La maison du haut
297 pages
Français

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La maison du haut , livre ebook

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Description

Après avoir décrit le milieu familial et social de l'époque de son enfance, l'auteur raconte son histoire à partir d'un souvenir vivace: à quatre ans, après avoir embrassé son père qui s'en allait au village voisin, il le voit s'éloigner sur le chemin. Il attendra son retour toute la journée... une attente qui allait durer treize ans!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2005
Nombre de lectures 250
EAN13 9782336277707
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
© L’Harmattan, 2005
9782747594561
EAN : 9782747594561
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Graveurs de mémoire Prologue Première partie
La maison du haut Mes oncles Les enfants Vie ordinaire Les femmes Ma mère et l’affaire du poison Un bref retour de mon père L’école Je me souviens Viol Cigale La mort du petit chardonneret La maison du soleil Les fugitifs La cicatrice 1943 — D.E.P.P. Campement militaire Le bombardier Une journée de berger Le champ des oliviers Une cérémonie de transes Visite chez grand-mère Grand-mère La meute invisible L’école arabe Constantine Le retour de mon père Guêlaâ La circoncision Le petit âne gris La mort du petit chacal La femme ardente Conjonctivite La Source au trésor Le « caca » d’abeilles
Deuxième partie
Le départ Saint-Etienne Paris Logement Cours et vie dans l’atelier Le lycée Buffon Les études médicales Ma femme La guerre d’Algérie Retour au pays Epilogue
Troisième partie
Avertissement Le chat voleur Le chat pèlerin Mahdhouq et Maboul Loundja Chachi et Oulachi Le pingre et le sobre Le père Inoubaâ et le chêne de Ouarzen L’homme aux énigmes Le grain enchanté Les bébés mariés Les sept ogres Aârpha et Ouarzen Velaâjoudh et Tsériel L’homme qui devint sultan La mort du lion Aïcha M’Rirdha Voudehmim Le bon et généreux sultan
La maison du haut

Allaoua Oulebsir
Graveurs de mémoire
Collection dirigée par Jérôme Martin
Dernières parutions
Jacques MARKIEWICZ, « Tu vivras mon fils », 2005.
Georges KHAÏAT, Un médecin à Sfax , 2005.
Dany CHOUKROUN, 46669. Auschwitz — allers / retours , 2005.
René VALENTIN, C’était notre grand-père , 2005.
Serge KAPNTST , Passager sans bagage , 2005.
Maurice VALENTIN, Trois enjambées , 2005.
Paul HEUREUX, Souvenirs du Congo, 2005 .
Jean-Pierre MARIN, Au forgeron de Batna, 2005.
Joël DINE, Itinéraire d’un coopérant, 2005.
Paul GEORGELIN, La vallée de mémoire , 2005.
Pierre BIARNES, La fin des cacahouètes , 2005.
Emilia LABAJOS-PEREZ, L’exil des enfants de la guerre d’Espagne, 2005.
Robert CHARDON, Mes carnets de bord, 2005.
Yves PIA, Aline, destinée d’une famille ardennaise , 2005.
Prologue
Ce texte n’a pas la prétention d’être une œuvre littéraire. C’est un texte documentaire autobiographique, écrit dans un style simple, qui raconte l’histoire d’un fils de paysan berger, aux terres peu productives, élevé dans une famille de plus de vingt personnes, sous l’autorité de trois frères restés en indivision : mon père et mes deux oncles. Le lecteur suivra mon histoire, depuis l’âge de quatre ans jusqu’à trente-six ans, dans les différentes étapes et péripéties de ce laps de temps. Il m’arrive parfois de m’égarer et de braconner inconsciemment dans le roman. Mais, je le répète, mon ouvrage n’est pas une œuvre littéraire.
Les faits relatés dans le texte ne souffrent aucune fantaisie qui pourrait les altérer. Des documents y sont insérés pour en attester l’authenticité. Il a été rédigé pour répondre à la curiosité de mes enfants, à leur souhait de connaître mon enfance, mon adolescence et les efforts que j’ai entrepris pour changer le cours de mon destin.
L’aspect socio-culturel de la société kabyle est à peine effleuré. Ce n’était pas mon propos, mais cela ne m’empêchera pas de dénoncer en passant le statut déplorable de la femme. Lorsque j’ai effectué mon année scolaire en arabe classique à l’Institut Abdel Hamid Ben Badis (1950-1951), à Constantine, j’ai croisé, sans le connaître, Ahmed Ridha Houhou, surveillant général, enseignant et poète, « assassiné par des paramilitaires français en 1956 pendant la guerre d’Algérie ». Il a écrit ceci dans Entretiens avec l’âne d’El Hakim  :
« Tout en se grattant la nuque avec son sabot, l’âne dit :
— Veux-tu qu’on discute du problème de la femme ?
— Tu peux être tranquille, il n’y a pas de femmes dans notre pays.
— C’est étrange, vous vivez sans femmes ! Comment procréez-vous ?
J’ai dit :
— Nous avons des machines à procréation que nous gardons dans nos maisons. » 1
Cela illustre bien le statut ancien et actuel de la femme. Certes, des progrès ont été réalisés dans l’enseignement, les professions libérales, l’administration et les femmes se déplacent en taxi, en car, en avion. Mais en réalité, il s’agit d’une liberté de façade pour une minorité. En effet, suivons ces mêmes femmes, libres en apparence, dans leurs campagnes, dans leurs villages et vous les verrez disparaître comme des marmottes dans leurs terriers, derrière la porte de leur maison, dès qu’un homme n’appartenant pas à la famille apparaît. Et ne parlons pas de celles qui n’ont jamais quitté leur famille, ou qui sont analphabètes ! Alors, quand je pose la question qui dérange sur la liberté de la femme, on me répond : « C’est la tradition ! » Avec de semblables raisonnements, la femme n’est pas sortie du tunnel. Quant à moi, je pense que la femme est libre... derrière les verrous !
Première partie
La maison du haut
La maison natale est nommée ainsi pour la distinguer de celle du bas, construite à quelques centaines de mètres de là, en vue du partage futur entre les trois frères. C’est dans la maison du haut que je suis né avec mes six frères et une sœur.
Construite au milieu d’un champ d’oliviers et de figuiers, au pied de la montagne de Beni Mélikeche. au nord, sur une pente semi-raide, à une courte distance du lit du torrent temporaire qui en descend. Elle domine toute la vallée de l’Oued Sahel, faisant ainsi face à la montagne de Béni-Abbès, au sud.
La demeure natale, balayée en hiver par le vent froid qui descend de la montagne et, en été, par le vent brûlant de la vallée encaissée, dispose à cet emplacement d’une vue imprenable sur les belles pentes arides de la montagne d’en face où abondent des oliviers et des pins à la boule vert foncé. Le regard se perd dans l’extase des villages perchés au sommet de chaque colline. Dominée par le flanc de la montagne, elle enferme en son sein les lois et les traditions de la famille, les rites qui fixent les relations de l’époux et de l’épouse, du père et des enfants, le culte des ancêtres, l’autorité du père et des hommes en général.
La maison a été construite par mon père et mes oncles, avec les pierres ramassées péniblement dans le torrent, transportées à dos d’âne, taillées et liées ensemble à la glaise par des gens de métier. D’architecture traditionnelle, sobre et dépouillée, elle semblait hantée par toutes sortes d’esprits invisibles.
Les murs sont épais, la bâtisse est solide. On y monte par un chemin de cent cinquante mètres environ, bordé de chaque côté de figuiers de barbarie épineux. On embrasse du premier coup d’œil tous les environs.
Représentez-vous un bâtiment rectangulaire aux façades aveugles, d’une trentaine de mètres de long, sur une vingtaine de large. Voici au milieu le portail à deux battants, en bois de pin épais, orientée vers le sud. Vous entrez dans la cour pavée où vous êtes accueillis par le sourire d’une nuée d’enfants, filles et garçons, aussi turbulents les uns que les autres.
A quelques mètres sur votre gauche, un escalier vous mènera au premier étage, dans la chambre occupée par oncle Tahar, sa femme et ses deux enfants. La pièce, dénuée de tout mobilier, est pourvue d’une minuscule fenêtre donnant sur le toit des dépendances situées devant la maison.
Vous redescendez et, au bas de l’escalier, immédiatement à votre gauche, se trouve la chambre de ma grand-mère paternelle. Vous entrez et, à deux mètres sur votre gauche, une deuxième petite porte donne accès à la réserve dont les clés sont détenues par ma grand-mère. Pour y pénétrer, courbez-vous pour ne pas vous cogner la tête et faites attention aux deux marches pour descendre.
Vous y êtes et la pièce est sombre. C’est sans importance. Il y a là suffisamment de vivres pour assurer la subsistance de vingt-cinq âmes pendant une année. Son

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