COMMISSION D’ÉTUDE
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Mémoire de la Conférence régionale des Élus de la Mauricie Présenté dans le cadre de la Consultation régionale de la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise Avril 2004 1. INTRODUCTION .......................................................................................................................... 2 2. DÉVELOPPEMENT DURABLE ET GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES FORESTIÈRES .............................................................................................................................. 3 2.1 Quantifier l’incidence des mesures d’harmonisation sur la possibilité forestière ...................... 3 2.2 Se doter d’outils d’aide à la décision.......................................................................................... 3 2.3 Avoir un plan de communication continue................................................................................. 4 2.3.1 Au niveau scolaire........................................................................................................... 4 2.3.2 Communication grand public.......................................................................................... 5 3. CONNAISSANCE DU CAPITAL FORESTIER ........................................................................ 6 3.1 La forêt................................................................................................................... ...

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Mémoire de la Conférence régionale des Élus de la Mauricie Présenté dans le cadre de la Consultation régionale de la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique québécoise Avril 2004
1. INTRODUCTION..........................................................................................................................2 2. DÉVELOPPEMENT DURABLE ET GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES FORESTIÈRES .............................................................................................................................. 3 2.1 Quantifier l’incidence des mesures d’harmonisation sur la possibilité forestière ...................... 3 2.2 Se doter d’outils d’aide à la décision .......................................................................................... 3 2.3 Avoir un plan de communication continue................................................................................. 4 2.3.1 Au niveau scolaire........................................................................................................... 4 2.3.2 Communication grand public.......................................................................................... 5 3. CONNAISSANCE DU CAPITAL FORESTIER ........................................................................ 6 3.1 La forêt........................................................................................................................................ 6 3.2 La faune ...................................................................................................................................... 6 4. PLANIFICATION, EXÉCUTION ET RENDEMENT DE L’AMÉNAGEMENT FORESTIER ................................................................................................................................... 7 4.1 Aménagement intensif près des usines et des municipalités ...................................................... 7 4.2 Les outils..................................................................................................................................... 8 5. CADRE ET MODE DE GESTION DES FORÊTS..................................................................... 9 5.1 Les redevances forestières .......................................................................................................... 9 5.2 Fonds à la modernisation des usines........................................................................................... 9 5.3 Principe de l'utilisateur payeur ...................................................................................................10 5.4 Fermeture de chemins forestiers .................................................................................................10 6. CONCLUSION ...............................................................................................................................11
1.
COMMISSION D’ÉTUDE SUR LA GESTION DE LA FORÊT PUBLIQUE QUÉBÉCOISE INTRODUCTION
Le présent document ne présente pas une liste exhaustive de données statistiques. Comme le souhaite la Commission, notre mémoire a pour objectif de proposer des orientations ou des solutions aux problématiques identifiées par la Conférence régionale des élus de la Mauricie (CRÉM). Compte tenu de la création récente de notre Conférence et du délai accordé par la Commission pour la réflexion et la préparation de notre mémoire, nous formulonsquelques réserves sur son contenu qui pourra certainement être bonifié après une analyse plus poussée par l’ensemble de nos membres. Toutefois, nous jugeons important de profiter de votre passage dans notre région pour exprimer nos besoins d’amélioration de la gestion des forêts publiques tout en considérant son complément indissociable, la forêt privée. La Mauricie possède les trois grands types écologiques de la forêt québécoise. Au sud, elle est habitée par des forêts feuillues. En progressant vers le nord, elle passe graduellement de la forêt mixte et à la forêt boréale. Peu de régions au Québec ont la chance d’avoir cette caractéristique. Tout comme la composition forestière, les usines de transformation du bois sont très variées. Les scieries résineuses sont les plus grandes consommatrices de billes résineuses. Toutefois, les pâtes et papiers arrivent au premier rang pour l’utilisation de la fibre. La consommation annuelle des usines (pâte et sciage) est près du double de la possibilité forestière à rendement soutenu du résineux. La pression exercée pour l’utilisation de cette fibre est très forte et on parle même de dépendance, dans certains cas, de l’activité économique générée par ce secteur est vitale pour plusieurs municipalités de la région. Chez les essences feuillues, le déroulage, le sciage et le panneau gaufré ont leurs usines de transformation dans la région. Bien que nous ayons une usine de pâtes et papiers qui consomme une grande quantité de fibre feuillue, il y a peu de volume récolté sur les forêts publiques. Son approvisionnement lui parvient sous forme de copeaux, de sciures et de planures. En plus de sa composition forestière diversifiée, un réseau de chemins d’accès bien ramifiés dessert notre immense territoire. Une gamme de produits et de services variés est offerte à une clientèle de plus en plus nombreuse. Les visiteurs originent principalement duQuébec, des États-Unis et de plusieurs pays d’Europe. Il est important de considérer le récréotouristique comme un secteur d’activité économique en croissance dans le développement du milieu forestier. Se préoccuper, par exemple, de l’effet visuel des pratiques sylvicoles face aux autres utilisateurs, ne peut que donner une bonne image de l’aménagement forestier sur l’environnement.
