Les violences à caractère sexuel : Représentations sociales, accompagnement, prévention
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Description

La violence sexuelle est un grave problème de santé publique qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Elle est due à de nombreux facteurs, se manifestant dans des situations sociales, psychologiques, culturelles et économiques très variées. La violence sexuelle a de profondes répercussions sur le bien-être physique, émotionnel, mental et social des victimes, en plus de générer un grand coût pour la société.
Le présent ouvrage, rédigé par une trentaine de chercheurs et d’intervenants issus de disciplines diverses, propose plusieurs approches pour la compréhension du phénomène et une critique réflexive pour l’affronter. Les auteurs définissent les violences sexuelles, analysent leurs nombreuses facettes – médiatisation, prise en charge par les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, typologie et fonctionnement psychorelationnel des agresseurs, spécificités dans la relation conjugale, complexité dans les communautés autochtones, présence sur les campus, traitement judiciaire et rôle du corps policier – et décrivent différents types d’intervention.
Adressé aux chercheurs, aux étudiants et aux intervenants, ce livre montre que les vio­­lences sexuelles désignent une réalité complexe qui résulte d’un ensemble de problématiques et qui nécessite une approche pluridisciplinaire.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 août 2018
Nombre de lectures 3
EAN13 9782760549630
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0055€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

COLLECTION
PROBL MES SOCIAUX ET INTERVENTIONS SOCIALES
F OND E PAR H ENRI D ORVIL (UQAM) ET R OBERT M AYER (U NIVERSIT DE M ONTR AL )
L analyse des probl mes sociaux est encore aujourd hui au c ur de la formation de plusieurs disciplines en sciences humaines, notamment en sociologie et en travail social. Les milieux francophones ont manifest depuis quelques ann es un int r t croissant pour l analyse des probl mes sociaux, qui pr sentent maintenant des visages variables compte tenu des mutations des valeurs, des transformations du r le de l tat, de la pr carit de l emploi et du ph nom ne de mondialisation. Partant, il devenait imp ratif de rendre compte, dans une perspective r solument multidisciplinaire, des nouvelles approches th oriques et m thodologiques dans l analyse des probl mes sociaux ainsi que des diverses modalit s d intervention de l action sociale, de l action l gislative et de l action institutionnelle l gard de ces probl mes.
La collection Probl mes sociaux et interventions sociales veut pr cis ment t moigner de ce renouveau en permettant la diffusion de travaux sur divers probl mes sociaux. Pour ce faire, elle vise un large public comprenant tant les tudiants, les formateurs et les intervenants que les responsables administratifs et politiques.
Cette collection tait l origine codirig e par Robert Mayer, professeur m rite de l Universit de Montr al, qui a sign et cosign de nombreux ouvrages t moignant de son int r t pour la recherche et la pratique en intervention sociale.

D IRECTEUR
H ENRI D ORVIL, P H. D.
cole de Travail social, Universit du Qu bec Montr al
C ODIRECTRICE
G UYLAINE R ACINE, P H. D.
cole de Service social, Universit de Montr al
Les violences caract re sexuel
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399
T l copieur: 418 657-2096
Courriel: puq@puq.ca
Internet: www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
F RANCE
Sof dis, 11, rue Soufflot, 75005 Paris, France - T l.: 01 5310 25 25
E T B ELGIQUE
Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
S UISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.25
Diffusion/Distribution (ouvrages anglophones):

Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street, Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

La Loi sur le droit d auteur interdit la reproduction des uvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autoris e - le "photocopillage - s est g n ralis e, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la r daction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L objet du logo apparaissant ci-contre est d alerter le lecteur sur la menace que repr sente pour l avenir de l crit le d veloppement massif du "photocopillage .
Les violences caract re sexuel
Repr sentations sociales, accompagnement, pr vention
Sous la direction de
Sa d Bergheul
Myl ne Fernet
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Les violences caract re sexuel: repr sentations sociales, accompagnement, pr vention / sous la direction de Sa d Bergheul et Myl ne Fernet.
(Probl mes sociaux et interventions sociales; 91)
Comprend des r f rences bibliographiques. Publi en formats imprim (s) et lectronique(s).
ISBN 978-2-7605-4961-6 ISBN 978-2-7605-4962-3 (PDF) ISBN 978-2-7605-4963-0 (EPUB)
1. Crimes sexuels. I. Bergheul, Sa d, diteur intellectuel. II. Fernet, Myl ne, 1972- , diteur intellectuel. III. Collection: Collection Probl mes sociaux interventions sociales; 91.
HV6556.V56 2018
364.15 3
C2018-941198-8


C2018-941199-6

R vision
Fran ois Mireault
Correction d preuves
Sandra Guimont
Conception graphique
Julie Rivard
Mise en page
Interscript
D p t l gal: 3 e trimestre 2018
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2018 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D4961-1 [01]
Nos remerciements s adressent tout particuli rement tous les auteurs de ce livre, qui se sont engag s dans ce projet pour le rendre r alisable. Merci la professeure Myl ne Fernet d avoir accept de codiriger et de r diger la postface de cet ouvrage.
Nous ne pouvons n gliger l apport consid rable du directeur et de la codirectrice de la collection "Probl mes sociaux et interventions sociales des Presses de l Universit du Qu bec qui nous ont donn l opportunit de publier cet ouvrage collectif. Nous sommes aussi tr s reconnaissants l Universit du Qu bec en Abitibi-T miscamingue pour avoir assum les frais d dition et de promotion, et nous tenons galement remercier le partenariat de recherche et d actions sur les trajectoires de vie, de violence, de recherche d aide et de recours aux services des femmes victimes de violence conjugale en contextes de vuln rabilit (Trajetvi) pour le soutien financier accord cet ouvrage.
Il est important de ne pas oublier nos familles. Ce travail n aurait pas vu le jour sans nos absences r p t es aupr s de nos proches. Merci norm ment pour votre aide, votre soutien et votre compr hension tr s pr cieuse.
Nous tenons enfin remercier sinc rement celles et ceux qui, de pr s ou de loin, ont contribu ce travail et ont rendu cette aventure possible.
REMERCIEMENTS
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
LISTE DES ABR VIATIONS
INTRODUCTION Regards interdisciplinaires sur les violences sexuelles
Sa d Bergheul et Myl ne Fernet
1. D finitions de la violence sexuelle
2. Quelques approches th oriques sur la violence sexuelle
2.1. Les th ories biologiques
2.2. Les th ories sociologiques
2.3. Les th ories "criminologiques
2.4. Les th ories psychologiques
2.5. Les th ories int gratives
2.6. Les th ories f ministes
Bibliographie
PARTIE 1 LA CONSTRUCTION SOCIALE DE LA VIOLENCE SEXUELLE
C HAPITRE 1 LA COUVERTURE JOURNALISTIQUE DES AGRESSIONS SEXUELLES DANS LA PRESSE CRITE AU QU BEC Portrait et enjeux concernant la pr vention
Karine Baril et Pierre Maurice
1. Une introduction
1.1. Lagression sexuelle dans une perspective de sant publique
1.2. Les normes sociales et la pr vention des agressions sexuelles
1.3. Les m dias comme voie d influence des normes sociales concernant les agressions sexuelles
2. Une tude sur la couverture journalistique des agressions sexuelles dans la presse crite au Qu bec en 2010-2011
2.1. Le but et les objectifs
2.2. Le corpus d analyse
2.3. Les analyses
3. Les r sultats
3.1. La description de la couverture journalistique portant sur l agression sexuelle
3.2. La description des situations d agression sexuelle
3.3. La description du traitement journalistique dans la couverture journalistique des agressions sexuelles
Discussion et conclusion
Bibliographie
C HAPITRE 2 COMPRENDRE ET COMBATTRE LA VIOLENCE SEXUELLE DANS UNE PERSPECTIVE F MINISTE L expertise qu b coise des Centres d aide et de lutte contre les agressions caract re sexuel (CALACS)
Carole Boulebsol et M lanie Sarroino
1. Les Centres d aide et de lutte contre les agressions caract re sexuel: des organismes communautaires f ministes autonomes
1.1. Le contexte historique et politique de la mise en place et de la pertinence des CALACS et du Regroupement qu b cois des CALACS
1.2. L analyse politique f ministe des violences envers les femmes en g n ral et des agressions caract re sexuel en particulier
1.3. Le d veloppement d une pratique f ministe alternative
2. Un portrait actuel des CALACS
2.1. Le volet de lutte et de d fense des droits
2.2. Le volet de la formation et de la pr vention
2.3. Le volet du soutien direct
Conclusion
Bibliographie
PARTIE 2 LE PORTRAIT DES AGRESSEURS SEXUELS ET LA PRISE EN CHARGE
C HAPITRE 3 LES AGRESSEURS SEXUELS ADULTES Typologies et traitement
Caroline Dugal, Natacha Godbout, Claude B langer et Monique Tardif
1. L tat des connaissances
2. L h t rog n it des profils d agresseurs sexuels
2.1. La typologie des agresseurs sexuels de femmes de Groth et Birnbaum
2.2. La typologie des agresseurs sexuels de femmes de Knight et Prentky
2.3. La typologie des agresseurs sexuels d enfants de Groth et Birnbaum
2.4. La typologie des agresseurs sexuels d enfants de Knight, Carter et Prentky
3. Les facteurs de risque de l agression sexuelle
3.1. Les facteurs de risque statiques
3.2. Les facteurs de risque dynamiques stables
3.3. Les facteurs de risque dynamiques aigus
4. La prise en charge des agresseurs sexuels
4.1. Le traitement cognitivo-comportemental des agresseurs sexuels
4.2. Les principes du mod le RBR
5. L efficacit du traitement
Conclusion
Bibliographie
PARTIE 3 LES VIOLENCES SEXUELLES DANS LES RELATIONS CONJUGALES
C HAPITRE 4 LES VIOLENCES CONJUGALES SEXUELLES Une r alit qui tue
Myriam Dub et Christine Drouin
1. Peut-on r ellement chiffrer une r alit indicible?
2. D finir, un acte "repr sentationnel utile, mais in vitablement r ducteur de la complexit
3. La typologie des violences conjugales sexuelles
4. Les r percussions des violences conjugales sexuelles
5. Et l intervention?
6. Et la pr vention?
Conclusion
Bibliographie
C HAPITRE 5 LE FONCTIONNEMENT PSYCHORELATIONNEL D ADULTES AUTEURS D AGRESSIONS SEXUELLES ENVERS UN ENFANT ET DE LEURS CONJOINTES
Caroline Dugal, Yvan Lussier, Claude B langer et Natacha Godbout
1. La description de l tude qu b coise r alis e aupr s d adultes auteurs d agressions sexuelles
1.1. Les caract ristiques des adultes auteurs d agressions sexuelles et de leurs conjointes
1.2. Les caract ristiques des abus perp tr s par les adultes auteurs d agressions sexuelles
2. Un historique de la victimisation des adultes auteurs d agressions sexuelles et de leurs conjointes
3. Le fonctionnement psychologique des adultes auteurs d agressions sexuelles et de leurs conjointes
3.1. Les distorsions cognitives
3.2. Le manque d empathie
3.3. Les troubles de sant mentale et la d tresse psychologique
3.4. Les traits de personnalit
4. Le fonctionnement relationnel et dyadique des adultes auteurs d agressions sexuelles et de leurs conjointes
4.1. L ajustement dyadique et sexuel
4.2. L attachement
Conclusion
Bibliographie
PARTIE 4 LES VIOLENCES SEXUELLES DANS DIFF RENTS CONTEXTES
C HAPITRE 6 LES VIOLENCES SEXUELLES CHEZ LES PEUPLES AUTOCHTONES
Jacinthe Dion, Delphine Collin-V zina et Francine Lavoie
1. Une introduction
1.1. La population autochtone
1.2. Une perspective historique
1.3. La pr valence de la violence sexuelle chez les peuples autochtones
2. Le taux de violence sexuelle dans les communaut s autochtones au Qu bec
2.1. tude 1 chez des Inuits
2.2. tude 2 chez des adultes des Premi res Nations
2.3. tude 3 chez des adolescents des Premi res Nations
3. Une discussion
3.1. Le taux de violence sexuelle
3.2. Les autres formes de violence
3.3. La r silience, la gu rison et la pr vention
4. Une conclusion
5. Des recommandations pour la recherche et l intervention
Bibliographie
C HAPITRE 7 LES PRINCIPAUX CONSTATS DE L ENQU TE ESSIMU PORTANT SUR LA VIOLENCE SEXUELLE EN MILIEU UNIVERSITAIRE AU QU BEC
Manon Bergeron, Martine H bert, Sandrine Ricci, Marie-France Goyer, Nathalie Duhamel, Lyne Kurtzman, Catherine Rousseau, Isabelle Auclair, Laurence Clennett-Sirois, Isabelle Daigneault, Dominique Damant, St phanie Demers, Jacinthe Dion, Francine Lavoie, Genevi ve Paquette et Sylvie Parent
1. La probl matique des violences sexuelles en milieu universitaire
2. Les sp cificit s de l enqu te ESSIMU
3. La m thodologie
4. Le profil des participants
5. Les r sultats
5.1. La violence sexuelle: une probl matique bien pr sente dans les tablissements universitaires qu b cois
5.2. Les caract ristiques et contextes des v nements de VSMU
5.3. Des cons quences v cues dans plusieurs sph res
5.4. Un silence affectant plusieurs personnes touch es
5.5. Des gestes peu signal s aux instances et ressources universitaires
5.6. Le fait d tre t moin ou confident d v nements de violence sexuelle en milieu universitaire
6. Une discussion et des recommandations
6.1. Les faits saillants de l enqu te et les enjeux mergents
6.2. Les limites m thodologiques
6.3. Les implications pour les interventions de pr vention et de soutien dans la communaut universitaire
6.4. Les contributions de l tude et les recommandations pour les recherches futures
Conclusion
Annexe 7.1. Tableau synth se des 15 recommandations mises dans le cadre de l enqu te ESSIMU
Bibliographie
PARTIE 5 LES AGRESSIONS SEXUELLES ET LE SYST ME JUDICIAIRE
C HAPITRE 8 LE TRAITEMENT JUDICIAIRE DES CRIMES CARACT RE SEXUEL
C line Lacerte-Lamontagne
1. Les infractions
2. Les r gles de preuve
2.1. La corroboration
2.2. La plainte spontan e
2.3. Le comportement sexuel
3. Les r gles de proc dure
4. Les peines
5. Les autres dispositions
5.1. Le d linquant contr ler et le d linquant dangereux.
5.2. Les ordonnances
6. Les constats
Conclusion
Bibliographie
C HAPITRE 9 L ENTREVUE D ENQU TE DES ENFANTS VICTIMES D AGRESSION SEXUELLE
Jonathan Lafontaine et Mireille Cyr
1. Les donn es sur les agressions sexuelles d enfants
2. L entrevue d enqu te et le d voilement
3. Les particularit s des entrevues aupr s d enfants
4. Les meilleures pratiques d entrevue
5. Les difficult s des enqu teurs en entrevue
6. Le d veloppement du protocole du NICHD
7. La formation au protocole du NICHD
8. Les caract ristiques personnelles des enqu teurs
Conclusion
Bibliographie
C HAPITRE 10 LE CONTINUUM DE FORMATION POLICI RE EN MATI RE D ENQU TE EN AGRESSION SEXUELLE ET ABUS PHYSIQUE D ENFANTS AU QU BEC
Fran ois Gingras
1. Le r le de la police en mati re d agression sexuelle
2. Le statut de policier au Qu bec
3. La formation polici re au Qu bec
4. La formation coll giale en techniques polici res
5. L cole nationale de police du Qu bec
6. La formation initiale en patrouille-gendarmerie
7. La formation universitaire
7.1. Le programme universitaire court en enqu te
7.2. Le programme de baccalaur at en s curit publique
7.3. Un autre programme reconnu au baccalaur at en s curit publique
7.4. Les formations sp cifiques en lien avec l enqu te criminelle en mati re d agression sexuelle
7.5. La formation en enqu te sur les crimes caract re sexuel, sur l abus physique et le d c s de jeunes enfants
7.6. L entrevue d enfants - Le guide NICHD
8. La formation sur l entrevue film e de suspect
9. L utilisation d Internet et des m dias sociaux dans un contexte d enqu te
10. La formation sur la Loi sur l enregistrement de renseignements sur les d linquants sexuels
11. Le s minaire Soutien en entrevue d enqu te film e
12. Le superviseur d enqu te
13. Le colloque national et international
14. L approche p dagogique exp rientielle
14.1. Le poste de police- cole
14.2. Le travail du personnel com dien
14.3. Les installations
15. La recherche
Conclusion
Bibliographie
CONCLUSION La violence sexuelle, la pr vention et l intervention
Sa d Bergheul
1. La position du probl me
2. La pr vention et les interventions
Bibliographie
POSTFACE Les strat gies de pr vention aupr s des enfants et des adolescents Une cl de la lutte contre les violences caract re sexuel
Myl ne Fernet
1. Les approches universelles
2. Les strat gies de pr vention qui misent sur la transformation des normes sociales
3. Les approches multicomposantes
Bibliographie
NOTICES BIOGRAPHIQUES
Figure 1.1. Proportion ( ) de la couverture sur les agressions sexuelles selon le type de documents
Figure 1.2. Proportion ( ) de la couverture sur les agressions sexuelles selon les sujets repr sent s
Figure 1.3. Nature des agressions sexuelles repr sent es dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res
Figure 1.4. ge et sexe des victimes d agression sexuelle repr sent es dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res
Figure 1.5. Lien entre victime et agresseur dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res
Figure 1.6. Sources repr sent es* dans la couverture journalistique des agressions sexuelles ( )
Figure 3.1. Typologie des agresseurs sexuels d adultes de Groth et Birnbaum (1979)
Figure 3.2. Typologie des agresseurs sexuels d adultes de Knight et Prentky (1990)
Figure 3.3. Typologie des agresseurs sexuels d enfants de Groth et Birnbaum (1979)
Figure 3.4. Typologie des agresseurs sexuels d enfants de Knight, Carter et Prentky (1989)
Figure 5.1. Mod le de l attachement adulte (Bartholomew et Horowitz, 1991)
Figure 7.1. Pourcentage des participants ayant d nonc des v nements de VSMU depuis leur arriv e l universit , par combinaison de formes ( n = 9 284)
Figure 7.2. Fr quence des contextes dans lesquels ont eu lieu les v nements de VSMU v cus depuis l arriv e l universit ( n = 3 355)
Figure 10.1. Continuum de formation polici re
Tableau 1.1. Grands quotidiens qu b cois de l tude et leur repr sentation dans la couverture analys e
Tableau 1.2. Fr quence des codifications des cat gories d analyse
Tableau 1.3. Pratiques journalistiques favorables et d favorables concernant le traitement des agressions sexuelles
Tableau 7.1. Fr quence des caract ristiques sociod mographiques de l chantillon
Tableau 7.2. Pourcentage des participants ayant d nonc des v nements de VSMU depuis leur arriv e l universit , par caract ristique sociod mographique
Tableau 7.3. Lors des v nements de VSMU v cus depuis l arriv e l universit , mon statut l universit tait
Tableau 7.4. Les gestes de VSMU, v cus depuis l arriv e l universit , ont t commis au moins une fois par
AASE
Auteurs d agression sexuelle envers les enfants
CALACS
Centres d aide et de lutte contre les agressions caract re sexuel
CAVAC
Centres d aide aux victimes d actes criminels
CS
Coercition sexuelle
CSND
Comportements sexuels non d sir s
ENPQ
cole nationale de police du Qu bec
ESG
Enqu te sociale g n rale
ESSIMU
Enqu te Sexualit , S curit et Interactions en Milieu Universitaire
GRIPMA
Groupe de recherche et d interventions psychosociales en milieu autochtone
HS
Harc lement sexuel
INSPQ
Institut national de sant publique du Qu bec
LERDS
Loi sur l enregistrement de renseignements sur les d linquants sexuels
MSP
Minist re de la S curit publique du Qu bec
NICHD
National Institute of Child Health and Human Development
OMS
Organisation mondiale de la sant
PC-PTSD
Primary Care PTSD Screen
PETAS
Programme d valuation et de traitement des agressions sexuelles
PMO
Peine minimale obligatoire
RBR
Mod le fond sur les principes du risque, des besoins et de la r ceptivit
RQCALACS
Regroupement qu b cois des Centres d aide et de lutte contre les agressions caract re sexuel
