Camille Claudel
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Camille Claudel , livre ebook

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Description

Camille Claudel (8 décembre 1864-19 octobre 1943), sœur de l’écrivain Paul Claudel, fut l’élève de Rodin avec qui elle eut une relation passionnelle et tumultueuse. Cet amour impossible la mena à la paranoïa et l’enfermement psychiatrique en 1913. Camille Claudel fut l’une des plus grandes sculpteuses de son temps, toujours en rivalité avec Rodin. De sa vie fut réalisé un film qui remit l’artiste dans la lumière de la postérité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 décembre 2011
Nombre de lectures 0
EAN13 9781781607008
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0175€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Texte : Janet Souter
Traduction : Marion Olivier

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4 ème étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
© Camille Claudel Estate, Artists Rights Society, New York, USA/ ADAGP, Paris

Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays.
Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78160-700-8
Camille Claudel
SOMMAIRE



BIOGRAPHIE
LISTE DES ILLUSTRATIONS
1. Diane , vers 1881.
Plâtre, 18 x 10,5 x 7 cm.
Collection privée.
2. Auguste Rodin , Camille Claudel au bonnet, 1886.
Plâtre, 25,7 x 15 x 17,7 cm.
Musée Rodin, Paris.


Bien que le nom de Camille Claudel ait toujours été lié à celui d’Auguste R odin, son statut d’artiste à part entière est incontestable. C’est en son for intérieur que Camille puisa sa force : elle essuya la colère et la désapprobation des membres de sa famille, le refus de Rodin de l’épouser ou encore le rejet de ses travaux par quelques ministres, à l’humeur changeante, qui lui passaient commande avant de se retirer. Cependant, il se dégage de ses sculptures une sensualité et un amour du corps humain qui trahissent avec force les émotions de Claudel. Et, si un nombre important de ses œuvres a disparu ou a été détruit, il en demeure, par chance, suffisamment pour que l’on puisse encore découvrir toute l’essence de sa personnalité.
3. La Vieille Hélène ou Buste de vieille femme , 1882-1905.
Bronze, 28 x 18 x 21 cm.
Collection privée.
4. Buste d’homme ou Bismark , vers 1881.
Bronze, fonte posthume,
27 x 24 x 23,5 cm.
Collection privée.
5. Buste de Jessie Lipscomb , vers 1883-1885.
Terre cuite, 61 x 23 x 20 cm.
Collection privée.
Le 8 décembre 1864, Camille Claudel vit le jour à Fère-en-Tardenois, un village de Champagne. Les habitants de la région, besogneux et conservateurs, étaient soucieux de mener une vie honnête, sous le regard et l’approbation de la société, et la plupart vivait de leur métier de fermier, commerçant ou artisan. Ses parents, Louis-Prosper et Louise-Athanaïse Cerveaux, s’étaient mariés en 1860. Louis-Prosper, qui avait suivi l’éducation des Jésuites à Strasbourg, était employé comme receveur de l’enregistrement dans plusieurs villes, dont Bar-le-Duc où Camille fit son entrée à l'Ecole des sœurs de la doctrine chrétienne, en 1870. Bien qu’appartenant à la classe moyenne, les Claudel se considéraient supérieurs aux autres membres de la communauté : le père de Louise-Athanaïse avait été physicien, et c’est lui qui avait offert un toit à sa famille dans la commune de Villeneuve-sur-Fère, à huit kilomètres environ de Fère-en-Tardenois. Ils s’y installèrent finalement quatre ans plus tard et, bien qu’ils déménagèrent plusieurs fois au fil des ans, la famille Claudel retourna toujours à Villeneuve-sur-Fère pour y passer l’été.
La sœur de Camille, Louise, naquit en 1866 et son frère Paul, deux ans plus tard. Ce dernier allait devenir un diplomate, un poète et le parent vers lequel Camille allait se tourner durant les périodes de tension. Les relations familiales devinrent souvent tendues et sa mère, une femme pesante, sujette aux émotions, refusa peu à peu de voir sa fille, de lui parler, ou de l’aider. Le soutien que reçut Camille vint principalement des hommes ; au sein de la famille, il s’agissait de son père et de Paul.
Dans ce village d’artisans et d’ouvriers du bâtiment, couvaient continuellement vieilles rancœurs, commérages et médisances. Cette atmosphère mesquine disparut presque totalement lorsque Camille découvrit l’argile utilisée, pour les tuiles, dans la construction des bâtiments de la région. Lorsqu’elle réalisa qu’en plongeant ses doigts dans l’argile, et qu’en la travaillant de ses mains, elle pouvait créer des formes complexes qui gardaient leur structure après avoir été cuites dans le four de la propriété familiale, plus rien d’autre n’eut d’égard à ses yeux. Dès lors, elle obligea les autres – généralement des amis ou des parents – à partager son intérêt, les employant comme collecteurs d’argile, modèles ou préparateurs de plâtre. Mais, à mesure qu’ils se fatiguaient de ses projets, ils disparaissaient lorsqu’ils la voyaient arriver.
6. Auguste Rodin, Les Bourgeois de Calais , 1884-1886.
Plâtre, 233,1 x 245 x 177 cm.
Musée Rodin, Paris.
7. Paul Claudel à treize ans ou Jeune Achille , 1881.
Bronze, 40 x 35 x 22 cm.
Musée Bertrand, Châteauroux.


En 1876, les Claudel déménagèrent à Nogent-sur-Seine, à cent kilomètres de Paris. A ce moment-là, son talent pour le dessin avait déjà été reconnu par ses professeurs d’art, mais elle étudiait également de façon autonome, en utilisant des miniatures et en s’inspirant de vieilles gravures pour sculpter des personnages historiques grecs. De cette période, seules trois œuvres subsistent : David et Golia th , Napoléon et Bismarck . Rapidement, son travail attira l’attention du jeune sculpteur Alfred Boucher, originaire de Nogent, qui vivait à Paris. Boucher venait occasionnellement dans sa ville natale, et lorsqu’il rendit visite à Camille dans son atelier et qu’il découvrit son travail, il y retourna souvent pour lui donner des leçons et les instructions nécessaires.
A Nogent, le développement artistique de Camille fleurissait également sous les conseils de Monsieur Colin, employé par ses parents pour superviser l’éducation de leurs enfants. En leur transmettant de solides connaissances en mathématique, orthographe et latin, Colin procura, aussi bien aux filles qu’à Paul, une meilleure éducation que celle dont ils auraient bénéficié dans les écoles de la région. Ces deux instructeurs, Boucher et Colin, formèrent indubitablement la base du développement artistique et intellectuel de Camille. Cependant, en tant que sculpteur, Camille ne trouvait à Nogent qu’une offre assez limitée en terme d’opportunités. En France, dans la seconde moitié du XIX e siècle, c’était l’Ecole gratuite de dessin pour les jeunes filles, à Paris, qui fournissait aux femmes une formation artistique, laquelle leur permettait de travailler comme professeur ou dans le secteur industriel. En province, il restait encore impossible de suivre les cours d’une école d’art réputée, utilisant des modèles nus.
8. Jeune Homme ou Jeune Romain ou Paul Claudel à seize ans , 1884.
Bronze, 51 x 44 x 25 cm.
Musée des Augustins, Toulouse.
9. L’Homme aux bras croisés , vers 1885.
Terre cuite, 10 x 9,5 x 8 cm.
Socle en onyx, H : 10 cm.
Collection privée.
En 1881, Louis-Prosper fut muté à Wassy-sur-Blaise, mais, soucieux de fournir à ses enfants la meilleure éducation scolaire possible, il procéda à quelques arrangements afin d’obtenir un appartement à Paris. Quelques années plus tard, Paul Claudel livrait une toute autre version de l’histoire. Selon lui, Camille, soucieuse de poursuivre ses études artistiques, les avait suppliés de vivre à Paris, car les femmes étaient admises dans les institutions qui offraient l’accès aux modèles nus ; au XIX e siècle, la faculté de dessiner et de sculpter le modèle nu était le critère selon lequel on jugeait de la totalité du talent artistique. Louise Claudel a probablement fait objection à cet arrangement puisqu’elle préférait la vie à la campagne, stable et centrée sur la famille, vie où les femmes apprenaient les qualités domestiques, se mariaient et fondaient un foyer. Mais pour Camille, il était tout à fait inenvisageable de partir seule, vivre au cœur de Paris pour y suivre des cours.
Ainsi, en 1881, à l’âge de dix-sept ans, Camille Claudel connut sa première expérience de vie parisienne. La ville semblait s’être ravivée à l’idée de son arrivée. Après la guerre tragique de 1870, qui opposa la France à la Prusse et lors de laquelle la France rencontra une défaite cuisante et Paris le siège le plus terrible de son histoire, la République française s’établit sous le drapeau tricolore, et La Marseillaise devint l’hymne national. Ce sont là les résultats d’une période de ferveur patriotique ; des statues de femmes représentant la république ou Jeanne d’Arc poussèrent comme des champignons à travers tout le pays. Les artistes établirent des ateliers sur tou tes les rues de la rive droite, dans les environs de Clichy et de Rochechouart. Tôt le matin et dans la soirée, on pouvait ainsi les observer courant le long des trottoirs, leur boîte de peinture et leur portfolio qu’ils tenaient serrés contre eux.
10. Homme penché , 1884.
Bronze, 42 x 18 x 27 cm.
Collection privée.

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