Terrorisme et insurrection : Évolution des dynamiques conflictuelles et réponses des États
173 pages
Français

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Description

Revisitant la distinction entre terrorisme et insurrection, cet ouvrage explore parallèlement les réponses opérées par les États pour combattre ces phénomènes. Les études de cas de pays arabes, mais aussi de l’Asie et de l’Amérique du Sud, s’insèrent dans la réflexion sur les évolutions observables depuis le 11 septembre 2001.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 janvier 2013
Nombre de lectures 19
EAN13 9782760535367
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0900€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Presses de l’Université du Québec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2
Téléphone : 418 657-4399 − Télécopieur : 418 657-2096
Courriel : puq@puq.ca − Internet : www.puq.ca
 
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et
Archives Canada


Vedette principale au titre :
Terrorisme et insurrection : évolution des dynamiques conflictuelles et réponses des États

Comprend des réf. bibliogr.

ISBN 978-2-7605-3534-3
ISBN EPUB 978-2-7605-3536-7

1. Terrorisme. 2. Activités subversives. 3. Violence. 4. Guerre civile. 5. Terrorisme – Prévention.
I. Campana, Aurélie. II. Hervouet, Gérard, 1945- .

HV6431. T47 2012 303.6’25 C2012-941 650-9







Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.

Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.



Mise en pages : A LPHATEK
Conception de la couverture : R ICHARD H ODGSON
Photographie : P HOTOCASE | © F REYGEIST  – A NNIKA F REY


2013-1.1 –  Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
© 2013 Presses de l’Université du Québec
Dépôt légal – 1 er trimestre 2013 – Bibliothèque et Archives nationales du Québec /
Bibliothèque et Archives Canada

En décembre 2011, après le retrait officiel des soldats américains du territoire irakien à l’issue d’une guerre qui a duré près de neuf ans, le président Obama déclare que cette intervention, voulue et orchestrée par son prédécesseur, constitue un « succès », car l’armée américaine laisse derrière elle un pays « souverain et stable 1  ». Une telle appréciation de la situation contraste avec les évolutions observables sur le terrain. Depuis 2010, l’Irak traverse crise après crise et l’impasse politique semble insurmontable. Surtout, les conflits aux accents et ramifications multiples qui traversent la société irakienne sont loin d’être apaisés 2 . La violence, terroriste en particulier, continue de marquer le quotidien de nombreux Irakiens, renforçant le climat d’incertitude et exacerbant les antagonismes, confessionnels entre autres. Si l’adoption de méthodes contre-insurrectionnelles a permis de faire diminuer le niveau de violence à compter de 2008, ces dernières n’ont pas produit de stabilité durable. L’intervention américaine a attisé d’anciennes querelles, engendré de nouveaux clivages, tout en créant des conditions propices à la pénétration d’acteurs initialement extérieurs au conflit, à l’image de ces groupes jihadistes dont al-Qaida en Irak, même très affaiblie, représente l’archétype depuis 2004.
La notion de « succès » est ainsi privilégiée par l’administration américaine, qui ne peut décemment proclamer une victoire qu’elle n’a ni acquise sur le terrain militaire, ni réellement concrétisée sur le plan politique. Au-delà de la spécificité du contexte irakien, on ne peut que constater les difficultés multiformes auxquelles font face les États engagés dans des guerres irrégulières. Quelle que soit la nature de leur régime (démocratique ou non), tous peinent à sortir de ces conflits qui, enracinés dans la durée, se transforment au fil du temps. Or, comme de nombreux auteurs le constatent, les guerres internes ou civiles, caractérisées entre autres par une asymétrie des forces, constituent depuis 1991 la forme dominante de conflits 3 . Si elles ne sont en rien nouvelles, ni dans leur forme ni dans leur déroulement 4 , elles n’en ont pas moins connu un certain nombre d’évolutions, qui modifient tant la nature des interactions stratégiques entre les parties que les réponses formulées par les États qui y sont engagés. Ainsi, comme l’illustrent les cas irakien et afghan, mais aussi nord-caucasien, somalien, pakistanais, indien, l’articulation de dimensions locales, régionales et transnationales pèse plus lourdement qu’auparavant sur les dynamiques conflictuelles. La sophistication des moyens de communication permet une internationalisation des conflits, déjà encouragée par la présence sur le terrain de combattants étrangers ou par les relations entretenues avec des groupes ou des États aux motivations quelquefois divergentes. Ces conflits sont, de plus, marqués par une fragmentation de la scène insurgée et une fluctuation des alliances. Enfin, l’interpénétration des groupes insurgés avec des organisations criminelles vient opacifier les dynamiques conflictuelles et complexifier l’identification des motivations qui guident les différents acteurs en conflit.
Dans ces contextes marqués par une extrême fluidité, la notion de « victoire » se révèle donc d’une application malaisée. D’ailleurs, dans le sillage des expériences américaines et internationales en Irak et en Afghanistan, elle tend à être écartée des discours de nombreux responsables politiques et militaires. Les militaires se voient désormais intimer l’ordre non plus de mener le pays ou la coalition à la victoire, mais de réunir les « conditions du succès 5  ». Si la définition de ce dernier terme varie en fonction des contextes et des priorités stratégiques et politiques, elle n’en reste pas moins articulée autour de la mise en place de stratégies de sortie de crise à un coût militairement, politiquement et socialement acceptable. Car le « succès », contrairement à la « victoire », ne se définit pas tant sur le terrain militaire que par la capacité des gouvernants engagés dans un conflit asymétrique à légitimer les options privilégiées, particulièrement quand les résultats militaires décisifs se font attendre.
Les interactions stratégiques ont, comme le montre Ivan Arreguín-Toft, une importance fondamentale sur l’issue de ces conflits asymétriques 6 . Si des facteurs tels que la capacité des acteurs, leurs soutiens externes et les ajustements stratégiques et tactiques opérés sur le terrain jouent un rôle 7 , il faut également tenir compte de deux dimensions souvent négligées : l’évolution des perceptions découlant de la durée des conflits, qui provoque une redéfinition constante des objectifs militaires et politiques, et l’impact politique que l’usage pourtant ancien du terrorisme engendre. Dans le contexte post-11 septembre 2001, où les sensibilités à l’égard des terrorismes de toute nature sont exacerbées, l’adoption par des groupes insurgés de tactiques ou de stratégies terroristes a amené de nombreux gouvernements et appareils militaires à adapter leur réponse. Le terrorisme semble ainsi jouer un rôle déstabilisateur plus appuyé depuis septembre 2001. S’il agit sur la volonté de combattre des armées régulières 8 , il peut avoir des répercussions politiques très importantes sur les opinions publiques des États engagés dans ces conflits, particulièrement dans les démocraties. Surtout, le recours au terrorisme permet aux groupes insurgés d’aujourd’hui comme d’hier de prolonger les conflits, et ultimement de ne pas les perdre. Or les États, dont les réactions à tout acte qualifié de terroriste sont devenues quasi épidermiques depuis 2001, semblent pour le moins incapables de défaire ces groupes, qui dans l’imaginaire collectif mutent du statut d’insurgés à celui de terroristes.
AU-DELÀ DES SIMPLIFICATIONS CONCEPTUELLES
Disons-le d’emblée, le terrorisme comme les insurrections sont des réalités anciennes, qui ont certes été marquées par des évolutions et des transformations, mais qui ne possèdent assurément aucun caractère de nouveauté. Du Vietnam à la Malaisie en passant par l’Algérie ou l’Amérique du Sud, les exemples abondent depuis 1945. D’ailleurs, le couple terrorisme / insurrection suscite

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