Figures en discours
336 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Figures en discours

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
336 pages
Français

Description

En quoi les discours sont-ils des lieux d'émergence de la figuralité et pas seulement des lieux d'exercice des figures ? À quelles conditions certaines formes linguistiques font-elles figures ? Au risque de bousculer les classifications existantes, peut-on envisager la naissance de nouvelles figures ? Comment les figures qualifient ou requalifient-elles les discours ? C'est à ces questions que s'intéressent les seize études rassemblées dans cet ouvrage. Portant sur des corpus variés et adoptant des perspectives diverses, elles contribuent toutes à la réflexion sur l'interaction entre figures et discours.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 juin 2016
Nombre de lectures 44
EAN13 9782806108432
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L’objectif de cet ouvrage est de réévaluer les liens entre les îgures et les discours où elles apparaissent, pour dégager non seulement l’inuence des îgures sur les discours (qu’on peut mesurer en termes interpré tatifs, argumentatifs, et plus généralement pragmatiques), mais aussi l’impact des discours sur l’émergence éventuelle de nouvelles îgures, non répertoriées par la tradition rhétorique. Ce faisant, des évidences partagées sur les îgures sont réinterrogées, qu’elles concernent l’iden tiîcation de telle conîguration comme îgurale, ou des distinctions reconduites mais jamais totalement précisées.
Réunissant seize études de spécialistes de rhétorique, de sémantique, de pragmatique, de sémiotique et de sociolinguistique, l’ouvrage porte sur des corpus variés (discours littéraire, politique, juridique, média tique, récits de témoignage et imagerie publicitaire). Il est organisé
la îguralité de certaines formes linguistiques, la deuxième à la valori sation réciproque des îgures et des discours et la troisième à l’impact discursif des îgures.
est Chercheur associé à l’Équipe d’accueil « Sens, Texte, Infor matique, Histoire » de l’Université Paris-Sorbonne. Il a été responsable scien tiîque de plusieurs ouvrages comme (Limoges, Pulim, 2010), ( , Limoges, Pulim, 2011), (Limoges, Lambert-Lucas, 2013), (Limoges, Lambert-Lucas, 2014),  (Paris, L’Harmattan, 2014), (Paris, L’Harmattan, 2015).
est Professeure de Langue française et stylistique à l’Uni versité Nice Sophia Antipolis et chercheure à BCL (CNRS UMR 7320). Elle travaille en linguistique de l’énonciation et en stylistique pragmatique. Au teure de nombreux articles sur les îgures, elle s’intéresse en particulier aux dimensions énonciatives et pragmatiques de celles-ci. Elle a récemment dirigé le numéro « Figures et contexte(s) » de la revue (2013), et a coordonné avec L. Gaudin-Bordes le numéro de la revue , « Étu dier les îgures en contexte : quels enjeux ? » (2015).
ISBN : 978-2-8061-0267-6 33,50 €
9HSMIKG*bacghg+
Amir Biglari&Geneviève Salvan(dir.)
F igures en discours
31
Figures en discours
Au cœur des textes
Collection dirigée par Claire STOLZ (Université Paris-Sorbonne)
Parutions récentes : 30. Dominique MAINGUENEAU,Trouver sa place dans le champ littéraire, 2016. 29. Anne-Marie PAILLET (dir.),Albert Camus, l’histoire d’un style, 2014. 28. Geneviève SALVAN,Jean Rouaud,L’écriture et la voix,2012. 27. Marianne ALPHANT et Marie-Françoise LEMONNIER-DELPY (dir.),Jude Stéfan.Une vie d’ombre(s), 2012. 26. Véronique MONTÉMONT et Catherine VIOLLET,Archives familiales : modes d’emploi.Récits de genèse, 2013. 25. Jean-Jacques QUELOZ,Philippe Soupault : écriture de soi et lecture d’autrui, 2012. 24. Anna JAUBERT, Juan Manuel LÓPEZ MUÑOZ, Sophie MARNETTE, Laurence ROSIER et Claire STOLZ,? Pragma-Citations II. Citer pour quoi faire tique de la citation, 2011. 23. Anna JAUBERT, Juan Manuel LÓPEZ MUÑOZ, Sophie MARNETTE, Laurence ROSIER et Claire STOLZ,Citations I. Citer à travers les formes. Intersé-miotique de la citation, 2011. 22. Geoffrey ZUFFEREY (dir.),L’autoîction : variations génériques et discursives, 2012. 21. Claire BADIOU -MONFERRAN (dir.),Il était une fois l’interdisciplinarité. Ap-proches discursives des “contes” de Perrault, 2010. 20. Olga ANOKHINA (dir.),Multilinguisme et créativité littéraire, 2011. 19. Samia KASSAB-CHARFI (dir.),Altérité et mutations dans la langue. Pour une sty-listique des littératures francophones, 2010. 18. Françoise SIMONET-TENANT,Journal personnel et correspondance (1785-1939) ou les afînités électives, 2009. 17. Jean-Michel ADAM et Ute HEIDMANN,Le texte littéraire. Pour une approche interdisciplinaire, 2009. 16. Salah OUESLATI,Le lecteur dans lesPoésiesde Stéphane Mallarmé, 2009. 15. Ridha BOURKHIS et Mohammed BENJELLOUN (dir.),La phrase littéraire, 2008. 14. Véronique MONTÉMONT et Catherine VIOLLET (dir.),Le Moi et ses mo-dèles. Genèse et transtextualités, 2009. 12. Françoise RULLIER-THEURET,Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Anto-nio ou la fascination pour le genre romanesque, 2008. 11. Lucile GAUDIN et Geneviève SALVAN (dir.),Les registres. Enjeux stylistiques et visées pragmatiques, 2008. 10. Aurèle CRASSON (dir.),L’édition du manuscrit. De l’archive de création au scripto-rium électronique, 2008.
Amir Biglari et Geneviève Salvan (dir.)
Figures endiscours
n° 31
Ouvrage publié avec le soutien de l’UMR 7320, Bases, Corpus, Langage de l’Université Nice Sophia Antipolis, membre de l’Université Côte d’Azur.
D/2016/4910/7
© Academia-L’Harmattan s.a. Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-neuve
ISBN : 978-2-8061-0267-6
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Introduction
C et ouvrage s’inscrit dans le renouveau des études linguistiques sur les gures, appréhendées en discours et dans leurs contextualisations particulières : on gage que ces contextualisations, aussi diverses soient-elles, sont propices à éclairer le noyau stable et spécique de chaque gure, ainsi qu’à enrichir l’analyse des textes et des discours (voir Gaudin-Bordes et Salvan, 2015; Salvan, 2013 [2012]). Il rassemble des contributions qui adoptent une perspective générale d’analyse du discours, et qui, selon les objets et les visées, choisissent plus spéciquement une approche pragmatique et discursive (P. Lefort, D. Maingueneau, L. Rosier, M. Sobieszewska, ou C. Moïse qui apporte l’éclairage précieux de la sociolinguistique interactionnelle), une approche sémantique (M. Ballabriga, M. Prandi), énonciative et cognitive (D. Apothéloz), énonciative et pragmatique (É. Baklouti et J. Bres, M. Bonhomme, A. Jaubert, R. Vion), sémiotique et rhétorique (A. Biglari, D. Dobre, Lttr13), épistémologique et historique (J.-Ph. Saint-Gerand).
Toutes les contributions tentent de répondre à la question sui-vante : « Que font les gures au(x) discours ? », qu’on peut comprendre aussi par renversement comme « Qu’est-ce que le discours dit des -gures ? », ou encore « Comment le discours (et son genre, son contexte, etc.) peut-il inuencer une forme, la promouvoir en gure (non réper-toriée par les taxinomies classiques, comme par exemple l’opacité ou la modalisation, voirinfra), aider à faire le départ entre emploi gural, moins gural, non gural voire anti-gural d’une même congura-tion ? ». Au l des études, plusieurs thématiques sont abordées, ap-puyées sur des corpus écrits (littéraire, politique, juridique, médiatique, publicitaire – en lien avec son iconicité), des corpus oraux (réunions enregistrées d’acteurs de la vie sociale), des corpus « mixtes » (entre-tiens retranscrits à l’écrit, romans, récits de vie regroupés autour de la scène englobante du « témoignage »).
Parmi ces thématiques, plusieurs contributions proposent, en premier lieu, une réexion sur lesconditions discursives de la îguralité(voir l’article d’A. Jaubert sur le rôle des gures dans la stylisation du
5
FIGURES EN DISCOURS discours ou celui de D. Maingueneau sur l’apostrophe rhétorique) ou, pour le dire avec les mots d’A. Jaubert elle-même, « par quel chemin des traits linguistiques viennent-ils à faire gure ? » (p. 217). Ces conditions peuvent non seulement faire émerger la guralité d’une forme linguistique (l’apostrophe par exemple, prise entre grammaire et rhétorique), mais aussi favoriser l’extension du domaine des gures à des faits linguistiques non répertoriés comme telles (voir les articles de D. Apothéloz sur l’opacité au sens de Quine, et de R. Vion sur la modalisation comme gure d’énonciation), ou rebattre les cartes entre grammaire et rhétorique (voir l’article de J.-P. Saint-Gerand). Les discours peuvent aussi être le lieu degestes discursifs, pendants énonciatifs des gures, déportant la guralité de l’énoncé sur l’énonciation elle-même (voir l’article de Lttr13).
Une fois le processus de guralisation actualisé, reconnu et in-terprété, la réexion se porte sur laréussite fonctionnelle des îgures au sein des énoncés et des textes, ce que, toujours pour reprendre les termes d’A. Jaubert, on pourrait désigner par « l’impact qualitatif des gures dans le discours » (p. 230), que cette réussite fonctionnelle de-meure au niveau nécessaire de la désambiguïsation des énoncés, dans des discours à la réception contrainte par l’univocité (voir l’article de M. Sobieszewska sur la répétition dans le discours juridique), ou que cette réussite se saisisse dans des stratégies persuasives plus générales et parfois plus oues (voir l’article de M. Bonhomme sur les proverbes métaphoriques ou celui d’A. Jaubert sur le rôle des gures dans la sty-lisation du discours).
La fonctionnalité des gures – toujours contextuelle et imma-nente au discours, même si elle est « ébauchée au niveau préconstruit de leurs traits dénitoires » (Bonhomme, 2014 [2005] : 158) – est à mettre en relation avec leurvaleur argumentative, et notamment la notion d’argumentation implicite, dans sa dimension persuasive et/ou séduc-trice (au sens de Grize) comme l’illustrent les articles d’A. Biglari, de M. Bonhomme, de C. Moïse ou encore de R. Vion, qui, chacun dans sa perspective, montrent que les gures comme moyens argumentatifs relèvent pleinement du champ de l’inventioet peuvent être considérées comme des arguments abrégés. L’efcacité argumentative des gures peut tenir aussi bien à leur impact pathémique sur le destinataire (voir l’article d’A. Biglari sur le rôle des gures dans lefaire croire/éprouver) qu’à leur pouvoir imageant (voir l’article de M. Bonhomme sur le po-tentiel argumentatif des proverbes fondés sur des métaphores) ou encore à leur pouvoir de dénigrement (voir l’article de L. Rosier sur l’exploitation en discours d’une antonomase insultante). Car l’imagerie des gures, ainsi abordée, participe pleinement de leur potentiel ar-
6
Introduction gumentatif, en véhiculant une axiologie implicite, en relayant un sté-réotype fortement ancré ou en facilitant la compréhension par son aspect d’évidence, comme le montrent M. Bonhomme à propos du rôle des métaphores dans les proverbes, et D. Apothéloz à propos de la puissance de métaphorisation de certaines idées (espace, mouvement, temps, règne animal, etc.). Le potentiel argumentatif de l’imagerie des gures est encore exploité dans le discours publicitaire, et notamment lorsqu’il accompagne l’image (voir pour cela l’article de D. Dobre).
Un troisième ensemble de réexions tourne autour de la question desrelations entre îgures et genres de discours, genres pris au sens de « dis-positif de communication, [un] ensemble de normes, variables dans le temps et l’espace, qui dénissent certaines attentes de la part du récepteur » (Maingueneau, 2010 : 15). Ces relations sont notamment envisagées à travers la capacité qu’une ou plusieurs gures aux effets convergents peuvent avoir de congurer un ensemble de textes divers en « sous-genre » (voir l’article de P. Lefort sur l’ironie et l’ellipse dans les témoignages des rescapés des camps de concentration et d’exter-mination nazis). Ces relations sont également analysées lorsqu’il s’agit de décrire le processus de requalication du discours par les gures, aux vertus stylisantes (voir à ce sujet l’article d’A. Jaubert pour des illustrations littéraires).
Certains articles se concentrent sur des gures en particulier, proposant desmonographiesde îguresqui se donnent des objectifs différents : ils peuvent réexaminer des distinctions anciennes dont on évalue le rendement à l’épreuve des textes (voir l’article de M. Prandi sur les frontières à retracer entre métaphore et métonymie d’une part, et métonymie et synecdoque d’autre part). Ils explorent les limites entre emploi gural et emploi non gural (voir l’article de D. Maingueneau sur l’apostrophe) ; ils partent de la catégorisation métadiscursive d’une gure pour en éclairer le fonctionnementin vivo(voir l’article d’É. Baklouti et J. Bres sur l’ironie) ; ils apprécient le rendement cohésif d’une macro-gure à l’échelle d’un texte (voir l’article de M. Ballabriga sur la métaphore comme structure globale et complexe permettant d’assurer la cohérence d’un texte).
On retiendra enn comme piste toujours très féconde, à la suite des travaux de C. Détrie sur la métaphore (2001), de J. Bres sur l’ironie (2010), d’A. Rabatel sur les gures comme confrontation de points de vue (2008), ou dans le prolongement des contributions recueillies par F. Calaset al.(2012), les liens privilégiés entredialogismeet îgures. Ces liens sont plus spéciquement mis en avant dans les articles d’É. Baklouti et de J. Bres, d’A. Jaubert, ainsi que dans ceux
7
FIGURES EN DISCOURS de D. Apothéloz et de R. Vion, qui soulignent l’implication des gures dans la manipulation des points de vue, y compris celui de l’interprétant. Toutes ces thématiques, abordées transversalement ou pour elles-mêmes, nourrissent ainsi l’argument général de l’ouvrage dont nous avons organisé le parcours de lecture en trois parties.
Lapremière partie,intitulée « Les conditions discursives de la Iguralité », invite à une réexion sur les conditions de discours qui favorisent et promeuvent certains faits linguistiques et grammaticaux au rang de gures, et plus généralement, sur le processus de guralisa-tion en discours. Si la guralité peut être vue comme une propriété ou une qualité de certaines expressions langagières, la notion de gurali-sation rend compte du processus dynamique d’appropriation gurale d’une conguration discursive à un contexte. Deux objets sont privilé-giés dans cette partie : (i) des faits d’expression que l’on trouve réper-toriés aussi bien dans les traités de rhétorique que dans les grammaires sans que leurs différences d’emploi soient précisées (l’apostrophe par exemple), (ii) des faits d’expression que la tradition n’a jamais enregis-trés comme gures (comme la modalisation).
Ainsi,Dominique Maingueneau, dans « Apostrophe et Scène rhétorique », part du constat que l’apostrophe a un statut ambigu, puisqu’elle est à la fois une gure de rhétorique et une fonction gram-maticale. La notion d’écart à l’aune de laquelle on identie les réalisa-tions gurales de l’apostrophe est insufsante pour rendre compte de la complexité énonciative de celle-ci. L’auteur propose donc d’opérer un retour critique sur la tradition, en choisissant une perspective prag-matique et discursive, pour étayer l’idée que l’apostrophe institue une Scène rhétorique dans laquelle un surlocuteur s’adresse à des « Ab-sents », « êtres qui par nature ne peuvent participer à une interlocu-tion » (p. 25). Fondant ses analyses sur des exemples tirés de discours littéraires et politiques, D. Maingueneau avance les notions de « surdes-tinateur » et de « surlocuteur » pour rendre compte de cette Scène rhé-torique instituante, et rattache l’apostrophe au détour énonciatif par lequel « une énonciation se détache de l’ordinaire du discours » (p. 33).
Denis Apothéloz, dans « Figures du mouvement ctif et opacité dans les textes narratifs », se saisit quant à lui de faits d’expression qui ne sont pas catégorisés d’emblée comme des gures : il s’agit des faits de mouvement ctif (« déplacement ctif » pour A. Borillo, 2012 ; « ctive motion » pour L. Talmy, 2000), notamment ceux qui s’ob-servent dans certains énoncés exprimant la situation d’un observateur se déplaçant dans un environnement stationnaire (comme dansDes maisons roses et vert clair déîlaient [...] dans le cadre de la fenêtre(S. Márai).
8
Introduction Les questions sous-jacentes à cette étude concernent la manière dont le discours traduit guralement un mouvement, et inversement comment les faits dits de perception inversée peuvent être qualiés de gures, en lien avec la notion d’opacité, telle qu’elle a été élaborée dans le champ de la philosophie du langage (Quine, 1960).
Dans « Modalisation et gures d’énonciation »,Robert Vionen-visage d’élargir les gures d’énonciation à la modalisation. Constatant que les gures et les modalisateurs partagent des critères dénitoires et qu’ils contribuent à l’épaississement du discours, l’auteur développe l’idée selon laquelle les modalisateurs peuvent devenir des pivots gu-raux, sur la base de trois facteurs au moins, « [la] saillance discursive, [la] dualité énonciative et une dépendance dialogique qui confère à l’énon-cé modalisé le statut d’aboutissement d’un raisonnement » (p. 66). Ce faisant, R. Vion s’interroge sur le lien entre gure et dialogisme consti-tutif (grâce à la notion de dépendance dialogique par rapport à des discours non explicités) et sur la dimension argumentative des gures.
L’étude deMichele Prandi, « Métonymie et synecdoque : une frontière à retracer » interroge la distinction entre deux gures dont l’une est traditionnellement considérée comme une variante spécique de l’autre, et le rendement de cette distinction dans la pratique des textes. L’auteur se penche d’abord sur les fondements théoriques qui permettent de distinguer la métaphore, qui « redessine notre paysage conceptuel » et la métonymie, qui « opère à l’intérieur de la légalité conceptuelle partagée et acquise » (p. 79), pour s’intéresser dans un second temps au couple métonymie / synecdoque, dont l’une foca-lise la structure d’un procès (les relations internes à ce procès), tandis que l’autre focalise l’objet individuel pris isolément. M. Prandi valorise l’importance théorique de cette distinction, parfois mise à mal « en pratique » par des exemples particuliers, et montre quelle peut en être l’utilité à la lecture des textes.
Le GroupeLttr 13Badir, Stéphane Polis et François (Semir Provenzano), dans « Figures de l’énonciation : les gestes discursifs du savoir », déplace l’analyse des gures de la sphère de l’énoncé à celle de l’énonciation, et introduit la notion de « geste discursif » comme le complément énonciatif de la notion de « gure ». Déni comme une saillance de l’énonciation, le geste est, dans cette optique, « constitutif du discours » (p. 97), et en gère les phases d’élaboration. Cette notion de geste – dans son aspect plus spéciquement épistémique – est mise à l’épreuve d’un corpus de trois articles de linguistique portant sur le phénomène de l’accent linguistique. Sont dégagées trois gestualités – ou macro-gestes – discursives : description, discussion, élucidation.
9
  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents