Pour l honneur de la gendarmerie sénégalaise Tome 2
262 pages
Français

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Pour l'honneur de la gendarmerie sénégalaise Tome 2

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Description

"2005-2007: un homme, un général, sa femme, des officiers perdus sont aux commandes d'une des plus prestigieuses institutions militaires, la gendarmerie nationale. Comment pouvais-je échapper à ces officiers dont le seul but était de s'enrichir, et à qui un régime félon avait confié les rênes de la gendarmerie ? Pour que cette dernière survive à tant d'années de corruption, de concussion, de népotisme et de mensonges, j'ai écrit ce livre".

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2014
Nombre de lectures 107
EAN13 9782336351056
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Couverture
4e de couverture
Titre
Colonel Abdoulaye Aziz Ndaw
Forces armées sénégalaises Gendarmerie nationale







Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise

Tome 2
La mise à mort d’un officier
Copyright

Du même auteur chez le même éditeur
Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise.
Tome 1 : Le sens d’un engagement , 2014.









Nous sommes conscients que quelques scories subsistent dans cet ouvrage. Vu l’utilité du contenu, nous prenons le risque de l’éditer ainsi et comptons sur votre compréhension








© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-70116-5
Dédicace

Je dédie ce livre
À mon fils Abdousalam qui m’exige un combat de vérité et qui, malgré les insultes et les calomnies a refusé de changer d’école pour faire face et ne pas courber l’échine ;
À mon fils Bara, qui à travers Facebook, me rend compte chaque jour de l’affection et de la foi que des milliers de gendarmes me témoignent ;
Au Major Abdoulaye Sidibé de la Gendarmerie Nationale, que les prédateurs ont voulu sanctionner pour son compagnonnage avec mo ;
Au Major Alioune Kandji, qui a été relevé de son commandement et exilé pour avoir refusé de couper ses relations avec moi ;
Colonel Abdoulaye Aziz Ndaw
1/ DISTINCTIONS HONORIFIQUES
Commandeur de l’Ordre National du Lion
Commandeur de l’Ordre National du Mérite
Médaille d’Honneur de la Gendarmerie
Croix de la Valeur Militaire 3 citations dont 2 avec étoiles d’argent Officier de l’Ordre National du Mérite de France
Médaille Commémorative de la Libération du Koweït
Médaille de L’organisation de l’Union Africaine pour le Tchad
Médaille de l’ECOMOG pour le Libéria
Médaille des Nations Unies pour la Bosnie Herzogovine
2/ FONCTIONS DE POUVOIRS
Commandant d’unités d’instruction Gendarmerie
Directeur de Centres d’instruction
Commandant d’Unites de Gendarmerie Mobiles
Commandant de Contingent Opérations Extérieures
Directeur du Département Juridique des Forces Armées
Chef de l’Etat Major Gendarmerie
Sous Directeur de la Justice Militaire
3/ FONCTIONS D INFLUENCE
Chef de la Division Justice Militaire de la DJM
Chef de la Division Situation Synthèse de la DDSE
Directeur de la Lutte contre la Subversion et le Terrorisme du CENCAR
Conseiller Juridique du Ministre des Forces Armées DIRCEL
Conseiller référendaire du Conseil d’Etat CONSEIL D’ETAT
Haut Commandant en Second ou Major Général de la Gendarmerie
4/ FONCTIONS INTERNATIONALES
Prévôt de grandes unités d’opérations extérieures
Policier International UNMIBH
Président du comité des experts de l’ANAD
Président de la Commission Nationale anti mines
Président de la Commission Nationale ALPC
Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale NBC
Attache Militaire en Guinée et en Italie
La trahison
Le doute envers un ami, c’est quand on remet en question sa franchise,
La méfiance est souvent provoquée par l’embryon d’un soupçon ;
Le rempart qui tue une amitié, c’est la trahison toujours aussi précise
Car elle glace et mortifie comme un vase que l’on brise.
La flatterie d’un traître cache son envie de vous maîtriser : Souvent, il a ses intérêts calculés de manière orchestrée ; La tragédie est que la trahison ne peut être que proche
Car il faut qu’il puisse deviner ce qu’il y a dans vos poches.
Le couteau dans le dos assassine de manière imprévisible, Sinon le complot aurait été déjoué dès les premières prémices
Car les relations humaines sont toujours visibles.
On ne peut pas tous les soirs veiller avec une lame :
L’amour des êtres chers sert à protéger et à éloigner des mauvaises ondes
Car même si le coup part, la morale elle, déplore la trahison en larmes.
El Hadji Amadou NDAO Nancy, 2010
Avant-propos
Comment vivre une amitié sincère, loyale et franche entre deux personnes que tout sépare, une amitié entre deux officiers dont le vécu dans la Gendarmerie ne semble pas suivre le même chemin, ni les mêmes principes, encore moins les mêmes valeurs. Tout me sépare de mon ami et collègue Abdoulaye FALL, le gendarme.
J’ai connu Abdoulaye FALL le gendarme en mai 1979 à Melun. En formation à Saint Cyr, il était venu voir le Lieutenant DIAKHITE, un de ces grands anciens, saint-cyrien lui aussi. DIAKHITE avait transigé vers la gendarmerie après quelques années de service au Batparas et à l’ENSOA.
Je faisais mon stage d’application à l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie. DIAKHITE était lieutenant depuis au moins deux ans. Abdoulaye FALL terminait ses deux années de formation cette année-là. Moi-même, j’étais Sous-lieutenant entrain d’appliquer et en fin de formation.
Le Lieutenant DIAKHITE, ancien enfant de troupe, avec qui je partageais beaucoup de moments, nous invita tous les deux au restaurant du supermarché Casino où nous échangeâmes sur beaucoup de sujets.
Nous parlâmes beaucoup de la Gendarmerie que tous les deux ne connaissaient que de nom. J’avais déjà trois ans d’expérience Gendarmerie, le temps de ma propre formation.
Le courant passa très vite entre nous, surtout que FALL devait participer à Paris au gala des écoles. Il ne savait pas ce qu’il devait porter, encore moins danser. Nous rigolâmes de tout ça et nous quittâmes bon enfant, en nous promettant de garder le contact.
Je retrouvai le Lieutenant FALL cinq ans plus tard, après que lui-même eut rejoint la Gendarmerie en 1984 suite à après quelques déboires dans l’armée et des problèmes de commandement à l’ENSOA. IL fit un bref passage à la Légion de Gendarmerie d’Intervention, puis à la Compagnie de Tambacounda avant de rejoindre la Compagnie de Dakar comme Adjoint.
Dans cette unité, je le rencontrais assez souvent du fait de mes passages pour voir le Capitaine Sellé DIOP, mon jeune du Prytanée, lui aussi Adjoint du Chef d’Escadron Mboundou SARR.
J’étais officier instructeur et j’avais beaucoup de temps pour moi-même. La position centrale de la compagnie en faisait un point de passage obligé. Sellé quitta la compagnie pour le port et fut remplacé par Balla BEYE.
La grève des policiers fut le premier évènement où le Capitaine FALL et moi eûmes à agir ensemble, pour assurer une mission de la Gendarmerie.
Un mauvais engagement de deux escadrons de la LGI eut des conséquences néfastes sur les forces de Gendarmerie engagées sur l’Avenue Roume pour barrer la route de la Présidence aux policiers.
La LGI perdit des armes que les policiers arrachèrent aux gendarmes. Le Capitaine FALL qui voulut s’opposer, eut la main brisée et quelques doigts fracturés.
Suite à la débandade, je dus intervenir avec la compagnie des élèves MDL pour rétablir la ligne Gendarmerie. Une position ferme et soutenue de mon unité, eut raison de l’ardeur des policiers et les stoppa au niveau du feu rouge de la rue Carnot.
L’arrestation de deux policiers en voiture qui voulurent forcer le barrage vers la rue Jules Ferry à 16 heures créa quelques confusions. En réaction des policiers firent arrêter des gendarmes de l’escadron de protection qui rentraient chez eux dans un bus SOTRAC.
Une menace sur THIONK où les deux policiers avaient été amenés nous fit descendre, FALL et moi, au commissariat central ou nous récupérâmes aussi bien les armes du matin que les gendarmes arrêtés l’après-midi.
Cette journée mémorable me rapprocha beaucoup d’Abdoulaye FALL.
Nos chemins se séparèrent avec mon affectation en Gambie et mes séjours à l’étranger, notamment au Libéria. A mon retour en 1993, une affectation à Dial Diop à la DDSE, me permit de retrouver Abdoulaye FALL. Il servait comme Officier de liaison Gendarmerie à l’Etat-major Général des Armées en qualité de DMOT.
Notre rencontre insolite parmi les Officiers de l’Armée qui se méfiaient à tort ou à raison des gendarmes, nous rapprocha davantage. Il venait souvent boire le café ou discuter dans mon bureau.
La délocalisation de la DDSE au Cap Manuel ne changea pas nos habitudes. Nous passions beaucoup de temps ensemble à discuter et à critiquer le Haut Commandement de la Gendarmerie qui ne voulait pas de nous.
Il profita de sa présence à Dial Diop pour se porter candidat libre à l’Ecole de Guerre. Il suivit la préparation que suivaient seulement les Officiers des Armées.
Les gendarmes avaient une place à l’Ecole de Guerre une fois tous les 4 ans et un concours spécial était organisé par le Haut Commandement pour attribuer la place. Chef d’Escadrons, j’attendais avec beaucoup d’autres camarades comme Dièye, Madjimby et Gueye FAYE l’organisation du concours.
Le Haut Commandement fut très gêné de la demande de l’Etat-Major d’octroyer la place offerte à la Gendarmerie au Chef d’escadron Abdoulaye FALL, qui avait suivi dans les Armées toute la préparation de l’Ecole de Guerre.
La plupart des Chefs de division de la Gendarmerie s’y opposèrent en invoquant premièrement le concours interne de la Gendarmerie pour octroyer la place, et deuxièmement la non-acceptation des candidatures par les Armées pour la préparation.
Les mieux placés à la Gendarmerie pour remporter un tel concours étaient DIEYE et moi, et les examens comme le DAGOS prouvaient amplement que la place se jouerait entre nous deux.
Le Général DIOP, Hautcomgend nous consulta DIEYE et moi afin de pouvoir prendre une décision juste et équilibrée. Je soutins l’octroi de la place à FALL, en invoquant l’âge et la chance. Le Commandement soutenait que les Armées devaient lui trouver une place en dehors du système.
Ma renonciation joua largement en sa faveur et FALL fut envoyé à l’Ecole de Guerre, avec la promesse de nous envoyer Dièye et moi faire le DMG cette année-là.
En formation à la DGSE en 1995, je retrouvai en France aussi bien DIEYE venu faire le DMG que FALL en première année de l’Ecole de Guerre. Je les fis se rencontrer tous les deux et profitais des moyens mis à ma disposition par la DGSE, en les inviter très souvent à dîner et à nous éclater dans Paris.
Ils ne s’aimaient pas trop parce que déjà rivaux dans beaucoup de domaines. Chacun soupçonnait l’autre de quelque chose de maléfique. Je rigolais de leur méfiance l’un envers l’autre et les amusais tous les deux de ma liberté, de mon enthousiasme et de mes dérives à Paris.
Tous les deux m’aimaient bien et trouvaient agréable ma compagnie. Dièye me connaissait parfaitement et me savait très bon camarade et Abdoulaye FALL, également aimait bien ma compagnie. Cependant il restait crispé, un peu gauche, souvent maladroit et peu communicatif.
Mon retour à Dakar fut un moment magique où je payais tous les cadeaux qu’ils voulaient faire à leurs familles, la carte de crédit de la DGSE explosa pour faire des cadeaux royaux à leurs enfants.
Je retrouvai l’année suivante Abdoulaye FALL à Paris et notre amitié se renforça. Les promenades dans Paris pour passer le temps m’ennuyaient très souvent. Je fus très direct avec lui en lui montrant mon intention de me trouver une copine.
Il me parla d’une femme que ses prédécesseurs lui avaient présentée mais qu’il hésitait à appeler. J’appelai dare-dare la dame et nous fis inviter dans l’heure dans la banlieue parisienne. Je retrouvai une grande dame, généreuse et très fière, très responsable qui nous ouvrit les portes de sa maison et de Paris.
Elle me présenta une de ses cousines avec qui je vécus une histoire d’amour sans fin, un grand roman de vie. Ce moment de Paris fut un de mes meilleurs moments de vie. FALL lui-même sortit avec cette dame qui refit son éducation, elle lui apprit à s’habiller en lui faisant cadeau de chemises et de costumes de marque.
Elle rigolait toujours avec ma copine de l’accoutrement d’Abdoulaye FALL qui rappelait un paysan à Paris. Il connut un grand moment de bonheur et commença à déraper en promettant le mariage à la dame. Il voulait prendre contre mon avis une deuxième femme tellement il était heureux.
Le respect et la confiance que cette dame plaçait en moi me firent avorter l’idylle parce que je savais et j’étais certain que mon ami ne pouvait assumer ce mariage et qu’il allait faire souffrir et humilier cette dame, sans raison.
En accord avec la dame, je convainquis Abdoulaye FALL d’inviter sa femme à Paris pour le dernier mois de son stage. L’arrivée de sa femme l’éloigna de Nanterre où, en 45 jours, il ne passa même pas un coup de fil. La dame ne le vit plus et n’entendit plus parler de lui.
Elle me remercia de lui avoir ouvert les yeux et ferma la parenthèse Abdoulaye FALL. Elle me fit aussi quelques confidences sur la personne et les sentiments obscurs qu’il me portait, tant il avait peur de mon insouciance, de mon intelligence et de ma liberté.
D’après elle, il me redoutait et redoutait mon jugement. Elle me fit comprendre qu’Abdoulaye FALL avait un complexe inimaginable envers ma personne. Elle m’invitait à la vigilance pour éviter des surprises avec lui. Je mettais tous ses avertissements dans le contexte d’une femme abusée et trahie.
Je fus pour beaucoup dans l’affectation d’Abdoulaye FALL à Ziguinchor. La disparition de deux couples français obligea mon service, le Centre National de Coordination du Renseignement, à suivre de très près la situation en Casamance.
Le Service déploya d’énormes moyens humains et matériels conjointement avec la DDSE et la DGSE pour retrouver la trace des couples disparus.
Le Général WANE CEMPART fut interpelé par le Président DIOUF après la découverte d’un index dans le véhicule du couple, véhicule que les gendarmes du Colonel POUYE avaient retrouvé 4 mois plus tôt.
L’ambassadeur de France s’empressa de montrer l’index au Président DIOUF dès le retour de son équipe à DAKAR. Le Président DIOUF en fut très blessé et voulut des explications, que le Général WANE sollicita auprès de moi, le gendarme du CENCAR.
Pour protéger la Gendarmerie, j’en pris la responsabilité en invoquant des ordres formels que je lui avais donnés de ne pas toucher au véhicule, en attendant l’arrivée d’une équipe d’identification criminelle de France. J’invoquai également le manque de moyens et de technicité qui obligeait à une telle décision.
Je fis une liaison à la gendarmerie auprès du Général DIOP pour lui faire part de la bévue et des réponses apportées. IL décida de relever aussitôt le Commandant de compagnie et le Commandant de légion pour cette bévue. Le Commandant MADJIMBY fut aussitôt envoyé pour prendre la relève.
Le CENCAR créa son antenne de Ziguinchor avec trois officiers qui s’y relayaient tous les trois mois. Je séjournais ainsi la plupart du temps en Casamance, en bénéficiant de l’appui sans faille de MADJIMBY, chez qui je prenais pratiquement tous mes repas.
Son épouse, (Mame, que dieu l’accueille au Paradis) déploya des efforts immenses pour rendre mon séjour agréable. Son départ en stage en France me poussa à militer pour l’octroi de ce commandement à mon ami Abdoulaye FALL.
Le Haut Commandant en Second voulait y envoyer Dièye qui tenait à rester à Dakar où il jouait un rôle essentiel dans l’Etat-major. Et de plus il pouvait prétendre recevoir le commandement de la légion ouest plus prestigieuse.
Après plusieurs échanges avec Abdoulaye FALL, encore en stage en France, je convainquais le Général DIOP de l’envoyer en Casamance prendre la légion.
Mes fonctions tant à la DDSE qu’au CENCAR m’avaient donné une position privilégiée de conseiller du Haut Hommandement que je briefais très souvent sur les enjeux en cours.
Il fut ainsi très facile de trouver le commandement de la Légion Sud à Abdoulaye FALL. Nous nous sommes retrouvés à Ziguinchor parce que le CENCAR, pour des raisons que je ne maitrisais pas, avait fait de moi un permanent de son Antenne Sud.
J’étais heureux de me retrouver à Ziguinchor, où grâce à l’aide des deux Abdoulaye FALL, le militaire avec qui je partageais le même logement(nos deux épouses deviendront du reste inséparables) et le gendarme Commandant de légion, je fus en mesure de remplir ma mission avec des résultats tangibles.
L’intelligence et la capacité d’analyse de FALL le militaire apportèrent un éclairage certain pour la conduite des discussions avec les différents acteurs de la rébellion qu’étaient Diamacoune, Sidy Badji de même qu’avec les missionnaires, le clergé, les notables et les Etats-majors nord et sud.
La mise à disposition de gendarmes aguerris comme Aziz FAYE est un apport décisif de la légion qui couvrit en toute confiance mes opérations d’envergure. Le gendarme m’apporta tous les appuis logistiques et professionnels pour me permettre de rencontrer et de discuter avec les acteurs de la rébellion.
Il y eut cependant quelques problèmes qui auraient dû m’interpeler et me contraindre à agir contre FALL le gendarme. En toute vérité, il profitait largement de la situation carabinée de la zone, pour faire des choses quelque peu contraires à la déontologie et au devoir. Je ne pouvais pas ne pas savoir, car aussi bien les acteurs de la crise, que les propres hommes du Commandant de légion, le dénonçaient sans ambages.
Ces problèmes ne m’intéressaient pas et je faisais comme tous les militaires des armées. Je me préoccupais de ma mission et veillais à la remplir avec toute ma conscience et tout mon engagement.
Le Colonel KONE Comzone, le Lieutenant-colonel FALL des armées et moi-même rigolions souvent des magouilles en cours et des mésaventures des gendarmes qui, sans vergogne, rackettaient sur la route.
Malgré une interdiction formelle de faire la police de la route, certaines brigades s’y aventuraient et tombaient souvent sur des embuscades rebelles. Le Comlégion ne trouvait aucune solution à ces aventures, parce que lui-même était mêlé à toutes sortes de trafic.
En premier lieu, il avait un problème avec l’alimentation des 200 éléments détachés par la légion de gendarmerie d’intervention. Une somme de 1200 FCFA par gendarme était mise à la disposition du Commandant de légion par jour pour nourrir les hommes.
Avec cette somme, le Commandant de légion devait assurer trois repas normaux aux gendarmes. Au lieu de nourrir correctement les hommes, le Commandant de légion profitait largement de cette somme et pouvait garder par dévers lui cent mille FCFA par jour.
Sa gourmandise amena la révolte des hommes qui, de guerre lasse, refusèrent de prendre le repas servi. Deux escadrons rassemblés sur la place d’armes du camp de Néma refusèrent d’obéir aux officiers.
La fille d’Abdoulaye FALL, Ndeycoumba, dut courir de toutes ses forces jusqu’à mon domicile pour me faire part de la situation. Je l’embarquai de suite dans ma voiture pour foncer vers la caserne.
Je trouvai une situation indescriptible, 200 gendarmes rassemblés, des officiers subalternes désemparés, un Comlégion meurtri devant sa femme et ses enfants, impuissant et décomposé.
Bien qu’en blue-jeans, j’intimai l’ordre au Capitaine, Chef de détachement, de mettre ses hommes au garde-à-vous. A ma grande surprise, ils obéirent, se mirent au garde-à-vous et présentèrent les armes.
Je fis avancer un gradé supérieur que je connaissais, l’Adjudant Babacar Ndiaye, un gradé subalterne et un gendarme pour leur demander les raisons de cette rébellion.
Ils ne voulurent pas parler et je dus faire preuve de toute mon autorité et de mon indulgence envers eux trois pour me faire expliquer les raisons de cette révolte.
Ils me parlèrent de la « graille » que l’on ne devait même pas servir à des cochons. Je me fis servir un plat que je testai avec beaucoup de dégout.
Mon « show » eut raison de leur détermination et je fis convoquer séance tenante une réunion entre les hommes et le Commandant de légion, qui accusa les hommes en qui il avait placé sa confiance.
Je le décidai à mettre à contribution son épouse, qui devait aider à trouver une solution idoine pour qu’un tel problème ne se reproduise plus.
Une dame surnommée Mère FALL fut embauchée sur l’heure. Mon intervention permit d’arrêter la révolte comme la magouille. Les hommes de la LGI, me reprochèrent d’avoir sauvé la tête du Commandant de légion qui ne méritait que mépris et scandale.
Les hommes de la LGI profitèrent du sauvetage du Commandant de légion pour dénoncer le poulailler. Je ne pouvais pas comprendre de quoi il s’agissait, tellement mon amitié avec FALL le gendarme m’aveuglait. Pendant longtemps, les hommes dormaient sous des tentes Mle 56.
J’avais moi-même commandé une unité de la LGI et la tente était de rigueur pour pallier les ardeurs du climat. Mon ami profita de son commandement pour convaincre le Haut commandement de la nécessité de mettre les hommes à l’abri et dans des bâtiments en dur.
Le Commandement déploya un ensemble de moyens pour construire effectivement des abris solides. Le matériel local, quémandé par-ci par-là par les différentes brigades permit de faire des abris pour la LGI.
Ces abris étroits, sans luminosité ne permettaient pas de se tenir debout, les « sackets » blessaient les hommes au passage et la boue les faisait tomber dangereusement pendant la longue saison des pluies.
Les gendarmes abandonnèrent ces poulaillers pour dormir à la belle étoile malgré les injonctions complices des jeunes officiers.
Les autorités locales et surtout les autorités forestières dénoncèrent la coupe du bois de ven par les gendarmes et les militaires.
Le Commandant de zone, le Colonel Yoro KONE fit preuve d’autorité en prenant les mesures idoines pour arrêter ce fléau. Il alla jusqu’à interdire le transport du bois dans les véhicules militaires et dans le bateau le Le Joola.
C’était sans compter avec le Commandant de légion qui non seulement accumulait du bois dans toutes les gendarmeries de la région, mais encore plus grave, tenait par sa femme une menuiserie qui recevait des commandes depuis Dakar.
Le couple vendait des meubles en bois de ven à des clients de Dakar et souvent à des agents de la SENELEC.
La coupe systématique du bois de ven sans autorisation de Kolda à Bignona fut une action déterminée des unités de gendarmerie au profit du Commandant de légion.
Le Commandant de légion et le MFDC seront les principaux responsables de l’attaque contre les forêts de Casamance.
Six ans après son départ de la légion Sud, mon ami FALL avait toujours un stock important de bois de ven, que Haut Commandant de la gendarmerie, il voulut transformer en mobiliers des unités de gendarmerie.
La volonté de s’enrichir systématiquement en Casamance et de tirer le maximum d’opportunités de son commandement, conduisit mon ami FALL dans des errements très nuisibles à l’action de la Gendarmerie en Légion Sud.
Pour alimenter son verger situé à Niague où le Colonel de gendarmerie Abdoulaye FALL entendait faire de l’embouche bovine, les Commandants de brigade reçurent l’ordre d’acheter des bœufs dans toute la région.
C’est ainsi que le Commandant de brigade de Bounkiling acheta au profit de son Colonel un lot de bœufs volés. La gendarmerie devenait par ce fait receleur de bétail volé.
Les victimes déployèrent des recherches dans toute la zone et grâce à leurs systèmes de marquage retrouvèrent leurs bœufs aux mains de la gendarmerie.
Très satisfaits et croyant à la capture des auteurs par la gendarmerie, elles eurent la surprise de leur vie en apprenant que ces bœufs appartenaient au Commandant de légion, qui allait les transférer dans son verger pour embouche bovine.
Les victimes n’eurent d’autre ressource que de saisir le Gouverneur de la région de Kolda qui, à son tour, saisit les hautes autorités de la gendarmerie.
L’enquête confiée au Lieutenant-colonel Balla BEYE établit la responsabilité du Commandant de brigade, un bon gradé qui avait servi sous mes ordres au Tchad en 1981 et du Commandant de légion.
Pour couvrir la gendarmerie et contre toute logique, le major fut très sévèrement puni et il n’y eut aucune sanction contre son chef alors que tout le monde savait que le Commandant de légion, mon ami FALL était le principal instigateur de cette prévarication.
Les autorités administratives et les agents de l’Etat profitèrent de cette situation pour narguer la Gendarmerie et la tenir à distance.
Je ne fus pas surpris dix ans après, et à Rome, de me voir raconter cette bévue de la Gendarmerie par un agent diplomatique à qui je certifiai quelque chose sur mon serment d’Officier.
Il me dit textuellement « Que vaut ton serment si ton propre chef est un voleur de bétail, que mon Gouverneur et moi avons dû protéger pour sauver l’honneur et le prestige de la Gendarmerie ». Cet agent, était à l’époque des faits chiffreur en service à la Gouvernance de Kolda.
Un problème d’alimentation de la Garde Présidentielle opposa le Gouverneur militaire, mon ami Abdoulaye FALL, et mon oncle, le Lieutenant-colonel Mamadou DIOP, Commandant de la Garde Présidentielle.
Madame WADE, en bonne toubab qui fouine partout, a été sidérée de trouver des bols dans le Palais présidentiel. Elle accusa aussitôt les gendarmes avec leurs bols d’infecter le Palais avec des rats, des cafards et des odeurs nauséabondes.
Au courant, le Président de la République décida de faire nourrir sa garde dans le budget du Palais. Mon ami et mon oncle se disputèrent la manne jusqu’à réclamer mon arbitrage.
Ne comprenant rien au but ultime de cette guerre, je décidai que le Colonel FALL, plus gradé et Gouverneur, devait recevoir la responsabilité de l’alimentation. Mon amitié intangible envers lui avait joué dans la balance et dans mon arbitrage.
Fort de tout ce qu’il connaissait du Gouverneur et en bon gendarme, mon oncle fit une lettre dite anonyme où il dénonçait avec maintes descriptions les agissements du Colonel Gouverneur en Casamance.
Il concluait la lettre en m’accusant formellement d’avoir toujours protégé mon ami de par mes fonctions dans la République.
Le Président WADE, au reçu de cette lettre, convoqua le Gouverneur pour explication devant son Directeur de Cabinet, Idrissa SECK, et l’autre Abdoulaye FALL, le militaire, alors Général et CEMPART.
Idrissa SECK exigea le renvoi sans discussion du Colonel de la Présidence pour ne pas ternir l’image du Palais.
Le Général Abdoulaye FALL, le militaire, CEMPART, fort de sa connaissance de ma propre personne, dit qu’il ne pouvait affirmer ou infirmer la véracité des faits incriminés. Il était gêné des accusations contre moi, parce que vivant avec moi sous le même toit à l’époque des faits. Il pouvait certifier sur l’honneur et sans aucun doute, que je n’étais ni de près ni de loin mêlé à de tels agissements.
Le Président WADE conclut à un complot contre le gouverneur et décida de le garder. Le lendemain matin je fis relever mon oncle Mamadou DIOP de la Garde Présidentielle en le faisant affecter au Commandement des Ecoles.
Je fis nommer mon propre adjoint, le Commandant Mamadou DIOUF, Commandant de la garde Présidentielle pour faciliter contre toute logique le commandement de mon ami Abdoulaye FALL, le gendarme.
CENCAR Ziguinchor pendant 4 ans, j’étais devenu un grand spécialiste du MFDC. Je connaissais très bien le mouvement et j’avais des relations suivies avec beaucoup de responsables militaires et politiques.
Les rebelles, tenant compte de plusieurs évènements vécus ensemble, avaient confiance dans ma parole et dans ma démarche. C’est ainsi que tout naturellement avec la survenue de l’alternance, des représentants de l’aile politique du MFDC, réfugiés en Gambie, me saisirent pour les introduire auprès des nouvelles autorités. Bountoum BADJI me fut envoyé en émissaire pour reprendre le contact.
J’en rendais compte à mon Ministre, Youba SAMBOU qui, avec honnêteté et calme, me fit comprendre qu’il ne pouvait être l’homme de la situation, parce qu’originaire de la région et très mêlé à ce qui s’y passait.
Je résolus le problème en m’adressant directement au Gouverneur pour qu’ils introduisent les émissaires auprès de WADE sans aucun intermédiaire. Le Président WADE reçut les propositions du MFDC et fort confiant, déclara régler le problème de la Casamance en 100 jours.
C’était possible, sauf que le Gouverneur avait dénaturé les faits en s’appropriant la confiance des rebelles. WADE le nomma « Monsieur Casamance » alors qu’il ne connaissait rien des problèmes du MFDC.
Le Président WADE lui confia une lourde, très lourde responsabilité, à laquelle, il n’était pas préparé. Il lui donna des moyens incommensurables : deux cents millions de FCFA par mois qui furent dilapidés en corruption de personnes insignifiantes, en maraboutage et une bonne partie engloutie dans le verger de Niague.
Le Colonel FALL le gendarme, mon ami, s’entoura de gendarmes membres de sa famille, notamment un cousin, un neveu et d’autres fanfarons pour conduire le dossier de la Casamance.
Tout ce qui avait été fait du temps du CENCAR et par les autorités administratives dont le gouverneur SARR vola en éclats. Le mensonge et la manipulation prirent le pas sur la réalité du terrain et beaucoup de choses néfastes eurent lieu et qui éloignèrent à jamais la paix en Casamance.
Les Commandants de zone, les autorités administratives valsèrent pour ne pas s’opposer aux dérives criminelles de mon ami et de ses agents. De Gouverneur militaire du Palais présidentiel,, mon ami s’était érigé en barbouze avec comme seul atout, le mensonge et la manipulation.
Il avait la confiance du Président de la République qui ne comprenait rien au système d’état et qui n’avait aucune lucidité pour se défaire de cette manipulation criminelle.
Il pensa même récompenser l’ardeur du Colonel en le nommant effectivement Général de brigade et CEMPART, juste pour le renforcer dans la conduite du dossier Casamance, dossier que le Président tenait coûte que coûte à résoudre.
Le nouveau Général me proposa de lui tenir son cabinet, proposition que malgré toute mon amitié, je trouvais indécente et insultante.
Je ne le lâchai pas pour autant et je mis à sa disposition un jeune Lieutenant-colonel pour qui j’avais de l’estime et du respect tant il était compétent, engagé et intelligent.
Ce jeune Officier remplit avec merveille la mission à l’Etat-major particulier et apporta au Général l’appui et la compétence requise dans ce haut lieu de la conception de la défense nationale.
Des Officiers des Armées purent permettre à l’Etat-major particulier de jouer son rôle tant le Général leur laissa toute initiative dans leurs dossiers, se bornant à signer ce qu’on lui présentait.
Le dossier de la Casamance, le seul lucratif dans ses responsabilités, l’intéressait. Il me consultait par mail sur beaucoup de points, sollicitait mes analyses sur certains aspects du MFDC, me demandait de lui contacter telle personne ou telle personne en Europe.
Je le voyais tourner en rond, rencontrer des personnes inutiles, prévoir des plans sans rapport avec la réalité. Il eut beaucoup de mailles à partir avec certains Officiers de renseignement qui alertaient sur l’impasse et le mur où le Général conduisait.
Les mensonges et une construction erronée d’une politique vers le MFDC, heurtaient aussi bien le Haut commandement qui perdait l’initiative sur le terrain, les pays limitrophes qui se libéraient de l’emprise du Sénégal.
De compromis en compromis, de compromissions à compromissions, le Général gendarme, CEMPART, apprenti barbouze, a mis une bonne part de la souveraineté nationale en mauvaise posture ; pour la première fois depuis le début du conflit, le sanctuaire national était violé avec l’implantation de bases connues et identifiées du MFDC.
Le Président de la République, croyant bien faire, liait les mains des Forces Armées par des directives de l’Etat-major particulier dont le fondement comme l’essence relevaient de mensonges terribles.
Les mensonges et manipulations emportaient une politique de renonciation et les rares personnes qui s’y opposèrent perdirent leurs postes et même, parfois, leur vie. Une mafia prit en mains la Casamance et fit faire à l’Etat des erreurs incalculables.
Ces erreurs ont conduit au surarmement du MFDC, à la mainmise de la Gambie sur certains leaders rebelles et à la radicalisation des combattants.
Plusieurs fois avec le Colonel TINE, surtout lors du cinéma de Foundiougne 1 et 2, j’essayais de raisonner le Général, de le rappeler à la réalité. Malheureusement, il était très convaincu de la valeur inaltérable de ses mensonges, mais surtout il avait une confiance aveugle dans les marabouts du Djoloff qui, dorénavant, ne travaillaient que pour lui contre des sommes très importantes.
Je le voyais effectuer les sacrifices que les marabouts lui recommandaient. Ses hommes se relayaient entre la Casamance et son Dahra natal. Je ne croyais pas tellement en leur capacité, mais ils donnaient au Général un résultat tangible car, malgré tout, et à la connaissance de tout le monde, il gardait la confiance totale du Président de la République.
Je ne fais pas trop attention aux conseils de mes amis et parents et je suis toujours trahi, et surpris d’être trahi, par des êtres que je sais médiocres et sans valeur intrinsèque.
Le mariage d’un de mes hommes me conduisit à Dahra chez l’imam de la mosquée Serigne Abdou Aziz SY de Liberté 5. Ce djoloff djoloff, homme de grande érudition, me reçut avec beaucoup d’honneur avant la célébration du mariage de sa nièce, Marème Ndoumbé NDIAYE, une commerçante qui se mariait avec le Major Sidibé, mon ami et frère de la Gendarmerie.
En attendant que l’Iman célèbre le mariage après la prière de 17 heures, je projetai d’aller rendre visite à la mère de mon ami, le Colonel Gouverneur qui est de Dahra. L’Imam Ndiaye refusa net et ne voulut rien entendre de mes explications ou de mon amitié avec FALL.
De retour à Dakar, je racontai ma mésaventure à la dame Marème Ndiaye SIDIBE qui me donna une explication que je ne pouvais comprendre et que je n’acceptais pas.
Pour elle, son oncle avait raison sur toute la ligne, car dans le Djoloff, il est impensable de sortir d’une maison de très grande lignée pour rentrer dans la maison des esclaves. Elle me fit comprendre que c’était la pire insulte que je pouvais faire à son oncle et que j’avais bien fait d’obéir.
Moi je croyais que les FALL sont comme dans le Cayor, des « garmi guejdd ». De plus je m’en foutais de ces divisions sociales et je ne me sentais pas très concerné. Pour Marème NDIAYE, c’était une grosse erreur de ne pas prendre en considération de telles choses et qu’un jour, je pourrais le payer cher.
Je ne pris en considération ni la lignée familiale de mon ami Abdoulaye FALL le gendarme ; ni ne portai de jugement sur les mensonges et manipulations dont il était l’auteur et qui avaient conduit l’Etat à l’impasse. Je ne tins aucun compte des avertissements de mes copines de France.
Plus grave, un mois après ma nomination dans la fonction de HCS, une femme sollicita une audience auprès de moi pour se plaindre de mon patron, le Général de Division Abdoulaye FALL. Cette femme, comme lui, étaient mes auditeurs au CEDS où je donnais des conférences.
Il en avait profité pour sortir cette femme du droit chemin. Il en avait fait sa maitresse et l’avait conduite au divorce. Il l’entretenait. Il mit un terme définitif à la relation dès sa nomination au poste de Hautcomgend.
Elle se sentait perdue, trahie, humiliée et détruite. Je dus parlementer avec elle, la convaincre de la justesse de la décision et des dispositions que je prendrai avec lui pour l’aider à se rééquilibrer, se stabiliser, comme si on pouvait se stabiliser dans ce cadre. Elle ne voulut rien, ne demanda rien et ne prit rien.
Cette femme cependant me tint un langage qui continue à hanter mes nuits. « Tu n’es pas son ami. Il n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts. Tu lui fais ombrage. Il a peur de toi, de tes réactions, de tes jugements et de ton intelligence. Je suis venue à toi parce qu’il ne parle que de toi et de ta façon de voir les choses. Tu n’entendras plus jamais parler de moi, mais fais bien attention à toi ».
Je n’ose pas dire que je ne savais pas à qui j’avais affaire. Oui, je savais que mon ami pouvait mentir, je savais que mon ami était un magouilleur de la pire espèce, je savais qu’il était capable de prévarications.
Je savais que mon ami était un manipulateur et qu’il était particulièrement corrompu. Je le connaissais très faible vis-à-vis de son épouse et le pire de tout, je le savais lâche au point de sacrifier un subordonné comme dans le cas de la brigade de Bounkilling.
Je suis aussi condamnable pour avoir su et laissé faire et, plus grave même, accepté sans aucune garantie de servir sous ses ordres. Ma seule excuse réside dans mon amitié sans condition envers un tel homme.
Ma générosité légendaire et ma foi absolue dans mon destin et surtout, la certitude absolue, qu’en aucun cas de près ou de loin, je n’ai jamais été mêlé à de tels actes contraires au devoir, m’ont conduit à une entreprise où j’ai perdu HONNEUR, GLOIRE et FIERTE.
Je ne serai pas le seul Sénégalais à avoir vécu un tel drame avec le régime dit de l’alternance. Des bandits de grand chemin et des criminels vont s’accaparer, par ce régime du pouvoir. Ils vont instaurer comme système de gouvernement la corruption, la terreur, la violence, les attentats, le népotisme et tous les autres maux qui ont gangrené les sociétés africaines depuis les indépendances.
Le cri d’un ancien ambassadeur est éloquent et traduit le sentiment général d’hommes bien, honorables et patriotes qui ont cru devoir servir et rien que servir leur pays.
De hauts fonctionnaires méritants vont être spoliés, humiliés, parfois emprisonnés, rien que pour instaurer la prédation et la gabegie comme l’explique la complainte du p remier ambassadeur du Sénégal à Londres sous le régime de l’alternance
Certains camarades ont pu dire, au moment de ma nomination à la fonction de Haut Commandant en Second, que j’avais, avec Abdoulaye FALL, ourdi un plan pour prendre les destinées de la gendarmerie et, de ce fait, éliminer la plupart des Colonels plus anciens que moi.
Le commandement militaire est une question de principes, de traditions et d’opportunités, qui souvent laisse en rade de très bons officiers.
Je ne discuterai jamais de la valeur de la plupart des Colonels qui étaient concernés au moment de ma nomination. La plupart étaient des enfants de troupe, comme moi, exception faite de Djibril BA qui avait été HCS.
Ces Colonels avaient plutôt des problèmes avec Abdoulaye FALL, qui les avait dribblés par deux opportunités : sa présence, quasi quotidienne près du Président WADE, et la gestion du dossier Casamance dont le Président faisait une priorité absolue.
Ces Colonels voulaient oublier que malgré mon âge, j’avais été promu dans le même tableau qu’Abdoulaye FALL, et surtout avec deux d’entre eux qui étaient plus anciens dans le service.
Abdoulaye FALL, ne pouvait en toute logique se faire adjoindre des Colonels qui le jugeaient illégitime. Les seules possibilités de choix étaient DIEYE et moi. Il me choisit
Je n’ai pas plongé tête baissée dans le commandement de la gendarmerie nationale. Certes je n’ai pas posé de conditions pour me protéger, cependant tous les actes que j’ai posés entre le 16 juillet 2005 et le 18 juin 2007, en ma qualité de Haut Commandant en Second de la Gendarmerie Nationale et Sous-directeur de la Justice Militaire, sont en phase avec mon serment, mon engagement et la devise des enfants de troupe SAVOIR POUR MIEUX SERVIR.
J’ai servi avec honneur, loyauté et abnégation. Rien n’a changé dans ma vie. Mon compte en banque n’a pas explosé. Je n’ai pas accumulé des propriétés. Je n’ai ni de près ni de loin été mêlé à aucune malversation de quelque nature que ce soit.
J’ai aidé tous les camarades gendarmes en situation de détresse dans la mesure de mes possibilités. J’ai essayé d’exercer mes responsabilités avec justesse et justice, pour ne faire de tort à personne.
J’ai récompensé le mérite et j’ai puni quand je le jugeai indispensable pour maintenir la discipline. J’ai fait révoquer les responsables de fautes graves contre l’honneur et la discipline qui n’avaient pas leur place dans une armée de la loi.
Chapitre 1 Juillet 2005
Le 15 juillet 2005 à Conakry, je reçus un coup de fil du Général de Division Abdoulaye FALL qui me demandait, toutes affaires cessantes, de le rejoindre à Dakar. Il venait d’être nommé Haut Commandant de la Gendarmerie et Directeur de la Justice Militaire.
Je n’étais pas surpris de son appel, encore moins de sa demande. Deux jours avant, il m’avait consulté sur la décision du Président de la République de changer le Commandement de la Gendarmerie.
Le Général Pathé SECK en avait été courtoisement averti par le Président. Ce dernier lui avait demandé également de lui proposer trois Officiers en mesure de le remplacer.
Le Général SECK avait effectivement proposé trois officiers et ni Abdoulaye FALL, ni DIEYE, et encore moins moi-même n’en faisions partie. Le Président consulta Abdoulaye FALL, CEMPART pour la décision finale.
De retour dans son bureau, le Général en parla avec le Colonel TINE qui lui demanda de prendre mon avis. Le Colonel TINE me rendit fidèlement compte de sa discussion avec son patron et, effectivement, celui-ci m’appela dans la nuit du 13 au 14 juillet 2005 pour m’entretenir en détail de tout ce qui se tramait.
Je lui demandai alors de retourner voir le Président pour lui faire part de sa disposition et de sa volonté de prendre le commandement de la Gendarmerie.
Le Président souhaitait le garder comme CEMPART, surtout pour le dossier de la Casamance, mais avec mes arguments, il le décida de lui confier la Gendarmerie. Le Président lui demanda de préparer le décret pour sa nomination.
Nous en parlâmes et je lui dis de dater le commandement pour le 1er août, donnant ainsi 15 jours au Général Pathé SECK pour quitter en toute dignité le Commandement. Le décret fut signé le 15 juillet avec effet le 1er août.
Je fis bloquer le décret me nommant Haut Commandant en Second de la gendarmerie en même temps pour permettre au Colonel Leyti KA, HCS de partir sans problème à la retraite le 22 août 2005.
Cependant, dès le 16 juillet, je quittai Conakry et mon poste d’Attaché militaire pour préparer en toute logique la prise de commandement de mon ami le Général de Division Abdoulaye FALL.
La première lettre que je lui fis signer, le 16 juillet 2005, est une lettre de remerciement à Monsieur le Président de la République et un engagement ferme et total à œuvrer de toutes ses forces pour la réussite des missions de la Gendarmerie.
Le Colonel TINE me céda son bureau de l’EMPART où je reçus la plupart des Officiers de gendarmerie qui devaient prendre des responsabilités importantes à partir du 1er août 2005.
Je leur expliquai ce que le Général attendait d’eux et leur fixai leur nouvelle mission que le Colonel TINE transformait aussitôt en lettre de mission écrite et signée par le Général. Après cet entretien et la signature de la lettre de mission, le Général les recevait et leur exprimait toute sa confiance.
La plupart de ces officiers étaient jeunes, volontaires et enthousiastes. J’étais déterminé à ne pas avoir trop de considération pour les grades, mais à appuyer sur la valeur et les compétences de a personne.
En toute liberté, je ne tins compte ni des origines, ni des liens, mais de ce que je savais de chacun et des dossiers individuels que la Division des Personnels et de l’Administration avait mis à ma disposition.
Ce travail continua après le 1er août où je n’étais pas encore HCS. J’emménageai à la Maison de la Gendarmerie où je continuai à prendre le pouls de la Gendarmerie. Je préparai la cérémonie d’installation du Général, avec la rédaction d’un ordre du jour qui devait traduire la nouvelle politique et les grandes lignes du commandement.
Il était impossible de trouver un bon créneau pour arrêter ces grandes lignes avec le général. Je ne voulais pas aller à Zola alors que je n’avais aucune fonction officielle.
J’obligeai le Général à passer avec sa famille le dernier week-end de juillet à Saly. Je pus intéresser la famille aux loisirs de Saly et m’enfermer trois heures avec le Général pour définir les grandes lignes de son commandement.
Nous discutâmes de long en large sur ce qu’il voulait, ses objectifs et ses limites. Je lui fis part de ma vision de la gendarmerie et du sens de mon engagement.
Je lui dis que je n’étais pas demandeur pour exercer la responsabilité de HCS, que j’avais des ambitions pour le Centre d’Orientation Stratégique, l’organisme qui devait remplacer le CENCAR.
Je lui fis part de mes souhaits qui exigeaient non seulement un climat absolu de confiance mais aussi une réforme profonde du système pour enlever les magouilles, l’indiscipline, la corruption et tous les maux qui minaient la Gendarmerie depuis la fin du commandement du Général Waly FAYE.
Il me répondit que le Président de la République l’avait placé dans de très bonnes conditions, qu’il n’avait besoin de rien et que j’avais carte blanche pour combattre la corruption et l’indiscipline qui avaient gagné les rangs de la Gendarmerie.
Ce fut un week-end studieux où nous passâmes en revue tous les aspects du service de la Gendarmerie et tous les contours de notre collaboration.
De retour à Dakar le lundi, je convoquai à la maison de la gendarmerie le Colonel TINE et un Capitaine, un jeune officier qui me devait beaucoup, un des officiers les plus intelligents de la gendarmerie, mais aussi le plus fourbe, sans valeur morale, ni éthique.
Le Colonel TINE, à juste raison pour avoir été son Chef de corps, ne voulait pas en entendre parler tant il connaissait les écarts du Capitaine.
Je le rassurai en lui montrant moi-même que je savais tout de l’homme, mais que j’avais besoin de son intelligence pour traduire en ordre général et en directives de commandement ce que j’avais arrêté la veille avec le Général.
En accord au plan des idées avec le Colonel TINE, je traçais les grandes lignes du discours au Capitaine.
Le Capitaine m’impressionnait, il était devenu malgré tout ce que je redoutais en lui, un de mes principaux collaborateurs. La connaissance parfaite des écarts dont il était capable avait rendu notre collaboration étrange. Je respectai sa démarche et sa maîtrise intellectuelle, tout en redoutant ses faiblesses humaines.
Le Colonel DIEYE, mon promotionnaire, chef de la DPA, me l’avait confié à dans mon organisme pour lui éviter des sanctions statutaires.
Le capitaine avait eu maille à partir avec le commandement dès son admission dans la Gendarmerie. Il avait menti au Général DIOP, Hautcomgend pour se faire prêter un logement avant son stage à l’EOGN.
Pour ce, il s’était fait passer pour le fils d’un Général. Le Général DIOP découvrit le mensonge en taquinant le général, dont il connaissait tous les enfants sauf le capitaine, qu’il croyait enfant naturel.
Le Capitaine avait été coincé à outrance par son Commandant de la légion pour une série de fautes très graves et très attentatoires à la discipline.
Il interprétait les ordres, il les outrepassait, prenait des initiatives malheureuses en faisant souvent fi des ordres de son Commandant de compagnie. Une fois, suprême sacrilège, il était arrivé en retard à une cérémonie militaire, alors qu’il était désigné porte-drapeau.
Le capitaine savait manipuler et inventer des histoires salaces pour s’en sortir : il n’hésita pas à accuser sa femme d’adultère avec son Chef pour justifier l’acharnement contre lui. Une fois, alors que je portais assistance à sa femme suite à des problèmes de ménage, il n’hésita pas à me dire de faire attention car sa femme lui avait fait comprendre que je voulais d’elle. Il me tint ainsi éloigné de cette malheureuse qui avait besoin de l’appui du commandement.
Je me demandai comment un officier pouvait manquer autant d’éthique, surtout un enfant de troupe, malgré toute l’impression et toute la fascination qu’il exerçait sur moi,
J’assurai qu’après le discours, il retournerait dans le même service où il était quand même utile. Il avait pris en mains un dossier très important et excellemment : il faisait dans ce dossier un très bon travail.
Il ne fut pas changé une virgule du discours que le Capitaine avait écrit. Il avait traduit dans les meilleurs termes et avec une maîtrise parfaite de la langue française, tout ce que le Général, le Colonel TINE et moi avions voulu pour plonger la Gendarmerie dans le troisième millénaire.
Le Colonel TINE et le Général acceptèrent le discours comme tel et furent impressionnés par la prestance du Capitaine. Le Général voulut sauter sur l’occasion pour l’affecter dans son cabinet, ce que je refusai sans pour autant lui en donner les raisons.
Ce capitaine, quel que soit sa moralité, était un de mes hommes, il me respectait malgré tout et était toujours disponible pour moi. Je voulais d’une certaine manière le sauver tout en le maintenant loin de mon commandement.
Le discours du capitaine est l’engagement moral, du Général FALL, de moi-même et du Colonel TINE envers la Gendarmerie Nationale. Je pris cet ordre général N° 1 comme un serment qui me liait autant qu’il liait le Général et le Colonel TINE. On peut se demander pourquoi le Colonel TINE ?
Le Colonel TINE est non seulement acteur dans cet engagement pour avoir travaillé sans relâche à sa conception pendant ses deux années de présence à l’EMPART mais il est également le témoin de mes échanges et de ma collaboration virtuelle avec le Général.
Abdoulaye FALL ne maîtrisait pas beaucoup l’internet, ni la bureautique d’ailleurs. TINE en son nom, faisait les mails et le tenait informé de notre démarche intellectuelle.
Le Général s’entraîna pendant une semaine à lire son discours et sa cérémonie d’installation fut très belle.
Je m’installai à Zola le 23 août 2005 dans les habits de Haut Commandant en Second de la gendarmerie. Le Colonel TINE fut désigné pour assurer l’expédition des affaires courantes de l’Etat-major Gendarmerie, dont le titulaire, le Colonel DIOUF, avait été nommé DIRCEL.
Le Général me demanda de faire le point des finances de la Gendarmerie avec le Colonel Cheikh SENE, Commandant du Groupement des Moyens Généraux, et surtout de voir combien il restait dans le budget et de combien on pouvait disposer pour terminer l’année sans gros problèmes.
Le Colonel Cheikh SENE m’avança un chiffre de cinq cents millions disponibles. Ces cinq cents millions étaient en fait le reliquat du milliard cinq cent millons FCFA prêté par l’Etat pour équiper le contingent FPU, déployé à Haïti.
Le Général, comme moi, n’y virent que du feu mais lui, il s’empressa de donner des ordres qui engloutiront deux cent cinquante millions entre ses voitures, ses meubles et la réfection de son logement de fonction,.
Cheikh SENE voulut lui opposer les procédures budgétaires, mais le Général trouva, avec ses coups de fil, les voies et moyens de satisfaire sa demande.
Cheikh SENE fut diabolisé et traité de tous les noms d’oiseaux. Une trop forte pression, qu’il avait du mal à supporter, fut mise sur sa personne et même sur sa famille.
Il recevait des messages, des coups de téléphone, des lettres anonymes disant que le Colonel NDAO avait juré de l’envoyer en prison civile pour détournement de deniers publics.
Le Colonel SENE était convaincu que j’étais l’auteur de cette pression et, malheureusement pour lui, il était souvent convoqué dans mon bureau pour une raison ou une autre. Il était un outil indispensable à la bonne marche de la gendarmerie.
Son épouse et quelques-uns de ses amis, lui conseillaient de venir m’exposer de front ce qu’il vivait. Mais comme il était convaincu que j’étais l’oppresseur, il ne savait comment aborder le problème.
Cheikh SENE oubliait pourtant l’assistance que lui, GMG, m’avait apportée pendant ma traversée du désert après le naufrage et l’enquête du Joola. Le Général Pathé SECK, pour mettre la pression sur moi, m’avait enlevé tous les privilèges de mon grade et de mes fonctions.
Je n’avais plus de véhicule de service, encore moins de carburant, pour au moins amener mes enfants à l’école. Je devais acheter du carburant pour mes trois véhicules après avoir perdu une dotation de plus de 500 litres.
Cheikh SENE, de façon discrète et continue, a envoyé chaque vendredi après-midi 50 litres de carburant à mon épouse et, même des fois, de l’argent pour m’aider à m’en sortir.
De plus je respectais le Général Pathé SECK, malgré les problèmes qui m’avaient opposé à lui après mon éviction de la DIRCEL. Je ne voulais, en aucun cas, de chasse aux sorcières dans la gendarmerie. Et je réussis à convaincre le Général de l’inutilité de régler des comptes avec qui que ce soit.
La décision du Président de la République, en août 2005, de mettre deux nouveaux FPU à la disposition de la MONUC et 5,5 milliards de FCFA pour équiper ces deux unités, donna un peu de répit au Colonel Cheikh SENE. Nous n’avions que lui pour s’occuper de la logistique de ces unités.
Il était le seul capable de trouver les bonnes solutions pour équiper, dans les normes et dans les délais, les deux FPU. Une série de procédures budgétaires devait être mise en œuvre et des marchés publics établis pour consommer à temps les crédits ouverts.
Ni le Général, ni moi, encore moins le cabinet du Général, n’avions les connaissances techniques pour se permettre d’écarter le Colonel SENE.
Je présidai les réunions de mise en œuvre et de mise en place des deux unités et je laissai toute initiative au Colonel SENE pour trouver les bonnes solutions logistiques. Le cabinet du Général, et en l’occurrence le Lieutenant-colonel SOW, ne l’entendit pas de cette oreille.
Aujourd’hui encore, je ne sais si ce fut une décision du Général, ou une suggestion de SOW, mais début septembre 2005, soit un mois après mon installation et en pleine composition des deux FPU, je reçus l’ordre d’aller inspecter le contingent déployé à Haïti.
Selon la rumeur et les informations du Général, cette FPU était en train de se rebeller contre le Commandant de contingent, le Lieutenant-colonel Ibou SENE. Ce contingent avait été déployé à Haïti le 5 août 2005, donc une semaine après l’installation du Général.
Je l’avais inspecté au moment de son départ et lui avais fait les recommandations d’usage à l’aéroport, juste avant son embarquement. Je dus me résoudre, malgré l’avis du Colonel TINE, à aller à Haïti.
En escale à Paris, sur le chemin de retour, je reçus l’ordre d’attendre des directives à Paris et de profiter de mon séjour dans la capitale française. Il me fut envoyé de l’argent pour couvrir mes frais de mission.
J’aurais dû me douter que l’on cherchait à me tenir éloigné de Dakar et des centres de décision du Commandement parce que je gênais considérablement le Cabinet du Général.
Cheikh SENE, aux abois et déstabilisé par les multiples pressions sur sa gestion antérieure, ne pouvait en aucun cas s’opposer à une quelconque décision du Général ou de son Cabinet.
Le Colonel TINE m’avait reproché d’avoir proposé le Lieutenant-colonel SOW comme Chef de Cabinet. Il m’avertit que je regretterai cette proposition. Il était convaincu des magouilles de SOW mais surtout de son esprit, tordu, ambitieux et revanchard.
Meissa NIANG, que SOW avait remplacé au Cabinet, n’hésita pas à m’attaquer sur ce choix, tellement leurs consignes s’étaient très mal passées. SOW avait cherché la confrontation et le clash pour heurter Meissa NIANG.
SOW n’avait pas hésité, devant le refus de Meissa NIANG, à lui déclarer que les ordres venaient de moi. Je dus venir au Cabinet sur la demande de Meissa NIANG pour que les consignes se déroulent dans le respect mutuel et la sérénité.
Chapitre 2 Section de recherches et Youssou Gueye
L’idée d’avoir fait un mauvais choix, avec SOW au cabinet, me fut donnée dès mon arrivée à Zola, le 22 août. Le nouveau cabinet avec SOW était en place depuis le 1er août. Ma famille était encore à Conakry et le Général logeait encore à Zola, dans le logement de l’EMPART.
Chaque 13 heures, nous descendions prendre le déjeuner chez le Général et, souvent, le Colonel SOW nous accompagnait. Il ne se mêlait pas à nos discussions, il mangeait en silence et avec beaucoup de respect pour nous, alors que nous profitions du moment pour nous détendre et régler nos problèmes domestiques.
Le Général réglait souvent ses problèmes de famille à ce moment. Je n’étais pas étranger à ses problèmes et mon avis était souvent sollicité par Madame FALL.
L’intendant Alioune SECK, un ami commun, et le Colonel Cheikh DIOUF, un promotionnaire du Général, partageait souvent, depuis belle lurette et bien avant la Gendarmerie, la table.
Le Général, et surtout son épouse, voulaient que leur fils Bass et leur fille Khadija aillent au Collège des Pères Maristes pour bénéficier d’un meilleur enseignement, mais ils avaient des difficultés du fait des mauvaises notes.
Je rigolais de ces mauvaises notes dues à un défaut de surveillance, mais je pouvais trouver une solution avec mon beau-frère Iba GUEYE qui avait ses entrées aux Maristes. Je l’ai appelé au téléphone pour lui exposer le cas et de la volonté du couple d’inscrire ses enfants aux Maristes dès son feu vert.
Les Maristes acceptèrent, sous réserve d’un examen à passer à la rentrée. Le Général ne doutait pas des capacités de Khadija pour réussir l’examen d’entrée mais s’attendait au pire avec Bass.
J’explosai en entendant le silencieux SOW, proposer de faire lui-même les cours de rattrapage aux enfants du Général. Tout de go, je lui dis niet et que le Général avait des moyens pour payer un répétiteur et que lui-même SOW avait assez de boulot au Cabinet.
Malgré mon avis, SOW profita de cette aubaine pour s’introduire et s’incruster chez le Général en faisant des cours de rattrapage aux enfants, la plupart du temps après 20 heures. Il vivait sans sa famille, restée à Paris, il dînait avec le Général qui, ainsi, profitait de sa compagnie.
Par des allusions tendancieuses et soutenues, des intrigues contre celui-ci ou ceux-là, des « diayys », SOW gagna la confiance de Madame FALL, qui ne jurait plus que par lui. IL fit étalage de connaissances profondes devant le Général qui perdait son latin devant une telle érudition.
SOW déroulait son scénario devant des auditeurs incultes pour qui la cybercriminalité, les choses virtuelles, internet et toutes les nouvelles façades de la technologie étaient inconnus.
Il était indispensable à la culture du Général et aux ambitions de grande dame de Madame FALL pour qui, un parfum Dior ou un mascara L’Oréal étaient le summum. Madame SOW qui travaillait en France à Oréal pouvait, avec les conseils de son mari, faire des cadeaux très attendus.
Je riais de ces conneries avec le Colonel TINE quand survint un incident qui déterminera tout entre SOW et moi et se traduirait en animosité, sans possibilité de réconciliation.

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