Trois nouveaux jalons de l
22 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Trois nouveaux jalons de l'art post-glaciaire entre Provence et Dauphiné - article ; n°5 ; vol.89, pg 137-157

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
22 pages
Français

Description

Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1992 - Volume 89 - Numéro 5 - Pages 137-157
RESUME De nombreuses ressemblances entre trois sites ornés de la Provence et du Dauphiné se prêtent à l'analyse. Peintures dites de tradition ibérique et gravures schématiques linéaires sont par trois fois associées. Le corpus des peintures s'augmente d'un signe encore non évoqué, la figure en résille et la ligne brisée. Les gravures répètent les peintures ou ne s'expriment que par des grilles. Le contexte archéologique fait défaut. Des comparaisons sont tentées entre les peintures pariétales, le décor céramique et les stèles anthropomorphes afin d'envisager la signification des motifs en résille. On s'interroge sur la reprise des sites peints par les graveurs.
ABSTRACT The numerous similarities among three ornated sites of Provence and Dauphine allow comparative analysis. Paintings considerated of iberic tradition and lineal schematic engravings are thrice associated. Paintings'corpus is increased by a sign unstudied till now : the « fishing-net » and the broken line. Engravings either repeat paintings or represent grates. Archaeological context is absent. We try understand the meaning of the « fishing- net » motive by comparisons among paintings, cera- mical decoration and anthropomorphic. We suggest there utilisation of painted sites by the engravers.
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1992
Nombre de lectures 23
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Exrait

Philippe Hameau
Trois nouveaux jalons de l'art post-glaciaire entre Provence et
Dauphiné
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1992, tome 89, N. 5. pp. 137-157.
Résumé
RESUME De nombreuses ressemblances entre trois sites ornés de la Provence et du Dauphiné se prêtent à l'analyse. Peintures
dites de tradition ibérique et gravures schématiques linéaires sont par trois fois associées. Le corpus des peintures s'augmente
d'un signe encore non évoqué, la figure en résille et la ligne brisée. Les gravures répètent les peintures ou ne s'expriment que
par des grilles. Le contexte archéologique fait défaut. Des comparaisons sont tentées entre les pariétales, le décor
céramique et les stèles anthropomorphes afin d'envisager la signification des motifs en résille. On s'interroge sur la reprise des
sites peints par les graveurs.
Abstract
ABSTRACT The numerous similarities among three ornated sites of Provence and Dauphine allow comparative analysis.
Paintings considerated of iberic tradition and lineal schematic engravings are thrice associated. Paintings'corpus is increased by
a sign unstudied till now : the « fishing-net » and the broken line. Engravings either repeat paintings or represent grates.
Archaeological context is absent. We try understand the meaning of the « fishing- net » motive by comparisons among paintings,
cera- mical decoration and anthropomorphic. We suggest there utilisation of painted sites by the engravers.
Citer ce document / Cite this document :
Hameau Philippe. Trois nouveaux jalons de l'art post-glaciaire entre Provence et Dauphiné. In: Bulletin de la Société
préhistorique française. 1992, tome 89, N. 5. pp. 137-157.
doi : 10.3406/bspf.1992.9508
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1992_num_89_5_9508Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE
FRANÇAISE 1992 / TOME 89/5
Trois nouveaux jalons
de l'art post-glaciaire
entre 1 rovence et Dauphine
par Philippe Hameau
mical decoration and anthropomorphic. We suggest
RESUME there utilisation of painted sites by the engravers.
Les découvertes de nouvelles stations de l'Art
postglaciaire, peint ou gravé, dans le sud de la France,
De nombreuses ressemblances entre trois sites se sont multipliées au cours des deux dernières
ornés de la Provence et du Dauphine se prêtent à décennies. L'art non paléolithique qui n'a pour lui ni
l'analyse. Peintures dites de tradition ibérique et l'ancienneté, ni souvent le spectaculaire, conquiert
gravures schématiques linéaires sont par trois fois peu à peu les chercheurs. La multiplicité des sites
associées. Le corpus des peintures s'augmente d'un permet de dégager quelques-unes des constantes qui
signe encore non évoqué, la figure en résille et la régissent cet art. C'est le propos de cet article.
