background image

Irina et le Tsar , livre ebook

96

pages

Français

Ebooks

2024

Écrit par

Publié par

icon epub

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

96

pages

Français

Ebooks

2024

icon jeton

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Saint-Pétersbourg, 1825. La princesse Irina Apraxine, jeune fille gâtée et prétentieuse, est éperdument éprise du tsar Alexandre Ier, qu'elle n'a vu qu’une seule fois. Lorsqu’elle parvient enfin à le rencontrer, celui-ci se dérobe : il doit effectuer un voyage à l’autre bout du pays. Déterminée, Irina le suit en secret à travers la Russie, prête à affronter les dangers qui la guette. Escortée par Anatole, un jeune soldat maladroit, elle fait face à de nombreux défis. Mais alors qu’elle poursuit un idéal inaccessible, un homme de chair et de sang est à ses côtés, prêt à tout pour elle. Entre un amour idéalisé et l’attachement sincère d’Anatole, que choisira Irina ? Irina et le Tsar est un récit captivant qui mêle passion, aventures et choix déchirants. Un voyage fabuleux qui nous plonge dans la réalité d’une femme déterminée à suivre son cœur, quel qu’en soit le prix. Aurore Dumas est autrice d'une trentaine de romances, tant historiques que contemporains, fantastiques et érotiques. Les éditions Loreleï ont déjà publié deux de ses romans : L'aventurière en dentelles et La princesse fugitive.
Voir icon arrow

Publié par

Date de parution

12 janvier 2024

EAN13

9782385150228

Langue

Français

Composition du livre : Valentine Flork / Agence A&L
Direction éditoriale : Valentine Flork
 
Distribution : Immatériel
 
ISBN papier : 9782385150211
ISBN numérique : 9782385150228
 
1ère édition
 
Dépôt légal : janvier 2024
 
Éditeur : Les éditions d’Avallon
342 rue du Boulidou
34980 Saint-Clément-de-Rivière
 
© 2024 Les éditions d’Avallon
 
Romance historique
 
Irina et le Tsar
 
De la même autrice
Sous le nom d’Aurore Dumas
 
Péchés à la capitale , éditions Harlequin, 2021
Des illusions parisiennes , éditions Harlequin, 2021
Le glorieux destin d’Elisabeth en juillet 1830 , éditions Harlequin, 2021
La trilogie des âges sombres :
Noces vikings , éditions Harlequin, 2021
Pour les yeux d’une inconnue , éditions Harlequin, 2022
La fière Saxonne , éditions Harlequin, 2022
Un parfum de Grasse , éditions Harlequin, 2022
Annabel ou le prix de la liberté , éditions du 123, 2023
Marquis ou Lord ? , éditions Ozril, 2023
L’aventurière en dentelles, éditions Loreleï, 2023
La Princesse fugitive , éditions Loreleï, 2023
 
 
 
Sous le nom de Marie Laurent
 
La mouche d’Éléonore , éditions Artalys, 2014
L’enfer sous les jupons , éditions Artalys, 2014
Dans la peau de Mary Stuart , éditions Artalys, 2014
Erotik news 1 , éditions Estelas, 2014
Nièce de sang , éditions de Londres, 2014
Fantastiques Amours , éditions Artalys, 2015
Le maître de jet , éditions Dominique Leroy, 2015
Triolisme 2 , éditions Dominique Leroy, 2016
Mets-moi en émoi , éditions Textes gais, 2016
Cow-boys , éditions Textes gais, 2017
 
 
 
Aurore Dumas
Irina et le Tsar
ROMAN
 
Chapitre 1
— Marfa, où est passé mon éventail ?
— Ludmilla, une fleur de ma coiffure est fanée. J’avais bien stipulé : des fleurs fraîches !
— Dounia, tu as perdu la tête, ma parole ! M’apporter des souliers à peine bons pour une sortie en ville alors que je me rends au bal de la cour !
Et pas n’importe quel bal ! Mon premier, celui qui, j’en étais convaincue, déciderait de mon existence tout entière. Moi, la princesse Irina Apraxine, apparentée à l’aristocratie française par ma mère et au poète Pouchkine par mon père. Celui-là, mieux valait ne pas s’en revendiquer. Le tsar l’avait exilé au fin fond de la Russie pour ses écrits séditieux. Le tsar… À la seule évocation d’Alexandre, je me sentais fondre délicieusement. Il était mon idole, le premier à avoir accéléré les battements de mon cœur. Depuis sa visite au très sélect Institut Smolny (l’unique fois où je l’avais vu, en fait), je ne pensais plus qu’à lui. Certes, il était marié, mais à une femme malade, minée par la tuberculose. Peut-être mourrait-elle bientôt et avec un peu de chance… Il n’était pas interdit de rêver.
Dans cette attente, je devais supporter cette bande de volailles affolées, courant en tous sens dans la chambre, à la recherche d’un éventail brodé, d’une rose blanche (seule couleur autorisée pour les jeunes filles) ou d’une paire d’escarpins lamés argent.
Une face ridée comme une pomme reinette se montra dans l’encadrement de la porte.
—  Par la Vierge noire de Kazan, ma petite colombe, vous ne serez jamais prête.
Ma nourrice ne fit rien pour accélérer le mouvement. À son âge, et après avoir élevé les six enfants Apraxine : mon frère aîné Michel, mes cadets Kolia et Aliocha, mes sœurs Olga et Xénia, et moi ; elle estimait avoir gagné le droit de se reposer. Je levai les bras en signe d’impuissance.
— Que veux-tu que je fasse avec ces gourdes, Niania ? À la place de mon père, je les expédierais dans notre campagne.
— Il ne le fera pas. Notre maître Ivan Ivanovitch est bon comme le pain blanc.
—  Bon et bête, ça commence par la même lettre.
Devant un tel irrespect, la vieille femme se signa.
— Irina Ivanovna, vous me ferez mourir ! Vous n’avez donc rien retenu des bonnes manières enseignées dans votre institution ?
—  Bien sûr que si. Rassure-toi, je ferai honneur au nom que je porte.
— Tête folle ! grommela-t-elle entre ses dents, ou ce qui en restait.
J’enjambai les dentelles et les froufrous qui gisaient sur le tapis d’Orient et frottai ma joue contre la sienne, pareille à du vieux parchemin.
— Chère Niania, ne m’as-tu pas toujours dit que mon cœur était meilleur que ma tête ?
— Oui, mais je me demande ce qui se trame derrière ces yeux d’un noir d’enfer.
— Des tas de choses, Niania, des choses que tu ne soupçonnes même pas.
Personne ne devait rien savoir de mes plans secrets : être présentée au tsar et m’en faire aimer. La première partie était en voie de se réaliser ; quant à la seconde…
— Pour l’amour du ciel, Irina, dépêchez-vous ! La troïka attend dans la cour depuis dix bonnes minutes. Votre père s’impatiente.
Mademoiselle Dupin, qui avait été ma gouvernante avant d’être celle de mes jeunes sœurs, déboula dans la pièce. Elle s’exprimait en français, langue fort répandue dans l’aristocratie russe et que nous pratiquions à la maison. Sa personne fluette et sans âge n’en imposait guère, mais son arrivée eut un effet étonnant sur les servantes. Marfa, Ludmilla et Dounia retrouvèrent par miracle leur efficacité. Des roses fraîches écloses piquées dans mon chignon noir, les souliers de bal à mes pieds, et le fameux éventail à la main, je descendis avec grâce les degrés de marbre qui conduisait au vestibule. Une sorte de répétition générale sous l’œil envieux et admiratif d’Olga et de Xénia. À la dernière marche, je faillis m’empêtrer dans ma jupe trop longue. La faute à la vue basse de notre couturière, « si gentille » , plaidait mon père. « Elle travaillait déjà pour ta maman, nous ne pouvons pas la renvoyer . »
—  Demi-portion ! souffla cette peste d’Olga qui, à treize ans, était plus grande que moi.
—  Grande bique ! sifflai-je entre mes dents, sans la regarder.
Au contraire, les yeux de Xénia, la cadette, reflétaient un émerveillement sincère. J’effleurai sa joue ronde au passage et poursuivis mon chemin. Avant que je ne franchisse la porte, Dounia m’emmitoufla dans une pelisse doublée d’hermine et rabattit sur ma tête un capuchon de la même fourrure, en prenant bien soin de ne pas nuire au savant échafaudage de mes boucles. Arriver décoiffée au Palais d’hiver était aussi impensable que courir à perdre haleine dans la neige tombée du matin ou patiner sur la Néva qui luisait sous la lune froide d’un éclat minéral.
***
— Sophie Petrovna, mon corset est trop serré. Je crois que je vais m’évanouir.
— Alexandrine Nicolaïevna, auriez-vous vu par hasard le prince Athanase Réleieff ? Il m’a promis un quadrille, mais je ne l’aperçois nulle part.
— Catherine Demidova , votre ceinture est dénouée. Permettez que je la rattache !
Je m’éloignai du troupeau compact des débutantes avant que l’une d’elles n’ait la mauvaise idée de m’interpeller. La plupart avaient été mes condisciples à Smolny, mais aucune ne pouvait se targuer d’avoir été mon amie. Je me tenais à l’écart de leurs messes basses, concentrée sur mon unique but : conquérir l’empereur de toutes les Russies, l’homme le plus puissant et le plus séduisant du pays. Pour le pouvoir, c’était incontestable. Alexandre Ier régnait depuis vingt-quatre ans sur trente millions d’âmes et sur des territoires immenses qui s’étendaient de la Baltique à la Sibérie. Indiscutable aussi était sa séduction. Si un esprit téméraire avait objecté que son front trop haut, ses cheveux trop frisés et sa légère bedaine l’empêchaient d’être un Apollon, j’aurais rejeté ses arguments avec vigueur. Pour moi, le demi-dieu assis sur le trône doré était paré de toutes les grâces. Tout à l’heure, quand je m’inclinerais devant lui, je le verrais mieux. Pour l’instant, j’apercevais seulement le sommet de son crâne. La salle de bal du Palais d’hiver était bondée. J’avais pénétré dans l’édifice pour la première fois une heure plus tôt et sa splendeur m’avait éblouie. Les fresques colorées, les sculptures de marbre blanc, les dorures, le monumental escalier partant du rez-de-chaussée pour s’élancer vers les étages, tous ces fastes évoquaient les mille et une nuits. Un écrin idéal pour un être d’exception.
—  Cet endroit est encore rempli de la présence de Catherine, avait commenté mon père, comme pour m’infliger un démenti.
Catherine ! Cette vieille truie ! Non, voyons ! J’avais retenu de justesse cette exclamation spontanée et m’étais contentée d’un :
—  Son petit-fils et successeur a beaucoup plus de majesté. Lui incarne la Russie dans toute sa splendeur.
La chaleur contenue dans ces propos avait alerté Ivan Ivanovitch. Il avait scruté mon visage, sans pouvoir y déceler autre chose que de l’admiration à l’égard du tsar.
—  Catherine aussi, d’une manière différente. Je suis satisfait de ton attitude, Irina, avait-il ajouté. Le respect se perd, surtout chez les jeunes.
S’il avait su que ce n’était pas du respect que j’éprouvais, mais de l’amour, il m’aurait reconduite à la maison et confinée dans ma chambre. Par chance, je connaissais parfaitement l’art de tromper mon monde.
Mon père m’avait menée au troupeau d’oies blanches rassemblées près du buffet et avait filé au fumoir rejoindre quelques amis. Je me haussai une nouvelle fois sur la pointe des pieds, déplorant ma courte taille. Cette assemblée me semblait peuplée de géants. Alexandre devait être lassé de ces femmes aux pieds immenses et soupirer après une petite poupée qui se blottirait au creux de ses bras.
— Alors, c’est le grand jour ? lança une voix masculine derrière moi.
Je sursautai et me retournai. Mon frère Michel me faisait face, magnifique dans son uniforme de hussard de la Garde impériale. Brun aux yeux noirs, comme moi, il avait, pour son plus grand bonheur, hérité de la stature paternelle. Nous avions été très proches dans notre enfance, avant que nos chemins ne divergent. Dans la haute société russe, filles et garçons recevaient une éducation différente ; raffinée pour les premières, exclusivement militaire pour les

Voir icon more
Alternate Text