Van Dyck
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Description

À partir de la création de son premier atelier à l’âge de seize ans, sir Anthony van Dyck (1599-1641) devint célèbre dans le monde de l’art. Rubens, son professeur lorsqu’il était enfant, disait de lui qu’il était son élève le plus talentueux. Il confirma cette remarque par une carrière d’artiste de cour en Angleterre et en Espagne. De nos jours, il est reconnu comme peintre de portraits, capturant l’élégance et la beauté opulente de la vie des cours européennes au XVIIe siècle. Dans cette présentation fascinante de la longue carrière de Van Dyck, Natalia Gritsai met en relief le meilleur des chefs-d’œuvre de l’artiste.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 juillet 2013
Nombre de lectures 0
EAN13 9781783101689
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auteur :
Natalia Gritsai

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
4 e étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
Image-Bar www.image-bar.com

Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.

ISBN : 978-1-78310-168-9
« Nombreux sont les peintres qui créèrent des portraits aussi authentiques, aussi beaux et de coloris aussi parfait que ceux de Van Dyck. Cependant n’ayant pas le même sens de la lumière et du clair-obscur, ils ne purent atteindre l’élégance et l’originalité qui caractérisent ses œuvres. »

— Roger de Piles
SOMMAIRE


Biographie
Introduction
Première Période anversoise Vers 1616-1621
Période italienne 1621-1627
Seconde Période anversoise 1628-1632
Période anglaise 1632-1641
Liste des illustrations
Autoportrait, 1620-1621 et 1627.
Huile sur toile, 81,5 x 69,5 cm .
Alte Pinakothek, Munich.
Biographie


22 mars 1599 : N aissance d’Anthony van Dyck, septième enfant d’un riche commerçant en tissus, Frans van Dyck, et de Maria Cuypers.

17 avril 1607 : Mort de la mère d’Anthony van Dyck.

Octobre 1609 : I nscrit sur les listes de la Guilde de Saint-Luc comme apprenti d’Hendrik van Balen.

11 février 1618 : Obtient le titre de maître de la Guilde de Saint-Luc.

29 mars 1620 : Dans le contrat conclu entre Rubens et les jésuites d’Anvers pour l’exécution de trente-neuf peintures de plafonds de la nouvelle église de l’Ordre construite dans la ville, parmi les aides de Rubens, ne figure que le nom d’Anthony van Dyck.

20 octobre 1620 : Thomas Locke écrit de Londres à William Trumbull, qui se trouvait à Bruxelles, au sujet de l’arrivée de Van Dyck dans cette ville.

25 novembre 1620 : Dans une lettre à Dudley Carleton, Toby Matthew l’informe que le roi Jacques I er alloue à Van Dyck un traitement annuel de cent livres.

28 février 1621 : Reçoit un passeport pour l’étranger et l’autorisation signée par le comte d’Arundel d’un congé de huit mois. Retourne à Anvers.
Octobre-novembre 1621 : Arrive à Gênes et s’installe dans la maison de Cornelis et Lucas de Wael.
Février-août 1622 : Peint des portraits à Rome.

Octobre 1622-janvier 1623 : Accompagne la comtesse d’Arundel à Turin, Milan et Mantoue.

1 er décembre 1622 : Mort de son père à Anvers.

Juillet 1625 : Effectue un voyage à Marseille et Aix-en-Provence où il rencontre le correspondant de Rubens, Peiresc (le portrait de ce dernier figure dans L’Iconographie de Van Dyck).

Automne 1627 : Retour à Anvers où sa sœur Cornélia meurt le 18 septembre.

1628 : Il devient membre de la Confrérie jésuite des célibataires « Sodaliteit van de bejarde Jongman » .

Mai 1630 : Van Dyck est mentionné sous le titre de « Peintre de Sa Majesté » ( Schilder van Heure Hoocheyd , c’est-à-dire de l’infante Isabelle). Néanmoins, il continue à vivre à Anvers et ne s’installe pas à Bruxelles, où se trouve la résidence de l’Infante.

4 septembre-16 octobre : La reine de France, Marie de Médicis, visite l’atelier de Van Dyck au cours de son voyage à Anvers.
Hiver 1631-1632 : Travaille à La Haye, à la cour de Frédéric-Henri et Amalia van Solms, prince et princesse d’Orange.

