Un rituel archaïque du culte de l'Héraklès thasien trouvé à Thasos - article ; n°1 ; vol.47, pg 241-274

-

Documents
35 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Bulletin de correspondance hellénique - Année 1923 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 241-274
34 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1923
Nombre de visites sur la page 41
Langue Français
Signaler un problème

Charles Picard
Un rituel archaïque du culte de l'Héraklès thasien trouvé à
Thasos
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 47, 1923. pp. 241-274.
Citer ce document / Cite this document :
Picard Charles. Un rituel archaïque du culte de l'Héraklès thasien trouvé à Thasos. In: Bulletin de correspondance hellénique.
Volume 47, 1923. pp. 241-274.
doi : 10.3406/bch.1923.3013
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1923_num_47_1_3013UN RITUEL ARCHAÏQUE
DU CULTE DE L'HÉRACLÈS THASIEN
TEOUVÉ A THASOS
(PI. IV.)
L'inscription ci-après publiée a été découverte le 11 juillet
1913, pendant les fouilles du Prytanée de Thasos. Je l'ai
trouvée encastrée dans un mur moderne, sur l'emplacement
même de l'entrée principale, au N.-O. (1). On peut penser
qu'elle provenait, soit du couloir du Prytanée, couloir formant
lieu de culte, à l'imitation de l'aménagement des portes publi
ques chez les Orientaux; soit peut-être de l'intérieur de l'édifice
municipal.
De toutes façons, par sa provenance attestée, le règlement
rituel d'Héraclès thasien se recommandera à l'attention des
historiens des religions. Il avait été signalé en temps opportun,
par le compte-rendu de la campagne de 1913 à Thasos (2).
On peut regretter que cette mention ait échappé récemment à
feu 0. Gruppe, signataire d'un copieux article Herakles, dans le
II) Cf. le croquis provisoire l'plan) publié dans les C. K. Ac. Inscr., 1914,
p. 291 <angle flu champ Valma, pilier de la porte d'accès; sur le croquis, près
du premier Ρ de « Principale entrée »,> E. Miller notait déjà qu'après sa découv les"' erte du Prytanée, les marbres antiques avaient été pillés parles moines et
paysans : cf. Le monL Athos, Vatopédi, Vile de Thasos, 1889, p. 207, 216.
Î2) C. R. Ac. Inscr., 1914, p. 303-304; cf., par la suite, SyllJ,-n° 1024,
1. 23-24, n. 18 (Hiller von Gaertringen).
BCH, XLVII (1923). 16 .
CH. PICARD 242
Supplément de la Real-Encyclopaedie (1). Le nouveau texte
thasien est contemporain, ou à peu près, des rituels de même
nature qui intéressent le culte d'Apollon Nyraphagète, des
Nymphes et des Charités, et sont gravés sur les « reliefs Miller »,
jadis trouvés eux-mêmes dans l'entrée du Prytanée (2). Dès
cette époque (début du ve s.), l'ITéraklès dit thasien, comme il
était naturel, avait été traité en θεός πάτριο; dans l'île; il tenait
un rang d'honneur, semble-t-il; au foyer de la cité.
Le document qui déterminait, en ce qui le concerne, les
intéressantes prescriptions de la piété municipale, reste encore
le seul texte épigraphique se rapportant, sur- place, au culte
du dieu-héros. On verra, si je ne me trompe, qu'il pourrait
aider à en fixer le sens, voire l'origine.
I
Description et transcription. — Bloc; de marbre thasien, quadrangulaire ;
complet, mais écorné à gauche dans l'angle supérieur (',)}. Hauteur 0 m. 416 ;
largeur Om. 347 ; l'épaisseur actuelle est de 0 m. 15 en bas. Mais le marbre
a été en partie retravaillé à l'arrière, probablement à l'époque moderne (4).
On peut supposer qu'il était jadis encastré dans un mur. La-pierre a été
maçonnée postérieurement à plat, d'où les concrétions de la l'ace prin
cipale.
Gravure ferme, appuyée; pour les formes de lettres, cf. la phototypie
de la pi. IV (où nulle retouche n'a été portée, à dessein), et ci-après.
Hauteur des lettres : υ, 016 (5); interligne, 0,01. Stoichêdon. Formes:
Λ = γ;Θ;Ω = *;Γ = λ;0 = ω.