C’est dans le contexte de ces préoccupations qu’est basée la réflexion de la CRÉ pour élaborer ce mémoire.
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2.
DÉVELOPPEMENT DURABLE ET GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES FORESTIÈRES À la lecture de ce qui précède, point n’est besoin de décrire l’importance que nous accordons au développement durable et à la gestion intégrée des ressources du milieu forestier. Le défi à relever peut se traduire ainsi : ¾Gestion intégrée + développement durable = maintien de la possibilité forestière Actuellement, le volet récréotouristique se développe rapidement en compétition avec l’industrie de transformation du bois. Comment optimiser ces deux usages sans compromettre le niveau d’activité économique que génère chacun de ces secteurs? 2.1 Quantifier l’incidence des mesures d’harmonisation sur la possibilité forestière Au cours des dix dernières années, les interventions visant à modifier les méthodes de récolte des bois sur les terres publiques, dans le but de réduire l’incidence des coupes sur la pratique des autres activités dans le milieu forestier, ont été monnaie courante. La volonté réciproque des parties impliquées pour trouver des solutions a abouti à la mise en place d’expériences, qui sont par la suite devenues des pratiques usuelles, sans pour autant identifier ou quantifier leur impact sur la production de la fibre ligneuse. Nous proposonsqu’un groupe de travail soit formé pour trouver des formules permettant de déterminer, par unité d’aménagement, les effets d’une ou des mesures d’harmonisation sur la possibilité forestière à rendement soutenu. À titre d’exemple : dans un encadrement visuel si on réalise une coupe mosaïque au lieu d’une coupe paysage (méthode Josée Paquet), laquelle aurait le moins d’incidence sur la production de fibre? Est-ce que le niveau de satisfaction des usagers serait acceptable si on faisait un bilan de ce que la société en retire dans son ensemble? 2.2 Se doter d’outils d’aide à la décision Pour permettre aux gestionnaires d’accorder, aux différents intervenants qui sollicitent des pratiques sylvicoles particulières, un traitement le plus équitable possible, ils devraientdisposer d’outils d’aide à la décision. Selon la nature et l’ampleur des mesures à appliquer sur une superficie donnée, il serait fort utile d’identifier les critères à considérer, d’en déterminer l’importance (laex. : fréquentation, le caractère exceptionnel, etc.) et d’avoir une grille qui donne une gamme de mesures à mettre en place.
