Photographie & extériorité
158 pages
Français

Photographie & extériorité , livre ebook

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Description

Qu'est-ce que l'extériorité ? En quoi convoque-t-elle notre rapport au monde et notre obligation de penser ? Qu'en est-il des relations qu'entretiennent avec l'extériorité la photographie sans-art et les photographies faites dans un horizon de l'art ? Cette problématique nous oblige à repenser les liens que la photographie peut nouer avec l'invisible et le visible, avec l'étrangeté et l'altérité, avec la distance et la proximité, la transparence et l'obstacle.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2017
Nombre de lectures 10
EAN13 9782140046827
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sous la direction dePhotographie & extériorité
François Soulages & Gilles Picarel
Qu’est-ce que l’extériorité ? En quoi convoque-t-elle notre rapport
au monde et notre obligation de penser ? Pourquoi l’être serait- Photographie & extériorité
il extériorité ? Autant de réfexions auxquelles sont confrontés
les philosophes et tout homme, et en particulier les artistes qui
peuvent mettre au cœur de leurs pratiques cette interrogation.
Et tout spécialement les photographes. Car qu’en est-il des relations
qu’entretiennent avec l’extériorité la photographie sans-art et les
photographies faites dans un horizon de l’art ?
Cela nous apprend-il quelque chose de plus sur l’extériorité ? Ou sur
la photographie ? En tout cas, la problématique de l’extériorité nous
oblige à repenser les liens que la photographie peut nouer avec l’invisible
et le visible, avec l’étrangeté et l’altérité qui est radicalement diférente
de l’extériorité, avec la distance et la proximité, avec la transparence et
l’obstacle, etc.
François Soulages est Professeur des universités, Université Paris 8, Labo
AIAC, et Président-fondateur de RETINA.International.
Gilles Picarel est artiste, doctorant, Université Paris 8, Labo AIAC.
Illustration de couverture : © Gilles Picarel,
Sans titre, 2016.
ISBN : 978-2-343-13047-7
16,50 e
Sous la direction de
Photographie & extériorité
François Soulages & Gilles Picarel
Collection Eidos
Série Photographie











Photographie & extériorité
ème Ce livre est le 112 livre de la

dirigée par
François Soulages & Michel Costantini

Comité scientifique international de lecture
Argentine (Silvia Solas, Univ. de La Plata), Brésil (Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia), Bulgarie (Ivaylo
Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid), Chili (Rodrigo Zuniga, Univ. du Chile, Santiago), Corée du Sud
(Jin-Eun Seo, Daegu Arts University, Séoul), Espagne (Pilar Garcia, Univ. Sevilla), France (Michel Costantini &
François Soulages, Univ. Paris 8), Géorgie (Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce (Panayotis
Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina), Japon (Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo), Hongrie (Anikó Ádam, Univ.
Pázmány Péter, Egyetem), Russie (Tamara Gella, Univ. d’Orel), Slovaquie (Radovan Gura, Univ. Matej Bel,
Banská Bystrica), Taïwan (Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taipei)

Série RETINA
3 François Soulages (dir.), La ville & les arts
11 Michel Gironde (dir.), Les mémoires de la violence
12 Michel Gironde (dir.), Méditerranée & exil. Aujourd’hui
13 Eric Bonnet (dir.), Le Voyage créateur
14 Eric Bonnet (dir.), Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image
17 Manuela de Barros, Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage
18 Bernard Lamizet, L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image
30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.), Portrait anonyme
31 Julien Verhaeghe, Art & flux. Une esthétique du contemporain
35 Pascal Martin & François Soulages (dir.), Les frontières du flou
36 Pascal Martin & François Soulages (dir.), Les frontières du flou au cinéma
37 Gezim Qendro, Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie
38 Nathalie Reymond À propos de quelques peintures et d’une sculpture
39 Guy Lecerf, Le coloris comme expérience poétique
40 Marie-Luce Liberge, Images & violences de l'histoire
41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît
42 Kenji Kitayama, L'art, excès & frontières
43 Françoise Py (dir.), Du maniérismeà l’art post-moderne
44 Bertrand Naivin, Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook
48 Marc Veyrat, La Société i Matériel. De l’information comme matériau artistique, 1
49 Dominique Chateau, Théorie de la fiction. Mondes possibles et logique narrative
51 Patrick Nardin, Effacer, Défaire, Dérégler... entre peinture, vidéo, cinéma
e55 Françoise Py (dir.), Métamorphoses allemandes & avant-gardes au XX siècle
56 François Soulages & Sandrine Le Corre (dir.), Les frontières des écrans
58 F. Soulages & A. Erbetta (dir.), Frontières & migrations. Allers-retours géoartistiques & géopolitiques
60 François Soulages & Aniko Adam (dir.), Les frontières des rêves
61 M. Rinn & N. Narváez Bruneau (dir.), L’Afrique en images.
62 Michel Godefroy, Chirurgie esthétique & frontières de l’identité
63 Thierry Tremblay, Frontières du sujet. Une esthétique du déclin

Suite des livres publiés dans la Collection Eidos à la fin du livre

Publié avec le concours de






Sous la direction de
François Soulages & Gilles Picarel





Photographie & extériorité






















































































































































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-13047-7
EAN : 9782343130477









Introduction

Extériorité, image & art


L’être est extériorité
1Levinas


L’extériorité

Le problème de l’extériorité est un problème capital
en philosophie, et ce, bien avant Levinas. Mais Levinas en a
pris la mesure plus que tout autre : en le thématisant et en le
problématisant, il a intégré en lui des problèmes voisins qui,
ainsi, lui étaient liés ; par exemple, le couple conceptuel
totalité et infini a pris une dimension nouvelle, eu égard
non seulement à ses enjeux, mais aussi à son installation
dans cette recherche sur l’extériorité.
Car qu’est-ce que l’extériorité ? En quoi
convoque-telle notre rapport au monde et notre obligation de penser ?
Pourquoi l’être serait-il extériorité ? Autant de réflexions
auxquelles sont confrontés les philosophes et tout homme,
et en particulier les artistes qui peuvent mettre au cœur de
leurs pratiques cette interrogation.

1 Emmanuel Levinas, Totalité et infini, essai sur l’extériorité, La Haye,
Martinus Nijhoff, 1974, p. 266.
5 Et tout spécialement les photographes. Car qu’en
est-il des relations qu’entretiennent avec l’extériorité la
photographie sans-art et les photographies faites dans un
horizon de l’art ?
Cela nous apprend-il quelque chose de plus sur
l’extériorité ? Ou sur la photographie ? En tout cas, la
problématique de l’extériorité nous oblige à repenser les liens
que la photographie peut nouer avec l’invisible et le visible,
avec l’étrangeté et l’altérité qui est radicalement différente
de l’extériorité, avec la distance et la proximité, avec la
transparence et l’obstacle, etc. En effet peut-on réduire
l’extériorité au visible présent devant et à distance de
l’objectif photographique ?
Les enjeux sont esthétiques et philosophiques, mais
aussi éthiques et politiques, car il en va de l’intersubjectivité
et de l’interhumanité. Bref, il faut étudier les rapports
nécessaires et possibles entre extériorité, image et art : tel est
notre nouveau chantier de recherche pour quelques années.


La recherche

Car ce livre fait partie d’une recherche que nous
menons internationalement et que nous publions.
Le premier livre publié fut celui de Gilles Picarel : Les
2frontières de l’extériorité . Viennent maintenant deux livres :
3Photographie & extériorité et Art & extériorité - le premier
s’appuie sur une Journée d’étude dirigée par nous à
l’Université Paris 8 le 22 novembre 2016, le second sur les
textes préparatoires à un Colloque international dirigé par
Richard Spiteri et nous-mêmes à l’Université de La Valette
à Malte les 19 et 20 octobre 2017 ; et cela continuera : 2018,
Colloque international dirigé par Rodrigo Zúñiga et
nousmêmes à l’Université du Chile, Santiago, Chili, etc…

2 Paris, L’Harmattan, coll. RETINA.CRÉATION, 2015.
3 François Soulages & Gilles Picarel (codir.), Paris, éditions L’Harmattan,
coll. Eidos, série RETINA, 2017.
6 Ce livre est composé des réflexions d’Alain Bernardini,
artiste, Professeur associé, Université Paris 8, Christine
Delory-Momberger, Professeure des universités, Paris 13
Sorbonne Paris Cité, Centre de recherche interuniversitaire
EXPERICE, Leon Farhi Neto, Maître de conférences,
Université de Palmas, Brésil, Bernard Lamizet, Professeur
émérite des universités, Institut d’Études Politiques de
Lyon, Sandrine Le Corre, docteure, Labo AIAC, Gilles
Picarel, artiste, doctorant, Université Paris 8, Labo AIAC,
Bernard Salignon, Professeur des universités, Université de
Montpellier, François Soulages, Professeur des universités,
Université Paris 8, Labo AIAC, Président-fondateur de
RETINA.International, Raphaël Yung Mariano doctorant,
Université Paris 8, et Rodrigo Zúñiga, Professeur des
universités, Université du Chili, Santiago, Chili, Directeur de
RETINA.Chile.
Il a été réalisé grâce au concours de RETI-
NA.International, du Labo AIAC, en particulier de l’équipe
EPHA de l’Université Paris 8, et de Cécile Girousse. Qu’ils
soient, ici, publiquement remerciés.

François Soulages & Gilles Picarel


7









LA PHOTOGRAPHIE











Chapitre 1

L’extériorité imphotographiable


Tout phénomène, quel qu'il soit, a une cause.
(...) Cette cause existe,
seulement nous jugeons qu'elle est autre que nous,
qu'elle est étrangère, externe :
c'est là, encore une fois, l'idée de l'extériorité,
et la base de notre conviction
de l'existence des causes extérieures et du monde.
1Victor Cousin


Le problème de l’extériorité en photographie est
2nodal ; il est corrélatif de celui de l’imphotographiable qui

1 e Victor Cousin, Histoire de la philosophie, XVIII s, t. 1, 1829, p. 254.
2 Cf. F. Soulages, Esthétique de la photographie (1998), Paris, Armand Colin,
2017, ch. 3, « L’objet en général : le réel impossible à photographier » et
Alejandro Erbetta (dir.), La photographicité. Sur l’esthétique de la photographie
de François Soulages, Paris, L’Harmattan, collection Intersémiotique des
arts, 2017, 264 pages, et en particulier les chapitres 5 « Les photos
affectées & le jeu de l'imphotographiable (Buhr, Souza, Ana Lira, Valle) »
d’Isabella Valle, 6 « L’acte photographique & l’imphotographiable (Juan
Travnik) » de Walter Cenci, 7 « Le problème du réalisme dans la
photographie. Barthes vs Soulages », Alejandra Bertucci, et 8 « Représenter n'est
pas ressembler : de la similitude en photographie » de Maifé Troya.
11 est un des cœurs incontournables de toute esthétique de la
photographie.
En effet, quel rapport la photographie entretient-elle
au réel et, plus précisément, à l’objet à photographier ?
N’est-elle pas toujours confrontée à l’extériorité, non
seulement l’extériorité de tout objet à photographier, à savoir à
son aspect visuel extérieur pour un sujet voyant, mais aussi,
mais surtout à l’extériorité même du monde ? Car « l’être
3est extériorité », écrit Levinas . Photographier, c’est d’abord
se confronter au problème confondant de l’extériorité
imposante, imprenable et incompréhensible et ensuite mettre
en œuvre des propositions qui ne donnent pas réponse,
mais travaillent ce problème non seulement
photographique, mais aussi, mais surtout philosophique et (donc)
existentiel, problème capital pour tout homme, pour tout
être au monde, pour tout individu habité théoriquement par
la théorie du solipsisme et pratiquement par le risque de la
psychose
L’objet à photographier a le statut de la chose en soi,
cet absolu insaisissable et inconnaissable. Or l'homme n'a
affaire qu'aux phénomènes et le phénomène est toujours
phénomène particulier pour un sujet particulier :
phénomène visuel produit par une extériorité d’objet, mieux par
l’extériorité même. L'appareil photographique ne peut donc
qu’être face à un phénomène particulier possible dépendant
d'un appareil, d’un matériel, d’un dispositif et d’un
photographe particuliers. Un négatif ou une matrice numérique
est alors produit. À partir de ce négatif ou de cette matrice
est produite une photo. Cette photo - nouvelle chose en soi
- est reçue phénoménalement par l'homme ; il constitue une
nouvelle extériorité spécifique, l’extériorité photographique,
effet de l’extériorité imphotographiable de l’objet à
photographier. Cette extériorité photographique est à son tour
reçue par un sujet particulier.
Cette série de ruptures entre d’un côté l’objet à
photographier et son extériorité et de l’autre la photo reçue par

3 Emmanuel Levinas, Totalité et infini, essai sur l’extériorité, La Haye,
Martinus Nijhoff, 1974, p. 266.
12 un sujet particulier – nouvelle extériorité pour tout nouveau
regardeur - prouve que le réel, dont l’objet à photographier,
et donc l’extériorité, est imphotographiable. Cette dernière
proposition est paradoxalement un des fondements de
l’esthétique de la photographie.


Deux esthétiques de l’extériorité
Paradoxe
L’extériorité n’est pas à confondre avec la réalité,
oh que non ! Ce n’est pas ce qui la caractérise : d’abord elle
est mystérieuse, puis elle nous dépossède en se
dépossédant. Mais en quoi l’extériorité est-elle donc dépossession,
mystérieuse dépossession ? A sa manière, Tchouang-Tseu
nous confronte au mystère de l’extériorité :
Jadis, Tchouang Tcheou rêva qu'il était un papillon
voltigeant et satisfait de son sort et ignorant qu'il était Tcheou
lui-même. Brusquement, il s'éveilla et s'aperçut avec
étonnement qu'il était Tcheou. Il ne sut plus si c'était Tcheou
rêvant qu'il était un papillon, ou un papillon rêvant qu'il
était Tcheou. Entre lui et le papillon, il y avait une
diffé4rence. C'est là ce qu'on appelle le changement des êtres.
Mystère de l’identité et de l’extériorité auquel est
confronté le photographe ; paradoxe aussi ; paradoxe
constitutif de l’extériorité même, dans la mesure où l’extériorité,
en s’affirmant toute extérieure, semble poser une absence
de rapport possible avec le sujet qui la vise - et
l’imphotographiable n’en est qu’un effet – et, pourtant, la
même extériorité est ce rapport même entre le sujet et
(l’extériorité de) l’objet. Il semble alors que l’extériorité ne
caractérise pas tant un objet qu’un rapport – rapport entre
un sujet et un objet ou bien entre deux objets, voire entre
deux sujets ; mais le sujet n’est-il pas un prétendu sujet ? La
photographie est alors le résultat, la conséquence d’un rap-

4 Tchouang-Tseu, in Philosophes taoïstes. Paris, Bibliothèque de la Pléiade.
NRF Unesco et Editions Gallimard, p. 104.
13 port entre un sujet, un objet et une matérialité
potentiellement photographique eu égard à un dispositif
photographique et au métaphotographique.
Sujet ou hors-sujet
Avec la photographie en particulier, l’extériorité se
donne dans des rapports. Et le premier est le rapport sujet
photographiant/objet à photographier.
Il renvoie à un deuxième rapport
intériorité/extériorité. Mais l’intériorité n’est-elle pas aussi habitée
par une extériorité, en d’autres termes le sujet est-il maître
et connaisseur dans sa propre maison ou bien n’est-il qu’un
pseudo-sujet travaillé, entre autres, par l’inconscient et
croyant qu’il se connaît lui-même (et ce qu’il photographie)
dans l’acte même du photographier ? Par ailleurs,
l’extériorité de ce rapport est à la fois une caractéristique
non relative et toujours un rapport de l’ordre du premier
rapport (objet/sujet). Cette dialectique intérieur/extérieur
gouverne le photographe et le photographié. Elle débouche
sur l’extériorisation (soit involontaire, soit volontaire) du
sujet photographe – qui n’est pas un être neutre – et de
l’objet à photographier que le photographe peut, quand
c’est une personne, sommer de s’extérioriser ou dont il peut
guetter une nouvelle modalité de son extériorisation et
donc une nouvelle extériorité, conçue naïvement, par
certains au siècle dernier, comme « décisive ». Car toute
extériorisation est inachevable et redouble ainsi l’inachevabilité
de la photographicité, articulation étonnante de
l’irréversible et de l’inachevable : l’extériorisation redouble
le reste et impose le temps infini ; Levinas pourrait alors y
espérer un messianisme eschatologique, une sortie de
l’histoire, un événement ; toutefois, n’est-ce pas plutôt
l’inachevabilité qui marque ce processus, et non le fait qu’il
soit structure d’accueil du devenir différent et définitif pour
l’extériorité – ce qui risquerait d’être le retour naïf à la chose
en soi : chose en soi comme messie et messie comme chose
en soi, la croyance en un « j’ai fait l’image » qu’évoque
Deleuze peut encore relever du leurre, quant à l’être et donc
quant à l’extériorité, quant à l’essence et à l’image et donc
14

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