Le feu vécu
324 pages
Français

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Description

Cet ouvrage boucle une première exploration de recherche-formation avec les éléments. Dans la dialectique des quatre éléments, le feu est essentiellement une énergie transformatrice : formatrice et/ou destructrice. Ces "expériences de feux éco-transfomateurs" sont d'abord explorées par un survol des rituels initiatiques. L'explicitation de relations personnelles nouées avec les pratiques du feu constituent le coeur de l'ouvrage. Les horizons explosifs du nucléaire, des énergies fossiles et des mythes prométhéens appellent aujourd'hui de nouvelles générations du feu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 avril 2015
Nombre de lectures 7
EAN13 9782336375403
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
4e de couverture
Ecologie et Formation
Ecologie et Formation
Collection dirigée par Dominique Cottereau et Pascal Galvani
Cette collection veut explorer les relations formatrices entre les personnes, les sociétés et l’environnement : formation de soi et/ou d’une société dans son rapport aux matières, aux éléments, aux milieux naturels et urbains et, réciproquement, formation de l’environnement par ses occupants. La survie écologique implique ces écoformations et leurs prises de conscience pour inventer une nouvelle identité terrienne, transformant nos rapports d’usage en rapports du sage pour un développement durable.
Ces ouvrages s’adressent à toute personne intéressée par les liens entre formation et environnement : animateurs, enseignants, formateurs, éducateurs à l’environnement, praticiens et chercheurs.

Dernières parutions

Dolorès CONTRE MIGWANS, Une pédagogie de la spiritualité amérindienne, 2013.
Christian VERRIER, Marcher, une expérience de soi dans le monde. Essai sur la marche écoformatrice, 2011.
Peter RAINE, Le chaman et l’écologiste. Veille environnementale et dialogue interculturel, 2006.
G. PINEAU, D. BACHELART, D. COTTEREAU, A. MONEYRON (coord.), Habiter la terre. Ecoformation terrestre pour une conscience planétaire, 2005.
Anne MONEYRON, Transhumance et éco-savoir. Reconnaissance des alternances écoformatrices, 2003.
Gaston PINEAU, René BARBIER (coord.), Les eaux écoformatrices , 2001.
Dominique COTTEREAU, Formation entre terre et mer. Alternance écoformatrice, 2001.
Titre
Pascal Galvani, Gaston Pineau, Mohammed Taleb (Coord.)






Le feu vécu

Expériences de feux éco-transformateurs


Préface de Jean-Jacques Wunenburger
Copyright














Ouvrage publié avec l’aide du Centre de Recherche en Éducation et Formation Relatives à l’Environnement et à l’Écocitoyenneté de l’Université du Québec à Montréal
http://www.centrere.uqam.ca



© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-72551-2
P RÉFACE : Une symbolique de la métamorphose de la vie (J.J. Wunenburger) 1
Les grandes civilisations (Occident, Chine, Inde) ont inventé l’écriture, l’étude des lettres, le travail intellectuel pour former l’homme, développer ses capacités, sa conscience, sa culture. Ainsi l’homme accède à l’instruction, à la science et au plus haut à la sagesse. Mais elles ont parfois fini par oublier que l’humanité disposait d’une autre voie, non plus anthropopoïétique, mais biomimétique, qui cherchait dans la nature, les éléments premiers du cosmos, les clés, les schèmes, les orientations du devenir humain. Telle est aussi la voie retrouvée de nos jours par l’éco-cosmo-formation qui cherche à rapatrier dans la civilisation développée, intellectualisée, algébrisée, axée sur la formation intérieure (au sens de la connaissance de soi intérieure, augustienne, exposée dans ses « Confessions »), les voies traditionnelles (chamaniques) d’une formation comportementale, corporelle, symbolique par l’expérience du dehors (au sens du « monde du dehors » cher à Kenneth White). La tétralogie cosmologique de l’eau, de la terre, de l’air et du feu, est ainsi redécouverte comme l’encyclopédie vivante, verbomotrice, onirique et symbolique du monde pour mieux devenir humain en habitant sur terre.
Un don sacré
Chaque élément du cosmos dispose de sa musique, de son alphabet, de son langage, de sa sémantique et de sa syntaxe pour parler de manière savante, pour formuler des actions, des paroles, des rites et des rêves. A chaque « Bildung » (formation, éducation), au sens goethéen de découvrir, d’actualiser, d’amplifier ce langage de la symphonie matérielle du cosmos et de ses archétypes. Parmi les quatre éléments, le feu arrive sans doute en premier dans l’ordre de la découverte empirique (la préhistoire a peut-être commencé par la « guerre du feu » dans le film de JeanJacques Annaud et Bachelard a commencé à parcourir l’imaginaire des matières par une psychanalyse du feu) et en dernier dans l’ordre de la récapitulation axiologique, comme l’a pressenti Gaston Pineau. Cette écoformation humaine par le feu clôt ainsi la somme matérielle du quadrivium de la foi des peuples premiers, mais aussi de plus en plus des acteurs inquiets et déboussolés de la postmodemité. Le feu représente sans doute l’élément le plus riche et complet du cosmos, qui permet de concentrer, de déployer, de parcourir les matrices et les étapes de ce que l’homme doit apprendre pour habiter humainement le monde et réaliser son potentiel de forces physiques et psychiques. Lumière et chaleur (du soleil céleste et du feu terrestre), concentrées en certaines matières vouées à la consumation, recèlent un précipité de l’agir et du vivre, emmêlant fascination et répulsion, exaltation et angoisse, sentiments ambivalents irrépressibles de tout être pyrophile voire pyromane. Car le feu, s’il est parfois achéiropoïétique, non fait de main d’homme (incendie naturel, foudre, volcan, chaleur solaire) – et il devient alors vite terrifiant – est aussi l’élément anthropologique par excellence. Le feu est T’œuvre » de l’homme. Si la terre, l’eau et l’air sont des environnements naturels déjà là, qui nous échappent, le feu est le plus souvent le résultat d’une invention, d’une fabrication intentionnelle, mais aux effets généralement imprévus, incontrôlables, donc encore dangereux jusqu’à entraîner autant la mort que la vie. Comme le rappellent les mythes grecs, celui de Prométhée, entre autres, le feu est sacré, acquis par l’homme en dépôt comme une force qui le dépasse, mais dont il a la garde pour en faire un usage aussi bien fécond et bienfaisant que néfaste et mortifère. Il est généralement reçu d’une flamme préalable (la flamme olympique) ou d’un maître antérieur (d’où l’importance des pères dans la transmission de son art), mais aussi toujours un peu interdit, et donc lié à quelque danger et transgression. Il est de la responsabilité de l’homme qui s’en est souvent servi de manière irresponsable, comme en témoigne la crise des énergies aujourd’hui ou l’usage terrifiant de la bombe atomique, feu nucléaire infernal. Mais le feu a aussi doté l’homme d’outils et de machines qui lui permettent de mieux survivre sur terre.
L’art du feu
Pourtant le feu, tant désiré par l’homme pour répondre d’abord à des besoins (cuire, se chauffer) oblige en même temps à contraindre le désir pour ne pas devenir un apprenti sorcier. Faire un feu, conserver un feu nécessitent intelligence, adresse, patience, attention, premières vertus de celui qui ne peut plus se reposer sur ses instincts pour vivre et s’adapter comme l’animal. Le feu donne du travail et son effet est humanisant et civilisateur. Les rites (institutionnalisés par les religions ou réinventés par chacun au coin du feu de sa cheminée) du feu montrent combien il faut le domestiquer, le cultiver, le sacraliser (en l’approchant selon des règles toujours sur le point d’être transgressées). Rude et délicate école où l’homme apprend la résistance des éléments et des choses (leçon chère à Bachelard), découvre l’effort, la ruse, la persévérance. Et les métiers du feu – à commencer par l’antique forgeron dont Eliade a sculpté la figure archétypale pour finir par le souffleur de verre – sont plus que d’autres, subtils, contraignants, chargés de secrets ; il n’est pas donné à chacun de s’y exercer, d’où les maîtres du feu, que l’on peut réincarner même en veillée familiale. Le feu est l’expression même, moins de la nature que de l’art et même de la technique, et toute vraie technique, créatrice d’un artefact qui vient modifier et enrichir la nature, est une dimension de la conquête de l’homme, seule créature à être si démunie à la naissance.
L’épreuve du feu
Une fois le feu allumé, il s’impose comme un élément puissant par ses effets, la brulure, la consumation des matières, mais aussi redoutable, dangereux, menaçant. Le feu initi

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