Voix du rap
272 pages
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Voix du rap , livre ebook

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Description

Le rap français est vu dans ce livre à partir des voix qui profèrent des paroles souvent condamnées pour leur violence et leur immoralité. Ancrant son regard dans une sociologie de l'action musicale, Anthony Pecqueux scrute la façon dont se déploie la relation entre rappeur et auditeur, plus largement entre les êtres sociaux. Le rap accomplit ainsi une politique ordinaire, certes non exempte de violence, mais fondée sur la conversation.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2007
Nombre de lectures 251
EAN13 9782336266992
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Anthropologie du Monde Occidental
Collection dirigée par Denis Laborde
Déjà parus
Jean-Louis FABIANI, Beautés du Sud , 2005.
Serge MARTIN, Langage et relation , 2005.
Benoît CARTERON (sous la dir.), L’engouement associatif pour l’histoire locale. Le cas du Maine-et-Loire , 2005.
Denis LABORDE (éd.), Six études sur la société basque, 2004.
Eguzki URTEAGA, Les journalistes locaux, fragilisation d’une procession, 2004.
Jacques CHEYRONNAUD. Musique, politique, religion . De quelques menus objets de culture, 2002.
Marie-Claire LATRY, Le fil du rêve : des couturières entre les vivants et les morts, 2002.
Fotini TSIBIRIDOU, Les Pomack dans la Thrace grecque. Discours ethnique et pratiques socioculturelles, 2000.
Alf LÜDTKE, Des ouvriers au quotidien dans l’Allemagne du XX ème siècle, le quotidien des dictatures, 2000.
Louis QUERE, La sociologie à l’épreuve de l’herméneutique. Essai d’épistémologie des sciences sociales, 1999.
Jean-Michel LARRASQUET, L’Entreprise à l’épreuve du complexe, 1999.
Jean-Michel LARRASQUET, Le Management à l’épreuve du complexe , 1999.
Denis LABORDE, De Jean-Sébastien Bach à Glenn Gould. Magie des sons et spectacle de la passion , 1997.
Hubert JAPPELLE, les Enjeux de l’interprétatian théâtrale, 1997.
Denis LABORDE (éd.), Tout un monde de musiques , 1996.
Annie GOFFRE (éd.), Polyphonies corses. L’orgue et la voix , 1996.
Voix du rap

Anthony Pecqueux
© L’HARMATTAN, 2007
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1 @wanadoo.fr
9782296044630
EAN : 9782296044630
Sommaire
Anthropologie du Monde Occidental Page de titre Page de Copyright Dedicace INTRODUCTION - A l’écoute de la voix du rap CHAPITRE 1 - Le rap français sous le prisme des sciences sociales CHAPITRE 2 - Les règles constitutives du rap. Vers une définition de sa pratique CHAPITRE 3 - Les formats sociaux de l’écoute des chansons de rap CHAPITRE 4 - Pour une éthique de la voix du rap. Vers une mise en présence commune entre rappeur et auditeur CHAPITRE 5 - Vraiment Nous, vraiment contre Eux. Rap, morale, politique (1/2) CHAPITRE 6 - Les pratiques politiques incarnées. Rap, morale, politique (2/2) CONCLUSION - Changer les comportements quotidiens INDEX RERUM DISCOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE Sociologie et musique - à l’Harmattan
Pour Béné Lounis Noah
15 décembre 2006 : Béa ! à toi
Ce livre n’aurait pas été le même sans l’apport précieux de deux complices, Jacques Cheyronnaud et Olivier Roueff, qui l’ont relu et commenté à divers moments de son élaboration.
Il doit également beaucoup au soutien de Jean-Louis Fabiani pendant toute la période de ma thèse de sociologie de l’E.H.E.S.S. (2000/2003), qu’il a dirigée.
L’environnement intellectuel du laboratoire de l’E.H.E.S.S. Marseille, le S.H.A.DY.C. (Sociologie Histoire Anthropologie des DYnamiques Culturelles), s’est révélé particulièrement stimulant pour mener à bien les réflexions présentées ici.
Je tiens à exprimer ma dette envers Cyril Lemieux, ainsi que Denis Laborde pour m’avoir accueilli dans sa collection et pour le remarquable, exigeant travail d’édition qu’il a réalisé.
J’ai enfin essayé, afin d’améliorer l’exercice universitaire dont ce livre est issu, de m’imprégner au mieux des remarques des autres membres du jury, outre J.-L. Fabiani et J. Cheyronnaud : Alban Bensa, Gérard Lenclud et Louis Quéré, que je remercie ici. Je voudrais signaler tout particulièrement deux remarques générales de L. Quéré (même si les réponses n’engagent que moi). La première concerne la part véritable de communication dans le rap : peut-on parler de communication, comme je le faisais, alors que l’auditeur ne répond (presque) jamais, ne dit (presque) jamais « je » à son tour ? J’ai resitué ici l’axe problématique autour de la relation rappeur / auditeur telle qu’elle transparaît dans l’action des rappeurs. La seconde remarque porte sur « la politique incarnée » comme expression générique qui désignerait quelque chose de figé, ou stable et général émanant du rap. J’ai précisé mon vocabulaire, en retenant l’expression «pratiques politiques incarnées » (« politiques » au pluriel et indexées à des pratiques), qui n’existent que par les effets et usages dont elles sont l’objet - par leur appropriation.
INTRODUCTION
A l’écoute de la voix du rap
Redécouvrir la chair, c’est aussi recouvrer la société. L’esprit humain incarné, c’est aussi l’être humain entre les humains, où le rapport à l’autre, à travers le langage, pénètre dans l’intimité la plus profonde de chacun. Charles Taylor, La liberté des modernes, 1997, p. vis

Voici un livre de sociologie sur le rap français : son objet est le rap en tant que pratique, et un rap pris au sérieux - pour ce qu’il est (de la chanson) et pour ce qu’il fait (son enjeu social propre). Le postulat à la racine de ce parti pris peut s’exprimer ainsi : si on veut réfléchir sur le rap et sa place en France, soit on part de l’idée qu’il ne concerne que la banlieue, les quartiers défavorisés, t’immigration, etc., et on cherche à mettre en évidence les conditions sociales de la pratique (ses déterminants sociaux). Soit on fait le constat, à partir de l’indicateur simple que constituent les ventes de disques, qui sont trop importantes pour ne concerner que la banlieue, que c’est une pratique plus ouverte, plus diverse, et on se centre alors sur les conditions d’une pratique sociale au sens large. C’est cette dernière option qui sera explorée ici.
Je m’intéresse au rap en tant qu’expérience publique, en tant qu’expérience qui prend place massivement dans l’espace public de nos sociétés, et d’une manière originale dans la société française. Ainsi compris, le rap existe principalement : dans les studios, lors des concerts, ou au travers des disques 1 Or, pour le plus grand nombre, c’est sous cette dernière modalité, les disques, que le rap prend forme comme expérience à distance - comme forme d’expérience culturelle des plus ordinaires, au même titre que la lecture ou la télévision. Pour le sociologue, une série d’indices objectifs permet de parler de cette expérience, de la problématiser et de l’appréhender. Massivement : les chansons ; dans le détail : la voix des rappeurs, leur articulation et leur exécution des paroles, le système des pronoms à travers lequel ils s’adressent à leurs auditeurs, etc. Dans le cas du rap, ces indices concourent à réduire la distance selon laquelle se réalise cette expérience. Dit rapidement : tous ces indices visent à rapprocher l’auditeur du rappeur, comme s’ils se parlaient en face-à-face, alors que « dans la réalité » l’un rappe à l’autre, par la médiation d’un disque.

La chanson comme espace de partage pour la relation rappeur / auditeur
C’est sous cet angle qu’est appréhendé dans ce livre le rap français, et que je questionne ses aspects éthiques et politiques. Cela consiste, concrètement, à partir de l’acte réalisé et adressé à l’auditeur ; et, implicitement, à prendre au sérieux les interventions des chanteurs, à compter ces derniers parmi « la série de tous les interlocuteurs de la vie courante » des citoyens, en tant qu’« interlocuteurs imaginaires» (Pharo, 1991, p. 67), comme le sont les personnalités du spectacle ou de la politique 2 . Prendre pour nœud problématique l’acte réalisé par un rap et adressé à un auditeur conditionne sous plusieurs aspects le développement de l’analyse.
En premier lieu, cela conduit à considérer l’œuvre comme espace en partage entre interprètes et auditeurs, au sens le plus concret : comme ce qui émane de l’interprète et est disponible pour l’auditeur. Cet espace en partage est l’unité d’analyse, la base des descriptions réalisées, en tant qu’il est le lieu de l’expérience qui met aux prises les trois objets intriqués formant la relation discographique - interprètes, auditeurs, et œuvre. Prendre une telle base descriptive dirige le questionnement vers les relations qui se nouent entre ces trois objets. On comprend mieux pourquoi parler « de voix du rap » et non « des voix des rappeurs » : l’enjeu ne réside pas tant dans les distinctions stylistiques (dresser une liste des différentes voix pratiquées par les rappeurs) que dans la démonstration de la part de la voix dans la relation rappeur / auditeur.
En second lieu, le postulat consiste, on l’a compris, à prendre pour axe problématique privilégié cette relation rappeur / auditeur, et à chercher à la décrire le plus finement possible. Cela signifie, entre autres, souligner tous les détails de la for

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