Parlons Amis
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Description

L'île de Taïwan jouit d'une grande diversité de peuplement et de cultures. Parmi les quatorze groupes de culture austronésienne, celui des Amis est le plus important par la taille. De plus en plus influencés par la culture chinoise depuis le milieu du siècle dernier, les Amis ont peu à peu perdu leurs racines et leur identité. Face à l'hégémonisme culturel han et l'uniformisation des modes de vie, le danger d'extinction des cultures et langues des minorités indigènes formosanes est aujourd'hui bien réel.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2010
Nombre de lectures 233
EAN13 9782296252172
Langue Français
Poids de l'ouvrage 19 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parlons amis
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions


Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan, Afghanistan, Tadjikistan et Chine , Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture , Kofi ADU MANYAH, 2009.
Parlons akyé bodin , Firmin AHOUA & Patrice ACHIE BROUH, 2009.
Parlons balinais , Made Windu Antara KESIMAN, Michel MALHERBE, 2009.
Parlons slovaque , Etienne BOISSERIE, Diana JAMBAROVÁ et Vlasta KŘEČKOVÁ, 2009.
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Parlons tcherkesse , Amjad JAIMOUKHA, Michel MALHERBE, 2009.
Parlons moba , langue du Nord-Togo , Pierre REINHARD, 2009.
Parlons shanghaïen , Feng LI, 2009.
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Parlons suédois , Corinne PENEAU, 2009.
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Parlons arawak , Marie-France PATTE, 2008.
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Parlons bamiléké , Dieudonné TOUKAM, 2008.
Parlons manadonais , Chrisvivany LASUT, 2008.
Parlons yaqui , Z. ESTRADA FERNANDEZ, A. ALVAREZ GONZALEZ, 2008.
Parlons kihunde , Jean-B. MURAIRIMITIMA, 2008.
Parlons grec moderne , Cyril ASLANOV, 2008.
Rémy G ILS


Parlons amis


L’H ARMATTAN
© L’H ARMATTAN, 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11465-4
EAN : 978229609114654

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Remerciements
Je voudrais exprimer ma profonde gratitude et mes plus sincères remerciements à tous ceux sans qui cet ouvrage aurait difficilement pu voir le jour, à savoir :
La Société des Missions Etrangères de Paris (MEP) au service de laquelle j’ai travaillé pendant deux années en milieu aborigène et qui m’a permis de découvrir Taïwan.
Le père Yves MOAL, supérieur de la Société des Missions Etrangères, première personne à m’avoir fait découvrir la richesse et la diversité des cultures aborigènes a Taïwan.
Les pères MEP Louis Pourrias et Maurice Poinsot, tous deux locuteurs de la langue amis, qui m’ont autorisé à accéder a leurs ouvrages sur l’ethnie amis.
Huang Fanyu ( 黃梵雨 ), pour son aide précieuse concernant les traductions chinoises et la maquette de la couverture.
Bohdan JACOS pour les crédits photographiques ainsi que sa disponibilité et sa sympathie lors de notre volontariat commun.
M. Michel MALHERBE, directeur de la Collection ‘’Parlons…’’ pour sa patience et sa contribution aux corrections.
Les Editions l’Harmattan, qui en publiant ce second livre me permettent de sensibiliser un lectorat francophone à la culture et la langue d’un peuple peu connu voire complètement ignoré.
Et, enfin, mes amis taiwanais et ma famille française pour leur soutien constant et leurs encouragements indispensables.
Avant-propos
Il y a à peine quelques siècles, Taïwan était encore considéré comme les portes de l’enfer, un no-man’s-land empli de sauvages coupeurs de têtes et infesté par la malaria. Aujourd’hui, Taïwan est devenu une démocratie, l’une des plus efficaces d’Asie et une plate forme du commerce international. Plus que sa vitalité économique, ses beaux paysages et sa cuisine raffinée, c’est avant tout sa société multiethnique et plurilinguiste qui font toute la beauté et la richesse de l’île. Dans ce contexte, il serait dommage que la diversité culturelle de l’île soit sacrifiée sur l’autel de la globalisation et de l’uniformisation.
En effet, parmi la vingtaine de langues aborigènes que l’on recensait à Taïwan il y a encore quelques siècles, déjà plus de la moitié sont devenues des langues mortes, celles restantes sont plus ou moins en voie d’extinction. La langue amis, parlée par la minorité du même nom, est l’une d’entre elles. Il faut savoir qu’en l’absence de langage écrit et à l’instar des autres tribus indigènes formosanes, la culture et l’histoire des Amis se sont en grande part transmises sous forme orale. La parole des anciens, principaux locuteurs de leur langue natale à l’heure actuelle et par conséquent seuls véritables garants de leur culture traditionnelle, est donc des plus précieuses. Les colons japonais puis les missionnaires chrétiens qui leur succédèrent au XX ème siècle ont par ailleurs grandement contribué à sauvegarder ces langues minoritaires en les romanisant, récoltant de la bouche des aînés les récits de légendes tribales ancestrales et autres chants traditionnels, rédigeant des études, des dictionnaires ou encore traduisant des Bibles en langue indigène.
La Société des Missions Etrangères de Paris (MEP) est l’une des principales congrégations catholiques établies sur la côte est de Taïwan depuis plus d’un demi siècle. En plus de leur mission sacerdotale, les prêtres MEP effectuent un travail social et éducatif remarquable, notamment auprès des aborigènes bunun et amis, ethnies majoritaires dans la vallée du rift oriental.
Les principaux travaux linguistiques en français sur la culture amis qui aient pu être réalisés à ce jour par des missionnaires MEP sont les oeuvres du feu père Bareigts qui a rédigé plusieurs livres sur les mythes de la tribu amis et celles des pères Louis Pourrias et Maurice Poinsot, qui ont collaboré à la rédaction de dictionnaires bilingues très complets amis-français et amis-chinois. Ces ouvrages respectifs constituent par ailleurs les principales bases de la méthode que vous tenez entre les mains, écrite à la suite de deux années de volontariat à Taïwan au service de cette même société.
L’avenir des jeunes Amis se trouve désormais en ville et non plus dans les villages de campagne, par conséquent la société et la culture traditionnelles amis sont vouées à disparaître et feront partie du passé avant la seconde moitié du XXI ème siècle. Il existe donc aujourd’hui un grand besoin d’édition de textes en langue amis, condition essentielle à la préservation de ces langues. C’est d’une part pour répondre à cette nécessité de sauvegarde des langues austronésiennes et d’autre part pour faire connaître au public francophone la richesse humaine et culturelle de l’île de Taïwan qu’a été rédigé le ‘’Parlons amis’’.
Taïwan : situation générale
Taïwan en chiffres




Carte de l’archipel de Taïwan

(source : Que sais-je ? le système politique de Taïwan ,
Jean Pierre Cabestan, 1999)
Introduction
L’île de Taïwan ( 臺灣 ) se situe en Asie de l’Est, au sud-est de la Chine continentale dont elle est séparée par le Détroit de Taïwan (160km séparent les deux États à leurs points les plus proches). L’île est bordée à l’Est par l’océan Pacifique. Au Nord de Taïwan s’étend l’archipel japonais et au Sud celui des Philippines. Plus de 350km séparent Taïwan de l’île philippine de Luçon alors qu’au nord, il y a près de 600 km entre l’archipel japonais d’Okinawa et l’île formosane.
Longue de près de 400km et large d’environ 150km, l’île est à peine plus grande que la Belgique et représente moins d’un dixième de la France mais avec plus de 23 millions d’habitants pour une superficie de 36.000km 2 c’est un pays très densément peuplé. La densité de population y dépasse en effet 630 habitants au km 2 , ce qui place l’île au second rang mondial après le Bangladesh. Ces fortes densités de population s’expliquent par le fait que Taïwan est un pays relativement montagneux. Les plaines ne représentent en effet qu’à peine plus du quart de la surface totale du territoire mais la population s’y concentre majoritairement.
Une haute chaîne montagneuse centrale ( zhongyang shanmai 中央山脈 ) coupe l’île du nord au sud en deux parties sur près de 300 km, soit presque toute la longueur de l’île et sur environ 80 Km d’est en ouest. Ces reliefs comptent plus de 250 sommets de plus de 3.000m d’altitude, ainsi qu’un bon millier dépassant les 1.000m avec des sommets avoisinant les 4.000m. Par ailleurs, le mont de jade ( Yushan 玉山 ), en plus d’être le point culminant de l’île est également le plus haut sommet d’Extrême-Orient. Ces hautes montagnes extrêmement accidentées, épines dorsales de l’île, sont le produit de la subduction de deux plaques, celle de la mer des Philippines sous celle de l’Eurasie. Cette géologie fait de Taïwan une des zones tectoniques les plus sensibles au monde.
L’ouest de l’île demeure la région la plus densément peuplée et la plus industrialisée alors que la côte Est est un Taïwan plus rural et plus sauvage, regroupant moins d’un millions d’habitants.
A l’est de l’île, entre les villes de Hualien ( 花蓮 ) et Taitung ( 台東 ), le long de la côte et parallèlement à la chaîne centrale s’étend une cordillère montagneuse ( dongbu hai’an shanmai 東部海岸山脈 au relief moins élevé. Entre ces deux chaînes de montagnes s’étend la vallée du rift oriental ou vallée de Huadong en chinois ( Huadong zonggu 花東縱谷 ) ; Hua pour Hualien et Dong pour Taidong car la dite vallée longue de plus de 150km se situe entre ces deux villes. C’est précisément à cet endroit que l’on retrouve la plus forte proportion d’aborigènes de tout le territoire et que les représentants de la minorité amis vivent principalement. Nous y reviendrons plus tard dans un autre chapitre.
La grande majorité des 23 millions d’habitants que compte la population taiwanaise est originaire du continent chinois du fait des différentes vagues d’immigration pendant plusieurs siècles. La majorité chinoise se divise elle-même en minnan ( 閩南人 ), en hakka ( kejiaren 客家人 ), populations descendant d’immigrants des provinces chinoises du Fujian ( 福建 ) et du Guangdong ( 廣東 ) et en continentaux ( waishengren 外省人 ), soldats et civils nationalistes ayant fui la Chine au moment de la prise du pouvoir par les communistes en 1949.
Enfin, aux côtés de cette majorité chinoise han, Taïwan compte une petite minorité de populations aborigènes ( yuanzhumin 原住民 ) d’un peu moins d’un demi-million d’âmes qui parlent des langues rattachées à celles d’Indonésie.
Les aborigènes de Taïwan
Les premiers habitants de Taïwan d’origine malayo-polynésienne auraient peuplé l’île entre 5000 et 3000 ans avant notre ère. Ils auraient migré de différents endroits à savoir du continent chinois et d’Asie du Sud-Est en plusieurs vagues successives.
Aujourd’hui, les descendants de ces autochtones sont toujours présents à Taïwan, ils se distinguent de la majorité chinoise par leurs caractéristiques physiques (yeux non bridés et peau plus mate) mais aussi leur répartition géographique sur le territoire et enfin leur tradition socioculturelle.
Aux côtés de l’ethnie han majoritaire, on compte ainsi quatorze minorités ethniques regroupant un peu moins d’un demi-million d’aborigènes (soit à peine 2% de la population taiwanaise).





*Les représentants de l’ethnie sakizaya ne sont guère plus de trois cent personnes. Les chiffres avancés page 14 du ‘’Parlons bunun’’ (entre 5000 et 10 000) sont donc inexacts. Que le lecteur veuille bien m’en excuser.



Les districts de Hualien ( 花連線 ) et Taitung ( 台東縣 ) comptent les plus fortes proportions d’aborigènes. Environ 40% de la population totale d’aborigènes y vivent, représentant à peu-près 30% des populations respectives de ces deux districts. A l’ouest, c’est le district de Pingtung ( 屏東縣 ) qui compte le plus grand nombre d’aborigènes et au nord ceux de Taoyuan ( 桃園縣 ) et de Taipei ( 台北縣 ).
La tribu amis
Les Amis s’identifient comme Pangcah mais on utilise plus officiellement le mot amis qui signifie nord pour les désigner. Les Japonais ayant d’abord rencontré les gens du nord, le mot amis aurait été popularisé par ces derniers.
A l’origine, les Puyuma appelaient les Pangcah Amis car ils vivaient au nord de leurs territoires ; de plus les Pangcah qui habitaient à Taitung se nommaient eux-mêmes Amis car leurs ancêtres étaient venus du nord. La traduction chinoise s’inspire du mot Amis ( Amei 阿美 ).
Les Amis (à l’instar des Atayal) sont comparativement plus grands, minces et blancs que les autres groupes ethniques aborigènes. Les Bunun sont plus proches des Paiwan et présentent des traits physiques complètement opposés à ceux des Amis, à savoir un corps trapu et une peau plus sombre.
Peuplement
Parmi les quatorze groupes tribaux aborigènes reconnus par la République de Chine à Taïwan, la tribu amis est la plus forte par le nombre, représentant plus du tiers de la population totale d’aborigènes.


Population : (1895) 20 000
(1939) 52 000
(1975) 90 000
(1986) 130 000
(2008) 172 000

La tribu amis peuple principalement la côte Est de Taïwan à savoir la vallée du rift oriental, le long de la côte qui longe la cordillère littorale pacifique et enfin la péninsule de Hengchun ( Hengchun bandao 恆春半島 ) à l’extrême sud de l’île. Leur territoire s’étend sur les districts de Hualien et de Taitung, à l’est de la chaîne centrale de Taïwan et celui de Pingtung à l’extrême sud.

La tribu amis peut se diviser en plusieurs sous-groupes :

le groupe du nord (les Amis de Nanshih 南勢阿美 ) se situe dans la plaine de Chihlai/Hualien.
le groupe du centre qui englobe les Amis de la rivière Xiuguluan , ( 秀姑巒阿美 ) vivant à l’ouest de la cordillère côtière dans la région de Tafalog et Fataan et le groupe vivant près de la cote, à l’est de la cordillère côtière 海岸阿美 ).
le groupe du sud, à savoir les Amis de Falagaw ( 馬蘭阿美 ), vivant entre Chenggong 成功 ) et la plaine de Taitung et les Amis de Beinan ( 卑南阿美/馬蘭阿美 )
le groupe des Amis vivant sur la péninsule de Hengchun ( 恆春阿美 ), appelés les Palidaw.

Taitung et Hualien sont les villes qui comptent la plus grande proportion d’Amis dans leur population. Dans les gares de ces deux villes respectives, les trains sont annoncés en mandarin, en taiwanais, en hakka et en anglais comme dans la plupart des gares du pays mais aussi en langue amis.
Les Amis vivent pour la plupart à basse altitude, rares sont les villages situés en montagne. Ils représentent aujourd’hui la grande majorité des quelques 200.000 aborigènes établis en ville et ont développés des tribus urbaines à travers les métropoles du pays (principalement dans les districts de Taipei et de Taoyuan).
Exemple de communautés amis :
la communauté Qihao ( 奇浩社區 ) dans la ville de Keelung ( 基隆市 ).
la communauté Shanguang ( 山光社區 ) de la ville de Hsichih ( 汐止 ).
Principales localités amis par communes
Première partie Description de la langue
Les langues aborigènes de Taïwan sont des langues austronésiennes appartenant au groupe malayo-polynésien, à l’instar de celles d’Indonésie et des Philippines.
Les Amis parlent la langue amis ( ameiyu 阿美語 en chinois), langue qui fait elle-même partie du sous-groupe linguistique paiwanique au même titre que le bunun.
Phonétique et orthographe
L’amis, comme les autres langues, n’est pas une langue tonale (contrairement au chinois) et emploie l’alphabet latin.

Langue peu écrite, l’amis peut présenter des différences orthographiques notables. Ainsi on peut trouver, pour le mot signifiant lumière , tadgal ou ta’gad; pour combien , on peut dire hacowa ou hakowa ; pour feu , on a namal ou lamal .

L’amis connaît ce qu’on appelle l’arrêt glottal qui est une interruption du son. On le note par l’apostrophe ( ’ ). Il se place parfois au début d’un mot ce qui implique qu’on prenne son élan pour le prononcer. Parfois l’arrêt glottal se confond avec le h aspiré, y compris dans l’écriture.

Les lettres o et w donnent toutes deux le son ou.

Le b et le v ne sont pas employés et sont souvent remplacés par f . Le c se prononce ts , ou tch devant un i . Le g est nasal et correspond à ng en français. Le w est prononcé ou. La distinction entre l et r n’est pas nette.
Le r est généralement roulé. Le son r dur (comme dans Pa r is ) s’écrit avec la lettre h.

Phonologie

Les voyelles



Les consonnes



Grammaire
Particularités de la langue

L’ordre des mots dans la phrase place le plus souvent le verbe en tête suivi du sujet et des compléments.
Des particules placées avant le mot indiquent sa fonction grammaticale ( ko pour le sujet, no pour le complément de nom ou indirect, to pour le complément direct et ci si le sujet est humain.
Les verbes sont invariables et ne marquent ni le nombre ni les personnes.
Les temps sont indiqués par des particules placées parfois avant, parfois après le verbe.
L’originalité la plus frappante de l’amis comme des langues du groupe réside dans la grande souplesse pour former des mots dérivés à partir d’un nom ou d’un verbe. On peut ainsi exprimer une quantité de nuances qui seraient rendues en français par d’autres procédés. Je présenterai de nombreux exemples de ces procédés de dérivation à la fin de cette partie.
La phrase
Dans la phrase, le verbe est en tête mais l’ordre des mots diffère selon qu’il s’agit d’une phrase active ou passive.
Dans une phrase active, le sujet suit le verbe et est suivi par le complément direct.

Exemples :
le chien mord le chat
mikalat ko waco to posi
je te frappe
mipalo kako tisowanan

Dans une phrase passive, c’est le complément d’agent qui suit le verbe et le sujet est à la fin de la phrase.

Exemples :
le chat est mordu par le chien
makalat no waco ko posi
tu es frappé par moi
mapalo nomako kiso
j’ai été griffé par le chat
makorahos no posi kako

Ces exemples permettent de constater des faits sur lesquels nous allons revenir : le verbe actif a souvent en préfixe mi - qui devient ma - au passif.
Le verbe
On forme souvent des verbes en ajoutant un préfixe à un nom. Ainsi, le préfixe mi - forme des verbes transitifs. Le passif correspondant emploie le préfixe ma -.
Par exemple, à partir du mot patay , la mort , on forme les verbes mipatay , tuer , et mapatay , mourir ; à partir de tamako , tabac , on forme mitamako , fumer ou encore minamom ( boire ) à partir de nanom ( eau ).
Bon nombre de ces préfixes peuvent avoir plusieurs fonctions.
Ainsi, le préfixe ma - joue les rôles suivants :

former le passif des verbes en mi - :

Ex :
mi’adop chasser donne
mikalat mordre
mipalo battre
ma’adop être chassé
makalat être mordu
mapalo être battu

former des verbes impersonnels comme maorad , il pleut ; mafali, il fait du vent ; mafaliyos , il y a un typhon etc.

former des verbes d’état ou de sentiment comme : maolah , aimer ; mafiho , être en colère ; maroray , être fatigué ; macahiw , avoir faim ou encore matalaw , avoir peur.

C’est cette forme qui produit les participes présent par ajout du suffixe - ay : maolahay , aimant, celui qui aime.

Auxiliaires être et avoir

Outre les phrases actives ou passives, l’amis connaît des phrases qui, en français, emploieraient le verbe être.

L’ordre des mots dans ce type de phrase est, en français :
sujet + verbe être + attribut
(exemple : la montagne est haute ).
En amis, l’ordre d’une telle phrase est :
(verbe être ) + attribut + sujet
(exemple : takaraw ko lotok ).

Le verbe être ne s’emploie pas s’il s’agit seulement d’un nom et de son adjectif attribut, comme dans l’exemple ci-dessus où takaraw signifie haut et lotok , montagne , ko étant une sorte d’article du mot qui le suit.
En revanche, dans la phrase je suis le fils de Kacaw , où l’attribut n’est pas un adjectif, on emploie o (mot invariable), ce qui équivaut au verbe être : o wawa ni Kacaw kako (mot à mot : est / enfant / de / Kacaw / moi)

tu es ( de la tribu ) amis o ‘Amis kiso
(être / Amis / tu)
elle est mère o ina cingra
c’est de l’eau o nanom konini
le riz est bon o ga’ayay a hmay
c’est un brave homme
o fagcalay a tamdaw konian

Le verbe avoir se traduit par ira.

Exemples :
avez-vous du temps ? ira ko limaw nomiso ?
j’ai du temps ira ko limaw nomako
as-tu une voiture ? ira ko tosiya nomiso ?
oui, j’en ai une iraay
il y a t-il une église à Hualien ?
ira ko kyokai i Kalingko haw ?
oui, il y en a ira

Pour traduire l’expression être à la maison , on emploie le verbe avoir :

Exemples :
ton père est la ? (à la maison) ira ci mama’ iso i loma’ ?
il est à la maison ira i loma’
ma mère est chez elle ira ci ina ako i loma’

le préfixe ci -a le sens de posséder, porter… :

Exemples :
porter des lunettes / un chapeau cimata / cikafog
porter des chaussures cicokap
être enceinte, porter un enfant cipoyapoy
avoir une épouse / des enfants cifafahi / ciwawa
ce chien a des puces ci’atimla konini a waco

Le temps des verbes

Le futur
Pour exprimer le futur, on double la première syllabe du verbe :

Exemples :
nous allons a l’école tayra kita i picodaan
il vient tayni cingra
je danse makro kako

deviennent au futur :

nous irons a l’ecole ta tayra kita i picodaan
il va venir ta tayni cingra
je vais danser m amakro kako

ou bien on place la particule a devant le verbe :

Exemples :
komaen kako ( je mange )
ma’orad ( il pleut )

deviennent alors :

a komaen kako ( je mangerai )
a ma’orad ano dafak ( il pleuvra demain )

Le passé

La langue amis emploie le préfixe na - pour indiquer l’antériorité dans le temps :

Exemples :
j’y suis déjà allé na tayra to kako
je l’ai dit na somowal to kako
as-tu dîné ? na malahok kiso haw ?
déjà arrivé na tagasa

et le mot to (s’il s’agit de marquer l’achèvement de l’action :

Exemples :
j’ai dormi mafoti’ay to kako
j’ai mangé komaenay to kako
il est allé au Japon tayraay to cingra i Ripon
j’ai chassé le sanglier ‘adopan to ako ko fafoy no lotok
il a déjà des enfants ci wawa to cingra

Le suffixe - ay indique une action en cours (non terminée) :

Exemples :
je suis en train de boire (je n’ai pas fini de boire)
minanomay kako
tu es en train de pêcher mifotigay kiso
il est en train de chasser mi’adopay cingra

On peut également employer saho pour indiquer une action encore en cours :

Exemples :
le professeur vient juste d’arriver
ihoni saho ko sigsi a minokay
il vient juste de partir laliw saho cingra

L’impératif
Pour former l’impératif, s’il s’agit d’un verbe en mi -, on change mi - en pi -:

Exemples :
mi nanom ( boire ) devient
pi nanom ( bois )
mi negneg ( regarder )
pi negneg ( regarde )

va te laver les mains ! pinanaw to kamay !
veuillez balayer la cour ! piasik to potal kamo !
parlez un peu plus fort !
pikawaw to ma’mag to giha’ iso !

On peut aussi se contenter d’ajouter le suffixe - en à la racine, comme pour un passif :

Exemples :
mi tgil ( écouter ) devient
tgil en ( écoute )

écoute mes paroles ! tgilen ko tolon no mako !
viens voir ces nuages ! negnegen kona to’em !
regarde / suis / moi ! negnegen / do’do’en / kako !
étend tes habits ! ca’iten ko riko’ iso !
tue ce serpent ! patayen koya ’oner !

Pour les autres verbes, on emploie le préfixe ka -devant la racine (donc après avoir ôté un éventuel autre préfixe), en ajoutant facultativement le mot to pour renforcer l’ordre :

Exemples :
komaen ( manger ) donne
ka komaen (to) ( mange )
tayni ( venir )
ka tayni ( viens )
matayal ( travailler )
ka tayal ( travaille )
mafoti ( dormir )
kafoti’ ( dors )

fermez la ! kasatrep !
va a Taipei ! katayra i Taypak !

Le devoir

Pour traduire l’adjectif verbal il faut , on redouble la première syllabe de la racine et on ajoute le suffixe - en :

Exemples :
aimer maolah
il faut aimer son prochain o aolahen ita ko tao
avoir peur matalaw il faut craindre tatalawen


Les participes présent et passé

Le participe présent
Il se forme de deux façons :

en ajoutant le suffixe - ay au verbe transitif (avec le préfixe ma -).
avec le préfixe mi - et le suffixe - ay .

Exemples :
maolah , aimer , donne
maolahay , aimant
pafli , donner , produit
mipafliay , donnant

le participe présent peut aussi s’employer comme nom :

Exemples :
ci loma’ay propriétaire d’une maison
ci omahay propriétaire d’un champ
ci kawasay sorcier

Le participe passé
Il se forme aussi de deux façons :

en remplaçant le préfixe ma - du verbe par ka - et en ajoutant le suffixe - an .
en changeant le préfixe mi - en ni - et en ajoutant le suffixe - an .
Exemples :
maolah , aimer
pafli , donner
mipatay , tuer
kaolahan , aimé
nipaflian , donné
nipatayan , tué
La négation
Pour mettre une phrase au négatif, on place caay ka
devant la racine du verbe (c’est-à-dire sans préfixe).

Exemples :
je sais mafana’ kako
Pierre aime les chiens haliwaco ci Pierre
la maison est grande dadahal ko loma’

donnent à la forme négative :

je ne sais pas caay ka fana’ kako
Pierre n’aime les chiens caay ka haliwacu ci Pierre
la maison n’est pas grande
caay ka dadahal ko loma’

La négation du verbe être o est caay ko :

Exemples :
c’est mon père o mama’ ako kiniaii
ce sont leurs habits o nagra a riko’ konini
je suis sa grande sœur o kaka nira kako

donnent :

ce n’est pas mon père caay ko mama’ ako kinian
ce ne sont pas leurs habits
caay ko nagra a riko’konini
je ne suis pas sa grande sœur
caay ko kaka nira kako

S’il faut insister sur le passé, on emploie caayay ka :

Exemples :
elle n’est pas venu caayay ka tayni cingra

Awaay est la négation du verbe avoir ira :

Exemples :
j’ai de l’argent ira ko pida nomako
il y a des séismes en Malaisie
ira ko ‘atoray i Malaysiya
il y a des poissons dans ce petit ruisseau
ira ko fotig nonini a ’alo

deviennent à la forme négative :

je n’ai pas d’argent awaay ko pida nomako
il n’y a pas de séismes en Malaisie
awaay ko ’atoray i Malaysiya
il n’y a pas de poissons dans ce petit ruisseau
awaay ko fotig nonini a ’alo

En revanche, la négation du verbe avoir formée avec la particule ci se construit avec caay ka / caay ho ka :

Exemples :
elle n’a pas d’enfants ccay ka ciwawa cingra
nicolas n’a pas encore de femme
ccay ho ka cifafahi ci Nicolas

concernant l’expression ‘’ être chez soi ", on
emploiera ici la négation du verbe avoir :

Exemples :
mon frère aîné est à la maison
ira ci kaka ako i loma’

devient donc :

mon frère aîné n’est pas à la maison
awaay ci kaka ako i loma’

Pour mettre une phrase impérative à la forme négative, on ajoute la particule aka devant le verbe.
Les verbes en mi seront précédés de aka pi :

Exemples :
misti’ ( frapper ) donne
aka pisti’ ( ne frappe pas )
mitanam ( essayer )
aka pitanam ( n’essaye pas )

il ne faut pas frapper ses camarades
aka pisti’ to kapot
n’essayez pas de prendre de la drogue
aka pitanam a komaen to apiyan
ne sois pas méchant avec moi
aka pisatatiih takowanan
ne crachez / volez pas aka pisopa’ / pitakaw

Les autres verbes seront précédés par aka ka :

Exemples :
ne convoitez pas / il ne faut pas convoiter / le bien
d’autrui
aka ka ‘anof to dafog no tao
‘’ ne venez pas " (pas la peine de venir) a dit le professeur
‘’aka ka tayni’’ saan ko singsi

on peut aussi former l’impératif négatif en utilisant la forme aka…en :

Exemples :
ne mangez pas le foie des animaux
aka komaen to ‘atay no ’a’adopen
ne tuez pas les cafards aka patayen dadipis
ne me force pas aka patagicen kako

ou encore la forme haman a :

Exemples :
ne venez pas haman a tayni
ne pleurez plus haman a tomagic

pas encore, toujours pas se traduira par awaay ho ou caay ho :

Exemples :
les pommes ne sont pas encore mures
caay ho ka rohem ko ligko
je n’ai pas encore mangé caay ho ka komaen
je n’ai encore jamais vu de lion
caay ho paka’araw kako to layong
je n’en suis toujours pas convaincu
caay ho paso’lin kako
tu ne dors pas encore ? caay ho kafoti’ ?
L’interrogation
Les pronoms ou adjectifs interrogatifs se placent généralement en tête de phrase.
Les principaux mots interrogatifs sont :

icowa , talacowa ( où ), nanicowa ( d’où ), pakacowa ( par où ), ihakowa , itiya ( quand ), tahacowa ( jusqu’à quand, combien de temps ), cima ( qui ), nima ( à qui, de qui ), maan ( quoi ), icowaay ( quel ), samaanen (comment), naw iro ( pourquoi ) hacowa , pina ( combien ), kinapina ( combien de fois ).

où ? (sans mouvement) icowa ?
(avec mouvement) talacowa ?

Exemples :
où est votre maison ? icowa ko loma’ no miso ?
icowaay ko loma’ iso ?
où est-ce que l’on s’assoie ? icowa kita a maro ?
où allez-vous ? talacowa kamo ?

d’où ? nanicowa ?

Exemple :
d’où viens-tu ? nanicowa (ay) kiso ?

par où ? pakacowa ?

quand ? (dans le passé) ihakowa ?
(dans le futur) itiya ? / ano hacowa ?

Exemples :
quand es-tu arrivé ici ? ihakowa kiso a tahini ?
quand est-il venu ? ihacowa cingra a tayni ?
quand l’as-tu appris ? ihacowa a mafana’ kiso ?
quand viendra-t-il ? ano hacowa cingra a tayni ?
quand pourras tu terminer ce travail ?
ano hacowa a malahci iso kona tayal ?

jusqu’à quand, combien de temps ? tahacowa ?

qui ? cima ?

Exemples :
qui êtes-vous ? cima kiso ?
qui est cette demoiselle ? cima koya kayig ?
qui est ton professeur ? cima ko singsi iso ?
qui sont vos invites ? cima ko lafag namo ?
qui est ce docteur ? (comment s’appelle t-il ?)
cima ko ngangan nora ising ?

à qui ? de qui ? nima ?

Exemples :
à qui est ce buffle ? nima a okag konini ?
c’est le buffle de mon père
o okag no mama ako konini
à qui est ce chapeau ? o nima a kafog konini ?
à qui appartient ce livre ? nima konini a codad ?
de qui es-tu l’enfant ? nima wawa kiso ?

quoi ? que ? maan ?

Exemples :
qu’est-ce que c’est ? o maan konini ?
c’est quoi comme légume ? o maan a dateg konini ?
que fais-tu ? mimaan kiso ?
qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui ?
mimaan kita anini ?
que veux tu dire ? o maan ko sasowalen iso ?
de quoi as-tu peur ? o maan ko katalawan iso ?

à quoi ? pour quoi faire ? sapimaan ?

Exemples :
à quoi ça sert ? o sapimaan aca
à quoi sert le plâtre ? sapimaan ko ‘apol hani ?

quel ? lequel ? icowaay ? macowaay ?

Exemples :
quelle année ? itiya a miaca ?

comment ? samaanen ?

Exemples :
comment effectuer ce travail ? samaanen ko tayal ?
comment ça s’écrit ? samaanen ko pitilid ?
comment faire ? ko samaanen ?

pourquoi ? naw iro ?

Exemples :
pourquoi rentres-tu à la maison ?
naw iro minokay kiso ?

combien ? hacowa ? pina ?

Exemples :
combien mesure cette couleuvre ?
hacowa ka raraya’ kora ’alimdas ?
combien de personnes ? papina ?
combien de fois ? kina pina ?
quatre fois kina spat
combien avez-vous pris de poissons ?
pina a fotig ko maalaay namo ?
combien coûte ce livre ?
pina ko ‘aca nonini a codad ?

Comme les pronoms, les interrogatifs se déclinent et ont deux cas, le génitif et l’accusatif.

Ex : Qui ?
nominatif génitif accusatif
cima nima cimaan

Quoi ?
génitif nominatif accusatif
maan no maan to maan

Quand la réponse demande plus que oui ou non , c’est-à-dire une phrase complète, la question se termine souvent par le mot hani .

Exemple :
d’où es-tu ? nanicowa kiso hani ?
où est-ce que le petit frère de Pierre travaille ?
icowa ko safa ni Pierre a matayal hani ?
où va cette route ? talacowa kona lalan hani ?
combien il y a t-il de jours dans une semaine ?
pinaay ko romi’ad no ccay a lipay hani ?

Si une phrase interrogative n’emploie pas l’un des interrogatifs ci-dessus, l’équivalent du français est-ce que est une particule qui se place en fin de phrase.
Si l’on attend une réponse positive à une question comportant un sens négatif, la particule est saw ou haw .

Exemples :
mafokil kamo saw ? ignorez-vous cela ?
mafoti’ay cingra haw ? dort-il ?
hali radiway kiso haw ? tu aimes chanter ?
mamaan saw ? d’accord ?
so’linay saw ? es-tu sûr ?

Les mots hakini , hakira ou hakiya s’emploient s’il y a un doute sur la réponse. On peut d’ailleurs aussi les rencontrer dans des phrases interrogatives introduites par un mot interrogatif.

Exemple :
ci Kacaw kiso hakiya ? es-tu Kacaw ?
Le groupe nominal
La fonction grammaticale du nom se marque par une particule placée avant le nom. Cette particule est différente pour les noms communs et les noms de personnes.
Pour les noms communs, le sujet est toujours précédé de la particule ko , le génitif de la particule no et l’accusatif de to .
Pour les noms propres, le sujet est précédé de la particule ci , le génitif de la particule ni et l’accusatif de ci .

Exemple :
Pierre : Ci Pierre
la maison de Pierre : o loma’ ni Pierre :

Il existe un troisième cas, celui des noms collectifs qui s’appliquent à des familles. Les particules sont alors ca, na et ca respectivement.
Répétition d’une syllabe
Il n’existe pas de pluriel à proprement parler mais on peut redoubler une ou deux syllabes du nom pour indiquer qu’il s’agit d’un ensemble.

dans le corps d’un nom :

Ex :
arbre kilag
forêt kilakilagan
village niyaro’
chaque village niyaniyaro’
homme tamdaw
tous les hommes tamtamdaw
nuit dadaya
toutes les nuits dadayadaya

les Taïwanais vénèrent beaucoup de dieux
adihay ko mita’ogan no Payrag a kawakawas

tout le monde déteste les moustiques
ma’osi ko tamtamdaw to likes

dans un verbe, le redoublement de syllabes marque la fréquence de l’action, la continuité.

Ex :
frotter sotasot
siffler mi’es’es

pour les mots terminés par le suffixe - en et indiquant une obligation ou un but, on redouble la première syllabe de la racine.

Ex :
dire pasowal
ce qu’il faut dire, paroles sasowalen
manger kaen
ce qu’il faut manger, nourriture kakaenen
chasser mi’adop
ce qu’il faut chasser, gibier ‘ a’adopen
travailler matayal travail tatayalen
il y a beaucoup de travail adihay ko tatayalen
le taro est la nourriture de base des habitants de l’île des orchidées
o tali ko kakaenen no Fotod a tamdaw
Les adjectifs qualificatifs
L’adjectif épithète se caractérise par une terminaison - ay . Il se place avant le nom, une particule a étant placée entre l’adjectif et le nom.

Exemple :
haute montagne takaraway a lotok
fleur rouge kahgagay a hana
petite île ma’magay a kanatal
c’est un enfant intelligent o sitagalay a wawa cingra
Taïwan est un petit pays
ma’magay a kitakit ko Taywaan

L’adjectif attribut ne comporte pas la terminaison - ay .

Exemple :
la montagne est haute takaraw ko lotok
sa maison est très grande dadahal ko loma’ nira
les yeux du buffle sont grands
tata‘ang ko mata no okag
la population de Taïwan est très nombreuse
‘aloman ko tamdaw i Taywaan
les oreilles de ce cochon sont très petites
miming ko tagila nonini a fafoy

On constate que l’adjectif attribut est précédé de la particule ko qu’exigent les noms sujets et que le verbe être (exprimé généralement par o ) est absent.

On peut aussi former des adjectifs en ajoutant le suffixe - ai à des locutions adverbiales :

Exemple :
imatini ( maintenant ) donne
imatiniay ( actuel )
i lotok ( dans la montagne )
i lotokay ( montagnard )
Les pronoms relatifs
Il n’existe pas de pronoms relatifs dans la langue amis mais on peut traduire les pronoms relatifs indéfinis en employant la forme ano…ko .

Exemples :
n’importe qui, quiconque ano cima ko / verbe / ay…’i
que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette l
première pierre !
ano cima no namo ko awayay ko raraw ‘i, oyaan ko
sa’ayaway a milood !
n’importe quoi ano maamaan ko…ay…’i
n’importe où, partout ano cowacowa ko
je la suivrai n’importe où
ano pakacowacowa ko rakat nonira ‘i, dodo han ako
Les comparatifs
Comparatifs de supériorité

i kaka(ay) a le sens de plus que, supérieur à…

Exemple :
plus de deux i kaka no tosa
les Amis sont plus grands que les Bunun
i kakaay ko takaraw no Amis to Iwatan
les Bunun sont plus noirs que les Amis
i kakaay ko kohtig no Iwatan to Amis
qui de vous deux est plus riche ?
cima no namo ko kaka a cipayso ?

Comparatif d’infériorité

moins que, inférieur se traduiront par le mot safa .

Exemple :
moins de trois safa no tolo
je suis moins âgé que toi o safa iso ko mihcaan ako
moins que moi, inférieur à moi safaay ako

Superlatifs relatifs

le plus se traduit par le mot sakakaay et pour signifier le moins , on emploiera sasafaay :

qui est le plus intelligent ?
cima ko sakakaay a cifogoh ?
qui est le plus moins fort parmi nous ?
cima ko sasafaay a ci’icel nomita ?

Superlatifs absolus

On utilise le préfixe tada pour traduire l’idée d’intensité exprimée en français par les mots très ou beaucoup.
Cette dernière particule peut se placer aussi bien devant un nom ou un adjectif qu’avant un verbe :

Exemple :
très bon tadafagcal
je suis très fatigué / satisfait
tadamaroray / tadamarahker / kako
un homme vrai tadatamdaw
cette perle est très belle tadamakapah konini a cinco
il aime beaucoup sa femme
tadamaolah cingra to fafahi nira

pour exprimer le superlatif négatif, on emploie tada caay ou tadanca .
On peut employer cette forme avec un verbe :

Exemple :
tada caay pitgil n’écouter vraiment rien
tadanca ko tayal nira son travail ne vaut rien

ou un adjectif :
Exemple :
tatiih mauvais
tada caay ko tatiih vraiment très mauvais
tadanca ko faloco’ désespérée
Les démonstratifs
Les adjectifs démonstratifs

Il existe un assez grand nombre d’adjectifs démonstratifs. Ceux terminés en - ni marquent la proximité ( ceci ), ceux terminés en - ra , l’éloignement ( cela ) .
Les adjectifs démonstratifs portent le cas (nominatif, génitif ou accusatif) et se placent avant le nom. Ces démonstratifs sont les suivants :

nominatif génitif accusatif
kina nina tina
kona nona tona
koni noni toni

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