Livre blanc sur l'éducation et la formation

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COMMISSION EUROPEENNE ENSEIGNER ET APPRENDRE VERS LA SOCIÉTÉ COGNITIVE Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage. Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes, 1995 ISBN 92-827-5699-8 © CECA-CE-CEEA, Bruxelles · Luxembourg, 1995 Reproduction autorisée, sauf à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Printed in Belgium Livre blanc sur l'éducation et la formation Enseigner et apprendre Vers la société cognitive COMMISSION EUROPEENNE DIRECTION GÉNÉRALE XXII — ÉDUCATION, FORMATION ET JEUNESSE DIRECTION GÉNÉRALE V — EMPLOI, RELATIONS INDUSTRIELLES ET AFFAIRES SOCIALES Avant-propos d'Edith Cresson et de Pádraig Flynn Mondialisation des échanges, société de l'information, progrès scientifique et technique... Tous les jours, nous percevons les changements induits par ces phénomènes. Au sein de l'en­treprise, ils conduisent à de nouvelles formes de travail. À l'école, ils exigent de nouveaux savoirs. Dans la vie de tous les jours, ils modifient les habi­tudes. Ces mutations ne sont pas une simple parenthèse, mais annoncent la société de demain. Pour l'Europe, pour chacun d'entre nous, l'enjeu est de maîtriser de telles transformations pour ne pas les subir. N'ayant pas su les anticiper, nos pays connaissent un niveau dramatique de chômage et d'exclusion sociale.

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COMMISSION EUROPEENNE
ENSEIGNER ET APPRENDRE
VERS LA SOCIÉTÉ COGNITIVE
Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie Une fiche bibliographique figure à la fin de l'ouvrage.
Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes, 1995
ISBN 92-827-5699-8
© CECA-CE-CEEA, Bruxelles · Luxembourg, 1995
Reproduction autorisée, sauf à des fins commerciales, moyennant mention de la source.
Printed in Belgium Livre blanc sur l'éducation et la formation
Enseigner et apprendre
Vers la société cognitive
COMMISSION EUROPEENNE
DIRECTION GÉNÉRALE XXII — ÉDUCATION, FORMATION ET JEUNESSE
DIRECTION GÉNÉRALE V — EMPLOI, RELATIONS INDUSTRIELLES ET AFFAIRES SOCIALES Avant-propos d'Edith Cresson
et de Pádraig Flynn
Mondialisation des échanges, société
de l'information, progrès scientifique
et technique... Tous les jours, nous
percevons les changements induits
par ces phénomènes. Au sein de l'en­
treprise, ils conduisent à de nouvelles
formes de travail. À l'école, ils exigent
de nouveaux savoirs. Dans la vie de
tous les jours, ils modifient les habi­
tudes. Ces mutations ne sont pas une
simple parenthèse, mais annoncent la
société de demain. Pour l'Europe,
pour chacun d'entre nous, l'enjeu est
de maîtriser de telles transformations
pour ne pas les subir. N'ayant pas su
les anticiper, nos pays connaissent un
niveau dramatique de chômage et
d'exclusion sociale.
Le retour de la croissance, bien qu'in­
dispensable, ne pourra résorber seul
cette situation. Sait-on, par exemple,
que si 10 millions d'emplois étaient
instantanément disponibles, les entre­
prises auraient le plius grand mal à
trouver l'ensemble des candidats aptes
à occuper ces emplois faute de qualifi­
cations suffisantes, alors que l'Europe
compte 18 millions de chômeurs?
Dans ce contexte, l'éducation et la
formation jouent, bien entendu, un
rôle central. Comment former des véritable industrie européenne de travailleurs qualifiés, disposant des
logiciels éducatifs et multimédias, qui compétences nécessaires et sachant
les adapter rapidement à de nou­ sont les outils pédagogiques de
velles exigences? Comment doter demain. Aider toute initiative natio­
l'individu des connaissances et des nale ou locale visant à offrir, grâce à
qualités de base qui l'aideront tout un enseignement adapté recourant
au long de sa vie? Comment aider les aux nouvelles technologies de l'infor­
exclus ou ceux qui sont menacés de mation, une deuxième chance par
l'être à se réinsérer socialement? l'école aux jeunes qui ont échoué
Telles sont les questions abordées dans le système scolaire classique.
par le présent livre blanc. Il ne s'agit
nullement ¡ci de proposer un modèle Ce ne sont là que quelques-unes des
éducatif. Le contenu des enseigne­ idées proposées par le livre blanc. Au
ments, la mise en œuvre des poli­ cours de l'année 1996, qui est aussi
tiques d'éducation et de formation l'Année européenne de l'éducation et
relèvent de la compétence exclusive de la formation tout au long de la vie,
des États membres. un très large débat sera mené avec
les principaux intéressés: autorités
nationales compétentes, enseignants, Mais, conformément au principe de
entreprises, partenaires sociaux... subsidiante, cela n'exclut en rien une
Cette concertation, que la action commune au niveau européen.
Commission souhaite riche et pro­Celle-ci peut apporter une indéniable
ductive, sera suivie de propositions valeur ajoutée dans le traitement de
plus détaillées. Elles n'auront toutes certaines questions: assurer la mobili­
qu'un seul et même objectif: préparer té des étudiants et des travailleurs,
les Européens à passer sans heurts à par exemple, essentielle pour élever
une société fondée sur l'acquisition le niveau général des qualifications en
des connaissances, où l'on ne cesse Europe; rapprocher l'école de l'entre­
d'apprendre et d'enseigner tout au prise, grâce à un programme de
long de la vie. Autrement dit, à une mobilité des apprentis et à un statut
société cognitive. européen de l'apprenti; soutenir, dans
le respect de la diversité linguistique
et culturelle, le développement d'une Edith Cresson — Pádraig Flynn Résumé
Livre blanc de la Commission européenne
Enseigner et apprendre — Vers la société cognitive
Présenté par la Commission européenne, à l'initiative de M™ Edith Cresson,
commissaire chargé de la recherche, de l'éducation et de la formation,
M. Pádraig Flynn, commissaire chargé de l'emploi et des affaires sociales, en
accord avec M. Martin Bangemann, commissaire chargé de l'industrie, des télé­
communications et des technologies de l'information, le livre blanc (') part d'un
constat: les mutations en cours ont accru les chances de chaque individu d'ac­
céder à l'information et au savoir. Mais, dans le même temps, ces phénomènes
entraînent une modification des compétences nécessaires et des systèmes de
travail qui nécessitent des adaptations considérables. Pour tous, cette évolution
a accru l'incertitude. Pour certains, elle a créé des situations d'exclusion intolé­
rables. Et, de plus en plus, la position de chacun dans la société sera déterminée
par les connaissances qu'il aura su acquérir. La société du futur sera donc une
société qui saura investir dans l'intelligence, uneé où l'on enseigne et où
l'on apprend, où chaque individu pourra construire sa propre qualification, en
d'autres termes, une société cognitive.
Les trois «chocs moteurs»
Parmi les changements nombreux et complexes qui traversent la société euro­
péenne, trois grandes tendances, trois «chocs moteurs» sont plus particulièrement
perceptibles; il s'agit de la mondialisation des échanges, de l'avènement de la socié­
té de l'information et de l'accélération de la révolution scientifique et technique:
— le choc de la société de l'information: il a pour effet principal de transformer
la nature du travail et l'organisation de la production. Les travaux routiniers
(') Le texte du livre blanc est disponible sur Internet à l'adresse suivante:
http://www.cec.lu/en/comm/dg22/dg22. html. et répétitifs, qui étaient le lot de la majorité des salariés, s'effacent au profit
d'une activité plus autonome, plus variée. Il en résulte un rapport différent
à l'entreprise: le rôle du facteur humain s'accroît, mais le travailleur est aussi
rendu plus vulnérable aux changements de l'organisation du travail parce
qu'il est devenu un simple individu confronté à un réseau complexe. D'où
la nécessité pour chacun de s'adapter non seulement à de nouveaux outils
techniques, mais aussi à la transformation des conditions de travail;
le choc de la mondialisation: il bouleverse les données de la création d'em­
plois. Après avoir concerné les seuls échanges marchands, technologiques
et financiers, la mondialisation gomme à présent les frontières entre les
marchés du travail, de telle sorte qu'un marché global de l'emploi est une
perspective plus proche qu'on ne le pense généralement. Dans son livre
blanc sur la croissance, la compétitivité et l'emploi, la Commission a claire­
ment fait le pari de l'ouverture sur le monde tout en soulignant l'impor­
tance de maintenir le modèle social européen, ce qui suppose une éléva­
tion générale des qualifications, sous peine de laisser encore la fracture
sociale s'agrandir et diffuser le sentiment d'insécurité parmi les citoyens;
le choc de la civilisation scientifique et technique: le développement des
connaissances scientifiques, leur application à des méthodes de production
et les produits de plus en plus sophistiqués qui en sont issus donnent lieu à
un paradoxe: en dépit de son effet généralement bénéfique, le progrès
scientifique et technique fait naître un sentiment de menace, voire des
craintes irrationnelles dans la société. De nombreux pays européens ont
entrepris de répondre à ce malaise, en promouvant la culture scientifique
et technique, et ce dès l'école, et en définissant des règles éthiques, en par­
ticulier dans les domaines des biotechnologies et des technologies de l'in­
formation.
Les réponses: culture générale et aptitude à l'emploi
Quelles sont les réponses que peuvent apporter l'éducation et la formation
pour éliminer les effets néfastes attendus de ces trois «chocs»? Sans prétendre
à l'exhaustivité, le livre blanc en propose deux.
a) Revaloriser la culture générale
La première d'entre elles veut revaloriser la culture générale. Dans une société
où l'individu devra comprendre des situations complexes qui évoluent de façon
imprévisible, où il fera face aussi à un afflux d'informations disparates et nom­
breuses, il existe un risque de division entre ceux qui peuvent interpréter, ceux qui ne peuvent qu'utiliser et ceux qui ne peuvent ni l'un ni l'autre; en d'autres
termes, entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Le développement de la
culture générale, c'est-à-dire de la capacité de saisir la signification des choses,
de comprendre et de créer, est la fonction de base de l'école. C'est aussi le
premier facteur d'adaptation à l'économie et à l'emploi.
On constate également de plus en plus ce retour en force de la culture géné­
rale dans les centres de formation professionnelle, dans des programmes de
reconversion de travailleurs peu qualifiés ou très spécialisés: elle devient un
point de passage obligé vers l'acquisition de nouvelles compétences techniques,
b) Développer l'aptitude à l'emploi
La deuxième piste consiste à développer l'aptitude à l'emploi. Comment l'éduca­
tion et la formation peuvent-elles mettre les pays européens en mesure de
créer des emplois durables, en nombre comparable à ceux qui ont été détruits
par les nouvelles technologies?
La voie traditionnelle généralement suivie par l'individu est la recherche du di­
plôme. Il en résulte un mouvement général, en Europe, de prolongation des
études et une forte pression sociale pour élargir l'accès aux études supérieures.
Si le diplôme demeure aujourd'hui le meilleur passeport pour l'emploi, ce phé­
nomène produit cependant des effets pervers: une dévalorisation des filières
professionnelles, perçues comme des options de deuxième choix, une surquali­
fication des jeunes par rapport aux emplois qui leur sont offerts à leur entrée
dans la vie active et, enfin, une image du diplôme comme référence quasi abso­
lue de compétence, permettant de filtrer les élites au sommet et, plus générale­
ment, de classer le travailleur dans son emploi. D'où une rigidité accrue du
marché du travail et un grand gâchis aussi par l'élimination de talents qui ne
correspondent pas aux profils standards.
Sans remettre en cause cette voie traditionnelle en tant que telle, le livre blanc
préconise de lui associer une approche plus ouverte, plus souple. Celle-ci con­
siste, notamment, à encourager la mobilité des travailleurs — salariés, ensei­
gnants, chercheurs — et des étudiants. Il est frappant de constater que, au­
jourd'hui, les marchandises, les capitaux et les services circulent plus librement
en Europe que les personnes et les connaissances.
L'instauration de cette mobilité passe, cependant, par une reconnaissance véri­
table des savoirs à l'intérieur de l'Union européenne: pas seulement celle des
diplômes, mais aussi celle des différentes matières qui les composent. En d'autres
termes, un étudiant ayant effectué un semestre d'études dans un autre pays
européen devrait obtenir automatiquement la reconnaissance de cet acquis par son université d'origine, sans avoir à repasser les examens correspondants. Or,
cela n'est actuellement possible que si les deux établissements concernés ont
conclu un accord de partenariat. Une véritable mobilité suppose aussi que soient
éliminés les obstacles administratifs et juridiques (liés au droit de séjour ou au
régime de protection sociale), ou fiscaux (imposition des bourses d'études).
Autre idée force: l'accès à la formation doit être développé tout au long de la vie.
Si tous, autorités publiques ou entreprises, en soulignent la nécessité, les pro­
grès dans ce sens sont maigres. Ils sont d'autant plus insuffisants que les change­
ments dans l'organisation du travail, provoqués notamment par les technologies
de l'information, rendent urgente la formation à ces nouveaux outils. L'Année
européenne de 1996, consacrée à l'éducation et à la formation tout au long de
la vie, doit justement aider à prendre conscience de cette exigence.
Mais la société de l'information ne change pas seulement le fonctionnement de l'en­
treprise. Elle offre aussi de nouveaux horizons pour l'éducation et la formation.
Encore faut-il être équipé pour exploiter pleinement ce potentiel. Or, la fragmen­
tation du marché européen dans le secteur du multimédia éducatif, la qualité
encore insuffisante des produits pédagogiques disponibles, le faible équipement en
ordinateurs dans les classes ( I pour 30 élèves en Europe, I pour 10 aux États-
Unis) ont pour effet une pénétration très lente de ces outils dans nos écoles. D'où
la priorité donnée par la Commission au développement de logiciels éducatifs
multimédias, en coordonnant davantage les efforts de recherche menés dans ce
sens dans l'Union européenne. C'est d'ailleurs la mission assignée à une task-force
qui regroupe les ressources respectives de Mme Cresson et de M. Bangemann.
Mobilité, formation tout au long de la vie, recours aux nouveaux instruments
technologiques...: cette plus grande souplesse dans l'acquisition des connais­
sances invite enfin à réfléchir à de nouveaux modes de validation des compé­
tences acquises, qu'elles l'aient été grâce au diplôme ou pas. Cette approche a
déjà été mise en pratique: le test TEFL, qui permet d'évaluer les connaissances
en anglais de tout un chacun, et les tests Kangourou pour les mathématiques
sont des dispositifs qui ont fait leurs preuves.
Pourquoi, dès lors, ne pas imaginer des «cartes personnelles de compétences»,
sur lesquelles apparaîtraient les savoirs de leurs détenteurs, qu'ils soient fonda­
mentaux (langues, mathématiques, droit, informatique, économie, etc.) ou tech­
niques, voire professionnels (comptabilité, techniques financières...)? Un jeune
sans diplôme pourrait ainsi se porter candidat à un emploi muni de sa carte, où
seraient attestés son expression écrite, ses compétences en langues, en traite­
ment de texte. Cette idée est développée dans la dernière partie du livre blanc.
Cette formule permettrait une évaluation instantanée des qualifications de cha­
cun tout au long de la vie, contrairement aux diplômes qui, au fil des années — et
de plus en plus vite aujourd'hui —, perdent de leur valeur.