Un chemin marocain, 1999 – 2019 : Parcours d’un Royaume en transformation
93 pages
Français

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Un chemin marocain, 1999 – 2019 : Parcours d’un Royaume en transformation , livre ebook

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Description

Dix ans après Une Ambition Marocaine et cinq ans après Le Maroc Stratégique, l’Institut Marocain de l’Intelligence Stratégique (IMIS) réunit à nouveaux experts et analystes pour décoder le chemin singulier parcouru par ce Royaume millénaire qui occupe une place particulière dans le concert des nations. Après l’arrivée à la tête du pays en 1999 d’un jeune monarque de trente-six ans, les vingt dernières années ont été marquées par des tournants déterminants et par des tensions entre racines conservatrices, ambition réformatrice et désir de réinventer le modèle si particulier du Maroc. Les auteurs, conjuguant leurs voix parfois différentes, brossent le portrait d’un pays émergent qui aspire désormais au statut de pays développé. En toute indépendance, en articulant souvent des oppositions fortes, ces personnalités donnent ainsi à voir les multiples facettes d’un pays qui déçoit parfois, étonne souvent, mais ne laisse jamais indifférent. Économie, Industrie, Commerce, Genre, Identité, Inclusion Sociale, Migrations, Démocratie, ou encore Transition climatique font donc partie des thèmes traités dans ce livre. Ils offrent une vision globale de la dynamique à l’œuvre au cours des deux décennies passées et des perspectives qu’elle ouvre pour ce pays qui se rêve en futur « Dragon » de l’Afrique.Ont contribué à cet ouvrage : Abdelmalek Alaoui, Najib Benamour (coordinateur), Ahmed Azirar, Nabil Bayahya, Mohamed Benabid, Ouafae Ben Abdennebi, Abdelhamid Benkhattab, Nabil Boubrahimi, Hamid Bouchikhi, Thibault Chanteperdrix, Aziz Chaker, Mouna Cherkaoui, Safae Derj, Souad Elmallem, Hakima Fassi Fihri, Jean-Michel Huet et Naima Senhaji.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 31 juillet 2019
Nombre de lectures 52
EAN13 9782850710407
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’Institut Marocain d’Intelligence Stratégique (anciennement Association Marocaine d’Intelligence Economique), est un Think-Tank marocain indépendant dédié à l’analyse des enjeux stratégiques du Maroc et à l’examen des dynamiques économiques et sociétales du Royaume. Plus d’informations sur www.imis.ma



© Cent Mille Milliards et Descartes & Cie, 2019
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

