Les États-Unis d’Europe, pour notre sécurité et notre défense !Nouveau livre
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Description


L’Europe fédérale, les États-Unis d’Europe, conditionnent l’armée européenne. Celle-ci garantirait notre sécurité, s’opposerait au terrorisme islamiste, à l’agressivité de Poutine et d’Erdogan, à l’imprévisibilité de Trump. Elle assurerait le rayonnement de nos valeurs, la protection de nos intérêts et notre avenir. Elle mettrait progressivement fin à la gabegie des budgets européens de défense : ils sont de 200 milliards d’euros, un tiers du budget du Pentagone, mais nos 1 500 000 militaires ne produisent que 5 à 6 % des capacités créées par les 980 000 militaires des USA.



Après une carrière de logisticien, puis d’administrateur militaire, Jean Marsia est nommé Directeur de l’enseignement académique de l’ERM en 2003. Il l’adapte aux Espaces européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, à la politique européenne de sécurité et défense, ainsi qu’au programme Erasmus. Colonel en retraite depuis 2010, il entame une thèse en sciences politiques, sur la défense européenne, qui lui vaut de devenir le conseiller Défense du Premier ministre Elio Di Rupo. Depuis le 7 septembre 2015, il est docteur en sciences politiques (ULB) et en sciences sociales et militaires (ERM).

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782803106202
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES ÉTATS-UNIS D'EUROP E, P OUR NOTRE SÉCURITÉ ET NOT RE DÉF ENSE !
JEANMARSIA
Les États-Unis d’Europe, pour notre sécurité et notre défense !
P P B RÉFACE DE HILIPPE USQUIN
Académie royale de Belgique rue Ducale, 1 - 1000 Bruxelles, Belgique www.academieroyale.be
Informations concernant la version numérique ISBN : 978-2-8031-0620-2 © 2017, Académie royale de Belgique
Collection L’Académie en poche Sous la responsabilité académique de Véronique Dehant Volume 102
Diffusion Académie royale de Belgique www.academie-editions.be
Crédits Conception et réalisation : Laurent Hansen, Académie royale de Belgique
Couverture : © Voropaev Vasiliy, Shutterstock
Publié en collaboration avec/avec le soutien de
Préface
L’ouvrage que nous propose Jean Marsia :Les États-Unis d’Europe, pour notre sécurité et notre défense !s’inscrit dans la continuité de sa thèse de doctorat et de son action à divers niveaux de responsabilité. En Belgique, il a œuvré au niveau de l’École royale militaire, avec le soutien du ministre de la Défense, André Flahaut, à l’insertion de l’ERM dans l’Espace européen de l’enseignement supérieur, dans l’Espace européen de la recherche, dans le programme Erasmus, de 2003 à 2009. Il a participé à la création du mécanisme de financement des opérations militaires européennes ATHENA en 2004, du Collège européen de sécurité et défense en 2005 et du programme Erasmus militaire en 2008, sans oublier le fait d’avoir inspiré à Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, la mise de la défense à l’ordre du jour des conseils européens de décembre 2012 et 2013 et d’avoir conseillé le Premier ministre belge pour la préparation du Conseil européen de décembre 2013. Aujourd’hui, le projet européen est en crise. De nouvelles propositions de scénarios ont été présentées au Parlement européen pour des choix qui devront être déterminants, après les élections françaises et allemandes. La nouvelle présidence américaine, ses exigences sur un investissement plus important des pays européens dans le financement de l’OTAN, le départ des Anglais, peu favorables à une politique européenne de défense spécifique, l’évolution de la situation géopolitique, rendent plus que jamais nécessaire une Europe de la défense et de la sécurité. Comme Jean Marsia le souligne dans son introduction : à l’extérieur, l’Union Européenne (UE) devrait mener une action efficace, réellement globale, comportant, lorsque nécessaire, des opérations militaires plus robustes que celles effectuées dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de 1999 à 2009 et depuis, de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Mais depuis 2005, les dissensions règnent entre les 28 États