Marilyn Monroe à 20 ans
168 pages
Français

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Marilyn Monroe à 20 ans , livre ebook

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Description

À 20 ans, Norma Jeane est une starlette telle qu'il en pullule dans le Hollywood des années 1940, une belle fille brune aux formes affirmées très tôt. Trop tôt sans doute pour elle qui a été violée par un voisin à 13 ans, et qui bientôt ne va vivre que pour et par le regard des autres, des hommes surtout. C'est qu’elle est désespérément en quête d’amour pour en avoir manqué, violentée par sa grand-mère, abandonnée par sa mère enfermée dans un hôpital psychiatrique, recueillie par des familles d'adoption pour 5 dollars la semaine. Si elle se marie à 16 ans, c’est pour échapper à l'orphelinat. Baker, Mortenson, et maintenant Dougherty, le nom de son mari est le troisième que le destin lui donne, et aucun n’est vraiment le sien. De quoi perdre la tête comme sa mère ! De quoi tout faire aussi pour devenir quelqu'un ! Bientôt, c’est elle qui décidera, acceptant celui qui sera célèbre dans le monde entier : Marilyn Monroe.La jeune Norma ne renonce pas, fait contre mauvaise fortune bon cœur. Elle bégaie, s'attife mal mais, entre 18 et 25 ans, elle affiche le sourire et l'optimisme de la jeunesse. Elle incarnera plus tard l'Américaine dans toute sa splendeur, cette femme des temps modernes, émancipée grâce au travail et à un corps qu’elle assume. Pour l’instant, elle n’est qu’une anonyme, une jolie fille parmi d’autres. Ouvrière pendant la guerre, la voici remarquée par un photographe qui la propulse à la une des magazines. Le début du conte de fée ? Non, pas encore. Elle divorce, cachetonne et michetonne. Enfant de Los Angeles, Hollywood est son Amérique à elle. Elle accède aux plateaux par ses relations et son sex-appeal. Elle signe un premier contrat de six mois, elle pense sa carrière lancée. On ne le renouvelle pas, on lui dit qu’elle n’a aucun talent, que son physique ne convient pas. Elle vit dans la pauvreté, déprime puis se ressaisit. Elle dépense tout son argent en cours de chant, de danse et de comédie. Elle, elle croit à son talent ; les autres suivront. Derrière l'image rayonnante se cache une personnalité inachevée, une fragilité qui au fil des films transpercera sous les pellicules épaisses de son maquillage de star.La Marilyn que personne ne connaîtFondé sur des confessions intimes, des fragments d'œuvres peu connues de la femme et de l'actrice, des grandes interviews qui prennent avec le recul une résonance singulière, ce portrait donne à voir les débuts d’une personnalité complexe, souvent caricaturée en sex symbol démoniaque ou en femme-enfant un peu fêlée. Décrivant les moments-clés des années de formation, cette biographie permet de comprendre comment une jeune femme à l’avenir incertain est parvenue à prendre les commandes de sa vie, tant bien que mal. Une aventure à l'américaine, terriblement contemporaine.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 octobre 2012
Nombre de lectures 58
EAN13 9782846264648
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour qu’ils deviennent des classiques, il fallait d’abord qu’ils soient des originaux. Ou commentNorma Jeane est devenue Marilyn.
 
Décembre 1943, Norma Jeane a 17 ans. Née sans père, abandonnée par une mère folle, la voiciquittée par son mari. Elle ne baisse pas les bras, gagne sa vie par tous les moyens. Elle se cultive,apprend à parler, travaille dur. Sa plastique la conduit à Hollywood qui lui donne un nom :Marilyn Monroe. Mais pas une identité. Elle était une inconnue, elle veut devenir quelqu’un, nepas rester une belle plante sans racine.
 
Née en 1956, Jannick Alimi est journaliste au Parisien/Aujourd’hui en France depuis 2000. Elle estl’auteur d’un roman, Le Fantôme de Constantine (édition Safed) et de deux essais, Fallait-il sauver lesbanques ? (Larousse) et Votre argent les intéresse (Robet Laffont).
 
Collection « à 20 ans » : l’aventure de leur jeunesse.
 
Dirigée par Louis-Paul Astraud.
 

Jannick Alimi
 

Marilyn Monroe à 20 ans
 
Les secrets de ses débuts
 
Table des matières
Prologue
Norma Jeane Dougherty
Norma Jeane Baker
Ouvrière
Pin-up
Modèle low cost
Marilyn Monroe
Call-girl
Nue
Étudiante
Addictions
Huston et Mankiewicz
Succès fragile
Kazan et Miller
Lancée
Épilogue
Chronologie
Bibliographie sélective
À PARTIR DE TÉMOIGNAGES DE MARILYN MONROE
BIOGRAPHIES
En anglais
DOCUMENTS
En anglais
TÉMOIGNAGES ET ÉTUDES
En anglais
« Quand je me rappelle ce Hollywood, sans espoir,barbotant dans la débine et le mensonge, que j’ai connuil y a quelques années seulement, je sens une certainenostalgie m’envahir. C’était un endroit plus humain quele paradis dont je rêvais et que j’ai trouvé. Les gensqui le peuplaient, les faisans et les ratés, étaient despersonnages plus colorés que les grands hommes et lesartistes célèbres que je devais connaître bientôt. Mêmeles escrocs qui me tendaient des chausse-trappes etessayaient de m’emmener en balançoire me paraissentmaintenant plutôt plaisants et faciles à vivre. »
 
Marilyn Monroe, dans Confession inachevée ,
évoquant sa jeunesse, avant sa notoriété.
 

Prologue
 
Depuis plusieurs années maintenant, Marilyn croitse souvenir, se souvenir d’une femme, d’une femmeâgée, d’une femme qui aurait été vêtue d’une blouseblanche à manches courtes, d’une femme qui se seraitrapprochée d’elle, qui aurait buté dans le noir sur lepied du berceau où elle dormait. Marilyn raconte, elleraconte que les volets étaient tirés car le soleil tapaitfort en cet après-midi d’été 1926, à Hawthorne, tristebanlieue de Los Angeles. Elle raconte, encore, que lafemme d’une cinquantaine d’années à la tignasse brunefrisée n’était pas dans sa meilleure forme. Comment,elle, Marilyn, devenue adulte, peut-elle se souvenir etdécrire cette scène avec tant de précisions ? Peu importe !Elle se souvient. La vieille femme est essoufflée et soncœur a tendance à battre de plus en plus vite. Sa fille,Gladys, est partie travailler et l’a laissée seule avecson bébé, Norma Jeane, de quelques mois, toujoursen demande. D’un peu de lait, d’un peu d’amour. Quand elle ne dort pas, ce sont des cris, des pleurs,dans le meilleur des cas, des rires… La vieille femme,Della Monroe, n’a jamais eu droit à tant d’attention,bringuebalée au gré des déménagements de ses parents,de l’est des États-Unis à la Californie, puis d’un parentà l’autre lorsque son père et sa mère ont divorcé.Et enfin, d’un mari à l’autre, d’un alcoolique à unsyphilitique, d’un violent à un dégénéré mental… Ellen’a plus que sa fille aujourd’hui – son fils Marion nedonne plus signe de vie – et voilà qu’elle doit partagerson existence et ce petit appartement avec NormaJeane dont on ignore tout du père et dont Gladys n’apas le temps de prendre soin. Alors pourquoi ne pasla remettre entre les mains de voisins bienveillants quine demandent pas mieux que de garder le nourrissonpour quelques dollars par semaine ? Elle n’a pas eude mal à convaincre sa fille toujours à tirer le diablepar la queue. Mais cet après-midi-là, les Bolender,sa famille d’accueil, se sont absentés et Della a dû sedévouer pour garder sa petite-fille. Elle aperçoit lepetit bonnet blanc en dentelle de la fillette qui dort àpoings fermés. Il suffirait de peu pour rayer des fichiersd’identité cet être à peine sorti des limbes. Une oudeux claques bien trempées. Ou mieux, un oreiller,un simple oreiller qu’elle placerait et écraserait sur sapetite face ronde, son petit nez et sa petite bouche,pendant quelques secondes. Juste un étouffement quine laisserait aucune trace. Après tout, elle aussi souffrede problèmes respiratoires. Quoi de plus normal que sapetite-fille s’en aille de cette façon, une courte existencequ’elle se ferait un plaisir d’abréger afin de finir sapropre vie dans la tranquillité. Gladys n’y verrait aucun inconvénient. Alors, elle s’approche… Mais l’enfantse débat, hurle et les voisins accourent. Norma Jeanesuffoque et tente de reprendre son souffle. Ce n’est pasaujourd’hui qu’elle mourra. Il faudra qu’elle attendequelque trente-six ans.
 
Norma Jeane a grandi. Elle a 9 ans mais en paraîtcinq de plus. Elle vit dans une famille d’adoptionlaminée par le krach de 1929 et qui, pour arrondir sesmaigres fins de mois, loue également une chambre àM. Kimmel. Dans l’esprit de Norma Jeane qui n’a pasconnu son père, M. Kimmel pourrait tout à fait luiressembler. C’est un homme apparemment tranquille,qui sourit peu mais à qui elle peut faire confiance. Tousles après-midi, de retour de l’école, elle le trouve dansla cuisine devant une tasse de thé et elle lui racontesa journée. D’ailleurs, sa « tante », comme elle appelletoutes ses mères adoptives, est là aussi, à préparer ledîner et à écouter les échanges chaleureux de ses deuxlocataires. Un jour, la petite passe devant la chambrede M. Kimmel. « Tu veux entrer, Norma Jeane ? »Comment refuser à cet ami, presque un papa ? Lapetite accepte, attirée, en outre, par ce qu’elle pourraittrouver de l’autre côté de la porte, dans l’antre d’unegrande personne qui l’impressionne un peu tout demême. Norma Jeane entend alors le bruit de la clé dansla serrure. « Sois une brave petite », lui susurre-t-il, « necrie pas », lui chuchote-t-il alors qu’elle commence àse défendre. Cette fois-ci, on ne cherche pas à la giflerou à l’étouffer. D’ailleurs, quand est-ce que c’était ça ?Elle ne se souvient pas vraiment. Qui lui en voulaità l’époque ? Et pourquoi surtout ? Quand il la laisse partir, Norma Jeane se précipite chez sa « tante » pourlui dire ce que lui a fait M. Kimmel. C’est normal,non ? M. Kimmel a glissé sa main sous sa robe, et puisencore autre chose. La petite fille aux formes d’adolescente bute sur les mots. Elle se met à bégayer commepour répéter ce qu’on aurait du mal à croire. Elle araison de se méfier, la petite Norma Jeane : sa tante neveut ni la croire, ni même l’entendre. « Ne dis rien », luisouffle-t-elle. « Ne dis rien contre lui, c’est un hommetrès bien. C’est mon meilleur pensionnaire », lui assènela logeuse… Cette fois-ci, c’est Norma Jeane qui n’encroit pas ses oreilles : elle sait qu’elle ne ment pas. Etelle sait que sa tante sait qu’elle ne ment pas. Alorspourquoi cet abandon dans les grandes largeurs ? Çane suffisait pas déjà de l’être par son père, par sa mère,par sa grand-mère dont on dit qu’elle l’avait toujoursdétestée ? Il n’existe, bien sûr, aucune preuve de laréalité de ce viol. Mais Norma Jeane devenue Marilynn’a cessé de l’évoquer auprès de ses proches, des journalistes. Et comme souvent dans le processus d’édificationdes mythes, c’est l’histoire que l’on raconte et quel’on se raconte qui l’emporte sur la vérité. En cas deviol, comment faire ensuite confiance à son prochain,comment avoir foi dans l’avenir, sur qui s’appuyer pourgrandir et devenir une adulte responsable ? À 9 ans,Norma Jeane n’était plus née de la dernière pluie maisgardait la fraîcheur de ces plantes sauvages qui n’ontpas besoin de racines pour pousser.

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