Art, éducation, postmodernité
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Description

Apprendre l'art aujourd'hui... Mais pourquoi ? En quoi la postmodernité affecte-t-elle les valeurs de l'art, notamment dans ses dimensions de médiation culturelle et d'éducation ? La première partie de cet essai propose de saisir 3 principes centraux de l'esthétique "moderne", alors inférés à partir des pôles opposés que représentent les pensées de Heidegger et Adorno. La deuxième partie confronte ces trois principes à diverses théorisations de la postmodernité. La "déconstruction" qui en résulte est analysée dans la dernière partie en termes de changement radical du rapport à l'altérité, où s'inscrit le travail des oeuvres.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2006
Nombre de lectures 257
EAN13 9782336261850
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Sciences de l’Éducation musicale
Collection dirigée par Jean-Pierre MIALARET
La diversité actuelle des pratiques musicales, la pluralité et l’extension récente des contextes scolaires et extra-scolaires d’enseignement et d’apprentissage de la musique stimulent un courant de réflexions et de recherches relatif au développement musical ainsi qu’à l’acte d’apprendre et celui d’enseigner la musique. Cette collection propose un large panorama de travaux consacrés à la compréhension des conduites musicales et à un approfondissement des sciences de l’éducation musicale.
Déjà parus
Elvis Gbaklia KOFFI, L’éducation musicale en Côte d’Ivoire, 2006.
Jean-Luc LEROY : Le vivant et le musical, 2005.
Gérard GANVERT : L’Enseignement de la musique en France. 1999.
Cristina AGOSTI-GHERBAN : L’éveil musical, une pédagogie évolutive, 2000.
Laurent MIROUDOT : Structuration mélodique et tonalité chez l’enfant. 2000.
Marion PINEAU et Barbara TILLMANN : Percevoir la musique : une activité cognitive, .2001.
Michel IMBERTY : De l ’ écoute à l’œuvre. 2001.
Martine WIRTHNER et Madeleine ZULAUF: A la recherche du développement musical. 2002.
Claire FIJALKOW : Deux siècles de musique â l’école. 2003.
Françoise REGNARD et Evelyn CRAMER: Apprendre et enseigner la musique, représentations croisées. 2003.
Jean-Luc LEROY : Vers une épistémologie des savoirs musicaux. 2003.
Claire FIJALKOW (Textes réunis et présentés par), Maurice Chevais, un grand pédagogue de la musique, 2004 .
Art, éducation, postmodernité
Les valeurs éducatives de l'art à l'époque actuelle

Gilles Boudinet
Du même auteur
De l’universel en musique, Fugues et variations d’un savoir, Paris, Publisud, 1995.
Pratiques rock et échec scolaire , Paris, L’Harmattan, 1996.
Des Arts et des Idées au XX° Siècle. Musique, peinture, philosophie, sciences humaines et « intermezzos poétiques » : fragments croisés. Paris, L’Harmattan, 2000.
Pratiques tag. Vers la proposition d’une « transe-culture », Paris, L’Harmattan, coll. « Arts, Transversalité, Education », 2002.
M. Heidegger, T. W . Adorno : vers un « pacte » de l’esthétique « moderne ». Quand l’art pouvait encore sauver le monde en général et l’éducation en particulier , Paris, Université de Paris-Sorbonne, Observatoire Musical Français, Doc. de recherche O.M.F., Série Didactique de la Musique, n°22, 2003.
Vers un paradigme trinitaire de lecture de l’éducation artistique. Paris, Université de Paris-Sorbonne, Observatoire Musical Français, Doc. de recherche O.M.F., Série Didactique de la Musique, n° 32, 2005.
http://www.iibi-airieharmattan.com diffusion.Harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
© L’Harmattan, 2006
9782296002029
EAN : 9782296002029
POUR OUVRIR
Culture, joie, plaisir, goût de l’effort, spontanéité, authenticité créatrice, imaginaire, sensibilité, structuration du corps et de l’âme, restructuration thérapeutique, sublimation, lien social, autonomie, citoyenneté, intégration, épanouissement individuel, métissage... L’art et l’expérience esthétique semblent s’accorder à un espace où chacun reconnaît un corps aussi commun que disparate de qualités, de fonctions, de valeurs, de savoirs. Or si les questionnements en matière d’enseignement artistique ou de médiations culturelles ne manquent pas, ils restent principalement focalisés sur le «comment faire ? ». Il s’agit par exemple de penser les moyens institutionnels, les techniques de transmission, les divers protocoles pédagogiques. Pourtant, ce « comment » en vient souvent à postuler une unicité quant à l’objectif dont l’évidence admise ne semble guère faire débat : c’est l’art, qu’il soit « populaire », « académique », qu’il soit musique, images, poésie ou théâtre, qui est visé de façon consensuelle. Bref, l’art, en tant que finalité éducative, s’accorde à un paradigme dont les déclinaisons surajoutées donnent davantage l’impression de se confondre en une harmonie syncrétique, que d’être elles-mêmes l’objet d’une interrogation critique.

Toutefois, le paradigme de l’art sur lequel chacun semble s’accorder tacitement n’en reste pas moins spécifié et délimité lorsqu’on le considère selon ses propres variations historiques. Ainsi, il paraît aujourd’hui admis que l’art n’est pas le moyen métaphysique permettant d’accéder au monde stellaire de Dieu ou des Idées. Il est aussi probable que plus personne ne le considère selon un Beau universel, régi par des principes immuables. Et pourtant, l’époque médiévale, en dépit de la pluralité de ses écoles et des interrogations sur la transmission des savoirs qui y étaient développées, ne doutait pas de la fonction divine à laquelle l’art était alors exclusivement indexé. Le même constat peut être avancé pour le classicisme, où les règles du Beau absolu gouvernaient le sens de toute activité artistique. Avec le bouleversement radical de l’espace esthétique que les artistes ont opéré lors de la fin du XIX e siècle, le Divin et le Beau ont laissé place à une nouvelle valeur. « La beauté, écrit Arnold Schönberg dans son Traité d’ Harmonie , existe à partir du moment où les improductifs commencent à prétendre qu’elle leur manque ; avant, elle n’existe pas car l’artiste, lui, n’en a pas besoin. La vérité lui suffit : s’être exprimé, avoir dit, selon les lois secrètes de sa propre nature, ce qui devait être dit 1 ». En effet c’est bien autour de cette notion de « vérité » que semble avoir été forgé en large part le consensus de l’esthétique « moderne » du XX e siècle : une vérité, non comme figuration réaliste, mais comme processus de questionnement, comme expression d’une « authenticité » propre à un créateur.

Aussi, admettre des changements du paradigme des valeurs et des rôles attribués à l’art ou à l’expérience esthétique ne saurait se réduire aux productions et créations d’une époque donnée. En concernant à chaque fois un système de représentations, de postures et d’attentes envers la vie artistique, le phénomène implique également le niveau de la réception sociale des œuvres, à la fois présentes et passées. Par exemple, le rapport du public d’aujourd’hui aux œuvres du classicisme diffère très certainement de celui qu’avaient les hommes de la fin du XVII 6 siècle.

Or, aujourd’hui, qu’en est-il du paradigme artistique de la modernité ? Celui-ci, notamment au regard de la postmodernité, n’est-il pas à son tour transgressé ? L ’épistémè 2 de la « vérité » serait-elle affectée par de nouvelles mutations ? Si tel est le cas, le débat limité au « comment » ne peut que se déplacer sur le sens même de l’objet à qui il se subordonne : la valeur et les rôles de l’art dont les probables changements actuels invitent à une nouvelle question, peut-être aussi à la recherche de la compréhension d’un nouveau visage de l’esthétique qui serait en cours d’émergence. Apprendre l’art en régime postmoderne, oui mais pourquoi ?

C’est à cette interrogation que s’accorde cet essai. Aussi, la thèse d’une mutation postmoderne des rôles de l’art peut être abordée selon un regard comparatif auprès de l’esthétique « moderne ». Ce précédent terme pose certes le problème de sa datation 3 , tant pour le début que pour la fin. Il est déjà entendu ici en référence à la modernité du XX e siècle, plus exactement à la période allant des réflexions proposées par Charles Baudelaire jusqu’aux années 1970, jusqu’à la célèbre analyse lyotardienne sur la fin des « grands récits ». A partir de discours sur l’art, il s’agit ainsi de repérer des occurrences, si l’on préfère des principes centraux propres à l’esthétique de la modernité, afin de les confronter ensuite à des réflexions sur la postmodernité et de mettre en lumière leur

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