(1) Pauly-Wissowa, Suppl., s. v. Herakles, p. 910-1121 ; cf. principalement,
p. 964 (apropos de l'Héraclès thasieni. L'article a paru en 1918: j"ignore, à vrai
dire, à quelle date il avait été écrit.
(2) IG, XII, 8, n· 358 a-b ; cf. Ch. Picard, Mon. Viol, XX, 1913, p. 39 sqq. La
question, maintenant élucidée, de l'emplacement de ces reliefs, sera exposée en
détail dans la publication des Fouilles de Thasos. Dans la Syll.3, n° 1033, Hiller.
von Gaertringen répète encore imperturbablement l'erreur de Fr. Studnizcka,
Jahresh., VI, 1903, p. 159 sqq., sur les prétendus «autels à chambres » de Thasos.
(3) Sur les longs côtés et à l'avant, bande mieux travaillée de 0 m. 01 de largeur.
(4) Cette taille n'aifecte l'arrière du marbre qu'en bas et au dessus de 0 m. 08;
à partir de là l'épaisseur diminue, pour n'être plus que de 0 m. 065 en haut.
(o) Comme on le voit d'après la phototypie, le Θ et le Ο sont légèrement plus
petits. RITUEL AKCHAÏQUE d'hÉRACLÈS THASIEN 243
\ Ήρα]κλεΐ Θατίω».
αΙγ]α ου Οέαις ού-
οέ] yowov ' ουοε γ-
· ού- υΐνα'.κΐ θέμ'.ς
," ο]' · ού- ενατευετοα
οε γέρα τέ|χνετα-
·. · ούδ' άθρεται. Fac.
«A Héraclès thasien, il n'est permis [d'offrir] chèvre ni
porc; interdiclion aux femmes; pas d'offrande de la neuvième
part; point de portions découpées pour présents; on ne regarde
pas [le sacrifice] ».
Commentaire.
La date.de l'inscription peut, plus ou moins exactement,
être indiquée d'après les formes des lettres, et par compar
aison avec d'autres textes thasiens dont l'époque est connue.
Le i est à quatre branches, comme dans l'inscription rituelle
du Prytanée concernant Apollon, les Nymphes, les Charités (1).
Par contre, la dédicace à Dionysos et Héraclès, de la Porte de
ville (2), avait encore le s à trois branches seulement. Ce
texte, où l'on trouve l'A, le ^, le <D, le ? (©υλακοί), formes de
lettres pariennes primitive*, est manifestement antérieur; et
l'on doit le situer au moins à la fin du vie siècle, s'il faut admett
re, comme je le crois avec C. Fred rich, la période de 490-480
pour l'inscription d'Apollon, des Nymphes et Charités. Les
deux rituels de l'entrée du Prytanée — celui d'Apollon,
Nymphes, Charités ; celui, nouveau, d'Héraclès thasien — me
paraissent à peu près contemporains (3) ; ils auraient été gra-
(1) IG, XII, 8, n» 358 a-b.
(2) IG, XII, 8, η» :J56.
(3) Je ne crois pas qu'il faille penser, pour le rituel d'Héraclès, à un texte
recopié, malgré certains indices sur lesquels M. G. Daux a appelé mon attention :
branche médiane de ΓΕ un peu plus courte (?); renforcement des extrémités de
1Έ, presque a la manière A' apices légers. En tous cas, même si le texte avait
été regravé, il faudrait supposer que, par convenance religieuse, il ne fut pas
modilié : ce que nous avons a en dire garderait sa valeur pour l'original. Par
ailleurs, on doit noter que la graphie du rituel d'Apollon, des Nymphes et Chantes
"est la moins soignée; pour le règlement du culte d'Héraclès, le dispositif 244 CH. PICARD
vés l'un et l'autre au moment où, dans le foyer municipal
reconstruit dès la fin du vie s., s'installèrent les principaux
cultes de la cité.
Les données architecturales fournies par les fouilles s'a
ccordent d'ailleurs avec ces présomptions (1).
Le rituel du culte d'Héraclès vient augmenter une petite
série où l'on comptait déjà, pour l'île :
A : deux inscriptions du début du ve siècle réglant un rituel
de sacrifices : 1) pour Apollon et les Nymphes; 2) pour les
Charités; IG, XII, 8, 358 a et b.
Β : un texte inédit. plus récent (ne siècle?) concernant le culte
de Peitho; il a été trouvé par moi, dans la région môme du
Prytanée, en 1913 :
Π ε 5.9 οι αΐνα ου
δέ yoisov où ίΐέαΚς] (2).
On· voit par ces règlements thasiens, les seuls connus à ce
jour, que l'interdiction de sacrifier des porcs pourrait bien,
dans l'île, avoir été assez générale.
Tout au moins s'applique-t-elle déjà aux cultes d'Apollon
Nymphagète, d'Héraclès Thasios, des Charités, et de Peitho.
La chèvre ne devait être consacrée comme victime ni à l'Héra
clès thasien, ni aux Charités, ni à Peitho. Nous notons en
outre qu'Apollon Nymphagète et les Nymphes n'admettaient
point l'oblation de moutons (et brebis) (3). Cette relative
parenté des usages, d'un rituel à l'autre, et malgré l'extrême
différence des fonctions des dieux visés, pourrait fournir déjà
stoichédon compterait aussi comme indice d'antériorité ; encore qu'il ne faille pas
oublier que le rituel d'Apollon, etc., a pu n'être gravé qu'après la mise en place
des reliefs qu'il accompagne, dans des conditions désavantageuses pour le
lapicide.
,1) Cf. C. II. Ac. Inscr., 1914, p. 298 :Ch. Picard et Ch. Avezou). Sur les formes
des lettres, cf. Kirchoff, Studien, 4, "9.
'2) Sur un bloc de marbre dont la longueur (0 m. 36) est complète. Cassures à
droite sur toute la hauteur (0 m. 26). Épais. 0 m. 23o. Le champ de l'inscription,
ravalé en creux, est dans une sorte de cartouche. A gauche, sur la face latérale,
une anathyrose. Haut, des lettres : 0,023; interligne : 0,01.
(3) Le mot Sï; désigne les deux sexes. RITUEL ARCHAÏQUE d'hÉRACLÈS THASIEN 245
quelque indication sur l'origine spéciale de certaines influences
religieuses subies à Thasos.
Le rituel du Prytanée concernant Apollon et les Nymphes
est le seul qui ne contienne pas uniquement des prescriptions
négatives. Les interdictions appliquées spécialement à la litur
gie en l'honneur d'Héraclès thasien (1) appellent les observat
ions suivantes :
V interdiction de la chèvre et du porc. — L'interdiction de la
chèvre a été assez fréquente dans les cultes orientaux ou égyp
tiens ; mais d'ailleurs aussi, en Grèce même (2). Le recueil de
Prott-Ziehen, à propos du rituel thasien concernant les Char
ités (3Ni, indiquait justement, par rapprochement avec une loi
sacrée d'Eleusis, que les prescriptions avaient pu varier d'un
pays à l'autre, à peu près vers la même date, et pour le même
culte ; on ajouterait aisément d'autres exemples d'une telle
indécision (i). Plutarque avait noté que le chien était en exé
cration générale h Héraclès (5) ; nous n'apprenons rien sur ce
sujet, pour Thasos.
Quant à l'interdiction du porc, on la trouve, comme il est
connu, dans les cultes les plus divers (G). En ce qui concerne
(1) Cf., en général, E. Fehrle, Die kullische Keuscheit in Alter turn; Th. Wiich-
ter, Reinheitsvorsc/iriflen ira t/riech. Kult, Religionsgesch. Versuche u.Vorar-
heiten, VI et IX, 1, 1910. Les textes épigraphiques concernant les règlements
rituels sont, en général, réunis dans les Leges Grnecorum sacrae de Prott et
Zieheni, I et II, 1 : le dernier fascicule, dû à Ziehen est surtout mentionné ici.
Divers documents pourraient i-tre ajoutés aujourd'hui.
(2) Cf. Ph. E. Legrand, art. Sacrificium, Diet. Ant., p. 959. Pour l'interdiction
de la chèvre et du porc dans les sacrifices d'isis a Tithorea, cf. Pausanias, X,
32, 16 ; de la chèvre, au même lieu, dans les sacrifices a l'Archégétès, ibid., X,
32, 12; l'Asclépios des Cyrénéens, ;'i la différence de celui d'Ëpidaure (Pausanias,
II, 26, 9), admettait le sacrifice de la chèvre ; mais l'observation rie Ph. E.
Legrand pour le culte d'Asclépios à Tithorea, l. l., est erronée.
(3) Leges tira.ee. sacrae, p. l>, n. 2 ; cf. p. 291.
;4) Cf. ci-dessus, n. 2.
■'o) Quaest. rom., 95.
(fi) Th. Wachter, l. L, p. 82 sqq.; cf. Ph. E. Legrand, L L, p. 939; pour
.'interdiction chez les Sémites et les Égyptiens, cf. Th. Wachter, p. 85 sqq.;
Clermont-Ganneau, C. R. Ac. Inscr., p. 3(Π sqq.; P. Roussel, Mél. Holleaux,
1913, p. 265 sqq. A Mytilène, le sacrifice pour . Aphrodite-Peitho et. Hermès ·
CH. PICARDE 246?
spécialement Héraclès, nous constatons maintenant l'existence
de ce « tabou » en deux endroits au moins, bien qu'il semble qu'il*
ait dû rester rare eii'général; surtout à l'époque romaine (·!)..
Omn'est pas sûr qu'à Gadès, où, d'après Silius Ilalicus, les
prêtres « 1 imine curabant saetigeros- arcere sues » (2), ..et; à
Thasos même, l'impureté du porc, dans le culte d'Héraclès, ait
été admise* par suite d'influences orientales. Mais l'hypothèse
n'est pas, du moins, à' écarter.
L'exclusion des femmes. On s-όλί qu'elle était spécifiée, pour
des raisons diverses, dans un grand; nombre de cultes (3).
Pour le service d'Héraclès, particulièrement, nous connaissons
maintenant une telle prescription en divers sanctuaires. Certains-
ont été mentionnées par Th. Wâchter ;: celuiid'Erythrae,, par
exemple (4); celui de Gadès ("ή. Si l'on en? croit Macrobe, à,
l'époque romaine et d'une façon générale, les femmes n'auraient
point été admises, en Italie, près des autels d'Héraclès (6).
Ilfaut ici; en outre, attirer l'attention sur l'exclusion des
admettait les animaux mâles et femelles, sauf le porc (même clause α Thasos
dans le culte d'Apollon et des Nymphes, mais avec interdiction pour le mouton <
et le porc); comme l'interdiction du porc se retrouve pour Peitho à Thasos, on
verrait là peut-être certain indice de parenté entre les cultes d'Aphrodite, de;
Peitho et d'Hermès, qui sont, tou3 les - trois, connus déjà dans la région, de
XII,' l'Agora, et pouvaient' ainsi ê-tre associés (IG, s, nos'357, 360; BCf/y XLV,
1921," p. 160-161 ; p. ."32).
(1) F. Dûrrbach, Diet. Antiq., Hercules, p. 116, p. 117 et n. 5.
(2) Pun., Ill, 22. Le texte dit: « curant ».
(3) Cf. en général, Th. Wàchter, l.L, p. 115 sqq.; P. Roussel, Mél.Holleaiiv,,
p. 274. Th. Wachter, qui a mentionné l'exclusion des femmes à Myconos dans le
culte de Poseidon. Phykios: [SylU, n° 1024, 1. 9j, ne parle pas du culte de Zeus·
Ilypatos à Paros: dans le téménos du dieu de l'île,- l'élément masculin avait seul
accès, sous réserve d'initiation, d'ailleurs : IG, XII, o1, n° 183 ; cf. Prott-Ziehen
l. L, H*, p. 284r n° 103,. n° 106. Hiller v. Gaertringen, IG, XII, 51, n» 225, et·
Addend., IG, XII, ô2, pense pouvoir faire supposer que l'interdiction. atteignait
là seulement les femmes mariées.
VII," 3, 8: exclusion, à vrai dire, partielle,, (4) L. L, p. 128 'd'après Pausanias,
avec exception en faveur des femmes thracesU
Ill,' 22: cf. ci-dessus, à propos de- (o) Ibid., . d'après Silius Italicus, Pun.,
l'interdiction dû porc, η . 2,.
(6) Ibid., d'après Macrobe, Saturn., 1, 12, 28. RITUEL ARCHAÏQUE d'hÉRACLÈS THASIEN 247
femmes prononcée déjà à Milet, dans le même culte, d'après un
très intéressant rituel archaïque du Delphinion (1). 11 est à peu
près de môme date que notre rituel thasien ^2). 0. Gruppe a eu
tort de négliger aussi ce document, en son étude générale (3) :
à) | [nepjl τωρακλέος ] -»
Οεος ε-εν · γυν- | «-
| [α]ΐκα; ες τωρακ[λέος ---]-»
λαγάνων : [ο]υ [β-] | *~
ο | [ρώΐτις : γυναις[ί] (ϊ) >
ων '. ε'σιναι Ι 4-
|Γγ]υνή--': »
L'exclusion des femmes avait été décidée à Milet par un
oracle, sans nul doute deJ'Apollon Didyméen; celui-ci donnait
à l'occasion ties consultations sur le culte des autres dieux; or,
Héraclès lui-même passait pour avoir installé son pouvoir à
Didymes, précisément. À. Rehm n'a guère proposé de restitu
tions (o). L. ο sqq., après la prohibition alimentaire, on pourrait
supposer, sans grand risque d'erreur, certaines autres prohibi
tions, sexuelles, et peut-être, à la fin, quelque pénalité prévue.
On trouve, d'après A. Rehm (fi), une exclusion a peu près
analogue des femmes, dans l'inscription qui réglait le culte
privé d'Héraclès Diomédonteios à Cos. Dans ce document,
nous observons, il est vrai, une situation privilégiée donnée au
descendant du testateur par les mâles (7). Et l'on voit surtout,
semble-t-il, que les hommes et les femmes étaient isolés, lors
de certaines cérémonies (8).
(1) Cf. A. Rehm, Milet, III, Delphinion, n° 132 a (Inv. 693, à Berlin); p. 276 sqq.
■viyi4).
(2) A. Rehm : « Schwerlich lange vor ."00 ».
'3) Article Herakles, RE, Suppl., p. 967, 1. 7 sqq.
(4) Le ; paraît certain, d'après la photographie de l'estampage.
(5) L. 3, peut-être : u>, προτάγεν · λάχανων, etc. L. 6 : iV.<V>vai.? 'pour εϊτιεναι'?}.
6) Citant Ziehen, Leyes sacrae, n" 144 c, p. ."J."fi. '.Les références de A. Rehm
sont à corriger ainsi).
{!) Daresto-IIaussoullier-Reinach, Iriser, jurid. gr., 2e série, XXIV, p. 111.
■8) SyllJ, n° 1106 c, 1. 105 sqq.; cf. la note .'U de W. Dittenberger, recti
fiant une interprétation des éditeurs des Inscr. jurid. yr. .
CH.» PICARD 248
A ce propos, il: eût été intéressant de rappeler un passage;
d'yElien (1) relatif (à* l'étrange- séparation sexuelle d'oiseaux
sacrés, coqs et. poules, en deux, sanctuaires limitrophes d'Eu
rope (2), l'un consacré à Héraclès, l'autre à Hébé. Les mâles el·
les- femelles vivaient là· à part, celles-ci n'étant- pas admises
dans le péribole d'Héraclès; un fossé plein d'eau lustrale sépar
ait ι les deux enceintes ; les coqs ·■. devaient, survoler cette eau,
pour aller féconder.les poules ; ils revenaient ensuite dans leur
enclos spécial,, purifiés,, dit Julien, au passage,. par l'effet de
l'onde qu'ils avaient -dû franchir en retour. \
Un si curieux usage sacré, et ce qu'on voit, par ailleurs, dans
certains sanctuaires ci-dessus mentionnés, explique assez
Yépiclèsis Μ'.σόγυνος, connue pour Héraclès en - Phocide,. selon;
Plutarque (3). En Phocide, le prêtre d'Héraclès Μισ-όγυνο; aurait
été astreint à la chasteté pendant toute Tannée de son sacerdoce..
Cette prohibition de rapports sexuels se retrouverait, d'ailleurs,,
à Thespies, où Pausanias dit avoir vu un temple < d'Héraclès
desservi- à vie, par une vierge (4).. Prescription qui paraissait
singulière, et qu'un \aition>~ local expliqua par rapport avec
l'aventure de la- nuit des cinquante filles de Thespios (Γ>). En
ce qui concerne l'obligation de la chasteté du. prêtre phocidien,
O.\Gruppe a bien pensé qu'il ne fallait pas chercher une rela
tion directe avec la légende humaine duUiéros divinisé : la-
misogynie d'Héraclès ne serait pas l'effet d'un, mauvais sou
venir. Mais il* eût fallu surtout noter les interdictions que nous-
signalons ici, et'·, qui- semblent avoir eu un caractère assez-
général^ plus oumoins atténué selon les cas, il· est vrai. Un
passage de Joannes Lydus (6) atteste que, dans les mystères
(1) De nal. anim., XVII, 46, éd. Herscher, I, p. 433; cité par E. Fehrle, Diet
kult. Keuschheit, p." 26 sqqr
(2) D'après Mnaseas, l. l.
(3) l'y t. orac, 20 ; E. Fehrle, l. l., p. 91 ; cf. O. Gruppe, s. υ. Herakles,L l.,
p. 1003, 1006-1007. .
(4) Pausanias, IX, 27, 6; cf. E. Fehrle, i. L, p. 90-Ul.
(5) O. Gruppe, s. υ. Herakles, l. L, p. 934; Pausanias n'a pas cru à cet aition;
il rattachait le culte thespien a la Crète préhellénique et a l'Orient,' eu raison de:
son caractère spécial..
(6) De mensibus, IV, 46. .
;
ARCHAÏQUE d' * HÉRACLÈS .THASIEN 249 RITUEL
d'Héraclès Έπινίκιος célébrés à Rome, les hommes prenaient des
vêtements féminins : rite qui n'est pas spécial à ce culte, ainsi
qu'on l'a compris, et qui, en tous cas, ne nous surprend-point
trop (1) : : certain; aition que Plutarque a rapporté (2) nous
ramènerait précisément à Cos, où nous connaissons les usages
adoptés pour l'Héraclès Diomédonteios, en un-culte privé pr
obablement : imitateur de la religion: officielle. Pour la Lydie
même, là légende du déguisement d'Héraclès près d'Omphale (3)
peuti avoir masqué quelque exégèse de rites locaux compar
ables, et quiine sont pas trop éloignés de ce que nous con
naissons maintenant à Thasos (4). On reviendra plus loin sur
l'explication^possible de tels rapports.
L'offrande non faite de la neuvième part;. Nous trouvons i c i
ncertain rapprochement à établir avec une formule d'un calendrier-
liturgique de Myconos (υ).. Celui-ci , gravé vers 200 av. J.-C,
reproduisait, semble-t-il, un ou plusieurs textes de date beau-·
coup plus ancienne. En ι ce règlement de sacrifices, il est dit,
Y. 23-24, à propos du sacrifice annuels Sémélé :
Σζ αέλη ». έτησςον ' τ ο ΰ τ ο ε ν α τ εύ ε τ α ·.. .,
C'est la deuxième fois jusqu'à présent, à ma connaissance, ,
que le mot se rencontre. Rectifiant une erreur du Lexique de *
P.' Stengel, (6) a donné, semble-t-il; l'explication Koumanoudis,
juste, en rapprochant le terme οεκατεύεΐ,ν. On sait que.le par
tage rituel des victimes était;parfois réglé suivant «les indica
tions numériques, où paraissent de vieilles croyances helléni
ques, — sans doute d'origine orientale — , sur lasignification
(1) Je ne sais pourquoi O. Gruppe le déclarait « étrange » ; cf. les références
données par lui-même, I. U. p. 1007, pour d'autres cultes.
(2) Quaest. </■;·., 58: cf. Niisson,. Gr. Fente, 452 sqq.: E. Fehrle, Ll., p. 91-92.
cf." (3) Ch; Sur Picard, le rôle Éphèse île la et légende Claros, d'Héraclès p. 412, n. et 2. d'Omphale à l'Artémision d'Éphèse,
(4) Sur les rapports de l'Héraclès thasien de la Porte de ville, coitlé de la peau Λ /*"
de lion, avec l'Héraclès lydien, cf. S. Reinach, RE A, VI, 1(JO4, p. 1 sqq.; cf. aussi,:
Cuny, ibid., XX, 1918," p. 1 sqq. A.
J>) Syll.î, n» 1024.
(6) Opferbruuche der Grief hen, 1910, p. 132.'