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2.3
Cet outil permettrait à toutes les parties impliquées de connaître la nature de la prescription qui peut s’appliquer sur cette portion de territoire. Il réduirait passablement le temps de discussions et l’énergie consacrée par tous les intervenants. Avoir un plan de communication continue Lorsque les médias nous informent de l’actualité forestière, c’est presque exclusivement pour critiquer, de façon assez sévère, les mauvais coups qui souvent sont véhiculés avec beaucoup d’émotivité. Lorsque le grand public, les enseignants, les jeunes, les artistes, etc. prennent connaissance des évènements, c’est sans discernement et c’est souvent de façon très biaisée qu’ils portent un jugement sur l’évènement. Le Ministère et l’industrie forestière sont alors en position de réaction, pour essayer de réduire l’ampleur de ce qui a été rapporté. Au niveau de la communication, nous avons beaucoup de difficulté à démontrer ce que font les intervenants forestiers et à informer la population sur les façons de faire des interventions forestières. Selon nous, il faut que nos collectivités acquièrent un minimum de connaissance des pratiques sylvicoles sur les forêts publiques. Dans les congrès, les colloques, les tables de toutes natures et dans les consultations de toutes sortes, nous retrouvons toujours le même réseau de personnes averties qui connaissent les approches et les pratiques et qui savent en mesurer les avantages et les impacts. Par où commencer pour amorcer le développement d’une culture forestière au Québec? 2.3.1 Au niveau scolaire La réforme scolaire au primaire et bientôt au secondaire, offre de belles opportunités. Le MRNFP, le MÉQ, l’industrie forestière et autres intervenants devraient en profiter pour y introduire un volet qui donnerait un minimum de formation sur la forêt québécoise et sur les bienfaits qu’on en retire à tous les niveaux : récréation, sylviculture, activité économique, etc.pourrions, Nous par exemple,introduire dans le programme des notions où la forêt se régénère, se développe et se récolte de façon très différente des pratiques d’autrefois. Nous pourrions aussioffrir aux professeurs la possibilité de prendre connaissance, sur le terrain, de la complexité des opérations forestières et des efforts qui sont déployés pour minimiser l’impact de la récolte sur les autres activités. Ces indispensables formateurs ont un pouvoir d’influence énorme auprès des jeunes et l’image de la foresterie au Québec peut en profiter. Pour soutenir le corps professoral dans son programme, des ressources provenant d’organismes neutres, (ex. : les associations forestières régionales qui regroupent beaucoup de catégories d’intervenants)pourraient présenter aux jeunes des activités à caractère éducatif sur la forêt et ce qu’on peut faire avec ce milieu et cette ressource naturelle renouvelable.
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De plus, en Mauricie, nous avonsune forêt d’enseignement et de recherche de 1 689 hectares, disposant de bonnes infrastructures d’accueil. Elle est gérée par l’école forestière de La Tuque. Un grand potentiel d’éducation, pour familiariser tant les professeurs que les étudiants aux pratiques sylvicoles, pourrait être exploité si on y consacraient les ressources. Il serait fort profitable,pour tous les étudiants d’un même niveau, de faire un court séjour dans cette forêt pour prendre connaissance des pratiques sylvicoles à grande échelle. Pour plusieurs, cette initiation sera peut-être le seul contact qu’il aura avec ce milieu au cours de sa vie mais leur vision sera mieux établie. Communication grand public Abstraction faite du mois de l’arbre et des forêts, où les médias font un peu plus l’éloge du secteur forestier, les onze autres mois de l’année sont, à toutes fins pratiques, vides de contenu. Il n’y a pas de plan d’action pour lequel les intervenants se sont concertés pour véhiculer un message commun. Par intervenants, nous incluons tous les acteurs du milieu : les fauniques, les industriels, les récréotouristes, les gouvernements provincial et municipal. Une activité de communication, qui regroupe l’ensemble des parties impliquées, est beaucoup plus crédible. Beaucoup de temps et d’énergie sont consacrés, tant par les gestionnaires fauniques, les industriels et les fonctionnaires provinciaux, pour trouver des compromis, permettant le déroulement des activités propres à chacun, sans trop compromettre la vitalité de l’organisme qu’il représente.La promotion des résultats obtenus, à des périodes ciblées(ouverture de la pêche, de la chasse, vacances estivales, saison de la motoneige, etc.),informerait le grand public et contribuerait à ce qu’il soit plus sensibilisé aux activités d’aménagement forestier. Pour la communication au grand public, il y aurait lieu de cibler des messages adaptés pour la clientèle de Montréal et de Québec. Elle a souvent moins de connaissance de ce qui se passe en forêt et se laisse influencer, sans discernement, par les médias qui commentent les évènements avec beaucoup d’émotivité.Au niveau des régions, le plan de communication à la population devrait porter sur le développement d’une fierté de vivre dans un environnement où l’activité économique dépend de l’aménagement forestier et de la transformation de la fibre ligneuse. Cette attitude valoriserait les parents et contribuerait à réduire le désir des jeunes de s’expatrier vers les grands centres où, d’apparence, les conditions de vie semblent meilleures. En bref, il faut commencer à développer une culture forestière en région si l’on veut atténuer l’exode de la relève au niveau de la main-d’œuvre.
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3.
