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Histoire de l'UNESCO

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Description

Ce panorama de l'histoire de l'Unesco sur ses trente premières années est fondé sur l'analyse d'archives inédites de l'Unesco, de l'ONU, et de plusieurs Etats membres, ainsi que sur des témoignages et entretiens, dont celui de Claude Lévi Strauss. Il met au jour ses grandes évolutions conceptuelles, en identifie les acteurs, analyse ses difficultés, et évalue ses résultats. L'histoire des relations internationale, des débuts de la Guerre froide à l'acquisition des indépendances et à l'émergence du Tiers-monde, est analysée.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 307
EAN13 9782336258676
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Histoire de l’UNESCO
Chloé Maurel Histoire de l’UNESCO Les trente premières années. 19451974 Préface de Pascal Ory
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La Chine et le monde, Paris, Studyrama, 2008. Géopolitique des impérialismes, Paris, Studyrama, 2009 Dossiers d’histoire des relations internationales, Paris, Ellipses, collection « Optimum », 2010 (à paraître) Che Guevara, Paris, Ellipses, collection « Biographies historiques », 2010 (à paraître).       !"#$% &  $'      !!"!"# $% !!"!"#
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Préface par Pascal Ory ..................................................................................... 9 Introduction ..................................................................................................... 11 Chapitre 1 Des conceptions changeantes au fil des dirigeants........................................ 15 I. La gestation des conceptions ..................................................................... 16 II. Julian Huxley (194648) : un foisonnement de conceptions diverses ...... 28 IV. Luther Evans (195358) et Vittorino Veronese (195861) : une période de transition ............................................................................... 62 V. Le « règne » de Maheu (19611974) : l’âge d’or de l’Unesco ? .............. 72 Chapitre 2 L’omniprésence de tensions politiques .......................................................... 95 I. 194553 : l’apparition précoce de conflits dans une organisation quasiment limitée aux pays du bloc occidental............................................. 95 II. 19541959 : l’Unesco ébranlée par la guerre froide ............................... 127 III. 19601974 : l’affirmation du Tiers Monde ........................................... 143 Chapitre 3 De graves problèmes de fonctionnement institutionnel et administratif .. 175 I. Une institution aux compétences limitées ............................................... 175 II. Un mécanisme administratif complexe et pesant ................................... 182 III. Le personnel de l’Unesco : entre sinécure et frustration....................... 201 Chapitre 4 La promotion de valeurs pacifiques............................................................. 219 I. À la recherche de la « compréhension internationale » ........................... 219 II. Le « Projet d’étude sur les états de tensions » : un projet sous influence ?............................................................................ 223 III. La lutte contre le racisme : un décalage entre discours et pratique ....... 228 IV. Une attitude ambigüe de l’Unesco sur la question coloniale ................ 235 Chapitre 5 Entre universalisme et préservation des identités culturelles ................... 239 I. Un effort universaliste de rapprochement des courants de pensée .......... 239 II. Difficultés et essoufflement de l’universalisme ..................................... 248 III. Une progressive évolution vers la promotion des identités culturelles . 255
Chapitre 6 L’essor de l’action opérationnelle ................................................................ 261 I. Les premières années : des débuts hésitants ............................................ 261 II. Les années 1950 : projets d’assistance technique et efforts de « développement communautaire »........................................................ 265 III. Les années 1960 : le « grand virage » de l’Unesco vers l’aide au développement ....................................................................................... 269 IV. L’impératif de la rentabilité, imposé sous l’influence de la Banque mondiale ................................................................................ 276 V. Les années 1970 : le constat de résultats décevants et une remise en cause de l’aide au développement .......................................................... 279 VI. L’essor à partir des années 1960 de préoccupations pour le patrimoine et l’environnement ........................................................ 285 Conclusion...................................................................................................... 295 Bibliographie sélective .................................................................................. 303 Table des matières ......................................................................................... 305
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&'(   
L’UNESCO n’avait jamais fait l’objet d’une histoire globale, si l’on ne compte pas les publications internes, dont on ne peut attendre une grande distance critique. La tâche, il faut le dire, est colossale car, dans l’idéal, il faudrait pouvoir maîtriser non seulement l’archive centrale mais l’ensemble des archives des représentations diplomatiques et des gouvernements, sans parler des parlements et des médias nationaux. Cet idéal est donc inatteignable. Mais Chloé Maurel, chercheuse sérieuse, maîtrisant plusieurs langues étrangères, s’en est approché autant que faire se peut. Elle nous livre un premier bilan, très documenté, clair et équilibré, des trente premières années de l’institution. Choix intelligent, car s’y donnent à lire deux époques sensiblement différentes, qui résument bien l’ambition du projet de 1946, les limites qu’il a rencontrées, les pesanteurs qui, jusqu’à aujourd’hui, en ont entravé le développement. Ce projet, il importe de rappeler qu’il n’est pas sortiex nihilode la Seconde guerre mondiale. J’avais été, dans les années 1970, le premier à exhumer l’Organisation internationale de coopération intellectuelle, qui a fait ensuite, sur mon conseil, l’objet de la thèse de doctorat de JeanJacques Renoliet, utile introduction à un champ de recherche dont bien des dimensions demanderaient à être analysées dans le détail. L’OICI avait été voulue par la France et son bras armé, l’Institut (l’IICI), était déjà installé à Paris : l’investissement français dans ce domaine était notoire et, pour les Anglosaxons, agaçant. Reste que l’Office souffrit de la fragilité constitutive des organisations liées à la SDN, de l’élitisme d’une acception en effet plus « intellectuelle » que culturelle de sa mission et, bien entendu, de sa limitation aux pays occidentaux, voire européens. L’UNESCO entreprit de repartir d’un meilleur pied. L’organisation eut plus de moyens et un champ d’action plus large, correspondant à la prise de conscience des enjeux plus globaux, plus médiatiques et plus démocratiques de la notion de « culture », qui faisait au même moment (1948) son entrée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, largement issue du travail d’un Français, René Cassin. Il ne lui appartint cependant pas de pouvoir, dans un premier temps, transcender sa première limite qui était de rester, même élargi, le club des cultures occidentales dominantes. L’importance des treize années de la direction de René Maheu –qui aujourd’hui continue à passer, légitimement, pour l’« âge d’or de l’UNESCO » tient ainsi sans doute à la forte personnalité du directeur, mais il tient aussi à sa capacité à répondre à une nouvelle demande internationale : celle des pays du Tiersmonde.
Considéré à la date de 1974, année du départ de Maheu, mais avec le recul d’un tiers de siècle, le bilan de cette lourde machine administrative –dont, significativement, tout le monde dénonce la lourdeur sans jamais réussir à trouver la formule miracle qui permettrait d’alléger l’ensemble sans mettre en péril les programmes n’est pas négligeable, mais il peut décevoir les volontarismes. Incontestablement, l’UNESCO a fait progresser la conscience mondiale (« globale », diraton au XXIème siècle, par anglicisme) des enjeux culturels, et d’abord de ceux du patrimoine. « Patrimoine mondial », « patrimoine immatériel » : deux notions promues en son sein, postérieures à 1974 mais dont on retrouve ici la genèse. Mais les égoïsmes nationaux, les clivages idéologiques ont, plus qu’une éventuelle gabegie, paralysé ou, à tout le monde, alenti les ambitions, soit en empêchant un certain nombre d’initiatives, soit en en diluant l’intérêt par la recherche d’un consensus mou. L’épisode de la solennelleHistoire du développement scientifique et culturel de l’humanité, fiasco intellectuel, n’est qu’un exemple parmi d’autres, auxquels les historiens peuvent cependant être sensibles. La mondialisation culturelle s’est vertigineusement accélérée depuis 1946, selon une dynamique où entre une bonne part de technologie et d’économie, bref indépendante du volontarisme onusien. Mais ce serait faire preuve d’une sorte d’infirmité intellectuelle que d’en conclure que ce volontarisme a vécu. De même que s’il existe encore aujourd’hui un cinéma français est le résultat d’une politique interventionniste, au reste imitée ici et là, de même on ne voit pas comment les inégalités d’accès à l’éducation, à la création artistique et au savoir scientifique seraient atténuées par le simple jeu d’un marché qui les a toujours entretenues, et c’est le rôle de l’UNESCO que de servir de laboratoire sinon des théories du moins des pratiques de démocratie culturelle, qui ne sauraient être abandonnées aux aléas des politiques gouvernementales, donc nationales, donc autocentrées. Sans doute la vraie difficulté de l’UNESCO estelle, justement, d’être encore aujourd’hui trop une organisation d’états, pas assez une organisation de la « société civile ». Mais ceci est une autre histoire. Celle que nous écrit ici Chloé Maurel est pleine d’enseignements. Que demander de plus ? Pascal Ory
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