Chroniques Etranges d Afriki - Tome 1
216 pages
Français

Chroniques Etranges d'Afriki - Tome 1 , livre ebook

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Description

Il n'apparait guère hasardeux de percevoir la vividité que la lecture des nouvelles de cet ouvrage laisse à la conscience du lecteur, tant le narrateur porte au vitriol les travers de son continent Afriki en proie à un college de maux eminemments indécrottables en apparence. Comme une peinture, les pages des "Chroniques étranges d'Afriki" dévoilent les couleurs qui revêtent les visages, les images vivantes de la vie mondaine et rurale, imbibée dans l'expression volubile des cris de détresse, des klaxons des pleurs, des leurres, des douleurs, des malheurs, des peines et des méchancetes qui meublent et enlaidissent notre continent.Mahoua, le scalpel à la main, cisèle et ficelle les mots, non sans un réalisme balzacien qui la caractérise, en pointant du doigt des comportements asociaux qui corrodent l'existence humaine. Les personnages, l'espace et le temps sont comme pris dans un étau, et dont les effets influent négativement sur leur être et leur faire.L'oeuvre se donne comme une sauce assez relevée aux ingrédients plurimorphes qui en exhale un parfum aux senteurs sombres et d'ombres.Au menu, la promiscuité due à la pauvreté, à la galere qui erre, aux exces de nos travers , au mariage forcé, de la polygamie, à la délinquance juvénile, au viol, au vol, au banditisme exacerbé, a l'immigration déshumanisante, sous le regard hagard des plus coupables, d'incapables dirigeants. Tous passent au peigne fin de l'artiste.Comme des blessures du passé et du présent ressuscités sous sa plume, le livre fait peser sur les têtes une lancinante angoisse qui semble ankylosante. Mais fort heureusement, c'est aussi un arémus de foi et un amanti d'espoir en filigrane claironnant pour penser et panser le continent dont le destin n'est point fatalité...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782956354307
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en p126/02/2018 14:31 Page age 1
CHRONIQUES ÉTRANGES D’AFRIKI
TOME 1
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en page 1 26/02/2018 14:31 Page 2
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en page 1 26/02/2018 14:31 Page 3
Mahoua S. BAKAYOKO
CHRONIQUES ÉTRANGES D’AFRIKI
TOME 1
Les Editions Barrow Abidjan (Côte d’Ivoire)
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en p26/02/2018 14:31 Page age 1 4
© Les Editions Barrow, Abidjan, 2018 ISBN : 978-2-9563543-0-7 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en p26/02/2018 14:31 Page age 1 5
A mes défunts géniteurs, les semeurs de cette graine ; A mes illustres devanciers ; A vous qui m'avez laissé la place sur le métier de la vie.
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en page 1 26/02/2018 14:31 Page 6
Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en p26/02/2018 14:31 Page age 1 7
PRÉFACE !
C’est un fait comme il s’en déroule régulièrement sur notre si charmant continent. Une belle jeune dame aux allures ères, à l’apparence clinquante et exubérante, se laisse entraîner par les ots atteurs d’une griotte parti-culièrement inspirée. La belle jeune dame encouragée par une cour d’amies, autant hypocrites qu’idiotes, sort ses derniers billets de banque (sans doute le fruit de longs mois de privation, d’économie et de disette) qu’elle jette artistiquement, avec un bonheur indicible, sur la griotte qui chante ses louanges. L’histoire paraît belle, tant elle est ordinaire dans nos contrées africaines. Seulement voilà : la griotte qui bénécie de cette largesse ostentatoire qu’elle n’a pas mérité, est arrivée à la cérémonie, à bord d’une rutilante 4X4, tandis que la jeune prodigue est partie de la cérémonie, comme elle était arrivée, à savoir à pieds. Elle a rejoint son domicile familial d’où elle était venue, situé dans l’un des plus misérables taudis de la capitale. C’est l’histoire qui se réécrit, mais à rebours, à l’inverse. Une inversion des rôles et des fonctions. Avant, dans l’Afrique de nos ancêtres, l’Afrique des castes, le griot vivait au crochet des nobles de la cour royale, non des pauvres de la caste des prolétaires. Dans cette Afrique-là, on naissait griot, on ne devenait pas griot. L’histoire de l’ignorante-inconsciente Mah Touré et de la griotte atteuse-proteuse ressemble à bien des égards
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à l’histoire de nombreuses Africaines, de milliers d’Africains, qui choisissent, par une sorte d’alchimie du paradoxe, de vivre dans le regard, par le regard et suivant le regard des autres. Les termes dérivés, je dirais vicieux de ce goût fré-nétique pour l’exubérance, le voyeurisme, le bling bling, etc. se regroupent dans des néologismes qui en disent long : « boucantier », « brouteur », « bluffeur », « grotto ».
Autre lieu, autre histoire étrange, mais non moins réa-liste. A Ouédala, une jeune lle promise à un bel avenir se laisse entraîner par un marabout laid et envoûteur. Ici encore, l’histoire de Machiami aurait pu être l’histoire de nombreuses jeunes africaines, d’Abidjan à Lagos, en passant par Banjul, Kinshasa, Ouagadougou, etc. qui résument leur vie à un calcul étrangement simple : rechercher, trouver et envoûter, par des potions magiques, un homme riche et généreux qui s’occupera d’elles. Dans l’entendement de ces candidates à la facilité, le prol de l’homme idéal étant celui qui, sous l’empire de l’envoûtement, se laisserait traîner par une laisse sadomasochiste, tel un chien, qui suit sa maîtresse, sans pouvoir de décision personnelle, ni possi-bilité, encore moins la volonté de s’échapper.
À travers les vingt-cinq récits, le lecteur aura l’occasion de découvrir Mahoua S. Bakayoko, une auteure du pré-sent et du réel, qui nous (re)plonge dans l’ambiance naïve d’une Afrique qui assume ses étrangéités, une Afrique qui accepte, avec un fatalisme à la limite de l’inconscience, de rester à l’état d’Afriki, ce continent imaginaire truffé d’obs-curantisme suicidaire, d’illusions criminelles, d’attitudes
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Chroniques étranges_BAT DEF_26.02.18_Mise en page 1 26/02/2018 14:31 Page 9
paradoxales, de mal gouvernance ambiante, de manque incroyable de conscience citoyenne et politique. L’écriture de Mahoua S. Bakayoko est vive et autant sérieuse, en ce sens que les sujets qu’elle aborde appellent à la réexion, à la conscience populaire. Et pour se faire comprendre, sinon pour mieux éduquer, l’auteure a choisi un genre littéraire loin d’être « étrange » : la ction romanesque tirée de la réalité quotidienne. Les références onomas-tiques, les récits eux-mêmes nous rappellent que le livre est un assemblage de faits (quasiment) réels, des histoires vécues, sinon par l’auteure, à défaut par chacun d’entre nous. Directement ou indirectement. Alors Mahoua S. Bakayoko, auteure pessimiste d’une Afrique qui refuse de changer, avec le « changement » ? La réponse est radicalement « Non ! ». En effet, certains récits peuvent soulever chez le lecteur, un sentiment de fatalité, de découragement, voire de dépit. Dans le fond, l’auteure appelle à une prise de conscience. Tout simple-ment. D’autres récits peuvent susciter chez le lecteur, une sorte de révolte prudente ou silencieuse. Dans le fond, l’auteure use de la pédagogie par l’émotion. Mais tout n’est pas qu’amertume et tromperie dans cette Afriki de Mahoua S. Bakayoko. Dans l’Afriki de l’auteure, qui est aussi l’Afrique de nos enfants nés avec le troisième millénaire et toute la technologie du virtuel qui va avec, ainsi que l’abandon de certaines pratiques qui ont été souvent source de malheur de la génération de nos pères ; derrière les histoires qui s’achèvent comme elles
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avaient commencé, à savoir étrangement ; se cachent des vies dédiées à l’amour, des passions achevées, des rêves réels.
Ces récits optimistes dans des récits globalement tristes, ces chroniques pédagogiques derrière des chroniques étranges, ces histoires d’amour tirées d’un livre de tristesse ; sont en n de compte, des appels à la prise de conscience, à travers une voix révoltée par tant de non-sens et de choses insensées, une plume engagée non sur la voie de la facile dénonciation, mais de la conscientisation subtile et non agressive. C’est en cela que le style de Mahoua S. Bakayoko est plaisant, réconfortant, séduisant. L’auteure en appelle à notre conscience, sans la choquer. Elle nous invite à la réexion, sans nous faire la morale. Elle fait un diagnostic social dans lequel chacun de nous se retrouve, en utilisant des mots qui ne rient pas de nos maux.
En dénitive, les « Chroniques étranges d’Afriki » de Mahoua S. Bakayoko sont loin d’être étranges, encore moins étrangères à l’Ivoirien, au Malien, au Burundais, au Tanzanien, au Malgache, bref, à l’Africain.
Les « Chroniques étranges d’Afriki» auraient pu s’in-tituler les « Chroniques réelles d’Afrique ». Quelle que soit la forme du titre qui aurait pu être choisi, le fond des récits resterait le même et chaque être humain sur ce continent autant étrange par ses atavismes que par le combat sur-humain de ses forces du changement ; y aurait trouvé son compte de déclic intellectuel et de sursaut moral.
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