1632 : Arrive à Londres. Il est élevé à la dignité de chevalier et désigné comme Sir Antony van Dyck, peintre principal au service de Leurs Majestés ( principal Painter in ordinary to their Majesties ) ; vit à Blackfriars ; pendant l’été, un logement lui est affecté au palais royal d’Eltham dans le Kent.

Hiver 1634 : De Londres se rend en Flandre.

18 octobre 1634 : Van Dyck est élu doyen honoraire de la Guilde de Saint-Luc à Anvers.

Printemps 1635 : Rentre à Londres.

1639 : Mariage avec Mary Ruthven, dame de compagnie de la reine Henriette-Marie.

Octobre-novembre 1640 : À Paris, il tente sans succès d’obtenir la commande de la décoration de la Grande Galerie du Louvre. Revient à Londres.

Octobre 1641 : Séjourne à Anvers.

1 er décembre 1641 : Naissance de sa fille Justiniana.

9 décembre 1641 : Van Dyck meurt à Blackfriars.

11 décembre 1641 : Inhumé dans le chœur de la cathédrale Saint-Paul à Londres (le tombeau de Van Dyck a été détruit lors du grand incendie de Londres, en 1666).
Introduction

Aujourd’hui encore, le nom du peintre flamand Anthony van Dyck, symbolise le raffinement et l’élégance. Cependant, sa plus grande contribution à l’art réside sans doute dans la nouvelle manière d’aborder le modèle et d’y discerner les traits individuels, qui ne peuvent être découverts que grâce à un contact personnel. C’est à son talent de portraitiste hors du commun que Van Dyck doit l’immense succès qu’il remporta auprès de ses contemporains : durant toute sa vie, il se consacra essentiellement au portrait à l’huile et, vers la fin, au portrait gravé.
L’Adoration des Bergers
après 1615
Huile sur toile, 115,3 x 163,7 cm
The Courtauld Gallery, Londres

C’est également comme portraitiste qu’il fut mondialement reconnu et qu’il entra dans l’histoire de l’art européen du xvii e siècle.
Cependant, Van Dyck est aussi connu pour des tableaux peints dans d’autres genres : compositions historiques, allégories et paysages. Il contribua également à résoudre de nombreux problèmes artistiques. Et si dans ses compositions religieuses ou mythologiques transparaît souvent son regard scrutateur de portraitiste, ses portraits par contre, révèlent des traits typiques de la peinture historique.
Saint Martin partage son manteau
vers 1618
Huile sur bois, 171,6 x 158 cm
St Martin, Zaventem

Les portraits réalisés par Van Dyck sont extrêmement variés. Ses possibilités dans le genre semblent illimitées et s’étendent du rapide croquis saisi sur le vif ou dessiné de mémoire, à l’étude appliquée d’un portrait intime au portrait-tableau monumental ou même parfois, au facétieux « portrait historié » représentant le modèle soit en héros de la mythologie antique, soit en personnage d’une pièce contemporaine. Les portraits créés par l’artiste perpétuent l’image des contemporains du peintre et reflètent l’idéal de l’homme de ce temps.
L’Apôtre Pierre se repentant
vers 1617-1618
Huile sur toile, 63,2 x 51,7 cm
Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

Van Dyck vécut à l’époque d’une nouvelle étape de l’histoire de l’art du petit état des Pays-Bas du Sud qui, d’après le nom de sa plus grande province, est souvent appelé Flandre. L’école nationale de peinture se trouvait alors en plein épanouissement. La révolution néerlandaise, qui secoua le pays à la fin du xvi e siècle, eut pour résultat la sécession des provinces du Nord (la Hollande) devenues la République indépendante des Provinces-Unies, alors que les provinces du Sud restèrent sous la domination de l’Espagne. L’art néerlandais se divisa alors en deux écoles nationales indépendantes, l’une hollandaise, l’autre flamande.
Étude de tête de vieillard
vers 1618
Huile sur bois de chêne, 49,5 x 58 cm
Gemäldegalerie, Kunsthistorisches Museum Wien, Vienne

