L Art nouveau
257 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
257 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L'Art nouveau désigne un style décoratif et architectural qui se développe dans les années 1880-1890 en Occident. Né en réaction contre les dérives de l'industrialisation et le vide créatif qu'elle entraîne, l'Art nouveau est à l'origine d'une véritable renaissance des arts décoratifs. L'objectif premier est la création d'une nouvelle esthétique de la nature, par un retour à l'étude du motif naturel. Pour ce faire, des artistes tels que Gustav Klimt, Koloman Moser, Antoni Gaudí, Jan Toorop et William Morris privilégient la recherche technique et la nouveauté des formes. Cette mode n'a eu de cesse, depuis son triomphe lors de l'Exposition universelle de Paris en 1900, d'inspirer les créateurs. Son successeur, l'Art déco, se développera après la première guerre mondiale.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2011
Nombre de lectures 2
EAN13 9781781609347
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Auteur : Jean Lahor (adaptation)

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4 ème étage
District 3, Hô Chi Minh-Ville
Vietnam

© Parkstone Press International, New York, USA
© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Mathilde Augé
© Germaine Boy
© Carlo Bugatti estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/ADAGP, Paris
© Chalon
© Édouard Colonna
© Charles-Henri Delanglade
© Fernand Dubois
© R. Evaldre
© Georges de Feure estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/BEELBRECHT, Amsterdam
© Georges Fouquet estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/ADAGP, Paris
© René Foy
© Hector Guimard
© Gustav Gurschner
© Josef Hoffmann
© Victor Horta/Droits SOFAM - Belgique
© Prince Bojidar Karageorgevitch
© Keller et Guérin
© René Lalique estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/ADAGP, Paris
© Arthur Heygate Mackmurdo
© Bernhard Pankok
© Charles Plumet
© J. Prémont
© Tony Selmersheim
© Henry Van de Velde estate, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/SABAM, Bruxelles
© Verrerie impériale de Saint-Pétersbourg, copyright reserved
© Henri Vever
© Ely Vial
© Zsolnay Porcelánmanufaktúra Zrt., copyright reserved

Jacques Evrard et Christine Bastin pour les photpgraphies p. 41, 67, 71, 75, 133.

Tous droits d ’ adaptation et de reproduction réservés pour tous pays.
Sauf mentions contraires, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d ’ établir les droits d ’ auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d ’ édition.

ISBN : 978 - 1 - 78160 - 934 - 7
« On peut différer d ’ opinion sur les mérites et sur l ’ avenir du mouvement nouveau de l ’ art décoratif ; on ne peut nier que victorieusement, aujourd ’ hui, il n ’ ait gagné toute l ’ Europe, et, hors de l ’ Europe, tous les pays de langue anglaise ; il ne reste plus qu ’ à le diriger : c ’ est l ’ affaire des hommes de goût. »

— Jean Lahor, Paris 1901
SOMMAIRE


Chronologie
I. Les Origines de l’Art nouveau
L’Angleterre : le berceau de l’Art nouveau
La Belgique : l’éclosion de l’Art nouveau
La France : la passion de l’Art nouveau
II. L’Art nouveau à l’Exposition universelle de 1900
Le Pavillon anglais
Le Pavillon américain
Le Pavillon belge
Le Pavillon allemand
Le Pavillon autrichien
Le Pavillon hongrois
Le Pavillon des Pays-Bas
Le Pavillon danois
Les Pavillons suédois et norvégien
Le Pavillon russe
Le Pavillon finlandais
Le Pavillon roumain
Le Pavillon suisse
Conclusion
Index

Chronologie


1893 : Victor Horta construit l ’ Hôtel Tassel à Bruxelles, considéré comme le premier édifice Art nouveau.
Louis Comfort Tiffany met au point un nouveau procédé pour la fabrication des vases et des bols, la technique « favrile » , une méthode artisanale de soufflage du verre qui permet de nombreux effets.


1894 : Edmond Picard emploie le terme « Art nouveau » pour la premier fois dans la revue belge L ’ Art moderne.


1895 : Siegfried Bing ouvre sa boutique « L ’ Art Nouveau » au 22 rue de Chauchat à Paris.
Impression de l ’ affiche d ’ Alphone Mucha pour la pièce Gismonda où se produit Sarah Bernhardt au théâtre de la Renaissance à Paris.


1897 : Fondation de la « Sezessionstil » à Vienne par Joseph Hoffmann. Le mouvement, qui inclut également Egon Schiele, Oskar Kokoschka et Koloman Moser, sera présidé par Gustav Klimt.


1897-1898 : Josef Maria Olbrich conçoit l ’ immeuble de la Secession viennoise à Vienne.
1900 : Exposition universelle de Paris qui voit triompher l ’ Art nouveau.
René Lalique reçoit le Grand Prix de Joaillerie à l ’ Exposition universelle et devient, dès lors, le plus célèbre des joailliers Art nouveau.
Érection des premières stations de métro parisiennes dessinées par Hector Guimard.


1901 : Fondation de l ’ Alliance des Industries d ’ Art, autrement connue sous le nom d ’ École de Nancy, par des artistes dont Louis Majorelle, les frères Daum et Émile Gallé qui en sera le premier président.


1904 : Antoni Gaudí crée la Casa Batlló à Barcelone.


1914-1918 : La crise engendrée par la Première Guerre mondiale est ressentie dans le domaine de l ’ art.


Vers 1920 : L ’ Art nouveau cède la place à un nouveau style : l ’ Art Déco.

I. Les Origines de l ’ Art nouveau

L ’ Art nouveau naquit d ’ un grand mouvement d ’ art décoratif qui, à partir de 1892, se manifesta dans l ’ Europe occidentale. Cet art décoratif lui-même n ’ émergea pas de façon aussi spontanée qu ’ il est généralement donné de croire. De 1815 – époque de la disparition du style Empire – à 1889, il serait possible de constater bien des variations dans la décoration du mobilier et du bibelot. Par exemple, on pouvait voir à l ’ Exposition universelle de 1900 des reconstitutions d ’ ameublement Restauration, Louis-Philippe, Napoléon III, qui se différenciaient par certains caractères. Mais la tradition, ou plutôt l ’ imitation, avait trop de part dans la production de ces diverses époques pour qu ’ un style prît naissance et reçût un nom caractéristique.

Cygnes, dessin pour papier mural
Walter Crane, 1875
Gouache et aquarelle, 53,1 x 53 cm
Victoria & Albert Museum, Londres

Cependant, durant ce laps de temps, certains artistes avaient cherché à exprimer leur idéal décoratif autrement que leurs devanciers.
Mais que signifiait en 1900, dès lors, ce mouvement nouveau de l ’ art « décoratif » ? En France comme ailleurs, une certaine lassitude se dénotait déjà devant la répétition perpétuelle de formes et de formules qui ne variaient pas, devant la reproduction des mêmes clichés et poncifs, devant l ’ imitation pemanente, pour les meubles, du style Louis XVI, Louis XV, Louis XIV, Louis XIII, le meuble Renaissance ou gothique.

Sarah Bernhardt
Georges Clairin, 1876
Huile sur toile, 200 x 250 cm
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Paris

Ainsi émergeait peu à peu l ’ exigence de voir poindre un art emblématique de l ’ époque. Auparavant, jusqu ’ à 1789, chaque style correspondait à une époque ; on voulait que cette époque eût le sien. En dehors de France, un autre sentiment joua un rôle important : le désir, avec le nationalisme grandissant, de s ’ affranchir de la mode, du goût, de l ’ art étranger s ’ imposa également : chaque pays tendait à affirmer son indépendance jusque dans la littérature et dans l ’ art.

Roses et mouettes
Jacques Gruber
Vitrail, 404 x 300 cm
Musée de l ’ École de Nancy, Nancy

En un mot, on aspirait partout à un art nouveau, qui ne fût plus la copie servile de l ’ étranger ou du passé. On demandait aussi à recréer un art décoratif, simplement parce qu ’ il n ’ existait plus depuis le commencement du siècle. Or, il avait effectivement existé, il s ’ était épanoui, charmant ou glorieux, dans chacun des âges précédents. Autrefois, il n ’ était pas le moindre attribut, vestimentaire ou domestique, qui n ’ eût fait l ’ objet d ’ un soigneux travail d ’ ornementation : vêtement, arme, ainsi que le moindre objet domestique, chenets, soufflet, plaque de cheminée, tasse, tout était paré selon un critère d ’ élégance ou de beauté propre.

Lampe au paon
Tiffany & Co.
Verre et bronze
Collection privée

Cependant, décoration, parure, élégance, beauté, parurent superflus au XIX e siècle, siècle pragmatique, dont les exigences se contentaient de l ’ utile. Ce siècle, où grandeur et misère se confondent pour reprendre le mot de Pascal, s ’ acheminant vers une longue période de déclin tant moral que politique, commença par une indifférence complète à la beauté ou à l ’ élégance décoratives, et conserva, toute une longue partie de sa durée, une paralysie singulière du sens et du goût artistiques. Il ne fait aucun doute que le retour de ce sens et de ce goût d ’ abord reniés fut également à l ’ origine de l ’ Art nouveau.

Lampe florale
Émile Gallé
Verre camée, gravé et émaillé, et bronze
Collection privée, Japon

En France, ce qui passa d ’ abord pour de l ’ impertinence fut l ’ attente d ’ une certaine créativité de la part des ornemanistes, décorateurs, fabricants de meubles, voire même des architectes, de tous ces artistes, un peu d ’ imagination, parfois un peu de fantaisie et de rêve, afin de répondre aux besoins des générations nouvelles.
Il fallut attendre l ’ Exposition universelle de 1889 pour constater un progrès certain, pour voir apparaître la promesse d ’ un nouvel art. L ’ Angleterre, dans le mobilier, affirmait sa logique ; les orfèvres américains, Graham et Augustus Tiffany paraient de décors neufs les pièces produites par leurs ateliers, tandis que les verreries de Louis C. Tiffany révolutionnaient l ’ art du vitrail.

Lampe de table
Tiffany & Co.
Collection privée

En France, une élite d ’ artistes et d ’ industriels exposait des œuvres qui témoignaient également des progrès accomplis. Émile Gallé avait envoyé des meubles dont il avait fixé les lignes et créé les décors, et des vases, en verre coloré, dont il tirait par le feu des effets saisissants. Clément Massier, Albert Dammouse, et Auguste Delaherche réunissaient des grès flammés, neufs de forme et de coloration ; Henri Vever, Boucheron et Lucien Falize, des orfèvreries et des bijoux qui témoignaient de recherches nouvelles. L ’ évolution était même suffisamment remarquable pour que Falize proposât de faire pousser dans le métal des herbes potagères pour la décoration d ’ un service d ’ orfèvrerie typique.
Lampe de table au paon
Anonyme
Bronze patiné, verre et verre émaillé
Macklowe Gallery, New York

Les exemples fournis par l ’ Exposition universelle de 1889 portèrent rapidement leurs fruits. Tout allait concourir à une rénovation décorative. Les artistes, libérés du préjugé du grand Art, cherchèrent des formes nouvelles. Aussi, en 1891, la Societé Nationale

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents