La transformation du service de l’information de Radio-Canada
145 pages
Français

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La transformation du service de l’information de Radio-Canada , livre ebook

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Description

L’ancienne journaliste Chantal Francoeur rend compte de la révolution qui a récemment eu cours au service de l’information de Radio-Canada : l’intégration des équipes d’information radio, télé et web et l’adoption du travail multiplateforme. Son livre invite le lecteur à entrer dans l’intimité de la salle des nouvelles radio-canadienne.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 janvier 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760535039
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Presses de l’Université du Québec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2
Téléphone : 418 657-4399 − Télécopieur : 418 657-2096
Courriel : puq@puq.ca − Internet : www.puq.ca

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Francoeur, Chantal
La transformation du service de l'information de Radio-Canada
Présenté à l'origine par l'auteur comme thèse (de doctorat – Concordia University), 2011
sous le titre : Choc des cultures, contre-discours et adaptation.
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 978-2-7605-3501-5 ISBN EPUB 978-2-7605-3503-9
1. Société Radio-Canada. Services d'information. 2. Radio – Émissions de nouvelles – Canada.
3. Téléjournaux – Canada. 4. Information électronique – Canada. I. Titre.
PN4914. R3F722 012 070.1'940 971 C2012-940 930-8


Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.
Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.
Mise en pages : A LPHATEK
Couverture : P RESSES DE L 'U NIVERSITÉ DU Q UÉBEC ET A GENCE C ODE


2012-1.1 –  Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
© 2012 Presses de l’Université du Québec
Dépôt légal – 3 e trimestre 2012 – Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Canada –
REMERCIEMENTS
Merci à Kim Sawchuk, professeure à l’Université Concordia, qui a supervisé la thèse de doctorat dont cet ouvrage est tiré. Merci à Alain Saulnier, ex-directeur de l’information à Radio-Canada, qui a ouvert les portes à cette étude. Merci à Danielle Maisonneuve, Danièle Bourassa et Eugénie Fortin, qui ont lu attentivement le manuscrit et proposé des ajustements et des corrections.
INTRODUCTION
DE TOPOS EN TOPOS POUR VOIR LE TOPO 1
Organiser le chaos. Choisir. Décider quoi mettre de côté. Mettre en marche l’immense machine d’information radio-canadienne.
Pour Haïti, Chabot fait un topo. Jarry s’occupe de la radio.
Pour la manif sur Guantanamo, j’envoie seulement une caméra.
Il y a une annonce du maire à 11h. Gentile et Chapdelaine couvrent. — Fais-tu une captation ? — Avons-nous un camion ? — Je vérifie.
La ministre sera à Maisonneuve à 11h. — OK, si on veut la clipper, on ira avec la caméra.
En économie, Maisonneuve sort son topo sur les jobs à Montréal. D’ailleurs, si ton joueur pouvait poser une question au maire Tremblay… Il s’est perdu 40 000 emplois.
À l’international, Alexandra est à Budapest. Il y aura un topo pour le  17 heures .
Pour l’Afrique, Sophie devrait être sur les plateaux de RDI et en blogue.
À la fin de la journée, avec la tempête, ça va être difficile pour les automobilistes à l’heure de pointe. Il faut prévoir une caméra.
OK. Des questions ? Des commentaires ?
Silence.
On part avec ça. Bonne journée !
La réunion d’affectation du matin prend fin. Une trentaine de personnes – des affectateurs, réalisateurs, secrétaires de rédaction – viennent de choisir les sujets du jour. Ces personnes vont maintenant confirmer leur mission à chacun des reporters. Elles vont leur préciser quel reportage réaliser ; pour quelle plateforme : radio, télé ou Web ; à quelle heure ; sous quelle forme : direct, converse préenregistrée ou reportage monté ; en combien de versions différentes. La cueillette d’entrevues, d’images, de sons, est lancée. La salle de nouvelles montréalaise de Radio-Canada vibre avec l’intensité qu’impose l’information continue.
Les artisans de la salle sont vite happés par la production. Les changements auxquels ils ont fait face il y a presque deux ans sont déjà loin. Ils ont pourtant vécu une révolution, aux dires des personnes qui ont présidé à ces changements. Les artisans ont vu toutes les salles de nouvelles de Radio-Canada être fusionnées ; le bureau d’affectation intégré a été créé ; les reporters radio, télé et Web ont été regroupés. C’est de cette révolution, l’intégration, dont il est question dans ce livre. L’ouvrage la décrit de l’intérieur.
À l’hiver 2010, les cadres, les gestionnaires et les journalistes organisaient l’intégration. Le déménagement des journalistes radio allait en être la manifestation la plus visible : ils se préparaient à rejoindre leurs collègues de la télé et du Web dans le Centre de l’information, le CDI. Cela signifiait une nouvelle façon de produire de l’information journalistique à Radio-Canada. Le fonctionnement unimédia, où chaque journaliste alimente une seule plateforme – radio, télé ou Web – allait se transformer en un journalisme multiplateforme. Une révolution culturelle se préparait au sein du radiodiffuseur public, un moment historique qu’il fallait documenter. Les questions sur l’intégration étaient nombreuses et riches ; elles permettaient d’explorer le fonctionnement du service de l’information de Radio-Canada.
Les trois questions principales explorées dans cet ouvrage sont les suivantes : pourquoi Radio-Canada intègre-t-elle ses équipes journalistiques ? Comment les journalistes radio-canadiens réagissent-ils ? Comment le journalisme radio-canadien change-t-il avec cette intégration ? Ces trois questions entraînent une série de sous-questions : comment Radio-Canada définit-elle l’intégration ? De quelle façon l’intégration changera-t-elle les routines des salles de nouvelles ? Quelle est l’organisation physique et spatiale prévue ? Quelles luttes de pouvoir entrent en jeu dans, et à la suite de, l’intégration ? Quelles répercussions aura l’intégration sur le choix des sujets, des sources, sur la méthode journalistique ? Quel sera l’effet de l’intégration sur les formats des nouvelles radio et télé et sur l’alimentation du Web ? Dans quel contexte médiatique mondial Radio-Canada réalise-t-elle l’intégration ? Dans quel contexte médiatique québécois Radio-Canada réalise-t-elle l’intégration ? Quelle est la différence entre la convergence et l’intégration ?
Au terme de la recherche, voici ce qui se révèle : l’intégration est l’adaptation ou l’appropriation radio-canadienne de la convergence. Radio-Canada prend ainsi ses distances du mot convergence tout en en adoptant sa discipline. Le radiodiffuseur public se transforme pour garder sa pertinence et accroître son influence. Cette transformation impose un changement de culture journalistique. Elle impose aussi un changement d’identité pour les journalistes radio-canadiens. Elle pourrait avoir des conséquences négatives sur les reportages produits par les journalistes : uniformisation et appauvrissement des topos, multiplication des erreurs de faits ou des imprécisions, sources moins diversifiées et délaissement des sujets complexes font partie des craintes des journalistes.
Paradoxalement, l’intégration – l’union des forces journalistiques – mène à une série de fragmentations dans les méthodes de travail et le quotidien des journalistes. Tout aussi paradoxalement, même si la justification première de l’intégration n’est pas de faire du meilleur journalisme ni d’améliorer la qualité des débats publics, au final, elle pourrait permettre plus de journalisme d’exclusivité et de journalisme d’enquête. Ce nouvel élan du journalisme reposerait sur un journalisme de routine, simplifié grâce à l’utilisation de messages formatés venant notamment de l’industrie des relations publiques. Les « techniciens du journalisme » utilisant ces messages formatés pourraient ainsi libérer du temps pour les reporters d’enquête. Parallèlement à ce mouvement, d’autres reporters pourraient vouloir profiter de l’intégration pour exercer leur créativité et explorer de nouveaux formats journalistiques.
Pour arriver à peindre ce portrait interprétatif, l’ouvrage présente une étude multidisciplinaire de l’intégration radio-canadienne : étude des discours sur l’intégration ; étude ethnographique des pratiques de production et de leurs transformations ; étude théorique de l’intégration et de la convergence.

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