Apprendre à se connaitre, à communiquer, à réussir sa scolarité et sa vie
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Description

Apprendre à se connaître, à communiquer, à réussir sa scolarité et sa vie

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Informations

Publié par
Date de parution 20 septembre 2012
Nombre de lectures 66
EAN13 9782312004716
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Apprendre à seconnaître, à communiquer, à réussir sa scolarité et sa vie
Joseph Idjus
Apprendre à se connaître, à communiquer, à réussir sa scolarité et sa vie












Les éditions du net 70,quai Dion Bouton 92800 Puteaux
© Les Éditions du Net, 2012 ISBN : 978-2-312-00471-6
Je suis né en Croatie en 1942. Mes parents furent évacués enAutriche en 1944. Interdiction de parler croate : j’ai appris à lire et àécrire l’allemand en écriture « gothique ». En 1949, j’ai appris lefrançais dans une petite bourgade de la Creuse, Gartempe, où mes parentsétaient venus travailler dans une ferme.
Comme à l’époque les apatrides n’étaient pas acceptés dansles établissements publics secondaires, je fis mes études à Notre-Dame deGuéret, pensionnat catholique de garçons où j’ai eu la chance d’obtenir unposte de surveillant au pair, à l’âge 16 ans.
Je fis mes étudessupérieures, à l’université de Clermont-Ferrand tout en surveillant au pair aucollège Godefroi de Bouillon, tenu par les frères des écoles chrétiennes. Mondiplôme d’allemand en poche, je décide de faire un tour de France descommunautés éducatives (Riom, Passy-Buzenval (Paris), St Cloud, Agen, Limoges,Marmande). En 1978, je suis nommé Directeur du collège Notre-Dame à Marmande oùje pris ma retraite en 2001.
Toutes ces expériences m’ont permis de comparer lesdifférents principes éducatifs pratiqués dans les différentes institutions, derencontrer des élèves issus de catégories sociales variées, d’évaluer lesdifférentes difficultés, tant scolaires que psychologiques auxquelles lesjeunes se trouvent confrontés pendant leur scolarité.
En 1984, Antoine de la Garanderie*, m’initie à la gestionmentale qui depuis illumine ma vie…
Introduction Origines lointaines de la gestion mentale
Fonctions :
– du cerveau droit.
– du cerveau gauche

Depuis l’antiquité , lespenseurs et les philosophes, de toute obédience, ont cherché à percer le « secret » de la genèsede la pensée . De nombreuses hypothèses ont été avancées. Il faudra attendre le développement des neurosciences * et l’invention des moyens techniquesd’investigation du cerveau, tel que l’I. R. M. *, pour enfin confirmercertaines théories, vieilles de plus de deux millénaires. Le principe d’un fonctionnement reposant principalement sur l’image ou la parole étaitconnu par Platon, mais il fallait localiser les centres régissant ces dispositions naturelles. Les chercheursen neurosciences ont défini les fonctions des deux hémisphères du cerveau droit et gauche. Ils ontdécrit les deux types de fonctionnement, grâce à la localisationdes neurones actifs , dans un type d’activitédonné . Voici une synthèse concernant les deux hémisphères.
Fonctionsdu cerveau droit et gauche
Les principales fonctions cérébrales de l’hémisphère droit, touchent les domaines suivants
a. la compréhension (esprit intuitif, quigénéralise à partir de l’expérience).
b. la représentation en trois dimensions (gestionde l’espace).
c. les dons artistiques (danse, peinture,sculpture, architecture).
d. l’imagination (représentation visuelle desidées par le biais de l’image mentale).
e. les dons musicaux (composition, vision deseffets musicaux, interprétation).
f. la commande de la main gauche.
Toutes ces fonctions sont régies par l’évocation * des perceptions * en imagesmentales visuelles , dans notre cerveau. Cela signifie que je comprends aumoyen d’un exemple , d’une image vuedans ma tête (a) à condition de gérer mes images mentales * selonmon type* de fonctionnement visuel. Je suis capable de me représenterune pyramide en relief (b), j’ai lapossibilité de lire visuellement une partition dans ma tête ou d’évoquerune séquence musicale sous forme de clip (c)ou de film (d). Tout mot entendu produit en moi une évocationvisuelle . Je peux voir le mot écrit dans ma tête, sa signification m’étant donné par le biaisd’une photo ou d’un dessin (d). Le cerveau droit est prédominantdans ce cas .Il commande la partie gauche du corps. Les gauchers* sontsous son influence bien qu’ils ne soient pas obligatoirement de type visuel .Nous analyserons ce problème dans le chapitre concernant les fonctionnementsparticuliers (dyslexiques, gauchers, précoces, hyperactifs).
L’ image mentale*, traduit dans notre tête, la réalitéperçue qui est fonction de la qualité constitutive de nos cinq sens .Une défaillance importante de l’un ou de plusieurs d’entre eux peut enaltérer la netteté. Dans ce cas, grâce à la plasticité du cerveau capable dechanger de structure et de fonctions , les sens valides viennent à larescousse pour palier la défaillance .Nous remarquons chez les aveuglesun développement accru de l’odorat, du toucher et de l’ouïe. L’ attention *,déterminant l’ intensité de la perception, participe à l’élaborationdes images mentales et de la pensée. Notre cerveau reçoit en permanence un flotd’informations transmises sous forme d’impulsions électriques parles neurones, associés aux organes sensoriels. Il procède à un premier tri en ne retenant que les perceptions pertinentes . Si celles-ci sont nouvellesou importantes , elles sont amplifiées et dirigées vers lesdifférentes aires sensorielles associatives en vue de former les imagesmentales*.
L’hémisphère droit * confère à tout individu,fonctionnant selon ses critères, une aptitude à résoudre des problèmes rapidement et le prédispose à un senscréatif développé. Son fonctionnement repose principalement sur l ’image se formant dans les aires qui gèrent l ’ espace * et la vision *. Les individusfonctionnant sur ce mode perçoivent l’ univers comme un tout . Ilsfont confiance à leur intuition *. Ils éprouvent une grande curiosité deleur environnement matériel et vivent le momentprésent avec intensité .
Ils se servent de leurs yeux pour faire une provision d’ images qui alimenteront leur imagination débordante. Ils préfèrent traiter lesinformations d’ordre visuel .Ils sont gouvernés par les émotions etl’affectivité , ce qui peut les faire passer de l’extase au désespoir.
Ils ressentent profondément la signification de l’existence et cherchent à fairepartager leurs sentiments aux autres. Ilsreconnaissent facilement les visages mais retiennent plus difficilementles noms gérés par le cerveau gauche. Ils agissent par instinct et affectionnent les questionnaires à choix multiples, les exercices à trous qui présentent une connotation spatiale . Ilsont besoin d’un environnement plaisant , décoré à leur goût avec soin,pour pouvoir se décontracter et évoquer .
Le cerveau droit a été longtemps considéré comme l’hémisphèremuet car il ne détient pas l’usage du langage parlé qui estl’apanage du lobe gauche . Ses véritables fonctionnalités (contrairementà celles du cerveau gauche, étudiée au XIX e par Broca*) n’ont été mises à jour que très récemment. La plupart descerveaux étudiés dans les siècles passés, semblaient appartenir à des hommes .Or, ceux-ci fonctionnaient majoritairement sur l’hémisphère gauche carles études secondaires et supérieures étaient dominées par le raisonnementet la déduction . C’est pourquoi, seule une minorité de femmes, fonctionnantsur le cerveau gauche , arrivait à s’imposer dans les études. En outre,l’éducation pseudo-militaire à laquelle les garçons étaientsoumis, privait ceux-ci de sensibilité et d’émotion favorisant ainsi ledéveloppement de leur cerveau gauche . Les cerveaux droits devrontattendre la civilisation de l ’image , du film et de latélévision , au cours de la seconde moitié du XX e siècle, pour enfin trouver grâce aux « yeux »du monde.

De nos jours où l’éducation des garçons et des filles est pratiquement identique , du fait de la mixité scolaire , larépartition « cerveau droit/cerveau gauche » s’équilibre entre hommes etfemmes. Nous rencontrons de plus en plus de garçons « manqués » chezles filles et de filles « manquées » chez les garçons. Cela signifieque le cerveau droit , dit féminin, n’est plus l’apanage des filles et le cerveau gauche , dit masculin, celui des garçons .
Il est communément admis qu’il y a une part féminine chezles hommes et une part masculine chez les femmes . Ces particularités , occupent une place plusou moins importante en fonction, de l’héritage génétique , transmispar le père et la mère, du type d’éducation pratiqué dans le milieufamilial, du cercle des relations à dominance masculine ou féminine,fréquenté.
Un garçon, cerveau droit, élevé dans un milieu féminin,développera plus facilement son côté féminin , de même qu’une fille,cerveau gauche, élevée dans un milieu à dominance masculine développera son côtémasculin .

Des difficultés, susceptibles de provoquer des gênes, auxindividus fonctionnant prioritairement sur l’hémisphère droit, peuvent seproduire dans :( D’après Antoine de la Garanderie* « Renforcerl’éveil au sens », Chronique Sociale. Lyon. 2006).
1. l’ organisation temporelle et ledéroulement des opérations avant, pendant, après. Cela s’expliquepar le fait que les visuels gérant la simultanéité avec aisancen’éprouvent pas le besoin de décomposer la marche du temps. L’espace est tridimensionnelalors que le temps est unidimensionnel et linéaire.
2. la compréhension de l’abstrait et dusymbolique , si ceux-ci ne sont pas codés en images visuelles . (Enalgèbre par exemple, remplacer (a) par pomme et (b) par poire pour qu’uneformule prenne corps dans la tête dans le but d’activer la compréhension).
3. l’évocation , du présent et de l ’avenir, qu’ils ont du mal à distinguer du fait de leur gestion de la simultanéité .
Les fonctions cérébrales de l’hémisphère gauchetouchent principalement
a. le traitement du langage écrit.
b. la capacité à compter (gestion del’abstraction et des nombres).
c. l’aptitude à la conduite du raisonnement sans l’aide de l’image.
d. le développement du langage parlé qui est traité dans les aires de WERNICKE et de BROCA. Les mots sont compris dans la première et reproduits dans la seconde (grand dictionnairedu Cerveau).
e. les compétences scientifiques (dominance dela règle).
f. la commande de la main droite (conséquence logique de la gestion croisée des deux hémisphères, le droitcommandant la moitié gauche du corps et le gauche, la moitié droite).
g. le traitement du son, des onomatopées et de lavoix .
Les sons perçus par l’oreille, traités par le cerveau,conduisent à l’image mentale qui se traduit par une évocation descriptive à partir de mots entendus intérieurement (a) donnant l’impression de laprésence matérielle de l’objet traité (c). En fait c’est la description de l’objet en mots, phrases, textes, onomatopées entendus dans la têtequi constitue le corps de l’image mentale auditive (d).
Les individus orientés sur l’hémisphère gauche, appartiennentà la majorité des droitiers (f), habiles de leurs mains. Ils possèdentune mémoire auditive particulièrement développée (c) et en tirent unbénéfice évident, dans les concours. Ils traversent la vie comme des ordinateurs (e). Ils sont capablesd’emmagasiner et de traiter d’énormes quantités de données avec efficacitéet méthode , étape par étape (b). Ils préfèrent les informationsauditives qu’ils stockent en vue d’une réutilisation ultérieure (d).Leur écriture est souvent rigide, mécanique et linéaire.
Comme l’ enseignement privilégie la mémoire auditive , (gérée par le cerveau gauche), lesindividus fonctionnant sur cet hémisphère , ont des prédispositions pour lesétudes théoriques . Ils se passionnent pour les sciences etprincipalement pour les mathématiques ( b ) etl’histoire . Ils se concentrent de manièreremarquable sur un problème jusqu’à ce qu’ils en trouvent, la ou les solutions.Ils ne font pas confiance à leur intuition et préfèrent l’analyse et le raisonnementlogique qu’ils poussent parfois à l’extrême (e). Ils sont souvent tendus,raides, maladroits quand il s’agit de se mouvoir dans l’espace. Ils sontcapables d’ écoute et se parlentbeaucoup intérieurement . Pour eux, tout est affaire de raisonnement etde déduction . Bien qu’ils ne gèrent pas l’espace avec facilité, ils sontsouvent d’excellents manuels et des bricoleurs soigneux . Ils ontune mémoire infaillible de la description des gestes à accomplir et une disposition naturelle à mettre en œuvre les notices d’emploi.
Les difficultés, susceptibles de se présenter auxindividus fonctionnant selon ce type (A. de. G. , l’éveil au sens) serencontrent dans les domaines suivants :
1. l’ organisation de l’espace : le mondedes auditifs étant dominé par les phonèmes et les sons (hémisphère gauche), il leur est difficile de visualiser (hémisphère droit)
2. l ’intuition des rapports de similitude ou de différence qui sont plutôt d’ordre spatiale.
3. la compréhension de ce qui est donné visuellement car ils gèrent plus aisément l’abstraction.
4. la perception de la simultanéité . Lesauditifs, analytiques, décomposent le temps en 3 stades (avant, pendant, après)qu’ils gèrent l’un après l’autre, ce qui les rend inaptes à gérer deuxsituations en même temps, à la différence des visuels.
Quisuis-je ?
Genèse de ma découverte personnelle de la gestion mentale.Étude de l’influence du cerveau droit et gauche.
La réponse à la questiondu titre, est inscrite dans la complexité du fonctionnement du cerveau . En effet, c’est lui qui détermine les pensées , les actions, les sentiments et par conséquent la conduite . J’ai toujours été subjugué depuis mon enfance, parl’innombrable variété des êtres que j’ai rencontrés au cours de mespérégrinations en Europe. Je me suis toujours demandé, par quel moyenpratique , il était possible d’accéder, à la connaissance de leurfonctionnement intellectuel et par conséquent, de communiquer plus facilementavec eux .
Ni la philosophie, ni la psychologie, ni la psychanalyse nem’avaient apporté de solutions satisfaisantes. Je suis un admirateur de Goetheet mon constat rejoignait celui de Faust découvrant vers la fin de sa vie, lavanité de ses recherches et de son savoir.
Cependant, ma solution, n’était pas la proposition de« Méphisto » dans Faust (la cession de son âme contre lerajeunissement), mais celle d’Antoine de la GARANDERIE* (A. de G.) quiau cours d’un stage, à Toulouse, dans les années 80 m’a révélé par la gestionmentale *, le moyen de comprendre les êtres etde communiquer avec eux à partir de la connaissance de soi . Enévoquant cet instant précis, je ressens encore cet ébranlement de tout monêtre, face au « tsunami » de solutions qui m’envahit : j’aiéclaté en sanglots et une chaleur voluptueuse m’enveloppa et m’apaisa. Je prisconscience que j’avais enfin trouvé ce que je cherchais depuis si longtemps… Je revois le maître , sa gestuelle et j’ entends sa voix .Cette scène restera gravée dans ma mémoire, à jamais. J’ai fait de nombreuxstages avec lui, et toutes les fois, c’était un enchantement car je prenaisconscience de mon passé et je me projetais dans un avenir meilleur.
Il faut bien souligner que la gestion mentale et lesneurosciences étaient dans l’air du temps depuis le milieu du 20 e siècle. Les théories du « new âge », les recherches surle comportement et l’éducation aux États Unis et au Canada s’étaientrépandues en Europe. La Programmation Neurolinguistique de Bandler etGrinder* et la kinésiologie du Docteur Paul Denison * étaient envogue, depuis les années 60. En France, Freinet *avait cherché à casser les dogmes immuables de la pédagogie, sans compter Binet (1857-1911) * qui, le premier a eu l’intuition des fonctionnements visuelset auditifs , grâce à l’étude du comportement de ses deux filles, l’uneétant auditive et l’autre visuelle . Aux États-Unis, l’américain WilliamJames (1842-1910) décrivait les trois grands types de profils mentaux , visuels, auditifs et kinesthésiques que chacun utilise, selon lui, dansdes proportions personnelles. Ces sont ces études qu’Antoine de la Garanderiepoursuivra.
En qualité d’enseignant, je me suis toujours demandé commentil était possible d’apprendre à connaître les élèves , les individusen général et de quelle manière il était possible de les aider dans leurs difficultés de compréhension et d’ apprentissage. Ni les rencontres avec lesparents ni même les conseils de classes ne me permettaient d’avancer.
Je possédais une certaine intuition en qualité de visuel .Je savais à peu près aborder les différents types d’élèves et apporter dessolutions à leurs problèmes d’apprentissage. Comme il ne m’était pas possiblede généralise r ,je devais toutes les fois, trouver une solution individuelle , alors quej’avais l’ intuition* qu’il devait exister un moyen de regrouper lesproblèmes et leurs solutions en fonction d’un type d’individu donné.Au cours d’un stage pédagogique à Tübingen (Allemagne), j’avais suivi uneconférence d’un chercheur, Fréderic Vester , dont le thèmeétait : « Penser, apprendre, oublier », titre d’une de sespublications (dtv. sachbuch).
Cet ouvrage expliquait le fonctionnement du cerveau, lemécanisme des apprentissages, les différents types de cerveaux, les résultatsdes recherches récentes, de façon très claire et exhaustive. Tous ces précieuxrenseignements pouvaient mettre en alerte le pédagogue que j’étais, sans luiapporter toutefois une véritable aide méthodologique, à la différence desétudes d’A. de G. (Abréviation pour, d’Antoine de la Garanderie).
Dans mon enfance, ma mère m’avait déjàindirectement mis sur la voie . Elle fut éduquée en Croatie dans lesannées 20, par des enseignants influencés par les pères jésuites quijouissaient d’une grande renommée dans le royaume d’Autriche-Hongrie. Elleavait vu en moi son double (à juste titre car je suis visuel comme elle)et me dispensait des conseils, très pertinents et efficaces ,concernant mes méthodes d’apprentissage , alors que les mêmes conseilsprodigués à ma sœur cadette échouaient lamentablement. Elle l’avaitdéfinitivement cataloguée d’anti scolaire comme l’avait été son époux, monpère, avec qui elle avait fait toute sa scolarité avant de l’épouser.Cependant, musicien, il était capable de rejouer de tête, un air qu’il avaitentendu pour la première fois. J’ai su plus tard qu’il possédait l’oreille absolue .Ma sœur aînée, visuelle comme moi, réussissait brillamment.
Toutes ces données me trottaient dans la tête et la premièreexpérience visuelle sur le périmètre d’un jardin rectangulaire me marqua pour la vie . J’étais en primaire, en France depuis peu ; jen’arrivais pas à résoudre le calcul du périmètre d’un jardinrectangulaire car je percevais mal le sens des données.
Ma mère, me fit fairele tour de notre propre jardin en m’indiquant que j’avais parcouru sonpérimètre . Je n’avais plus qu’à me le représenter dans la tête et le calculer en appliquant les données chiffrées .
À partir de ce jour, je compris qu’il me fallait traduire non seulement, ma langue maternelle ( vieux souabe-alsacien ) enfrançais mais aussi en image , une troisième langue en quelque sorte.J’appliquais ce processus jusqu’à l’université. Par la suite, pour comprendre,la langue en image me suffisait et je pensais en français. En évoquantces faits je m’aperçois que l’ expérience visuelle était doublée d’une expériencekinesthésique : notamment le tour du jardin à pied. En fait, j’adoraisrepasser mes leçons en parcourant le chemin de l’école ou en suivant letroupeau de moutons que je gardais les jours de congé, reproduisantinconsciemment la démarche d’ARISTOTE, philosophe péripatéticien grec.
Ma mère, me faisaitaussi revoir , au sens propre , mes leçons dans ma tête ,stipulant que ceux qui ne les voyaient pas , comme mon père et ma sœur,avaient des problèmes de compréhension. Cependant cette explication me laissaitperplexe car ma plus jeune sœur avait une mémoire prodigieuse . Ellen’était pas allée à l’école en France car elle avait 14 ans à notre arrivée eten ce temps-là, c’était la limite d’âge de la scolarité obligatoire .Elle voulut passer le permis de conduire et me pria de l’aider. Je luitraduisais en souabe ce qu’elle ne comprenait pas , puis elle le mémorisait en français et fut reçue, à la première tentative, avec les félicitations dujury . Elle a aujourd’hui près 60 ans de conduite automobile, sans lemoindre accrochage.
Nous faisions aussi du théâtre à la paroisse et lamême méthode portait ses fruits. Je finis par trouver cette démarche tout àfait normale d’autant plus que les petits creusois de Gartempe, dans la Creuseprofonde, y étaient soumis à partir du jour où ils mettaient le pied à l’écolede la « république ». Comme dans leur campagne ils nepratiquaient que le patois , il leur fallait se mettre à la langue deMolière… et passer à la traduction simultanée … avec les mêmes difficultés que j’avais rencontrées. Toutes ces expériences m’intriguaient jusqu’à ce queje découvre la « gestion mentale ». C’est alors que toutdevint clair en moi.
Une session à Toulouse, sur ce thème, me fit découvrir lenouveau moyen qui conduisait à la compréhension de soi et des autres . Cefut une « révélation » qui me combla. Savoir que Goethe devaitson génie à son fonctionnement mixte ( cerveau droit et cerveaugauche) et comprendre enfin ses paroles, selon lesquelles ilaffirmait que « deux esprits habitent mon cœur »,(cerveau droit et cerveau gauche) me comblèrent.
J’ai toujours, depuis mon enfance, été un admirateur de cepoète qui a su charmer toutes les couches de la société. Cependant, je m’étaisaperçu que certains poèmes didactiques ne m’inspiraient pas. Jecomprends aujourd’hui qu’il s’agissait de ceux dont la compositionsymbolique dépendait du cerveau gauche : ces poèmes manquaientde lyrisme à mon goût et donc me plaisaient moins.
Si je parle de révélation à propos de la gestion mentale,c’est pour exprimer ce surgissement soudain en moi , de la réponse, à denombreuses questions que je m’étais posées, dans mon passé, d’enfant, defils, de frère, d’étudiant, d’enseignant, d’homme, de mari, de père, deprincipal . Je compris que mes progrès fulgurants en français étaient dus àMadame Raige, mon institutrice de primaire, visuelle comme moi, avec qui jecommuniquais, par dessins interposés, à mon arrivée en France, en 1949.
Je pris conscience que l’attirance ou le rejet d’unêtre, d’une chose, d’un évènement, était affaire de fonctionnement mental. Cequ’il y a de fascinant dans la gestion mentale, c’est de comprendre lespersonnes de notre entourage par le biais de leurs faits et gestes . À ce propos, je me permets de rapporter les paroles d’une gitane dont lesconnaissances psychologiques me stupéfiaient : « Petit, medisait-elle, chez nous, on apprend très tôt aux petites filles, à observer lesgens pour établir une relation entre ce qu’ils font et ce qu’ils sont ».J’ai appliqué ces préceptes (bien que garçon !) et j’avoue qu’ observer m’a beaucoup apporté, surtout maintenant, grâce à mes connaissances en gestionmentale .
Je me mis en quête d’un nouveau stage et dès la rentrée jecommençai à appliquer ce que j’avais appris. Un petit grouped’enseignants me rejoignit ; il s’agissait en fait de ceux quifonctionnaient comme moi (visuels). J’avais une alliée précieuse dans laplace, en la personne de Catherine Delassus .Elle était mère d’élève, visuelleet neuropsychologue de surcroît. Je lui avais fait découvrir la gestionmentale et nous avions participé à plusieurs stages ensembles. Elles’intéressait à la dyslexie et consultait dans un cabinet attenant au collège.Ce fut une aubaine pour nos collégiens en difficulté. Je ne voudrais paspasser sous silence, l’influence bénéfique de Madame Durand ma secrétaire-comptable qui également visuelle me soutenait moralement dans ma croisade .
Les enseignants qui mettaient en doute la gestionmentale pinçaient les lèvres et prenaient des airs importants, voire mystérieuxet dédaigneux, (attitude classique dans le milieu enseignant) bien au-dessus decette nouvelle « lubie » directoriale. Je vous renvoie à la série« Madame le proviseur » qui a le mérite d’avoir « campé »les différents types d’enseignants selon leur fonctionnement mental et selon lamatière qu’ils enseignent.
Cependant, les irréductibles se posèrent des questionsquand ils s’aperçurent que les élèves étaient subjugués par les dialogues pédagogiques , au cours desquels, ils prenaientconscience que leurs problèmes d’apprentissage étaient pris ausérieux et que des procédés efficaces,utilisables immédiatement leur étaient proposés (voir lesdialogues pédagogiques pris sur le vif, de la page 131à 144).
Les élèves, en effet, étaient las des sempiternellesremarques « dites pédagogiques » qui conduisaient au redoublement etaux échecs. Le langage de la gestion mentale leur parlaitbeaucoup plus…parce que pragmatique, loin des formules pseudo-pédagogiquespéremptoires et éculées, du genre « Il importe de jouer lejeu ! ». (Lequel et pourquoi ?) . « Il faut faire desefforts !».(Comment où et quand ?), « Il faut apprendre sesleçons » (Comment ?). La gestion mentale ne se contente pasd’énumérer des lieux communs dits « pédagogiques ». Elle dispense desrecettes individualisées, applicables immédiatement avec succès ,loin des promesses hypothétiques de réussite qui en pédagogie classique, setraduit souvent par des années de redoublements. « Le manque dematurité » est la formule clé qui convainc, quand on est àcourt d’arguments : elle renvoie parents et enfants dos à dos, touten dégrevant l’enseignant de toute responsabilité.
Un monde à l’envers s’instaura dans le collège. Ce sont les élèves , qui se mirent à comprendre l’attitude et le fonctionnement desenseignants . Progressivement, les problèmes de discipline s’estompèrent carla communication entre élèves et professeurs se décrispa. Le collège avait découvertun point commun, propre à tous les membres del’établissement : la gestion mentale.
Je remarquais que les élèves qui l’appliquaient, acquéraientde l’ assurance , doublée de bienveillance, à l’égard de leurentourage. C’étaient toujours eux qui intervenaient, en cas de conflit entre camarades avec efficacité car ils évaluaient la situation avecune certaine distance et clairvoyance que leur conférait la gestionmentale. Pendant les récréations, les groupes se formaient par affinitémentale ( auditive, visuelle ) et il y régnait une sorte de quiétude.Les kinesthésiques - tactiles eux se défoulaient en jouant aubasket ou au foot ou en passant de groupe en groupe.
Instinctivement, depuisla création des écoles , les groupes devaient se former ainsi, mais maintenant,j’en prenais conscience, grâce à la gestion mentale . En ce quiconcerne les petits couples, pas de problème, s’ils fonctionnent sur le mêmehémisphère , c’était signe d’amitié . Mais sur des hémisphèresdifférents, en des lieux plus discrets, cela pouvait être le présage d’une idylle amoureuse ( hémisphère droit + hémisphère gauche=couple selon ledocteur Lafontaine* ) à surveiller discrètement, pour éviter les écarts .
La gestion mentale n’était pas la panacée maisun point commun à partager et à méditer qui mettait toute la communautééducative sur un pied d’égalité. Cependant l’adhésion enthousiaste desjeunes n’était pas perceptible chez les adultes…
Les élèves se rendirent compte que la réussite était entre leurs mains et quele rôle omnipotent du professeurétait révolu . Désormais, tous ceux quipratiquaient cette forme d’approche de leur propre fonctionnement , enrelation avec l’acquisition du savoir , découvraient aussi le fonctionnementde leur entourage social et familial et prenaient consciencede la méthode particulière d’enseigner , propre à chaqueenseignant .
