Giuseppe Arcimboldo
83 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Giuseppe Arcimboldo , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
83 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Giuseppe Arcimboldo (Milan, 1530 environ –1593)
A ses débuts, les contemporains d'Arcimboldo n'auraient pas pu imaginer qu'il allait réaliser ce qui le rend célèbre aujourd'hui. Ses oeuvres juvéniles étaient habituellement
destinées aux cathédrales de Milan ou de Monza, mais c'est à partir de 1562, quand il fut convoqué à la cour impériale de Prague, que son style et ses sujets changèrent. Pour la cour, il
imagina des fantaisies originales et grotesques faites de fleurs, de fruits, d'animaux et d'objets assemblés pour former un portrait humain. Certains étaient de nature satyrique, et d'autres des personnifications allégoriques. Si son travail est aujourd'hui considéré comme une curiosité du XVIe siècle, il puise en réalité ses racines dans le contexte de la fin de la Renaissance. A cette époque, les collectionneurs et les scientifiques commencèrent à prêter plus d'attention à la nature, recherchant des curiosités naturelles à exposer dans leurs cabinets de curiosité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 décembre 2011
Nombre de lectures 0
EAN13 9781781607091
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0175€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Texte : Liana De Girolami Cheney
Traduction : Karin Py

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4 ème étage
District 3, Hô Chi Minh-Ville
Vietnam

© Parkstone Press International, New York, USA
© Confidential Concepts, worldwide, USA

Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays.
Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78160-709-1
Giuseppe
Arcimboldo
SOMMAIRE


BIOGRAPHIE
LISTE DES ILLUSTRATIONS
1. Sainte Catherine s’entretient avec l’empereur sur la foi véritable
(réalisé d’après un carton d’Arcimboldo
de 1551, exécuté en vitrail en 1566).
Vitrail, 116 x 67 cm. Dôme, Milan.
Fils de l’artiste Biagio Arcimboldo et de Chiara Parisi, Giuseppe Arcimboldo naquit à Milan en 1527. D’ascendance noble, la famille d’Arcimboldo est originaire d’Allemagne du Sud. Certains de ses membres s’installèrent en Lombardie dès le Moyen Âge. On découvrit de très nombreuses variations dans l’orthographe de leur nom : Acimboldi, Arisnbodle, Arcsimbaldo, Arzimbaldo ou Arczimboldo, le suffixe « boldo » ou « baldo » dérivant du germanique médiéval. De même, Arcimboldo signait son prénom de diverses manières : Giusepp e, Josephus, Joseph ou Josepho.
Dans son ouvrage Della nobilità di Milano , Paolo Morigia rapporta l’histoire de la famille d’Arcimboldo. Morigia, dont les sources restent très incertaines, confirmait la noblesse de la famille en faisant remonter ses origines jusqu’à l’époque de Charlemagne, où un noble nommé Sigfrid Arcimboldo avait servi à la cour de l’empereur. Parmi les seize enfants Arcimboldo, trois furent annoblis et l’un d’entre eux s’installa en Lombardie. C’est ainsi que fut fondée la branche italienne. Pour soutenir ses dires, Morigia déclara que son récit émanait « directement de M. Giuseppe Arcimboldo, un gentleman digne de foi au mode de vie respectable ». Morigia fit remarquer qu’à l’époque où Arcimboldo travaillait à la cour impériale de Maximilien II de Habsbourg, on lui avait remis un ancien parchemin germanique mentionnant les deux cimetières où apparaissait le nom de la famille Arcimboldo : celui de la cathédrale d’Augsburg et de la cathédrale de Regensburg. Là, dans les enclos funéraires, se dressaient de grandes pierres tombales de marbre rouge ornées des armoiries de la famille Arcimboldo, figurant leur nom gravé et entouré de rainures rouge et jaune.
Dans Della nobilità di Milano , Morigia continua à développer l’histoire de la famille Arcimboldo, mais en se limitant à la branche italienne résidant à Milan. Il déclara que le veuf Guido Antonio Arcimboldo, l’arrière-arrière-grand-père de Giuseppe, avait été élu archevêque de Milan en 1489, succédant à son frère décédé, Giovanni Arcimboldo. Entre 1550 et 1555, Giovanni Angelo Arcimboldo, fils naturel de Guido Antonio, régna en tant qu’archevêque de Milan. Giovanni Angelo conseilla et guida Giuseppe parmi les artistes, les humanistes et les é crivains de la cour milanaise.