membres. Ces politiques se sont progressivement vidées de leur substance. L’engagement européen de Jean Marsia s’exprime avec force dès l’introduction : « Les fédéralistes qui veulent le maintien de l’État providence s’opposent à ceux qui ne voient dans l’Union européenne qu’une zone de libre-échange. Résultat : l’Union européenne s’avère trop souvent incapable de parler d’une seule voix, d’être le moteur de la sécurité et de la prospérité pour tous, à cause du veto d’au moins un des États membres eurosceptiques. Au lieu de bénéficier de l’Europe puissance, nous subissons l’impuissance de l’Europe ». Rappelant les fondamentaux de la construction européenne et s’appuyant sur l’apport des sciences sociales, Jean Marsia affirme qu’au-delà des identités locales, régionales et nationales, les citoyens européens se reconnaissent pour la plupart dans une identité commune. Ils aspirent, en majorité, à agir ensemble, y compris dans le domaine de la défense et de la sécurité, pour prospérer ensemble, car ils savent que leurs différences les enrichissent, à condition de mobiliser les forces qui mènent à l’unité et à la cohérence. Les sondages réalisés par l’Eurobaromètre confirment que globalement le besoin d’Europe subsiste et que la question de la sécurité commune devient de plus en plus prioritaire. L’Europe s’est construite sur un désir de paix qui depuis plus de 70 ans s’est réalisé sur son territoire, mais des peurs, de nouvelles menaces se font jour après l’apaisement consécutif à la chute du mur de Berlin et à la « fin ? » de la guerre froide (1946-1989). La Commission européenne a mis en place en 2001 unetask force « défense ». Celle-ci coordonne toutes les compétences communautaires en matière de défense, en réunissant les services en charge de la politique industrielle, la recherche et l’innovation, le marché intérieur, l’énergie, le transport, la sécurité maritime… L’Agence européenne de la Défense (AED) et le Service européen d’Action extérieure (SEAE), émanations du Conseil européen, étaient associés à ces travaux.
J’ai pu constater la difficulté inhérente au système européen : la collaboration au sein du système intergouvernemental ou communautaire dépend fortement des individus (à l’époque, le haut représentant de l’Europe, Javier Solana, était constructif). Par la suite, la dynamique s’est affaiblie et les quelques avancées acquises n’ouvrent pas, malheureusement, la voie à une défense européenne, ou alors à très long terme, ce qui est inadéquat par rapport aux menaces actuelles et prévisibles à court terme. L’idée, l’utopie (?) des États-Unis d’Europe est au cœur de l’ouvrage (chapitre 3). Jean Marsia propose une démarche, une dynamique nouvelle ; les États-Unis d’Europe ne se feront pas aisément ; la défense et la politique étrangère qui symbolisent l’État sont des sujets sensibles pour l’opinion publique et pour les politiques. Mais si au moins deux des États membres de l’Union, conscients qu’ils ne sont plus guère souverains, s’unissaient, ils créeraient un effet boule de neige et les autres suivraient tôt ou tard (page 20). Le chapitre 4, « L’Europe dans un monde globalisé » est riche en informations diverses : le potentiel militaire, les enjeux géopolitiques actuels, le projet économique et social, les formations (entre autres des militaires), les relations extérieures et la culture européenne. Le lecteur sera impressionné par l’étendue des sujets abordés par Jean Marsia, qui est animé par une pensée humaniste engagée, même si certaines affirmations méritent d’être nuancées. Les conclusions réalistes, tintées d’un certain pessimisme ambiant, sont interpellantes et nous invitent en tant que citoyens à relancer l’Europe politique, qui est aussi l’objet de l’association internationale sans but lucratif (AISBL), Société européenne de Défense (SED). Elle rassemble celles et ceux qui veulent contribuer à la création des États-Unis d’Europe et de l’armée européenne. Philippe Busquin, Commissaire européen chargé de la Recherche scientifique (1999-2004), Député européen (2004-2009) Membre du Comité d’honneur de la Société européenne de Défense AISBL (S€D) er 1 mars 2017.
