Travail, Santé, Education
296 pages
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Description

Cet ouvrage explore le nouveau concept de "parcours social", concept particulièrement efficient pour observer les inégalités de toutes sortes que subissent les hommes et les femmes dans des domaines aussi variés que le travail, la santé, l'éducation et la formation. Il apparaît que le processus d'individualisation mis en oeuvre par les politiques publiques et les nouvelles formes de management favorise l'émergence, le maintien ou l'aggravation de ces inégalités dans nos sociétés.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2013
Nombre de lectures 1 075
EAN13 9782296535336
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ce concept de parcours social apparaît comme particulièrement efIcient
Sous la direction de Servet Ertul, JeanPhilippe Melchior et Éric Widmer
TR AVAIL, SANTÉ, ÉDUCATION Individualisation des parcours sociaux et inégalités
L O G I Q U E S S O C I A L E S
TRAVAIL, SANTÉ, ÉDUCATION
Individualisation des parcours sociaux et inégalités
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Pascal VALLET,Les dessinateurs.Regard ethnographique sur le travail de dessinateurs dans des ateliers de nu, 2013. Yannick BRUN-PICARD,Géographie d’interfaces. Formes de l’interface humanité/espaces terrestres, 2013. Lucie GOUSSARDet Laëtitia SIBAUD(dir.),La rationalisation dans tous ses états, Usages du concept et débats en sciences sociales, 2013. Christiane Saliba SFEIR,Parentalité, addiction et travail social, 2013. Hélène BUISSON-FENET et Delphine MERCIER (dir.),Débordements gestionnaires, Individualiser et mesurer le travail par les outils de gestion, 2013. Robin TILLMANN,Vers une société sans classes ? Le cas de la société suisse contemporaine(1970-2008), 2013. Délina HOLDER,Natifs des DOM en métropole. Immigration et intégration, 2013.Fred DERVIN(dir.),Le concept de culture. Comprendre ses détournements et manipulations, 2013. Séverine FERRIERE,L’ennui à l’école primaire. Représentations sociales, usages et utilités, 2013. Jean-Yves DARTIGUENAVE, Christophe MOREAUet Maïté SAVINA,Identité et participation sociale des jeunes en Europe et en Méditerranée, 2013. Agnès FLORINet Marie PREAU(Sous la dir. de),Le bien-être, 2013. Jean-Michel BESSETTE, Bruno PEQUIGNOT (dir.),Comment peut-on être socio-anthropologue ?, 2012. Yves LENOIR, Frédéric TUPIN (dir.),Instruction, socialisation et approches culturelles : des rapports complexes, 2013. Yolande RIAUD,L’identité berrichonne en question(s). De l’Histoire aux histoires, 2012.Pierre VENDASSI,Diagnostic et évaluation : la boîte à outils du sociologue, 2012.
Sous la direction de Servet Ertul, Jean-Philippe Melchior et Éric Widmer TRAVAIL, SANTÉ, ÉDUCATION
Individualisation des parcours sociaux et inégalités
Préface de Vincent Goueset
Des mêmes auteurs Servet ERTUL, Jean-Philippe MELCHIOR Philippe WARIN (dir.),Les parcours sociaux à l'épreuve des politiques publiques,PUR, coll. « Des Sociétés », 2012. Vincent CARADEC, Servet ERTUL Jean-Philippe MELCHIOR (dir.),Les dynamiques des parcours sociaux. Temps, territoires, professions, PUR, coll. « Le sens social », 2012. Nathalie BURNAY, Servet ERTUL, Jean-Philippe MELCHIOR (dir.), Parcours sociaux et nouveaux desseins temporels, Academia Bruylant/L’Harmattan, coll. « Investigations d'anthropologie prospective », 2013. Servet ERTUL (dir.),L’enseignement court post-baccalauréat(IUT-STS), Paris, PUF, coll. « Éducation et formation », 2000. Jean-Philippe MELCHIOR,35 heures chrono ! Les paradoxes de la RTT, Paris, L’Harmattan, coll. « Logiques sociales », 2007. Claudine BURTON JEANGROS, Christian LALIVE D'EPINAY, Éric WIDMER (dir.),Interactions familiales et constructions de l'intimité, Paris, L'Harmattan, 2007. Dominique JOYE, Christine PIRINOLI, Dario SPINI, Éric WIDMER (dir.), Parcours de vie et insertions sociales. Zürich, Éditions Seismo, 2011. Marlène SAPIN, Dario SPINI, Éric WIDMER,Les parcours de vie : de l’adolescence au grand âge. Savoir suisse, Lausanne 2007. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00484-6 EAN : 9782343004846
Préface A l’initiative de Servet Ertul et de Jean-Philippe Melchior, tous deux sociologues et membres permanents de notre laboratoire (UMR 6590 ESO, CNRS), le colloque international « les parcours sociaux entre nouvelles contraintes et affirmation du sujet », qui s’est tenu au Mans à la fin de l’année 2010, a constitué un tournant important dans la vie de notre collectif de recherches. Ainsi, la thématique « Parcours de vie et expérience des espaces » s’inscrit-elle désormais comme un des axes principaux du programme scientifique de l’UMR pour la période 2012-2016. La notion de parcours est éminemment spatiale, car une de ses premières acceptions qui est apparue dès le moyen âge fait référence à la terre, à ses modalités d’usage, à la distance parcourue d’un point à un autre, mais elle renvoie aussi aux trajectoires sociales vécues par les individus, et le projet scientifique de l’UMR ESO se situe précisément au point de rencontre entre logiques sociales et pratiques spatiales, à l’interface entre la géographie sociale, l’architecture, la sociologie et la psychologie environnementale, qui sont les principales disciplines constitutives de notre équipe. Les coordinateurs du présent ouvrage proposent de transformer cette notion de parcours en concept sociologique, pour analyser les inégalités observées, tant à l’échelle des groupes sociaux qu’à celle des individus, dans trois grands domaines que sont le travail, la santé et l’éducation. Il est à noter que les trois précédents volumes issus des travaux du colloque du Mans ont déjà exploré les politiques publiques et leurs conséquences en termes d’activation de l’autonomie des individus, les dynamiques temporelles, spatiales et professionnelles des parcours, ainsi que les nouveaux desseins temporels des individus. Les réflexions menées au sein de l’unité sur le concept de parcours sociaux sont antérieures à ce colloque. Les tout premiers travaux menés sur le site manceau ont été les enquêtes menées à l’échelle régionale sur les parcours d’orientation des élèves dans l’enseignement secondaire. Ensuite, des études de cohortes d’étudiants sortant des IUT et suivies pendant cinq ans ont débouché sur l’organisation d’un colloque international au Mans en décembre 1998 sur « l’enseignement court post-baccalauréat : enjeux sociaux, enjeux territoriaux », auquel ont pris part des géographes et des
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sociologues. Enfin, les chercheurs du site du Mans ont mené, entre 2002 et 2006, dans le cadre d’un programme sur les disparités territoriales en éducation, soutenu par le Ministère de l’Éducation Nationale, celui de l’Enseignement supérieur et la DATAR, des enquêtes d’envergure sur les parcours de formation et d’insertion professionnelle des sortants des universités de l’Académie de Nantes. Tous ces travaux témoignent de l’ancrage solide, à la fois méthodologique et théorique, du concept émergent deparcours sociauxau sein de notre UMR. Ne perdons pas de vue que les inégalités des parcours, qui constituent l’objet principal de cet ouvrage, représentent aussi une des questions centrales du programme scientifique de l’unité : la construction et la reproduction des inégalités et leur traduction, non seulement dans la trajectoire sociale des individus, mais aussi, dans leurs pratiques spatiales. En effet, les hommes et les femmes vivent dans des territoires qui sont inégalement dotés en termes d’offre d’emplois, de soins ou de services éducatifs, et leurs parcours sociaux sont en grande partie le reflet de ces inégalités. On ne peut donc qu’inciter les chercheurs en sciences sociales à lire cet ouvrage extrêmement éclairant – par la richesse des situations et des thématiques étudiées – sur la construction des inégalités de parcours sociaux et territoriaux.
