Le Labyrinthe de Pan
237 pages
Français

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Description

Espagne, 1944. La répression franquiste bat son plein. Carmen s’est récemment remariée avec l’autoritaire et tyrannique Vidal, capitaine de l’armée de Franco. Elle le rejoint dans sa maison avec Ofelia, sa fille, qui a du mal à accepter son nouveau beau-père et se fait difficilement à sa nouvelle vie. En explorant les environs, la petite découvre un mystérieux labyrinthe gardé par Pan, une étrange créature qui lui révèle qu'elle est peut-être la princesse disparue d'un royaume magique. Pour découvrir la vérité, Ofelia devra accomplir trois dangereuses épreuves…

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 60
EAN13 9791022001618
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LE LABYRINTHE DE PAN

Scénario : Guillermo del Toro Réalisation : Guillermo del Toro

© Presses Électroniques de France, 2014
Notes sur le texte
Les scènes ont été numérotées en suivant leur enchaînement dans le scénario. Les changements dans la numérotation sont la trace du déplacement d’une scène au montage.
Ce texte comprend le scénario original intégral augmenté de séquences figurant dans le film et absentes du scénario.
1 - NOIR
Une voix féminine fredonne une berceuse très douce.
CARTON
ESPAGNE, 1944
[ESPAÑA 1944]
Et ensuite :
CARTON
CINQUIÈME ANNÉE DE PAIX
[QUINTO AÑO DE PAZ]
Une respiration d’enfant : difficile, douloureuse.
CARTON
(Les lettres grossissent en avançant)
La guerre civile est terminée. Cachés dans les montagnes, des groupes armés combattent le régime fasciste qui a déclaré leur perte.
[La guerra civil ha terminado. Escondidos en las montañas, grupos armados siguen combatiendo al nuevo régimen fascista, que lucha para sofocarlos.]
OUVERTURE EN FONDU
2 - EXT. LABYRINTHE - NUIT
Au premier plan, le visage d’OFELIA : 10 ans, yeux immenses et humides, cheveux noir de jais.
Elle gît sur un sol couvert de mousse. De son nez coule un épais filet de sang.
Mais le sang reflue, il remonte en sens inverse vers le nez.
Une goutte après l’autre, le sang disparaît et sa peau absorbe la tache, jusqu’à devenir immaculée.
VOIX DU NARRATEUR
On raconte qu’il y a très, très longtemps, dans le Monde des Abîmes, où n’existent ni le mensonge ni la douleur...
[Cuentan que hace mucho, mucho tiempo, en el Reino Subterráneo, donde no existe la mentira o el dolor…]
Près d’elle, abandonné sur le sol, il y a un livre de contes de fées. L’air en soulève les pages. De plus en plus vite.
Nous nous rendons compte que les pages du livre se tournent également en sens inverse jusqu’à ce que la couverture se referme.
Les pupilles d’Ofelia se dilatent.
La caméra pénètre dans l’une d’elles.
3 - NOIR DE NOUVEAU
Image d’un miroir noir qui flotte dans le néant absolu. Sa surface reflète des textures et des formes indéfinies.
Sa surface explose en un étang de liquide noir.
La caméra est avalée, elle erre dans la pénombre quelques instants. Au loin : le bruit d’un vent lointain et souterrain.
VOIX DU NARRATEUR
(Il continue)
… vivait une princesse qui rêvait du monde des humains.
[… vivió una princesa que soñaba con el mundo de los humanos.]
On devine la silhouette d’un château - ici, un donjon ? Là, une statue ? Un créneau ? Des fenêtres éclairées ?
Des feuilles mortes traversent le cadre.
VOIX DU NARRATEUR
Elle rêvait du ciel bleu, de la brise délicate et du soleil étincelant…
[Soñaba con el cielo azul, la brisa suave y el brillo del sol…]
Enfin, se précisent les parois humides d’un puits artésien.
VOIX DU NARRATEUR
Un jour, trompant toute surveillance, la princesse s’enfuit.
[Un día, burlando toda vigilancia, la princesa escapó.]
Une silhouette féminine passe devant la caméra, faisant office de fondu.
VOIX DU NARRATEUR
Une fois à l’extérieur, la lumière du soleil l’aveugla…
[Una vez afuera la luz del sol la cegó…]
Un escalier circulaire mène directement dehors.
Vers la lumière du jour, qui provoque un fondu au blanc.
4 - EXT. VILLE BOMBARDÉE - LE JOUR SE LÈVE
VOIX DU NARRATEUR
Et effaça de sa mémoire toute trace du passé.
[Y borró de su memoria cualquier indicio de su pasado.]
La caméra passe en revue des images de destruction : bâtiments bombardés. Cathédrales romanes en ruines.
VOIX DU NARRATEUR
La princesse oublia qui elle était, d’où elle venait… Son corps connut le froid, la maladie et la douleur.
(Pause)
Les années passèrent… elle mourut.
[La princesa olvidó quien era y, de dónde vino… Su cuerpo sufría de frío, enfermedad y dolor. Y en el devenir de los años… murió.]
Des affiches phalangistes collées sur des murs démolis proclament la victoire de Franco.
Parmi les ruines, il y a des marques floues d’une guerre lointaine : des chaussures, des lunettes brisées…
Très vite, nous devinons au milieu des textures moussues un tapis de vêtements humides et d’os jaunâtres ; des os et des vêtements, des vêtements et des os…
VOIX DU NARRATEUR
Cependant, son père, le Roi, savait que l’âme de la princesse reviendrait…
[Mientras, su padre, el Rey, sabía que el alma de la princesa regresaría...]
Entre les bâtiments en ruines apparaissent deux grosses voitures noires : des Bentley et un camion militaire.
Leurs carrosseries étincelantes passent devant la caméra ; elles arborent tous les insignes et les drapeaux fascistes.
VOIX DU NARRATEUR
… peut-être dans un autre corps, en un autre temps, et dans un autre lieu.
[… quizá en otro cuerpo, en otro lugar, o en otra época.]
Ils se dirigent vers la montagne.
5 - INT. VOITURE - JOUR
VOIX DU NARRATEUR
Et il l’attendrait jusqu’à son dernier souffle. Jusqu’à ce que le monde cesse de tourner.
[Y él la esperaría, hasta su último suspiro, hasta que el mundo parase de girar.]
À l’intérieur de la voiture, Ofelia lit un livre de contes de fées illustré.
La caméra nous montre l’une des aquarelles qui en ornent les pages : une fillette danse avec des gnomes et des fées.
À côté d’elle, une petite pile de livres semblables liés ensemble. Ofelia est habillée simplement de vêtements propres, mais usés.
CARMEN
Je ne comprends pas pourquoi tu as emporté tous ces livres, Ofelia. Nous allons à la campagne, au grand air.
[No entiendo por qué tenías que traer tantos libros, Ofelia. Vamos al campo, al aire libre.]
Ofelia tourne son regard vers l’intérieur de la voiture, où est installée sa mère, Carmen, âgée de 28 ans, les cheveux noirs, le teint pâle, vêtue de blanc, avec un châle et un éventail. Son ventre énorme trahit sa grossesse avancée.
CARMEN
(Elle lit la couverture du livre)
« Contes de fées ». Tu es trop grande pour te remplir la tête de toutes ces bêtises.
[“Cuentos de hadas” Eres un poco mayor para llenarte la cabeza con tanta zarandajas.]
Carmen sourit faiblement. Il est évident qu’elle ne se sent pas bien. Son teint pâle est trempé de sueur.
Elle porte la main à son ventre.
CARMEN
Mon Dieu.
[Dios mío.]

Dis-leur d’arrêter la voiture s’il te plaît.
[Diles que paren el coche por favor.]
Ofelia cogne fébrilement contre la vitre de séparation du conducteur.
6 - EXT. CHEMIN AU MILIEU DE LA FORÊT - JOUR
La file de voitures est arrêtée. Carmen est malade.
Elle sort de la voiture, suivie de sa fille.
Ofelia s’approche timidement.
CARMEN
Ofelia, Ofelia, laisse-moi un moment.
[Ofelia, Ofelia, dame un momento.]

Ton frère ne va pas bien.
[Tu hermano no está bien.]
Carmen lui fait signe de la laisser seule.
Le SERGENT SERRANO, un militaire en uniforme, s’approche de Carmen.
SERRANO
Ça va, Madame ?
[¿Señora, se porta bien ?]
Ofelia erre dans la forêt proche.
VOIX DE SERRANO
Je peux vous aider, Madame ?
[¿Señora, necesita alguna cosa ?]
VOIX DE MERCEDES
Ce n’est rien, donnez-moi juste un peu d’eau.
[No es nada. Solo deme un poco de agua.]
VOIX DE SERRANO
De l’eau ! De l’eau pour l’épouse du capitaine !
[Agua. Agua para la esposa del capitán.]
CRAC ! ! Ofelia marche accidentellement sur quelque chose : un fragment de pierre sculptée. Elle regarde autour d’elle et, près du chemin, découvre un antique monolithe avec des lettres celtes gravées dans la pierre. Il est surmonté d’une figure grotesque de Faune avec la bouche ouverte. La fillette remet en place le morceau qu’elle a ramassé.
Soudain, on entend du mouvement à l’intérieur du monolithe.
Ofelia regarde dedans avec curiosité.
Brusquement, un énorme phasme surgit de la sculpture, il grimpe sur la pierre et s’envole jusqu’à un arbre proche, d’où il observe l’enfant avec intérêt.
Ofelia examine une image dans son livre de contes : une fée ailée. Puis elle observe l’insecte et sourit.
L’insecte ouvre et ferme les ailes à plusieurs reprises.
CARMEN
Ofelia, remonte dans la voiture.
[Ofelia, sube al coche.]
CARMEN
(Elle se tient en contrebas, avec Serrano à ses côtés)
Ofelia, Ofelia, Viens.
[¿Ofelia ? Ofelia, ven.]
L’insecte s’enfuit dans les airs.
Ofelia s’approche de sa mère.
OFELIA
J’ai vu une fée.
He visto un hada.
CARMEN
Regarde un peu tes chaussures. Allons-y.
[¡Mira tus zapatos ! Vamos.]
Elle prend sa fille par l’épaule et la ramène vers la voiture, suivie de Serrano.
CARMEN
Quand on arrivera au moulin, je veux que tu dises bonjours au capitaine et que tu l’appelles « Père ». Il a été tellement bon pour nous. Ce n’est qu’un mot Ofelia, juste un mot.
[Cuando lleguemos al molino, quiero que saludes el capitán. Quiero que lo llames “padre”. No tienes idea de lo bueno que ha sido para nosotras, hija. Es una palabra, Ofelia. No es más que una palabra.]
CARMEN
Allez, remonte dans la voiture, je suis fatiguée.
[Sube al coche, estoy cansada.]
Le sergent Serrano, un homme corpulent en uniforme militaire, s’approche d’elles avec sollicitude.
Elles montent dans la voiture.
7 - INT. VOITURE - JOUR
CARMEN
On est bientôt arrivés ?
[¿Falta mucho para llegar ?]
SERRANO
Très bientôt. Le moulin est tout près, Madame. Le capitaine Vidal doit déjà nous attendre.
[Nada. El molino está muy cerca, Señora. El capitán Vidal ya esterá esperándonos.]
Le Sergent referme la portière.
CARMEN
Quand tu verras le capitaine, je veux que tu le salues et...
[Cuando veas al capitán, quiero que le saludes y...]
Ofelia s’assied à côté de sa mère.
CARMEN
... je veux que tu l’appelles « Père », tu entends ? « Père… »
[... quiero que le llames “Padre”, ¿me has oído ? “Padre…”]
Ofelia regarde au-delà de la vitre.
CARMEN
Cet homme a été très bon pour nous, ma fille. Tu n’imagines pas à quel point.
(Pause)
C’est un mot, Ofelia. Ce n’est qu’un mot.
[Ese hombre ha sido muy bueno con nosotras, hija. No sabes cuanto. Es una palabra, Ofelia. No es más que una palabra.]
La file s’ébranle à nouveau.
8 - INT. CHEMIN À TRAVERS LA FORÊT - JOUR
L’insecte les observe depuis le tronc d’un arbre. En particulier Ofelia à la fenêtre.
Quand les voitures sont parties, l'insecte remue les mandibules et prend son envol.
La caméra le suit à mesure qu’il s’élève dans le ciel.
9 - EXT. MOULIN - JOUR
PREMIER PLAN : Le boîtier d’une montre de gousset. Le verre est cassé en deux morceaux, mais la montre est d’une extrême finesse.
Émail, argent et or. Au bout de la chaîne pend une balle.
La montre est dans les mains du capitaine Vidal : cheveux gominés, manteau noir, lunettes de soleil, gants de cuir et uniforme impeccable.
Derrière lui attendent tous les domestiques du moulin. En silence.
Debout, à côté de Vidal, il y a GARCÉS (un officier au visage dur, à la petite moustache fasciste), il pousse un fauteuil roulant d’avant en arrière, le faisant légèrement grincer. Vidal l’interrompt d’un geste.
VIDAL
Arrête ça, putain.
[Pare ya, joder.]
GARCÉS
Excusez-moi, Capitaine.
[Perdóneme Capitán.]
La caméra décrit le moulin en détail : il est composé de deux bâtiments en pierre sombre et usée reliés par un petit pont. Une immense roue en bois surplombe le lit sec d’une rivière.
Les poutres et colonnes de bois (y compris celles des plafonds) ont été sculptées avec des motifs Celtes.
Tous les murs ont été renforcés à l’aide de sacs de sable et de madriers, comme en prévision d’une attaque.
Devant le principal corps de bâtiment, un groupe de trois grandes tentes a été dressé. Quelque quarante soldats et officiers circulent de l’une à l’autre. Il y a des chevaux, des cantines mobiles et, garés tout près, 3 camions militaires destinés au transport de troupes.
Quelqu’un crie :
VOIX
Capitaine, les voilà !
[¡Capitán, han llegado !]
Les Bentley approchent. Tous les adultes en descendent.
VIDAL
Quinze minutes de retard...
[Quince minutos tarde...]
Des domestiques s’empressent d’aider Carmen à s’asseoir dans le fauteuil roulant. C’est Mercedes qui les supervise : une femme jeune, robuste, de la campagne, manifestement responsable de la domesticité.
Vidal sourit et s’approche de Carmen, qui descend de voiture.
VIDAL
... Carmen.
Vidal ôte l’un de ses gants de cuir et pose sa main nue sur le ventre de Carmen.
Ofelia regarde avec contrariété Vidal caresser le ventre de sa mère.
VIDAL
Soyez les bienvenus.
[Bienvenidos.]
Carmen regarde avec déplaisir le fauteuil roulant.
CARMEN
Non, non, je n’en ai pas besoin du tout. Je t’en prie : je peux me débrouiller seule.
[No, no, no me hace ninguna falta. Por favor : puedo hacerlo sola.]
VIDAL
Je préfère que tu ne fasses pas d’efforts. Allez, fais-le pour moi.
[Prefiero que no hagas esfuerzos. Anda, hazlo por mi.]
CARMEN
Ça ne me sera pas nécessaire, je peux marcher.
[No se me falta. Puedo andar perfectamente.]
VIDAL
Le docteur Ferreiro préfère que tu évites de faire des efforts.
[El Doctor Ferreiro prefiere que no hagas esfuerzos.]
CARMEN
Non.
[No.]
Vidal
Allons.
(Il se penche vers Carmen et lui parle à l’oreille)
Fais-le pour moi.
[Anda. Hazlo por mí.]
Les domestiques aident Carmen à s’asseoir dans le fauteuil roulant. Résignée, elle cède et est conduite à l’intérieur.
Vidal aperçoit alors Ofelia. Ses lèvres esquissent un sourire tremblant.
Le docteur aide Carmen à s’asseoir dans le fauteuil.
CARMEN
Merci.
[Gracias.]
Vidal remet son gant en cuir. Carmen porte son mouchoir à sa bouche puis appelle Ofelia qui est restée au fond de la voiture, ses livres serrés contre elle.
CARMEN
Ofelia, viens. Dis bonjour au capitaine.
[Ofelia, sal. Saluda al capitán.]
Vidal se retourne vers Ofelia qui descend de la voiture. Le docteur emmène Carmen vers la maison.
VIDAL
Ofelia,
[Ofelia,]
Ofelia lui tend la main gauche.
Vidal saisit brutalement la main d’Ofelia et la serre.
VIDAL
C’est l’autre main, Ofelia.
[Es la otra mano, Ofelia.]


(À Mercedes)
Que le docteur Ferreiro voie ma femme immédiatement.
[Que el doctor Ferreiro vea a mi mujer inmediatamente.]

Mercedes, faites monter leurs bagages.
[¡Mercedes ! Traiga sus malas.]
MERCEDES
Oui, Monsieur.
[Sí, señor.]
Il s’éloigne, suivi de près par Serrano et Garcés.
Brusquement, Ofelia découvre l’énorme phasme vert. Il s’est posé sur un tas de sacs de sable.
L’insecte déploie ses ailes en éventail. Par deux fois. Ofelia s’en approche pour tenter de l’attraper.
Mais l’insecte reprend son vol et s’échappe. La fillette le poursuit.
Mercedes la regarde s’éloigner.
Ofelia marche dans une grande flaque d’eau. Le ciel, qui se reflète sur sa surface, s’agite.
10 - EXT. JARDINS - PLUS LOIN - JOUR
Ofelia suit l’insecte jusqu’à l’orée d’un petit bois.
Elle suit l’insecte du regard et découvre, à une centaine de mètres de là :
11 - EXT. LABYRINTHE - JOUR
Les ruines d’un labyrinthe.
La caméra s’élève pour nous le montrer : il est de forme circulaire ; très abîmé par le temps. Certains de ses couloirs sont partiellement détruits.
Ofelia regarde le labyrinthe.
Ofelia s’approche du labyrinthe. Elle lève la tête pour regarder l’arche qui lui sert d’entrée. L’arche est ornée d’une tête de pierre, celle d’un Faune aux cornes recourbées. Il a des yeux sombres, taillés dans la pierre, et la gueule grande ouverte. Ofelia passe sous le porche et fait quelques pas dans le labyrinthe. Elle s’arrête au premier croisement. La voix de Mercedes, derrière elle, la fait se retourner.
Mercedes
(S’avançant)
Il vaut mieux que tu ne t’approches pas. Tu risques de te perdre :
[Mejor que ni te acerques. Tú puedes perder :]

c’est un labyrinthe.
[Es un laberinto.]
Ofelia la regarde sans comprendre.
MERCEDES
Rien. Un tas de pierres très vieilles qui ont toujours été là. Depuis encore plus longtemps que le moulin…
[Nada. Un montón de piedras viejas que siempre estuvieron aquí. Incluso antes que el molino.]

Personne ne se rappelle qui l’a construit.
[Nadie recuerda qui én lo construyó.]

Ne t’en approche pas, tu pourrais te perdre.
[Mejor no entrar ahí. Puedes perderte.]
Mercedes rend à Ofelia sa pile de livres, oubliée près de la voiture.
OFELIA
Merci.
[Gracias.]
Mercedes
Tu les as tous lus ?
[¿Los has leido todos ?]
Garcés crie depuis le moulin. Il vient jusqu’à l’entrée du labyrinthe puis repart vers le moulin après avoir parlé :
GARCÉS
Mercedes !
(Mercedes réagit)
Le capitaine vous appelle !
[¡Mercedes ! ¡La llama el capitán !]
Mercedes caresse Ofelia en guise d’adieu.
MERCEDES
Ton père a besoin de moi.
[Tu padre me necessita.]
Mercedes se dirige vers le moulin. Ofelia se hâte pour la rattraper.
OFELIA
(Murmure fébrilement)
Ce n’est pas mon père.
[No es mi padre.]
Mercedes ne comprend pas.
OFELIA
Le capitaine n’est pas mon père. Mon père était tailleur. Il a disparu au début de la guerre.
[El capitan no es mi padre. Mi padre era un sastre. Se perdió al empezar la guerra.]
Mercedes ne peut retenir un sourire devant la soudaine véhémence de l’enfant.
OFELIA
Le capitaine n’est pas mon père.
[El capitán no es mi padre.]
MERCEDES
D’accord, j’ai bien compris. On y va ?
[Me queda claro. ¿Vamos ?]
Elles marchent côte à côte.
Mercedes prend Ofelia par l’épaule.
OFELIA
Tu as vu ma mère ?
(Mercedes acquiesce)
Elle est belle, hein ?
(Mercedes acquiesce)
Elle attend un bébé,
[¿Has visto a mi madre ? ¿A qué es guapa ? Está enferma de niño.]

tu as remarqué ?
[¿Lo has notado ?]
L’insecte les regarde entrer dans le moulin. Il est posé sur une tête de pierre rongée par le temps qui couronne le portail du labyrinthe.

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