Vaincre la corruption
153 pages
Français

Vaincre la corruption

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153 pages
Français

Description

Après les indépendances politiques, la stagnation économique de nombreux pays d'Afrique au Sud du Sahara, caractérisée par la pauvreté croissante des populations, l'écart grandissant entre la ville et la campagne, et le chômage endémique des jeunes, est en grande partie le fait de la corruption rampante qui sévit dans ces pays. Ce livre jette un regard critique sur les causes, les effets pervers et les méthodes de lutte contre la corruption et les pratiques assimilées à travers une démarche novatrice articulée en sept chapitres.

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Informations

Publié par
Date de parution 22 octobre 2020
Nombre de lectures 10
EAN13 9782140161292
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


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Mamy Keïta MamyKEITA EITA VAINCREMamy K LA CORRUPTION
VAINCRE LA CORRUPTION
Mamy Keïta
VAINCRE LA CORRUPTION
© L’Harmattan, 2020
5-7, rue de l’École-Polytechnique75005 Paris
www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-20578-6 EAN : 9782343205786
REMERCIEMENTS
Ma décision d’écrire ce livre est partie des nombreuses discussions informelles que j’ai eues avec plusieurs interlocuteurs au sujet de la récurrente question du dévelop-pement économique de nos pays après les indépendances politiques et de la corruption rampante qui ronge quotidien-nement le bien-être socioéconomique de nos populations. Ces interactions m’ont servi de sources d’inspirations précieuses en développant les chapitres de ce livre. Sans pouvoir les nommer individuellement, je remercie toutes celles et tous ceux qui, dans les bureaux, les salles de réunions, les taxis, les restaurants, sur les chantiers, le lit de malade et autres espaces de regroupement, contribuèrent tant soit peu à enrichir cet ouvrage par la diversité et la pertinence des sujets évoqués lors de ces rencontres. Je voudrais tout de même citer Dr Alpha Kabinet Bérété, agroéconomiste à la retraite, qui a revu l’ensemble des textes et formulé des propositions idoines pour les améliorer, mon neveu Kadia Mory Keita, diplômé en linguistique qui m’a aidé à réviser ces textes et ma fille Mawa Keita, diplômée en Histoire, qui a arrangé les chapitres.
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AVANT-PROPOS
De nos jours, il ne se passe de semaines sans que de crapuleux et retentissants actes de subtilisation des ressources publiques ne soient tristement révélés par les médias. Généralement, ce sont des individus investis de pouvoirs administratifs, juridiques, politiques et économi-ques qui sont mis en cause dans de sulfureuses affaires de dilapidation des fonds publics. Ces hauts commis puisent sans ressentiment l’argent sacré du contribuable des caisses publiques dans le seul et cynique but d’assouvir leur désir d’enrichissement personnel. L’argent détourné sert prioritairement à financer les études de leurs enfants dans les universités étrangères pendant que ceux des contribuables trouvent difficilement de la place debout dans les amphithéâtres et les salles de classe bondées et chaudes des universités publiques locales dont les visages lugubres témoignent le peu d’intérêt que ces hauts commis accordent à l’entretien de ces édifices rongés par le poids de l’âge et les effets des intempéries. Mieux, ces prédateurs achètent des voitures rutilantes qu’ils conduisent sur les routes défoncées, insalubres, poussiéreuses et muettes c’est-à-dire sans panneaux de circulation au milieu des populations déshéritées qui gagnent à peine trois repas par jour. Mais ce n’est pas tout. Car une partie de l’argent subtilisé sert à payer leur tourisme médical dans les hôpitaux étrangers, notamment ceux du nord où ils se font soigner gracieusement aux frais du contribuable.
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Et comme si cela ne leur suffisait pas, les prévaricateurs de deniers publics envoient leurs épouses accoucher dans ces installations sanitaires étrangères avec l’objectif caché de faire obtenir les nationalités de ces pays d’accueil à leurs futures progénitures. Et pendant qu’ils attendent la nouvelle de la naissance de cet enfant dans une impatience fébrile, la ménagère rurale en travail, transportée dans un hamac ou sur une moto sur quelques kilomètres de piste herbeuse et crevassée, ne reçoit à son arrivée, au centre de santé, physiquement épuisée, que quelques comprimés de paracétamol.
Outre le Centre de Santé rural, l’hôpital public urbain où se rendent quotidiennement plusieurs centaines de citoyens en empruntant de vieux bus bondés à l’intérieur suffoquant ou, pour les plus fortunés, les taxis crasseux surchargés, aux sièges inconfortables, manque cruellement de soignants, d’équipements, et surtout de médicaments essentiels pour prodiguer les soins adéquats à la population. Ce centre hospitalier, c’est aussi l’endroit où mouches bleues, malades aux visages mornes et personnels soignants indifférents, se côtoient à longueur de journée au tour des immondices dont l’odeur nauséabonde enveloppe le visiteur à son arrivée dans cet établissement.
Hormis les dépenses somptueuses qu’ils affectionnent, ces fossoyeurs placent une partie des fonds dilapidés dans les comptes offshores en recourant à de longs et complexes circuits financiers. Cet argent est blanchi plus tard dans la construction des immeubles qu’ils font louer en devises étrangères par les entreprises du Nord ou les grands projets publics. Dans d’autres cas, ces cadres véreux achètent de luxueux appartements dans les capitales ou autres grandes villes occidentales pour y faire loger leurs progénitures pendant que de pauvres contribuables habitent les taudis dans les bidonvilles insalubres qui s’enflent démesurément autour des capitales et autres grandes villes.
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