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Formation professionnelle et emploi : un lien plus marqué en Allemagne - article ; n°1 ; vol.246, pg 77-89

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Economie et statistique - Année 1991 - Volume 246 - Numéro 1 - Pages 77-89
Vocational Training and Employment: a More Definite Link in Germany - A french person under 25 is more likely to be unemployed than a German of the same age. Demographic factors and the pace at which jobs are created account for part of this difference, but educational systems also play a role: not only do young Germans have on the whole more degrees than young French people, but a German vocational degree is also a better guarantee against unemployment than its French equivalent.
In Germany, schoolchildren are divided into specialized channels earlier. A large majority of them go into vocational training. The degree obtained at the end of this type of education is all the more recognized by firms as they provide most of it. As a result, vocational degree constitute a real proof of skill and condition the access to
tain positions.
On the contrary, the French educational system, which consists of a common set of general courses, favours late specialization, and technical and vocational subjects are not regarded as prestigious. The level reached by the student has more importance than his specialty vocational training, which is essentially provided by schools, seems to be less recognized by firms. For the latter, qualification is less connected to the degree than to the working experience.
Over the last few years, however, the trends in both Germany and France, have tended to make the two systems more similar.
Capacitación profesional y empleo : un vínculo más marcado en Alemania - Un francés de menos de 25 años tiene más posibilidades de estar desempleado que un alemán de la misma edad. Si bien, factores demográficos y ritmo de creación de empleos explican, enparte, esta diferencia, los sistemas educativos desempenan también su papel ; no solo los jóvenes alemanes poseen, en su conjunto, más diplomas que los franceses sino que un diploma profesional alemán constituye una mejor garantía contra la desocupación que el diploma equivalente francés.
En Alemania, la orientación escolar es más precoz. Una gran mayoria de alumnos se orientan hacia la formación profesional. El titulo obtenido al finalizar esta capacitación es tanto más reconocido por las empresas cuanto que estas garantizan lo esencial de la misma. Por lo tanto, el diploma profesional constituye una verdadera calificación
que condiciona el acceso a ciertos puestos.
Por el contrario, el sistema francés, basado en un tronco comùn de ensenanza general, favorece una orientación más tardía en la que la ensenanza tecnica o profesional no son valorizadas. El nivel alcanzado por el alumno prevalece sobre su especialidad. La formación profesional que imparte esencialmente la escuela parece ser menos reconocida por las empresas. Para estas ultimas, la calificación depende menos del diploma que de la experiencia profesional.
Sin embargo, estos últimos años las evoluciones acaecidas tanto en Alemania como en Francia tienden a aproximar a los dos sistemas.
Un Français de moins de 25 ans a plus de risque de se trouver au chômage qu'un Allemand du même âge. Si facteurs démographiques et rythme de création d'emplois expliquent une partie de cet écart, l'articulation entre système éducatif et marché du travail joue aussi son rôle : non seulement les jeunes Allemands sont dans l'ensemble plus diplômés que les jeunes Français, mais un diplôme professionnel allemand est une meilleure garantie contre le chômage que son équivalent français.
En Allemagne, l'orientation scolaire est plus précoce. Une grande majorité d'élèves se dirige vers la formation professionnelle. Le titre obtenu à l'issue de cette formation est d'autant plus reconnu par les entreprises qu'elles en assurent l'essentiel. Dès lors, le diplôme professionnel constitue une véritable qualification, conditionnant l'accès à certains postes.
Le système français du tronc commun d'enseignement général favorise au contraire une orientation plus tardive, où l'enseignement technique ou professionnel n'est guère valorisé. Le niveau atteint par l'élève prime sur sa spécialité. La formation professionnelle, essentiellement dispensée par l'école, semble moins reconnue par les entreprises. Pour ces dernières, la qualification tient moins au diplôme qu'à l'expérience professionnelle.
Toutefois, ces dernières années, les évolutions du côté allemand comme du côté français tendent à rapprocher les deux systèmes.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1991
Nombre de lectures 42
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Madame Martine Möbus
Monsieur Patrick Sevestre
Formation professionnelle et emploi : un lien plus marqué en
Allemagne
In: Economie et statistique, N°246-247, Septembre-Octobre 1991. pp. 77-89.
Citer ce document / Cite this document :
Möbus Martine, Sevestre Patrick. Formation professionnelle et emploi : un lien plus marqué en Allemagne. In: Economie et
statistique, N°246-247, Septembre-Octobre 1991. pp. 77-89.
doi : 10.3406/estat.1991.6298
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1991_num_246_1_6298Abstract
Vocational Training and Employment: a More Definite Link in Germany - A french person under 25 is
more likely to be unemployed than a German of the same age. Demographic factors and the pace at
which jobs are created account for part of this difference, but educational systems also play a role: not
only do young Germans have on the whole more degrees than young French people, but a German
vocational degree is also a better guarantee against unemployment than its French equivalent.
In Germany, schoolchildren are divided into specialized channels earlier. A large majority of them go
into vocational training. The degree obtained at the end of this type of education is all the more
recognized by firms as they provide most of it. As a result, vocational degree constitute a real proof of
skill and condition the access to
tain positions.
On the contrary, the French educational system, which consists of a common set of general courses,
favours late specialization, and technical and vocational subjects are not regarded as prestigious. The
level reached by the student has more importance than his specialty vocational training, which is
essentially provided by schools, seems to be less recognized by firms. For the latter, qualification is less
connected to the degree than to the working experience.
Over the last few years, however, the trends in both Germany and France, have tended to make the two
systems more similar.
Resumen
Capacitación profesional y empleo : un vínculo más marcado en Alemania - Un francés de menos de 25
años tiene más posibilidades de estar desempleado que un alemán de la misma edad. Si bien, factores
demográficos y ritmo de creación de empleos explican, enparte, esta diferencia, los sistemas
educativos desempenan también su papel ; no solo los jóvenes alemanes poseen, en su conjunto, más
diplomas que los franceses sino que un diploma profesional alemán constituye una mejor garantía
contra la desocupación que el diploma equivalente francés.
En Alemania, la orientación escolar es más precoz. Una gran mayoria de alumnos se orientan hacia la
formación profesional. El titulo obtenido al finalizar esta capacitación es tanto más reconocido por las
empresas cuanto que estas garantizan lo esencial de la misma. Por lo tanto, el diploma profesional
constituye una verdadera calificación
que condiciona el acceso a ciertos puestos.
Por el contrario, el sistema francés, basado en un tronco comùn de ensenanza general, favorece una
orientación más tardía en la que la ensenanza tecnica o profesional no son valorizadas. El nivel
alcanzado por el alumno prevalece sobre su especialidad. La formación profesional que imparte
esencialmente la escuela parece ser menos reconocida por las empresas. Para estas ultimas, la
calificación depende menos del diploma que de la experiencia profesional.
Sin embargo, estos últimos años las evoluciones acaecidas tanto en Alemania como en Francia tienden
a aproximar a los dos sistemas.
Résumé
Un Français de moins de 25 ans a plus de risque de se trouver au chômage qu'un Allemand du même
âge. Si facteurs démographiques et rythme de création d'emplois expliquent une partie de cet écart,
l'articulation entre système éducatif et marché du travail joue aussi son rôle : non seulement les jeunes
Allemands sont dans l'ensemble plus diplômés que les jeunes Français, mais un diplôme professionnel
allemand est une meilleure garantie contre le chômage que son équivalent français.
En Allemagne, l'orientation scolaire est plus précoce. Une grande majorité d'élèves se dirige vers la
formation professionnelle. Le titre obtenu à l'issue de cette formation est d'autant plus reconnu par les
entreprises qu'elles en assurent l'essentiel. Dès lors, le diplôme professionnel constitue une véritable
qualification, conditionnant l'accès à certains postes.
Le système français du tronc commun d'enseignement général favorise au contraire une orientation
plus tardive, où l'enseignement technique ou professionnel n'est guère valorisé. Le niveau atteint par
l'élève prime sur sa spécialité. La formation professionnelle, essentiellement dispensée par l'école,
semble moins reconnue par les entreprises. Pour ces dernières, la qualification tient moins au diplôme
qu'à l'expérience professionnelle.Toutefois, ces dernières années, les évolutions du côté allemand comme du côté français tendent à
rapprocher les deux systèmes.- ALLEMAGNE FRANCE
Formation professionnelle et emploi
un lien plus marqué en Allemagne
Sevestre*et MartineM obusPatrick professionnel d'emplois équivalent sont et qu'un Un marché Français dans Allemand l'ensemble expliquent français. du de allemand travail moins du même joue une plus de est partie 25 aussi diplômés âge. une ans meilleure Si son de a facteurs cet plus que rôle écart, les de : garantie non jeunes démographiques risque l'articulation seulement de contre Français, se trouver le les entre chômage et jeunes mais rythme au système un chômage Allemands que diplôme de éducatif création son
En Allemagne, l'orientation scolaire est plus précoce. Une grande majorité
d'élèves se dirige vers la formation professionnelle. Le titre obtenu à l'issue de
cette formation est d'autant plus reconnu par les entreprises qu'elles en assurent
l'essentiel. Dès lors, le diplôme professionnel constitue une véritable qualification,
conditionnant l'accès à certains postes.
Le système français du tronc commun d'enseignement général favorise au
contraire une orientation plus tardive, où l'enseignement technique ou
professionnel n'est guère valorisé. Le niveau atteint par l'élève prime sur sa
spécialité. La formation professionnelle, essentiellement dispensée par l'école,
semble moins reconnue par les entreprises. Pour ces dernières, la qualification
tient moins au diplôme qu'à l'expérience professionnelle.
Toutefois, ces dernières années, les évolutions du côté allemand comme du côté
français tendent à rapprocher les deux systèmes.
* Martine Môbus appart de respecter dans la mesure du possible la logique Les références au système allemand de formation
ient au Département professionnelle et à ses effets bénéfiques sur l'inser des deux systèmes. Comme toute classification, une Entreprises et Formation tion et l'emploi se sont multipliées au cours des der nomenclature de diplômes est une construction du CEREQ, Patrick sociale calée sur une réalité nationale. Ainsi, les niers mois. Les performances des systèmes éducatSevestre est maître de classifications allemande et française reproduisent- conférences à l'univers ifs français et allemand quant à la formation, à la
ité Paris-Val de Marne. qualification de la main-d'œuvre et à l'insertion pro elles la structure des systèmes éducatifs de leur proAu moment de la rédact fessionnelle méritent de fait un examen attentif. pre pays. La France privilégie une logique de ion de cet article, il fai niveaux combinant dans une même hiérarchie, forsait partie de la Division
des Etudes économiques mations générale, technique et supérieure. Le bac
de I 'IN SEE. calauréat y fait le plus souvent figure d'étalon, si
bien qu'il devient courant pour situer une formatSystème éducatif : Cet article se limite au ion de la convertir en bac-n ou bac+n. En Alleterritoire de la RFA, deux logiques différentes avant l'unification. magne, il est rare que l'on réunisse dans une hié
rarchie unique les diplômes généraux et professionn
Comparer les diplômes délivrés par les deux syst els. Les deux cursus sont relativement indépen
èmes éducatifs suppose au prélable de construire des dants et plutôt complémentaires. Ainsi, la formatbibliographie en fin
d'article. catégories relativement semblables tout en essayant ion générale (Allgemeiribildend) dont le niveau le
77
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 Schéma 1
Le système éducatif allemand
Université
(Hochschule)
Ecole technique supérieure
(Fachhochschule)
Formation continue
(Ecole technique)
(Fachschule)
18
Ecole prof,
17 Ecole prof. en alternance (Fachgymnasium), (Gymnasium), 2eme Lycée cycle Lycée professionnel à plein temps (Berufsschule) (Fachoberschule) 16 (Berufsfachschule)
théoriques Ages
i
Ecole d'enseignement — Ecole élémentaire secondaire Lycée 1er cycle_ "secondaire court — \Gymnasium) ~
(RealschuTe) (Hauptschule)
Cycle d'orientation
Ecole primaire
(Grunaschule)
Jardin d'enfants
(Kindergarten)
Source : schéma simplifié réalisé à partir de "Formation professionnelle, placement pour l'avenir", Cari Duisberg Gesellschaft,
Kôln, 1983 et "Ingénieurs en RFA", Dossiers des Cahiers du CEFI (1987).
78
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 Schéma 2
Le système éducatif français
FORMATIONS
DE LA SANTE
dont Médecine
Pharmacie
Dentaire Lettres - Sciences - Droit
Sciences économiques
Pluridisciplinaire
Ages
théoriques
î A A A
/CAP\ /CAP\ /CAP\ Apprent
issage
Troisième CPA 14 Troisième 3e prépa» technologique /œp\
Quatrième CPPN 13 Quatrième CEP 4eprepa
J 12 Cinquième
1 1 Sixième
t t t
10 Cours moyen 2ème armée
fete Ses Cours moyen 1ère armée 9
oc
8 Cours élémentaire 2ème armée || s
7 Cours moyen 1ère armée
références nationale. Ministère à Source Direction tion partir et de : de schéma la de statistiques",Prospective,"Repères l'Education l'Evalua-réalisé et W & g. S Q
6 Cours préparatoire
t
Classes maternelles
"I P 21 1. La préparation du
baccalauréat profession
nel comporte 'deux APrincipaux fl Enseignement professionnel années d'étude après le / \ de sortie ux Examen rminali i l i(persormes ( |Formation complémentaire actives) Principaux de passage fluxi et technologique BEP et correspond à un
âge théorique de 18 ans.
79
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 plus élevé dans la nomenclature officielle est le bac Le secondaire en Allemagne comporte aussi une
calauréat, débouche sur une formation profession- filière longue, le Gymnasium ou lycée, qui com
prend deux cycles et mène après neuf années d'étunalisée (Berufsbildend) , quel qu'en soit le niveau
des au baccalauréat général (Abitur) ou technique (professionnel, technique, supérieur). Les statist
iques allemandes font donc le plus souvent référence (Fachabitur). Ce titre donne accès à l'université
au niveau de diplôme "professionnel" des actifs. (Hochschule, Technische Hochschule) ou à la Fach
hochschule. Sur les 30 dernières années, cette filière
s'est considérablement développée (tableau 1).
Une orientation plus précoce
Malgré l'orientation plus précoce, la durée minien Allemagne...
male de la scolarité générale à plein temps est donc
de neuf années en Allemagne. C'est, pour l'essentiel, au regard de la formation
professionnelle que les systèmes éducatifs des deux
... et un tronc commun en France pays se distinguent sensiblement. Une première dif
férence notable concerne la relative précocité de
En France, la prédominance d'un tronc commun l'orientation scolaire. Alors que le premier cycle
dans l'enseignement général secondaire conduit à de l'enseignement secondaire français est quasiment
ce qu'une orientation vers l'enseignement techniindifférencié (85 % des élèves scolarisés au niveau
que ou professionnel est souvent perçue négativede la 4ème et de la 3ème se trouvent dans le tronc
ment [4 ; 19]. "Ce système éducatif a, pour l'essentcommun), les jeunes Allemands sont dirigés dès
iel, la forme d'un arbre, plus précisément d'un l'entrée dans le secondaire (qui débute un an plus
arbre où le tronc et les branches sont d'importantôt qu'en France puisque l'enseignement primaire
ces très inégales, où seul le tronc monte : on pourr1. Sauf à Berlin où ne compte que quatre années) (1) vers une des trois ait le comparer à un épicéa" [19]. En outre, l'accès l 'enseignement primaire filières existantes qui correspondent à des niveaux s 'étend aux six premièr aux divers niveaux de l'enseignement technique et d'exigence distincts (schéma 1). Toutefois, sur la es années de scolarité. professionnel passe par l'obtention préalable d'un quasi-totalité du territoire, les deux premières
certain niveau d'enseignement général (schéma 2). années du secondaire sont à présent indifférenciées
De fait, l'accès aux formations menant au baccaafin de retarder cette orientation précoce.
lauréat technique reste pour l'essentiel réservé aux
titulaires du BEPC. L'enseignement secondaire général allemand comp
orte ainsi deux filières courtes : la Hauptschule,
En Allemagne, la formation école secondaire élémentaire ou primaire supé
rieure, qui compte cinq ou six années de scolarité professionnelle est plus attractive
selon les Lânder et dont la sortie correspond à la
fin de la scolarité générale obligatoire ; la Real- A l'issue de l'enseignement secondaire général all
schule, collège d'enseignement général, dont l'issue emand, la filière qui, de longue date, rassemble la
est sanctionnée après six années de scolarité par le plus forte proportion déjeunes est la formation pro
Minière Reife. Ce titre permet de poursuivre deux fessionnelle en alternance, appelée système dual,
années d'enseignement dans un établissement tech [5 ; 12 ; 17 ; 20]. Une enquête par sondage menée
par l'Institut fédéral de la formation professionnelle nique (le plus souvent la Fachoberschule) pour y
2. La formation profes préparer l'examen d'entrée à la Fachhochschule, fait ressortir qu'en moyenne 72 % des sortants du sionnelle duale, doit son filière courte de l'enseignement supérieur, égale système scolaire général en 1987 ont entrepris une nom à la dualité multi ment accessible en formation continue aux sortants formation duale directement ou quelques années ple qu 'elle recouvre :
après leur sortie de l'école, soit 86 % des Haupt- dualité des savoirs, des de formation professionnelle duale (2). Les titulai
lieux de formation, des res du Minière Reife peuvent éventuellement rejoin schuler, 81 % des Realschuler et 36 % des bachelniveaux de compétences, dre le second cycle de l'enseignement général iers (Berufsbildungsbericht 1989). Par ailleurs, de statut du jeune formé. menant au baccalauréat. l'origine des jeunes en formation duale s'est nett
ement diversifiée depuis 20 ans, au profit de niveaux
de diplôme plus élevés (tableau 2). Tableau 1
Evolution des sortants (1)
du système éducatif allemand
Fin de Tableau 2 Fachhoch- Hauptschule Examen de fin Abitur
avec ou sans de Realschule Origine scolaire des jeunes schulreife (2) (baccalauréat) certificat en formation duale
- 1960 74,7 % 16,3 % 9,0% Fin de Formation Hauptschule M.tîlere Re.fe 1989 33,9 % 32,2 % 24,3 % 9,5% Abitur professionnel (avec ou sans (examen de fin de et pré-profes(baccalauréat) certificat) Realschule) sionnelle scolaire 1 . La dénomination de sortants concerne ici tous les élèves quittant l'ense et non déclarés ignement secondaire général, y compris ceux qui poursuivent ensuite des
études professionnelles ou supérieures. - 79,8 % 18,9 % 1,3 % 1970
2. Egalement en formation continue.
34,2 % 15,8 % 15,9 % 1989 34,1%
Source : Grund— und Strukturdaten. Der Bundesminister fur Bil-
dung und Wissenschaft. Source : voir tableau 1 .
80
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 C'est donc l'implication des entreprises dans la forLe brevet dual, sanctionnant la formation profes
mation professionnelle qui différencie notablement sionnelle initiale en alternance, peut permettre
d'accéder, en formation continue, à des niveaux de les systèmes français et allemand. Si l'effort de
l'Etat et des Collectivités locales en matière d'éduformation supérieurs, principalement-lés brevets de
technicien, de maîtrise ou de Fachwirt (pour les spé cation est, en pourcentage du PIB, plus fort en
cialités tertiaires) puis, après passage de l'examen France qu'en Allemagne (5,3 % contre 4,2 % en
1988), la formation professionnelle initiale bénéfid'entrée, d'accéder à la filière courte de l'enseigne
ment supérieur (Fachhochschulen, anciennes Inge- cie en Allemagne du soutien massif des entreprises
nieurschuleri). Celle-ci, malgré sa dénomination, qui en financent près des deux tiers. Compte tenu
comporte au moins huit semestres d'études (stages du nombre plus faible d'élèves, étudiants et apprent
compris) alors que les cursus universitaires s'éten is en Allemagne (12,6 millions contre 13,6 mil
dent en moyenne sur quatorze semestres. lions en France), on peut évaluer la dépense
annuelle totale par élève à plus de 30 000 francs
La partie théorique -générale et technique- de la fo en Allemagne (3), contre moins de 24 000
en France. Même si l'implication des entreprises rmation professionnelle duale, dispensée en école
publique (Berufsschule) , est de la compétence de dans la formation professionnelle se développe en
chaque Land bien qu'elle soit harmonisée au niveau France, les jeunes préparant un CAP ou un BEP
fédéral par un programme cadre (Rahmenlehrplan). sont surtout formés dans des établissements scolai
La formation en entreprise est régie par un contrat res. Seuls ceux qui préparent leur diplôme par
apprentissage (25 % des inscrits en 1989) acquièentre l'employeur et le jeune. Si les entreprises sup
portent les coûts de la formation qu'elles dispen rent l'essentiel de leur formation en entreprise. En
sent, son contrôle relève de l'Etat fédéral qui, Allemagne, la situation est exactement inverse : la
depuis la loi sur la formation professionnelle de formation professionnelle initiale est avant tout une
1969, en fixe les règles d'organisation. Les proen entreprise. Seuls les élèves de certai
grammes de formation sont élaborés au sein de com nes écoles professionnelles (Berufsfachschulen) se
missions semblables aux Commissions professionn voient dispenser un enseignement scolaire à plein
elles consultatives françaises (où siègent des repré temps. Mais ils ne représentaient, en 1988, que
18 % de l'ensemble des jeunes en formation prosentants des pouvoirs publics, des employeurs et des
organisations syndicales de salariés). Mais alors fessionnelle de base et une grande partie d'entre eux
se dirigent ensuite vers une formation duale. qu'en France ces commissions n'ont qu'un rôle cons
ultatif, les différentes étapes de création ou d'actua
lisation d'une formation nécessitent, en Allemagne,
un accord formel entre les partenaires sociaux [16].
Des actifs plus diplômés
en Allemagne qu'en France
Tableau 3 Les actifs occupés sans formation professionnelle Population active occupée certifiée sont deux fois plus nombreux en France (hors apprentis et stagiaires) qu'en Allemagne (tableau 3). Cet écart ne fait pas en 1989 selon le diplôme seulement ressortir un déficit de formation profesle plus élevé obtenu sionnelle certifiée en France. Il met en évidence la En % prédominance dans la population active occupée
Allemagne France allemande de tous ceux qui sont issus de la filière
professionnelle (brevet dual/brevet de technicien, Fin de Hauptschule 19,5 43,1 CEP, BEPC, sans maîtrise et éventuellement formation supérieure (avec ou sans certificat), formation courte). professionnelle. certificat de fin de Source française : Realschule, sans enquête Emploi - formation professionnelle INSEE. Toutefois, s'il est possible, en France, de connaîtet non-réponses. re le niveau atteint par les individus, qu'ils aient Source allemande : ou non obtenu le titre sanctionnant leur formation, Mikrozensus - Projek- Brevet dual ou certificat 55,4 CAP, BEP 28,9 les Allemands raisonnent exclusivement en niveau tunterlagen des IAB, professionnel scolaire
Bundesanstah fïir Arb de diplôme. Cette classification masque donc une équivalent
eit. partie des cursus suivis. Ainsi, de nombreux actifs
Bac général ou 13,4 Bacs généraux et 11,6 français non diplômés ont suivi une formation proLes catégories de diplô technique seul, techniques, Bac fessionnelle parfois même jusqu'à son terme [9]. mes allemands sont le BAC + Brevet dual, professionnel, BT, BP résultat de calculs spéci Brevet de technicien ou fiques destinés à un ra de maîtrise pprochement avec les
chiffres français. Cette Diplôme de 4,0 DEUG, BTS, DUT et 8,2 ventilation ne corre Fachhochschule (études autres niveaux III spond pas à la structure supérieures courtes) habituelle fournie par les
statistiques allemandes. 3. Ces chiffres sont respectivement de 22 000 francs et 24 000 Diplôme universitaire 7,7 Diplôme universitaire 8,2 francs pour les seules dépenses publiques.
supérieur Les auteurs remercient Sources : pour la France : Données sociales 1990, Document
les chercheurs de l 'IAB annexe au Projet de loi des Finances pour 1990 ; pour l'All
emagne : Berufsbildungsbericht 1986, Grund—und Strukturda- (Nuremberg) pour leur Ensemble 100,0 Ensemble 100,0 avoir falicité les calculs. ten 1990-1991.
81
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 la façon dont il est perçu par les familles en sont Il reste que si 55,4 % des actifs occupés allemands
une bonne illustration. possèdent un brevet dual (59 % si l'on tient compte
des bacheliers qui ont ce diplôme), les titulaires du
CAP/BEP sont pratiquement deux fois moins nomb
reux. Il est cependant difficile de comparer stricto Les diplômes du supérieur
sensu ces deux catégories. Si les CAP/BEP et le sont proportionnellement plus nombreux
brevet dual constituent dans les deux pays considé en France rés le premier niveau de formation professionnelle,
ils n'ont pas la même signification par rapport au Les diplômés du supérieur représentent 16 % de la système productif. Plus qu'une formation, le bre population active en France contre 12 % en Allevet dual sanctionne une qualification, qualification magne. Parmi eux, les sortants de formation courte d'autant plus reconnue qu'elle a été acquise en sont plus nombreux en France puisqu'ils représententreprise pour l'essentiel du temps de formation, ent une moitié de cette catégorie, contre un tiers à la différence des CAP/BEP. en Allemagne. Cependant, les formations supérieu
res courtes françaises comprennent les sorties de Par ailleurs, comme le CAP ou le BEP, le brevet 1er cycle universitaire. En Allemagne, ces formatdual n'a pas la même valeur marchande selon la spé ions courtes sont essentiellement composées des cialité préparée. Il renvoie davantage à un mode de sortants des Fachhochschulen, filière plus profes-
formation commun, l'alternance, plutôt qu'à un sionnalisée et plus longue qu'en France, comportniveau unique. Si ce mode de formation est soumis ant majoritairement des formations d'ingénieurs à une même réglementation, sa mise en œuvre et (52 % des étudiants inscrits en Fachhochschule en ses exigences varient selon la spécialité, le secteur 1989). Il existe en effet deux cursus de préparation d'activité, le type d'entreprise formatrice et parfois au diplôme d'ingénieur : une filière courte, la Fachmême l'individu (pour la durée par exemple). Sans hochschule, et une longue, la universitaire. cette flexibilité interne, une telle filière pourrait dif Au total, 20 % environ des étudiants inscrits en ficilement assurer la formation de la majorité d'une Fachhochschule ou à l'Université préparent à classe d'âge tout en s'efforçant simultanément de l'heure actuelle un diplôme d'ingénieur, contre 6 % répondre aux besoins de l'économie et de s'adap en France. ter à un public de jeunes dont le profil et notam
ment le niveau de formation générale évoluent rap
idement. L'absence de correspondance de niveaux Qualification : entre formation générale et formation profession le diplôme en Allemagne, nelle en Allemagne conduit à ce que différentes
l'expérience en France catégories de sortants du système éducatif général
optent pour une formation professionnelle de base :
En Allemagne, la qualification tient surtout à la foen 1989, 16 % des jeunes en formation duale sont
rmation professionnelle de l'individu (4). L'acquisbacheliers. Malgré cette diversité, un des atouts
ition de la qualification de base est préalable à majeurs des formations duales est qu'elles débou
l'accès à l'emploi. Le terme même de qualification chent sur une certification nationale, offrant ainsi
désigne un niveau de formation professionnelle aux individus des possibilités de mobilité
(Qualifikationsstufe). Cette assimilation est inconprofessionnelle.
testablement liée au mode de formation dominant
(le système dual) à l'issue duquel la garantie d'un Dans la catégorie regroupant les diplômés théor
iquement assimilables à un niveau IV français (bac niveau de qualification dans l'emploi existe si métier
appris et métier exercé sont identiques (il existait calauréat), les proportions sont à peu près semblab
les dans les deux pays. Toutefois, la catégorie all 382 spécialités de formation en 1988). La spécial
emande équivalente est le résultat d'une construc ité de formation joue ici un rôle aussi important
tion spécifique pour tenter de s'aligner sur la logi que le niveau atteint. Formation professionnelle,
que française, mais ne correspond pas à une entité qualification et classification dans les conventions
pertinente dans la réalité. En font partie les titulai collectives sont interdépendantes.
res du brevet de technicien ou de maîtrise (60 %
de la catégorie), diplôme préparé en formation con En France, la qualification est généralement défi
tinue après obtention du brevet dual et une expé nie par rapport à la position occupée dans la hié
rience professionnelle. Leur situation dans la hié rarchie des emplois. La référence au niveau de for
rarchie des emplois les place au-dessus d'un n mation générale ou professionnelle des individus
iveau IV français. Y figurent également des bachel n'est le plus souvent qu'indirecte. S'il est vrai que
iers, avec ou sans diplôme professionnel. Les titu les conditions actuelles d'insertion des jeunes Fran
laires du seul baccalauréat sont plus nombreux en çais dépendent étroitement de leur diplôme, même
France (5 % contre 1 ,5 % en Allemagne). Ce titre si la correspondance entre titre et poste n'est pas
n'a pas de signification par rapport à l'accès à toujours assurée, la qualification de la majorité des
l'emploi outre Rhin. Il n'a pas non plus la même
valeur symbolique. Il existe un consensus en France
pour considérer que l'élévation dans l'échelle
sociale passe avant tout par l'obtention de diplômes 4. Si la comparaison des niveaux deformation des actifs s 'avère d'enseignement général du niveau le plus élevé pos délicate, celle des niveaux de qualification l 'est encore davansible. L'objectif affiché de 80 % des jeunes d'une tage compte tenu de la diversité de conceptions que ce terme
classe d'âge au niveau du baccalauréat et surtout peut recouvrir selon le pays et à l 'intérieur même de chacun.
82
ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991 français s'est construite à partir de l'emploi rieur aux besoins réels de l'économie. Une partie actifs
qu'ils occupent ou ont occupé et résulte d'une comb d'entre eux sont donc contraints d'accepter un poste
inaison de formation sur le tas, d'expérience pro semi-qualifié pour éviter le chômage. Par ailleurs,
il peut être plus avantageux du fait de meilleures fessionnelle et d'ancienneté dans l'entreprise. Ainsi,
toutes choses égales par ailleurs, le surcroît de conditions de travail et de rémunération d'occuper
salaire apporté par une année de présence supplé un poste semi-qualifié dans une autre branche
d'activité que celle dans laquelle on a été formé : mentaire dans l'entreprise est deux fois plus élevé
en France qu'en Allemagne [8]. c'est le cas de nombreux actifs formés dans l'art
isanat qui préfèrent travailler dans la grande indust
Malgré ces différences dans le lien formation qual rie (l'exemple des boulangers travaillant dans
ification, il apparaît intéressant de comparer le l'automobile est fréquemment cité). Même si
niveau de formation selon l'emploi occupé dans les l'emploi occupé ne correspond pas à la formation
suivie, les compétences acquises au cours de celle- deux pays. Pour des raisons techniques, on s'est
limité à la catégorie des ouvriers pour lesquels les ci constituent néanmoins un atout non négligeable
conceptions particulières de la relation entre for pour l'entreprise qui recrute.
mation et qualification en France et en Allemagne
se distinguent clairement (encadré ci-dessous). En France, près de 72 % des ouvriers non quali
fiés et 52 % des ouvriers qualifiés n'ont pas de for-,
mation professionnelle certifiée. Le diplôme n'a pas 90 % des ouvriers qualifiés allemands eu jusqu'à présent de fonction aussi discriminante ont un titre professionnel qu'en Allemagne puisqu'une moitié de la catégor
ie de ceux qui ont au plus le BEPC sont classés La part des ouvriers qualifiés dans l'emploi ouvrier ouvriers qualifiés (tableau 5-B). Toutefois, les total est plus importante en France qu'en Allema diplômés français, moins nombreux, ont de plus gne (60 % contre 45 %), mais les ouvriers fran grandes probabilités d'occuper un poste qualifié que çais sont moins diplômés que leurs homologues all les allemands. emands : ceux ayant au plus le BEPC ou la fin de
Hauptschule/Realschule représentent 60 % de la
catégorie en France et 33 % en Allemagne L'analyse des résultats pour les seuls ouvriers de
(tableau 4). moins de 25 ans révèle les modes spécifiques
d'accès à la qualification dans chaque pays. La part
d'ouvriers âgés de moins de 25 ans est nettement En Allemagne, posséder un diplôme (surtout pro
fessionnel) est une condition d'accès aux postes qual plus importante en Allemagne : 17 % contre 7 %
ifiés : 90 % des ouvriers qualifiés ont au moins en France. Cet écart repose sur une insertion dans
l'emploi plus précoce pour les jeunes Allemands, un brevet dual tandis que 86 % des ouvriers ayant
un niveau de formation inférieur sont classés non surtout dans les activités de production, précocité
qualifiés ou semi-qualifiés. Mais le diplôme ne suffit naturellement liée au mode de formation et indui
pas pour occuper ce type de poste : 47 % des sant des politiques de recrutement différentes de cel
ouvriers non ou semi-qualifiés ont au moins le bre les de la France. Dans les deux pays, les jeunes
vet dual et 40 % des diplômés sont classés non ou ouvriers sont proportionnellement plus diplômés
semi-qualifiés (tableau 5). que l'ensemble de la catégorie (près de 60 % con
tre 40 % en France et près de 75 % contre 66 %
Ces déclassements sont dus à l'inadéquationentre en Allemagne). Par contre, la part de jeunes qui
métier appris et métier exercé, qui conduit souvent sont ouvriers qualifiés est inférieure en France à
à une reconnaissance partielle voire une non- la part des ouvriers qualifiés tous âges confondus
reconnaissance du titre possédé. En effet, le nomb (45 % contre 60 %) alors qu'elle est supérieure en
re de formés dans certaines spécialités est Allemagne (52 % contre 45 %) (tableau 6).
LES NOMENCLATURES ALLEMANDES ET FRANÇAISES
Les nomenclatures allemandes de statut (Beruflicher -67 à 69 pour les ouvriers non qualifiés
Status) ou de niveau de qualification dans l'emploi (Stel-
lung im Betrieb) ne sont pas directement comparables Pour l'Allemagne, il s'agit d'un croisement du poste
aux françaises. Dans la première, le ouvriers du code Beruflicher Status avec les postes non
et semi-qualifiés et qualifiés/chefs d'équipe du code Stel- niveau d'agrégation est tel qu'il rend impossible une dis
tinction entre employés, catégories intermédiaires et lung im Betrieb.
cadres, groupe unique fondé sur la môme affiliation aux
caisses d'assurance sociale. Dans la seconde nomenc
lature, les frontières entre catégories et Cette comparaison de catégories statistiques ne prétend
cadres ne sont pas définies selon les mêmes critères pas rendre compte de la réalité sociologique des grou
que dans la nomenclature française des professions et pes considérés. L'analyse de la place respective de ces
catégories socio-professionnelles (PCS-INSEE). La caté catégories dans la hiérarchie professionnelle et sociale
gorie des ouvriers est la plus directement comparable. nécessiterait un examen plus large, englobant notam
ment la comparaison des contenus du travail, des salai
Pour la France, il s'agit des postes de PCS : res relatifs, de la mobilité et des perspectives de car
• 62 à 65 pour les ouvriers qualifiés et chefs d'équipe rière offertes dans chacun des deux pays [14].
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ECONOMIE ET STATISTIQUE N° 246-247, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1991