ouvrage,
résultat de plusieurs enquêtes de terrain et de données de première main, vient combler
cette lacune et constituera désormais une référence incontournable.
•SEDJARlAli, 1993, Etat et développement administratif au Maroc. Tradition ou Modern
ité?, Les Editions Guessous, Rabat, 192 p.
Ce livre ne cherche point à construire une théorie générale de l'administration marocaine
ni établir un check-up de ses états de ses dérivations. Il s'agit de prospecter dans les termes
de la mue sociale et politique actuelle, les possibilités de renouveau et de modernisation de
l'administration. Au centre de cette interrogation s'inscrivent les rapports entre l'Etat et l'admi
nistration. Ce couple peut-il encore constituer à l'heure actuelle un modèle qui susciterait
le progrès et le renouveau ? Quelle est la part distinctive et respective de l'Etat et de l'admi
nistration qu'il convient de privilégier comme les déterminants opérationnels, des instru- Signalements bibliographiques 1 155
merits supposés du changement politique, social et économique ? L'administration publique
sous sa forme présente n'est-elle pas un obstacle au changement ? Comment redéfinir le rôle
de l'un et de l'autre face à l'émergence de nouveaux problèmes et de nouveaux défis ? Peut-
être existe-il alors des arguments solides en faveur de la modernisation de l'administration
et, par voie de conséquence, de l'Etat ?
• BENNANI-CHRAIBI Mounira, 1994, Soumis et rebelles. Les jeunes au Maroc, préface
de Rémy Leveau, Méditerranée, CNRS Editions, Paris, 335 p.
Depuis l'Indépendance, le régime marocain a mis en œuvre plusieurs compromis success
ifs avec les élites nationales et apparaît de fait comme l'interlocuteur unique à tous les
niveaux de pouvoir. Il se trouve ainsi directement confronté aux attentes déçues d'une jeu
nesse urbaine scolarisée de plus en plus nombreuse. Au demeurant celle-ci ne se reconnaît
guère dans les partis et organisations qui prétendent aux fonctions de porte-parole. Assimilés
à des islamistes ou à des "grilleurs" de frontières, ces jeunes menacent l'ordre établi. . . et inquiè
tent le monde occidental. Mounia Bennani-Chraïbi a recueilli leurs propos et apporte des
éléments de réponse à des questions majeures pour le Maroc et la Méditerranée d'aujourd'hui :
quelle est cette jeunesse impatiente de participer à la vie nationale et internationale ? Derr
ière les émeutes à répétition, n'y-a-t-il pas des appels cachés et des revendications positives
d'intégration ?
• DENEUIL Pierre-Noël, 1992, Les entrepreneurs du développement. L'ethno-industria-
lisation en Tunisie : la dynamique de Sfax, postface de Riadh Zghal, Logiques sociales,
L'Harmattan, Paris, 207 p.
Sfax constitue un pôle économique régional dont le dynamisme rappellera celui des dis
tricts industriels ou des systèmes industriels localisés. Ses entrepreneurs y poursuivent un
développement où les valeurs et les conduites sociales et culturelles de leur communauté
façonnent leurs projets économiques, techniques et industriels. Cet ouvrage s'écarte des anal
yses de l'industrialisation en termes d'infrastructures financières, technologiques ou ins
titutionnelles. Il explore un tissu urbain où se côtoient artisans-entrepreneurs, entrepre
neurs-innovateurs et nouveaux industriels, où se mêlent le secteur structuré et celui dit
informel. Il évoque la psychologie économique et les ressources humaines inscrites dans
la quotidienneté des "entrepreneurs" du développement : héritage religieux, réseaux famil
iaux, comportements d'indépendance au travail, savoir-faire et cultures techniques, socia
bilité agressive et innovatrice. Ces ressources tracent le creuset d'un type de développement
"autonome", médiation réussie entre l'endogène (le sentiment d'appartenance et l'enrac
inement du Sfaxien dans sa ville, son éloignement des centres de décisions économiques et
politiques), et l'exogène (l'ouverture de ce port aux voyages, au commerce et à l'entreprise).
A tel point que l'isolement géographique et le repli historique de la région, entre terre et
mer, s'avèrent moins être un frein qu'un stimulant de l'esprit d'innovation et d'entrep
rise. Le lecteur découvrira simultanément à Sfax, entre tradition et modernité réconcil
iées, un modèle d'entreprenariat, de développement puis de régulation des identités col
lectives locales.
• MICHEL Marc, 1993, Décolonisations et émergence du Tiers-Monde, Editions Hachette
Supérieur, Paris, 271 p.
En 1939, les Empires coloniaux semblaient à leur apogée. 25 ans plus tard, ils ont pratiquement 1561 Pierre Robert Baduel
cessé d'exister. Comment expliquer ce phénomène majeur du XXe siècle, les décolonisations
des peuples soumis à la domination de l'Europe et leur accession à l'existence internationale ?
Déjà ébranlée avant 1939, la tutelle européenne est remise en cause pendant la Seconde
Guerre mondiale. Qu'elles soient arrachées ou octroyées les indépendances se succèdent en
chaîne. Le départ des Anglais de Palestine et de l'Inde, l'abandon forcé de l'Indonésie par la
Hollande, la défaite de Diên Bien Phu, le "coup de tonnerre" de Bandung, l'humiliation de
Suez, la crise du Congo, le drame algérien jalonnent l'histoire de ce vaste mouvement d'émanc
ipation. Mais ces évolutions sont décalées dans le temps et dans l'espace, plus rapides en Asie
qu'en Afrique, et il faudra attendre la fin des années 1970 pour que les derniers bastions impé
riaux soient emportés. Les étapes de ce processus sont examinées ici à la lumière des relations
internationales. Les décolonisations ont constitué, en effet, un facteur décisif du passage
d'un monde bipolaire, celui de la Guerre froide, au monde multipolaire et chaotique contemp
orain. Elles ont contribué à l'émergence d'un nouvel acteur sur la scène internationale : le
Tiers-Monde.
• DOMERGUE CLOAREC Danielle, 1 994, La France et l'Afrique après Us indépendances,
Regards sur l'histoire, SEDES, Paris, 405 p.
Les relations France-Afrique représentent un ensemble de liens étroits très spécifiques et
sans autre équivalent sur le continent africain. A l'inverse des autres puissances coloniales, la
France a su conserver et même étendre son influence. Ces relations s'inscrivent dans un sys
tème juridique et institutionnel assez complexe hérité en partie de l'Histoire, puisqu'elles dépen
dent de deux ministères différents, bien qu'elles fassent partie du domaine de la politique étran
gère de la France. La multiplicité des intervenants et le poids du président de la République
ajoutent à la difficulté de pouvoir les appréhender aisément. En outre, les relations n'obéis
sent pas à la même logique selon qu'il s'agit des pays du nord de l'Afrique ou des pays situés
au sud du Sahara. Le discours politique en direction de l'Afrique est d'une remarquable
continuité du général de Gaulle à François Mitterrand. 1981, qui devait être l'année de tous
les changements dans ce domaine a été l'année du virage manqué. Pourtant, tous les rapports
sur la coopération depuis trente ans ont dénoncé les erreurs et proposé de nouvelles orien
tations, mais en vain. La coopération en chiffres dément les envolées du discours. L'évolu
tion de la situation internationale et la récession économique ont mis en lumière l'ineffica
cité de l'aide. Cette mise en cause qui place aussi bien les Africains que la France face à
l'avenir, va les obliger à tourner une page de l'Histoire. Les relations France-Afrique ne sont
pas des relations à sens unique. Si la France est en Afrique, l'Afrique est en France. Par ses
apports aussi bien humains que culturels, l'Afrique participe à la culture nationale française.
• FRÉMEAUX Jacques, 1 995, Le monde arabe et la sécurité de la France depuis 1958, Poli
tique d'aujourd'hui, PUF, Paris, 328 p.
De la guerre d'Algérie à la guerre du Golfe, les responsables français se sont efforcés de maint
enir et de développer en direction du monde arabe leurs positions militaires et politiques,
leurs échanges commerciaux, le rayonnement de leur culture. Tâche difficile : guerre froide
et guerres de décolonisation, crise pétrolière, conflits du Proche-Orient, montée du terrorisme,
et, plus récemment, de l'islamisme sous ses formes diverses, font de ce voisin un partenaire
difficile, voire dangereux. En même temps l'image familière, sinon exacte, de la France se brouille
sous l'effet de mutations dont la vague démographique venue du sud n'est pas la moins
importante. Ainsi le monde arabe a-t-il paru receler, depuis vingt-cinq ans, des menaces, ou
tout au moins des risques, manifestes, importants, et même peut-être de premier ordre Signalements bibliographiques / 157
depuis l'effacement de l'URSS. Ce livre est une invitation à parcourir l'histoire de l'analyse de
ces risques, de la naissance de certains, de la disparition d'autres, et des politiques, militaires,
commerciales ou culturelles envisagées pour y parer. Il voudrait indiquer comment remplac
er les fantasmes ou les peurs irraisonnées par des connaissances, seules capables de per
mettre d'envisager l'avenir avec confiance, et surtout de situer les problèmes là où ils se trou
vent vraiment et peuvent vraiment se résoudre : non pas en l'autre, mais en soi.
• PICARD Elizabeth (dir.), 1994, La nouvelle dynamique au Moyen-Orient. Les rela
tions entre l'Orient Arabe et la Turquie, Comprendre le Moyen-Orient, L'Harmattan,
Paris, 215 p.
Au Moyen-Orient, la crise du Golfe a brutalement rendu caduques les clivages hérités de
la décolonisation et de la Guerre froide. Derrière la façade des idéologies dominantes sont
apparues les questions essentielles pour la région : sa quête identitaire aux sources d'un
passé longtemps occulté ; le partage de ses richesses - or noir du pétrole et or "blanc" de
l'eau, en particulier ; le difficile équilibre entre développement des sociétés et sécurité des
Etats. L'évolution des relations entre les pays arabes du Moyen-Orient et la Turquie fait écho
aux bouleversements régionaux au tournant des années 1990. Depuis l'effondrement de
l'URSS et l'ouverture des négociations israëlo-arabes, le est à la recherche d'un
nouvel équilibre, qui intègre la Turquie et les grands États arabes, mais aussi l'Iran et Israël.
La nouvelle configuration régionale s'enracine dans une mémoire vivante et souvent dou
loureuse ; elle intègre les impératifs stratégiques de la mondialité et les ambitions économiques
des États au tournant du siècle. En même temps la multiplication de réseaux financiers et
marchands transversaux imprime aux relations étatiques du Moyen-Orient une dynamique
économique originale. Plus, les mobilisations religieuses et les solidarités ethniques transé
tatiques remettent en cause les règles de système international et les frontières de l'État-nation.
Les études réunies dans le présent ouvrage permettent une confrontation des approches et
des hypothèses au tournant des années 1990.
• MANSOUR Camille, 1995, Israël et les États-Unis ou les fondements d'une doctrine
stratégique, Le temps du monde, Armand Colin, Paris, 285 p.
Pour la plupart des observateurs l'intensité des échanges entre Israël et les États-Unis, l'éten
due et l'intimité de leur coopération, l'appui de Washington à Tel-Aviv sous de multiples
formes (économique, militaire, politico-diplomatique), manifestent l'existence de liens spé
cifiques, solides et peut-être inébranlables. La façon dont sont gérés les accrocs périodiques,
le mélange d'exagération et de négation des divergences éventuelles, la crainte tant de fois
exprimée d'une dégradation du climat entre les deux pays, qui ne se produit finalement jamais,
confirment le caractère unique de leurs relations. Mais si leurs formes peuvent être cernées
et décrites, leur nature profonde est plus difficile à mettre en lumière. Ce problème ne se
pose pas seulement aux analystes, mais aussi plus concrètement aux acteurs politiques. Pour
Israël la façon dont l'Amérique perçoit et vit leurs relations est déterminante parce qu'elles
concernent son destin. Pour les États du Moyen-Orient elles constituent un facteur primordial
dans l'équilibre de la région et de leur avenir. Ces liens sont à ce point privilégiés qu'on a
pu dire que les États-Unis étaient partie prenante du conflit israélo-arabe, alors que cette
qualité ne peut être attribuée à l'ex-URSS ou à l'Europe. Plusieurs explications ont été don
nées à cette situation : les intérêts stratégiques israéliens et américains convergeraient, les Etats-
Unis se sentiraient engagés moralement envers l'État juif, le tout-puissant lobby juif amé- 158 1 Pierre Robert Baduel
ricain dicterait la politique américaine, Israël serait une base de l'impérialisme américain...
Cela revient à se demander quelle est la doctrine stratégique américaine au Moyen-Orient
et quelle place y occupe Israël. L'analyse chronologique des événements qui ont secoué
cette région de 1948 à nos jours fait apparaître de manière saisissante que l'impérialisme et
la convergence d'intérêts et de risques ne sont pas suffisants en eux-mêmes pour com
prendre cette alliance particulière et qu'il faut y voir, plus encore que la pression du lobby
pro-israélien, une étonnante communauté d'idéologie et de valeurs.
• GARDE Paul, 1994, Journal de voyage en Bosnie-Herzégovine. Octobre 1994, La Nuée
Bleue, Strasbourg, 143 p.
L'auteur, familier depuis quarante ans de l'ancienne Yougoslavie dont il parle la langue, par
court les zones non occupées de Bosnie-Herzégovine en octobre 1994. De Split à Mostar,
puis à Zenica, il se déplace en car parmi les gens du pays. Pour entrer dans Sarajevo assiégé
il doit franchir les pieds dans l'eau le tunnel qu'a creusé l'armée bosniaque. Il consigne
heure par heure ses observations sur les lieux, les choses et les gens, les ruines et les tombes.
Il relate ses conversations avec une multitude d'interlocuteurs : Musulmans, Croates et
Serbes ; hommes politiques, journalistes ou intellectuels, curés ou muftis, anciens habi
tants ou réfugiés chassés des zones «nettoyées» ; Casques Bleus ou diplomates, et passants
rencontrés par hasard à une table de café, au coin d'une rue de Sarajevo, ou sur la passerelle
qui a remplacé le pont détruit de Mostar. Ces instantanés, empreints de sympathie, éclai
rent de multiples aspects ignorés ou peu connus du conflit en cours. Ce faisant, l'auteur donne
une suite de l'ordre du témoignage à un précédent ouvrage devenu un livre-référence : Vie
et monde la Yougoslavie (Fayard, Paris, 1992, 444 p.).

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