À Milan, Arcimboldo fut formé aux arts par son père et des artistes de l’école lombarde tels que Giuseppe Meda (actif à Milan de 1551 à 1559) et Bernardino Campi (1522-1591), un distingué peintre de Crémone. Une certaine fascination artistique et scientifique pour Léonard de Vinci est également perceptible dans l’art d’Arcimboldo. En effet, son père, Biagio, avait eu la bonne fortune d’être l’ami de Bernardino Luini, un élève de Léonard de Vinci, qui, à la mort de Léonard, hérita de plusieurs cahiers de notes et d’esquisses de son maître. Biagio Arcimboldo les étudia certainement et, des années plus tard, enseigna à son fils, Giuseppe, le style artistique et scientifique de Léonard. Pour sceller leur amitié, Luini portraitura Biagio de profil et le lui offrit ; ce dessin se trouve aujourd’hui au British Museum de Londres.
Les artistes italiens, Biagio, Meda et Campi étaient en contact avec les artistes germaniques travaillant sur des projets destinés à la cathédrale de Milan ou encore créant des tapisseries pour la famille Mé dicis.
2. Portrait en buste de l’une des filles de Ferdinand I er (l’archiduchesse Hélène ou Barbara ?) , vers 1560.
Huile sur bois, 43,5 x 33,5 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.
3. Portrait de l’une des filles de Ferdinand I er (l’archiduchesse Barbara ou Eléonore ?) , vers 1562-1565.
Huile sur bois, 32,5 x 25 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.
D’après les archives de la cathédrale de Milan, Arcimboldo s’établit comme maître en 1549, travaillant avec son père à la peinture et à la conception de conception de cartons pour les vitraux, les portes de l’orgue et le baldaquin de l’autel de la cathédrale de Milan. Les vitraux les plus importants, situés dans l’abside de la cathédrale, illustrent les Histoires de la vie de sainte Catherine d’Alexandrie . La légende chrétienne se concentre sur le martyre de Catherine, qui refusa de sacrifier aux dieux païens Zeus et Aphrodite. La décoration de ces scènes était relativement élaborée, reposant sur une combinaison de motifs classiques (amphore, guirlandes et putti) et de symboles chrétiens (coquilles Saint-Jacques, trône et parures de cérémonie). La conception architecturale et ornementale reflétait l’illusionnisme de l’art et du goût maniériste. Ces formes démontraient également l’influence de Léonard sur Arcimboldo, acquise par le biais de l’art du Milanais Gaudenzio Ferrari (1471-1546), qui travailla lui aussi aux vitraux de la cathédrale de Milan. Un document, daté de 1556 des archives de la cathédrale de Milan, mentionnait que les cartons d’Arcimboldo pour cette commande furent transposés sur verre par Corrado de Mochis, maître verrier à Cologne. À cette époque, Arcimboldo peignit cinq insignes emblématiques pour Ferdinand, roi de Bohême, futur Ferdinand I er , empereur du Saint-Empire romain germanique (aujourd’hui perdus).
Après la mort de son père en 1551, Arcimboldo continua à travailler en Lombardie jusqu’en 1558, puis entreprit de se rendre à Côme et Monza. Ce déplacement est attesté par les livres de comptes de la cathédrale de Milan, contenant un enregistrement des activités d’Arcimboldo en Lombardie : « Maître Giuseppe Arcimboldo fut payé 159,19 lires pour la conception et le modèle du Celone (tapisserie des Gobbelins) » de la cathédrale de Côme. Arcimboldo composa des cartons sur des sujets de l’Ancien et du Nouveau Testament pour les tapisseries de la cathédrale de Côme. Les artisans flamands Johannes et Ludwig Karcher (actifs de 1517 à 1561), employés au service de la Manufacture des Gobbelins, réalisèrent une tapisserie d’après les cartons d’Arcimboldo. Les noms des tisserands apparaissaient sur un rouleau de la tapisserie. Arcimboldo composa huit scènes agrémentées de somptueuses bordures festonnées comprenant des fleurs, des fruits, des parchemins et des grotteschi dans le style classique, tels que la scène de La Mort de la Vierge . Dans un jardin privé ou hortus conclusus , dont l’architecture évoque le Moyen Âge et la Renaissance, la Vierge repose dans un cercueil entouré par les apôtres en deuil, tandis qu’à l’arrière-plan se dresse l’église de Santa Maria delle Grazie.
