Grammaire élémentaire de la langue gasconne
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Description

La « Grammaire Gasconne » de l’abbé Daugé fut publié en 1905, c’est-à-dire à une époque où la langue gasconne était encore pleinement vivante. Le parti de Césaire Daugé était de mettre l’accent sur le génie propre du gascon et en particulier sur ses idiomatismes qui font que la langue gasconne se différencie de ses voisines française, occitane ou espagnole bien qu’issue comme elles du même moule latin. Il y réussit pleinement et nous offre à la fois une grammaire simple d’abord mais emplie de joyaux de langage, évocateurs, nerveux, bien typiques du Gascon, et que ces successeurs ont trop souvent méprisés ou méconnus.


A l’heure actuelle où la langue orale se perd, nous avons cru bon de maintenir la prononciation phonétique donnée par l’auteur à côté de l’orthographe classique du gascon.


La « Gramatica Gascona » de l’abat Daugé qu’estó publicada en 1905, valent a díser en ua tempsada que la lenga gascona i èra encoèra viva viva. Lo prètz-hèit de Cesari Daugé qu’èra de har vàler l’engenh pròpi deu gascon e mei que mei los idiomatismes qui hèn la lenga gascona tan desparièra de las soas vesias francesa, occitana o espanhòla per estar totas gessidas deu medix latin. Que s’i escad de plan e’ns auhereix a l’encòp ua gramatica de bon manejar mès tota plenhada de jòias de lengatge, chucosas, nerviosas, plan menadas deu Gascon, e que los sons successors an tròp sovendetas mespresadas o mauconeixudas.


Au jorn de oei que la lenga orau e’s pèrd, qu’am credut de qu’èra bon de mantiéner la prononciacion fonetica balhada per l’autor au pròixe de l’ortografia classica deu gascon.

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Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782824051383
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

978-2-8240-0727-4 9HSMIME*aahche+
CÉSAIRE É Ċ Ċ ė Ď ē Ć ē ę Ĕ ē Ĉ Ċ Ę ĆĘ Ĉ Ĕ ē ē Ċ Ē Č Ċ đ Ċ Ċ Ě Ċ Č ė ē Ď Ć Ć đĆ ē Č Ě Ċ Ē Ć ĒđĆ Ć Ċ ė ĉĊ ČĊ đ Ċ Ē Ċ ē ęĆ Ď ė Ċė Ć Ē Ē Ć Ď ė Ċ OGO039-B
CésaireDAUGÉ
GRAMMAIREĴđĴĒĊēęĆĎėĊĉĊđĆđĆēČĚĊČĆĘĈĔēēĊ
DU MÊME AUTEUR
Se n t eQu it e y r e, tragédie. ‑ Aire, 1898, J. Labrouche. Fl o u Sd ela n e. ‑ Aire, 1901, J. Labrouche. ueCa m a d ee nit a l ie‑ Aire, 1901. J. Labrouche. (réédit. Princi Negue, 2001) So u n e t Sd ema l a u. ‑ Pau, 1903. Lescher Moutouè. mo u n t a g n e Sp u n t a g u d e S. ‑ Musique de J. Puig y Alsubide. ‑ Paris, Haton. (pour piano et orgue).
Tous droits de traduction de reproduction et dadaptation réservés pour tous les pays. Conception, mise en page et maquette : © Éric Chaplain Pour la présente édition : © EDR/ÉDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2000/2010/2016 EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 CRESSÉ
ISBN 978.2.8240.0727.4 Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — linformatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... Nhésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra daméliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.
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Césaire DAUGÉ
GRAMMAIRE ÉLÉMENTAIRE de la LANGUE GASCONNE (îàÈçÈ ’AîÈ)
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Mise en graphie gasconne classique : Eric Chaplain.
Préface (À ’îîô ôîgîàÈ È 1905)
eaucoup de personnes se montrent surprises de ce que le Gascon n’ait et coBncluent de là que le Gascon n’est pas une pas sa Grammaire et son Dictionnaire, langue. La Grammaire ne crée pas une langue ; elle la constate, elle l’oriente, elle l’unifie, elle la fixe. De plus, la Grammaire présuppose non seulement la langue parlée, mais encore et sur‑ tout la langue écrite : le grammairien suppose l’écrivain. Donnez à un dialecte quelconque une floraison d’ouvrages en vers ou en prose, et la Grammaire naîtra d’elle‑même par la comparaison du langage écrit avec le langage parlé. Alors les défectuosités ou les beau‑tés seront en relief et tenteront les critiques. Il y a donc dans toute littérature deux périodes bien distinctes : l’une d’existence par les actes,
l’autre de fixation par des règles, bien déduites de ces actes et généralement acceptées. Que le Gascon existe depuis longtemps, c’est chose certaine. Nos vieux actes gascons, si remarquables par l’uniformité des termes et de l’orthographe, en font foi. La lutte de la langue d’Oc contre la langue d’Oïl, dont la connaissance fait partie intégrante du bagage de tout vrai littérateur, nous apprend que, pen‑ dant longtemps, nos dialectes méridionaux ont tenu en échec et contrebalancé l’influence de la langue d’Oïl, qui n’a prédominé que grâce aux événements politiques. Avec Henri IV, la Gascogne régnait même par ses mœurs et son idiome à la cour de France. Jusqu’à ces derniers jours, les vieilles familles de notre pays se faisaient gloire de conserver la langue mater‑ nelle et de la parler usuellement : c’était, pour elles, un héritage aussi précieux que le blason illustré par les ancêtres. Nier cela serait l’effet d’un esprit superficiel qui n’est aucunement au
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courant des choses de son temps. Que le Gascon vienne du Latin comme toutes les langues méridionales, excepté le Basque, c’est un fait certain, malgré le sourire moqueur de quelques philologues plus fantaisistes que scientifiques Les conjugaisons sont latines, et la conjugaison est la clef du langage, comme le langage est la clef d’un peuple. Le Verbe exprime l’action : il s’ensuit que l’action de la phrase gasconne est latine. D’ailleurs, les radicaux latins sont faciles à trouver, et on peut en établir facilement les règles de dérivation. Joignez au latin un certain nombre de radicaux grecs et de radicaux que l’on est convenu d’appeler celtiques, et vous aurez les sources complètes de nos dialectes. Jusqu’à l’heure, nos divers dialectes n’ont guère eu que la littérature populaire parlée : Contes, Fabliaux, Proverbes, Prières rimées, Charades que l’on se transmettait mot à mot de génération en génération. Quelques poètes émer‑ geaient parfois, comme d’Astros, Despourrins ;
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mais le succès de ces œuvres était purement local, plutôt succès d’estime que succès litté‑ raire proprement dit, et la langue restait sans Grammaire et sans Dictionnaire. Elle n’était que langue parlée ou chantée ; tout le monde la parlait avec tant d’amour et d’humour que personne ne sentait le besoin de l’appuyer par des règles savamment coordonnées. Aujourd’hui, cet amour de la langue est profon‑ dément menacé par la manie de centralisation à outrance qui détruit une à une nos libertés, nos mœurs, nos usages. Aujourd’hui, tout le monde étudie et est obligé d’étudier, besoin que l’on ne sentait pas autrefois. Mais on n’étudie que le français, et on laisse nos beaux, pittoresques et vibrants dialectes mourir de leur belle mort. Aussi une réaction s’est‑elle produite, réaction heureuse, digne de tout encouragement de la part de quiconque sent battre dans sa poitrine un cœur Gascon. Et ce qu’il y a de plus conso‑ lant, c’est que la jeunesse se met hardiment et généreusement à la tête du mouvement. On
publie vers, prose, contes, poèmes, almanachs ; on organise des concours ; on fonde des revues, des sociétés de Félibrige. Nous avons pensé à aider à ce mouvement autant que cela était en notre pouvoir. Notre bonne volonté s’est contentée de prendre notre dialecte d’Aire, tel qu’il est, et de le mettre en Grammaire sans le comparer à ce qui aurait pu être publié déjà sur d’autres dialectes frères. Sera‑ce une faute ? Nous ne le pensons pas ; car,
nous n’avons d’autre arnbition que d’apporter notre pierre à l’édifice futur Si chaque dialecte faisait sa Grammaire et son Dictionnaire, de la comparaison pourrait surgir une orthographe, une Grammaire, un Dictionnaire typiques et acceptés de tous, assurant pour jamais l’unifi‑ cation de notre Gascon, le sauvant de la ruine dont il est menacé et préparant peut‑être ses triomphes.
Césaire DAUGÉ
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Préliminaires
1.LaGr a m m a ir eGa s c o n n eest l’ensemble des règles qui enseignent à bien parler ou écrire lalangue gasconne. Toutelanguese compose demots;les mots se composent desyllabes;les syllabes se com‑ posent delettres. Unesyllabeest une ou plusieurs lettres que l’on prononce d’une seule émission de voix.
«Ahuma»,enfumer, est un mot. «A‑hum‑a»sont les trois syllabes du mot. «A‑h‑u‑m‑a»sont les lettres qui composent le mot.
2. Le t t r e s.Le Gascon d’Aire, tel que nous le parlons aujourd’hui, comprend vingt‑quatre lettres : A. B. C. D. E. F. G. H. I. J. L. Lh. M. N. O. P. Q. R. S. T. Tche. U. Y. Z.
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1.LaGr a m m a ir eGa s c o n n eest l’ensemble des règles qui enseignent à bien parler ou écrire lalangue gasconne. Toutelanguese compose demots;les mots se composent desyllabes;les syllabes se com‑ posent delettres. Unesyllabeest une ou plusieurs lettres que l’on prononce d’une seule émission de voix.
«Ahumar»,un mot.enfumer, est «A‑hum‑ar»sont les trois syllabes du mot. «A‑h‑u‑m‑a‑r»sont les lettres qui composent le mot.
2. Le t t r e s.Le Gascon moderne, comprend vingt‑trois lettres : A. B. C. D. E. F. G. H. I. J. L. M. N. O. P. Q. R. S. T. U. V. X. Z.
La graphie classique de la langue gasconne est directement issue de l’orthographe de la langue ancienne ainsi que des travaux menés depuis 1945 et jusqu’à nos jours pour fournir aux locuteurs gascons un outil qui permette de
«B» : L’Armagnac, une partie de la Bigorre, quelques dialectes landais changentB enou, dans le corps des mots, devant une voyelle.
Ex. :Bébe,boire,béoue; laba,laver,laoua.
«FEn principe, cette lettre n’existe pas» : dans le Gascon et se remplace par « H ».
Ex. :humde fumus,fumée, etc.
passer — suivant une codification établie — de la langue parlée à la langue écrite et vice-versa. Les règles utilisées pour cetteGrammaire élémen-tairesont celles définies par l’InstItutBéarnaIs& Gascon et plus particulièrement par Jean Lafitte qui a repris en les systématisant et en les adaptant au gascon, les règles édictées par laréforme occitanede Louis Alibert.
L’utilisation d’un graphème «V» dont la p ] rononciation est soit [b/B] ou [w permet d’éviter une double écriture pour un même mot. Ex.: « Bébe/béoue » s’écrit : « béver ». « Laba/laoua » s’écrit : « lavar » / « lauar ». «FEn principe, cette lettre n’existe pas» : dans le Gascon et se remplace par « H ».
Ex. :humde fumus,fumée, etc.
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Cependant l’infiltration française la fait ac‑ Cependant l’infiltration française la fait ac‑ cepter dans quelques mots. cepter dans quelques mots. «H» se prononce toujours très fortement«H» se prononce toujours très fortement aspirée du fond du gosier. aspirée du fond du gosier. «J» n’existe pas dans plusieurs dialectes« J » se prononce soit [ ] soit [ ] suivant les j et se remplace par « Y ». dialectes et parfois suivant la position dans le mot. Il remplace le « Y ». «LH» se prononce mouillé comme «ill»: [ ] ou [ ]) ne forme« LH » (pronciation j dansmouillé, veille,etc. Il équivaut au «LL» pas une lettre à proprement parler. Il corres‑ espagnol. pond au « ILL » français et équivaut au « LL » castillan ou catalan. «N» est : 1°nasal gasconcomme dans «pa4,• Nest : nasal gasconcomme dans «pan, ca4»,pain, chien, que les Béarnais prononcentcan»,pain, chien, que les Béarnais prononcent «pàà, càà; [pã, » avec une nasalité particulière cã] avec une nasalité particulière. Ce son il faudrait créer un signe typographique pour nasal se trouve généralement en fin de mot. le marquer ; ou 2°sonnantet se prononçant sonnantet se prononçant comme dans comme dansinné. inné.
Ex. :balen,laborieux,balenn.
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Ex. :valent,].laborieux, [ b7len
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