Le travail dans l’établissement devint de plus enplus efficace et l’atmosphère conviviale . J’étais heureuxde constater qu’il m’était possible d’ apporter une aide à tout élève, voire , enseignant , sans que celasoit une charge pour moi, mais un plaisir. J’avais ainsi la chance de pouvoirvérifier l’efficacité de ce que je prônais , surle champ (attitude de visuel : voir les profils du DocteurLafontaine) et au cours des conseils de classe. La gestion mentale,touchant l’individu dans sa globalité , permet de le faire progresser dans tous les domaines : compréhension, mémorisation , attitude,développement psychologique, bien-être moral, comportement .
Les conseils de classe, progressivement, prirent unetournure active car la sacro-sainte litanie des doléances futremplacée par une recherche d’aide efficace et individualisée pour chaque élève. Le requiem del’« élève », « nul en tout, sauf en sport et dessin » avaitsonné.
À la fin de chaque séance, les professeurs me signalaientles élèves à « voir » en « gestion mentale » avec un air qui traduisait « leur embarras ». Beaucoup d’enseignants,tout en ne partageant pas forcément les principes d’Antoine de La GARANDERIE,avaient fini par comprendre que l’échec de l’élève, était aussi le leur. Comme la gestion mentale pouvait être une planche de salut, ils finirentpar se jeter à l’eau, malgré les suspicions, savamment distillés et orchestrés,par un certain syndicat … qui réclamait la nationalisation du privé.
La nouvelle prise de conscience des élèves modifia larelation entre enseignants et enseignés : ces derniers n’étaient plusleurs subordonnés , mais leurs partenaires ce qui ne signifiaitpas leurs égaux : chacun « endossait » un rôle différentmais complémentaire. L’attitude des enseignants et des élèves se modifiaet bon an mal an chacun s’imprégnait de la nouvelle pédagogie.
Je voudrais souligner,au passage, qu’en qualité d’établissement privé, tenu autrefois parles « Frères des Écoles Chrétiennes de saint Jean Baptiste de LaSalle (1651-1719) », nous avions pour vocation de venir en aide aux enfants endifficulté. Après 1968, la rigueur et la discipline , piliers del’enseignement catholique, n’étaient plus acceptées , spontanément, parles enfants parce qu’elles étaient de plus en plus négligées par lesfamilles. Les jeunes couples expérimentaient une nouvelle formed’éducation permissive : éviter toute contrainte à l’enfant depuisla crèche et l’éduquer, à et dans la liberté .
Il fallait donc trouver un nouveau cadre quicontrebalance ce bouleversement des mœurs. Je voyais, dans la gestionmentale un moyen de réorganiser les anciennes structures désuètes ,reposant sur une discipline primaire et aveugle. En responsabilisant chaquemembre de la communauté éducative, formée par les enseignants, leséducateurs, le personnel d’entretien et d’administration, les élèves et lesparents, une nouvelle forme de participation et de gestion desproblèmes vit le jour. D’ailleurs, de nombreuses entreprises (publiques ou privées) s’initient à la gestion mentale pour le plus grandbonheur de leur personnel. En ce qui concerne les élèves la gestion mentale lescentraient sur eux et leur apprentissage tout en s’ouvrant aux autres.
Lors de l’inscription, les parents et les enfants recevaientles rudiments des règles du fonctionnement mental établi par A. de G etun aperçu du principe du Docteur Lafontaine* qui concerne la répartitiondes auditifs et des visuels dans une famille. Ils découvraientavec étonnement que l’origine des difficultés de communication entre lesdifférentes composantes d’une fratrie pouvait en partie s’expliquer parle choc des différents fonctionnements mentaux . Je dois préciser que je tenaisau courant tous les parents, de nos avancés pédagogiques, dans une circulairebi-trimestrielle.
Après une quinzaine d’années d’observation des familles dontil soignait les enfants présentant des difficultés psychologiques ,le Docteur Raymond Lafontaine avait remarqué que, quelle que soit larace, la couleur de peau ou le milieu culturel dont ils étaient issus, les couples étaient toujours constitués d’un auditif et d’un visuel .Leurs enfants alternaient leur fonctionnement (visuel/ auditif) par rapportau choix de l’aîné (Le principe de La fontaine par Ghislaine Meunier –TardifEdition « libre expression » Canada).
Celui-ci s’identifiant au fonctionnement du père ou de la mère , les autres membres de lafratrie fonctionnent par opposition à celui qui le précède. Ils formentainsi une chaîne continue, auditive /visuelle, ou visuelle/auditive, enfonction du choix de l’aîné . Ces observations, bien qu’ empiriques ,sont néanmoins pertinentes car moi-même, lors des entrevues avec lesfamilles, je n’ai pas trouvé d’exception. Je dois ajouter que même les famillesrecomposées suivent un schéma identique, semblant prouver que c’est la mère quiest à l’origine du phénomène car elle transmet l’alternance à sa progéniture,même en cas de changement de père( !).Cependant en cas de fausse couche oud’avortement le feotus est pris en compte ainsi que toute disparitionmortelle au sein de la fratrie. Je compris enfin pourquoi les mêmesprofesseurs réussissaient avec un enfant sur deux d’une même fratrie . Les professeurs visuels avec les élèves visuels, les professeurs auditifs avec les élèves auditifs . Je composais doncles classes en fonction de l’équipe pédagogique et je faisais choisir lesélèves pour éviter toute difficulté supplémentaire. Lors du dernier conseilde classe de l’année, les professeurs aussi remodelaient les groupesd’élèves en vue d’un meilleur travail l’année suivante. Je remarquais quela encore la gestion mentale individuelle influait inconsciemment sur leschoix.
J’ai rencontré une maman qui avait sept enfants de troislits différents : l’alternance visuelle/auditive était scrupuleusementrespectée. Elle-même n’en revenait pas, après réflexion.
Les parents me faisaient part des changements positifs qui s’opéraient chez leurs enfants , après une séance d’initiation. Ilsm’avouaient aussi que leurs propres changements d’attitude, contribuaientlargement au succès.
J’ai reçu près de deuxmille familles. Au cours des deux heures d’entretien, je vérifiais lesdifférents points de vue d’ANTOINE DE LA GARANDERIE* et du DOCTEUR RAYMONDLAFONTAINE*. C’est le résultat de ces vérifications qui vous sera communiquédans les pages suivantes. Je rappelle que Jack Lang , avait en son temps,lancé une grande campagne en faveur de la gestion mentale . Ce futun échec malgré l’investissement important en ouvrages pédagogiques et en offrede formation.
Compte tenu que l ’idée avait été répandue enFrance par, A. de la Garanderie, membre de l’enseignement privé , ilétait évident qu’elle allait rencontrer peu d’écho dans l’enseignement publicpour des raisons idéologiques et psychologiques .
Pourtant, il n’était pas possible de continuer à enseigner,sans remettre en question des méthodes de travail , honorables certes,mais qui ne tenaient pas compte de l’évolution des mœurs , de la technologie et des neurosciences . Il est vrai que beaucoupd’enseignants ont été formés d’abord, dans les écoles normales puis dans lesIUFM, avec l’idée qu’ils recevaient un permis définitif et immuable d’enseigner.
Pourtant, il y avait eu des avancées très intéressantes avec Freinet* ( 1896-1966 ) qui échafauda sa pédagogie, aprèsobservation des réactions de sa fille unique, à l’instar d’Alfred Binet ( 1857-1911 )qui grâce aux dialogues pédagogiques menés, avec ses deux filles, pris consciencede leur différence de fonctionnement auditif et visuel .
Freinet lui, s’étant basé sur l’observation d’un sujetunique, sa fille, semble avoir axé toute sa réflexion sur les tactiles-kinesthésiques enpréconisant une méthode active, tout en mouvement, mettant en avant l’expérimentationindividuelle avec un fort rejet de la pédagogie traditionnelle. Cependant,comme la sienne ne concerne que des petits groupes ou des individualités, elleparait difficilement applicable en totalité dans un système scolaire quis’adresse à la majorité des enfants d’une classe d’âge. Elle pourrait néanmoinsnourrir une réflexion approfondie de toute équipe pédagogique.
Pour pouvoir accéder à la compréhension de la gestionmentale, il est indispensable de connaître les modalités de fonctionnement des deux hémisphères. Nous en connaissons déjà les caractéristiques (introduction). Vous trouverez ci-dessous, enpremier, les spécificités mentales des individus dépendant du cerveaugauche, type auditif , puis de celles du cerveau droit, type visuel, avecles compléments kinesthésiques éventuels .
Spécificitésdu cerveau gauche et droit
Spécificités du cerveau gauche
Les individus privilégiant le cerveau gauche ,s’apparentent à un fonctionnement de type :
1. Auditif : l’ oreille estl’organe privilégié de leurs sens. Les sujets fonctionnant selon cettemodalité, enregistrent les sons (mots, phrases, bruits, onomatopées)pour les réutiliser dans la vie courante comme moyen de communication privilégié, pour se repérer dans l’espace, comprendre et travailler. Ils aimentêtre à l’écoute des autres, s’ils fonctionnent en troisième* personne (il, ils, eux, on) et d’eux-mêmes, s’ils fonctionnent en première*personne (je).
2. Myope : c’est souvent le cas dessujets fonctionnant sur l’oreille : ils aiment regarder de prèsles détails , les analyser, se faire une idée, à partir de points précis retenant leur attention , mais n’étant pas forcément essentiels .
3. Convergent : ils construisent leur raisonnement à partir d’idées ayant des points communs avec celles de leurinterlocuteur .
4. Analytique : ils ont le sens du détailet de l’analyse . Ils doivent décomposer l’enchaînement des idéespour comprendre .
5. Abstrait : ils passent par les mots , les définitions , le raisonnement pour comprendreet mémoriser.
6. Objectif : ils passent par la logique et le raisonnement dans leur mode de pensée, froidement avecun minimum d’émotion.
7. Euphorique : ils sont peu enclins àla mélancolie.
8. Introverti : ils éprouvent unecertaine difficulté à communiquer et à exprimer leurs sentiments.
9. Tendu : sportifs, ils éprouventsouvent des difficultés à se décontracter.
10. Si, kinesthésique-tactile , ils éprouventle besoin de bouger , de se mettre en mouvement , de palper , de sentir , de toucher , de s’extérioriser par la voix etl’expression corporelle .
Il est bien entendu que toutes les caractéristiquesrépertoriées ne se rencontrent pas forcément chez tous les individus privilégiant le cerveau gauche. Il peut y avoir un panachage entre cerveau droit et cerveau gauche surtout après soixanteans , selon le résultat des dernières recherches. Il semblerait qu’à partirde cet âge, l’individu adopte le fonctionnement mixte ( lobe droit etgauche ) .
Certaines particularités ont pu aussi, ne pas se développerpour des raisons d’éducation, d’hérédité ou de santé. Cependant, la primautédes aires visuelles ou auditives demeurent, quelles que soient lescompétences acquises ou perdues.
Page 155, du « Grand Larousse du cerveau » ilest stipulé que la boucle phonologique de l’ oreille intérieure (côté gauche du cerveau), garde les sonorités des mots en mémoireet l’aire de Broca* est utilisée comme une voix intérieure quirépète les informations.
Spécificité du cerveau droit
Les sujets, dépendants du cerveau droit , seretrouvent à l’opposé, en quelque sorte, car ils sont de type :
1. Visuel : l ’ œil est l’organe privilégié de leurs sens. Ilsmémorisent les images pour les réutiliser dans leur travail etleur vie quotidienne. Ils sont toujours aux aguets, de crainte que quelquechose échappe à leur regard. Ils prennent plaisir à observer les objets, les êtres et tout ce qui les entoure. En 1 e personne ( je )ils revoient dans leur tête des images sous forme de dessin personnel et en 3 e personne ( il, on ), ce sont des photos ,des films , la réalité qui leur apparaissent.
2. Hypermétrope : ils préfèrent être loin de l’objet perçu pour pouvoir le saisir dans sa globalité . Enfait, leur problème de vue, quand il se déclare, est souvent lié à lapresbytie.
3. Divergent : ils construisent leurraisonnement à partir de la différence , de points d’ oppositions. Ilsaiment apporter la contradiction .
4. Synthétique : ils possèdent le sensdu tout , de l’ensemble , du résumé et de la synthèse .
5. Spatial : ils gèrent l’ espace etleur environnement .
6. Subjectif : ils réagissent avec spontanéité et émotion .
7. Sensible : tour à tour, déprimés , mélancoliques , romantiques , ils sont très sensibles à la douleurdes autres .
8. Extraverti : ils sont tournés vers le monde extérieur et s’expriment par tousles moyens (mimiques, gestes).
9. Décontracté : ils sont à l’aise quel que soit leur environnement.
10. Si, en complément ils sonttactile-kinesthésiques , le mouvement, le toucher, le palper, les émotions*participent activement à la perception et à l’évocation, avec parfois, desdifficultés de concentration et d’attention, compte tenu de la profusiond’informations récoltées. Si l’agitation interne s’intensifie , ilspeuvent rencontrer des difficultés à s’insérer dans un groupe et seretrouvent souvent en décalage à cause de leur humeur instable .
En comparant ces 22 particularités avec votre propre cas,vous pouvez déterminer, dans les grandes lignes, votre fonctionnement etvotre hémisphère prépondérant . Pour connaître votre profil ,il faudra mettre en évidence la fréquence d’utilisation des différents paramètres que nous allons évoquer dans le prochain chapitre. Connaître son hémisphèrepréférentiel , donne une idée globale de son mode de gestion mentale. Savoirque notre cerveau passe , de préférence , par l’image (côté droit )ou le son (côté gauche ), peut déjà apporter des réponses àcertaines de vos interrogations et de vos observations.
Cette prise deconscience vous mettra sur la voie de lanature de vos images mentales*, consécutives à la perception vouspermettant de gérer vos compétences intellectuelles avec plus deprécision. Votre profil de base sera fonction des deux paramètres« mot » et « image »que nous allons analyser prochainement. Si vous voulez en savoir plus sur votreprofil vous pouvez déjà faire le test de communication page 66 etsuivantes. Nota bene : la plupart du temps, le fonctionnement estinconscient . Il ne devient conscient que lorsque je réfléchis à monmode d’évocation , de compréhension , de mémorisation et de restitution du savoir.
La communication entre les individus dépendétroitement de leur gestion mentale et s’établit avec plus ou moins dedifficulté et d’efficacité. Notre cerveau est un émetteur - récepteur qui change de rôle alternativement au cours du dialogue. Pour qu’un échanges’établisse sans difficulté, il est indispensable que l’émission et la réception s’établissent sur la même longueurd ’onde .
Cela signifie qu’une personne de type « auditif »,communiquera aisément avec une personne fonctionnant selon le même type ,ce que le langage populaire traduit souvent par « avoir des atomescrochus » avec quelqu’un. L’individu aime se reconnaître dans ses amisfonctionnant comme lui. L’échange se fait sous le signe du plaisir, voire de lavolupté. La chose se complique lorsque les interlocuteurs utilisent des modesdifférents.
C’est ce dilemme que la gestion mentale permet de résoudre en facilitant le décodage des signauxde notre interlocuteur.
Pour que deux individus , fonctionnant sur deuxhémisphères opposés , puissent communiquer, il faudra que l’un des deux, adopte , provisoirement le temps de l’échange, le typede fonctionnement de l’autre . Le visuel s’efforcera de s’exprimeren reformulant et en décrivant verbalement ses images s’ils’entretient avec un auditif . L’ auditif s’exprimera concrètement, de manière imagée , en faisant des gestes au besoin face à un visuel,surtout si de surcroît, celui-ci est de type kinesthésique-tactile*.
Le non-respect de cette règle élémentaire peut conduire àl’incompréhension, la gêne, l’agressivité et de ce fait exigera uninvestissement personnel en énergie supplémentaire , responsable souventde migraines qui nous assaillent en classe, en réunion, au cours deconversations, en lisant un livre, bref, toutes les fois que notre cerveau esten opposition et cherche à se synchroniser* en établissantla communication, sans résultats concluants .
Cette situation cependant, dans le cas des couplesamoureux, prend une tournure exceptionnelle : l’ opposition defonctionnement, condition sine qua non de la formation d’un couple, estprotégé, par une sorte de bouclier sentimental qui concilie les deux êtresopposés , le temps que durera l’ idylle … Cet état de grâce ,chez certains couples, dure la vie entière, ce qui d’ailleurs, provoquesouvent la réaction de l’entourage se demandant ce qui attire ces deux êtres.Le fonctionnement identique à partir de 60 ans apaise en fin de vie lesoppositions. (Résultats des recherches récentes sur le cerveau).
En cas de rupture, chacun se retrouvera confronté à la loides cerveaux en opposition , à moins que la connaissance de la gestionmentale ne leur ait apporté sagesse et compréhension.
Nous allons procéder à l’étude des différents types d’imagesmentales auxquelles nous pouvons être confrontés.
Lesimages mentales
Définition. Processus de formation. Leur rôle. Avantages etinconvénients de chacune d’elles. Saint Ignace de Loyola, précurseur de lagestion mentale au 16 e siècle.
Par son étude des images mentales , A. de laGaranderie, a révolutionné la conception de la naissance de la penséedans notre cerveau . Ces images sont au nombre de trois : visuelles,auditives, tactiles-kinesthésiques . Elles correspondent aux trois sensextéroceptifs, la vue, l’ouï et le toucher . (Renforcer l’éveil au sens.Des chemins pour apprendre. Chronique sociale, juillet 2006 A. de G.).
C’est à Sherrington , chercheur anglais, prix Nobel1932 que nous devons la distinction des trois systèmes, extéroceptif,proprioceptif et intéroceptif qui forment les trois feuillets de la peau ducorps humain.
Le premier système, établit le contact avec le mondeextérieur (extéroceptif) grâce à la vue, l’ouïe et le toucher , lesecond nous renseigne sur les réactions de nos organes internes (proprioceptif)et le troisième nous rend compte des sensations provoquées ( goût,odorat ) par l’introduction de corps étrangers en nous : aliments,drogues, boissons etc… (Intéroceptif).
Les trois images mentales qui sont la représentationd’un objet de pensée, absent, mais présent dans notre tête (définition du PetitLarousse), se manifestent selon les caractéristiques suivantes :
Les images visuelles
Elles sont générées par la vue et présentes dansla tête sous forme de photos , d’ images, de dessins , demots écrits, autographes ou imprimés , de films .
Les paramètres entrant dans la composition de l’imagevisuelle, contribuant à en améliorer la représentation dans l’espace, en trois dimensions , sont les suivants : le volume, la taille, lesformes, les couleurs, les ombres, la lumière, la position, l’orientation, laperspective, l’intensité, le contexte, le premier plan, l’arrière-plan, lecentre, le haut, le bas, l’association, la symétrie, la stabilité, l’opacité,la transparence, la netteté. Ces paramètres caractérisent toute pensée etévocation visuelle.
Les images auditives
Elles sont générées parl’ouïe et entendues dans la tête. Les mots, les phrases, les onomatopées, lesbruits sont divisés en deux catégories :
a. Le domaine auditif, verbal qui comprend la voix et le langage structuré .
b. Le domaine auditif, non verbal qui comprendles bruits environnementaux, les cris et les onomatopées.
Les paramètres qui entrent dans la composition de l’imageauditive sont ceux qui prennent en compte, l’amplitude, la durée, lerythme, la hauteur, la fréquence, la tonalité, le timbre, la résonnance, letempo, la continuité, l’association, la position, la distance, le contraste, laproximité, l’éloignement, l’extériorité, l’intériorité, la monophonie, lastéréophonie. Ces paramètres ont tous une relation avec le temps ,la distance , le son et sont gérées successivement selon laligne du temps (avant, pendant, après).
Images tactiles-kinesthésiques
Elles sont générées par le toucher et se présententdans la tête sous formes de sensations , de mouvements , de gestes ,de films , de succession de mots , de défilement de phrases , d’images animées , décrivant des événements vécus, soumis souvent à unecertaine compulsion * voire une obsession. Elles semblent affecterprincipalement les personnes qui éprouvent une certaine instabilité.
Elles se manifestent dans les expressions,faciales (mimiques) et corporelles (gestuelles), posturales,motrices, émotionnelles (externes, internes et tactiles).
Les paramètres kinesthésiques-tactiles sontimportants à connaître pour permettre d’expliquer et de perfectionner les imagesmentales correspondantes qui font allusion à : la densité, la texture,la malléabilité, l’élasticité, la flexibilité, la température, l’humidité, lasècheresse, le poids, la pression, le volume, le nombre, le mouvement, lavitesse, la durée, l’intensité, la viscosité, le statisme, le dynamisme,l’absence, la présence. Tous ces qualificatifs sont en relation avec le mouvement et les sensations tactiles . Ces paramètres sont gérés simultanément ,forgeant des personnalités originales (navigateurs, acteurs, certainspoliticiens, savants, militaires, inventeurs, urgentistes, explorateurs,pompiers, dépanneurs toute catégorie etc…).
Les sensations gustatives et olfactives, en cas deprésence, viennent compléter les trois images de base, en y ajoutant une facettesupplémentaire . Elles sont intégrées dans l’image de base et fontpartie de son environnement . Si nous prenons l’exemple des « nez » dans le domaine du parfum, ils associent toujours une image à leurssensations , évoquant des fleurs, des saveurs, des expériences où lesfragrances et les parfums se mélangent. Évoquer la saveur d’un champignon c’estd’abord évoquer son image. Quant au vin toutes ses qualités sont exprimées enmétaphores : robe, nez, texture.
C’est par la conscience que l’homme accède à laconnaissance (A. de G.). Celle-ci est rendue possible grâce à l’expériencedes sens , à partir d’éléments spécifiques : l’ espace (vis.), le temps (aud.) et le mouvement (tactile-kiné.). C’est l ’attention qui dirige et contrôle la conscience. (Grand Larousse du cerveau, page180-181).
Au XVI e siècle, dans une étudedu vénérable père Louis Dupont, relative à la « méditation » etaux « exercices spirituels » de Saint Ignace de Loyola (1491-1556) ,nous pouvons lire que l’oraison mentale est l’œuvre de trois puissancesintérieures de l’âme : la mémoire , l’entendement et la volonté .Le déroulement de la méditation est le suivant :
1. Visualisation * de l’ objet de laméditation ( cerveau droit ), description de celui-ci (je supposeen mots écrits, et en images, vus dans la tête), puisque l’auteur précise quesi la visualisation , née de l’ imagination n’est pas possible, ilconviendra donc de passer par l’ entendement (le cerveau gauche et leraisonnement ). Je précise que l’ entendement vient du verbe entendre,donc relatif à l’ audition . Il n’est pas étonnant que le style« jésuite » en architecture et en sculpture soit aussi réaliste dansl’expression des sentiments, de la douleur.
Les cinq sens, l’ ouïe, la vue, le toucher, le goût,l’olfaction doivent participer à cette mise en condition, afin que toutnotre être soit prêt à entrer en communication avec Dieu ( projet de voir,entendre, ressentir intérieurement ).
2. Analyse del’objet de méditation en exerçant son attention * pour ne pas êtrepollué par des évocations étrangères à l’objet de méditation.
3. Application de son intelligence enruminant les vérités du sujet de l’observation (projet de mémorisation*) et enles associant à des vérités déjà connues (mémoire à long terme).
4. Résumé du résultat de ma méditation etprojet d’application dans ma vie.
Nousremarquons une parenté avec le processus d’apprentissage, préconisé par A. deG.. Comme celui-ci a enseigné chez les Jésuites à Sainte Geneviève àVersailles, la méthode ignacienne ne pouvait pas lui être étrangère. Son méritecependant, est d’avoir théorisé les images mentales et l’ évocation qui, au XVI e siècle,n’étaient qu’empiriques.
Cependant, la méthode de Saint Ignace n’a rien perdu de saforce et de son authenticité : les établissements scolaires, dirigés parles Jésuites, dans le monde entier, depuis plus de quatre siècles, ont été lespépinières des grands esprits qui ont gouverné le monde de la science, de lapolitique, de la religion, des lettres et des arts. Les pratiquants des« exercices spirituels », selon les époques, ont suscité descritiques, voire de la suspicion, de la part de l’Église et des rois quitantôt, les ont soutenus et encensés, tantôt chassés et bannis selon qu’ilsétaient en accord ou en désaccord avec leur méthode.
Lesorganes des sens et les émotions
Les organes des sens sont les gardiens qui assurentnotre sécurité et la survie de l’espèce. Bien que de nos jours,la vue soit devenue, chez l’être humain, le sens dominant ( télévision,publicité ), l ’odorat reste un élément important qui nous avertit dela présence de substances dangereuses dans notre environnement. Le goût et l’ odorat sont étroitement liés et participent pour unegrande part à la mémorisation de nos souvenirs (la madeleine de Proust).
Il est remarquable de constater à quel point les odeurs etles parfums de notre enfance hantent toute notre vie. Que de fois entendonsnous dire : cette odeur me rappelle ma classe, ma maison, les confituresde ma grand-mère, le confessionnal, la sacristie, le dortoir de mon pensionnatetc…
Le toucher nous procure les sensations de chaud,de froid. La peau, son organe principal, nous permet d’interagiravec notre environnement, grâce à ses capteurs. Celle-ci nous protège contre les attaques bactériennes et maintient une température moyenne ducorps, permettant la survie. Quant à l’ ouïe , très malmenée de nos jours,elle est la source du langage parlé et de la musique.
Cependant, les visions , les sons , les saveurs et les odeurs , n’existent pas dans la nature : il s’agit seulementd’un ensemble d’ondes et de molécules . Les sensations sont des constructions« virtuelles » générées par le cerveau (P. 74, le GrandLarousse du Cerveau). Celui-ci reçoit les stimuli* recueillis par les organesdes sens et les convertit en signaux électriques qui sont dirigésdans les différentes aires les concernant (cortex visuel, auditif,somatosensoriel, olfactif, gustatif), où ils sont traités en vue de laformation consciente des images mentales .
Les émotions sontdes mouvements internes qui visent également à nous éloigner du danger .Elles nous incitent aussi à la recherche du plaisir. Elles sont àl’origine de modifications induites par l’activation de l’ amygdale* quiteste tous les stimuli et transmet les informations aux autresrégions afin qu’elles produisent des réponses émotionnelles tel quela fuite ou la défense (Grand Larousse du cerveau page 125) .
Les émotions de base sont au nombre de cinq : la joie positive et les quatre négatives : la tristesse, lacolère, la peur et la honte . Elles peuvent se présenter sous forme précipitante* et leur action est accélérée ou sous forme paralysante* aveceffet de retardement ou de blocage . Si l’origine de l’émotionnous est inconnue, elle peut déclencher en nous des sentiments , nombreuxet différents tels que l’enthousiasme, la frustration l’angoisse, lacompassion, la jalousie, la douleur, la culpabilité, le désespoir, la rage,l’envie, ou la tendresse.
C’est la raison pour laquelle, il est toujours important derechercher en soi l’origine des sentiments que nous éprouvons. Comme l ’émotion en

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