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Vincent GOUESET Géographe, Professeur des Universités Directeur de l’UMR6590ESO (Espace et Société) CNRS
« …‘il y a individus et individus’. Parce qu’un individu n’existe pas en soi comme une substance, ni même comme une entité psychologique dotée d’attributs permanents : il faut être supporté, doté de ressources objectives pour être positivement un individu. »
Introduction générale
Robert Castel (2004)
Avant de proposer une réflexion sur la relation entre individualisation et inégalités, il nous semble heuristique de clarifier au mieux ce que ces deux concepts recouvrent. Dans la littérature sociologique, on peut trouver deux termes dont la proximité peut prêter à confusion pour un lecteur non averti du moins : individuation et individualisation. Sur le plan étymologique, l’individuation provient, selon TLFI (Trésor de la Langue Française Informatisé), du latin scolastiqueindividuatioqui signifie « le fait de devenir un individu (ce qui fait qu'un être possède une existence singulière) ». La même source souligne qu’en philosophie, cette singularité de l’individu correspond à la « réalisation d'une idée générale, d'un type, d'une espèce dans un individu ». Pour la psychanalyse, du moins chez Jung, l’individuation correspond à la prise de conscience que l’on est distinct et différent des autres et que l’on 1 constitue un être entier et indivisible . En sociologie, E Durkheim est le 0 premier à utiliser le terme dans son ouvrage « De la division du travail social » (DURKHEIM, 1991) qui renvoie à l’autonomie individuelle dans une société à solidarité « organique ». Cette notion d’individuation reste pertinente, dans la mesure où elle exprime le « processus » de singularisation et d’affirmation du sujet. Ce « processus », avec ses continuités, bifurcations et ruptures, que l’on peut appeler subjectivation fera l’objet du dernier 2 volume consacré auxparcours sociaux. Pour le dire autrement, avec 1 Danilo Martuccelli, ce processus parvient à « mettre en œuvre une dynamique nouvelle entre le singulier et le commun. L’intérêt n’est pas
1 http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=83584155 2 Pour plus d’informations, consulter :http://eso.cnrs.fr/spip.php?article680.
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d’exceller dans l’originalité, mais de parvenir à s’ajuster au monde, chacun à 1 sa façon, afin de réussir sa singularité » (MARTUCCELLI., 2010) 2 Même si le terme d’individualisation fait aussi référence à la différenciation, à l’unicité et à l’autonomie de l’individu, il traduit bien davantage l’action extérieure qui fait de l’individu un être singulier. Nous retiendrons ce signifiant parce qu’il correspond mieux à l’état d’esprit de l’ouvrage présenté ici qui se propose d’analyser l’individualisation des parcours sociaux dans nos sociétés contemporaines marquées par de multiples inégalités. La plupart des systèmes juridiques ou normatifs reposent sur l’affirmation d’une égalité entre les êtres humains. Cette égalitéde droitest formulée en particulier par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dès son premier article « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et par la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 des Nations Unies, aussi dans son premier article « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». La réalité des sociétés contemporaines permet de mesurer l’écart avec cet idéal d’égalité, qui constitue, en tant qu’une des valeurs fondamentales, un horizon de sens pour les individus qui en font partie. Sans passer en revue toutes les formes d’inégalités observables à travers les parcours sociaux, car cela peut vite devenir « un travail de Sisyphe » (DUBET, 2006), les principales d’entre elles, qui sont au cœur des contributions de l’ouvrage, montrent l’extrême difficulté à concrétiser cet idéal. Qu’il s’agisse des inégalités d’accès aux ressources naturelles (MORIN, 2011) et/ou aux aménités (services publics, voies de communication, commerces…), des inégalités de « naissance » ou d’accès aux soins liées au contexte, des inégalités socio-économiques (d’accès au travail, de revenus, de logement, d’accès à l’éducation…), des inégalités dans les rapports sociaux de sexe, des inégalités politiques (existence ou non du droit de vote, de la liberté d’expression, de la presse…), toutes rendent problématiques l’accès à l’autonomie des individus et des groupes sociaux qui subissent leurs conséquences. Ainsi, contrairement aux ambitions de la déclaration de 1789, les individus ne demeurent pas égauxde fait, même dans les sociétés 2 considérées comme les plus démocratiques , car ces inégalités observées 3 sont socialement construites et « c’est le mode de constitution de notre 3 société qui nécessite des inégalités » (SPURK, 2011) . 4
1  L’auteur préfère utiliser la singularisation, notion sur laquelle nous allons revenir dans le volume consacré à la « subjectivation et redéfinition identitaire ». 2 Les propos de cet ouvrage excluent quelque peu les formes d’inégalités observées dans les pays économiquement les plus démunis. 3 L’auteur cite Cornelius Castoriadis : « Qu’est-ce que c’est que cette société dans laquelle la principale occupation des gens […] c’est de s’enrichir, et celle des autres de survivre et de s’abrutir ? », CASTORIADIS(2011).
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Il nous faut maintenant mieux identifier le rapport entre l’individualisation et l’existence ou l’accentuation des inégalités. L’exercice par un individu singulier de son autonomie nécessite qu’il puisse bénéficier 1 de suffisamment de droits et de protections (CASTEL, 2011, p. 17) . Durant le 5 e XX siècle, les mouvements sociaux ont conduit les pouvoirs publics de la plupart des pays industrialisés à institutionnaliser la sécurisation des 2 parcours sociaux (KOHLI,1986, 1989) , garantie par ce que l’on appelle 6 l’« État providence » ou l’« État social », thématique déjà explorée à travers le premier volume consacré aux parcours sociaux [ERTUL,MELCHIOR,WARIN (dir.), 2012]. Cependant, il est à souligner que, dans le contexte actuel de la mondialisation et de la crise de l’État social, l’individualisation des parcours sociaux, qui se fait au nom de l’autonomisation et de la responsabilisation des individus singuliers, notamment à travers des logiques d’évaluation et de rémunération différenciées (DARDOT, LAVAL, 2009 et VRANCKEN, 2010), débouche sur la fragilisation d’une partie importante de la population et rend encore plus vulnérables celles et ceux qui le sont déjà à qui on demande d’assumer leurs responsabilités. Essayons dès à présent de donner une première définition à la notion de parcours social. DansCondition de l’homme moderne, Hannah Arendt souligne la pesanteur du contexte dans lequel l’individu s’inscrit : « Bien que chacun commence sa vie en s’insérant dans le monde humain par l’action et la parole, personne n’est l’auteur et le producteur de l’histoire de sa vie » (ARENDT, 1983). Ainsi, pour reprendre l’argument de l’auteure reformulé par Paul Ricœur dans la préface du même ouvrage (RICŒURinARENDT, p.25), « le 3 résultat est une histoire dont chacun est le héros sans en être l’auteur ». 7 Autrement dit, un parcours social, qui est à la fois mouvement et développement, correspond à l’histoire de vie d’un individu dont la quête d’autonomie s’inscrit non seulement dans une dimension intergénérationnelle mais aussi dans un contexte économique, social et culturel singulier plus ou moins contraignant. Pour lutter contre la spirale de l’aliénation, pour la pérennité, voire la survie du genre humain, chaque individu souhaite affirmer son autonomie, prendre en charge son destin et se réaliser comme sujet, alors que la concrétisation de ses choix est largement conditionnée par les ressources dont il dispose ou non et les contraintes de toute nature qui pèsent sur lui. En d’autres termes, depuis que nous vivons dans les sociétés où l’individu s’est affranchi des déterminismes sociaux esclavagistes et féodaux, grâce notamment à l’avènement du salariat (ERTUL, 1983 ;VERRET, 1979, 1982, 1988), il essaie de donner un sens à son
1  Pour Robert Castel, « C’est la constitution d’un socle de ressources ou des supports nécessaires pour pouvoir se conduire socialement comme un individu qu’il s’agit de promouvoir ». 2 Nous devons à Martin Kohli les premiers travaux sur la sécurisation des parcours sociaux. 3  On doit apprécier la réflexion de l’auteure par rapport à son propre parcours biographique ainsi que par rapport aux évènements qu’elle a traversés.
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