ligne brisée. Les gravures répètent les peintures ou
A la suite d'un travail sur les peintures postglacne s'expriment que par des grilles. Le contexte
iaires en Provence (Hameau, 1989), nous avons été archéologique fait défaut.
amené à étudier ou reprendre l'étude d'autres sta
Des comparaisons sont tentées entre les peintures tions de l'art schématique du sud-est de la France.
pariétales, le décor céramique et les stèles anthropo Un nouvel abri peint découvert dans le sud de la
morphes afin d'envisager la signification des motifs Drôme au printemps 1989, l'abri d'Éson à Pont-de-
en résille. On s'interroge sur la reprise des sites Barret, nous permet de formuler de nombreuses
peints par les graveurs. comparaisons avec deux sites relativement proches et
connus de longue date, la Baume-Écrite à Pommerol
(Drôme) et la grotte du Levant du Leaunier à
Malaucène (Vaucluse).
ABSTRACT
/ - PRESENTATION DES SITES
The numerous similarities among three ornated
sites of Provence and Dauphine allow comparative
analysis. Paintings considerated of iberic tradition 1 - L'abri d'Éson (Pont-de-Barret, Drôme) and lineal schematic engravings are thrice associated.
Paintings'corpus is increased by a sign unstudied till
now : the « fishing-net » and the broken line. Engrav Nom local : aucun mais l'ensemble de la falaise
ings either repeat paintings or represent grates. répond au toponyme de « Roches Rouges ».
Archaeological context is absent. Nom attribué par les inventeurs : abri d'Éson, du
We try understand the meaning of the « fishing- nom de la montagne qui le domine et culmine à
net » motive by comparisons among paintings, cera- 662 m. 138
peine rentrant aux parois constituées de strates
calcaires de faible puissance et bien marquées. Cette
stratification disparaît sur les côtés de l'abri comme
s'il s'agissait de zones plus érodées, plus soumises aux
intempéries. Le ruissellement existe pourtant sur les
parois ornées et la calcite a déposé en de nombreux
endroits un voile plus ou moins fin. Le soleil éclaire
le rocher une grande partie du jour. Ce support
rocheux n'est pourtant pas très endommagé. Quel
ques éclats de calcaire se sont détachés des zones les
plus saillantes dévoilant une pierre de teinte grise.
Des rognons de calcaire silicifié occupent certaines
interstrates.
Le rocher montre une couleur orangée très pro
noncée, coloration qui s'éclaircit puis disparaît peu à
peu à l'est et à l'ouest de la zone ornée. Un polissage
de la roche par les animaux est notable jusqu'à la
hauteur de 1,10 m par rapport au sol alors que cet
endroit n'offre que très peu de saillies. Ce polissage
existe, moins net, en d'autres endroits de la falaise.
Au pied de l'abri, le rocher est recouvert d'une très
faible couche d'humus. La végétation croît en retrait
de l'abri constituant avec la paroi un couloir d'un
mètre de large alors qu'elle forme un taillis dense,
difficile à la pénétration, partout ailleurs. Devant la
falaise s'étend une corniche en pente, de 20 m de
large en moyenne, où une chênaie basse augmentée Fig. 1 - Localisation des sites étudiés.
de buis et de genévriers de Phénicie alterne avec des
pelouses de thym (fig. 2). Il est possible d'accéder au
plateau sommital en poursuivant vers l'est et en Plan directeur : La Bégude-de-Mazenc au franchissant un passage assez chaotique là où la 1/25 000, 53 038 Est. falaise tourne en direction du sud.
Altitude : 450 m environ. Aucun sondage n'est possible au pied de l'abri ou
dans les environs immédiats. Une cupule allongée, au-dessus du talweg : 200 m environ.
de 20 cm dans son plus grand diamètre et de 2 cm de Voie d'accès : un sentier monte des rives du profondeur, aux rebords bien polis, est creusée dans Roubion, en face du tunnel de Pont-de-Barret une pierre presque rouge, au pied de la figure n° 15. (RD 128), jusqu'au front de la falaise. Il s'agit d'une cupule naturelle comme nous en avons
Rive du cours d'eau : rive droite du Roubion.
