Pour une transformation politique en Afrique
328 pages
Français

Pour une transformation politique en Afrique

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328 pages
Français

Description

Ce livre couvre la période de l'histoire du Togo allant d'avril 2018 à fin août 2019, au cours de laquelle, plus qu'une crise, la « question togolaise » née de l'assassinat du président Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio le 13 janvier 1963 aura pris, subitement, le 19 août 2017, une tournure dramatique. C'est une véritable encyclopédie qu'il faudrait pour décrire le processus politique, économique, social et culturel qui aura conduit à cette dramatisation de ladite « question ».

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Date de parution 19 septembre 2019
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EAN13 9782140130816
Langue Français
Poids de l'ouvrage 23 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Godwin TétéPour une transformation
politique en afrique
La nécessaire révolte des masses laborieuses
Pour une transformation
n vérité, le présent ouvrage n’est autre chose que la suite
des travaux de l’auteur intitulés « Écrits circonstanciels de politique en afrique Emilitantisme politique », inaugurés en 2014, et qui prendront
des titres divers à partir de 2017.
En l’occurrence, ce livre couvre la période de l’histoire du
Togo allant d’avril 2018 à fn août 2019, au cours de laquelle, La nécessaire révolte des masses laborieuses
plus qu’une crise, la « question togolaise » née de l’assassinat du
président Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio le 13 janvier 1963
aura pris, subitement, le 19 août 2017, une tournure dramatique,
accélérée. À ce propos, c’est une véritable encyclopédie qu’il faudrait
pour décrire le processus politique, économique, social et culturel
qui aura conduit à cette dramatisation de ladite « question ». Pour
le moins, le lecteur est convié à se référer aux ouvrages relatifs de
l’auteur, précisés en début d’ouvrage.
Godwin Tété, de son nom complet Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo,
est né au Dahomey (République du Bénin) en 1928, de parents
togolais. Après des études à Lomé (Togo), à Paris et Prague
(Tchécoslovaquie), il a été pendant vingt mois administrateur civil
de la Fonction publique togolaise. Après un stage de quatre mois à
l’Institut de Développement économique de la Banque mondiale à
Washington D.C., il sera, durant vingt-et-un ans, fonctionnaire
international des Nations unies. Il a pris sa retraite en 1984. Il a
été Secrétaire général du Jeune Togo durant deux années académiques (1955/1957)
et membre du Haut conseil de la République (H.C.R.) togolaise (1991/1992).
Godwin Tété est membre fondateur, et le n° 2 du Conseil des Sages de l’Alliance
nationale pour le Changement (ANC). Il en est également membre d’honneur depuis
ele II congrès de ce parti togolais.
ISBN : 978-2-343-18464-7
34 €
Pour une transformation
Godwin Tété
politique en afrique












































© L’HARMATTAN, 2019
5-7, rue de l’École polytechnique, 75 005 Paris

www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-18464-7
EAN : 9782343184647


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Pour une transformation
politique en Afrique
Godwin TÉTÉ



Pour une transformation
politique en Afrique

La nécessaire révolte des masses laborieuses














DU MÊME AUTEUR


- Ce que sont les pays en voie de développement et la nécessité de leur
développement planifié (Mémoire de licence d’économie politique),
Prague, 1961.
- « La jeunesse africaine et la décolonisation (1885-1985) » in La
décolonisation de l’Afrique vue par des Africains, L’Harmattan, Paris,
1987, pp. 52- 69 (par T G. Sylla alias Godwin Tété).
- La Question du Plan Marshall et l’Afrique, L’Harmattan, Paris, 1989.
- Marcus Garvey : Père de l’Unité Africaine des peuples (deux tomes),
L’Harmattan, Paris, 1995.
- Expériences de Sadhana. Le sentier en fil de rasoir, Guy Trédaniel, Paris,
1997.
- De la colonisation allemande au Deutsche-Togo Bund, L’Harmattan, Paris,
1998.
- La traite et l’esclavage négriers, Agir ici – Survie – L’Harmattan, Paris,
1998.
- Histoire du Togo. La palpitante Quête de l’Ablodé, (1940-1960). NM7
Éditions, Paris, 2000.
- Histoire du Togo. Le régime et l’assassinat de Sylvanus Olympio
(19601963), MN7 Éditions, Paris, 2002
- Histoire du Togo. La longue nuit de terreur (1963-2003), A. J. Presse,
Paris, 2006.
- Des principes fondamentaux du militantisme, Éd. Haho, Lomé, 2004.
- La question nègre, L’Harmattan, Paris, 2003.
- Omer Adoté. Un martyr politique du Togo, L’Harmattan, Paris, 2004.
- Histoire du Togo. De la tragi-comédie à la comi-tragédie, Afridic, Paris,
2007.
- Le Togo — La vraie/fausse question nord-sud. Haho, Lomé, 2007.
- Ma chétive vie... Parcours d’un militant politique panafricaniste,
Menaibuc, Paris, 2007.
- Sylvanus Olympio. Père de la Nation togolaise, L’Harmattan, Paris, 2008.
- Histoire du Togo. Le coup de force permanent (2006-2011), L’Harmattan,
Paris, 2012.
- Le védanta et la physique moderne, Haho, Lomé (Togo), 2013.
- Autopsie du développement pernicieux. Le cas du Togo (1963-2013),
L’Harmattan, Paris, 2013.
- La question nègre. Parlons-en encore, L’Harmattan, Paris, 2013
- Écrits circonstanciels de militantisme politique (2002–2013), Éd.
L’Harmattan, Paris, 2014.
- Écrits circonstanciels de militantisme politique (2014-2015), Éd.
L’Harmattan, Paris, 2015.
6 - Peuples africains, prenons en main noire destin !, Éd L’Harmattan, Paris,
2017.
- Quelques pans cruciaux de l’Histoire contemporaine du Togo. Éd.
L’Harmattan, Paris, 2017.
- De la dialectique démocratie/développement en Afrique – Contribution au
forum de Delphes., Éd. L’Harmattan, Paris, 2017.
- …Et le peuple togolais de s’insurger pour la démission de Faure
Gnassingbé Ed. L’Harmattan, Paris, 2018
- Le sentier au fil du rasoir : une synthèse du yoga ou de l’unicité de la
nature. Ed. Les impliqués, Paris, 2019
- Divers et nombreux articles de presse.

L’auteur a traduit de l’anglais
en français les ouvrages suivants :

- Divine Edem Kobla Amenumey, Le mouvement de la réunification des Ewe,
L’Harmattan, Paris, 2009
- Divine Edem Kobla Amenumey, Les Ewe aux temps pré-coloniaux,
L’Harmattan, Paris, 2011.
- Swami Ranganathananda, Le Védanta et l’Avenir de l’Humanité, CVR
Editions, 64 bd Victor Hugo, 77220 Gretz, France, 2015.
wwwcentrevedantique.fr. centre.vedantique à wanadoo.fr, 2015.

7
- Au brave et vaillant Peuple togolais.
En reconnaissance de sa Foi, de son Courage et de ses Sacrifices !

- À la dynamique Diaspora togolaise.
- À tous les vrais et généreux Amis du Peuple togolais.

Le présent opuscule est dédié également aux peuples du Burkina Faso,
de la RDC, du Gabon, de l’Algérie, du Soudan, de la Tunisie, de
l’Egypte, de la Libye, du Cameroun, de la Gambie, du Zimbabwe, du
Tchad, etc qui nous démontrent que, de tous les défauts d’un peuple,
le pire, c’est, assurément (!), la COUARDISE.
9 INTRODUCTION
« Le peuple, c’est à nous de l’organiser. C’est à nous de l’organiser pour abattre
la réaction en Chine. Tout ce qui est réactionnaire est pareil : tant qu’on ne le
frappe pas, impossible de le faire tomber. C’est comme lorsqu’on balaie : là où le
balai ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même.» [Mao Tsé-toung, Le
petit livre rouge. Ed. Seuil, Paris, 1967, p.12]
« La révolution n’est pas un diner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre
littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant
d’élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur,
d’amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d’âme. La révolution, c’est
un soulèvement (…) par lequel une classe en renverse une autre. »
[Mao Tsé-toung, Le petit livre rouge. Ed. Seuil, Paris, 1967, p.11]
Le 27 avril 1958, sous l’égide de l’Organisation des Nations – Unies,
et par le truchement d’élections législatives qui se trouvèrent être – de
facto – un véritable RÉFÉRENDUM, le Peuple togolais opéra une
RUPTURE copernicienne, paradigmatique, radicale, définitive, avec
l’impérialo – colonialisme de toutes origines et de toutes versions
confondues. Ce Peuple proclamera solennellement (!!!), en date du 27
avril 1960, son indépendance, c’est-à-dire sa SOUVERAINETÉ
nationale et internationale.
Malheureusement (!), pour avoir décidé de doter son pays d’une
monnaie nationale propre, en remplacement du fameux franc CFA (!), le
premier Président de la République togolaise : Sylvanus Kwami
Epiphanio Olympio fut lâchement assassiné le 13 janvier 1963, par
l’impérialo – colonialisme français - en se servant de mercenaires, de
demi-soldes togolais revenus des guerres coloniales du Vietnam et
d’Algérie, et qu’il instrumentalisa…
C’est la terrible CRISE née de ce terrible FORFAIT (!!!) qui, au fil
des années, s’est transformée en une réelle QUESTION (ou AFFAIRE)
sur laquelle portent les discours (ou textes) figurant dans le présent
opuscule. Ces discours couvrent la période allant du début avril 2018 à
fin août 2019.
11 Comme les autres discours dont ils font suite, ceux-ci visent un
quintuple objectif :
1) Dénoncer et condamner, à la face du monde entier, la nature, la
facture, l’essence intrinsèquement (!) viciées et vicieuses du régime
politique archaïque RPT/UNIR.
2) Conscientiser le Peuple togolais – notamment la jeunesse
togolaise.
3) Amener ce Peuple et cette Jeunesse à S’ORGANISER (!!!)…,
pour
4) ARRACHER (!!!) LA TERRE DE NOS AÏEUX DES GRIFFES
DE CE RÉGIME ET LA RECONSTRUIRE !!!
5) Servir de base de données de première main : de compendium
pour les historiens de demain…
Les nombreuses et abondantes Annexes ont été insérées ici en
fonction de leurs indiscutables pertinence et valeur directement (!)
édificatrices…
Enfin, l’accumulation de tant d’annexes vise à démontrer
combien, à l’heure actuelle, la dynastie gnassingbéenne est vomie
aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Togo.
« Un vrai changement d’ère implique qu’à l’exercice solitaire du
pouvoir électif nous préférions la pratique solidaire de l’intelligence
collective ». [Cf. Joël de Rosnay, Je cherche à comprendre… Les codes
cachés de la Nature. Ed. LLL., Paris, 2016, P. 101]
Je remercie, du fond de mon cœur, tous ceux qui auront contribué à
l’édition et à la diffusion de ce modeste ouvrage.
Lomé, le 21 juin 2018
Godwin Tété
12

TEXTES

13 N°1
… ET LE CLAN(!)DES GNASSINGBÉ
COLONISA (!!!) LE TOGO
Par Godwin Tété
« En politique, il faut examiner avec soin si le choix des dirigeants a lieu en vue
de leur accorder, avec le pouvoir, les jouissances les plus intenses possible, ou si
nous avons en vue le bonheur à l’échelle du pays tout entier. Dans cette seconde
hypothèse, il faut que le peuple persuade de gré ou de force ceux dont c’est le
tour d’être dirigeants, à tous les niveaux, d’être d’excellents ouvriers à cette
tâche. Il doit du reste en aller de même pour tous les membres de la communauté
politique,… »
Socrate, [in Alain Badiou, "La République de Planton." Ed. Pluriel, Paris, 2014,
pp. 203 – 204.]
« Sauter le verrou ethnique pour démocratiser les institutions »
Dany Ayida, [in le journal togolais "Liberté," N° 2646 du 30 mars 2018, pp 1 et
2]
INTRODUCTION
Par les lignes qui suivent, j’entends simplement apporter quelques
gouttes d’eau au moulin de l’auteur de la deuxième épigraphe ci-dessus,
à savoir au moulin de notre compatriote Dany Ayida. Tant l’article de
ce concitoyen des nôtres m’apparaît si pertinent, si véridique et
soustendu par un courage politique si patent que je ne puis résister à lui
emboîter le pas. Au demeurant, j’ai moi-même, depuis 2007, dans mon
ouvrage "LE TOGO : La vraie / fausse question nord-sud," posé le
problème abordé par Dany Ayida. Qui plus est, je suis revenu à la
charge à maintes reprises, dans d’autres livres et articles circonstanciels.
[Cf. bibliographie ci-dessous en conclusion].
Oui ! Depuis 1963, de facto, la Terre de nos Aïeux : le Togo se
trouve gémir sous le joug d’une colonisation d’origine endogène,
d’essence ethno-militaro-clanique des Gnassingbé. Et je me permets
de reproduire ici tout un pan de l’article de Dany Ayida : « Le nœud
gordien du problème politique au Togo concerne l’instrumentalisation
de l’ethnie Kabyè… Oui, il est temps d’appeler chat un chat ! Il existe
au sein de l’État du Togo un puissant lobby Kabyè (ethnie du feu
14 général Eyadema) et qui détient la réalité du pouvoir. Installé par le
général et perpétué au fil des décennies de la gestion publique sans
partage, de toutes les institutions. Il possède son renseignement, ses
filons économiques et financiers, ses circuits diplomatiques et d’autres
tentacules qui le rendent incontournable dans toutes les affaires
d’Etat. Le lobby kabyè a montré ses réelles capacités après la mort du
général. Il a déjoué et changé plusieurs décisions de Faure
Gnassingbé : y compris des nominations ministérielles et au sein des
forces de défense et de sécurité. Il en impose au sein de la direction du
parti UNIR… Ce groupe est convaincu que tout changement politique
au Togo remettrait en cause les privilèges acquis par les citoyens issus
de l’ethnie kabyè. Depuis la crise socio-politique du début des années
90, il s’est organisé et s’est donné les moyens pour asseoir son
hégémonie et empêcher tout changement. Ces choses sont connues de
beaucoup de Togolais. Les hommes et les femmes qui animent le lobby
de domination kabyè sont connus. Aujourd’hui, ils sont à l’œuvre
pour empêcher que les discussions politiques en cours n’aboutissent
pas, afin de préserver leur férule sur l’appareil d’Etat ».
I. ATTENTION!!!
Cependant, la « question » kabiyè vit le jour bien avant l’actuelle
cinquantenaire dynastie éyadémao-gnassingbéenne. En effet, en 1920
(ou 1922 ?), les Konkomba se soulevèrent contre le colonialisme
français… Alors, la France fit venir au Togo une « mission » militaire
en vue de voir clair dans la situation… Cette « mission » fit son boulot
et pondit un rapport circonstancié y relatif. Lequel rapport se termina
ainsi : « Nous (les Français) ne sommes guère aimés par les gens du
sud du Togo. Par conséquent, nous nous devons de jeter notre dévolu
sur les gens du nord, et plus particulièrement sur les Kabrais »!!!
Dans son bouquin titré ‘‘Le perroquet,’’ c’est tout à fait la même
philosophie fondamentale qu’affiche, in fine, M. Charles Debbasch : le
« gouverneur » néocolonial français bien connu chez nous…
Dans la même veine d’idées, il est difficile – pour ne pas dire
impossible – de ne pas croire que c’est la Françafrique, plus
précisément le gaullisme foccartiste qui aura instrumentalisé
Gnassingbé Eyadéma pour assassiner Sylvanus Kwami Epiphanio
Olympio et prendre son fauteuil présidentiel. Et, à son tour,
Gnassingbé Eyadéma aura instrumentalisé l’ethnie kabiyè pour
s’emparer de l’État au Togo.
En 2005, et en dernière analyse, ce fut, à coup sûr, le Président
français Jacques Chirac qui nous imposa Faure Essozimna
15 Gnassingbé comme « Chef d’État ». Voilà pourquoi, en date du 20
octobre 2017, j’adressai une lettre ouverte à S.E Monsieur Emmanuel
Macron, le suppliant – en vertu du principe de la continuité de l’État –
de tout mettre en œuvre pour nous éviter un génocide à la rwandaise
(!!!) au Togo… face à la stratégie de la terreur de notre roitelet post et
néocolonial Faure Gnassingbé.
Mais soyons assez vigilants pour ne pas confondre toute l’ethnie
kabiyè avec le clan (!), la clique (!) minoritaire des Gnassingbé. Au
vrai, il existe un rapport officiel (!) du gouvernement RPT/UNUR, aux
termes duquel, plus l’on monte vers le nord du Togo, plus la misère
matérielle et immatérielle devient criarde !!!, aveuglante !!!, palpable !!!
Assurément, le régime des Gnassingbé, de père en fils, n’a rien fait
d’extraordinaire pour la partie septentrionale de notre pays. [Cf. mon
ouvrage "Au topsie du développement pernicieux - Le cas du Togo"].
II. UNE QUESTION AU CŒUR DE LA QUESTION !
Oui ! Au cœur de la « question » kabiyè gît un autre nœud gordien :
celui des « FAT » (« Forces Armées Togolaises ») : une milice à la
dévotion du clan des Gnassingbé, prétorienne, en rien républicaine,
relativement pléthorique, budgétivore eu égard aux dimensions
territoriales, démographiques, financières du Togo, et compte tenu du
fait qu’aucune agression extérieure imminente ne menace notre pays.
Des « FAT » tribalisées (!) ainsi que dirait notre mémorable
"Conférence Nationale Souveraine" : (08 juillet – 28 août 1991). Des
« FAT » recrutées essentiellement (!) par le biais de l’« évala » : une
lutte traditionnelle ancestrale kabiyè, au sein de l’ethnie kabiyè,
pour sauvegarder le clan colonialiste kabiyè des Gnassingbé…
III. QUE FAIRE DONC ?!
À cette sempiternelle question chère à Vladimir Ilitch Lénine, je
réponds en l’occurrence ceci. La seule solution rationnelle, valable,
digne de tout humaniste véritable, consiste à arracher la Terre de nos
Aïeux : le Togo, des griffes du clan, de la clique, de l’oligarchie des
Gnassingbé et le reconstruire. Sur de nouvelles bases démocratiques,
républicaines, égalitaires !!! C’est bien là la mission sacrée que le brave,
pacifiste et pacifique Peuple togolais s’est assignée. Avec, comme
leadership, celui du "Groupe des 14". Ici et maintenant !!! Et, « dans
une relative opacité, il l’accomplira ou la trahira » [J’ai paraphrasé
Frantz Fanon.]. Mais osons espérer que notre Peuple – qui n’est
point un Peuple masochiste - ne se trahira pas !!!
16 Bibliographie
(Auteur : Godwin Tété)
- Histoire du Togo. Le régime et l’assassinat de Sylvanus Olympio.
(1960 – 1963). Ed. MN7, Paris, 2002.
- Histoire du Togo. La longue nuit de terreur. (1963 – 2003). Ed. A.J.
Presse, Paris, 2006.
- Histoire du Togo. De la tragi-comédie à la comi-tragédie. Ed.
Afridic, Paris, 2007
- Le Togo – La vraie /fausse question nord – sud. Ed. Haho, Lomé,
(Togo), 2007.
- Histoire du Togo – Le coup de force permanent. (2006 – 2011). Ed.
l’Harmattan, Paris, 2012.
- Autopsie du développement pernicieux. Le cas du Togo (1963 –
2013). Ed. l’Harmattan, Paris, 2014
erLomé, le 1 avril 2018
Godwin Tété
Ancien fonctionnaire international des Nations Unies
17 N°2
ENTRETIEN D’UNE « ARMADA » PRÉTORIENNE
ET PLÉTHORIQUE VERSUS DÉVELOPPEMENT
HUMAIN VIABLE ET DURABLE
Par Godwin Tété
« L’idée républicaine doit commander aux fusils »
Socrate
Je savais depuis belle lurette que, dès leur naissance, les « FAT »
(« Forces Armées Togolaises ») s’affichent comme d’essence, ou de
facture, ou encore d’étoffe ethno – clanique. Elles ressortent, d’entrée
de jeu, comme prétoriennes et pléthoriques ! Au fait, les « FAT »
représentent – fondamentalement – une sorte de milice « tribalisée »
[ainsi que dirait notre mémorable CNS (Conférence Nationale
Souveraine)], anti – républicaine, vouée uniquement (!) à la protection
de la clique des Gnassingbé. Qui plus est, ces « corps habillés »
s’avèrent négativement, inutilement budgétivores. À preuve, la part de
lion (!) que le Budget de l’État togolais leur consacre chaque année. Et
si encore on leur faisait réaliser certains travaux d’utilité publique (!),
cela limiterait les dégâts !!! Mais ce n’est nullement le cas !
Oui ! Je savais tout ce qui vient d’être rappelé, depuis que la
Françafrique gaullisto – foccartiste a confié la gestion locale du sort de
la Terre de nos aïeux : le Togo au clan des Gnassingbé. Mais, en
visionnant, à la Télévision, ce vendredi 27 avril 2018, le « défilé »
circonstanciel des « FAT » - « défilé »au demeurant mécaniquement (!)
calqué, quant à sa forme, sur celui – classique – du 14 juillet aux
Elysées à Paris – je me suis demandé si ce sont des mêmes images qui
repassaient plusieurs fois (!) ou non ?! En effet, pour notre menu pays
2de 56 000km et de 7millions d’âmes environ, une telle « armada »
m’a laissé pantois !!!
Or, s’il est vrai que le développement politique, économique, social
et culturel n’est rien d’autre que le fruit du travail concret des forces
vives d’un pays donné, il est clair que les « FAT » ne sauraient, loin
s’en faut (!!!), favoriser un tel développement.
18 Voilà pourquoi les pères de l’indépendance du Togo – notamment le
père de la nation togolaise : Sylvanus K. E. Olympio – conçurent la
Défense nationale de notre patrie de la manière la plus rationnelle, la
plus saine, la plus développementaliste possible. S’inspirant de
l’ouvrage magistral de Jean Jaurès, intitulé "La nouvelle armée", ils
adoptèrent d’apprendre le maniement des armes à tout(e) citoyen(ne)
togolais(e) et, le cas échéant, l’appeler à défendre, (arme à la main), la
patrie en danger. Comme cela se pratique en Suisse depuis
Mathusalem… À telle enseigne que Sylvanus Kwami Epiphanio
Olympio demanda à l’officier feu James Assila d’apprendre ce
maniement des armes (!) aux élèves du Lycée Bonnecarrère de Lomé.
Ce qui précède veut dire que, le moment venu, il conviendra (!)
que nous procédions aux réformes requises en la matière. Et ce,
aussi bien quantitativement que qualitativement !!! Oui ! Le fusil
étant fils du cerveau, il doit – assurément ! – obéir au cerveau. J’ai
paraphrasé notre truculent compatriote DR. Antoine Randolph.
Lomé, le 27 avril 2018
Godwin Tété

19 N°3
EMMANUEL MACRON
ET LA QUESTION TOGOLAISE
Par Godwin Tété
« Ce qui circoncit le cheval se trouve dans le ventre du cheval »
Dicton togolais
En date du 20 octobre 2017, j’ai adressé au Président français
Emmanuel Macron la lettre ouverte ci-après reproduite intégralement :
« LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE MONSIEUR
EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE
Par Godwin TÉTÉ

L’Humanité progressiste va-t-elle laisser Monsieur Faure
Essozimna Gnassingbé commettre un génocide au Togo ? !
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le
peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus
indispensable des devoirs.»
[Constitution française de l’an 1, 24 juin 1793, article 35.]
Au petit matin du funeste dimanche 13 janvier 1963, au grand dam
de tous les Peuples africains, le tirailleur Gnassingbé Eyadéma – de
retour des guerres du Viêtnam et d’Algérie – déclara qu’il venait
d’abattre froidement le Père de la Nation togolaise : Sylvanus Kwami
Epiphanio Olympio. Puis, de fil en aiguille, il s’empara du pouvoir
d’État au Togo le 14 avril 1967. Et, en dépit de toutes les tentatives des
démocrates togolais pour mettre fin à son despotisme obscur, celui-ci
allait durer jusqu’au 05 février 2005 : date du décès de Gnassingbé
Eyadéma.
Alors que le Peuple togolais se mit à se réjouir et à aspirer à un
avenir meilleur, un quarteron d’officiers militaires se pointa à la
Télévision et présenta Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé (fils de
Gnassingbé Eyadéma) comme le nouveau Chef d’État du Togo. Il
s’ensuivit un énorme tohu-bohu. Pratiquement tous les Chefs d’État
africains, pour une fois, furent unanimes à rejeter une monarchisation
20 sur notre continent. Le Président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, alla
jusqu’à obtenir de l’Assemblée nationale de son pays l’autorisation
d’envoyer des troupes au Togo en vue d’y ramener l’ordre républicain
le cas échéant… Le Secrétaire général de l’Union Africaine : Monsieur
Alfa Oumar Konaré remua ciel et terre pour empêcher cette
monarchisation de la République togolaise. En vain !
Mais, à partir du moment où Monsieur le Président Jacques Chirac
leva la voix pour exiger la mise de Faure Essozimna Gnassingbé au
pouvoir d’État — parce que, disait-il, Eyadéma était son ami — le
monde entier s’aligna sur son bon vouloir…
On est dès lors en droit, Monsieur le Président, d’affirmer que
c’est bel et bien lui qui nous a imposé Monsieur Faure Essozimna
Gnassingbé comme Chef d’État au Togo.
La résistance pacifique du Peuple togolais à cette accession au
pouvoir d’État nous coûta, selon respectivement les Nations Unies et la
La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), 500 (cinq cents) et
800 (huit cents) vies humaines, des milliers de blessés, ainsi que plus
de 100.000 (cent mille) réfugiés dans les pays avoisinants.
En matière de développement humain, tout ira de misérabilisme en
misérabilisme…
Voilà pourquoi, à compter d’août 2017, le Peuple concerné, de
guerre lasse, s’est lancé dans une farouche insurrection. Alors, le
régime éyadémao-gnassingbéen a remis en branle sa STRATÉGIE
DE LA TERREUR à présent bien huilée ! À telle enseigne que, si
nous n’y prenions garde, nous risquerions d’assister, impuissants, à
un VÉRITABLE GÉNOCIDE (!!!) de la part de ce régime.
Excellence Monsieur le Président, puisque, en dernière analyse, il
appert que c’est Monsieur Jacques Chirac qui a imposé Monsieur
Faure Essozimna Gnassingbé à la tête du Togo, et en vertu du principe
de la continuité de l’État, j’ose prendre la liberté de vous supplier de
bien vouloir user de toute votre influence pour que notre roitelet
post et néo-colonial CÈDE, sans délai, en douceur, sans verser outre
mesure le sang du brave et pacifiste Peuple togolais.
Je vous en remercie infiniment par anticipation, et vous prie
d’accepter, Excellence Monsieur le Président, les assurances de ma très
haute considération.
Paris, le 20 octobre 2017
Godwin TÉTÉ
Togolais et Français
Ancien fonctionnaire international des Nations Unies »
21 Et, en lisant ce jour l’hebdomadaire parisien "Jeune Afrique" n°2994
du 27 mai au 02 juin 2018, je me suis senti hautement gratifié (!) par les
lignes qui suivent, émanant d’une interview de Monsieur Jules –
Armand Aniambossou : collaborateur direct (!) d’Emmanuel
Macron et Coordonnateur (!) du "Conseil présidentiel pour l’Afrique"
(CPA) – interview réalisée par Anna Sylvestre – Treiner :
« Comment croire que la France puisse avoir les mêmes relations avec les pays
africains qu’avec, par exemple, ceux d’Amérique latine?
La France a une politique extérieure, pas une politique africaine. Dans ce cadre,
l’Afrique est une priorité. C’est bien pour cela, d’ailleurs, que le président
s’adresse à tous les chefs d’Etat, même à ceux qui sont parfois qualifiés de
« dinosaures » ou de « dictateurs ».
Cela lui a été reproché...
Je vous arrête tout de suite. La règle dans les relations internationales, c’est
qu’on reçoit tous ses homologues. Qu’est-ce qu’on lui reproche ? Pourquoi
estce qu’il voit Déby Itno? Pourquoi est-ce qu’il voit Ouattara? Mais parce qu’i1
n’a pas le choix ! Et c’est même la raison pour laquelle le président privilégie
d’autres canaux, comme la société civile ou les jeunes entrepreneurs. Mais soyez
assurés que, lorsque des chefs d’Etat se rencontrent, ils se disent des choses. Si
Macron parle franchement à Trump ou à Merkel, pourquoi voulez-vous qu’il ne
dise pas ce qu’il pense aux chefs d’Etat africains? Il estime que tout le monde
doit être logé à la même enseigne. »
N’est-il pas plus conciliant que ses prédécesseurs avec certains
régimes?
Notre maître mot, c’est le respect de la souveraineté. Lorsqu’il y a
des situations de crise, c’est d’abord aux pays concernés de trouver la
solution, puis aux organisations sous-régionales. Regardez Yahya
Jammeh: il a été « déguerpi » parce que la Cedeao a considéré que les
limites avaient été franchies. Il faut qu’il en soit de même en Afrique
centrale et en Afrique australe. La France n’est pas le gendarme du
continent. On lui a souvent reproché d’intervenir de manière
intempestive, est-ce qu’on va aujourd’hui lui reprocher le contraire?
Nous ne sommes ni dans 1’indifférence ni dans l’excès de prudence.
S’agissant de pays comme la RD Congo, où Joseph Kabila se
maintient au pouvoir après l’expiration de son mandat, la France
n’est-elle pas trop discrète?
Dans le cas de la RD Congo, on reproche à la France tout le contraire
de ce qu’elle fait en réalité. Certains nous disent: la France nous a-t-elle
laissés tomber? Parfois, i1y a des incompréhensions, et c’est mon rôle
de les faire remonter. Il y a eu trois situations dans lesquelles le CPA
22 a alerté Emmanuel Macron: le Togo, la RD Congo et, plus
récemment, le Burundi.
Quels sont les messages que vous avez alors fait passer à
Emmanuel Macron?
On a bien senti que des gens étaient troublés. À tort ou à raison, ils
pensent qu’on cautionne ces situations. Nous avons dit que cela méritait
une explication de la position française, qu’elle soit publique ou
réservée aux dirigeants concernés.
Avez-vous été entendus?
Tout incite à penser qu’il n’y a ni collusion, ni soutien, ni double
1angage. Il y a un principe de réalité, qu’il faut admettre. Nous ne
pouvons pas faire les choses sans les Africains eux-mêmes. Mais si la
jeunesse veut « dégager » les dictateurs au pouvoir, lesdits
dictateurs dégageront plus vite qu’ils ne le pensent.
Ces aspirations au changement peuvent donc, selon vous, être
légitimes ?
Pensez au Togo. Lorsqu’i1 était à Abidjan, le président a dit les
choses comme il les pense, à savoir que cinquante-sept années de
pouvoir de la même famille, ça peut à juste titre inciter les Togolais
à réclamer le changement. Par le passé, je ne sais pas si un chef de
1’État français se serait exprimé ainsi. L’aspiration au changement est
légitime partout. Et je pense même que, si les gouvernants étaient
bien inspirés, ils s’appuieraient davantage sur ces aspirations
légitimes de la jeunesse et de la société civile pour essayer de
reconstruire autre chose ». [Cf. l’hebdomadaire sus-mentionné, pp.31
- 32].
À BON ENTENDEUR, SALUT TROIS FOIS !!!
Lomé, le 31 mai 2018
Godwin Tété
23 N°4
LIONEL ZINSOU ET LA PROBLÉMATIQUE
DU FRANC CFA
Par Godwin Tété
« La fausse dialectique, celle qui se ramène au maniement habile des
contradictions, a décidément un sacré pouvoir. »
1Socrate
« Le président français veut maintenir le système en vigueur. Quitte à abolir les
vestiges les plus symboliques du passé. On se croirait dans Le Guépard de
Visconti ! »
2Alain Faujas
D’abord, cette problématique aurait – elle quoi que ce soit à voir
avec la "question togolaise" née au petit matin du terrible dimanche 13
janvier 1963, et qui dure encore aujourd’hui ?! Bien sûr que oui ! En
effet, il est, à présent, de notoriété publique, que c’est bel et bien la
problématique du fameux franc CFA qui se trouve à la racine de
l’assassinat de Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio : père de
3l’indépendance du Togo et de la nation togolaise .
Or, tandis que, poursuivant l’œuvre patriotique et panafricaniste
salvatrice de notre feue Éminence grise Joseph Pouémi
4Tchoundjang , une kyrielle d’illustres économistes s’est levée pour
réclamer l’abolition du système archaïque frisant fort la « servitude
volontaire » (Etienne de La Boétie) et baptisé « Franc CFA », ainsi
que son remplacement par un autre garantissant la souveraineté et la
DIGNITÉ des peuples des ex-colonies françaises d’Afrique, on lit, dans
un article doté d’un titre aussi révélateur que : « Franc CFA – Tout
changer pour que rien ne change », ce qui suit :

1
Cf. Alain Badiou, La République de Platon. Ed. Pluriel, Paris, 2014, p.268
2 Cf. Jeune Afrique N° 2994 du 27 mai au 02 juin 2018, p.32
3
Cf. mes ouvrages : (i) Le régime et l’assassinat de Sylvanus Olympio. Ed. MN7,
Paris, 2002. (ii) Sylvanus Olympio. Père de la nation togolaise. Ed. L’Harmattan,
Paris 2008.
4 Cf. Joseph Pouémi Tchoundjang, Monnaie, servitude et liberté – La répression
monétaire de l’Afrique. Ed. Jeune Afrique, Paris, 1981.
24 « Quand il n’était que candidat, Emmanuel Macron ne mâchait
pas ses mots face à la contestation du franc CFA: il demandait aux
chefs d’État de la zone franc soit de cesser de faire porter le chapeau
de leurs problèmes à ce système monétaire, soit de le quitter! Devenu
président, il ne s’est pas montré moins tranchant, le 28 novembre
2017, en répondant à l’interpellation d’un étudiant de l’université
Joseph-Ki-Zerbo, à Ouagadougou. À en croire le dirigeant français,
« le franc CFA est un non-sujet pour la France ». Il a donc invité son
interlocuteur à s’abstenir de toute « approche bêtement anticoloniale
ou anti-impérialiste » et promis d’« accompagner la solution qui sera
portée par l’ensemble des présidents de la zone franc ».
Lesdits présidents sont bien embarrassés pour décider de
l’évolution des accords monétaires qui lient à la France quatorze pays
subsahariens, plus les Comores.
D’un côté, une partie de la jeunesse et plusieurs économistes
africains honnissent le franc CFA, accusé d’être une survivance du
colonialisme. « Gérer soi-même sa monnaie est le gage premier de la
souveraineté », estime par exemple le Togolais Kako Nubukpo.
Les opposants dénoncent 1’humiliation infligée aux États
africains, contraints de déposer la moitié de leurs réserves en devises
(environ 11 000 milliards de F CFA, soit 16,8 milliards d’euros) sur
un compte du Trésor français. Ils accusent l’arrimage du franc CFA
au franc français, puis à l’euro d’avoir bridé depuis un demi-siècle la
croissance de leur région:1,4 % en moyenne, contre 2,5 % pour le
reste de l’Afrique subsaharienne. Peut-être en raison de la
surévaluation du franc CFA, qui résulte de cet arrimage et rendrait
les exportations africaines moins compétitives.
De l’autre côté, les partisans du statu quo, à l’instar de Lionel
Zinsou, l’ancien Premier ministre béninois, font valoir que le système
en vigueur a épargné à ses membres 1’hyperinflation qui a ravagé la
RD Congo ou 1’Angola. En cinquante ans, l’inflation a été de 6 % en
Côte d’Iv0ire, mais de 29 % au Ghana, selon The Economist.
Ils rappellent que l’accord monétaire qui fonde le franc CFA
garantit sa convertibilité illimitée par le Trésor français, quel que soit
le niveau des réserves des pays membres. Cette garantie a évité la
création de marchés parallèles, qui ont été la plaie du Zimbabwe, par
exemple. Et elle a apporté aux investisseurs étrangers l’indispensable
sécurité monétaire.
Ils soulignent également que les devises déposées au Trésor
français sont rémunérées 110 points de base au-dessus de ce que
perçoit l’État français lui-même pour ses dépôts - c’est donc le
25 contraire d’une spoliation – et estiment que si les banques centrales de
l’Uemoa et de la Cemac conservaient leurs devises dans leurs coffres,
il leur faudrait accumuler beaucoup plus que trois mois
d’importations comme c’est le cas actuellement, pour rassurer les
marchés quant à leur solidité.
Macron persiste à penser que le franc CFA est bon pour les
Africains, mais il veut solder le passé. Il est donc prêt à discuter de ce
que prépare Alassane Ouattara, le président ivoirien, pour l’Afrique
de l’Ouest, à savoir une suppression symbolique de quelques vestiges
du système afin de le maintenir en l’état.
Ainsi, le franc CFA changerait de nom; les réserves en devises
resteraient sur le sol africain; et la zone monétaire serait élargie à la
Gambie et au Ghana, mais pas au Nigeria, ce mastodonte dont la
taille (75 % l’économie de l’Uemoa) représenterait un risque
insupportable pour la France, garante de la convertibilité de la
5monnaie new-look . »
Me plaçant résolument (!) dans les rangs de tous ceux qui réclament
le changement du statu quo, soutenant mordicus mon compatriote Kako
Nubukpo (!!!), je me pose, pour ma chétive part, les quelques questions
ci-après.
Les difficultés monétaires connues par les pays africains pointés du
doigt par les Lionel Zinsou viennent – elles du seul et unique fait que
ces pays se sont donné une monnaie nationale propre ?! S’il est vrai que
la monnaie n’est, au départ, que le reflet, le baromètre de l’économie
nationale, ne doit-il pas être aussi vrai que les difficultés monétaires
sont, avant toute chose, des soubresauts, des symptômes de pathologies
de l’économie nationale elle – même ?!
Si, durant les cinquante premières années d’indépendance, le Ghana,
par exemple, a vécu une inflation de 29%, assistons – nous encore
aujourd’hui au même phénomène cependant que sa monnaie n’à point
changer de nature ?!
Au début des années 1930, en raison de la Grande Crise économico
– socio-monétaire mondiale qui se déclencha le « jeudi noir » 24
octobre 1929 à New York, le mark allemand se réduisit à néant !!!
Etait-ce parce que cette monnaie n’était pas arrimée à celle d’un
empire colonial ?!
La France connut, elle – même, une inflation galopante entre la fin de
la Seconde Guerre mondiale et 1958, laquelle inflation amena le
général Charles de Gaulle à inventer « le franc lourd français »

5
Cf. Jeune Afrique précité, pp.32-33
26 Et pourquoi donc les monnaies chinoise, japonaise, indienne,
sud-africaine, etc, se tiennent – elles debout ?!
Oui ! La question de la monnaie relève premièrement (!),
fondamentalement (!!!), de la SOUVERAINETÉ NATIONALE !!!
Dès lors, ce qu’il convient de faire, si l’on est un humaniste
authentique, c’est de conseiller aux peuples concernés d’amener leurs
dirigeants respectifs À RÉALISER L’UNITÉ AFRICAINE
VÉRITABLE DES PEUPLES, ET LES ÉTATS - UNIS
6D’AFRIQUE , PUIS À GÉRER, DE MANIÈRE IDOINE (!!!),
L’ÉCONOMIE DE LEURS PAYS RESPECTIFS. UN POINT, UN
TRAIT !
Kako Nubukpo a parfaitement raison ! « GÉRER SOI-MÊME SA
MONNAIE EST LE GAGE PREMIER DE LA
SOUVERAINETÉ »
Et il est tout à fait normal (!) qu’Emmanuel Macron pense d’abord
aux INTÉRÊTS de la France avant de considérer – éventuellement – la
SOUVERAINETÉ des peuples africains. Oui ! « On n’est mieux servi
que par soi-même » !
Lomé, le 10 juin 2018
Godwin Tété

6 Cf. Kwame (Francis) Nkrumah, L’Afrique doit s’unir. Ed. Présence Africaine,
Paris.
27 N°5
UN MOT EN GUISE DE TÉMOIGNAGE
Par Godwin Tété
« C’est le porteur de la plaie qui sent la douleur de la plaie »
Adage togolais
C’étant vu – de facto – interdit de marches et de meetings publics, le
Collectif de quatorze partis politiques togolais (C14) a, de guerre lasse,
décidé une opération "TOGO PAYS MORT", pour ce lundi 18 juin
2018. À ce propos, je me dois de confesser que j’aurai, jusqu’à la
dernière minute, véhiculé en moi quelques appréhensions, pour ne pas
dire quelques doutes…
Mais voici que le MIRACLE (!) tant espéré s’est produit. Comme
quoi le Peuple togolais n’est point un Peuple de masochistes. En effet,
j’habite actuellement le quartier TOTSI à Lomé : l’un des plus
populeux et des plus grouillants de la capitale du Togo. À la mi –
journée, j’ai pointé mon nez dehors, afin de voir, de visu, comment
se présentait la situation. J’ai observé un quartier véritablement
métamorphosé en un véritable CIMETIÈRE : PAS UNE VIE
HUMAINE DANS LES RUES !!!
J’ai ensuite téléphoné à des amis à HANOUKOPÉ, à BÈ, à
AVÉDJI, à TOKOIN – HABITAT, à KPALIMÉ, etc. LA
RÉPONSE EST : PERSONNE NE BOUGE (!!!) ICI.
En d’autres termes - et toutes choses étant égales par ailleurs -
l’opération "TOGO PAYS MORT" décrétée par le C14 pour le lundi
18 juin 2018 a parfaitement (!), totalement (!) RÉUSSI !!!
Ainsi donc, que nul ne vienne demain nous demander de gratter
la POITRINE (!!!) cependant que c’est dans le DOS (!!!) que nous
éprouvons des démangeaisons…
Encore une fois, c’est bel et bien celui (ou celle) qui porte la plaie qui
sent la douleur de la plaie.
IL EST GRAND TEMPS !!! FAURE GNASSINGBÉ DOIT
QUITTER (!!!) LA SCÈNE POLITIQUE TOGOLAISE. ICI ET
MAINTENANT !!!
Lomé, le 18 juin 2018
Par Godwin Tété
28 N°6
LE PEUPLE TOGOLAIS VIENT DE GAGNER
UNE RUDE (!) BATAILLE. IL LUI RESTE À GAGNER
UNE TERRIBLE (!!!) GUERRE
Par Godwin Tété
« Dans notre lutte pour l’Afrique, il y a de temps en temps des victoires pour
nous »
Kwame (Francis) N’Krumah
« Seule la lutte libère »
Thomas Sankara
Référence est ici faite aux :
(i) Communiqué final du Dialogue intertogolais – Séance du 27 juin
2018 (Transcription de M. Franck Sinatra)
(ii) Conférence de presse de la Coalition de quatorze partis politiques
togolais (C14) : 28 juin 2018 – Déclaration liminaire.
(iii) Débat afférent à cette conférence de presse.
Alors que le brave Peuple togolais commençait à s’interroger
esérieusement … quant au sort du 27 (!!!) Dialogue intertogolais
démarré le 19 février 2018, l’opération "TOGO PAYS MORT"
lancée par la C14 pour le lundi 18 juin courant allait accoucher
d’un éclatant (!!!) succès. Et ce, n’en déplaise (!) aux tenants éhontés
du régime archaïque, éculé, obscurantiste, liberticide et
antidéveloppementaliste éyadémao – gnassingbéen du RPT/UNIR.
Et voici que ledit Dialogue reprend son cours le mercredi 27 juin
2018, en donnant lieu au Communiqué sus – mentionné des deux
facilitateurs de la CEDEAO : Leurs Excellences Nana Akufo – Ado et
Alpha Kondé.
Après avoir lu ce document, et après avoir écouté les explications et
commentaires y relatifs des premiers responsables de la C14, on est en
droit de croire que le vaillant Peuple togolais vient d’arracher une
lumineuse (!) Victoire dans la guerre inégale qu’il mène depuis
cinquante – cinq (!!!) ans contre la colonisation de fait par le clan
ethno – militaire des Gnassingbé. Il ne reste donc plus à notre
29 Peuple à gagner la terrible (!!!) guerre elle – même contre cette
colonisation.
« THE STRUGGLE CONTINUES ! » [= « LA LUTTE
CONTINUE ! »] (Kwame Nkrumah).
Lomé, le 29 juin 2018
Godwin Tété
30 N°7
« CE QUI IMPORTE POUR NOUS,
C’EST QU’ON TIENNE COMPTE DE LA VOLONTÉ
DU PEUPLE TOGOLAIS… »
S.E. Monsieur le Président Alpha Condé. [Cf. le journal togolais
"Liberté", n° 2705 du 04/07/2018, p.3 _ Déclaration citée par Godwin
Tété]
« Il ne saurait y avoir de cité qui soit le bien, ou le privilège, ou l’apanage d’un
seul individu ou d’un seul clan »
7 Antigone
« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
Abraham Lincoln
« Le statu quo n’est plus possible au Togo »
Emmanuel Macron.
[Cf. journal Liberté, n°2707 du 06/07/2018 pp. 1 et 4)]
eL’honorable facilitateur guinéen du 27 (!!!) dialogue intertogolais
poursuit et termine cette déclaration – dont j’ai fait le titre du présent
article – comme suit : « … et qu’il y ait un gouvernement qui l’accepte
et qui représente ses intérêts et que le pays se développe ». Par cette
seule phrase, le professeur Alpha Condé nous a redonné, de magistrale
façon, la DÉFINITION (!) DU CONCEPT DE DÉMOCRATIE !!! Il
s’est d’emblée placé dans la lignée des Sophocle, des Socrate, des
Platon, des Etienne de la Boétie, des John Locke, des Charles de
Montesquieu, des François – Marie Arouet Voltaire, des Jean –
Jacques Rousseau, des Alexis de Tocqueville, des Abraham Lincoln,
des Karl Marx, des Nelson Mandela, des Jean Baechler, des Patrice
Eméry Lumumba, des Thomas Sankara, des Pierre Rosanvallon,
etc, etc.
Oui ! Par son interview accordée au célèbre journaliste français
Christophe Boisbouvier lors du sommet de l’Union Africaine (UA)

7
In la pièce théâtrale de Sophocle – qui porte le même nom.
31

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