Paul Signac
254 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Paul Signac , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
254 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Inspiré dès son jeune âge par le travail de Monet, Paul Signac (1863-1935) était l’ami et le disciple de Georges Seurat qui a mélangé la précision scientifique du pointillisme aux couleurs vivantes et à l’émotion de l’impressionnisme. Ce livre examine la complexité de la technique reconnue de Signac, et présente les détails de certaines de ses peintures les plus célèbres.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 juillet 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9781783101740
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auteur : Paul Signac

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4 e étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
Image-Bar www.image-bar.com

Tous droits d’adaptation et de reproduction, réservés pour tous pays.
Sauf mentions contraires, le copyright des œuvres reproduites appartient aux photographes, aux artistes qui en sont les auteurs ou à leurs ayants droit. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78310-174-0
« N’est-il pas un artiste, celui qui s’efforce de créer l’unité dans la variété par les rythmes des teintes et des tons, et qui met sa science au service de ses sensations ? »

— Paul Signac
Sommaire


BIOGRAPHIE
DOCUMENTS
La Division
APPORT DE DELACROIX
L’Évolution coloriste
APPORT DES IMPRESSIONNISTES
APPORT DES NÉO-IMPRESSIONNISTES
LA TOUCHE DIVISÉE
L’ÉDUCATION DE L’ŒIL
LISTE DES ILLUSTRATIONS
Georges Seurat , Paul Signac, 1890.
Crayon Conté, 36,5 x 31,6 cm .
Collection particulière.
BIOGRAPHIE


11 novembre 1863 : Naissance de Paul Signac à Paris dans une famille de commerçants bourgeois.

1880 : Alors que sa famille souhaite pour lui une carrière d’architecte, Signac quitte le lycée avant même le baccalauréat pour se consacrer à la vie d’artiste. Il s’installe à Montmartre et s’intéresse à l’œuvre des impressionnistes et de Claude Monet. Il rencontre Berthe Roblès, cousine éloignée de Pissaro, qu’il épousera dix ans plus tard.

1882-1883 : Ses premières œuvres représentent des vues de Montmartre, d’Asnières-sur-Seine (maison familiale), des études de femmes, notamment de Berthe Roblès. Sa peinture est influencée par Monet.

1884 : Il expose sa première toile au Salon des indépendants qui se trouve dans la cours des Tuileries et participe à la fondation de la Société des artistes indépendants. Il se lie d’amitié avec Georges Seurat qui aura sur lui une grande influence et rencontre également Pissarro.
Décembre 1886 : À l’occasion d’une exposition impressionniste organisée par la Société des artistes indépendants, Seurat, Signac et Pissarro exposent. Leur technique se différencie, ils peignent par petites touches et juxtaposent des couleurs pures. C’est la technique du divisionnisme. Le terme de « néo-impressionnisme » est utilisé pour la première fois par le critique Félix Fénéon.

1887 : Signac éprouve une réelle attirance pour la mer et peint de nombreux paysages. Il s’installe dans le Midi de la France et rencontre Van Gogh.

1889 : Il passe l’été sur la côte Méditerranéenne et rend visite à Van Gogh qui est interné.

1891 : À la mort de Seurat, Signac quitte Paris pour la Bretagne puis part s’installer à Saint-Tropez avec sa femme et sa mère. Il peint ses premières aquarelles lumineuses et s’essaie à la grande peinture décorative.

1893 : À la suite de la parution de la première édition du Journal de Delacroix, Signac décide de tenir lui aussi un journal dans lequel il mentionne l’évolution de son travail, ses doutes ainsi que des réflexions sur la vie artistique de l’époque. Il renonce à pratiquer la peinture de plein air.

1896 : Il rédige D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, un ouvrage dans lequel il explique la technique dont s’est inspiré le néo-impressionnisme et qui paraîtra en 1899.

1902 : Il expose cent aquarelles à la galerie Bing.

1908 : Il devient le président de la Société des artistes indépendants et le restera jusqu’à sa mort. Certains peintres font un pèlerinage chez Signac à Saint-Tropez, notamment Matisse et Maurice Denis. Il fait un voyage à Venise.

1911 : Il expose ses aquarelles Les Ponts de Paris à la galerie Bernheim-Jeune. L’aquarelle prend le dessus sur la peinture à l’huile.

1915 : Il s’installe à Antibes et est nommé « Peintre officiel de la Marine » .

1929 : Il commence une série d’aquarelles des ports de France, ce qui l’amènera à visiter de nombreuses régions côtières.

15 août 1935 : Signac meurt à soixante-douze ans, suite à une longue maladie.
DOCUMENTS

La Division
Croire que les néo-impressionnistes sont des peintres qui couvrent leurs toiles de petits points multicolores est une erreur assez répandue. Nous démontrerons plus tard, mais affirmons-le dès maintenant, que ce médiocre procédé du point n’a rien de commun avec l’esthétique des peintres que nous défendons ici, ni avec la technique de la division qu’ils emploient.
Étude Asnières (Charles Tosquet vu de dos)
1883
Huile sur toile, 92, 5 x 65 cm
Collection particulière

Le néo-impressionniste ne pointille pas, mais divise. Or, diviser c’est s’assurer tous les bénéfices de la luminosité, de la coloration et de l’harmonie par : le mélange optique de pigments uniquement purs (toutes les teintes du prisme et tous leurs tons), la séparation des divers éléments (couleur locale, couleur d’éclairage, leurs réactions, etc.), l’équilibre de ces éléments et leur proportion (selon les lois du contraste, de la dégradation et de l’irradiation) et le choix d’une touche proportionnée à la dimension du tableau.

Le Bas rouge
1883
Huile sur toile, 61 x 46 cm
Collection particulière

La méthode formulée en ces quatre points régira donc la couleur pour les néo-impressionnistes, dont la plupart appliqueront en outre les lois plus mystérieuses qui disciplinent les lignes et les directions, et en assurent l’harmonie et la belle ordonnance.
Ainsi renseigné sur la ligne et sur la couleur, le peintre déterminera à coup sûr la composition linéaire et chromatique de son tableau, dont les dominantes de direction, de ton et de teinte seront appropriées au sujet qu’il veut traiter.

La Route de Gennevilliers
1883
Huile sur toile, 73 x 91 cm
Musée d’Orsay, Paris

Avant d’aller plus loin, invoquons l’autorité du génie haut et clair d’Eugène Delacroix : les règles de couleur, de ligne et de composition que nous venons d’énoncer et qui résument la division, ont été promulguées par le grand peintre.
Nous allons reprendre une à une toutes les parties de l’esthétique et de la technique des néo-impressionnistes, puis en les comparant aux lignes écrites sur les mêmes questions par Eugène Delacroix dans ses lettres, ses articles et dans les trois volumes de son journal ( Journal d’Eugène Delacroix ), nous montrerons que ces peintres ne font que suivre renseignement du maître et continuer ses recherches.

Square Saint-Pierre
1883-1884
Huile sur toile, 65,5 x 54,5 cm
Öffentliche Kunstsammlung, Kunstmuseum Basel, Bâle

Le but de la technique des néo-impressionnistes est d’obtenir, nous l’avons dit, un maximum de couleur et de lumière. Or, ce but n’est-il pas clairement indiqué par ce beau cri d’Eugène Delacroix : « L’ennemi de toute peinture est le gris ! » . Pour arriver à cet éclat lumineux et coloré, les néo-impressionnistes n’utilisent que des couleurs pures se rapprochant, autant que la matière peut se rapprocher de la lumière, des couleurs du prisme.

Rue Caulaincourt
1884
Huile sur toile, 35 x 27 cm
Don de M. et Mme David Weill
Musée Carnavalet, Paris

Et n’est-ce pas là encore obéir au conseil de celui qui écrit : « Bannir toutes couleurs terreuses. »
De ces couleurs pures, ils respecteront toujours la pureté, se gardant bien de les souiller en les mélangeant sur la palette (sauf évidemment avec du blanc et entre voisines, pour toutes les teintes du prisme et tous leurs tons) ; ils les juxtaposeront en touches nettes et de petite dimension, et, par le jeu du mélange optique, obtiendront la résultante cherchée, avec cet avantage que tandis que tout mélange pigmentaire tend,

Port-en-Bessin. La Halle aux poissons
1884
Huile sur toile, 60 x 92 cm
Tai Cheung Holdings Ltd

non seulement à s’obscurcir, mais aussi à se décolorer, tout mélange optique tend vers la clarté et l’éclat.
Le traitement que Delacroix imposait au vert et au violet, les néo-impressionnistes n’ont fait que le généraliser logiquement et l’appliquer aux autres couleurs. Prévenus par les recherches du maître, renseignés par les travaux de Chevreul, ils ont instauré ce mode unique et certain d’obtenir à la fois lumière et couleur. Remplacer tout mélange pigmentaire de teintes ennemies par leur mélange optique.

Port-en-Bessin. La Valleuse
1884
Huile sur toile, 45,5 x 64,5 cm
Museum Kröller-Müller, Otterlo

Toute teinte plate leur paraissant veule et éteinte, ils s’efforcent de faire chatoyer la moindre partie de leurs toiles par le mélange optique de touches de couleurs juxtaposées et dégradées. Or, Delacroix a énoncé nettement le principe et les avantages de cette méthode : « Il est bon que les touches ne soient pas matériellement fondues. Elles se fondent naturellement à une distance voulue par la loi sympathique qui les a associées. La couleur obtient ainsi plus d’énergie et de fraîcheur. »

La Seine. Quai d’Austerlitz (La Seine du pont d’Austerlitz)
1884
Huile sur toile, 60 x 91 cm
Collection Kakinuma, Tokyo

La décomposition des teintes en touches dégradées, cette partie si importante de la division, a été pressentie par le grand peintre que sa passion de couleur devait fatalement amener à constater les bénéfices du mélange optique.
Mais, pour assurer le mélange optique, les néo-impressionnistes ont été forcés d’user des touches de petite dimension, afin que les divers éléments puissent, au recul nécessaire, reconstituer la teinte voulue et non être perçus isolément.

Saint-Briac. Le Moulin
1885
Huile sur toile, 60 x 92 cm
Collection particulière

Delacroix avait songé à employer ces touches réduites et se doutait des ressources que cette facture pouvait lui procurer, puisqu’il écrit cette note : « Hier, en travaillant l’enfant qui est près de la femme de gauche dans l’ Orphée , je me souvins de ces petites touches multipliées faites avec le pinceau et comme dans une miniature, dans la Vierge de Raphaël que j’ai vue rue Grange-Batelière. »
Pour le néo-impressionniste, les divers éléments qui doivent reconstituer la teinte par leur mélange optique seront distincts les uns des autres : la lumière et la couleur locale seront nettement séparées et le peintre fera dominer tantôt l’une, tantôt l’autre, à son gré.

Saint-Briac. La Croix des marins. Marée haute
1885
Huile sur toile, 33 x 46 cm
Dixon Gallery and Gardens, Memphis

Ce principe de la séparation des éléments ne se retrouve-t-il point dans ces lignes de Delacroix : « Il faut concilier la couleur « couleur » et la lumière « lumière » .
Le contraste de ton et de teinte que, seuls des peintres contemporains, les néo-impressionnistes observent, n’est-il pas défini et imposé par le maître : « La satisfaction que donnent, dans le spectacle des choses, la beauté, la proportion, le contraste, l’harmonie de la couleur. »

Saint-Briac. Le Béchet
1885
Huile sur toile, 46 x 65 cm
Collection particulière

Cette note d’un des carnets du voyage au Maroc montre quelle importance Delacroix attachait aux lois du contraste et des couleurs complémentaires qu’il savait être des sources inépuisables d’harmonie et de puissance. D’après la technique néo-impressionniste, la lumière, jaune, orangée ou rouge, selon l’heure et l’effet vient s’ajouter à la teinte locale, la réchauffer ou la dorer dans ses parties les plus éclairées. L’ombre, fidèle complémentaire de son régulateur la lumière, est violette, bleue ou vert bleuâtre et ces éléments viennent modifier et refroidir les parties sombres de la couleur locale.

Saint-Briac. Bonne Brise de nord-ouest
1885
Huile sur toile, 46 x 65 cm
Collection Ray et Dagmar Dolby, San Francisco

Ces ombres froides et ces lumières chaudes, dont les luttes et les jeux, entre elles et avec la couleur locale, constituent le contour et le modelé, se répandent, immiscées ou contrastées sur toute la surface du tableau, l’illuminant ici, l’éteignant là, en place et proportion déterminées par le clair-obscur.
Or, ces lumières jaunes ou orangées, ces ombres bleues ou violettes, qui ont excité tant d’hilarité, les voici prescrites, et catégoriquement, par Delacroix : « À Saint-Denis du Saint-Sacrement j’ai dû peindre les lumières avec du jaune de chrome pur et les demi-teintes avec du bleu de Prusse. »

Nature morte. Livre, oranges
1885
Huile sur toile, 32 x 46 cm
Alte Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin, Berlin

On a souvent reproché aux néo-impressionnistes d’exagérer les colorations, de peindre criard et bariolé. Le peintre vraiment coloriste, c’est-à-dire celui qui, comme les néo-impressionnistes, soumet la couleur aux règles de l’harmonie, n’aura jamais à craindre de paraître criard en étant trop coloré. Il laissera de plus timorés souhaiter « non la couleur, mais la nuance encore » et ne redoutera pas de rechercher l’éclat et la puissance par tous les moyens possibles. Car Delacroix l’avertit que : « La peinture paraîtra toujours plus grise qu’elle n’est, par sa position oblique sous le jour... »

La Berge. Asnières
1885
Huile sur toile, 73 x 100 cm
Collection particulière

et lui montre le triste effet d’un tableau terne et décoloré : « Il paraîtra ce qu’il est effectivement : terreux, morne et sans vie. Tu es terre et tu redeviens terre. »
Ce moyen d’expression, le mélange optique de petites touches colorées, posées méthodiquement les unes à côté des autres, ne permet guère l’adresse ni la virtuosité ; la main aura bien peu d’importance ; seuls le cerveau et l’œil du peintre auront un rôle à jouer. En ne se laissant pas tenter par les charmes du coup de pinceau, en choisissant une facture non brillante, mais consciencieuse et précise, les néo-impressionnistes ont tenu compte de cette objurgation d’Eugène Delacroix.

L’Embranchement de Bois-Colombes
1885
Huile sur toile, 46 x 65 cm
Van Gogh Museum, Amsterdam

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents