Génération Z— Nouvelle édition
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Description

Nés une souris à la main, les jeunes de la génération Z sont au cœur d’une révolution numérique accentuée par l’avènement de l’intelligence artificielle. Parvenus au seuil de l’âge adulte, les Z sont en quête d’une place bien à eux dans une société marquée par le changement, le développement technologique, la dénatalité et le plein emploi.
Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui les distingue des générations précédentes ? Quelles sont leurs valeurs et leurs aspirations profondes ? C’est à toutes ces questions et à bien d’autres que la troisième édition de ce livre tente de répondre. L’auteur décode les caractéristiques de cette cohorte bien ancrée dans la culture de l’écran, qui est en train de transformer radicalement son rapport à la santé et au bien-être et qui redéfinit la notion même de ce qu’est le sport.
Friands de marques et consommateurs avisés, les Z sont néanmoins sensibles à la pauvreté et à l’injustice. Sur les réseaux sociaux, ils se mobilisent afin d’alerter la classe politique à propos de l’environnement, de la démocratie, de la lutte contre les inégalités sociales. Entre les désirs individuels et les aspirations collectives, les Z pourraient faire une différence dans cette nouvelle humanité numérique en marche en créant, en communiquant et en collaborant pour changer le monde.
Cet ouvrage est destiné à toute personne qui s’intéresse à la question des relations intergénérationnelles. Aux gestionnaires et aux dirigeants, l’auteur propose aussi des conseils pour mieux attirer, recruter et fidéliser cette nouvelle génération, grâce notamment à des pratiques de gestion renouvelées.
Les Z sont en construction et cet essai témoigne de leur cheminement.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 septembre 2019
Nombre de lectures 28
EAN13 9782924847152
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0027€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

CAROL ALLAIN
GÉNÉRATION Z
L’humanité numérique en marche
Éditions Château d’encre


Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Titre: Génération Z: l’humanité numérique en marche/Carol Allain. Nom: Allain, Carol, 1961- auteur. Description: Nouvelle édition. Édition originale: [2018]. Comprend des références bibliographiques. Identifiants: Canadiana 2019003002X ISBN 9782924847145 (couverture souple) Vedettes-matière: RVM: Génération Z. RVM: Internet et adolescents. RVM: Cyberculture. Classification: LCC HQ796 A45 2019 CDD 305.235—dc23 Recherche et corédaction: Nathalie Savaria Édition: Lison Lescarbeau Révision: Dominique Stengelin Correction d’épreuves: Stéphanie Altamirano Mise en pages: Patricia Gaury Photo de l’auteur: Mathieu Deshayes Dépôt légal – 3 e trimestre 2019 © 2019 Les Productions Carol Allain inc. © 2019 Éditions Château d’encre inc.


Les Éditions Château d’encre inc. 2557, rue Moreau Montréal (Québec) H1W 2M9 chateaudencre.com
Table des matières
INTRODUCTION
1
QUI SONT-ILS?
Je suis Z…
2
QUE S’EST-IL PASSÉ?
3
LA FAMILLE ET L’ÉCOLE: LA GRANDE SÉDUCATION
4
L’ÈRE NUMÉRIQUE: LES RÉSEAUX SOCIAUX D’ABORD
5
SPORT, SANTÉ ET BIEN-ÊTRE: QUAND LE CORPS SE TRANSFORME
6
LE MONDE DU TRAVAIL: SUGGÉRER PLUTÔT QU’IMPOSER
Le TOP 3 des objectifs de carrière des jeunes
Le TOP 3 des attentes de management des jeunes
La Grande InvaZion (2015) – Enquête BNP Paribas et The Boson Project
Les 10 métiers d’avenir (CareerCast, 2018)
Les 10 métiers en voie de disparition (CareerCast, 2018)
7
FACE-À-FACE OBLIGE
8
LES MÉDIAS ET LEURS INFLUENCES: AU-DELÀ DES APPARENCES
9
L’HUMANITÉ NUMÉRIQUE EN MARCHE
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Du même auteur
Le choc des générations. Du je triomphant au nous rassembleur , Les Éditions Château d’encre, 9 e édition, Montréal, 2017.
L’estime de soi. Comment composer avec le regard de l’autre porté sur soi , Les Productions Carol Allain, 2012.
Génération Y (1 re , 2 e édition), Les Éditions Logiques, 2005, 2008.
Être soi dans un monde difficile , Les Éditions de l’Homme, 2005.
Enfant-roi: tout, tout de suite (réédition), Les Éditions Logiques, 2004.
Changez d’attitude (réédition), Les Éditions Logiques, 2003.

Une tendance assez répandue de nos jours consiste à penser que les lois ne sont pas destinées à instaurer des relations justes entre les individus, mais à permettre à chacun «d’accéder» à tous ses désirs.
Sylviane Agacinski

INTRODUCTION
Nous sommes devenus des marins électroniques capables de faire venir le monde à nous sur nos écrans. Nous sommes entrés dans l’âge de la globalisation accomplie: nous englobons le monde.
Peter Sloterdijk
À l’heure où les premières cohortes des représentants de la génération Z accèdent au marché du travail, causant ainsi une certaine inquiétude chez les employeurs, lesquels ont déjà dû s’adapter non sans mal aux revendications de la génération Y, cet ouvrage tente d’apporter un éclairage et des réponses aux questions les plus pressantes. Qu’est-ce qui distingue la génération Z des précédentes? Quelles sont ses valeurs, ses aspirations et ses motivations? Que peut-elle apporter de nouveau au monde du travail et à la société en général? En quoi sa volonté première de vouloir atteindre des objectifs rapidement peut-elle lui être bénéfique? Comment son parcours influencera-t-il sa conduite et son éthique? Aura-t-elle la force nécessaire pour réussir dans un monde qui change continuellement de perspectives? Est-ce que les nouvelles technologies la priveront d’une communication intime et profonde, les machines et les robots l’éloignant de l’autre? Est-elle si «infidèle» qu’on le prétend, voguant allègrement d’un emploi à l’autre? Et si c’était le cas, que faudrait-il en penser? C’est à toutes ces questions et à bien d’autres que ce livre tentera de répondre.
Cet ouvrage s’inscrit en continuité avec Le choc des générations (9 e édition, Les Éditions Château d’encre, 2017), qui invitait le lecteur à découvrir les différentes caractéristiques entre les générations, leurs défis, leurs alliances, leurs aspirations, leurs mystères aussi. On ne peut prétendre connaître un individu sans le situer dans un continuum générationnel. Chaque génération est tributaire des précédentes et contribue à l’amélioration des conditions de vie de tous. La génération silencieuse ou bâtisseuse (1925-1944) et celle du baby-boom (1945-1963) nous aident à comprendre, à nuancer et à revoir nos croyances quant au devoir, à l’engagement et à la loyauté. Les générations plus récentes (X, Y, Z) peuvent faciliter notre compréhension d’un monde désormais centré sur la rapidité, le changement incessant, le court terme et la technologie.
Ce texte ne cherche pas tant à apposer une étiquette sur la génération Z, qu’à révéler une évolution sans précédent qui consiste en un mélange entre le réel et le virtuel et en une incroyable instabilité. Encore plus connectés que les générations précédentes, les Z sont nés une souris à la main et le doigt sur un écran tactile. Ils sont au cœur d’une révolution numérique et technologique dont ils ne comprennent pas la genèse, mais à laquelle ils participent tous les jours. Cependant, les Z sont plus sélectifs qu’excessifs, éclairés dans leurs choix plutôt qu’aveuglés, en quête d’une place bien à eux dans l’avènement rapide et complexe d’une humanité numérique.
Cet essai tente donc de cerner les attributs et les aspirations de cette génération et d’esquisser les lignes possibles de son avenir. Mobilité, famille, éducation, travail, argent, consommation, politique, technologies, robotisation, intelligence artificielle, cybersécurité figureront parmi les thèmes abordés au fil de ses pages.
Il vise également à conseiller le lecteur, qui veille à l’éducation de cette génération, à revoir certains comportements, à réhabiliter certaines valeurs (devoir, rigueur, effort), à fixer certaines limites et certaines règles, gestes essentiels dans le développement de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte. Ainsi, cet ouvrage cherche à valoriser le rôle de l’adulte en tant qu’éducateur de premier plan dans la formation et l’accession à l’autonomie de la nouvelle génération.
Son propos vise par ailleurs à dénoncer le processus de séduction qui a conduit à un profond malaise dans la société occidentale. La séduction rend difficile le tri entre l’essentiel et l’accessoire. C’est l’univers des apparences qui règne. L’intériorité disparaît et nous éloigne de toute forme de spiritualité. Osons espérer mieux pour la génération Z que le parc d’attractions et de divertissements auquel elle est conviée chaque jour. Comme l’a écrit le philosophe allemand Friedrich Nietzsche dans son ouvrage Le crépuscule des idoles (L’Herne, 1889), «toute vulgarité vient de l’incapacité à résister à une sollicitation: on est contraint de réagir, on obéit à chaque impulsion. Est spirituel l’exercice qui désactive pareille contrainte.»
Il s’agit de la troisième édition de cet ouvrage en moins de cinq ans. À la suite de nombreux commentaires reçus lors de mes conférences, j’ai cru nécessaire d’approfondir certaines questions cruciales, dont celles de l’incidence grandissante de l’intelligence artificielle dans nos vies, du sport, de la santé et du bien-être à l’ère triomphante de la culture de l’écran, de l’intégration des immigrants qui remet en question les valeurs collectives et les règles du vivre-ensemble, de la situation économique mondiale incertaine, du réchauffement climatique et de la préservation de l’environnement. Ces questions nous forcent à réfléchir au devenir de la génération Z.
Plusieurs entreprises ont également manifesté le besoin d’obtenir des conseils au sujet de la pénurie de main-d’œuvre, du recrutement et de la rétention du personnel. Les défis associés à la gestion des ressources humaines n’ont jamais été aussi grands, alors que les Z entrent graduellement sur le marché du travail. Aux cadres, gestionnaires et dirigeants, je propose des moyens pour mieux attirer et fidéliser la nouvelle génération, notamment par des pratiques de gestion renouvelées.
Bien entendu, cet essai repose en grande partie sur l’actualité et sur de nombreuses statistiques. Il doit donc constamment être mis à jour afin de conserver toute sa pertinence. Ce livre suit en fait l’évolution de la génération Z, alors que ses représentants grandissent et deviennent peu à peu des élèves, des adolescents, des adultes, des citoyens, des employés, des cadres et des entrepreneurs. Les Z sont en construction et cet essai témoigne de leur cheminement.
Le présent ouvrage, concis et pratique, a pour but de produire une réaction chez le lecteur afin qu’il réfléchisse à sa manière de participer au débat sur les générations et, plus particulièrement, à la place et au devenir des Z. Il ne veut pas contraindre, il vise à provoquer. C’est tout autre chose!


1
QUI SONT-ILS?
La vie, comme le mouvement, se prouve en marchant. Si bien que l’important est d’avancer – coûte que coûte – dans la résolution, la responsabilité et l’obstination.
Albert Camus
Au début des années 2000, les premiers représentants de la génération Z sortaient à peine de l’enfance. Rien encore ne permettait vraiment, si ce n’est pour quelques spécialistes en marketing publicitaire, de saisir les particularités culturelles de cette génération. Tentons d’en appréhender les contours et d’esquisser ses perspectives d’avenir.
Les Z amorcent maintenant leur entrée dans le marché du travail et influenceront à leur tour – et à leur manière – les destinées de ce monde.
Nés entre les années 1995 et 2010, les Z (appellation donnée pour faire suite à celles des deux générations précédentes) sont issus, pour une grande majorité d’entre eux, de parents de la génération X 1 . La lettre Z fait aussi référence au mot «zapping». Cette génération s’expose à l’accélération des besoins, des attentes et des demandes tout au long de sa vie. L’anthropologue et écologiste des médias américains Michael Lee Wesch les appelle les «emos» (diminutif du mot émotion ), alors que William Strauss et Neil Howe les nomment «nouvelle génération silencieuse» ou «echo-boomers» (en «écho» pour certains Z à leurs parents baby- boomers). Ces deux sociologues américains soutiennent que, parce qu’elle évolue dans un monde marqué par les attentats du 11 septembre 2001 qui ont été suivis d’une crise économique mondiale à la fin de cette décennie, la génération Z a de nombreux points communs avec la génération silencieuse qui a grandi avec une grande lucidité à l’époque de la crise économique des années 1930. Attention, ces jeunes sont cependant loin d’être silencieux comme leurs aînés!
Certains sociologues désignent les Z comme la génération C. La lettre C précise d’ailleurs ses intentions: Connecter, Communiquer, Créer, Collaborer. Les C se concentrent plus particulièrement sur les connexions, les réseaux et les innovations technologiques.
Selon toute probabilité, la génération emos suivra les traces de la génération Y qui l’a précédée, d’autant plus qu’elle dispose comme elle d’une multitude d’objets pour s’exprimer. Les Z sont de vrais digital natives (ou natifs numériques), bercés par le Web 2.0 depuis leur naissance. Branchés à des réseaux de communication, les représentants de cette génération clament sans compromis: chacun son rythme, chacun ses goûts! Telle est la façon de penser de cette nouvelle génération silencieuse qui organise le monde selon ses préférences.
On a longtemps cru à une approche multitâche chez les Z. En fait, celle-ci est plutôt segmentée. Les Z ne font pas plusieurs choses en même temps, mais ils procèdent plutôt par séquences de plus en plus brèves. Sous l’influence des technologies, l’attention qu’ils portent à une image, à un texte, à un discours, est de plus en plus limitée dans le temps. Comme ils le font avec leur téléphone intelligent et leur portable, les Z ouvrent et ferment des fenêtres dans leur tête. Ils zappent, ils surfent, ils reviennent en arrière. L’économie d’attention, c’est-à-dire le temps consacré à faire une chose en particulier, est le plus grand défi du temps présent, et les Z n’y échappent pas. Cela a des répercussions importantes dans toutes les sphères de leur vie. Cette rapidité à laquelle les Z consentent à vivre tous les jours suscite un flot d’émotions, et, parfois, du stress et de l’anxiété, désormais si présents dans la vie de nombre d’entre eux.
Le branchement doit être permanent pour les Z: pas question de couper la connexion – la pire chose qui pourrait survenir – avec les amis lorsqu’on est au cinéma ou même en classe – où ils s’ennuient très souvent parce qu’ils ne s’y amusent pas. Télécharger une chanson (de manière illégale ou non, car les Z adorent flirter avec l’interdit), envoyer un commentaire sur un microblogue, écouter de la musique avec Apple Music, Google Play ou Spotify, visionner une vidéo sur YouTube, discuter avec des amis sur les réseaux sociaux Facebook ou Live Messenger ou texter leur est naturel en simultané et ils ne sauraient s’en priver. La génération Z ne peut concevoir le monde sans partage, sans affinités, sans ce regard venant de l’autre. Sur la toile, son œil se mondialise dans l’espoir d’une émotion à venir. Il n’y a pas de culture Z comme il y a une culture Y (interdit d’interdire), mais un mode de pensée Z où coexistent une multiplicité de possibles et une seule langue commune: le numérique.
Las de parler à des parents trop occupés, pressés ou absents, ces jeunes se mobilisent à travers la carte virtuelle et créent des liens avec un monde étranger en chattant, en échangeant des objets et en faisant l’achat de produits inédits en consommateurs avertis qu’ils sont déjà. Ils ont d’ailleurs une opinion sur tout – à l’exemple des Y ou millénariaux 2 – et ne se gênent en rien pour la faire connaître. Tout cela en prenant soin de gérer leur image presque comme une marque, pour mieux se démarquer, réputation oblige, sur les réseaux sociaux. Car, encore davantage peut-être que la génération précédente, les Z aiment se distinguer de la masse et créer leur propre style. C’est pour cette raison notamment qu’ils adorent la pub et les marques. Par rapport aux générations précédentes, et plus encore que les Y, les Z sont parfaitement décomplexés.
Un autre aspect important distingue la génération Z de la précédente: elle préfère les influenceurs aux vedettes. Blogueurs respectés ou membres hyperactifs de Facebook, YouTube, Instagram ou Twitter à l’affût des dernières tendances et testant mille et un produits, les influenceurs sont suivis par une communauté importante. Leurs propos sont souvent drôles, légers, mais parfois tranchants et dévastateurs. Les Z adorent! Les grandes marques l’ont bien compris, et plusieurs d’entre elles s’associent maintenant à des influenceurs. Leurs icônes? Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, Travis Kalanick, fondateur de la société de partage de fichiers Red Swoosh et d’Uber, Gloria Bella, Alicia Moffet et PewDiePie, célèbres youtubeurs. Sans oublier les micro-influenceurs – une tendance à la hausse en cette fin de décennie –, qu’un nombre croissant de Z estiment plus authentiques et plus proches de leurs champs d’intérêt.
Si la culture de l’ entertainment pousse aux plaisirs faciles et au narcissisme, elle n’empêche nullement les jeunes de vouloir comprendre leur monde, d’inventer, d’innover et de progresser – des caractéristiques propres à la génération Z. Tandis que monte le règne du consommacteur , paradoxalement, le présent voit se multiplier les désirs de création, d’expression et de participation en tout genre. Fabriquer ses personnages est tout l’intérêt du jeune sujet Z. Adolescent, il publie ses vidéos sur YouTube. Jeune adulte, il invente, seul ou en groupe, une nouvelle application ou un nouveau jeu vidéo. Tous les registres l’intéressent. Le Z aime se transformer en héros d’un jour, le temps d’un écrit, se métamorphoser pour émouvoir, faire rire, faire pleurer ou être complimenté, en être hypersensible qu’il est, chose que beaucoup d’enseignants ont pu remarquer. Tout déguisement le séduit pourvu qu’il lui permette une nouvelle incarnation susceptible de l’éclairer sur lui-même. Proposez un jeu de rôle en classe, et vous verrez l’effet mobilisateur immédiat que cela produira sur les élèves.