Les principales réalisations de l’art flamand du xvii e siècle sont liées au nom de Rubens, ainsi qu’à ceux de ses plus proches disciples, parmi lesquels Van Dyck, sans aucun doute, occupe la première place. Pierre Paul Rubens (1577-1640) est le maître incontesté de l’école flamande. C’est lui qui orienta la peinture flamande vers de nouvelles voies, créant un art humaniste étroitement lié à son temps, dynamique et passionné. Van Dyck adapta à sa manière les innovations de Rubens pour atteindre des sommets inégalés dans l’art du portrait.
Tête et mains de garçon, étude
vers 1618
Huile sur papier, 45,1 x 29,5 cm
Collection privée

Première Période anversoise Vers 1616-1621

Van Dyck vécut une existence brève. Semblant pressentir sa fin précoce, il se hâta de réaliser ce pour quoi il se sentait prédestiné. Issu d’une famille bourgeoise aisée, il était le fils d’un marchand prospère de tissus. Outre Anthony (qui était le septième enfant dans la famille), Frans van Dyck et Maria Cuypers eurent encore onze enfants. Après la naissance du douzième, sa mère mourut alors qu’il avait à peine huit ans.
Portrait d’une jeune femme avec un enfant
vers 1618
Huile sur panneau, 131 x 102 cm
Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
(probablement Baltazarina van Linck
et son fils Adrien van den Heetvelde)

Comme le signalent les biographes de l’artiste, c’était une femme très habile en broderie, qui réalisa plusieurs scènes historiques avec une « adresse si étonnante que les maîtres de cette profession les considéraient comme des chefs-d’œuvre » . Il est possible que ce soit elle qui donna les premières leçons de dessin à son fils. Dans la maison paternelle, Anthony reçut une éducation sérieuse et apprit la musique. Très tôt, il se fit remarquer par des dons exceptionnels qui permirent même de parler d’enfant prodige. Cependant, fidèle aux vieilles traditions de la bourgeoisie flamande, Frans van Dyck aspirait à donner à son fils une profession sûre, c’est-à-dire, lui apprendre un métier.
Moïse et le serpent d’airain
1618-1620
Huile sur toile, 205 x 235 cm
Museo Nacional del Prado, Madrid

Or, à Anvers, le métier de peintre était depuis longtemps considéré comme l’un des plus prestigieux. Ayant manifesté un penchant marqué pour la peinture, il entra comme apprenti chez Hendrik van Balen à l’âge de dix ans. Celui-ci possédait l’un des plus grands ateliers d’Anvers. Ce peintre devint célèbre grâce à ses tableaux dits de « cabinet » , œuvres de petit format peintes sur des sujets historiques, allégoriques ou mythologiques et comportant de petites figures, un peu maniéristes certes, mais non dépourvues de grâce.
L’Arrestation du Christ
vers 1618-1620
Huile sur toile, 222 x 274 cm
Bristol City Museum and Art Gallery, Bristol

Van Balen comptait en outre dans son œuvre des tableaux de grand format qu’il exécutait pour des églises (par exemple L’Annonciation pour l’église Saint-Paul à Anvers). Ces œuvres, avec leurs personnages idéalisés rappelant des sculptures, n’étaient en fait qu’un pâle reflet de l’art romain renaissant, dont Van Balen était un grand admirateur. Mais il se passionnait également pour les œuvres de maîtres vénitiens, en particulier pour celles de Véronèse, et il est possible que l’intérêt du jeune Van Dyck pour l’art vénitien soit né au cours des années d’apprentissage dans l’atelier de Van Balen, dont la maison de la Nouvelle-Grande-Rue (Large Nieuwestraat) était remplie d’objets d’art, de gravures, de médailles et de livres.
Le Couronnement d’épines
vers 1618-1620
Huile sur toile, 224 x 197 cm
Museo Nacional del Prado, Madrid

Et quoique l’art de Van Balen n’ait pas eu d’influence notable sur l’œuvre de Van Dyck, le jeune artiste est redevable à son maître d’une excellente formation technique.
Au début du xvii e siècle, le système d’apprentissage dans les ateliers ainsi que le travail proprement dit étaient les mêmes que ceux des ateliers artisanaux du Moyen Âge.
La Lamentation
vers 1618-1620
Huile sur toile, 99 x 74,5 cm
Gemäldegalerie, Kunsthistorisches Museum Wien, Vienne