SAC
Service aux collectivit s de l UQAM
SEQ
Sexual Experiences Questionnaire
TCC
Th rapie cognitivo-comportementale
VSMU
Violence sexuelle en milieu universitaire
REGARDS INTERDISCIPLINAIRES SUR LES VIOLENCES SEXUELLES
Sa d Bergheul et Myl ne Fernet
Selon un rapport publi en 2014 par l Organisation mondiale de la sant (OMS), 20 des femmes et de 5 10 des hommes dans le monde ont subi des violences sexuelles pendant leur enfance. Au Canada, en 2015, la police a d clar pr s de 21 500 agressions sexuelles, dont la majorit (98 ) tait des agressions sexuelles de niveau 1 (Allen, 2016) 1 . Il est pertinent de souligner qu l chelle internationale, le nombre d agressions sexuelles d clar es sous-estime l tendue r elle des agressions sexuelles, puisque souvent, ces types d infractions ne sont pas signal s.
Il est vident que les violences sexuelles laissent des traces psychologiques profondes, voire interg n rationnelles sur les victimes. Elles constitueraient galement l un des types de crimes les plus co teux la soci t . Aux tats-Unis, par exemple, pr s de 3 millions de dollars (USD) seraient d pens s annuellement par l tat, pour les cas de victimisations sexuelles d nonc es (Miller, Cohen et Wiersema, 1996).
Pour toutes ces raisons, les recherches portant sur le th me de l agression sexuelle ont prolif r et des programmes d intervention ont t implant s dans plusieurs pays pour pr venir et accompagner les victimes de violences sexuelles.
1. D FINITIONS DE LA VIOLENCE SEXUELLE
L Organisation mondiale de la sant (2012) d finit la violence sexuelle comme tant des actes qui peuvent varier du harc lement verbal ainsi que des formes de contrainte tr s vari es allant de la pression et de l intimidation sociale jusqu la violence physique et la p n tration forc e.
La violence sexuelle peut comprendre notamment:
le viol conjugal;
le viol commis par des trangers ou des connaissances;
le harc lement sexuel ou les avances sexuelles;
le viol syst matique, l esclavage sexuel et d autres formes de violence essentiellement r pandues lors des guerres;
la violence sexuelle qui touche les personnes handicap es mentalement ou physiquement;
le viol et les s vices sexuels inflig s aux enfants;
les formes r pandues dans certaines cultures, telles que le mariage forc .
Par violence sexuelle, l OMS entend "tout acte sexuel, tentative d acte sexuel ou tout autre acte exerc par autrui contre la sexualit d une personne en faisant usage de la force, quelle que soit sa relation avec la victime, dans n importe quel contexte (Organisation mondiale de la sant , 2013, p. 2).
2. Q UELQUES APPROCHES TH ORIQUES SUR LA VIOLENCE SEXUELLE
Depuis plusieurs ann es, des chercheurs issus de diff rentes disciplines ont propos plusieurs th ories pour expliquer le ph nom ne de la violence sexuelle. Dans la pr sente introduction, nous ne traiterons que des th ories dominantes qui continuent d exercer une influence sur l explication des comportements violents caract re sexuel. On peut regrouper ces th ories en six grandes cat gories: les th ories biologiques, sociologiques, "criminologiques , psychologiques, int gratives et f ministes.
2.1. Les th ories biologiques
D un point de vue m dical, plusieurs tudes d j classiques ont identifi des l ments endocriniens, neurotransmetteurs ou g n tiques ayant une influence sur le comportement agressif sexuel. La s rotonine, qui est un neurotransmetteur, est reconnue pour son implication dans les comportements agressifs et comme inhibiteur de l agressivit (Olivier et Mos, 1995). L influence de la testost rone sur les agressions sexuelles chez les hommes a t constamment voqu e. Les personnes portant des caryotypes du syndrome XYY ou XXY ont t d crites par les crits scientifiques comme des sujets caract ris s par une instabilit caract rielle. Les tudes neurologiques indiquent galement une d faillance de l activit de certaines zones du cerveau, en particulier le syst me limbique chez les d linquants sexuels. Toutefois, la communaut scientifique reste prudente quant aux r les des facteurs biologiques qui ne permettent pas d tablir de lien de cause effet dans l actualisation des comportements violents sexuels (Raine et al ., 1997).
2.2. Les th ories sociologiques
Les mod les th oriques sociologiques identifient certains postulats communs de types socioculturels qui expliquent les violences sexuelles et qu on retrouve dans la plupart des groupes sociaux (Ciobanu et Natarajan, 2005). Ces violences, apprises et perp tr es, sont per ues comme le r sultat d un syst me patriarcal et des in galit s sociales. Le genre est con u comme une construction sociale et non comme un attribut individuel.
Les explications sociales et structurelles de la violence sexuelle attribuent la violence sexuelle des structures et des processus sociaux particuliers. Les sociologies et les psychosociologues se sont, entre autres, appuy s sur la th orie de l apprentissage social et de la socialisation (Bandura, 1973) pour expliquer comment la violence sexuelle peut tre apprise et reproduite gr ce l observation et l imitation des mod les sociaux. Les comportements de violence sont maintenus, par la suite, par le renforcement. La sociologie a galement propos des mod les d analyse de classe et de pouvoir pour expliquer les causes des agressions sexuelles. Parmi les facteurs soci taux qui influent sur la violence sexuelle figurent les lois et les politiques sociales relatives l galit des sexes en g n ral et la violence sexuelle en particulier, ainsi que les normes relatives l exercice de la violence (Walby, 1990). Alors que certains facteurs au niveau microsociologique op rent largement sur le plan local, au sein des familles, des coles, des lieux de travail et des communaut s, d autres facteurs au niveau macrosociologique auraient une influence sur les lois et les normes au niveau national et m me international.
Les plus r cents d veloppements des courants sociologiques contemporains (Cardi et Pruvost, 2012; Dorlin, 2009) pr sentent les infractions sexuelles comme des occurrences et les conceptualisent dans un ensemble complexe de relations et d institutions sociales. Cette analyse offre une compr hension de la violence sexuelle qui s inscrit dans un environnement marqu par des relations de pouvoir in galitaires.
2.3. Les th ories "criminologiques
L influence des sciences humaines sur la criminologie contemporaine se traduit notamment par une approche pluridisciplinaire dans le champ des violences sexuelles. travers les tudes sur la personnalit du d linquant, sa famille et son milieu d ducation ou encore la soci t et la culture, on a tent d expliquer les causes du crime (Ogien, 1995).
Si la responsabilit des agresseurs sexuels est souvent mise en question, les criminologues actuels mettent en garde contre tout ce qui pourrait associer les violences sexuelles aux maladies mentales et psychologiques. En effet, l amalgame "d lit-maladie mentale pourrait mettre en doute la responsabilit des agresseurs. ce sujet, les expertises m dicales affirment en majorit que les agresseurs sexuels ne pr sentent pas de pathologie psychiatrique.
Dans les ann es 1985-1990, des programmes de prise en charge des d linquants sexuels ont t mis en place la suite des travaux des criminologues anglo-saxons (Borzecki et Wormith, 1987; Furby, Weinrott et Blackshaw, 1989). Ces travaux ont permis d laborer une typologie de d linquants sexuels ayant un profil criminel diff rent (les p dophiles, les violeurs, les d linquants incestueux) susceptibles de b n ficier des programmes de prise en charge. Le risque de r cidive est un l ment d terminant dans l efficacit des traitements des agresseurs sexuels. Les criminologues disposent maintenant d outils plus raffin s pour valuer ce risque et aussi pour le r duire (Cortoni et Longpr , 2010). Par ailleurs, le consentement de l agresseur aux soins m dicaux ou psychologiques soul ve un d bat. D un c t les professionnels de la sant estiment que le consentement des agresseurs sexuels est indispensable, de l autre c t pour les criminologues et les magistrats, l int r t public passe avant ce consentement.
2.4. Les th ories psychologiques
Les psychologues ont d velopp un bon nombre de th ories pour expliquer l tiologie de l agression sexuelle, d crire la personnalit des agresseurs sexuels, le d veloppement de la violence sexuelle sous ses diff rentes formes ou son actualisation dans des situations particuli res. On peut regrouper ces th ories en trois cat gories: les th ories psychodynamiques ou psychanalytiques, les th ories cognitives et comportementales, et les th ories int gratives.
Le courant psychanalytique a expliqu la d viance sexuelle comme expression des conflits non r solus prouv s pendant les tapes du d veloppement. Les probl mes non r solus provoquent des fixations ou des obstacles pendant les tapes du d veloppement, avec la d formation cons quente d un objet sexuel ou d un but sexuel (Schwartz et al ., 1995). La th orie freudienne d peint le psychisme humain comme tant dans une lutte constante entre le principe du plaisir et le principe de r alit . Selon cette perspective th orique, des agresseurs sexuels manqueraient d un surmoi fort et structur . Il est bien vident que le courant th orique psychanalytique classique a connu plusieurs d veloppements (Balier, 2002; Ciavaldini, 1999) et certains psychologues contemporains continuent lui reprocher le manque d assises empiriques.
Les th ories cognitives et comportementales sont construites sur la recherche d un changement bas sur la restructuration des v nements cognitifs et l entra nement aux habilet s sociales et interpersonnelles. Les comportements sexuels jug s probl matiques pour la soci t , de par leurs caract res "infractionnels , sont rapidement venus int grer les cibles des traitements cognitivo-comportementaux. De nouvelles prises en charge mergent autour de nouveaux objectifs: reconditionner les orientations sexuelles d viantes apprises par exp rience et restructurer les v nements cognitifs.
L objectif des th rapies comportementales est de modifier la pr f rence sexuelle par la diminution des r ponses sexuelles d viantes valu es l aide de la pl thysmographie p nienne 2 . Les premiers mod les th oriques du courant comportementaliste appliqu s aux comportements d agressions sexuelles taient simplistes. Les comportements d agressions sexuelles d pendaient d un seul facteur, l excitation sexuelle d viante. Ce mod le th orique a volu durant les ann es 1980 vers une conception multifactorielle prenant en compte les diff rents facteurs qui peuvent intervenir dans l acquisition et le maintien du comportement d agression sexuelle. L int gration du courant cognitiviste a donn naissance au mod le th rapeutique de la pr vention de la r cidive qui s est av r tr s prometteur consid rant son efficacit clinique. Certaines cognitions qui constituent le syst me de croyances du sujet sont inappropri es et peuvent l encourager passer l acte. Ce m me syst me de croyances qu on appelle couramment les distorsions cognitives permet ensuite de rationaliser le d lit.
2.5. Les th ories int gratives
Le champ scientifique a vu na tre ces derni res ann es des th ories int gratives qui expliquent le ph nom ne de la violence sexuelle par plusieurs facteurs. On peut ainsi d terminer des th ories multifactorielles de niveaux 1, 2 et 3. Les th ories multifactorielles (niveau 1) s int ressent aux l ments consid r s comme tant primordiaux l agression sexuelle et tablissent des relations quant la nature de leur relation avec le passage l acte. Les th ories unifactorielles (niveau 2) visent un l ment pr cis consid r comme tant central l agression sexuelle et tentent d expliquer son effet sur le passage l acte. Enfin, les mod les de processus de passage l acte (niveau 3) inventorient les l ments consid r s comme tant centraux l agression sexuelle, les ordonnent temporellement et selon leur nature respective (situationnel, environnemental cognitif, affectif, motivationnel, etc.), et visent expliquer la fa on dont ceux-ci interf rent pour aboutir l agression sexuelle.
Dans cette introduction, les th ories suivantes, consid r es comme les mod les les plus dominants, seront pr sent es: la th orie int gr e de Ward et Beech (2006); le mod le confluent de Malamuth (1996); le mod le de Knight et Sims-Knight (2003); le mod le quadripartite de Hall et Hirschman (1991); et la th orie int gr e de Marshall et Barbaree (1990).
La th orie int gr e de l agression sexuelle labor e par Ward et Beech (2006) cherche expliquer le ph nom ne de l agression sexuelle en termes de pr disposition, de d veloppement et de maintien. Cette th orie complexe s av re en quelque sorte une incorporation en un m me mod le de tout ce qui a t r alis en termes de recherche dans le domaine de l agression sexuelle, mais aussi de concepts qui proviennent de la psychopathologie d veloppementale, de la neuroscience, de la philosophie des sciences, de la biologie, de l cologie.
Malamuth (1996) et Malamuth, Heavey et Linz (1996) ont propos un mod le multivari de l agression sexuelle perp tr e envers les femmes. Le mod le confluent prend ses sources dans les mod les th oriques f ministes et volutifs de l agression sexuelle. Selon Malamuth et ses collaborateurs, la diff rence fondamentale entre les femmes et les hommes se traduit par deux cheminements chez ces derniers: la masculinit hostile et la promiscuit sexuelle. Ce mod le th orique d finit trois types de facteurs de risque qui doivent tre pr sents simultan ment pour qu il y ait perp tration d une agression sexuelle, savoir: la motivation, la d sinhibition et l opportunit .
Knight et Sims-Knight (2003) ont d velopp le mod le confluent de Malamuth et ses collaborateurs, afin d une part, de combler certaines insuffisances relativement au fait que le mod le original n incluait que tr s peu d informations d veloppementales, et d autre part pour valider leur mod le aupr s d un chantillon d adolescents agresseurs sexuels et d agresseurs sexuels de femmes.
Hall et Hirschman (1991) ont d velopp une th orie de l agression sexuelle perp tr e sur des femmes. Leur mod le quadripartite renvoie quatre composantes qui interagissent pour mener l agression sexuelle: les troubles de la personnalit , les distorsions cognitives soutenant l agression sexuelle, l excitation sexuelle et les probl mes de contr le des motions.
Enfin, la th orie int gr e de Marshall et Barbaree (1990) est une th orie g n rale de l agression sexuelle. Elle a donc t con ue pour s appliquer autant aux agresseurs sexuels d enfants qu aux agresseurs qui commettent des d lits aupr s des femmes, et m me d autres types de comportements sexuels d viants (Marshall et Marshall, 2000).