Pour la cathédrale de Monza, Arcimboldo conçut également des cartons de tapisseries (aujourd’hui perdus) et, entre 1556 et 1558, acheva un cycle de fresques sur L’Arbre de Jessé inspiré d’un passage du prophète Isaïe. Au centre se dresse un énorme tronc d’arbre, une croix renfermant l’image du Christ crucifié. Un Adam âgé repose sur les racines de l’arbre, dont les branches étendues portent les figures des rois de Judée, les ancêtres du Christ.
Arcimboldo continua d’instiller dans ses œuvres une combinaison de motifs classiques et chrétiens, obéissant à l’illusionnisme du XVI e siècle. En raison de certaines similitudes stylistiques de son traitement des figures et des festons ou grotesques ( grotteschi ) avec les fresques que conçut Raphaël pour les appartements papaux, les Loges du Vatican, et encore les Loges de Psyché au palais Farnèse de Rome, et avec l’École Renaissance romaine en général, certains érudits affirmèrent qu’Arcimboldo avait dû se rendre à Rome à cette époque cette époque pour s’imprégner des motifs all’antica .
4. Portrait en buste de l’une des filles de Ferdinand I er (l’archiduchesse Marguerite ?) , vers 1563.
Huile sur bois, 44 x 34 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.
5. La Mort de la Vierge (d’après un carton d’Arcimboldo), 1561-1562.
Tapisserie, 423 x 470 cm.
Cathédrale de Côme, Côme.
Cependant, la familiarité d’Arcimboldo avec ce type d’ornementation fantaisiste n’était pas uniquement le résultat d’une assimilation des influences artistiques de l’Antiquité romaine et de la Renaissance, mais s’inscrivait aussi dans une tradition de l’Italie septentrionale. Il avait pu, en effet, admirer des exemples dans les œuvres religieuses ou profanes d’Andrea Mantegna (1431-1506), comme son retable de Zénon à Vérone ou sa Camera degli Sposi à Mantoue, ou dans les nombreux retables du peintre vénitien Carol Crivelli (1430-1500), dans les décorations de Francesco Colonna pour son Hypnerotomachia Poliphili (Venise 1499) et plus encore, dans les décorations picturales de Léonard de Vinci dans la Sala delle Asse (1495-498) au Castello Sforzesco de Milan.
Satisfait de l’insigne réalisé par Arcimboldo en 1551, Ferdinand I er de Bohême l’invita plusieurs fois à accepter une fonction artistique à la cour impériale de Prague. En 1562, Arcimboldo finit par agréer : il se rendit tout d’abord à Vienne puis s’installa ensuite à Prague comme peintre de portrait et copiste pour l’empereur, remplaçant le « vieux » Jacob Seisenegger. Dans l’ Historia dell’antichità di Milano de 1592, Morigia nous livra une autre interprétation de ce patronage si important pour Arcimboldo à la cour impériale de Ferdinand I er et de ses successeurs, Maximilien II et Rodolphe II. Selon lui, Arcimboldo « était apprécié et bien traité, et reçu avec une grande bonté, et l’empereur lui donnait un bon salaire digne de son mérite et lui montrait aussi son affection de nombreuses autres façons ». L’ Étude pour un autoportrait d’Arcimboldo datant de 1575 (Národni Galerie, Prague) reflétait parfaitement l’analyse du personnage d’un courtisan proposée par Morigia, celui d’un homme cultivé et raffiné, un artiste-prince ou un artiste-philosophe de la Renaissance tel que le présentaient respectivement Baldassare Castiglione dans Le Courtisan (1535) et Giovanni della Casa dans son Galateo (1558). Le dessin à la grisaille propose un portrait de face de l’artiste portant un béret de peintre et la traditionnelle fraise. Son visage de forme ovale, avec sa barbe taillée, son regard intense, son nez aquilin et ses lèvres fines, révéle sa douce nature. La bouche entrouverte et le regard concentré créant un lien puissant et un agréable dialogue visuel entre le modèle, Arcimboldo, et le spectateur. La personnalité d’Arcimboldo et ses manières cultivées étaient, de fait, complètement de mise à la cour impé riale.
Un autre autoportrait tiré de son Étude pour un autoportrait est L’Homme de Lettres de 1587 (au Palazzo Rosso, Gabinetto Disegni e Stampe de Gênes). Le dessin fut réalisé sur papier blanc à la plume et au pinceau, à l’encre et au lavis bleu avec quelques traces de crayon. Arcimboldo se dépeignit sous les traits d’un noble, contrastant ainsi avec sa précédente étude le représentant comme un artiste. Dans ce dessin , Arcimboldo recréait l’image d’un humaniste vêtu de manière sophistiquée, à la mode de son temps, portant d’élégants atours et une fraise épaisse, encadrant un visage à la barbe soignée. Cette image était un portrait en buste de profil.
L’ Autoportrait d’Arcimboldo de 1570, à l’huile sur bois, fut décrit dans un inventaire de la collection de Prague comme celui d’ « un grand homme arborant une longue barbe noire. » Malheureusement son lieu de conservation nous est inconnu. Un autre portrait ultérieur, métaphorique dans sa composition et moins naturel que ses œuvres antérieures, était un dessin d’une Allégorie de la Mort des années 1590 (collection d’œuvres sur pap ier de la Jean-Luc Baroni LTD).
6. Portrait en buste de l’archiduchesse Jeanne , vers 1562-1565.
Huile sur bois, 34 x 26 cm.
Kunsthistorisches Museum, Vienne.


La personnification de la mort était composée de la manière suivante. Un jardin privé, ou hortus conclusus , contenait un visage de la forme d’une tour médiévale. Le hortus conclusus suivait la forme ronde d’une fraise d’un personnage de cour. La bouche ouverte et la langue représentaient respectivement une porte et un escalier, les yeux symbolisent les fenêtres et la tête où la couronne était conçue comme un château aux murs crénelés. Un homme gravissant une échelle entrait par la fenêtre gauche de la tour, tandis qu’on apercevait un autre homme fermant les volets de la fenêtre de droite. Il est possible que cette allusion à la mort ne fasse pas uniquement référence à la propre maladie d’Arcimboldo mais aussi à son départ de la cour royale des Habsbourg. Il pourrait aussi s’agir d’une allusion à la mort d’un membre de la famille royale, car, dans le dessin, la tête couronnée pouvait être un symbole de souveraineté.
À son arrivée à Vienne en 1562, sous le mécénat de Ferdinand I er , Arcimboldo peignit plusieurs portraits de la famille impériale (maintenant perdus ou dispersés), et en 1563, le premier cycle des Quatre Saisons . Les archives autrichiennes nous offrent une description lumineuse des commandes d’Arcimboldo durant ses années de service à la cour impériale des Habsbourg, sous Ferdinand I er (1503-1564, r. 1556-1564), Maximilien II (1527–1576, r. 1564-1576) et Rodolphe II (1552-1612, r. 1576-1612).
En 1565, Maximilien II, fils de Ferdinand I er , conféra à Arcimboldo le titre de Hof-Conterfetter (peintre de portrait de la cour). Ce dernier peignit plusieurs portraits et tableaux durant cette période. En 1565, les archives mentionnaient un salaire de 20 florins. Arcimboldo continua à recevoir des paiements exceptionnels de la cour impériale en 1566, 1570, 1574 et 1575. Atteint du mal du pays, il se rendit en Italie en 1566. En 1580, sous le règne de Rodolphe II, fils de Maximilien II, il reçut une confirmation de son titre de noblesse. En 1582, Arcimboldo parcourut l’Allemagne pour faire l’acquisition d’antiquités et d’animaux rares. Ses commandes augmentèrent aussi - de 1581 à 1586 - son salaire mensuel montant à 50 florins. Des documents révèlent qu’Arcimboldo perçut son dernier salaire en novembre 1586. Le 12 août 1587, il fut gratifié d’un don de 1500 florins en guise de Hofabfertigung (« attendant à la cour royale »). Plus tard cette année-là, Arcimboldo rentra dans son Milan natal, mais continua à produire des œuvres d’art pour la cour impériale. En 1592, Rodolphe II le nomma comte Palatin.
Arcimboldo mit toute son ingéniosité au service de la création des Quatre Saisons . Les multiples versions du cycle des Quatre Saisons , accompagné de celui des Quatre Éléments occupèrent une grande part de son entreprise artistique durant sa résidence à la cour impériale. Arcimboldo répéta ce couple thématique plusieurs fois en 1563, 1569, 1573 et 1575-77. Dans sa conception, le cycle des Quatre Saisons était lié à celui des Quatre Éléments . Tous les tableaux de ces cycles ne furent pas achevés, ils ne sont pas tous réunis ou n’ont pas tous survécu.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents