100 proverbes pour ne plus faire de fautes
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Description

Des formules magiques pour ne plus faire de faute !
Sylvie Brunet s'inspire de nos proverbes préférés pour nous offrir des pense-bêtes orthographiques efficaces ! Avec leur rythme, leurs rimes et leur courte structure, les proverbes populaires sont gravés à jamais dans nos mémoires... Pourquoi ne pourrait-il pas en être de même pour des proverbes orthographiques ?

En partant des fautes les plus commises, de nos hésitations quotidiennes, Sylvie Brunet nous propose 100 proverbes efficaces pour chasser nos doutes orthographiques. Accents, consonnes doubles, genres, synonymes, conjugaison... tout y passe !

"Etant donné" reste invariable,
Même avec des mots remarquables.

Les "si" n'appréciant pas les "ré",
On dit "si j'avais", non "j'aurais".

"Demi" s'accorde après un nom,
Mais devant, il fait obstruction.

Quand il marque une quantité,
"Davantage" est un mot entier.

...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 31 octobre 2019
Nombre de lectures 73
EAN13 9782360758753
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Même avec des mots remarquables.

Les "si" n'appréciant pas les "ré",
On dit "si j'avais", non "j'aurais".

"Demi" s'accorde après un nom,
Mais devant, il fait obstruction.

Quand il marque une quantité,
"Davantage" est un mot entier.

...


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Éditeur : Stéphane Chabenat Suivi éditorial : Bénédicte Gaillard Conception couverture : Olo.éditions
Les Éditions de l'Opportun 16 rue Dupetit-Thouars 75003 PARIS www.editionsopportun.com
ISBN : 978-2-36075-875-3
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .
Sommaire
Titre
Copyright
Avant-propos
Des accents de vérité
Du simple au double
Mélange des genres
Identique et sans pareil
Droits d'usage
Le verbe incarné
Index des mots et notions
Avant-propos

Et si, au lieu de nous enseigner qu’en avril, on ne se découvre pas d’un fil, ou que, en l’absence du chat, les souris dansent tout leur soûl, les proverbes se mettaient à exercer leurs compétences pédagogiques hors pair pour nous faire assimiler les mots qui prennent une consonne double et les cas où cent et quatre-vingt prennent un s , le niveau de nos connaissances orthographiques ne serait-il pas alors promis à de notables progrès ?
C’était là un vieux rêve : utiliser les ressources des proverbes pour servir la cause de l’orthographe. Employer ce type d’énoncés autonomes, figés, connus dès l’enfance et mille fois répétés, pour assurer, avec une efficacité inouïe, la mémorisation des règles de l’orthographe française, réputée difficile. En piégeant ainsi sous des formules pérennes les principaux usages de la langue écrite, ne pourrait-on pas sortir l’orthographe des Français de ces zones marécageuses d’incertitude où elle s’enlise, de façon devenue plus flagrante encore depuis que, avec les mails, sms, textos, chats…, se sont multipliées les formes sociales et professionnelles de l’écrit ?
Pour espérer y parvenir, il convenait de doter nos proverbes de nature orthographique des atouts qui favorisent la mémorisation des proverbes en général : une structure puissante (« Qui aime bien, châtie bien »), un rythme entê tant (« Chose promise, chose due »), une musicalité certaine (« Noël au balcon, Pâques au tison »). Prenant le parti des proverbes en rimes, qui existent en français depuis le Moyen Âge, on opta pour des proverbes de deux vers (ou distique) constitués chacun de huit syllabes (ou octosyllabe) avec une rime en finale.
Élaborés dans un premier temps à partir des trucs mnémotechniques les plus connus (tels : «  Nourrir prend 2 r car on se nourrit plusieurs fois » ou «  Mourir ne prend qu’un r car on ne meurt qu’une fois »), nos proverbes se sont ensuite élargis à d’autres problèmes récurrents de l’orthographe d’usage ou de l’orthographe grammaticale (« Est-ce la “tache” qui “tache” qu’on écrit avec l’accent circonflexe, ou est-ce l’autre ? », « Comment peut-on savoir si a doit s’écrire avec ou sans accent ? », etc.).
Chacun des cent proverbes orthographiques proposés ici sera accompagné d’un bref commentaire qui rappellera la règle à appliquer, son champ d’action et ses limites. On pourra aussi bien se servir de ces outils ludiques dans le cadre d’une classe, pour appuyer et synthétiser des leçons d’orthographe, qu’à titre individuel, pour conforter ses connaissances en acquérant un lot de formules magiques, qui constitueront autant de repères orthographiques durables.

Que n’a-t-on dit et écrit sur les accents français, et au premier chef sur l’accent circonflexe ! Le petit chapeau semble, en effet, cristalliser tous les griefs que produisent d’ordinaire les farouches partisans d’une simplification orthographique du français : il a été introduit artificiellement par les grammairiens et les imprimeurs à la Renaissance, alors que l’ancien français s’en était fort bien passé ! Lorsqu’on examine ses emplois de près, il se révèle illogique ( mûr-mûrir mais grâce-gracier , sûr-assurer ) et inconséquent ( diplôme et dôme du grec diplôma , dôma , mais zone et clone du grec dzônè , klôn ) !
Ses défenseurs leur rétorqueront que, s’il y a effectivement des incohérences – mais l’histoire d’un mot est rarement aussi rectiligne qu’on pourrait le souhaiter –, l’accent circonflexe demeure néanmoins le témoin vivant d’une lettre disparue ( château vient de castellum ; âge de aage ), et il rend manifeste le lien entre les membres d’une même famille ( hôpital / hospitalier  ; bâton / bastonnade ). Bien plus, en le retirant d’autorité dans le souci de viser à une plus grande simplicité, ne portera-t-on pas atteinte à cet indéfinissable halo d’imaginaire dont s’entoure un mot ? « L’abîme », ainsi traité, ne perdrait-il pas, en même temps que son accent, une bonne part de sa profondeur et de son mystère ?
Le chapeau n’est pas sur la cime
Puisqu’il est tombé dans l’abîme.

On oublie le circonflexe sur le second, et on en met très souvent un sur la première…
À la décharge de ceux qui, à tort, affublent la « cime » d’un chapeau, on pourrait dire que c’est l’attrait des sommets qui appelle la faute ! D’autant que son synonyme en forme de pointe, le « faîte », prend, lui, un accent circonflexe ! Mais tout cela s’explique très bien par l’origine des deux mots : faîte garde la trace du s du latin fastigium , alors que cime vient du grec kuma.
Quant à l’abîme, il a toute légitimité à exiger de garder son accent, puisqu’il vient du latin abyssus .
Sur hôpital , hôtel , château ,
Dépose un toit comme un chapeau.

Il est facile de se souvenir que les trois édifices ont besoin d’un toit, et par voie de conséquence, d’un chapeau dans leur graphie ! L’accent circonflexe est le reliquat d’un s anciennement présent : le doublet hôtel-hôpital vient du latin hospitalis , et château , du latin castellum . Et si l’on a un doute, on peut le vérifier avec d’autres mots de la même famille : hospitalité, hostellerie, castelet .
Ploutch ! fait le chapeau du boiteux
En tombant dans la boîte à œufs.

On a tendance à gratifier celui qui boite de l’accent circonflexe qui figure sur la boîte (à gants, à outils, à camembert ou, comme en décide ici la rime, à œufs). C’est bien la boîte, issue du bas latin buxida , qui a donné naissance au boiteux, avec le sens de « cavité d’un os ». Mais on a peu à peu oublié cette origine commune, et opéré une claire distinction entre les deux mots par la présence de l’accent circonflexe.
On se reportera au chapitre Identique et sans pareil , pour des exemples d’homonymes qui se différencient grâce à leur accent circonflexe.
Ton gâteau sera bien plus beau
Si tu le garnis d’un chapeau !

Eh bien oui, en plus de bougies d’anniversaire ou de petits sapins enneigés, il faut en toute occasion mettre sur un gâteau le chapeau d’un accent circonflexe ! Car le mot est apparu en français sous la forme gastels , en provenance du francique * wastil , « nourriture ».
Jamais de poids sur le bateau,
Car il coulerait aussitôt.

Surcharger le pont d’un bateau (de batel , au XII e  siècle) met en péril le bâtiment tout entier ( b â timent avec un accent circonflexe, comme b â tir , qui viennent de bastiment , bastir ) ! Aussi faut-il résister à la tentation de le doter d’un « ^ », même si le signe fait irrésistiblement penser à ces petits bateaux faits par les mains d’un enfant avec une feuille de papier…
Quand un mâle est lâche et se fâche,
Mets-lui un blâme et une bâche !

Petit florilège de mots qui sont fondés à réclamer à cor et à cri un accent circonflexe : mâle vient du latin masculus (qu’on retrouve dans masculin ), l’adjectif lâche est formé à partir du verbe lascher , issu du latin laxicare . Le verbe se fâcher vient du bas latin fastidiare. Quant à blâme et bâche , ils proviennent respectivement des formes d’ancien français blasme et baschoe .
Comme elle est gênante à traîner,
La chaîne d’âge des aînés !

Là encore, deux petits vers d’un proverbe assureront la mémorisation définitive de pas moins de cinq mots pourvus d’un accent circonflexe : l’adjectif gênant soumis à la géhenne , la torture ; le verbe traîner dérivé du latin classique trahere  ; le nom chaîne issu du latin catena  ; âge qui était, comme on l’a déjà dit plus haut, aage en ancien français, du latin aetatem  ; et enfin ces aînés qui sont littéralement ains nés , à savoir « nés avant ».
En sortant de son chalet vide,
Lou revêt un châle splendide.

On retiendra que chalet , qu’on commet souvent l’erreur de garnir d’un « toit » à cause de son paronyme qui couvre les épaules, est « vide » (c’est-à-dire dépourvu d’accent). En effet, le terme vient de Suisse romande, où il désigne un abri de montagne, et s’est répandu par le biais du roman de J.-J. Rousseau, La Nouvelle Héloïse .
Quant à châle , il vient de beaucoup plus loin, puisqu’il a été importé de l’hindi shal (avec a long), qui l’avait lui-même emprunté au persan.
On en profitera pour se réconcilier avec le verbe revêtir , qui donne parfois lieu à des formes étrangement tarabiscotées : « il revêtissait  », « il a revêti  » ! Il se conjugue sur le modèle du verbe vêtir , dont l’accent circonflexe, hérité sans surprise de son ancêtre latin vestire , est présent à tous les temps : « je revêts, il revêt, nous revêtons, ils revêtent », au présent ; « je revêtais, nous revêtions », à l’imparfait ; « je revêtirai », au futur, et « j’ai revêtu », au passé composé ; « en revêtant », au gérondif.
Sous un dôme errait un fantôme
Qui avait diplôme et symptôme.

Ici, il faut s’arrêter au début du proverbe, « sous un dôme », qui place d’entrée de jeu les autres termes cités sous l’abri protecteur d’un accent circonflexe. Comme on l’a vu plus haut, dôme et fantôme tirent leur accent circonflexe de l’omega long du grec ( dôma , diplôma ). Idem pour le symptôme, qui vient du sumptôma grec. Quant au fantôme, du grec phantasma , comment se le figurer sans son drap qui le recouvre ?
On notera cependant que l’accent n’est pas conservé dans les formes des adjectifs : fantomatique, symptomatique, diplomatique (ni dans le nom diplomate ).
Il rôdait en chapeau du pôle
Jusqu’au pylône : c’était drôle !

C’est le port de ce « chapeau » qui fixe la présence du circonflexe sur le verbe rôder , les deux noms communs pôle et pylône et l’adjectif drôle .
Attention à pôle , qui ne prend pas d’accent circonflexe dans ses dérivés : polaire, polarité . Pylône , comme on s’en doutait, vient d’un pulôn grec, « le portail », et drôle qui se prononce – n’en déplaise aux Méridionaux ! – avec le o fermé de pôle , vient du néerlandais drolle , « lutin ». Enfin, l’accent circonflexe permet de distinguer le verbe rôder , « errer », du verbe roder , « user » (cf. l’expression en rodage ).
Loin des trous d’ozone et cyclones,
Son clone allait nu dans la zone.

Pour conclure cette série, un proverbe regroupant plusieurs mots qui ne comportent pas d’accent circonflexe, mais sur lesquels on est souvent tenté d’en mettre un.
Pour dissiper définitivement les doutes qui entourent la graphie de ces mots, l’adjectif nu du deuxième vers permettra de garder en mémoire que ces mots sont dépourvus d’accent.

Combien de c et de p à occupé  ?
Il se rappelle , c’est bien 2 p , 2  l  ?
Entre nourrir et mourir , qui se ressemblent tellement, comment savoir, et retenir, celui qui prend 2 r et celui qui n’en prend qu’un ?
Il y a un grand nombre de mots, en français, qui semblent ainsi placés dans une zone d’incertitude : on a beau les avoir lus mille fois et trouver leur visage très familier, dès qu’il s’agit de les écrire, un doute dérangeant nous assaille. La partie semble d’autant plus difficile à gagner qu’il n’y a pas de recette miracle à appliquer…
Au fil des proverbes qui suivent, on tentera d’armer le lecteur d’un certain nombre de règles observées et de quelques moyens mnémotechniques (adjectif formé à partir du grec mnèmè , « la mémoire ») infaillibles, qui, grâce aux vertus musicales de l’octosyllabe, se graveront dans la mémoire pour n’en plus jamais sortir.
On ne meurt jamais qu’une fois :
Mourir à un seul r a droit.

« On ne meurt qu’une fois, et c’est pour si longtemps » écrivait Molière dans sa comédie Le Dépit amoureux (V, 3). Un bon moyen de retenir, en effet, l’orthographe de ce verbe du troisième groupe.
On notera cependant que, dans l’ensemble de sa conjugaison, il y a deux cas où le verbe mourir réclame deux r  :
– au futur simple de l’indicatif : je mourrai, tu mourras, il mourra, nous mourrons, vous mourrez, ils mourront  ;
– au présent du conditionnel : je mourrais, tu mourrais, il mourrait, nous mourrions, vous mourriez, ils mourraient .
Plus d’une fois on se nourrit,
Avec deux r comme à curry .

Contrairement à mourir , acte unique dans une vie, le verbe nourrir , issu du latin nutrire (cf. nutritif, nutriment ), se répète de nombreuses fois chaque jour. Il conserve toujours ses deux r , comme le curry indien. De même, tous ses dérivés présenteront aussi un double r  : nourrissant, nourrisson , et également nourrice et l’adjectif nourricier qui se distinguent toutefois par leur finale avec c  !
À courir, on a très peu d’air ;
Arrivé, on en récupère !

Comme mourir , courir ne prend qu’un r , sauf aux deux temps suivants :
– au futur simple de l’indicatif : je courrai, tu courras, il courra, nous courrons, vous courrez, ils courront  ;
– au présent du conditionnel : je courrais, tu courrais, il courrait, nous courrions, vous courriez, ils courraient .
Pour ne pas laisser place au doute, le proverbe se fonde sur le truc mnémotechnique bien connu : quand on court on manque d’air ( r ), mais on reprend tout l’air ( r ) nécessaire quand on « arrive » (qui consacre bien en latin la réunion de deux consonnes ad- ripa , « vers la rive »).
Tu ne pourras apercevoir
Qu’un seul p à apercevoir.

Tu auras beau scruter l’horizon de tous tes yeux : il n’y aura toujours qu’un seul p , car on a formé le verbe en ajoutant le préfixe a- devant le verbe percevoir . De fait, la plupart des verbes commençant par le son [ap] prennent deux p , sauf notre apercevoir , ainsi que apaiser, apitoyer, aplanir, aplatir, aposter, apostropher et apurer .
Lorsqu’on conjugue apercevoir , on n’oubliera pas de placer la cédille sous le c chaque fois qu’il est suivi de o ou de u : « il perçoit », « elle est perçue », mais « nous percevons ».

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