Certains travaux de recherche (Jewkes, Sen et Garcia-Moreno, 2002) ont mis en vidence des facteurs de risque et des facteurs de protection des comportements violents sexuels. Les facteurs de risque repr sentent toute caract ristique propre un individu et son milieu, qui contribue l augmentation du potentiel de r cidive d une agression sexuelle. Les facteurs de protection sont des facteurs positifs qui diminuent la probabilit de commettre des d lits.
2.6. Les th ories f ministes
Le f minisme se fonde sur une prise de conscience collective de la position subordonn e que les femmes occupent dans la vaste majorit des soci t s et milite pour changer ces rapports de pouvoir et ces in galit s de genre, et ainsi promouvoir le droit des femmes dans la soci t civile et priv e. Ces in galit s entre hommes et femmes s inscrivent dans des rapports sociaux, culturels, conomiques et politiques. Le f minisme r fute donc les approches th oriques st r otyp es, qui associent la biologie aux r les sociaux traditionnellement d volus aux femmes.
Les mouvements f ministes visent, d une part, abolir le patriarcat et l ensemble des syst mes d oppression et d exploitation qui minent les droits des femmes et, d autre part, promouvoir leur libert d autocontr le, notamment sur leur sexualit . Ces revendications conf rent ainsi aux mouvements f ministes une grande force de mobilisation et de transformation contre toutes les formes de violences dont les femmes sont victimes, en particulier l gard des violences caract re sexuel.
Les diff rentes formes de violences et surtout sexuelles ont t abondamment d nonc es par les mouvements f ministes qui d noncent le syst me patriarcal qui reproduit et sanctionne les diff rentes expressions des violences et des agressions sexuelles exerc es par les hommes envers les femmes. Les violences exerc es l gard des femmes sont ainsi interpr t es comme des manifestations des in galit s de genre qui trouveraient leur source dans les structures patriarcales qui r gnent dans les soci t s.
Le f minisme n est pas un ensemble monolithique, des courants th oriques divers le fa onnent. Ces courants cherchent notamment comprendre pourquoi et comment les femmes occupent une position subordonn e dans la soci t et tentent de d terminer des pistes de solution pour y mettre fin. Toupin (2003) recense trois grands courants de pens e f ministes: le f minisme lib ral galitaire, le f minisme marxiste et socialiste, et le f minisme radical. En somme, les f ministes lib rales galitaires r clament l galit des droits avec les hommes, les marxistes f ministes socialistes soutiennent que l organisation conomique et le capitalisme en particulier expliquent l exploitation des deux sexes, alors que le courant radical d nonce le patriarcat qui est la source du contr le du corps, de la maternit et de la sexualit des femmes. travers ces diff rents courants de pens e f ministes (Mensah, 2005), la recherche f ministe vise, en particulier, l am lioration du statut des femmes dans les soci t s ayant une tradition b tie sur l in galit des sexes.
Le f minisme a aussi connu mondialement trois vagues. Dans la premi re vague (Saint-Jean, 1931; Casgrain, 1971), le droit de vote des femmes est le principal enjeu du f minisme de la premi re moiti du XX e si cle. Il faudra attendre le 18 avril 1940 pour que les Qu b coises obtiennent le droit de vote et l ligibilit aux lections provinciales. Deux grands objectifs ont marqu la deuxi me vague du f minisme (Beauvoir, 1949; Friedan, 1964), savoir la qu te de l galit entre les hommes et les femmes, et la lib ration des femmes. Les principaux enjeux sont le droit l avortement, l ouverture de garderies publiques et en milieu de travail, le droit des cong s de maternit r mun r s, l quit salariale et la mise en place de services sociaux pour les femmes. Cette vague s est aussi sp cialement attaqu e tous les types de harc lements et de violences sexuelles que vivent les femmes travers le monde. La troisi me vague f ministe (Walker, 2001; Dumont, 2005) est associ e plusieurs revendications politiques et activit s artistiques aux tats-Unis, qui ont t lanc es, dans les ann es 1990, par des militantes f ministes issues de groupes minoritaires rac s en particulier. la diff rence des autres vagues, celle-ci milite pour une meilleure visibilit des femmes consid r es comme doublement marginalis es ou stigmatis es, par exemple les femmes des groupes minoritaires rac s, celles issues de la diversit sexuelle et de genre, les femmes autochtones, les travailleuses du sexe et les femmes en situation de handicap.
Cet ouvrage collectif se veut une synth se de travaux de chercheurs qui envisagent l agression sexuelle dans un cadre interdisciplinaire. Le ph nom ne de la violence sexuelle est abord de mani re globale dans ses diff rentes formes: les typologies et les traitements, ses sp cificit s dans les relations intimes et conjugales, son ampleur dans les milieux autochtones, sa croissance dans les campus universitaires, sa couverture journalistique, sa prise en charge dans les Centres d aide et de lutte contre les agressions caract re sexuel (CALACS) au Qu bec, son traitement judiciaire et l intervention polici re.
Cet ouvrage est divis en cinq parties. L introduction aborde les diff rentes approches th oriques de la violence sexuelle. La premi re partie expose la construction sociale de la violence sexuelle. La seconde partie dresse un portrait des profils des agresseurs sexuels et leur prise en charge. La troisi me partie analyse la probl matique des violences sexuelles dans les relations intimes et conjugales. La quatri me partie aborde la question de la violence sexuelle dans les milieux autochtones et les milieux universitaires. La derni re partie traite de l agression sexuelle dans le syst me judiciaire qu b cois. La conclusion recense les diff rentes probl matiques soulev es dans ce collectif et d termine des pistes de r flexion et d intervention. Enfin travers les diff rents questionnements soulev s dans ce collectif, une postface analyse les actions pr ventives offertes notamment aupr s des plus jeunes qui repr sentent la future g n ration.
Il est vident que les m dias jouent un r le dans le fa onnement des normes sociales et peuvent contribuer contrer la violence et les agressions sexuelles. Dans ce contexte, Karine Baril et Pierre Maurice brossent un portrait de la couverture journalistique des agressions sexuelles partir d un chantillon de 269 articles qui ont t diffus s dans 7 grands quotidiens qu b cois francophones. L tude avait pour objectif de d crire la couverture journalistique portant sur l agression sexuelle dans la presse qu b coise, les situations d agression sexuelle et le traitement journalistique. Les auteurs formulent les questions suivantes: est-il plausible de penser que les m dias d information crits puissent pr senter des situations d agression sexuelle plus repr sentatives de la r alit ? Peut-on r ellement demander aux m dias d informer la population sur la probl matique des agressions sexuelles? Peut-on s attendre une ouverture des m dias moins de sensationnalisme ou de dramatisation?
Les auteures du chapitre deux proposent de rappeler ce que les CALACS d finissent comme les agressions caract re sexuel et d exposer la perspective f ministe intersectionnelle qui est mobilis e pour comprendre la violence sexuelle, ses manifestations et ses cons quences. Carole Boulebsol et M lanie Sarroino pr sentent les trois volets d action propres aux CALACS: la lutte politique (une d marche de changement social, politique et l gal afin que cesse la violence faite aux femmes), la formation et la pr vention (contre la banalisation, pour la mobilisation des connaissances) et enfin le soutien direct aupr s des femmes (travail de conscientisation, de rencontre individuelle et de groupe, et d accompagnement).
Les individus qui commettent des agressions sexuelles forment un groupe h t rog ne, il est impossible de les regrouper sous une seule cat gorie puisqu il varie grandement selon le type de crimes ou de victimes (Cortoni et Lafortune, 2009). Le troisi me chapitre est subdivis en trois volets importants. Dans le premier volet, Caroline Dugal, Natacha Godbout, Claude B langer et Monique Tardif ont relev le d fi de r pertorier les diff rentes typologies des agresseurs sexuels qu on peut rep rer dans la litt rature scientifique actuelle. Le deuxi me volet d finit clairement les facteurs de risque associ s aux probabilit s de r cidive chez l agresseur sexuel. Le dernier volet pr sente une description des diff rents traitements cognitivo-comportementaux des d linquants sexuels. Devant l h t rog n it des types d agresseurs, les auteurs concluent qu une approche unique ne peut r pondre l ensemble des besoins sp cifiques la prise en charge.
Myriam Dub et Christine Drouin constatent que tr s peu d tudes se sont attard es la violence sexuelle au sein des relations conjugales. Les auteures s interrogent sur le silence entourant ces violences au c ur de la relation conjugale et mettent plusieurs constats. En plus d tre les moins tudi es dans les recherches, ces violences concernent les femmes prouvant des difficult s reconna tre les manifestations sexuelles de violence en contexte conjugal. L ampleur des formes sexuelles de violence est d ailleurs noy e l int rieur des statistiques sur les violences physiques (Perreault, 2015). Ces violences sont indicibles, insens es, camoufl es, car elles participent de l impensable, voire de l impens , lorsque la pulsion de vie (sexualit ) rencontre la pulsion de mort (violences), et ce, l int rieur d une relation amoureuse, voire conjugale. Ainsi, ce chapitre permet d ouvrir une porte close sur la r alit des violences sexuelles conjugales en proposant une recension actuelle des formes et de cons quences sp cifiques des violences sexuelles au sein des relations conjugales, mais aussi en termes de dangerosit et de pr vention.
La plupart des tudes ayant propos une compr hension du fonctionnement psychorelationnel des hommes qui commettent des agressions sexuelles envers les enfants n ont pas d peint leur fonctionnement conjugal (Iffland et al ., 2016). Consid rant le manque d tudes r centes sur le sujet, Caroline Dugal, Yvan Lussier, Claude B langer et Natacha Godbout pr sentent les r sultats d une recherche men e aupr s de 134 hommes et de leur conjointe ( n = 82 femmes) recrut s dans le Programme d valuation et de traitement des agressions sexuelles (PETAS) des centres jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Qu bec. la lumi re des r sultats obtenus, les auteurs de ce chapitre recommandent d inclure les conjointes dans la prise en charge des agresseurs sexuels.
La violence sexuelle chez les peuples autochtones est un probl me inqui tant, en raison de sa pr valence troublante et des r percussions qu elle engendre, sur les plans tant psychologique que social. Depuis quelques ann es, plusieurs communaut s se sont prises en main et d noncent cette probl matique. Dans ce contexte, le pr sent chapitre pr sent par Jacinthe Dion, Delphine Collin-V zina et Francine Lavoie vise analyser les pr judices de la violence sexuelle retrouv s chez les peuples autochtones, la lumi re des nombreux traumatismes historiques et interg n rationnels dont les effets sont encore pr sents, faute de mesures r paratrices mises en place. En particulier, il sera question de l impact de l exp rience des pensionnats autochtones, qui ont expos cinq g n rations d Autochtones des exp riences de traumas interpersonnels, mais galement des r sultats de la Commission de v rit et r conciliation du Canada. Les auteures concluent en abordant les facteurs de r silience et de gu rison permettant aux peuples autochtones de se maintenir devant l adversit .
Plusieurs v nements impliquant des situations de violences sexuelles en milieu universitaire ont marqu l actualit am ricaine et canadienne au cours des derni res ann es. Or, aucune donn e r cente n tait disponible quant l ampleur du probl me au Qu bec. Ce chapitre propos par Manon Bergeron et ses collaboratrices pr sente les principaux r sultats de l Enqu te Sexualit , S curit et Interactions en Milieu Universitaire (ESSIMU): ce qu en disent tudiants, enseignants et employ s. Cette enqu te a permis d tablir un portrait des violences sexuelles qui sont exerc es en milieu universitaire au Qu bec. Au total, 9284 tudiants, enseignants et employ s de 6 universit s francophones ont rempli un questionnaire en ligne au printemps 2016. Ce chapitre expose les principaux constats de l enqu te ESSIMU, dont l ampleur de la probl matique des violences sexuelles en milieu universitaire (VSMU) en portant une attention particuli re aux groupes plus vuln rables, les contextes dans lesquels ces situations surviennent, les enjeux li s au d voilement et la d nonciation, les cons quences associ es aux VSMU et l adh sion certaines croyances encore v hicul es concernant les violences sexuelles. Ces r sultats orientent la r flexion quant la mise en place d actions multiniveaux dans les tablissements universitaires, s articulant autour de la sensibilisation, de la pr vention et du soutien aux victimes.
Dans plusieurs pays, le traitement judiciaire des crimes caract re sexuel a beaucoup volu . L opinion publique, les mouvements f ministes, le climat social, les m dias ont jou un r le consid rable dans les modifications apport es la l gislation. Dans le chapitre huit, C line Lacerte-Lamontagne dresse un portrait du traitement judiciaire des crimes sexuels au Qu bec et de son volution. L auteure souligne les changements importants en mati re de certaines infractions d ordre sexuel, de peines, de r gles de preuve et de proc dures.
Dans le chapitre neuf, Jonathan Lafontaine et Mireille Cyr dressent un portrait des connaissances actuelles quant aux entrevues d enqu te aupr s des enfants soup onn s d tre victimes d agression sexuelle. Les auteurs pr sentent le protocole d entrevue structur du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD), qui vise aider les policiers conduire des entrevues d enqu te aupr s des enfants, et notent qu il reste encore beaucoup de travail r aliser afin d optimiser le transfert de ces connaissances sur le terrain et d obtenir des taux de d voilement plus lev s.
Le dernier chapitre, pr sent par Fran ois Gingras de l cole nationale de police du Qu bec (ENPQ), traite de la formation des policiers au Qu bec et du cheminement requis pour tre affect la fonction d enqu teur pour les crimes caract re sexuel, abus physiques et d c s de jeunes enfants. Pour enqu ter sur les v nements impliquant des crimes caract re sexuel, plusieurs formations ont t d velopp es. Ces formations, qui tiennent compte des l ments contenus dans les orientations gouvernementales (Gouvernement du Qu bec, 2008), visent le d veloppement des habilet s conduire de telles enqu tes. Seuls les policiers qui r ussissent la formation initiale en enqu te et poss dant de l exp rience dans les enqu tes peuvent se sp cialiser dans les enqu tes de d lits sexuels.
Nous esp rons que cet ouvrage saura int resser les chercheurs, formateurs, tudiants, intervenants et citoyens et les ouvrir une vision multidisciplinaire des violences sexuelles. Le message transmis par les auteurs de ce livre est un message de sensibilisation l adresse des d cideurs et de la soci t en g n ral concernant ce type de violence qui peut laisser des traces jamais ancr es dans la vie d un tre humain. Il se veut aussi un message de solidarit l endroit des victimes, hommes et femmes, qui contribuent, de par leur participation aux travaux de recherche, faire une diff rence.
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1 . Le Code criminel du Canada (1985) pr voit trois degr s de gravit : l agression sexuelle qui ne cause pas de blessures corporelles la victime (niveau 1); l agression sexuelle arm e, menaces une tierce personne ou infliction de l sions corporelles (niveau 2); et l agression sexuelle qui blesse, mutile ou d figure la victime ou met sa vie en danger (niveau 3).
2 . La pl thysmographie p nienne consiste mesurer les r ponses p niennes du client lors de la pr sentation de stimuli sexuels d viants (stimuli qui impliquent des enfants, des adolescents ou des adultes contraints avoir des relations sexuelles) et non d viants (stimuli qui d crivent une relation sexuelle entre deux adultes consentants) (Leclerc et Proulx, 2006).
LA CONSTRUCTION SOCIALE DE LA VIOLENCE SEXUELLE
LA COUVERTURE JOURNALISTIQUE DES AGRESSIONS SEXUELLES DANS LA PRESSE CRITE AU QU BEC PORTRAIT ET ENJEUX CONCERNANT LA PR VENTION
Karine Baril et Pierre Maurice
1. U NE INTRODUCTION
L agression sexuelle est un probl me de sant publique important de par son ampleur et ses cons quences sur les victimes et la soci t . Au Qu bec, c est entre 12 et 16 de la population qui d nonce avoir v cu au moins une agression sexuelle avant l ge de 18 ans (Flor s, Joubert et Laforest, 2016). Les services de police qu b cois ont, par ailleurs, enregistr en 2013 pr s de 1800 infractions sexuelles envers des adultes seulement (Minist re de la S curit publique du Qu bec [MSP], 2015). Les cons quences qui peuvent faire suite une agression sexuelle sont multiples chez les personnes qui en sont victimes et leur famille, et peuvent avoir des effets n fastes sur la sant , l ducation, l emploi, la criminalit et la condition conomique. Ainsi, les cons quences de l agression sexuelle ont galement des r percussions sur la communaut , de m me que sur l ensemble de la soci t (Baril et Laforest, 2018; OMS et LSHTM, 2010).
Diff rents facteurs individuels, relationnels, communautaires et soci taux sont associ s un plus grand risque qu une agression sexuelle soit commise ou v cue (Baril et Laforest, 2018). Plus sp cifiquement, un niveau soci tal, les normes sociales soutenant l agression sexuelle jouent un r le important dans l occurrence de ce ph nom ne et sur la r ponse de la soci t face l agression sexuelle (Jewkes, Sen et Garcia-Moreno, 2002; OMS et LSHTM, 2010). Or, il est reconnu que les m dias d information sont une des voies d influence des normes sociales et peuvent donc contribuer la pr vention des agressions sexuelles un niveau soci tal (Dahlberg et Krug, 2002; Linkenbach et al ., 2002; Schewe, 2007). Dans ce contexte, il est pertinent d analyser la situation actuelle concernant la couverture journalistique des agressions sexuelles qui est propre au Qu bec. Cette tude a pour but de d crire la couverture journalistique des agressions sexuelles dans la presse crite qu b coise.
1.1. L agression sexuelle dans une perspective de sant publique
Dans une perspective de sant publique, l agression sexuelle et ses cons quences se pr viennent en intervenant sur les facteurs qui y contribuent. L agression sexuelle est un probl me qui ne r sulte pas uniquement de comportements individuels; il est galement le r sultat des normes et des valeurs d une soci t face aux comportements sexuels (Baril et Laforest, 2018; Bergeron et H bert, 2011). Selon le mod le de sant publique, diff rents facteurs soci taux ont t associ s un plus grand risque d agression sexuelle, dont notamment les in galit s de genre, un syst me de croyances culturelles soutenant l agression sexuelle, une tol rance et de faibles sanctions l gales de l agression sexuelle dans une soci t , ainsi que la pr sence de normes sociales soutenant l agression sexuelle (Centers for Disease Control and Prevention [CDC], 2004; OMS et LSHTM, 2010).
1.2. Les normes sociales et la pr vention des agressions sexuelles
Les normes sociales et culturelles renvoient aux r gles et comportements attendus au sein d un groupe social. l instar de Renaud et al . (2007), nous concevons que les normes sociales se pr sentent comme un code moral collectif, une sorte de compr hension populaire qui va influencer l acceptation ou la d sapprobation sociale concernant un ph nom ne, comme les agressions sexuelles. Ainsi, les normes sociales vont non seulement influencer la perception de la soci t concernant un ph nom ne, mais aussi la mani re dont elle y r pond (OMS et LSHTM, 2010). Plus sp cifiquement, les normes sociales soutenant l agression sexuelle, mais aussi l adh sion d une soci t des mythes et pr jug s sur l agression sexuelle, sont des conditions soci tales qui sont favorables aux agressions sexuelles, d o l importance d intervenir dans l objectif de transformer les normes sociales (OMS et LSHTM, 2010). D ailleurs, il existe un consensus parmi les experts selon lequel il faille agir sur les normes sociales pour pr venir la violence et les agressions sexuelles (CDC, 2004; Dahlberg et Krug, 2002; Schewe, 2007). Selon l Organisation mondiale de la sant (OMS et LSHTM, 2010), les initiatives fond es sur la transformation des normes sociales qui cautionnent la violence sexuelle sont un l ment fondamental de la pr vention de cette forme de violence.
1.3. Les m dias comme voie d influence des normes sociales concernant les agressions sexuelles
Les m dias sont la source principale d information sur la criminalit et les agressions sexuelles pour la majorit de la population (Dowler, Fleming et Muzzatti, 2006). Consid r s comme jouant un r le important dans le fa onnement des normes sociales, les m dias, de par leur couverture des crimes, dont les agressions sexuelles, influenceraient les connaissances, les croyances, les attitudes et les comportements de la population face ces ph nom nes (Bryant et Zillmann, 1994; Everland, 2002; OMS et LSHTM, 2010; Thakker et Durrant, 2006). Plus largement, l ensemble de l information transmise dans l espace public relativement aux agressions sexuelles constitue une des voies d influence importante de la norme sociale, que ce soit par le traitement journalistique d un fait divers, par la diffusion d un article ou d un reportage de fond, par de l information ou une opinion diffus e dans les m dias sociaux, par la publication d ditoriaux ou par toute intervention m diatique. Ainsi, puisque l information diffus e dans les m dias concernant les agressions sexuelles influence la norme sociale et, ultimement, la mani re dont la soci t per oit le probl me et y r pond, on peut pr tendre que les m dias jouent un r le face la pr vention des agressions sexuelles.
Il est difficile de brosser un portrait de la couverture journalistique des agressions sexuelles partir de recherches existantes. M me s il s agit d un champ d tudes qui s est largement d velopp dans les 30 derni res ann es dans les pays anglo-saxons, peu de recherches ont t men es sur le sujet et les r sultats qui en ressortent divergent selon le lieu et la p riode o les tudes ont t men es (Dowler et al ., 2006). De mani re g n rale, les auteurs s entendent pour dire que la couverture journalistique des agressions sexuelles dans la presse crite est peu caract ris e par un cadrage th matique (articles de fond et reportages), comparativement un cadrage pisodique (faits divers) (Abbiati, 2010; Dorfman et al ., 2011; McManus et Dorfman, 2002), qu elle pr sente des agressions sexuelles qui constituent un faible chantillon biais de toutes les agressions sexuelles commises (Carlyle, Slater et Chakroff, 2008; Chermak et Chapman, 2007; Dowler, 2003; Pollak et Kubrin, 2007), qu elle v hicule des mythes sur les agressions sexuelles (Franiuk et al ., 2008; Sampert, 2010) et que les journalistes ont peu recours des sources officielles ou des experts sur le sujet (Cheit, Shavit et Reiss-Davis, 2010; Dorfman et al ., 2011).
Ce portrait n est pas sans cons quence sur la perception de la population concernant les agressions sexuelles, ainsi que sur les interpr tations qui en r sultent. Il est difficile de mesurer les effets sur la population et la soci t d un traitement journalistique des agressions sexuelles, mais les tudes actuelles laissent croire que la fa on dont est trait e l information sur la violence et les agressions sexuelles pourrait avoir des effets n gatifs, m me si d autres tudes sont n cessaires pour confirmer ces liens. Ces cons quences sont les suivantes:
Favoriser une peur du crime et une perception exag r es des risques de violence et d agression sexuelle (p. ex. peur que son enfant soit victime d une agression sexuelle par un tranger, puisque ces situations sont surrepr sent es dans les m dias, alors que la grande majorit des agressions sexuelles envers les enfants sont commises par des personnes connues de l enfant) (Chiricos, Padgett et Gertz, 2000; Dowler, 2003);
V hiculer dans la soci t des mythes et st r otypes non fond s qui eux, peuvent avoir une influence notamment sur la perp tration des agressions sexuelles, sur la r action et les s quelles des victimes d agression sexuelle, et sur la r action des proches de victimes (p. ex. le fait de mettre en doute les all gations d agression sexuelle de victimes dans les m dias peut favoriser le silence de plusieurs victimes qui auraient peur de ne pas tre crues et pourrait amener l entourage d une victime douter de ses all gations, alors que les fausses all gations d agression sexuelle sont rares) (Lonswey et Fitzgerald, 1994);
Justifier des lois et des politiques en mati re de criminalit qui sont bas es sur une attribution erron e des causes du crime (p. ex. lois et politiques concernant les agressions sexuelles, qui seraient justifi es par une forte individualisation du probl me dans les m dias, alors que l agression sexuelle tire aussi ses causes des sph res institutionnelles et soci tales) (Coleman et Thorson, 2002; Iyengar, 1991);
Une diminution de la d nonciation des agressions sexuelles par les victimes par la crainte que l histoire personnelle soit divulgu e en d tail ou de faire l objet de critiques et de bl me (Anastasio et Costa, 2004).
La couverture journalistique des agressions sexuelles peut toutefois avoir des r percussions positives, notamment en favorisant la d nonciation des victimes, montrant l importance du r le que peuvent jouer les m dias. cet effet, une tude a montr que l augmentation de la couverture journalistique des agressions sexuelles au Qu bec sur une p riode de 30 ans tait accompagn e d une augmentation de la d nonciation la police des agressions sexuelles simples et d une diminution du nombre de cas d agressions sexuelles graves d nonc es aux autorit s (Boudreau et Ouimet, 2010) 1 . Les auteurs ont associ ces changements l augmentation graduelle de la moyenne des articles portant sur l agression sexuelle diffus s annuellement, mais aussi la couverture journalistique qui, au fil des ann es, a volu de sc narios st r otyp s d agression sexuelle commise pas un tranger vers une plus grande diversit de cas et plus repr sentative de la r alit .
C est dans ce contexte que l Institut national de sant publique du Qu bec (INSPQ) a t mandat par le Secr tariat la condition f minine du gouvernement du Qu bec pour mener une tude visant d crire objectivement la couverture journalistique qu b coise actuelle des agressions sexuelles afin de mieux cerner les besoins des journalistes et porte-parole en mati re de traitement m diatique des agressions sexuelles. Nous avons donc, dans le cadre de cette recherche, analys la couverture des agressions sexuelles dans quelques quotidiens qu b cois.
2. U NE TUDE SUR LA COUVERTURE JOURNALISTIQUE DES AGRESSIONS SEXUELLES DANS LA PRESSE CRITE AU Q U BEC EN 2010-2011
2.1. Le but et les objectifs
Le but de la pr sente tude est de d crire la couverture journalistique portant sur l agression sexuelle dans la presse crite francophone qu b coise en 2010-2011. L tude avait pour objectifs sp cifiques de:
d crire la couverture journalistique portant sur l agression sexuelle dans les grands quotidiens qu b cois;
d crire les situations d agression sexuelle qui font l objet d une couverture journalistique dans les grands quotidiens qu b cois;
d crire le traitement journalistique portant sur l agression sexuelle dans les grands quotidiens qu b cois.
2.2. Le corpus d analyse
2.2.1. L chantillonnage
L tude a t effectu e partir d un chantillon de 269 articles qui ont t diffus s dans 7 grands quotidiens 2 qu b cois francophones entre le 1 er mai 2010 et le 30 avril 2011 inclusivement. Ces articles ont t recens s partir d un chantillonnage al atoire du tiers de tous les articles portant sur l agression sexuelle dans les quotidiens s lectionn s durant la p riode retenue. La s lection al atoire s est faite apr s avoir class , au pr alable, les documents par quotidien, puis en ordre chronologique, de fa on assurer une plus grande repr sentativit des diff rents m dias et p riodes chronologiques dans les documents retenus. La recherche des articles s est effectu e dans sept grands quotidiens francophones distribu s au Qu bec, s lectionn s parmi les journaux ayant une plus grande part de march du lectorat des grands quotidiens qu b cois francophones en 2009, et de mani re ce que diff rentes r gions du Qu bec soient repr sent es ( tableau 1.1 ).
T ABLEAU 1.1. Grands quotidiens qu b cois de l tude et leur repr sentation dans la couverture analys e

Pour d terminer les articles de l chantillon, la revue de presse a d abord t effectu e partir de la banque de donn es Eureka, qui recense cinq des sept quotidiens indiqu s ( La Presse, Le Quotidien, M tro, Le Droit, Le Soleil ). La recherche a t effectu e partir des mots-cl s suivants: agression sexuelle, abus sexuel, viol, agression caract re sexuel, infraction sexuelle, violence sexuelle et crime sexuel . Ces mots-cl s pouvaient tre retrouv s dans le titre ou dans le corps de l article. Cette d marche a permis de rep rer 818 articles. De ce nombre nous avons exclu les articles non pertinents ou ceux ne comprenant que des mentions ( n = 286), soit ceux pour lesquels le th me central de l article ne portait pas sur l agression sexuelle ou une situation d agression sexuelle commise ou suspect e (p. ex. critiques cin matographiques ou litt raires). Apr s la s lection al atoire des documents, 177 articles ont t inclus dans l chantillon total. Le Journal de Qu bec et Le Journal de Montr al ne pouvant tre obtenus par la base de donn es Eureka, les articles de ces deux quotidiens ont t s lectionn s selon la m me proc dure que celle d crite pr c demment par le biais d une firme priv e qui d tient les droits d acc s pour ces m dias. la suite de l exclusion des documents non pertinents et de la s lection al atoire, 92 articles suppl mentaires ont t ajout s l chantillon.
2.2.2. Les unit s d information
Le corpus a t analys selon la m thode d analyse de contenu Morin-Chartier (Leray, 2008) pour laquelle l unit de contenu qui sert de mesure est l unit d information. Une telle unit de mesure sert d couper le contenu des articles en id es ou sujets. L unit d information est une id e ou un th me retrac dans un document et elle prend fin lorsque l une des informations qui la caract risent volue, par exemple, si l auteur change de sujet ou s il cite un intervenant. Un total de 1618 unit s d information a ainsi t rep r et analys , chaque document analys en contenant en moyenne 6. L analyse par unit s d information, plut t que par articles, permet de refl ter l ensemble de la couverture journalistique des agressions sexuelles. Les r sultats doivent donc toujours tre interpr t s avec comme d nominateur le nombre d unit s d information total et non le nombre d articles recens s.
2.3. Les analyses
2.3.1. Les cat gories d analyse
Dans cette tude, le corpus a t analys quantitativement partir d une grille d analyse laquelle chaque unit d information a t soumise. L identification des cat gories tudier et leur op rationnalisation ont t r alis es la suite de l examen des travaux scientifiques concernant la couverture journalistique de la criminalit et de la consultation d un groupe d experts dans les domaines des communications et de l agression sexuelle. Le tableau 1.2 pr sente notamment les cat gories d analyse et leurs codifications possibles utilis es pour r pondre aux trois questions de recherche. Les cat gories retenues devaient permettre de d crire la couverture journalistique des agressions sexuelles dans les quotidiens, de d crire les agressions sexuelles qui taient repr sent es et de d crire le traitement ou les pratiques journalistiques concernant les agressions sexuelles. Cette grille s est bonifi e progressivement de mani re int grer toute nouvelle codification qui se pr sentait lors de l analyse.
2.3.2. L analyse des donn es
Le d coupage et la codification des unit s d information ont t effectu s par trois analystes exp riment s en analyse de presse. Un pr test a t effectu sur 20 articles afin de v rifier l applicabilit des cat gories et leurs codifications, en plus de permettre l ajout de nouvelles codifications. Des accords interjuges ont t effectu s sur 20 des unit s d information codifi es.
Les analyses ont t collig es avec le logiciel d analyse de contenu Compilation logique de l information et de la partialit (CLIP), d velopp par le laboratoire d analyse de presse Caisse Chartier de l Universit du Qu bec Montr al. Le logiciel effectue la compilation des unit s d information codifi es par les analystes et permet diff rentes options de croisement et d analyse. Des analyses descriptives (calcul de fr quences) ont t r alis es pour r pondre aux questions de recherche. L ensemble des fr quences obtenues aux diff rentes codifications des cat gories sont illustr es au tableau 1.2 . Compte tenu de la nature de l chantillon analys , il n a pas t possible de calculer des intervalles de confiance sur les fr quences obtenues. Les r sultats doivent donc tre interpr t s en cons quence.
3. L ES R SULTATS
3.1. La description de la couverture journalistique portant sur l agression sexuelle
En 2010-2011, dans la presse crite qu b coise, la couverture journalistique portant sur les agressions sexuelles a t repr sent e dans les divers grands quotidiens qu b cois, mais dans des proportions variables d un m dia l autre, aux niveaux local, national ou international ( tableau 1.2 ). Dans le corpus analys , les deux quotidiens de la r gion de Qu bec ( Le Journal de Qu bec et Le Soleil ) pr sentaient 50 de la couverture journalistique portant sur les agressions sexuelles, comparativement moins de 30 pour les trois quotidiens francophones de la grande r gion de Montr al (Le Journal de Montr al, La Presse et M tro ). Aucun v nement local li une situation d agression sexuelle dans la r gion de Qu bec, et qui aurait pu expliquer cette diff rence de couverture, n a t identifi durant la p riode analys e.
T ABLEAU 1.2. Fr quence des codifications des cat gories d analyse





