Sortir la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes : conditions, stratégies et perspectives
259 pages
Français

Sortir la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes : conditions, stratégies et perspectives

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Français

Description

La pertinence de la théorie des États fragiles en RDC qu'explicite la problématique de cet ouvrage trouve consistance dans les théories sur la gouvernabilité de la violence, la coexistence de paradis fiscal, purgatoire fiscal et enfer fiscal, la mondialisation de la violence, les inégalités sociales, la phénoménologie de l'intervention militaire étrangère, la montée des questions identitaires et l'instabilité politique en Afrique etc. Dans ce contexte, cet ouvrage propose un remède approprié qui passe par trois clés essentielles : dessiner les contours d'une paix durable ; la démocratie citoyenne ; la coopération avec les États voisins.

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Date de parution 02 septembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140156724
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

La pertinence de la théorie des États fragiles en RDC qu’explicite la problématique de cet ouvrage trouve consistance dans les théories sur : la gouvernabilité de la violence ; la coexistence de paradis fiscal, purgatoire fiscal et enfer fiscal ; la mondialisation de la violence ; les inégalités sociales ; la phénoménologie de l’intervention militaire étrangère, la montée des questions identitaires et l’instabilité politique en Afrique ; etc. La guerre coûte extrêmement cher à l'État et aux populations individuellement. Ces conclusions connues depuis longtemps ont été confirmées par le fait que le temps de travail et de développement est ainsi dilapidé en guerre ; ce qui représente un coût direct très significatif pour les pays, sans compter tous les effets collatéraux des situations conflictuelles, échec d'un projet, perte de performance et affaiblissement de la culture d'entreprise entre autres. Mais la guerre a aussi des conséquences négatives pour la population et l’environnement. Vivant dans un monde globalisé et faisant face à d’innombrables défis auxquels l’ancienne notion d’État issue du traité de Westphalie mérite d’être nuancée compte tenu de la fragilité des États. Une crise (virus Ebola, Printemps arabe, génocide, terrorisme, nucléaire …) peut avoir un impact immédiat sur l’ensemble de la planète d’où la nécessité d’une ébauche de consensus universel permettant une vision plus intégrée des défis de l’heure. Cependant, quand les armes parlent, le droit n'est plus muet, et il poursuit un double objet : limiter les droits des combattants dans la conduite des hostilités et protéger les droits des non-combattants, civils et militaires hors de combat. Et, cela traduit la protection des personnes physiques et de l’environnement. La guerre qui fait des millions de morts au Congo dépasse le cadre ethnique et politique. Ce sont les minerais stratégiques ou rares qui sont au cœur du bain de sang que les puissances mondiales et les multinationales imposent au peuple congolais sous couvert de « rébellions » ou de lutte contre de prétendus « génocidaires hutu ». Le Rwanda n'est pas propriétaire des grandes firmes internationales. C'est ici que les multinationales trouvent attractif pour faire les affaires et procèdent au blanchiment des capitaux. La porosité des frontières facilite les trafics des minerais, en tout cas ce n'est pas au Rwanda où ces minerais sont transformés. C'est en Occident et ces minerais contribuent au développement de leurs nations. En définitive, dans le contexte de la théorie des États fragiles avec des guerres récurrentes qui opposent plusieurs pays africains avec d’un côté les forces invitées par le gouvernement de la RDC et de l’autre côté les armées régulières des pays alliés aux rebelles congolais, notre option de proposer un remède approprié qui passe par trois clés essentielles, à savoir : - dessiner les contours d’une paix durable ; - la démocratie citoyenne ; - et la coopération avec les États voisins trouve sa pleine justification.
Professeur associé,Florymond MBAYALUKASUest docteur en Sciences Politiques et Administratives. Il est aussi titulaire d'un Diplôme d’Etudes Approfondies en Prévention Médiation et Gestion de Con it.
FlorymondMBAYALUKASU
Sortir la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes :
Conditions, stratégies et perspectives
Préface de Jean KANKIEZA KASENDUE
Sortir la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes :
Conditions, stratégies et perspectives
Florymond MBAYA LUKASU
Sortir la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes :
Conditions, stratégies et perspectives
Préface de Jean KANKIEZA KASENDUE Professeur à l’Institut Supérieur de Commerce
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PRÉFACE
Lorsque j’ai été contacté pour rédiger la préface de cet ouvrage, je n’ai pas hésité un seul instant étant donné la permanence angoissante de l’objet analysé ainsi que la pertinence de la question posée et de la perspective analytique adoptée : un privilège, mais également un exercice délicat. Comment parler de la sortie de la République Démocratique du Congo des guerres récurrentes avec conviction, car le sujet le mérite amplement, sans verser dans l’hommage et la xénophobie ? Telle est l’ambition deces quelques lignes qui suivent. En effet, l’auteur de cette publication s’est proposé de procéder à un véritable diagnostic de la guerre lancinante qui sévit au Congo depuis l’accession du pays à l’indépendance et qui prend différents visages à chaque épisode de son déroulement. Cette guerre devenue une réalité quotidienne avec son cortège des malheurs, met à rude épreuve notre destin en tant que peuple et nation et pour laquelle nous n’aurons jamais que des palliatifs si nous ne développons pas méthodiquement une réflexivité débarrassée de l’anthropomorphisme. C’est à cette réflexivité sur la polémologie récurrente au Congo que cette étude recherche avec ardeur de contribuer en questionnant les ressorts de la dynamique de la violence meurtrière de longue durée qui s’est intensifiée au cours de ces vingt dernières années en consolidant et en déployant des mécanismes de son autoproduction. Analysant avec perspicacité les acteurs, leurs jeux et les enjeux qui les mobilisent, l’auteur déniche l’intelligence de cette permanenceconflictiogène dans la fragilité de l’État qui induit à la fois la culture de la violence et la gouvernementalité de la violence, d’une part, et, d’autre part, dans la mondialisation de l’insécurité qui accompagne le déploiement des multinationales en quête des ressources naturelles indispensables à leur survie. Cette prise de position a été entièrement assumée avec bonheur par l’auteur tout au long de cette dissertation. Considérant la guerre comme un phénomène social total, il a su se positionner auconfluent de l’histoire, de la politologie, de la sociologie, de l’économie et des relations sociales pour la saisir dans sa globalité, en articulant l’acteur et le système, d’un côté, et, de l’autre côté, la dynamique du dedans et la dynamique du dehors. Comment sortir alors de cette étreinte afin de bâtir une nation forte et prospère? C’est là que Florymond MBAYA LUKASU a fait valoir son génie
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en explorant les conditions, les stratégies et les perspectives qui se résument en une triple action : consolider l’État, promouvoir la démocratie citoyenne et coopérer même avec les ennemis d’hier et d’aujourd’hui.
Jean KANKIEZA KASENDUE
Professeur à l’Institut Supérieur de Commerce
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AVANT-PROPOS
De plus en plus des guerres se déclenchent à répétition en RDC et imposent pas mal d’exigencesaux gouvernants. Pour moi, après en avoir observé les effets, j’aila résolution pris d’examiner les tenants et les aboutissants desdites guerres dans la perspective d’en finir en dévoilant les responsabilités et en suggérant des alternatives crédibles. Au demeurant, tout est parti de la guerre du 02 août 1998, con-séquence de l’option prise par le Président Laurent-Désiré KABILA de se libérer des « libérateurs». Pour démarquer le projet congolais de l’ambiguïté du projet rwandais, Laurent-Désiré KABILA n’avait pas d’autre choix que de courir le risque de ce paradoxal devoir d’ingratitude. A cause des excès des « conquérants », la mobilisation anti-tutsi avait gagné l’ensemble de l’opinion congolaise. Les Forces Armées Congolaises, bien que contrôlées et dirigées par lesRwandais, n’arrivaient pas à rétablir la sécurité dans les régions frontalières del’Est de la RDC, de plus en plus troublées par les miliciens maï-maï et hutu, coalisés contre les « occupants ». Dans cette confusion, de nombreux crimes des droits de l’homme ont été commis à l’endroit des populations, en général, et des personnes vulnérables, en particulier, notamment « les violences faites aux femmes en 1 période de conflits qui sont aussi utilisées comme armes de guerre. » Donc, cet ouvrage se veut une lecture critique des problèmes engendrés par les guerres à répétition qui ont plongé la RDC dans un cortège des malheurs afin d’envisager une solution pertinente en même de ramener la paix durable. C'est-à-dire la consolidation de l’État en vue de créer une harmonie durable entre ses différents éléments constitutifs, pour lui assurer une stabilité et un équilibre qui lui donnent l’efficacité nécessaire dans l’accomplissement de ses missions. Certes, la résolution de conflit demande de conjuguer avec nuance, raison et volonté, maîtrise de l’émotionnel, empathie et dialogue, bref, un ensemble de comportements susceptibles de ramener la paix sociale. Les déchirements et les conflits sans fin de l’Afrique, de la corne de l’Afrique au Zimbabwe, de la Côte-d’Ivoire à la RDC, font que le continent africain devient le terrain privilégié de la compétition entre juridictions. La CPI multipliant des actions contre les tyrans africains, l’UA, soucieuse d’apporter desafricaines aux problèmes africains, renforce, au solutions 2 moins sur le papier, la cour africaine des droits de l’homme.
1  L. BANZA MBOMBO et C. HEMEDI BAYOLO,La femme dans la tourmente des guerres en RDC du 02 Août au 30 Septembre 2001, éd. Le Mémorial, Kinshasa, 2001, p. 12. 2  Ph.M. DEFARGES,La géopolitique pour les nuls, éd. First, Paris, 2012, p. 307.
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Par contre, force est de constater que la quasi-totalité d’Africains interpellés par la justice internationale pour des abus commis en zone de conflit, les sont par la volonté manifeste de l’Occident. Alors, quelle est la contribution de l’UA dans ce domaine ? À l’heure oùje suis entrain d’écrire ces lignes, certains États africains (Afrique du Sud, Burundi,…) reviennent sur leursqualités de membres au motif qu’il s’agit d’une nouvelle forme de traquer leurs dirigeants. Avec raison, «ils évoquent, aujourd’hui comme à l’époque de Nuremberg, une «justice des vainqueurs». C’est vrai, et l’on voit mal comment il pourrait en être autrement. Ils avancent aussi qu’elle ne juge que ceux qu’elle peut juger –vaudrait-il mieux ne jamais juger des criminels sous prétexte qu’on ne peut pas les attraper tous?et que ceux-là sont trop souvent des hommes du tiers ou du quart mondemais n’est-ce pas dans ces pays qu’on compte le plus de conflits armés, et, partant, de violations des droits de l’homme? Elle serait, par ailleurs, sujette à des manipulations politiques de la part des États qui la financent et lui fournissent ses magistrats. Enfin, dans sa version extrême de la « compétence universelle », laquelle permet à des tribunaux nationaux de juger des individus soupçonnés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, n’eussent-ils aucun « attachement » avec le lieu de leur procès, elle conduirait à des situations absurdes rendant virtuellement impossibles les relations internationales. Imagine-t-on le tribunal belge qui a pris sur lui d’inculper Ariel Sharon pour la répression de la Deuxième Intifada faire de même avec le président Bush à cause de la guerre d’Irak ? On l’imagine si peu que l’État belge y a mis bon ordre. Un 3 exemple parmi d’autres.» Par ailleurs, la justice international a le mérite d’avoir limité le recours à la violence comme moyen de conquête de pouvoir politique en Afrique et barrée la route à la criminalité aveugle des hommes au combat, suite aux sanctions affligées aux auteurs des différents crimes. La RDC, devenue le champ de rivalités complexes qui se nourrissent de l’exploitation illégale des ressources naturelles, avec en toile de fond la nouvelle compétition multipolaire pour l’accès aux matières premières. D’où la nécessité de parvenir à la traçabilité des ressources qui font la richesse des individus, des Etats, des multinationales,…afin de barrer la route au pillage de celles-ci. Après avoir ouvert différentes fenêtres pour mettre en lumière certaines réalités des conflits armées en RDC; j’ose croire que la défaillance de l’État congolais explique aussi en partie lacause des guerres récurrentes et pour en sortir, il faut promouvoir la coopération, dessiner les contours d’une paix durable et favorisé l’émergence de la démocratie citoyenne.
3  E. BARNAVI,Dix thèses sur la guerre», éd., Collection « Café Voltaire Flammarion, Mayenne, 2014, pp. 101-102.
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