Une ligue fermée peut-elle voir le jour ?
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Description

Une ligue fermée peut-elle voir le jour ? APat McQuaid a su s'attirer les faveurs des principales équipes professionnelles, principalement anglo-saxonnes. Le patron de l'UCI avait même pris soin de les flatter en érigeant une frontière entre leurs pratiques en matière de dopage et celles de la "vieille Europe", jugées parfois trop laxistes. L'affaire avait fait grand bruit, mais McQuaid avait atteint son but : conserver dans son giron les formations les plus puissantes, celles qui pèsent financièrement et sportivement. Tout allait donc pour le mieux jusqu'à ce que l'impensable devienne réalité. Un renversement de situation imprévu. Ces équipes, qu'il avait dorlotées, agissent désormais en sous-main pour ériger une nouvelle instance concurrente de l'"officielle", l'UCI. Meneurs de la fronde, deux des managers les plus influents du peloton, Johan Bruyneel (Radio Shack) et Jonathan Vaughters (Garmin-Cervélo), paraissent déterminés à mener à bien leur entreprise. Leur référence ? La NBA ou la Formule 1. Soit une ligue fermée, sans montée ou descente, où seules figureraient quelques formations triées sur le volet selon des critères économiques. Impossible à mettre en place à court terme, ce système, explique Vaughters, représente l'avenir. "Ce modèle est meilleur que l'actuel. C'est vrai aussi bien pour les coureurs que pour les équipes, ça ne fait pas l'ombre d'un doute, assure le patron de l'équipe méricaine.

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Date de parution 03 mai 2011
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Langue Français

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Une ligue fermée peut-elle voir le jour ?