L analyse des donn es montre aussi que la tr s grande majorit (97,2 ) de la couverture journalistique des agressions sexuelles analys e porte sur des nouvelles ou des faits divers, que ceux-ci se soient d roul s au pays ou l tranger ( figure 1.1 ). Les nouvelles et faits divers sur l agression sexuelle renvoyaient des situations d agression sexuelle commise ou pr sum e et habituellement d nonc e en tant qu affaire judiciaire, ou encore renvoyaient toute autre nouvelle concernant plus largement la probl matique des agressions sexuelles. Il est noter que pr s de 40 de la couverture journalistique qu b coise analys e portait sur des nouvelles ou des situations d agression sexuelle ayant eu lieu l ext rieur du Canada. Seulement 1,5 des articles taient des enqu tes et des reportages. Dans le m me sens, la majorit (61,1 ) des documents analys s taient consid r s comme tr s courts (0 250 mots) ou courts (251 500 mots), alors que seulement 8 des documents du corpus d analyse taient identifi s comme longs (751 1 000 mots) ou tr s longs (1 000 mots et plus).
F IGURE 1.1. Proportion ( ) de la couverture sur les agressions sexuelles selon le type de documents

La figure 1.2 montre que dans la couverture journalistique analys e sur les agressions sexuelles dans la presse crite qu b coise en 2010-2011, les proc dures judiciaires, soit toute proc dure r alis e partir du moment o des accusations criminelles sont port es l endroit d une ou de plusieurs personnes pour une situation d agression sexuelle, taient le sujet le plus repr sent avec 50 des unit s d information analys es. Le sujet tait surtout abord en lien avec des jugements rendus par la cour dans le cadre d un proc s (10,1 sur 50,3 ), des proc dures judiciaires non sp cifi es en lien avec le d roulement du processus judiciaire (8,3 sur 50,3 ) et des accusations criminelles (7,8 sur 50,3 ). Le Journal de Qu bec et Le Soleil taient les deux quotidiens pour lesquels les proc dures judiciaires taient surrepr sent es dans leur couverture journalistique (respectivement 35,4 et 30 de la couverture sur les proc dures judiciaires provenaient de ces journaux, alors que leur couverture occupait respectivement 27,5 et 22,5 du corpus analys ).
Les sujets renvoyant de l information sur les agressions sexuelles (c.- -d. position/opinion de professionnels, r glementations et lois, et r sultats de recherche sur les agressions sexuelles) repr sentaient une minorit des sujets repr sent s, soit 10,9 de la couverture analys e. Ces sujets taient surrepr sent s dans la couverture des quotidiens Le Quotidien (21,1 de la couverture totale de ces sujets par rapport 16 de la couverture totale), Le Droit (11 par rapport 6,2 ), M tro (5,5 par rapport 2,9 ) et La Presse (11,9 par rapport 10,1 ).
F IGURE 1.2. Proportion ( ) de la couverture sur les agressions sexuelles selon les sujets repr sent s

3.2. La description des situations d agression sexuelle
3.2.1. La nature des agressions sexuelles repr sent es dans la presse crite
Entre mai 2010 et avril 2011, la couverture journalistique portant sur les agressions sexuelles dans la presse crite qu b coise semble avoir pr sent en majorit des situations d agression sexuelle 3 s v re, soit celles incluant une forme de p n tration et celles impliquant de la violence physique, c est- -dire une agression sexuelle commise avec contrainte physique, l utilisation d une arme ou ayant entra n des blessures ou la mort ( tableau 1.2 ). Dans la couverture analys e, alors que 56,9 des agressions sexuelles repr sent es taient s v res, les attouchements repr sentaient moins de 13 des agressions sexuelles repr sent es et aucune situation d agression sexuelle sans contact physique n avait t repr sent e. Il est noter que, dans plus du quart des situations d agression sexuelle trait es dans la couverture journalistique, la nature des agressions sexuelles tait inconnue.
Nous avons compar la repr sentation de certaines formes d agression sexuelle dans la presse crite analys e celle dans les donn es officielles des services de police, afin de voir dans quelle mesure les agressions sexuelles repr sent es dans la couverture journalistique concordent ou non avec la repr sentation des agressions sexuelles d nonc es aux autorit s ( figure 1.3 ). Ainsi, selon les donn es polici res du DUC 2 4 de 2011, 1,7 des agressions sexuelles port es l attention des services de police au Qu bec et dont ceux-ci ont jug le bien-fond concernaient des situations d agression sexuelle arm e ou grave (MSP, 2012), alors que cette proportion correspondait 36,4 des situations d agression sexuelle repr sent es dans la couverture de presse analys e en 2010-2011, et ce, en excluant les agressions sexuelles pour lesquelles la nature tait inconnue. Ces donn es laissent donc croire une surrepr sentation des situations d agression sexuelle s v res dans la presse crite. Cette comparaison doit toutefois tre interpr t e avec prudence, notamment car les cat gories de comparaison des agressions sexuelles ne sont pas tout fait identiques entre celles utilis es dans l tude et celles utilis es dans les statistiques officielles, et parce que contrairement aux donn es officielles, les donn es de l tude incluent une proportion non n gligeable de situations s tant d roul es l tranger et qu une m me situation d agression sexuelle a pu tre repr sent e plus d une fois dans le corpus analys .
F IGURE 1.3. Nature des agressions sexuelles repr sent es dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res

3.2.2. Les caract ristiques des victimes d agression sexuelle repr sent es
En ce qui concerne l ge et le sexe des victimes 5 d agression sexuelle repr sent es dans la presse crite, en excluant les cas pour lesquels l information tait inconnue, la majorit (84 ) des victimes tait de sexe f minin ( figure 1.4 ). Ainsi, pr s de la moiti des victimes repr sent es taient des femmes de 18 ans et plus, et 37 taient des filles mineures. Au total, 51 des victimes repr sent es taient des mineurs. titre comparatif, les femmes adultes repr sentaient plut t 33 des victimes d agression sexuelle dans les donn es polici res en 2011 et les filles mineures 50 , ce qui indique une sous-repr sentation des filles mineures et une surrepr sentation des femmes adultes parmi les victimes repr sent es dans la couverture analys e (MSP, 2012). La repr sentation des victimes masculines dans le corpus analys appara t concorder avec les donn es polici res, avec respectivement 14 de victimes chez les gar ons et 2 chez les hommes dans la couverture analys e.
F IGURE 1.4. ge et sexe des victimes d agression sexuelle repr sent es dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res

3.2.3. Le lien entre victime et agresseur dans les agressions sexuelles repr sent es
Les agressions sexuelles les plus repr sent es dans la couverture journalistique analys e taient celles dont l agresseur 6 tait une personne repr sentant un symbole d autorit (p. ex. enseignant, gardien, entra neur), soit dans 29 des situations ( tableau 1.2 ). Les agressions sexuelles les moins repr sent es dans le corpus d analyse taient celles dont l auteur tait un membre de la famille (imm diate ou largie) ou un conjoint, soit respectivement 6,6 et 1,6 des agressions sexuelles repr sent es dans la couverture journalistique. La figure 1.5 permet une comparaison entre la proportion des agressions sexuelles repr sent es dans la couverture de presse analys e, en excluant les victimes pour lesquelles le lien avec leur agresseur tait inconnu (23,1 ), et les agressions sexuelles enregistr es par les corps de police qu b cois en 2011 concernant le lien entre la ou les victimes et l agresseur. Les donn es montrent que les agressions sexuelles dont l auteur est un membre de la famille imm diate ou largie ou encore un conjoint, sont celles qui seraient les plus sous-repr sent es dans la couverture journalistique analys e comparativement aux agressions sexuelles d nonc es la police en 2011, alors que celles dont l agresseur est un symbole d autorit y seraient plut t surrepr sent es.
F IGURE 1.5. Lien entre victime et agresseur dans la couverture sur les agressions sexuelles ( ) - comparaison donn es polici res

De plus, certains statuts particuliers caract risaient les auteurs d agression sexuelle repr sent s dans la presse crite qu b coise analys e, dont 20,9 pr sentaient un statut social particulier (p. ex. enseignant, policier, journaliste), 16,2 taient consid r s comme une c l brit et 7,4 taient pr sent s comme des r cidivistes ( tableau 1.2 ). En ce qui concerne les victimes repr sent es dans la couverture analys e, c est 3,2 qui taient identifi es comme une c l brit , 3,1 pr sentaient des attributs particuliers (p. ex. handicap, religion) et 2,5 pr sentaient un statut social particulier.
3.3. La description du traitement journalistique dans la couverture journalistique des agressions sexuelles
3.3.1. Les sources utilis es
Afin de d terminer la provenance des sources utilis es dans le corpus analys , chaque fois qu une information ou des propos rapport s ne provenaient pas du journaliste, la source tait identifi e. Dans la couverture journalistique des agressions sexuelles en 2010-2011, lorsqu une source tait identifi e, les sources judiciaires pr dominaient et repr sentaient 36 du corpus analys (avocats, juges et policiers), les plus rapport es tant les avocats des deux parties (20,7 ) ( figure 1.6 ). Les agresseurs et les victimes constituaient une partie importante des sources utilis es dans la couverture analys e, mais ils l taient presque exclusivement dans le contexte d un t moignage rapport lors du processus judiciaire et non en tant que source sollicit e par le journaliste directement. Les experts ne constituaient que 11,5 de toutes les sources rapport es dans la couverture journalistique de la presse crite analys e.
F IGURE 1.6. Sources repr sent es* dans la couverture journalistique des agressions sexuelles ( )

3.3.2. Le recours aux traitements journalistiques d favorables
Certaines pratiques journalistiques identifi es comme moins favorables dans le traitement journalistique des agressions sexuelles sur la base de recommandations des travaux disponibles ( tableau 1.3 ) ont t rep r es dans le corpus d analyse, mais dans des proportions relativement faibles. En effet, dans plus de 85 de la couverture journalistique des agressions sexuelles dans la presse crite que nous avons analys e, aucune pratique journalistique jug e d favorable n a t identifi e ( tableau 1.2 ). Le recours une terminologie ou un langage cr ant un effet de dramatisation ou de sensationnalisme, que ce soit pour d crire l auteur de l agression sexuelle (3,5 ou 24 de toutes les pratiques d favorables) ou l agression sexuelle d nonc e (2,3 ou 15,8 de toutes les pratiques d favorables), tait la pratique d favorable qui a t le plus souvent identifi e ( tableau 1.2 ). Ces termes pouvaient par exemple tre le fait de parler d un "pr dateur , d un "bourreau ou d un "tortionnaire pour r f rer la personne responsable d une agression sexuelle. Pour d crire l agression sexuelle, des termes comme un crime r pugnant ou un mis rable crime ont pu tre, par exemple, utilis s, ou encore titrer un article par enfants, bi re, cigarettes et sexe pour parler d agressions sexuelles commises envers des mineurs, ce qui sort du ton factuel et descriptif. Le langage r f rant des repr sentations pour d crire l agresseur tait davantage utilis dans les situations d agression sexuelle avec violence physique et celles qui impliquaient plus d une victime. Pour les unit s d information dans lesquelles un langage r f rant des repr sentations ou utilis dans le but de cr er un effet de dramatisation ou de sensationnalisme concernant l agression sexuelle a t identifi , elles d crivaient davantage des agressions s v res (incluant p n tration, avec violence physique, ou meurtre sexuel).
T ABLEAU 1.3. Pratiques journalistiques favorables et d favorables concernant le traitement des agressions sexuelles



Enfin, les r sultats montrent que les diff rents m dias n ont pas recours galement aux pratiques journalistiques jug es d favorables dans leur couverture des agressions sexuelles. La proportion de la couverture analys e pour chaque grand quotidien qui avait recours des pratiques journalistiques d favorables variait entre 0 ( Le Droit ) et 21,8 ( Le Journal de Qu bec ) de la couverture, avec une moyenne de 11,8 de la couverture comportant des pratiques d favorables pour l ensemble des quotidiens.
3.3.3. Le recours aux pratiques journalistiques favorables
La majorit de la couverture journalistique des agressions sexuelles dans la presse crite qu b coise analys e ne comportait pas de pratiques journalistiques consid r es comme attendues ou favorables dans les situations d agression sexuelle, soit 85 de toutes les unit s d information ( tableau 1.2 ). Les pratiques journalistiques favorables en mati re d agression sexuelle rep r es dans le corpus renvoyaient surtout au fait de rapporter de l information concernant les cons quences n gatives, autant celles pour l agresseur (5,2 ou 34,6 de toutes les pratiques favorables), que celles pour la victime (3,5 ou 23,3 de toutes les pratiques favorables). Ces informations renvoyaient principalement au fait de rapporter la peine prononc e l endroit d un agresseur reconnu coupable ou son inscription au registre des d linquants sexuels (jugements rendus), ou encore aux s quelles physiques et psychologiques rapport es par la victime dans le cadre du proc s. Le contenu informatif sur les agressions sexuelles et la diffusion de ressources d aide repr sentaient des proportions faibles du contenu analys , soit respectivement 2,5 (ou 16,6 de toutes les pratiques favorables) et 1,4 plus 0,4 (ou 12 de toutes les pratiques favorables) de l ensemble de la couverture.
D ISCUSSION ET CONCLUSION
Les grands constats d coulant de la pr sente tude sont que la grande majorit de la couverture journalistique analys e sur les agressions sexuelles porte sur les aspects judiciaires (enqu te, proc dures, accusations, etc.) sous forme de nouvelles et faits divers. Dans un m me ordre d id es, le contenu informatif concernant les agressions sexuelles constitue une infime partie de la couverture journalistique analys e, et les reportages et articles de fond sont l exception. Concernant la repr sentation des agressions sexuelles, certaines apparaissent surrepr sent es dans la couverture analys e, c est le cas notamment des agressions sexuelles s v res et de celles commises par une personne en position d autorit . Certaines agressions sexuelles semblent plut t sous-repr sent es dans la presse crite qu b coise analys e, soit celles commises sur des filles mineures et celles commises par un membre de la famille ou un conjoint. Concernant la mani re dont l information est transmise, il s av re que les experts sont peu repr sent s dans les sources auxquelles font r f rence les m dias. Une relativement faible proportion de la couverture journalistique sur les agressions sexuelles a recours un traitement journalistique d favorable, mais il appara t que les pratiques associ es la dramatisation et au sensationnalisme sont plus susceptibles d tre utilis es, favorisant le risque de perp tuer des pr jug s en mati re d agression sexuelle. Enfin, une tr s faible proportion de la couverture journalistique diffuse de l information sur les agressions sexuelles et les ressources pour la population, ce qui est pourtant reconnu comme favorisant une meilleure compr hension du ph nom ne par la population et encourageant la recherche d aide.
Il existe un consensus parmi les experts qu il faille agir sur les normes sociales pour pr venir la violence et les agressions sexuelles, et que les m dias jouent un r le dans le fa onnement des normes sociales. Les constats d coulant des r sultats de la pr sente tude, malgr les limites qui restreignent leur port e, donnent penser des attentes, voire des recommandations dans la couverture journalistique des agressions sexuelles. Entre autres, nous estimons que le fait de diffuser dans l espace public de l information sur les agressions sexuelles (ampleur, statistiques, facteurs de risque, pr vention, etc.) et les ressources disponibles, de pr senter une information journalistique objective et libre de dramatisation, ainsi que de permettre une repr sentation non tendancieuse des agressions sexuelles commises et d avoir recours des sources fiables, cr dibles et vari es en mati re d agression sexuelle, constitue la base de lignes directrices.
Ces attentes ou recommandations soul vent toutefois des enjeux et des questionnements que l on ne peut ignorer. Consid rant le mandat et les imp ratifs auxquels font face les professionnels des m dias, on peut se questionner sur les fa ons d en faire des acteurs-cl s de la pr vention des agressions sexuelles. Entre autres, est-il plausible de penser que les m dias d information crits puissent pr senter des situations d agression sexuelle plus repr sentatives de la r alit ? Peut-on r ellement demander aux m dias d informer la population sur la probl matique des agressions sexuelles? Peut-on s attendre une ouverture des m dias plus objective et moins de sensationnalisme ou de dramatisation?
En 2000, la suite d une tude sur la violence et le suicide dans les m dias d information crits, Groulx relevait la responsabilit sociale des m dias dans l am lioration du traitement journalistique de la violence, qui, selon elle, incombe autant l ensemble des interlocuteurs du monde des m dias (p. ex. diteurs, journalistes, r dacteurs en chef, photographes) qu l ensemble de la collectivit , soit les citoyens, les professionnels et les institutions qui alimentent les journalistes. La reconnaissance de cette responsabilit sociale appelle une action concert e de tous les acteurs impliqu s. cet effet, le contexte actuel des m dias sociaux, o l information diffus e dans l espace public d passe largement l information rapport e par la presse crite, montre que la population, autant que les m dias, doit tre sensibilis e l impact du traitement journalistique des agressions sexuelles sur les attitudes, les perceptions et les comportements. Cet veil du sens critique de l ensemble des acteurs impliqu s face aux impacts de l information diffus e dans l espace public concernant les agressions sexuelles constitue sans doute une des pistes d action vers un fa onnement des normes sociales en faveur d une limination de la m connaissance et de la tol rance collective et individuelle l gard des agressions sexuelles au Qu bec.
Plus concr tement, une des initiatives relatives ces pistes d action concerne la mise en place en 2012 d un outil en ligne qui offre aux professionnels des m dias et aux porte-parole qui ont intervenir dans les m dias, de l information juste, actuelle et approfondie sur la probl matique des agressions sexuelles. L Institut national de sant publique du Qu bec avait alors t mandat pour d velopper la Trousse m dia sur les agressions sexuelles (INSPQ, 2012) pr vue dans le cadre du Plan d action gouvernemental pour l galit entre les femmes et les hommes 2011-2015. Les objectifs de cet outil sont de sensibiliser les professionnels des m dias et les porte-parole l importance de diffuser dans l espace public une information juste et exempte de sexisme, de pr jug s et de sensationnalisme concernant les agressions sexuelles; de fournir aux m dias, aux porte-parole et au grand public une information r cente bas e sur des donn es probantes concernant les agressions sexuelles; de favoriser la mise en lumi re du caract re criminel et inacceptable des agressions sexuelles dans les m dias d information; et de permettre une meilleure connaissance des ressources d aide concernant l agression sexuelle pour la population. La Trousse m dia sur les agressions sexuelles n est qu une des actions possibles dans une strat gie beaucoup plus large de transformation de la norme sociale relativement aux agressions sexuelles, mais demeure l heure actuelle l une des rares initiatives de pr vention des agressions sexuelles un niveau soci tal.
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