Inventeur : Jean-Marc Belle en cherchant des voies
d'escalade dans la falaise.
Dimensions : une dizaine de mètres séparent la
première figure de la dernière.
Orientation : l'abri fait face au Sud.
Bibliographie : néant.
Relevés avec Daniel Vaillant, Marie-Chantal Vail
lant et Áda Acovitsiôti-Hameau.
Description
On aborde le site après une marche de 30 minutes
environ sur un sentier qui escalade une pente très Fig. 2 - Coupe S-N du pied de falaise, devant l'abri d'Eson à hauteur de la
figure n° 15 (c = cupule). boisée. En fait d'abri, il s'agit d'un pied de falaise à 139
retrouvé un exemplaire quelque vingt mètres à
l'ouest, accompagnée d'une seconde demi-cupule,
tronquée par l'arête du rocher. Néanmoins, son
existence peut très bien représenter un élément
favorable au choix de ce site par les Préhistoriques.
Les figures
On compte 27 figures différentes étalées sur une
longueur de 11 m (fig. 3). Les figures nos 1 à 10 sont
peintes sur la même strate calcaire, à 2,20 m du sol
en moyenne. Les figures nos 11 à 27 sont disposées sur
le banc inférieur, à 1,90 m environ du sol hormis les
figures nos 20 à 22 représentées sur la strate sous- Fig. 4 - Figure en résille n° 4.
jacente, à 1,60 m du sol. Seules ces dernières sont
vraiment à hauteur d'yeux.
De droite à gauche, nous relevons donc :
1. Ponctuations ordonnées en plusieurs aligne
ments verticaux. Développement vertical 40 cm -
développement horizontal 25 cm - 2,20 m du sol.
2. Série de 6 petites ponctuations accompagnant
un trait court horizontal. Dév. vert. 4 cm - 2,10 m du
sol.
3. Traces de peinture. 2,20 m du sol.
Fig. 3 - Localisation des figures de l'abri d'Éson.
4. Figure en résille (fig. 4). Dév. vert. 8 cm - dév.
horiz. 13 cm - 2,30 m du sol.
5. Trait court et légèrement recourbé — figure
sans doute plus étendue à l'origine. Dév. vert. 3,5 cm
- 2,30 m du sol.
6. Figure partiellement recouverte par la calcite
où l'on distingue une ligne circulaire poursuivie de
deux appendices sinueux (fig. 5). Dév. vert. 13 cm -
dév. horiz. 12 cm - 2,20 m du sol. Fig. 5 - Figure non déterminable n" 6 (en pointillé, les traînées de calcitte).
7. Figure en résille (fig. 6). Dév. vert. 8 cm - dév.
horiz. 13 cm - 2,30 m du sol.
9. Traces de peinture. 2,30 m du sol. 8. Trait fin et long, montant de la droite vers la
gauche, poursuivi d'une quinzaine de petites ponc 10. Figure scutiforme barrée de deux médianes et
tuations - deux traits courts surmontent le premier poursuivie vers le bas de plusieurs traits divergents
(fig. 7). Dév. horiz. 20 cm (le trait mesure 12 cm de (fig. 8). Dév. vert. 19 cm - dév. horiz. 13 cm - 2,50 m
long) - 2,10 m du sol. du sol. 140
Fig. 6 - Figure en résille n° 7.
Fig. 8 - Figure scutiforme n° 10 : coulée de calcite, bourrelet de calcite sillon
naturel, arête.
Fig. 7 - Trait et ponctuations n° 8.
11. Figure en résille partiellement recouverte par
la calcite. Dév. vert. 32 cm - dév. horiz. 13 cm -
1,70 m du sol.
12. Figure non interprétable d'un rouge violacé.
Fig. 9 - Figures nM 15 et 16. Dév. vert. 16 cm - dév. horiz. 20 cm - 1,70 m du sol.