La génération Z s’abandonne et vit ses rêves. Elle a une façon bien à elle de quitter la maison dès 10 ans pour un camp de vacances à l’étranger sans se soucier de ses parents. On ressent déjà chez les jeunes de 12 ans leur volonté de s’emparer de la vie, de s’éloigner du quartier, de lancer un projet, de prendre le large et de saisir toutes les occasions. Il en est de même chez les jeunes de 20 ans qui cherchent activement à jumeler leur parcours scolaire à un travail à temps partiel, ainsi que les études à des voyages internationaux.
Je n’y vois que du bonheur. Apprendre tôt dans sa vie à aller à la rencontre de l’autre, expérimenter de mille et une façons la possibilité de développer de nouvelles habiletés, partager des idées, prendre des risques, apprivoiser l’inconnu et renforcer, par la même occasion, son estime de soi, voilà la vie à son meilleur. Les retombées inédites de ces expériences permettront de mieux composer avec l’adolescence, les débuts de l’âge adulte et les situations surprenantes de la vie, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.
À ce sujet, on est stupéfié par l’exploit sans précédent d’une enfant de 9 ans, Amira Willighagen, gagnante de la finale de Holland’s Got Talent 2013, qui s’est découvert un talent inné de chanteuse d’opéra, et a remporté le concours en interprétant l’émouvant O mio babbino caro de Puccini… (plus de 38 millions de vues sur YouTube au moment d’écrire ces lignes en juin 2019). Aujourd’hui âgée de 15 ans, vedette internationale, cette jeune fille nous donne de l’espoir, elle incarne la fraîcheur de vivre, une jeunesse agile, talentueuse et courageuse.
À force de créer, de produire et d’échanger sur les réseaux sociaux, certains Z ambitionnent de devenir entrepreneurs, une tendance observée aux États-Unis et au Canada. C’est ce qui ressort de l’enquête «La Grande InvaZion», menée en 2015, qui révèle que plus de 50% d’entre eux souhaitent créer leur entreprise. Pour réussir, ils croient au «réseau» plutôt qu’aux diplômes et veulent une organisation horizontale (l’individu d’abord, principe de discussion, éthique du bien-être, mobilité, flexibilité, coopération) plutôt que hiérarchique (structure, objectifs, attentes, stabilité, principe des acquis, satisfaction du groupe). Et ils n’attendent pas l’âge adulte pour réaliser leurs rêves. Comme cette jeune PDG américaine de 14 ans, Alina Morse, qui a ouvert une entreprise fabriquant des bonbons qui ne causent pas de carie… Aujourd’hui, elle emploie sept personnes, dont son père qui l’empêchait de manger… des bonbons quand elle était petite, par crainte de la voir souffrir de caries.
Si tous les Z ne ressemblent pas à cette jeune entrepreneure, à tout le moins, ils espèrent trouver l’emploi de leur rêve où le stress et les conflits – dont leurs parents, majoritairement des X issus de la génération du No Future , se plaignent sans cesse – sont bannis. Et tout indique que les circonstances leur procureront un haut niveau d’employabilité, le faible taux de natalité et le vieillissement de la population se combinant pour créer une demande de main-d’œuvre sans précédent au Canada et dans la majorité des pays industrialisés dans les prochaines décennies.
L’espèce humaine régule actuellement ses effectifs et son rapport à la nature, la transition démographique posant les questions du déclin, avec l’augmentation du nombre de personnes âgées, et de la nouvelle donne économique. Les prévisions, il y a 10 ans, montraient une stabilisation de la population mondiale qui devait atteindre 10 milliards d’habitants en 2100 (selon les Nations Unies). Le même calcul aboutit aujourd’hui à une crête estimée à 8,5 milliards d’habitants avec un phénomène très rare d’inversion de la pyramide des âges en Occident et au Japon. En 2030-2040, la tranche d’âge des 60-65 ans sera plus nombreuse que celle des 0-50 ans. Les enfants des baby-boomers, les Y, auront probablement une vieillesse moins confortable que celle de leurs parents et grands-parents, car les problèmes financiers des caisses de retraite ne seront pas résolus. Il en sera de même pour les X.
Qu’est-ce qui attend alors les Z en Occident? Probable-ment, l’arrivée massive de gens venus des pays en voie de développement ou émergents, comme l’Inde ou les États du continent africain, en plus des autres pays développés qui viendront gonfler les rangs des travailleurs. Actuellement, plus des deux tiers de la population indienne, évaluée à 1,2 milliard d’habitants, ont moins de 35 ans, et près de 600 millions de personnes ont moins de 25 ans. Une population qui dépassera largement celle de la Chine, estimée à 1,5 milliard d’habitants, au cours des prochaines années. Le xxi e siècle sera africain non seulement en raison de l’augmentation de sa population, mais aussi du fait de son essor économique. D’après les dernières prévisions du Fonds monétaire international, c’est la région du monde où le taux de croissance économique devrait connaître la plus forte accélération. Plus de la moitié de la croissance démographique dans le monde d’ici à 2050 se produira en Afrique, un continent dont la population augmentera d’environ 1,3 milliard d’habitants au cours de la période, selon les prévisions les plus récentes des Nations Unies.
Sans une forte immigration, il deviendra vite impossible de financer les retraites et de maintenir un niveau de vie confortable pour les Z et les générations subséquentes.
En attendant, les Z s’auto-initient au design, à la photo, à la vidéo. Ils sont curieux et futés! Sensibles à la pauvreté et à l’injustice, beaucoup de Z font du bénévolat et s’engagent dans des causes humanitaires. Voilà pourquoi l’entrepreneuriat comme le travail social peuvent les intéresser. La génération Z a aussi ses propres contradictions…
Si la génération Y comptait ses amis par centaines sur les réseaux sociaux – bien souvent au détriment de la qualité – et partageait beaucoup de vidéos, les Z sont plus sélectifs: ils délaissent Facebook, trop «voyeur», au profit de Snapchat, où les photos s’effacent une fois vues. Parallèlement, ils recherchent l’authenticité, des liens sociaux, du réel. Le sujet Z précise: «Pour être sélectifs, nous devons être conscients de ce qui se passe autour de nous.» En résumé, le Z se veut coauteur de la société dans laquelle il entend bien se tailler une place et laisser sa marque…
Comprendre les habitudes d’achat et de consommation de ces jeunes permet de prédire leurs comportements dans l’entreprise de demain. Zappeur-né, le sujet Z est néanmoins fidèle à ses amis, aux marques, aux enseignes. Compétent dès lors qu’il s’agit d’utiliser le numérique, il glane de l’information en ligne qu’il ne vérifie pas toujours, ce qui laisse penser qu’il fait un bon travail sur la forme, mais discutable sur le fond. La consommation est son terrain d’action privilégié pour expérimenter son autonomie, exprimer ses goûts, afficher son style tout en intégrant un groupe de pairs. Elle lui permet aussi d’exercer ses compétences: recherche d’information, évaluation des marques, gestion de son budget...
Ces adolescents et jeunes adultes sont créatifs. Les cours magistraux ne leur convenant plus, parce que trop ennuyeux et pas assez ludiques, ils veulent être acteurs de leur savoir, en compagnie de leurs pairs. Ils ont besoin d’apprendre en faisant et en échangeant des idées. C’est ce que propose l’association française Entreprendre pour Apprendre, qui invite des collégiens à réfléchir sur des projets d’entreprise concrets. Les jeunes doivent soumettre des idées sur des problématiques précises. Ainsi, l’enseignement se modifie, le professeur devient un coach accompagnant les étudiants dans l’acquisition de leur savoir. Avec la génération Z, on s’achemine clairement vers la coconstruction du savoir, du parcours professionnel, de la carrière.
Sur le marché du travail, les managers doivent se préparer à devenir à leur tour des coachs, des accompagnateurs, des mentors vers l’acquisition de savoirs et de compétences. Toutefois, il pourrait se révéler imprudent de remplacer les connaissances par les compétences, l’éducation par la formation, sans faire un effort urgent pour rapprocher la matière (les connaissances) de la manière (le savoir-être). Négliger cette nécessité pourrait conduire à plusieurs dérives particulièrement difficiles à surmonter.
Ainsi, la génération des echo-boomers ne se contentera pas des plaisirs: elle demandera aussi à être actrice, à s’exprimer, à donner son opinion, à participer au déroulement de la classe et de la vie en société.

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