CONNAISSANCE DU CAPITAL FORESTIER Dans son ensemble, le capital du milieu forestier est complexe à évaluer. La multitude des ressources qu’il contient, le niveau d’utilisation qu’on en fait et le manque d’inventaire de tout le potentiel qu’on y retrouve, ne nous permettent pas de porter un jugement éclairé sur sa valeur.Un plan intégré de gestion de l’ensemble des ressources du milieu forestierpourrait nous aider à avoir un aperçu de ce que recèle notre vaste territoire et des axes de développement à favoriser. Le défi est de taille et nous ne disposons pas des connaissances et des ressources pour prendre charge de cette opération. Toutefois,un projet sur une partie de territoire(ex. : une unité d’aménagement de forêt publique)pourrait amorcer cette vaste opération. Il permettrait d’identifier et de quantifier les informations requises (faune, forêt, villégiature, sentiers de toutes sortes, sites d’observation, circuits de canots, sites caractéristiques, communautés autochtones, etc.) pour optimiser l’activité économique générée par cette ressource naturelle, dans le cadre d’un développement durable du milieu. 3.1 La forêt La Conférence régionale des élus a tendance à faire confiance aux forestiers pour faire l’évaluation du potentiel des forêts publiques. On se rend compte de la complexité de la tâche lorsqu’on lit l’article paru dans le journal Le Nouvelliste du 30 mars, sous la plume du journaliste monsieur André Mercier, de La Tuque, concernant le report des résultats des calculs de la possibilité forestière. Les connaissances sur la croissance de la forêt se précisent avec les années et la multiplicité des paramètres à considérer sont de plus en plus nombreux.Les calculs se font de façon périodique et des ajustements sont apportés à chaque reprise de l’opération, ce qui contribue à nous rassurer. Dans ce contexte, nous ne croyons pas justifier de conserver une portion de l’attribution de la possibilité forestière pour avoir un seuil de prudence acceptable. Comme mentionné précédemment, l’économie régionale est grandement tributaire de ce que génère la forêt. Se priver d’une partie des attributions ne ferait qu’aggraver la situation. Elle est déjà difficile suite aux pressions de l’harmonisation et des nouvelles connaissances qui viennent réduire les volumes consentis aux industriels par le gouvernement. Globalement, nous pensons qu’il se fait, dans la région, une bonne gestion de la ressource du bois sur les forêts publiques. Les rencontres fréquentes que nous avons avec l’industrie forestière et les fonctionnaires du MRNFP, nous permettent de croire que la forêt est bien gérée. 3.2 La faune L’activité économique générée par la chasse et la pêche, en plus d’être un moteur non négligeable pour la région, répond aux besoins d’une clientèle régionale, nationale et internationale. Elle couvre l’ensemble du territoire de la Mauricie avec des pourvoiries, des Zecs, des réserves de chasse et de pêche, l’aire faunique communautaire au réservoir Gouin.
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4.
Le défi de l’harmonisation des activités forestieres avec les utilisateurs est bien relevé par tous les intervenants. Dans la région, on sent une volonté des parties impliquées de trouver des solutions à partir d’une compréhension réciproque des besoins ou des attentes de l’autre. Dans ce contexte, nous sommes souvent cités en exemple dans les autres régions de la province.Des outils comme une table de concertation regroupant des représentants de chacun des intervenants dans une aire commune animée par une tierce partie, des ententes à moyen terme (5 à 7 ans) signées par un pourvoyeur à droit exclusif et les détenteurs de CAAF de l’aire commune concernée sur les activités d’aménagement à réaliser, participation des industriels à la table de concertation de la communauté autochtone de Wémontacie, sont des exemples de recettes gagnantes pour faciliter l’intégration des préoccupations de tous et chacun dans la réalisation des travaux d’aménagement forestier. Pour la Conférence régionale des élus, la connaissance du capital de l’ensemble des ressources renouvelables du milieu forestier progresse bien. Les différents plans qui se réalisent sur notre territoire par les secteurs (forêt, faune et territoire) du ministère des Ressources Naturelles, de la Faune et des Parcs contribuent largement à ce constat. Par contre,un regroupement de ces plans pourrait amorcer certainement un plan intégré de gestion des ressources du milieu forestier. PLANIFICATION, EXÉCUTION ET RENDEMENT DE L’AMÉNAGEMENT FORESTIER
À la fin des années 1980, nous entendions parler d’aménagement intensif dans les forêts de banlieue. L’objectif premier était d’accroître la productivité des superficies forestières avec comme cible de doubler le rendement pour atteindre entre trois et quatre mètres cubes par hectare par an. Cet objectif était loin d’être irréaliste, si on le compare à certains pays d’Europe, particulièrement les pays scandinaves, qui produisent en moyenne au moins trois à quatre fois plus de bois sur chaque hectare forestier. Quinze ans après, est-ce qu’il est possible de quantifier les gains réalisés suite aux investissements réalisés? Si l’on se fie aux informations qui circulent actuellement, il semble que nous ayons de la difficulté à maintenir le rendement actuel. Sans être des experts en la matière, voici quelques suggestions qui pourraient, selon nous, améliorer la situation : 4.1 Aménagement intensif près des usines et des municipalités
Si l’État veut un rendement accru de ses investissements, il doit d’abord choisir où c’est le plus rentable de placer son argent. Spontanément, on pense aux forêts situées près des usines, des centres habités et sur les terrains les plus productifs. Ce choix ne fera certainement pas l’objet de grandes contestations même si certains éléments doivent être considérés avant de statuer de façon définitive.
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4.2
Commepremière étape à cette opération,est nécessaire de procéder à il la délimitation des secteurs pour leur assigner une vocation : secteur à production fortement récréotouristique, à production mixte (forestier et récréotouristique), à production fortement forestière.Dans tout ce zonage, il n’y a pas d’exclusion d’utilisation. Ce sont les façons d’intervenir pour faire de l’aménagement forestier ou du récréotouristique qui diffèrent.l’ensemble du territoire, la Pour cible à atteindre est de maximiser la production forestière et d’adapter les opérations de récolte du bois selon la vocation des secteurs de coupe. Dans certaines zones, il faudrait que l’État considère les frais additionnels pour permettre une récolte à un coût qui soit économiquement acceptable. À partir des cartes écologiques, localiser les sols les plus productifs, tant sur les superficies forestières privées que publiques, dans un rayon de 75 à 100 kilomètres des centres habités. Élaborer des scénarios sylvicoles qui maximisent la production de fibres que les usines utilisent actuellement. Prioriser l’utilisation des ressources financières disponibles (crédits de droit de coupe) pour la réalisation des scénarios planifiés. Sur les superficies qui ne sont pas retenues pour un aménagement intensif, les efforts à consentir seraient de reproduire une forêt équivalente, en essences et en volume, à celle qui a été récoltée. De part sa localisation, la réalisation des travaux de remise en production et d’entretien des superficies sous aménagement intensif créeraient de l’emploi pour la main-d’œuvre locale des centres habités (chômeurs, étudiants, autres).Dans la grande majorité des cas, les travaux ne justifieraient pas d’installation de camps pour loger les ouvriers, donc une économie pour faire plus d’aménagement forestier. Les outils Les municipalités doivent dépenser des sommes considérables pourdisposer desboues résiduaires. Les usines de pâtes et papiers, les producteurs de porcs, les agriculteurs et plusieurs autres disposent de matières premières pouvant servir de fertilisant naturels,sans risque de contamination, si des mesures sont prises pour assurer la fiabilité du produit. Nous recommandonsd’investiguer dans ce domaine pour permettre de disposer, de façon sécuritaire, de nos résidus, d’allonger l’utilisation des dépotoirs existants et d’accroître la production de fibres ligneuses.
Nous entendons souvent parlerd’essences à croissance rapide. Dans la région, nous avons été informés que certaines initiatives avaient été réalisées. Nous nous questionnons sur les raisons qui peuvent expliquer le peu d’engouement de cette culture intensive : est-ce la connaissance, les coûts, la disponibilité des plants, les superficies qu’elle requiert?C’est une avenue à explorer qu’il faudrait encourager pour raffiner les techniques et accroître le rendement des forêts. Cette culture peut très bien se mettre en œuvre,tant sur les forêts publiques que privées.
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L’aménagement de la forêt privée doit se poursuivre et même être bonifiécompte tenu de sa localisation, du potentiel des sols, de l’activité économique qu’elle génère et de l’importance de cette source d’approvisionnement pour les usines de transformation de la matière première. Plusieurs municipalités sont maintenant dotées de règlements qui encadrent les activités de récolte sur leur territoire. Malgré cela nous assistons, dans certains secteurs, à un déboisement intensif, non planifié, des superficies forestières pour l’épandage de lisier d’animaux. Nous proposonsque les forestiers et les agronomes travaillent en complémentarité pour trouver des méthodes pour étendre, en forêt, les résidus de ces productions.l’on peut les Si déverser sur des sols déboisés, sans risque de contamination, pourquoi ne pas s’en servir pour accroître le rendement des terres forestières. CADRE ET MODE DE GESTION DES FORÊTS Étant des représentants de la population, nous avons de grandes préoccupations pour nous assurer d’avoir le maximum de retombées économiques de l’usufruit de nos forêts publiques. De plus, dans nos plans de développement, nous voulons favoriser la diversité de l’usage du milieu forestier pour réduire la vulnérabilité de notre économie. Dans ce contexte, voici quelques suggestions : 5.1 Les redevances forestières Si nous comparons la Mauricie à d’autres régions du Québec, le taux de retour des redevances forestières est beaucoup plus faible. Le Programme d’aide à la forêt privée et le Programme de mise ne valeur des ressources du milieu forestier pourraient être bonifiés. D’autres programmes à développer pour répondre à des besoins régionaux, pourraient être soutenus par cette opportunité de revenu. Nous recommandonsde tenir une comptabilité des redevances perçues dans la région et d’assurer le retour de 100% des droits sous différentes formes. Cette source de financement servirait comme levier pour la réalisation de projets structurants et pour consolider les acquis. 5.2 Fonds à la modernisation des usines
Nous proposons que des revenus générés par les redevances, en plus de ceux issus d’impôts et des taxes,puissent permettre de constituer un fonds à la modernisation des usines. Il cumulerait le résiduel des redevances non utilisées à la fin de l’année. Il soutiendrait principalement le maintien du parc industriel de transformation de la matière première, eninvestissant dans la modernisation des équipements. Nous sommes grandement préoccupés par l’appui à accorder à notre industrie compétitive qui devra faire face aux aléas du marché sans trop de vulnérabilité et d’effets négatifs au niveau de l’emploi. Dans le contexte des
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5.4
difficultés à maintenir le niveau actuel des approvisionnements, il faut se tourner vers la nouvelle technologie pour garantir notre avenir. Il n’est pas exclu que le fonds puisse égalementêtre utilisé pour stimuler l’implantation et le développement des usines de seconde et même de troisième transformations. Principe de l’utilisateur payeur De nombreuses démarches ont été faites auprès du MRNFP pour faire reconnaître le principe de l’utilisateur payeur afin de financer le coût d’entretien des chemins forestiers sur les terres publiques. Bien que nous ayons reçu l’accord des usagers pour réclamer un tarif à l’utilisation des chemins, dans le but d’avoir un réseau en meilleure condition, nous avons été confrontés à un refus catégorique de la part du secteur du territoire du MRNFP. Toutefois, les MRC de Mékinac et du Haut-Saint-Maurice ont obtenu ce droit pour les usagers qui utilisent les ponts sur la rivière Saint-Maurice au niveau de la Mattawin et de Rivière-au-Rat. Il a été impossible d’extensionner ce droit à d’autres accès sur notre territoire. Les élus, l’industrie forestière et les utilisateurs ont formulé leur accord à une solution permettant de maintenir certains axes de chemins forestiers en meilleur état, de réduire les bris mécaniques sur leurs véhicules et d'atténuer le mécontentement des chasseurs, pêcheurs et villégiateurs face à l’industrie forestière qui est toujours ciblée lorsque les conditions routières se sont détériorées. Nous recommandonsque le principe de l’utilisateur payeur soit reconnu par le MRNFP pour qu’il puisse s’appliquer sur les grands axes de voirie forestière. Fermeture de chemins forestiers Pour les gestionnaires fauniques, le problème de la création de nouveaux accès à leur territoire pour répondre aux besoins des opérations de récolte de bois compte parmi les irritants majeurs. Dans certains cas, si le MRNFP pouvait assouplir l’application de ses exigences, le problème serait facilement solutionné. Souvent un nouvel accès à un secteur ne dessert aucun utilisateur. Le gestionnaire faunique se voit contraint d’exercer un contrôle de son territoire qui possède de plus en plus d’accès, sans pour autant augmenter les produits et les services offerts. Ces nouveaux chemins ne font qu’ajouter des coûts de contrôle et ne génèrent aucun revenu additionnel. Nous proposons doncde mettre en place une procédure, avec certains critères, qui, lorsqu’ils sont respectés, pourraient permettre de fermer physiquement un nouveau chemin forestier qui donne accès à un territoire, où des droits de gestion faunique ont été consentis.
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