Sous cette figure (12 b), on distingue des traces de
peinture (12 a) d'un rouge vermillon. 16. Quatre lignes brisées horizontales accompa
13. Figure non interprétable et partiellement r gnées de six ponctuations (fig. 9). Dév. vert. 9,5 cm -
dév. horiz. 10 cm - 1,80 m du sol. ecouverte par la calcite, d'un rouge vermillon. Dév.
horiz. 18 cm - 1,60 m du sol. 17. Figure en résille partiellement endommagée
14. Vestiges non interprétables d'une figure plus par le martelage de la roche qui affecte une forme
étendue à l'origine ; éclat de la roche tombé ancien circulaire (17 b ?) (fig. 10). Dév. vert. 8 cm - dév.
horiz. 13 cm - 2,10 m du sol. nement. 1,70 m du sol.
15. Grille composée de 8 traits verticaux très fins 18. Figure en résille partiellement endommagée
et parfois sinueux et de 6 à 7 traits horizontaux par le martelage de la roche déjà cité qui sépare les
(fig. 9). Dév. vert. 9,5 cm - dév. horiz. 8 cm - 1,80 m deux figures, nos 17 et 18 (fig. 10). Dév. vert. 14 cm -
dév. horiz. 20 cm - 2,10 m du sol. du sol. 141
Fig. à gauche, 10 - Figures quelques en résille traits n05 récents. 17 et 18, en hachures, le martelage de la roche,
19. Figure non interprétable. Dév. vert. 16 cm -
dév. horiz. 16 cm - 2,10 m du sol.
20. Figure en résille sans doute plus étendue à
l'origine (fig. 11). Dév. vert. 7 cm - dév. horiz. 9 cm -
1,60 m du sol.
21. Figure en résille ( ?) (21 a) sur laquelle ont été
gravés quelques traits parfois doublés (21 b)
(fig. 11). Dév. vert, de 21 a 14 cm - dév. horiz. de
21 a 7 cm - 1,60 m du sol.
22. Figure en résille (22 a) sur laquelle ont été
gravés 6 traits verticaux larges (22 b) puis une grille Fig. 12 - Peinturre et gravures n° 22.
en incision plus fine (22 c) surchargée de traits
obliques (fig. 12). Dév. vert, de 22 a 13 cm - dév.
horiz. de 22 a 8 cm - 1,60 m du sol.
26. Figure en résille (fig. 13). Dév. vert. 3,5 cm 23. Figure en résille. Dév. vert. 7 cm - dév. horiz. dév. horiz. 6 cm - 2,30 m du sol.
5 cm - 1,90 m du sol.
27. Traces de peinture. 2,05 m du sol.
24. Alignement vertical de ponctuations. Dév.
vert. 9 cm - 1,90 m du sol.
25. Traces de peinture. 1,30 m du sol.
Fig. 11 - Figures nM 20 et 21. Fig. 13 - Figure en résille n° 26. 142
2 - Baume-Écrite (Pommerol, Drôme)
Nom local : Baume-Écrite.
Nom attribué par les inventeurs : Baume-Écrite ou
grotte des Sarrasins. La légende veut que la grotte ait
servi d'entrepôt aux rapines des Sarrasins et qu'elle
soit « tapissée de caractères inconnus que l'on attr
ibue vulgairement à la langue arabe » (Isnard, 1876).
Plan directeur : Rosans au 1/25 000, 3 239 Ouest.
Altitude : 1 250 m. au-dessus du talweg : 450 m au-dessus de
la combe de l'Homme.
Fig. 14 - Plan de Baume-Écrite et localisation des figures. Voie d'accès : un sentier assez raide conduit du
village au col du Prieur. De là, l'accès à la falaise se
fait par les éboulis de la pente. fond de ces galeries est colmaté par un sable ocré.
Les parois prennent des teintes qui vont de l'orangé Rive du cours d'eau : à l'ouest du ruisseau de au brun clair mais aux endroits où la calcite a été Pommerol. enlevée, on observe un calcaire gris. Les figures ont
Inventeur : un instituteur de Pommerol, Autrand, été effectuées sur les rares parois lisses de la cavité.
publia la première description des figures en 1876. Partout ailleurs, les strates calcaires sont bien visibles
avec leur fort pendage du sud vers le nord. Des Dimensions : porche de 16 m de large poursuivi sondages clandestins ont été tentés dans la galerie par deux galeries de 17 et de 18 m de long respective orientale, probablement sans résultat. Le plancher ment. de la galerie occidentale est pratiquement à nu et n'a
Orientation : le porche est ouvert face au sud. pu être sondé. En dépit de son accès difficile la grotte
est visitée de longue date. Des patronymes locaux Bibliographie : Isnard, 1876 ; Bellin, 1954 et assortis de millésimes échelonnés sur les cent ci1977 ; Glory, 1968 ; Daumas, 1973. nquante dernières années ont été gravés, sur les parois
Relevés avec Daniel Vaillant et Guy Lapierre. de la galerie occidentale essentiellement et, hélas, à
l'emplacement des peintures connues.
Description Les figures
On accède à la grotte après une montée longue Les figures citées par les auteurs précédents (1 sur le (1 h 30) et difficile. A partir de Pommerol, on atteint plan) sont placées sur une paroi verticale légèrement le col du Prieur (1 023 m) au bout d'une demi-heure orangée, à 2,50 m du sol pour les plus basses, au débouché puis on s'engage sur une pente où les ressauts de la corniche d'accès. Il s'agit de cinq figures peintes en calcaires formant de véritables petites falaises succè rouge notées a à e du haut vers le bas et de quatre figures dent aux éboulis. Le couvert végétal est constitué de finement gravées notées f à i dans le même sens (fig. 15). buis, de hêtres, d'érables de Montpellier et de
genévriers de Phénicie. La grotte est ouverte au a. Figure en résille plus étendue à l'origine. Dév. horiz.
milieu d'une falaise de 50 m de haut dont les rochers 23 cm.
couronnent la montagne de Saint-Roman (1 341 m b. Figure en résille. Dév. horiz. 16 cm. ait.). Il s'agit de la plus méridionale d'un groupe de
cavités de moindre développement et exemptes de с Ligne brisée horizontale surmontée d'un trait hori
figures peintes ou gravées. Dans les derniers mètres, zontal. Le premier des triangles ainsi formés est entièr
ement rouge. Dév. horiz. 23 cm. on accède à la Baume-Écrite par une étroite corniche
suspendue, de 0,50 m de large et de 5 m de long, d. Figure en résille constituée de 2 lignes brisées horilégèrement courbe. zontales enchevêtrées. Dév. horiz. 25 cm.
Le porche est haut de 8 m et large de plus de 15 m. e. Figure en résille. Dév. horiz. 14 cm. Il est poursuivi par deux galeries, une galerie orien
tale de 17 m de long, coudée en deux endroits, et une f. Ligne brisée horizontale partiellement surmontée
galerie occidentale, rectiligne, de 18 m de long. Le d'un trait horizontal. Dév. horiz. 34 cm. 143
des figures gravées dont l'oiseau. P. Bellin interprète
les lignes géométriques comme la schématisation de
pièges à poids et intègre d'emblée l'animal dans la
composition : « A Pommerol, un oiseau emprisonné
dans un filet est seul immédiatement préhensible à la
vue ». Toutefois, il distingue un second oiseau dans
les traits qui surmontent le cou et la tête du premier
et voit dans cette représentation l'attitude de la
fécondation. Une troisième tête serait même visible
qui, pense-t-il, « dut constituer le dessin primitif ».
La datation proposée en 1954 est le Paléolithique
supérieur. P. Bellin révise son jugement dans des
articles postérieurs. A. Glory ramène l'ensemble de
la composition à la fin de l'Âge du Fer, ne voit qu'un
seul oiseau au lieu des trois précédemment observés
mais ne donne aucune interprétation du panneau.
Dans la galerie occidentale, nous avons en outre
discerné sous un voile de calcite les figures suivantes,
toutes gravées, totalement inédites :
2. Petite figure triangulaire surchargée de traits
récents. Dév. vert. 5,5 cm - 1 m du sol.
3. Ligne brisée horizontale. Dév. horiz. 8,5 cm -
1,80 m du sol.
4. Entrelacs de lignes formant une grille surchargé
de traits récents. 2 m du sol.
