Bioart : Transformations du vivant
302 pages
Français

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Bioart : Transformations du vivant , livre ebook

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Description

Les auteurs mettent sous le microscope diverses pratiques du bioart comme la culture de tissu humain, la manipulation génétique, le traitement de l’image et les codes ADN, l’appropriation du matériel de la vie ainsi que le corps et les signaux électriques humains.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 décembre 2012
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760533769
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Presses de l’Université du Québec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2
Téléphone : 418 657-4399 − Télécopieur : 418 657-2096
Courriel : puq@puq.ca − Internet : www.puq.ca

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada

Vedette principale au titre :
Bioart : transformations du vivant
(Collection Esthétique)

Comprend des réf. bibliogr. et un index.

ISBN 978-2-7605-3374-5
ISBN EPUB 978-2-7605-3376-9

1. Art et technologie. 2. Technologie et arts. 3. Sciences et arts. 4. Art par ordinateur. I. Daubner, Ernestine, 1944- .
II. Poissant, Louise. III. Collection : Collection Esthétique.

NX180. T4A77 2005 700.1’05 C2005-940 502-3







Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement
du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada
pour leurs activités d’édition.

Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)
pour son soutien financier.

Mise en pages : Michèle Blondeau

Couverture – Conception : Richard Hodgson
– Image principale : France Pépin, Paysages diastoliques, photographie, 2003
– Médaillon : Brandon Ballengée, Êléktra Ozomène , gravure, 2008, Courtoisie Ronald Feldman Fine Arts, New York



2012-1.1 – Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
© 2012, Presses de l’Université du Québec
Dépôt légal – 3 e trimestre 2012
Bibliothèque et Archives nationales du Québec/Bibliothèque et Archives Canada
Quelques cultures de bioart sous le microscope
Les récentes percées biotechnologiques rivalisent avec les progrès remarquables des technologies de télécommunication de ces dernières décennies. Alors qu’on perçoit habituellement avec une attitude techno-utopique la variété de gadgets électroniques à notre disposition, on ressent le plus souvent un sentiment d’incrédulité et d’appréhension face aux développements récents de la biotechnologie et de ses agissements . Bien entendu, les biotechnologies, contrairement aux technologies de télécommunication, ne nous offrent pas une multitude de nouveaux biens de consommation, mais il faut chercher ailleurs les raisons d’une approche plus mesurée, ou parfois hostile, de ces percées biotechnologiques . En effet, en manipulant et en créant de nouvelles formes de vie, les biologistes remettent en question le concept fondamental, jusqu’alors incontesté, de la nature de la vie elle-même. Souvent et d’une manière des plus sensationnelles, les pratiques du bioart nous confrontent et nous amènent aux limites de nos croyances bien confortables ; elles rendent obsolètes certaines de nos conceptions bien assises de la biologie, de la nature et des principes fondamentaux de « la vie ». Bien qu’on sache que la science et la technologie n’ont jamais été neutres ou libres de toute idéologie, aujourd’hui, on est de plus en plus au courant que même d’imperceptibles organismes microbiologiques, pour ne pas dire des entités vivantes et semi-vivantes produites dans les laboratoires, nous contraignent à réviser radicalement notre façon de conceptualiser les « matériaux de la vie ». Alors, en plaçant certains œuvres de bioart sous le microscope, on peut y faire quelques observations significatives.
Les divers écrits et œuvres du bioart présentés dans ce livre mettent en lumière l’impact énorme que de nombreuses questions éthiques, écologiques, socio-politico-économiques et culturelles auront à l’avenir sur la société . Cependant, je ne mettrais ici l’accent que sur deux grandes tendances du bioart. La première expose certaines mutations dans les modes de pensée binaire qui infiltrent les cultures génétiques et cellulaires . L’autre, qui est résolument politique, est celle par laquelle les bioartistes exposent et déconstruisent les questions et les habitudes problématiques concernant les biotechnologies, en particulier celles qui perpétuent les dualismes hiérarchiques en rapport avec l’eugénisme, le sexe et l’origine ethnique. Bien que différentes, ces deux approches traitent du concept d’un corps-objet neutre et universel formulé au siècle des Lumières.
Mutations des discours binaires :
« culture génétique » et « culture cellulaire »
La culture des gènes est basée sur la science de la transgénèse, opérant au niveau de l’ADN. Une branche de l’art transgénique, selon un de ses principaux partisans, Eduardo Kac, est « une nouvelle forme d’art basée sur la capacité des techniques de génie génétique de transférer des gènes synthétiques à un organisme 1 ». Mais comment peut-on créer un soi-disant « gène synthétique » ? Sur ce qui ressemble à des barreaux ou à des lignes reliant la spirale à double hélice de l’ADN se trouvent les paires de bases, ACGT. Ces lettres représentent les quatre nucléotides : adénine, cytosine, guanine et thymine. Par un processus complexe, ces quatre nucléotides ou paires de bases, situés dans un ordre précis sur la double hélice de la molécule d’ADN, produisent les protéines nécessaires à la vie. La science de la transgénèse, par différents procédés, permet, en changeant l’ordre de ces paires de bases, de créer de nouvelles séquences d’ADN – un gène soi-disant « synthétique ».
Microvenus , une œuvre bioart pionnière créée par Joe Davis en 1986, est basée sur ce principe de la création d’une nouvelle séquence d’ADN. Davis, chercheur affilié au Département de biologie du MIT, a effectué des recherches approfondies en biologie moléculaire pour la production de bases de données génétiques et de nouvelles formes d’art biologique. Il a été le premier artiste à utiliser l’ADN comme moyen artistique quand, avec l’aide du biologiste de Harvard Dana Boyd, il a créé la première œuvre d’art moléculaire, Microvenus . Cette œuvre unique en son genre a démontré qu’il était possible de traduire des codes culturels (une icône visuelle basée sur la forme en Y des organes génitaux d’une représentation de Vénus) en un code numérique binaire, puis en un code binaire génétique, pour créer une nouvelle séquence d’ADN.
Cette nouvelle séquence de nucléotides contenant le code de Vénus a ensuite été implantée dans une bactérie E. coli . Dans cette culture bactérienne, la molécule synthétique s’est multipliée à des milliards d’exemplaires, chacun portant une instance distincte de l’icône Microvenus . Davis a appelé cela un « infogène », soit, dit-il, « un gène dont le sens doit être traduit par le mécanisme des êtres humains et non en protéines, par le mécanisme des cellules 2 ». Davis affirme que ce n’est pas un projet scientifique mais plutôt un travail qui cherche à illustrer comment l’ADN peut contenir littéralement des références culturelles et du sens non biologique. Ce qui est important est que cet « infogène » de Davis, composé de codes culturels, de codes binaires numériques et de paires de bases d’ADN, établit le lien, aujourd’hui souvent fait, entre la génétique et les technologies de l’information – et donc entre la vie (bien que microscopique) et la discipline de l’informatique.
Genesis , l’installation d’Eduardo Kac exposée pour la première fois en 1999, fonctionne sur le même principe : elle est aussi basée sur l’interchangeabilité des codes, liant explicitement l’ADN aux technologies de l’information . Gerfried Stocker précise : « On pourrait décrire Eduardo Kac comme un représentant prototypique de l’art émergent qui est une analogie directe avec la révolution numérique et les théories et technologies de l’information sur lesquelles elle est fondée 3 . » L’artiste lui-même est d’accord : « Genesis est une œuvre d’art transgénique qui explore les relations complexes entre la biologie, les systèmes de croyances, les technologies de l’information, les interactions dialogiques, l’éthique et l’Internet 4 . » Quand Davis appelle sa Microvenus un « infogène », Ka

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