Introduction
« Il est manifeste qu’un seul homme en apparence désarmé, mais qui ose crier tout haut une parole véridique, qui soutient cette parole de toute sa personne et de toute sa vie, et qui est prêt à le payer très cher, détient, aussi étonnant que cela puisse paraître, et bien qu’il soit formellement sans droits, un plus grand pouvoir que celui dont disposent dans d’autres conditions, des milliers d’électeurs anonymes. » Vaclav Havel
Pour assurer notre défense et notre sécurité, pour garantir la paix, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de ses frontières, l’Union européenne (UE) devrait veiller à sa cohérence, en particulier sur les plans monétaire, économique et social, tout en garantissant les libertés individuelles, l’égalité des chances et la démocratie. Mais elle ne le peut : lors des crises, financière de 2008 et migratoire de 2015, la faiblesse de la gouvernance européenne fut patente. À l’extérieur, l’UE devrait mener une action extérieure efficace, réellement globale, c’est-à-dire comportant, lorsque nécessaire, des opérations militaires plus robustes que celles effectuées dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de 1999 à 2009 ou de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) depuis. Mais depuis 2005, les dissensions règnent entre les vingt-huit États membres. Ces politiques se sont progressivement vidées de leur substance. Le transfert continu de pouvoirs des États membres vers l’UE est même bloqué depuis 2012. Les fédéralistes, qui veulent le maintien de l’État providence, s’opposent à ceux qui ne voient dans l’UE qu’une zone de libre-échange, qui sont partisans d’une société de classes, de type britannique. Résultat : l’UE s’avère trop souvent incapable de parler d’une seule voix, d’être le moteur de la sécurité et de la prospérité pour tous, à cause du veto d’au moins un État membre eurosceptique. Au lieu de bénéficier de l’Europe puissance, nous subissons l’impuissance de l’Europe. En conséquence, l’adhésion à l’UE a faibli. De trop nombreux citoyens ne se reconnaissent plus en elle, car elle fait fausse route. Ils voient l’affaiblissement progressif de la Commission au profit du Conseil, la mésentente croissante entre les États censés en être les moteurs. Le couple franco-allemand ne fonctionne plus, à cause de l’écart entre les performances économiques respectives. Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que la construction de l’UE, initiée par un mouvement citoyen, a été de plus en plus confisquée par un cercle étroit d’hommes politiques, de diplomates, de hauts fonctionnaires, de techniciens, de juristes et de lobbyistes. En conséquence, l’UE est perçue comme trop bureaucratique et normative. Refusant de perdre une partie de leur pouvoir, trop de politiciens se font souverainistes ; ils refusent de doter l’Europe d’une gouvernance et d’une défense efficaces, ne sachant ni échapper aux idées anciennes, ni comprendre les idées nouvelles. Lorsqu’ils réclament une défense européenne, c’est pour aller dans le sens voulu par l’opinion publique, mais ils se gardent de prendre la moindre initiative concrète en ce sens. L’UE a ouvert ses frontières intérieures aux personnes, aux biens, aux services et aux capitaux. Mais faute de lutter contre le dumping fiscal et social, ou contre la désindustrialisation, faute de contrôler les frontières extérieures de Schengen, faute d’une politique de relance économique mieux dotée que le plan Juncker, l’UE n’a pu gérer ni les conséquences économiques et sociales du grand marché, ni les flux migratoires. Elle a ainsi ouvert un boulevard aux partis populistes et europhobes. Ils sont confortés par les échecs dans la lutte contre le terrorisme islamiste, par le manque de services de renseignement et de sécurité efficaces, c’est-à-dire européens. Le 23 juin 2016, 72 % des Britanniques ont voté, dont 52 % en faveur du Brexit, soit 37,44 % du corps électoral. Le Premier ministre italien M. Renzi a lui été sanctionné le 4 décembre suivant. En Autriche, par contre, ce même 4 décembre, M. Van der Bellen l’a emporté avec 53,8 % des voix. Il a su faire prévaloir sa vision d’un pays sûr de sa force, modéré, tolérant, égalitaire, émancipateur, ouvert sur le monde et intégré à une Europe forte. Cela lui a permis de rallier à sa
cause diverses familles politiques opposées aux extrémistes, mais surtout de gagner la confiance de la société civile, par le contact direct au moyen de vidéos diffusées par Internet et des réseaux sociaux, en allant dans tous les coins du pays tenir des réunions électorales, par un usage intelligent de la presse écrite, radio et télévisée et des campagnes d’affichage financées par une multitude de dons modestes. Il a su convaincre ses sympathisants de prendre des initiatives vis-à-vis de leur entourage, pour constituer un large mouvement civique, pro-européen. D’après un sondage fait à la sortie des bureaux de vote, 65 % des électeurs de M. Van der Bellen ont déclaré avoir voté pour lui parce qu’il est en faveur de l’Europe, craignant les effets d’une sortie de l’UE voulue par l’extrême-droite. Comme dans les années 1910 et 1930, l’aveuglement du monde politique et des médias face à la montée des périls est général. Cette absence de perspectives fait peur, ce qui conduit au repli sur soi et à la régression vers des concepts comme l’État-nation, les religions, l’identité. Le succès électoral des populistes en découle, mais ceux-ci sont aussi peu doués pour la gouvernance que pour les relations internationales, la défense et la sécurité. Ils ne conçoivent cette dernière que comme un moyen de se maintenir au pouvoir. C’est pourquoi chaque citoyen européen devrait, à sa façon et selon ses moyens, promouvoir l’unification politique de l’Europe, par la création de véritables États-Unis d’Europe (EUE). Ils sont la condition nécessaire à notre défense et à notre sécurité, au rayonnement de nos valeurs, celles définies à Nice en 2002, à la protection de nos intérêts et de l’avenir des Européens. Les EUE ont été évoqués une première fois sous le terme de fédération par Victor Hugo, dans son Discours au Congrès de la paix, à Paris, en 1849, puis souhaités par Churchill en 1935, dans un journal américain, qui envisageait manifestement un décalque des États-Unis d’Amérique. Churchill a répété son souhait à Zurich en 1946. Guy Verhofstadt, par contre, dans ses ouvrages de 2006, 2015 et 2016 appelle EUE la Communauté politique censée accompagner la Communauté européenne de défense, toutes deux défuntes en 1954. M. Juncker annonce vouloir présenter en 2017 un livre blanc en vue de l’approfondissement de l’Europe. Mais sa Commission est-elle encore suffisamment motivée ? Capable d’initiatives concrètes ? De convaincre les institutions et les peuples ? Il est permis d’en douter. Il manque à son plan de relance la masse critique nécessaire pour être efficace. À la demande légitime d’une défense européenne émise en 2016 par les chefs de gouvernement du groupe de Visegrád, la haute représentante et vice-présidente a répondu en riant qu’elle ne pouvait l’envisager que dans 50, 60 ou 100 ans… Si un tel pessimisme règne à son niveau, d’où viendra l’énergie nécessaire pour rétablir la confiance dans le projet européen ? Or, si le délitement de l’UE se poursuit, il rendra inéluctable le retour à l’Europe d’avant 1914, l’époque où les gouvernants envoyaient leurs jeunes gens à l’abattoir. C’est pourquoi, depuis 2008, beaucoup de votes de rejet ont été exprimés. Il est à espérer qu’au lieu de donner le pouvoir à des populistes, les citoyens se réapproprient l’Europe, qu’ils la redéfinissent selon leur idéal, celui d’une Europe humaniste. Puisse cet ouvrage les y aider : seul ce mouvement citoyen que j’appelle de mes vœux peut inciter les politiciens les plus éclairés, issus des États membres de l’UE qui se savent peu souverains, à fédérer ceux-ci au sein des EUE, à adopter une Constitution fédérale, pour pouvoir enfin créer des forces armées européennes. Petit à petit, comme aux USA, lorsqu’ils verront que les avantages du changement priment sur ses inconvénients, les autres États européens intègreront la fédération, les EUE. « Nous trouverons un chemin, ou nous en créerons un ! » affirmait Hannibal Barca avant la traversée des Alpes en 212 av. J.-C. Depuis, nous savons que là où il y a une volonté, il y a un chemin, que je vous propose de parcourir à ma suite. Après un premier chapitre rappelant les fondamentaux de la conscience européenne, viendra le deuxième dédié aux citoyens européens, le suivant traitant des États-Unis d’Europe, et le dernier de la place de l’Europe dans le monde, ainsi que de la façon de la tenir dignement.
Conclusion Vers une nouvelle utopie : les États-Unis d’Europe
« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. » Sénèque
L’Europe devrait être un lieu paisible, où il fait bon vivre, dans une société assurant le respect des individus qui la composent et de leurs différences, la solidarité, la justice, le respect de l’environnement, la démocratie et l’État de droit, et vivant en bonne intelligence avec ceux qui l’entourent. Ses régimes de protection sociale performants ont estompé les clivages sociaux ; ils méritent d’être protégés. Même si elle peine à transcender les États-nations, elle promeut une gouvernance cosmopolite, multilatérale, basée sur le droit international. Sécularisée, tolérante, elle s’inspire de l’espérance kantienne en une politique intérieure mondiale, car les Européens tiennent à la solidarité et à la...
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