Le basculement géopolitique de l Afrique des Grands Lacs
166 pages
Français

Le basculement géopolitique de l'Afrique des Grands Lacs

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Les événements de la décennie 1990 au Burundi, au Rwanda et en République Démocratique du Congo ont entraîné le bouleversement de la géopolitique au sein de l'Afrique des Grands Lacs. La déstabilisation actuelle de l'Est de la RDC a pour origine le génocide rwandais de 1994. À travers cet ouvrage, l'auteur analyse les axes principaux du bouleversement de l'Afrique des Grands Lacs.

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Date de parution 27 novembre 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782140106316
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait


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Les événements de la décennie 1990 au Burundi, au Rwanda et en République Démocraïque du Congo ont entraîné le bouleversement de la géopoliïque dans l’Afrique des Grands Lacs. La déstabilisaïon actuelle de l’Est de la RDC a pour origine le génocide rwandais de 1994. Des Rwandais hutu ont quiTé le Rwanda suite aux représailles des Forces du Front Patrioïque Rwandais qui a pris le pouvoir à Kigali. Environ un million et demi de Hutu ont trouvé refuge à l’Est de la RDC. L’arrivée massive des réfugiés hutu rwandais à l’Est du Congo après la prise de pouvoir par le FPR au Rwanda eut des conséquences lourdes sur le Congo : d’une part, l’aggravaïon de la tension préexistante entre ethnies a accentué une situaïon déjà explosive ; et, d’autre part, la présence des réfugiés aux fronïères rwandaises consïtuait une menace pour le pouvoir à Kigali.
À travers cet ouvrage, l’auteur indique les axes principaux du bouleversement de l’Afrique des Grands Lacs.
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la-Neuve. Il a obtenu un master 120 en Relaîons internaîonales à l’UCL et une licence en Théologie Politique à la Weston Jesuit School of Theology actuellement intégrée dans Boston College (USA).
ISBN : 978-2-343-16040-5 18
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LAFRIQUE DES GRANDS LACS
LE BASCULEMENT GÉOPOLITIQUE DE L’AFRIQUE DES GRANDS LACS Décennie 1990
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Le basculement géopolitique de l’Afrique des Grands Lacs Décennie 1990
L’Afrique des Grands Lacs Collection dirigée par Filip REYNTJENS  Cette collection publie des ouvrages d’« histoire immédiate » sur la région qui englobe le Rwanda, le Burundi, l’est de la République Du Congo, l’ouest de l’Ouganda et de la Tanzanie. Outre lesAnnuairessur la région, dont le premier volume remonte à 1997, la collection comporte des monographies. Titres parus S. MARYSSE et F. REYNTJENS (dir.),L’Afrique des Grands Lacs, annuaire 2001-2002.S. MARYSSE et F. REYNTJENS (dir.),L’Afrique des Grands Lacs, annuaire 2000-2001. Peter UVIN,L’aide complice. Coopéation internationale et violence au Rwanda. Filip REYNTJENS,La guerre des Grands Lacs ; Alliances mouvantes et conflits extraterritoriaux en Afrique Centrale. Vincent NTEZIMANA,La justice belge face au génocide rwandais. L’affaire Ntezimana. S. MARYSSE et F. REYNTJENS (dir.),L’Afrique des Grands Lacs, annuaire 1997-1998. J.-P. GODDING (présenté par),Réfugiés rwandais au Zaïre. Sommes-nous encore des hommes ?,préf. F. Reyntjens. François-Xavier MUNYARUGERERO,Réseaux, pouvoirs, oppositions, la compétition politique au Rwanda. James GASANA,Rwanda : du parti-Etat à l’Etat-garnison.
Alain FlavienN’KISI
Le basculement géopolitique de l’Afrique des Grands Lacs
Décennie 1990
Préface de Tanguy de Wilde d’Estamel
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16040-5 EAN : 9782343160405
Préface
Les leçons du passé et les défis d’avenir pour l’Afrique des Grands Lacs
Il n’est pas toujours aisé de décrypter sur la scène internationale les tournants majeurs qui vont provoquer des changements de paradigme au niveau régional. L’Afrique des Grands Lacs, circonscrite ici au Congo (RDC), au Rwanda et au Burundi, émerge au moment de la décolonisation dans un environnement mondial bipolaire au sein duquel le tiers-monde tente de trouver sa place. Mais le prisme Est-Ouest supplante le rapport Nord-Sud : la coopération tient peu compte des réalités locales, notamment des différends ethniques ; elle s’assure que les partenaires ne cèdent pas aux sirènes communistes en versions tropicales. Néanmoins, quand le mur de Berlin puis l’URSS s’effondrent, tout ce que le duopole américano-soviétique avait maintenu dans le formol s’échappe du bocal politique. Les dirigeants africains, moins courtisés par l’Occident, ne peuvent plus masquer leurs penchants autocratiques : la démocratisation devient une quête en interne et un souhait en externe. Elle est stimulée par les peuples où les paroles se libèrent. Cet espace de liberté qui se crée ravive aussi des tensions ethniques que la centralisation autoritaire était parvenue à juguler sinon à faire oublier. Tous les ingrédients sont réunis pour des changements majeurs : une démocratisation qui balbutie, peine à trouver un équilibre, n’aboutit finalement guère pour laisser plutôt la place à des transitions autoritaires ; des affrontements ethniques qui virent aux massacres et font perdurer une instabilité régionale ; et une guerre interafricaine qui se poursuivra au-delà des années 1990. Le tout sous les yeux parfois ébahis de partenaires occidentaux férus de bonne gouvernance et de principes démocratiques mais hésitant entre l’abstention et
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l’intervention, l’une et l’autre pouvant apparaître coupable, complice ou inappropriée. La fin du vingtième siècle fut celle des désillusions dans l’Afrique des Grands Lacs. Les éléments structurants de la période de la guerre froide, certes contestables, n’ont pas été d’emblée remplacés par un modus vivendi tendant à l’harmonie. De l’autoritarisme postcolonial, on est passé à une démocratisation tantôt impossible, tantôt factice, prélude à un chaos, génocidaire par endroits, déstabilisateur partout, auquel seul un autoritarisme paré de nouveaux atours, pourra mettre plus ou moins fin. Les hommes ont changé, les équilibres ont été rompus, mais le siècle s’achèvera de manière sombre. Alain N’Kisi a le mérite d’indiquer à travers cet ouvrage les axes principaux de ce basculement de la fin des années 1990 : les régimes qui vacillent, les institutions qui chancellent, les nouveaux acteurs qui tirent les marrons du feu, les leviers de pouvoir qui changent de mains aussi bien au sein des pays des Grands Lacs qu’entre ceux-ci, le tout sous le regard de populations fatiguées qui n’aspirent qu’à la paix et la stabilité. L’auteur procède à cet examen avec ses sensibilités propres et livre une analyse qui, assurément, n’épuise pas le débat ouvert par le passé récent mais tente de dégager les forces profondes qui ont conduit aux mutations géopolitiques de la région des Grands Lacs. Depuis lors, certaines parties de cette région ont vu leur situation s’améliorer, des processus électoraux, imparfaits, ont eu lieu, le despotisme quand il subsiste semble plus éclairé, mais on est loin d’un cycle vertueux alliant stabilité sécuritaire, développement socio-économique et démocratie politique.
Trois regards peuvent être portés sur l’analyse effectuée par l’auteur de cet ouvrage. Le premier commence par être réaliste, puis néo-réaliste. Fataliste, froid, le réaliste conclura à la lecture de la trame des événements tissée par Alain
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N’Kisi que les jeunes Etats doivent se former, se forger, s’identifier par la guerre qu’elle soit civile ou interétatique. Constat désolant, mais finalement peu étonnant à l’échelle de l’histoire. Après tout, les valeurs de paix et de démocratie tant mises en exergue en Europe ne datent que de 1945, voire de 1989 pour certaines parties du continent. Plus scrutateur, le néo-réaliste s’intéressera davantage à la redistribution de la puissance dans une Afrique des Grands Lacs où le cadre institutionnel de coopération, la CEPGL, ne fonctionne plus adéquatement. Les faiseurs de rois ont changé : ils ne sont plus au Zaïre, mais à Kampala ou à Kigali. Un deuxième regard, plus marqué par l’institutionnalisme libéral, recherchera précisément les éléments qui dans cette nouvelle configuration sont malgré tout des prémices sinon des gages d’une coopération recouvrée entre les pays des Grands Lacs. Et s’interrogera sur l’efficacité de l’Union africaine par exemple ou le rôle des organisations sous-régionales. Enfin, un dernier regard, constructiviste, résolument optimiste et tourné vers l’avenir, tentera d’analyser tout ce que les pays africains sont parvenus à s’approprier en termes de gouvernance harmonieuse (la « Renaissance africaine » et ses suites, par exemple) et pourquoi ils devraient prendre part à l’importance croissante d’un continent en pleine ascension. Le dynamisme démographique de l’Afrique atteste aussi de la résilience des populations qui passent outre leurs malheurs pour se projeter dans les générations futures. Puisse ce livre montrer les voies à ne plus suivre et celles à emprunter.
Tanguy de Wilde d’Estmael Professeur à l’Université catholique de Louvain Institut de Sciences politiques Louvain-Europe
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