Un empoisonnement à Paris : l empoisonnement du sieur de Vaux (1742) - article ; n°1 ; vol.20, pg 23-36
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Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de Vaux (1742) - article ; n°1 ; vol.20, pg 23-36

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Histoire, économie et société - Année 2001 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 23-36
Abstract The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of poisonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in Paris showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of Mr De Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when he met with a violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself after ingesting traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ? Did he die of a real poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclusion. However, they allow to pièce together the different stages of his death and show the logical principles leading to the ideal culpit, his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the interrogations of the numerous witnesses of this case, who considered this violent death as the consequence of a poison administrated by a woman, revaels a background of phobias arising froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison with the picture of woman. The mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the 18th century, the stereotype of the poisonor involved in those fears seems to have developed separately from the picture of the sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel of its own.
Résumé L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des empoisonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires d'empoisonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le jeudi 22 novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des remèdes traditionnels qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxication alimentaire? A-t-il été victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce dossier criminel ne permet pas vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de reconstituer les différentes étapes de sa mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal, en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa maîtresse. L'analyse des interrogatoires des nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette mort violente comme la conséquence de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait, tout un contexte de phobies nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à l'image de la femme. La méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de peurs très anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié par
Publié le 01 janvier 2001
Nombre de lectures 106
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Frédéric Jacquin
Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de
Vaux (1742)
In: Histoire, économie et société. 2001, 20e année, n°1. pp. 23-36.
Citer ce document / Cite this document :
Jacquin Frédéric. Un empoisonnement à Paris : l'empoisonnement du sieur de Vaux (1742). In: Histoire, économie et société.
2001, 20e année, n°1. pp. 23-36.
doi : 10.3406/hes.2001.2251
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_2001_num_20_1_2251Résumé
Résumé L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des
empoisonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du
Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires
d'empoisonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du
sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le jeudi 22
novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des remèdes traditionnels
qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxication alimentaire? A-t-il été
victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce dossier criminel ne permet pas
vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de reconstituer les différentes étapes de sa
mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal, en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa
maîtresse. L'analyse des interrogatoires des nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette
mort violente comme la conséquence de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait,
tout un contexte de phobies nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à
l'image de la femme. La méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de
peurs très anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé
pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de
constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
Abstract
Abstract The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of
poisonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in Paris
showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of Mr De
Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when he met with a
violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself after ingesting
traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ? Did he die of a real
poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclusion. However, they allow to
pièce together the different stages of his death and show the logical principles leading to the ideal culpit,
his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the interrogations of the numerous witnesses of this
case, who considered this violent death as the consequence of a poison administrated by a woman,
revaels a background of phobias arising froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison
with the picture of woman. The mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the
18th century, the stereotype of the poisonor involved in those fears seems to have developed
separately from the picture of the sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel
of its own.UN EMPOISONNEMENT A PARIS:
L'EMPOISONNEMENT DU SIEUR DE VAUX (1742)
par Frédéric JACQUIN
Résumé
L'historiographie des XIXe et XXe siècles s'est essentiellement attachée à l'étude des empoi
sonnements des xvr et XVIIe siècles. Des sondages réalisés dans les archives criminelles du
Châtelet de Paris ont permis de mettre en évidence l'existence de nombreuses affaires d'empoi
sonnement au XVIIIe siècle. C'est à ces affaires criminelles qu'appartient l'empoisonnement du
sieur de Vaux. Cet officier de la Reine, malade depuis longtemps, mourut violemment à Paris le
jeudi 22 novembre de l'année 1742. S'est-il empoisonné lui même après avoir ingéré des
remèdes traditionnels qu'il avait l'habitude de se confectionner? A-t-il été victime d'une intoxi
cation alimentaire? A-t-il été victime d'un véritable empoisonnement? L'étude des pièces de ce
dossier criminel ne permet pas vraiment de conclure sur ce fait. Elle permet cependant de
reconstituer les différentes étapes de sa mort et les logiques de désignation d'un coupable idéal,
en la personne de Marie Marguerite Gamier, sa maîtresse. L'analyse des interrogatoires des
nombreux témoins de cette affaire qui ont considéré cette mort violente comme la conséquence
de l'action d'un poison administré par une femme, révèle en fait, tout un contexte de phobies
nées de la réactivation d'un imaginaire ancestral associant le poison à l'image de la femme. La
méfiance par rapport à la nature féminine semble apparaître comme le fait de peurs très
anciennes. Le stéréotype de l'empoisonneuse qui a participé à ces peurs et qui a été associé
pendant longtemps à l'image de la sorcière semble, au XVIIIe siècle, s'en être détaché afin de
constituer un modèle à part entière dont il ne serait en fait que le surgeon.
Abstract
The historiography of th 19th and 20th centuries was mainly associated with the study of poi
sonings in the 16th and 17th centuries. Inquiries made in the criminal records of the Châtelet in
Paris showed the existence of numerous cases of poisonings in the 18th century. The poisoning of
Mr De Vaux is one of those cases. He was a royal officer and had been ill for a long time when
he met with a violent death in Paris on Thursday, November 22nd 1742. Did he poison himself
after ingesting traditional remedies he used to prepare ? Was he the victim of food poisonning ?
Did he die of a real poisoning ? The documents about this criminal case allow no clear conclus
ion. However, they allow to pièce together the different stages of his death and show the logical
principles leading to the ideal culpit, his mistress M.M Gamier. Actually, the analysis of the
interrogations of the numerous witnesses of this case, who considered this violent death as the
consequence of a poison administrated by a woman, revaels a background of phobias arising
froin the revival of an ancestral imaginative world linking poison with the picture of woman. The
mistrust of women's nature seems to come from very old fears. In the 18th century, the stereotype
of the poisonor involved in those fears seems to have developed separately from the picture of the
sorceress it had been associated with a long time, to form a momdel of its own.
Au XVIIIe siècle, Paris est le théâtre d'un certain nombre d'empoisonnements. Ils
révèlent l'existence de pratiques criminelles qui sont l'expression paroxystique de ten
sions profondes, de violences occultes et de haines refoulées au sein de la société
HES 2001 (20e année, n° 1) 24 Histoire Économie et Société
parisienne de l'époque. Cependant, qu'ils soient réels, supposés ou imaginaires, ces
empoisonnements sont bien la manifestation de peurs obsessionnelles.
Les sondages réalisés dans les minutes du « Grand Criminel » du Châtelet, à partir
de « la Table alphabétique des noms des accusés jugés en appel au Parlement de Paris
de 1700 à 1790» \ appelée aussi «inventaire 450» ont permis de mettre en évidence
l'existence de procès pour empoisonnement, jugés dans un premier temps dans le res
sort de « la prévôté et vicomte de Paris », puis dans un second temps jugés en appel,
au Parlement de Paris. L'existence, au XVIIIe siècle, de ces multiples affaires d'empoi
sonnement remet en perspective les approches d'un phénomène criminel, réel ou ima
ginaire, peu étudié et peu connu pour cette période, les recherches et la production
historiographique des XIXe et XXe siècles s'étant surtout attachées à l'étude des empoi
sonnements célèbres du XVIe siècle 2 et de la célèbre « Affaire des poisons » 3, considé
rant les «quelques» affaires d'empoisonnements du XVIIF

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