5. Ligne brisée oblique. Dév. vert. 12,5 cm - 2 m
Fig. 15 - Panneau n° 1. du sol.
6. Ligne brisée horizontale. Dév. horiz. 5 cm -
2 m du sol.
g. Figure en résille constituée de 2 lignes brisées 7. Petite grille. Dév. vert. 4,8 cm - 1,60 m du sol. horizontales enchevêtrées. Dév. horiz. 14 cm.
8. Ligne brisée horizontale. Dév. horiz. 11,5 cm - h. Figure en résille. Dév. horiz. 21 cm. 1,90 m du sol.
i. Oiseau, tête à droite et corps strié, pattes 9. Ligne brisée horizontale. 2,20 m du sol. légèrement en avant. Dév. vert. 10,5 cm - dév. horiz.
14 cm. 10. Plusieurs lignes brisées verticales associées à
des traits obliques (fig. 16). Dév. horiz. 22 cm - Quelques différences existent entre notre relevé et 1,80 m du sol. ceux de nos prédécesseurs (Glory, 1968 ; Bellin,
1954) dues essentiellement aux dégradations récentes
que ce panneau a subies. La figure a, notamment, a
beaucoup souffert. Toutefois, nous avons tenu à ne
donner des figures que ce qu'il en restait alors que les
relevés antérieurs ont certainement restitué des traits
manquants. La restitution de A. Glory procède,
selon ses propres termes, d'un « relevé minutieux sur
calque cellophane », celle de P. Bellin reproduit une
photographie. On comprend mieux l'absence des
figures a, g et h sur le relevé du second (figures hors
du cadre du cliché) ainsi que la figuration de stries sur
les figures b et e alors que ces stries appartiennent à
des inscriptions modernes. Dans des citations ulté
rieures, P. Bellin utilise d'ailleurs le relevé de
A. Glory, plus complet que le sien (Bellin, 1977).
Autrand décrit les figures peintes en termes de Fig. 16 - Figure n° 10. Les points sont plus ou moins rapprochés en fonction
« treillis, parquet ou carrelage » et omet de parler de l'épaisseur de la calcite. 144
Plan directeur : Vaison-la-Romaine au 1/26 000.
Altitude : au-dessus du talweg : à peine 10 m au- \ л
dessus du fond de la combe et 100 m au-dessus du
Toulourenc.
Voie d'accès : un sentier suit le talweg de la combe
de Leaunier depuis la RD.
Rive du cours d'eau : rive gauche du Toulourenc.
Inventeurs : Auguste et Louis Catelan signalent
dès 1920 l'existence de peintures et de gravures au
plafond de la grotte. Cette découverte tombe dans
l'oubli jusqu'à ce que Paul Bellin la rappelle dans une
publication de 1979.
Dimensions : 13 m de profondeur et 18 m dans
l'axe NO-SE.
Orientation : la cavité est ouverte à l'ouest, sur le
flanc est (le levant) de la combe.
Bibliographie : Catelan, 1921 ; Bellin, 1979 et
1984.
Relevés avec Daniel Vaillant, Marie-Chantal Vail
lant et Áda Acovitsióti-Hameau.
Description
C'est une cavité d'accès facile à quelques mètres du
talweg de la combe que l'on atteint après une marche
de 10 minutes. Le porche assez large est masqué par Fig. 16 - Quelques gravures de la galerie occidentale.
un ressaut de terrain au sommet d'une pente cou
verte d'éboulis où croissent chênes verts et pubes-
11. Petite grille. Dév. horiz. 7 cm - 2,30 m du sol.
12. Figure en résille ou grille. 1,80 m du sol.
13. Petites figures triangulaires (la seconde est
incertaine). Dév. vert. 3,5 cm - 1,80 m du sol.
14. Figure en forme de M associé à un arc de
cercle divisé par un court trait vertical. 1,70 m du sol.
A. Glory est seul à citer « la gravure patinée d'un
très petit triangle traversé par un trait » dans un
recoin de la « salle d'entrée ». Nous n'avons pas
retrouvé cette figure.
3 - La grotte du Levant de Leaunier (Malaucène,
Vaucluse)
Nom local : grotte du Levant de Leaunier, du nom
de la combe.
Fig. 17 - Plan de la grotte du Levant de Leaunier et localisation des figures. Nom attribué par les inventeurs : le même. 145
cents, buis et genévriers de Phénicie. Le sol de la
grotte est jonché de blocs calcaires et de fragments de
silex, rognons détachés de la voûte ou déchets de
taille. La voûte est creusée d'alvéoles de dimensions
variables. Les parois sont d'un blanc crayeux. Dans
le renfoncement sud-est pendent quelques concrét
ions.
Le site a fait l'objet de nombreuses interventions
archéologiques, de la part des frères A. et L. Catelan
d'abord (Catelan, 1921, 1922), puis de A. Barthé
lémy (Barthélémy, 1952-1956). Leurs sondages sont
encore visibles, contre la paroi méridionale, en léger Fig. 18 - Figures soléiformes n° 1. retrait par rapport au porche et le niveau 0 de la
fouille est encore marqué, à la peinture rouge, sur le
pourtour de l'unique salle. Un sondage clandestin relevé (fig. 19, В), un visiteur ayant cru bon de récent a agrandi la tranchée ancienne. nettoyer la paroi à cet endroi exécutant de ce fait un
A. Barthélémy relève 7 couches différentes et un geste irréparable !...
matériel qui s'échelonne du Néolithique moyen au Le cliché ancien montre un réseau de petits traits début de l'Age du Bronze. La céramique est présente formant zigzags en plus d'une tache ovale, en bas et à mais c'est le silex qui prédomine aux premières gauche de la figure. Sur ces traits peints (2 a), de phases de la chaîne opératoire du débitage. On ne fines incisions perpendiculaires entre elles, forment compte pas de maillets de quartzite destinés à une grille (2 b). l'extraction du silex pour ce site.
De cet ensemble ne subsistent que quelques traits La grotte du Levant du Leaunier est au centre de peints dont une ligne brisée oblique et les incisions. l'un des principaux ateliers d'extraction de cette Celles-ci, fines mais profondes ont résisté au décamatière première exportée ensuite sur de longues page superficiel. Il nous est même apparu deux distances, l'atelier dit de Veaux-Malaucène. chevrons emboîtés sur le côté droit de l'ensemble.
Le support est incurvé, l'intensité du rouge des
traits est variable selon les endroits si bien que la
Les figures figure peinte est restée peu lisible pour P. Bellin qui
n'a visité les lieux qu'une fois. P. Bellin sous-titre la
photographie en termes de « tracés difficiles à dé
Les figures peintes et gravées sont réalisées de part crypter ». On peut penser que son cliché présente
et d'autre d'une alvéole du plafond de 0,30 m de
diamètre dont le centre est occupé par un rognon de
silex brun clair, et à 2,60 m du sol actuel. Il s'agit de :
1. Deux petits cercles d'où partent des rayons, dix
pour celui de gauche et huit pour le second (fig. 18).
Le trait est large pour d'aussi petites figures. Certains
rayons trop proches tendent à se confondre en un
seul trait. L'extrémité de trois rayons de la figure de
gauche s'élargit jusqu'à leur donner la forme d'un T.
Les sillons de la roche servent de limites aux traits Illustration non autorisée à la diffusion
peints. Les figures sont réalisées avec un pigment
rouge pâle qui semble très dilué. Chaque représentat
ion mesure 5 cm environ de développement maxi
mal. Elles sont éloignées l'une de l'autre de 2 cm.
A. et L. Catelan identifient ces figures comme
« deux petits cercles entourés de rayons » et P. Bellin
emploie le terme « d'anneaux radiés ».
2. Figure complexe que nous ne connaissons que
par une photographie en couleurs — excellente Fig. 19 - Les figures complexes n" 2.
d'ailleurs — publiée par P. Bellin en 1979 dans un A, d'après une photographie de P. Bellin.
B, dans l'état où nous Pavons trouvée en 1990. opuscule de diffusion très restreinte. Aujourd'hui il C, lecture d'après notre interprétation.
n'en reste que de vagues traces dont témoigne notre D,faite par P. Bellin.