L’Art de l’Inde
256 pages
Français

L’Art de l’Inde , livre ebook

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Description

Terre ancestrale, l'Inde possède une tradition artistique variée : son architecture, sa peinture, sa sculpture, sa calligraphie, ses mosaïques sont autant de médias artistiques qui soulignent la richesse culturelle, religieuse, et philosophique du pays.
De l'hindouisme, avec son panthéon de dieux polymorphes, à l'Islam, avec son architecture stupéfiante et sa calligraphie très élaborée, l'art indien a développé des canons d'une grande variété.
Riche d'images étonnantes, présentant tous les médias artistiques, et d'un texte écrit par un spécialiste de l'art indien, Vincent Arthur Smith, cet ouvrage offre au lecteur tous les chefs-d'oeuvre de l'Inde qui dessinent ce fascinant pays.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 mai 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9781781602997
Langue Français
Poids de l'ouvrage 95 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0598€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Vincent Arthur Smith
L’Art de l’Inde
Auteur : Vincent A. Smith
Mise en page : Baseline Co. Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street e 4 étage District 3, Hô-Chi-Minh-Ville Vietnam
© Confidential Concepts, worldwide, USA © Parkstone Press International, New York, USA Image-Barwww.image-bar.com
© Ahaswerus | Dreamstime.com © Kshitize Agrawal | Dreamstime.com © Benoy K. Behl | Frontline © Arun Bhargava | Dreamstime.com © Daniel Boiteau | Dreamstime.com © Fabio Cardano | Dreamstime.com © Rafal Cichawa | Dreamstime.com © Rene Drouyer | Dreamstime.com © Ragne Kabanova | Dreamstime.com © Yuliya Kryzhevska | Dreamstime.com © Grigory Kubatyan | Dreamstime.com © Luciano Mortula | Dreamstime.com © Mikhail Nekrasov | Dreamstime.com © Rajhans Raut | Dreamstime.com © Jeremyrichards | Dreamstime.com © Samrat35 | Dreamstime.com © Shargaljut | Dreamstime.com © Nickolay Stanev | Dreamstime.com © Sid Viswakumar | Dreamstime.com
Tous droits d’adaptation et de reproduction, réservés pour tous pays. Sauf mentions contraires, le copyright des œuvres reproduites appartient aux photographes, aux artistes qui en sont les auteurs ou à leurs ayants droit. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.
ISBN : 978-1-78160-299-7
Vincent A. Smith
L’Art de l’Inde
Sommaire
L’Inde et son art La Période Maurya L’Antiquité Architecture Sculpture Les Périodes Kushan, Satavahna tardive et Ikshvaku Mathura Amaravati La Période Gupta La Période médiévale dans l’Inde du Nord Architecture : les temples-grottes et les temples Sculpture : objets médiévaux et modernes Peinture : les premières écoles (grottes d’Ajanta) La Période médiévale dans l’Inde du Sud Architecture Sculpture et bronzes Les Influences étrangères : les périodes pré-médiévale et médiévale La Période islamique Les Styles indo-islamiques en architecture Arts décoratifs et arts mineurs indo-islamiques Pièces, pierres précieuses et cachets Calligraphie et reliefs décoratifs Claires-voies Marqueterie et mosaïque Carreaux Les Styles indo-islamiques en peinture La Peinture gujarati La Peinture moghole La Peinture Rajput La Période moderne : la peinture Chronologie Glossaire Bibliographie Liste des illustrations
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L’Inde et son art
art ne peut pas être confiné, pour le moins tant que les sciences humaines sur lesquelles notre culture est basée devLrait plus être un obstacle pour l’apprécier, mais plutôt une ont une signification. De nos jours, l’éloignement ne incitation supplémentaire, alors que nos explorations se limitent pour la plupart à notre créneau horaire. Il est regrettable que dans l’imagi-naire de beaucoup de gens, l’Orient évoque un certain romantisme qui les attire, bien que vague. Celui-ci accentue le fait que cela ne relève que de l’exceptionnel, et a pour conséquence que seule la curiosité se substitue à l’admiration.
La peinture et la sculpture modernes offrent un progrès certain et un enseignement logique. Ainsi, beaucoup d’artistes d’écoles plus récentes pourraient être qualifiés d’ « académiciens ». Ce processus est comparable à celui des méthodes scientifiques modernes : l’art moderne est, en effet, le résultat de recherches esthétiques et métho-diques. Des tableaux de Manet, en passant par Cézanne, jusqu’aux artistes actuels, l’histoire ne peut se raconter que dans le cadre d’une aventure intellectuelle et d’une découverte esthétique.
La vision personnelle des créateurs de l’art moderne a eu pour effet d’élargir nos intérêts esthétiques et de réévaluer les choses ignorées ou sous-estimées pendant longtemps : la peinture et la sculpture chinoise, la sculpture gothique, la sculpture grecque archaïque, la sculpture africaine, la finesse des tapisseries ou la puissance des dessins primitifs, sans oublier, et non le moindre, l’art indien sous toutes ses facettes. En considérant toutes ces richesses autrefois si souvent refusées et méprisées, les dogmes des générations passées avec leur suffisance, leur intolérance et leur ignorance, semblent se complaire dans leurs contraintes et l’appauvrissement de leur vie.
Ce mouvement est si essentiel et si justifié que j’ai choisi d’aborder l’art indien sous un angle artistique plutôt qu’archéologique. C’est pourquoi je me suis appuyé sur les témoignages des artistes vivants dont la vision
Maha-Janaka jataka : trois domestiques de la reine réagissent à l’information inattendue disant que le roi prévoit de renoncer à ses biens matériels et de les e laisser à sa maîtresse, fin duVIsiècle après J.-C., fin de la période Gupta. Détail d’une fresque. o Grottes d’Ajanta (grotte n I), près d’Aurangabad, Maharashtra.
créative et l’appréciation amicale furent la pierre angulaire d’une critique plus précise que la logique de l’archéologie et d’autres sciences, avec lesquelles chaque discussion mène toujours au-delà de la thématique de l’art. Il n’est ni nécessaire ni souhaitable d’introduire l’analyse d’une œuvre d’art avec une profusion de mots, ou de faire une dissertation, qui détourne d’une vraie compréhension de l’art visuel vers la littérature, l’histoire ou la métaphysique, et ne peut pas être considérée comme une critique solide. Quelles que soient les raisons, il est toujours regrettable de renoncer à une critique artistique.
Paul Gauguin (1848-1903) écrivit en 1897 : « [...] Ayez toujours devant vous les Persans, Cambodgiens et un peu les Égyptiens. » On se demande ce qu’il aurait bien pu dire s’il avait connu les fresques d’Ajanta avec leurs traits superbes incroyablement maîtrisés, et leur rendu plastique délicat. L’exposition de sculptures indiennes datant du Moyen Âge tardif au musée du Trocadéro, à Paris, peut être considérée comme un premier pas que fit l’Occident envers l’art indien.
Le 28 février 1910, on pouvait lire dans leTimesau-dessus des signatures de treize excellents artistes et critiques, la déclaration suivante :
« Nous, les artistes, critiques et étudiants d’art, signataires ci-dessous, [...] pensons que ce qu’il y a de mieux dans l’art indien est l’expression noble et juste de l’émotion religieuse d’un peuple ainsi que son plus sincère ressenti du divin. Nous reconnaissons dans la représentation sacrée de Bouddha l’une des inspirations artistiques les plus grandes du monde. Nous comprenons que l’exis-tence d’une tradition artistique puissante, fleurissante et indépendante, représente pour le peuple indien une valeur inestimable et que tous ceux qui estiment la culture dans cette région et l’admirent, devraient la sauvegarder avec respect et amour. Opposés aux stéréo-types de certaines formes d’art traditionnelles, nous
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pensons que le chemin vers le vrai progrès passe par le développement naturel de l’art national du passé histo-rique. Nous sommes convaincus que nous exprimons l’opinion d’une majorité d’Européens qualifiés et nous voudrions assurer nos collègues indiens, qu’ils soient professionnels ou étudiants, de notre admiration et de notre soutien envers leur école nationale des arts qui continue de faire preuve de vitalité et de liberté à interpréter la vie et la philosophie indienne, tant qu’elle reste fidèle à elle-même. Nous ne méprisons rien de ce qui provient de sources étrangères et nous croyons que le caractère unique sera jalousement préservé, qui est la conséquence naturelle de l’histoire et des conditions de vie de ce pays, ancré dans leurs conceptions antiques et profondément religieuses, symbolisant la fierté de l’Inde et du monde oriental dans son ensemble. »
Cette déclaration fut composée lors d’un exposé de Sir George Birdwood (1832-1917), chroniqueur des arts industriels indiens, tenu devant la Royal Society of Arts. En réalité, un tel discours avait déjà été publié trente ans plus tôt, mais l’époque n’était pas encore prête pour un tel appel. D’aucune manière on peut faire à Birdwood le reproche d’avoir manqué de soutien à la culture et à la vie indienne. Une analyse stylistique de l’artisanat de l’Inde moderne force à reconnaître la prépondérance de l’influence islamique et, en particulier, de la culture persane de l’empire de Moghol.
La poterie est, excepté dans sa forme ménagère quotidienne, d’un style purement islamique. Les tissus, avant tout le brocart, sont principalement décorés de dessins persans même si l’imagination et la pureté des couleurs sont d’influence indienne. Certaines autres sortes de tissus, comme le phulkaris brodé (une technique de broderie utilisée dans le Punjab indien et en Afghanistan) du nord-ouest et les tissus en batik noué et tissé (technique des ligatures et technique des réserves ou tulis) sont en revanche purement indiens. La tradition indienne a pu être entièrement maintenue uniquement
Bodhisattva Avalokitesvara (bodhisattva de la compassion), e fin duVIsiècle après J.-C., fin de la période Gupta. Détail d’une fresque. o Grottes d’Ajanta (grotte n I), près d’Aurangabad, Maharashtra.
en ce qui concerne la fabrication de bijoux, la broderie perlée typique des villages ainsi que l’émail de Jaipur (Rajasthan). Le penchant de Birdwood pour tout cet artisanat aux couleurs vives d’une grande finesse et pour cette vie complexe et incertaine, s’exprime magnifi-quement sous sa plume dans de nombreux passages. Les arts de l’Inde antique et médiévale restèrent cependant en dehors de son étude et sa critique n’est pas très pertinente et reste très subjective.
Dans son exposé devant la Royal Society of Arts, il affirma, en parlant d’un certain bouddha assis javanais, que son « [...] portrait absurde, figé dans sa pose immémoriale, n’[était] rien de plus qu’une image en bronze peu inspirée, louchant vaguement vers son nez, ses genoux, ses pouces et ses orteils. Un pudding serait une représentation tout aussi valable du symbole de la pureté passionnée et du calme de l’âme. »
Cette observation se dirige cependant davantage contre le verbiage des critiques, pour qui le contenu idéal d’un objet compte beaucoup plus que sa forme, qu’une critique contre l’art indien. Dans un guide officiel du département de l’Inde du Victoria & Albert Museum à Londres, on pouvait lire une critique encore plus acerbe :
« Les formes monstrueuses des divinités purâniques ne conviennent pas pour incarner une des formes les plus élevées de l’art : [...] c’est peut-être la raison pour laquelle la peinture et la sculpture ne sont pas reconnues en Inde en tant que beaux-arts. [...] On peut voir à quel point la sculpture de figures échoua en tant que forme d’art véritable, à travers les tentatives de la représenter comme échelle de valeur naturelle, et c’est uniquement parce que la sculpture animalière ou humaine en pierre et ivoire est d’une très grande précision qu’elle suscite autant d’admiration. »
Il est important de souligner que l’objet dont il est question est la gravure indienne moderne sur ivoire. Le professeur Richard Westmacott, décrit l’art indien dans sonManuel de la sculpture, en un
Vessantara jataka : scène de pavillon au palace du prince Vessantara et de sa e e femme la princesse Madri,V-VIsiècle après J.-C., fin de la période Gupta. Détail d’une fresque. o Grottes d’Ajanta (grotte n XVII), près d’Aurangabad, Maharashtra. (p. 10-11)
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