Le chemin d’une Nation et le parcours d’un Roi
Abdelmalek Alaoui
Dix ans après Une Ambition Mar ocaine et cinq ans après Le Maroc Stra tégique , l’Institut marocain de l’intelligence stratégique ( IMIS ) réunit à nouveaux experts et analystes pour décoder le chemin singulier parcouru par ce Royaume millénaire qui occupe une place particulière dans le concert des nations.
À l’instar des précédents ouvrages de notre Think Tank, Un Chemin Ma rocain s’attache à analyser permanences et ruptures d’un pays en mouvement.
Les vingt dernières années, qui ont vu arriver à la tête du pays en 1999 un jeune monarque de trente-six ans ont en effet connu des parcours et des tournants déterminants qui ont forgé l’identité contemporaine du Royaume.
Traversé sans cesse par des mouvements contradictoires entre racines conservatrices, ambition réformatrice et tentation de réinventer son modèle si particulier, le Maroc déçoit parfois, étonne souvent, mais ne laisse jamais indifférent. De là découle la notion de « chemin » que le comité éditorial a voulu comme référence centrale de l’ouvrage.
À partir de ce point de départ, les auteurs, conjuguant leurs voix parfois très différentes, brossent, à travers plusieurs dimensions du Maroc contemporain le portrait d’un pays émergent qui aspire désormais au statut de pays développé. En toute indépendance, en articulant souvent des oppositions fortes, ces quinze personnalités donnent ainsi à voir les multiples facettes d’un pays en transformation.
Source d’espoir et de frustration à la fois, le changement de palier économique et de statut politique constitue en effet un moment décisif pour le pays, qui nécessitait à ce titre d’être analysé avec lucidité et équilibre, sans tomber dans la diatribe aveugle ou la flatterie servile.
À ce titre, Un Chemin Mar ocain n’est ni un annuaire des réalisations ni un inventaire des échecs. C’est plutôt un regard de la société civile sur des sujets qui ont constitué la colonne vertébrale d’une transformation à bien des égards exemplaire, mais qui demeure insuffisante sur certains plans.
Le comité éditorial a donc choisi de focaliser ses thèmes de recherche sur certains succès tout en pointant du doigt les carences structurelles de domaines qui se trouvent à la croisée des chemins, à l’instar de l’éducation.
Économie, Industrie, Commerce, Genre, Identité, Inclusion Sociale, Migrations, Démocratie, ou encore transition climatique font donc partie des thèmes traités dans l’ouvrage par des personnalités de sensibilités très différentes. EI les offrent une vision globale de la dynamique à l’œuvre au cours des deux décennies passées et des perspectives qu’elle ouvre pour ce pays qui se rêve en futur « Dragon » continental.
Mais analyser le Maroc des deux dernières décennies sans parler de Mohammed VI rendrait l’exercice fortement partiel tant le trône et son dépositaire sont consubstantiels du chemin marocain. L’exercice n’est pas aisé, car vingt années après son couronnement, la personnalité de Mohammed VI conserve une part d’énigme, qui ne peut être décodée qu’à l’aune des réalisations à mettre à son crédit depuis 1999.
Dès son avènement, les analystes – notamment étrangers – ont brossé un portrait peu flatteur du nouveau roi. Trempant sa plume dans l’acide, le chroniqueur du quotidien français Le Monde , Jean-Pierre Tuquoi, affirmait ainsi dans les colonnes du journal du soir, « À trente-six ans, celui qui a été intronisé monarque, vendredi 23 juillet, Mohammed VI , n’a jamais eu l’occasion de gérer un dossier suffisamment important pour laisser deviner sa personnalité profonde. Ses apparitions officielles ont été protocolaires et ses déclarations marquées du sceau de la langue de bois. » 1 . À l’époque, personne ne sait qu’outre la délicate mission de garantir la transition monarchique, Mohammed VI a déjà sur son bureau plusieurs dossiers brûlants, qu’il gérera au cours des 100 premiers jours de règne avec ce style qui lui est propre. À l’image d’un peintre, le Souverain agit par touches successives.
À son arrivée sur le trône, le premier défi est double : il s’agit d’une part de réduire puis de neutraliser le champ d’action du très puissant ministre d’État à l’intérieur, Driss Basri, tout en gérant un changement de paradigme des partenaires internationaux du Maroc sur la question du Sahara.
Dans ces deux cas, Mohammed VI saura faire preuve à la fois de doigté et de fermeté. Il limoge l’inamovible ministre de l’intérieur d’Hassan II , trois mois après son accession au trône, et ouvre la voie à une nouvelle doctrine en matière de gestion de la question saharienne, qui débouchera, moins d’une décennie plus tard, sur la proposition marocaine d’une autonomie élargie.
Le parcours de Mohammed VI , en matière économique, est plutôt pragmatique.
Ainsi, lors d’une première séquence qui durera de 1999 à 2007, le chef de l’État fera sienne les thèses Keynésiennes, appliquant au pays un « choc » de relance par les investissements dans les infrastructures, tout en réussissant à maintenir les équilibres macroéconomiques. Cette politique de grands travaux a eu les résultats tangibles que l’on connaît. En 2019, le Maroc peut se targuer de disposer d’infrastructures de transport, de logistique et de connectivité qui en font incontestablement l’un des leaders du continent, alors même que le pays ne comptait qu’une centaine de kilomètres d’autoroute en 1999. Rien de cela n’aurait été possible sans une vision et une projection sur les temps longs. À cet égard, une anecdote particulièrement savoureuse circule autour de la décision de créer le port de Tanger Méditerranée, devenu le premier port d’Afrique. À l’un de ses conseillers qui arguait que cette gigantesque plateforme portuaire ne serait rentable que vingt-cinq ans plus tard, le monarque aurait rétorqué sèchement : « Il n’y a donc pas une minute à perdre, il faut démarrer immédiatement ».
Cette première phase de grands travaux visait un triple objectif pour le roi : hisser tout d’abord le pays aux standards internationaux en matière d’infrastructures, puis augmenter l’employabilité notamment des jeunes, et enfin préparer l’émergence d’un tissu productif plus industrialisé, en capacité d’accueillir des investissements directs étrangers substantiels, en capitalisant notamment sur la position géoéconomique du pays. Sur le plan politique, le message en filigrane est clair : le temps est à la prééminence du chantier intérieur sur les dossiers extérieurs.
Toujours en matière économique, la seconde phase de règne, qui démarre à partir de 2006 jusqu’en 2011, peut être qualifiée d’inspiration Ricardienne, du nom de David Ricardo, l’économiste célèbre pour sa théorie du commerce international basée sur les avantages comparatifs. Le signal de l’arrivée à maturité du Maroc dans la chaîne mondiale des échanges sera sans conteste l’annonce de l’implantation dans le nord du Royaume de l’usine Renault le 1 er septembre 2007, arrachée de haute lutte auprès du leadership du constructeur français alors que le Royaume se trouvait en compétition avec la Turquie. Cette installation constitue un véritable basculement du centre de gravité de la production du tissu économique marocain, désormais tourné vers l’export dans sa composante automobile. En cinq ans, celle-ci deviendra le premier produit exporté du pays, dépassant ainsi le traditionnel secteur des phosphates. En 2021, la production automobile du Maroc, riche désormais de trois constructeurs de rang mondial, devrait dépasser celle de l’Italie, avec plus d’un million de véhicules produits.
Enfin, la troisième phase de règne, qui a démarré en 2011 est vraisemblablement inspirée des travaux de l’emblématique économiste du développement d’origine vénézuélienne Ricardo Haussman. Sous la double nécessité de réformer l’appareil productif du pays pour en réduire les effets pervers en matière d’inégalités tout en trouvant de nouv

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