APat McQuaid a su s'attirer les faveurs des principales équipes professionnelles, principalement anglo-saxonnes. Le patron de l'UCI avait même pris soin de les flatter en érigeant une frontière entre leurs pratiques en matière de dopage et celles de la "vieille Europe", jugées parfois trop laxistes. L'affaire avait fait grand bruit, mais McQuaid avait atteint son but : conserver dans son giron les formations les plus puissantes, celles qui pèsent financièrement et sportivement. Tout allait donc pour le mieux jusqu'à ce que l'impensable devienne réalité. Un renversement de situation imprévu. Ces équipes, qu'il avait dorlotées, agissent désormais en sous-main pour ériger une nouvelle instance concurrente de l'"officielle", l'UCI. Meneurs de la fronde, deux des managers les plus influents du peloton, Johan Bruyneel (Radio Shack) et Jonathan Vaughters (Garmin-Cervélo), paraissent déterminés à mener à bien leur entreprise. Leur référence ? La NBA ou la Formule 1. Soit une ligue fermée, sans montée ou descente, où seules figureraient quelques formations triées sur le volet selon des critères économiques. Impossible à mettre en place à court terme, ce système, explique Vaughters, représente l'avenir. "Ce modèle est meilleur que l'actuel. C'est vrai aussi bien pour les coureurs que pour les équipes, ça ne fait pas l'ombre d'un doute, assure le patron de l'équipe méricaine. Et ce serait insensé de ne pas y penser (à instaurer une ligue privée)". En pointe sur le dossier, Radio Shack, Garmin-Cervélo, Saxo Bank, Movistar et Quick Step ont reçu le blanc-seing de six autres équipes favorables équipes favorables à la scission, mais en retrait : HTC-High Road, Leopard-Trek, Liquigas, Omega Pharma-Lotto, Rabobank et Sky. McQuaid a-t-il été pris de court par ses propres alliés ? Ce projet, qui s'il venait à voir le jour mettrait clairement en péril la souveraineté de l'UCI, tend à le démontrer. Et la menace est bien réelle. Contacté par les équipes en question, Angel Zomegnan a confirmé l'existence de discussions en ce sens. "Il existe un risque de scission avec l'UCI, c'est évident", a confié le patron du Giro. Face à cette dissidence, McQuaid joue l'apaisement. "Ces ligues fonctionnent très bien en Amérique du Nord, notamment pour des sports comme le baseball, mais ce sont des structures à part entière. Le cyclisme est unifié autour de 175 fédérations liées à l'UCI, explique l'Irlandais sur le site cyclingnews. Nous sommes l'instance internationale reconnue par le CIO. C'est fondamental". Et l'homme fort de l'UCI de prophétiser un échec en rase campagne pour les formations dissidentes. "Le rôle des managers est de préparer leurs coureurs pour les courses et de les gagner. Je crois qu'ils ont perdu le sens des réalités. Dans le vélo, il y a l'UCI, les équipes et les organisateurs. Le problème, c'est que certains managers ont une ambition démesurée et aimeraient devenir organisateurs. Je ne vois pas comment cela pourrait marcher. C'est de la folie". Astana, Lampre, Vacansoleil et Katusha ainsi que l'ensemble des équipes françaises partagent cet avis. "L'attitude de ces onze équipes va à l'encontre des règles démocratiques, déplore Andreï Tchmil, manager de Katusha. Leur attitude est suicidaire". Bien qu'il se place au-dessus des débats, McQuaid sent bien les implications que comporte une telle démarche. La finalité étant bien évidemment de se soustraire à la mainmise de l'UCI et, en quelque sorte, de marginaliser l'instance internationale qui serait cantonnée aux tâches subalternes (courses secondaires, équipes continentales, calendrier espoir...). Ainsi délestées de son influence, rien ne s'opposerait à ce que les équipes devenues des franchises choisissent ellesmêmes les règles du jeu, en matière de politique sportive (calendrier, barème de points,...) ou de lutte antidopage (fréquence des contrôles, niveau de tolérance, passeport biologique, sanctions...). Pour ce faire, les "sécessionnistes" devront convaincre les organisateurs, ASO en tête, de les suivre dans cette voie. Sans leur soutien, tout projet de ce type est mort-né. Avant que les relations ne se réchauffent entre l'UCI et l'omnipotent organisateur (Tour de France, Critérium du Dauphiné, Paris-Nice, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Tours...), la position d'ASO n'aurait fait aucun doute. Le contexte actuel s'y prête moins. Quoi qu'il en soit, l'irruption de cette menace de scission est à mettre en parallèle avec les polémiques actuelles. En effet, comment ne pas y voir un moyen de pression activé par les puissantes formations anglo-saxonnes visant à faire plier l'UCI sur un certain nombre de sujets ? Le débat sur les oreillettes, par exemple, est toujours au point mort, chacun campant sur ses positions. Le départ de Johan Bruyneel, suivi par bon nombre de managers, lors d'une conférence de presse organisée à Bruxelles pour protester contre la présence de trois journalistes (Rodrigo Beenkens, Philippe Brunel, Patrick Chassé) venus donner leur avis, n'est qu'un énième ricochet d'une interminable affaire. "L'UCI a adopté un règlement sur les oreillettes avec lequel nous ne sommes pas d'accord", a indiqué Roberto Amadio, manager de Liquigas. Se couper définitivement de l'UCI pour éviter de subir sa politique, voilà peut-être la solution miracle auxquelles pensent les onze équipes sécessionnistes. Mais si décision politique il y a, il ne faut pas non plus omettre l'aspect pécuniaire du projet. Un tel système favoriserait à coup sur l'exposition médiatique. Ce faisant, on assisterait probablement à l'afflux de nouveaux sponsors attirés par ce potentiel télévisuel. "Je me demande si vous, coureurs, profiterez des bénéfices financiers qu'ils recherchent. Je suis loin d'en être convaincu". Par cette phrase, McQuaid faisait allusion aux propos attribués à Johan Bruyneel, lequel affirmait : "Je suis en train de mettre sur pied quelque chose de grand... Mais vous verrez bien..." Un nouveau front est donc ouvert et personne n'est en mesure de présager de la tournure que vont prendre les évènements. L'attitude de l'UCI sur certains sujets clés (oreillettes, dopage) -son intransigeance ou au contraire son ouverture- décidera de l'avenir de ce projet fou.

Des règles propres en matière de lutte antidopage

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