Le jeune apprenti (les garçons entraient dans les ateliers entre dix et quatorze ans) avait la possibilité d’observer en permanence tous les stades du travail de l’artiste, du début jusqu’à la fin, et apprenait son futur métier sur place en participant lui-même à toutes les étapes du travail : du nettoyage de la palette à la réalisation d’une partie de la commande confiée au maître.
Malgré tous ces inconvénients, ce système, qui perdura en Flandre pendant la majeure partie du xvii e siècle, était une étape indispensable à la formation du futur artiste, qui lui permettait de se familiariser avec les pratiques de l’illustre art néerlandais, sans quoi les réalisations ultérieures de l’école flamande n’auraient vraisemblablement pas été possibles.
Le Mariage mystique de sainte Catherine
1618-1620
Huile sur toile, 123 x 174 cm
Museo Nacional del Prado, Madrid

À la fin de l’apprentissage (qui durait de six à treize ans), le jeune peintre présentait au jugement de la Guilde de Saint-Luc (guilde qui réunissait les artistes, surtout les peintres) une œuvre ou une série d’œuvres personnelles et, en cas d’approbation de son travail, recevait le titre de Maître de la Guilde, ce qui lui donnait le droit de fonder son propre atelier. Néanmoins, dans la plupart des cas, la formation du jeune peintre ne s’arrêtait pas là. La seconde étape, traditionnelle au début, puis obligatoire à partir de la fin du xvii e siècle, consistait en un voyage en Italie.
Samson et Dalila
vers 1618-1620
Huile sur toile, 151,4 x 230,5 cm
Dulwich Picture Gallery, Londres

Van Dyck franchit toutes les étapes. L’apprentissage lui fut facile et dès 1615, il obtint le droit de fonder son propre atelier, sans pour autant être encore membre de plein droit de la Guilde de Saint-Luc (cas sans précédent dans l’histoire de la peinture flamande ! ). Au moment de l’obtention du titre de maître, en février 1618, Van Dyck était déjà un artiste accompli au caractère indépendant. Vers 1617, il commença à collaborer avec Rubens en s’installant même dans sa maison. Très rapidement, il devint l’aide le plus proche du grand maître.
Étude de femme regardant vers le haut
1618-1620
Huile sur papier sur bois de chêne, 49,2 x 45,8 cm
Gemäldegalerie, Kunsthistorisches Museum Wien, Vienne

Et bien que dans sa lettre à Carleton datée du 28 avril 1618, Rubens définit le jeune peintre comme « le meilleur de ses disciples » , mais il ne fut jamais « disciple » de Rubens au sens propre du mot. Néanmoins, sa formation s’acheva justement par un contact étroit avec le célèbre peintre flamand et dans l’ambiance de son atelier. D’une part, il affinait son art, de l’autre, il y rencontrait des gens intéressants et cultivés. L’atelier de Rubens, au moment où Van Dyck y apparut, était non seulement le centre de la nouvelle peinture flamande, mais également celui de la vie artistique et intellectuelle de la Flandre.
Tête de voleur
vers 1619
Huile sur bois de chêne, 56,3 x 46,5 cm
Gemäldegalerie, Kunsthistorisches Museum Wien, Vienne
(Étude utilisée par Rubens pour sa peinture
Coup de Lance, conservée au Koninklijk Museum
voor Schone Kunsten, Anvers )

En travaillant avec Rubens, Van Dyck, qui resta dans la maison du peintre jusqu’à son départ pour l’Italie en 1621, fit la connaissance de nombreuses personnalités éminentes, dont les portraits constituèrent par la suite le recueil L’Iconographie , célèbre série de portraits de peintres, sculpteurs, poètes, musiciens, savants, mécènes, militaires et hommes politiques, gravés à partir de dessins de l’artiste.
L’influence de la personnalité de Rubens sur le devenir créateur du jeune peintre fut, sans conteste, énorme.
Saint Jérôme dans le désert
vers 1619
Huile sur toile, 115 x 82 cm
Sammlung Heinz Kister, collection privée, Suisse

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