Dis, c’est quoi les droits de l’enfant ?
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Description

Au regard de l’histoire, la notion de droit de l’enfant est un concept relativement nouveau. Pendant des siècles, les enfants ont été exploités, abandonnés et même vendus en toute impunité. La prise de conscience que le petit de l’homme peut exister en tant qu’être humain à part entière, sujet de droit en son propre nom, ne se fera que très progressivement.


Malgré les avancées importantes des dernières décennies, beaucoup reste à faire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les pays sous-développés ou en développement ne sont pas les seuls concernés, loin s’en faut. Dans un environnement troublé par des crises identitaires, les obsessions sécuritaires et les inégalités croissantes, il est temps, plus que jamais, de miser sur la jeunesse et de mettre tout en œuvre pour favoriser son épanouissement. Fidèle au principe de la collection, Bernard De Vos se prête au jeu des questions-réponses : comment en est-on venu à reconnaître des droits aux enfants ? Quels sont les moyens de lutte contre les violations de ces droits ? Et les devoirs dans tout ça, n’a-t-on pas tendance à les négliger ?


Bernard De Vos est Délégué général aux droits de l’enfant pour la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2008. Éducateur spécialisé et islamologue, il a participé à l’écriture de plusieurs ouvrages collectifs et publié en 2000 Les Apaches des parkings. Adolescents des villes et des ghettos.


Françoise Tulkens, professeur honoraire à la Faculté de droit de l’Université catholique de Louvain, a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme de 1998 à 2012.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9782507055608
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Dis,

c’est

quoi

les droits

de l’enfant ?





Bernard De Vos
Dis, c’est quoi les droits de l’enfant ?
Renaissance du Livre
Avenue du Château Jaco, 1 – 1410 Waterloo
www.renaissancedulivre.be
Renaissance du Livre
@editionsrl
directrice de collection : nadia geerts
maquette de la couvertur e : aplanos

isb n : 978-2-507-05560-8

Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.
Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est strictement interdite.







Une conscience qui sonne l’alarme

Ce livre-entretien avec Bernard De Vos est unique et il nous concerne tous. Avec une force, une lucidité et une intelligence rare, il contient une vision d’une « éducation » des jeunes à la fois responsable et démocratique, respectueuse et émancipatrice. C’est celle-ci qui donne crédit à l’analyse qu’il mène, sans concession, des situations les plus critiques auxquelles ceux-ci sont actuellement confrontés.
En 2008, personne ne l’attendait, pas même lui, au poste de Délégué général aux droits de l’enfant, cet organe de surveillance et de contrôle créé en 1991 dans la foulée de la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par les Nations unies le 20 novembre 1989, et du décret de la Communauté française du 4 mars 1991 relatif à l’aide à la jeunesse. Comme toute institution, celle-ci aurait pu rester une coquille vide, mais elle est véritablement devenue, au fil du temps, une « conscience qui sonne l’alarme », pour reprendre l’expression de P.-H. Teitgen en 1949 à propos de la Cour européenne des droits de l’homme. Plus que jamais, au moment où les repères se brouillent, où les inégalités et les injustices se creusent, nous avons besoin d’une autorité morale, d’une parole libre et indépendante.
Parmi les différentes questions essentielles abordées par Bernard De Vos dont je partage depuis longtemps les convictions et les engagements, je voudrais simplement en souligner trois.
Tout d’abord, même si c’est une évidence, il faut le rappeler sans cesse : les droits de l’enfant sont des droits humains, des droits fondamentaux comme tous les autres et avec tous les autres. Les enfants et les jeunes ont droit, de la même manière et sans discrimination, à la vie et à la vie privée, à une justice indépendante et impartiale, à la liberté d’opinion, de conscience et d’expression. Ils ont droit aussi, sans hiérarchie aucune, à la santé et à un environnement sain, à la culture et à l’éducation. C’est en reconnaissant pleinement aux enfants et aux jeunes leurs droits, en leur accordant la dignité de sujets de droit, qu’ils pourront accéder à la responsabilité et aux devoirs. Il n’y a pas d’autre voie et celle-ci nous engage collectivement.
Par ailleurs, si les droits humains constituent pour tous et surtout pour les plus vulnérables un « bien précieux » ( a precious asset , comme le disent sobrement les Anglais), ils sont aujourd’hui mis en cause et le danger de régression est bien réel. La pauvreté, qui plonge ses racines dans le terreau des injustices sociales, est une insulte aux droits humains et le « fossoyeur des droits de l’enfant 1 » . Les mesures d’austérité, aveugles et sourdes aux droits humains élémentaires, sont des mesures irresponsables dont les gouvernements devront assumer la responsabilité. En période de crise, le respect des droits humains n’est pas un luxe mais une nécessité.
Enfin, les enfants dans la migration sont une préoccupation cruciale. Il ne s’agit pas de la crise des réfugiés comme on le dit de manière inexacte, mais de la crise de la politique d’asile en Europe, dont les enfants subissent les conséquences de plein fouet. Nous le savons, car toutes les études le montrent : la privation de liberté et la détention des jeunes migrants handicapent lourdement leur avenir et sont intolérables. Quant à la situation des filles et des garçons dans les fameux hotspots , elle est tout simplement dramatique, comme le montrent les rapports de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne 2 . Sans compter les milliers de mineurs isolés disparus et oubliés à tout jamais. Com­ment l’histoire, comment nos enfants, nos petits-enfants jugeront-ils ces « traitements inhumains ou dégradants », interdits de manière absolue dans tous les instruments universels et régionaux de protection des droits humains, dont nous sommes les témoins, sinon les acteurs involontaires ?
Au milieu de l’entretien avec Bernard De Vos, une question dérangeante survient à propos de l’école, qui est à la fois un lieu de socialisation et de désocialisation, mais c’est une question que l’on peut étendre à d’autres situations problématiques. « Et on ne peut rien faire pour changer ça ? » La réponse est simple : oui, si nous prenons la peine de voir et d’écouter les lanceurs d’alerte.
Il n’est pas vain, à notre époque où l’individualisme bien plus que l’individu est devenu incontournable, de s’interroger sur les qualités humaines qui rassemblent celles et ceux qui choisissent de défendre les droits des autres, les droits des jeunes et des enfants. On leur imagine une aptitude plus aiguisée à repérer et dénoncer les injustices, les inégalités, les discriminations, un talent pour l’indignation. On leur prête aussi une résistance farouche à cette tendance qui consiste à considérer la solidarité, la tolérance et le partage comme des valeurs dépassées dans un monde du « chacun pour soi » où il est devenu acceptable de considérer les êtres humains comme les dégâts collatéraux de toutes les guerres, qu’elles opposent des militaires ou des financiers au reste du monde. Est-ce que nous pouvons en trouver dans la rue ? Oui, car c’est dans la rue que Bernard De Vos a commencé son travail comme éducateur, dont la mission, parfois si peu respectée, est d’élever, c’est-à-dire de placer plus haut. La rue, cet espace encore public où se croisent le riche et le pauvre, le malade et le médecin, les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les petits et les grands, ceux d’ici et ceux d’ailleurs. La rue, ce lieu de toutes les rencontres et de tous les dangers réels et irrationnels. C’est là que s’est enraciné le dessein d’un homme d’accompagner les enfants vers une vie digne, en dépit de leur parcours, leur histoire, leurs antécédents parfois déviants ou délinquants, toujours douloureux.
Peut-être que ce qui rassemble celles et ceux qui défendent les droits, c’est aussi une part de folie, peut-être même des grandeurs. Après avoir d’abord franchi le seuil d’un hôpital psychiatrique pour en redessiner le projet sur une base plus respectueuse des jeunes pensionnaires où il a dénoncé leur prise en charge abrutissante, Bernard De Vos a créé un projet baptisé « Babylone », ville mythique aux proportions immenses et aux monuments grandioses. Ce qu’il faut retenir du symbole, c’est la portée politique et culturelle de la construction d’un édifice où chacun a sa place, surtout ceux qui marchent sur les lignes ou entre les lignes, les inclassables et les incapables, les abandonnés du système. Après « Babylone », il y a « Samarcande », du nom de ce carrefour des cultures, qui signifie « lieu de rencontre » et « lieu de conflit ». Le lieu parfait pour y accueillir ce que certains appellent « toute la misère du monde » qui, en réalité, est sa richesse quand on arrête de compter en euros ou en dollars. La suite est plus connue et s’encombre moins des euphémismes. C’est que le monde avance plus qu’il n’évolue et que les victimes collatérales sont nombreuses, surtout jeunes, très jeunes. Alors, c’est « SOS Jeunes ! », comme un cri, une alarme. Il y aura encore « Solidarcité », « Synergie 14 », et « Seuil », comme une boucle bouclée qui ramène à cet hôpital psychiatrique des débuts de l’histoire.
Dans un livre devenu phénomène sur les Apaches, ces adolescents des villes et des ghettos de notre société, Bernard De Vos pose les questions essentielles : « Est-il pensable qu’une société puisse prospérer dans un climat de crainte permanente vis-à-vis de sa propre jeunesse ? Est-il raisonnable de croire que nous pourrons maintenir longtemps encore cette jeunesse en quarantaine pour tenter de faire l’économie d’une analyse fondamentale des causes de l’exclusion sociale qui la touche de plein fouet ? Une politique de crise et d’urgence, telle qu’elle tend aujourd’hui à se généraliser en matière de jeunesse, ne fait qu’accroître de manière déraisonna­ble le fossé, le décalage entre les aspirations des jeunes (argent, reconnaissance, emploi, formation) et les moyens institutionnels qui sont mis à leur disposition pour qu’ils les réalisent. A contrario , le renforcement du contrôle sous toutes ses facettes, l’accroissement et la banalisation de la répression, loin de constituer des réponses valables, ne peu­vent que contribuer lourdement à amplifier les tensions sociales que les adolescents, premiers à les subir, seront toujours les premiers à dénoncer ! » C’était en 1999. Qu’avons-nous appris ? Qu’avons-nous retenu ? Qu’avons-nous simplement fait pendant tout ce temps ?
Bernard De Vos, lui, a poursuivi sa voie, avec la créativité et l’exigence qui sont les siennes, avec son sens profond de la conviction et de la responsabilité. Il trouve aujourd’hui légitimement sa place à la table des décideurs, tout en gardant l’estime de la rue où l’on est allé le chercher.
Le Délégué général aux droits de l’enfant livre un message essentiel. Les droits des enfants sont sacrés, de ce sacré loin des religions, de celui qui unit les femmes et les hommes, sur un pied d’égalité, dans une société juste qui prouve sa maturité en les reconnaissant à tous.
Françoise Tulkens



1 . B. De Vos , « La pauvreté est un fossoyeur des droits de l’enfant », Journal du droit des jeunes , n° 330, décembre 2013, p. 5.

2 . Voy. Agence des droits fondamentaux de l’Union euro­péenne (FRA), European legal and policy framework on immi ­ gration detention of children , Luxembourg, Bureau des Publi-cations de l’Union européenne, 2017.












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