L enseignement de l arabe au Cameroun
265 pages
Français

L'enseignement de l'arabe au Cameroun , livre ebook

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Description

En plaidant pour un enseignement de l'arabe qui, pour transmettre la connaissance et le savoir pratiques userait de nouvelles méthodes pédagogiques, l'auteur propose des solutions dont l'application érigerait la langue arabe en un instrument d'intégration sociopolitique, au Cameroun en général, et dans l'Adamaoua en particulier.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2009
Nombre de lectures 432
EAN13 9782296241169
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Je dédie cet ouvrage à la mémoire :
du Professeur Émérite André-Marcel d’Ans
pour l’attention chaleureuse et la rigueur scientifique
avec laquelle il a soutenu et dirigé le projet ;
de mes parentsTchuenteNoé et Simo Jeannette
qui plaçaient l’éducation des enfants
au cœur de leurs principales préoccupations.
Ngainyo.indd 7 14/09/09 14:19:50Ngainyo.indd 8 14/09/09 14:19:50Sommaire
Introduction ................................................................................................. 15
Première Part ie
L’enseignementde la languearabe
auCameroun :
lecasde l’Adamaoua
ChaP itre 1
Les politiques linguistiquesauCameroun
pendant la périodecoloniale .............................................................. 43
ChaP itre 2
Les objectifset la pédagogiede l’enseignement
de la languearabedans l’Adamaoua ............................................. 59
ChaP itre 3
Les problèmes liésà l’enseignementde la languearabe
dans l’Adamaoua ........................................................................................ 81
ChaP itre 4
Les implicationsdesdifférents problèmes sur le plan
éducatifet sociopolitique ..................................................................... 97

Ngainyo.indd 9 14/09/09 14:19:50L’ L’ C.  C  L     
Deuxième Part ie
Lesenjeux sociauxet politiques
de l’enseignementde la languearabe
auCameroun
ChaP itre 5
L’intégrationdesarabisantsdans la vie sociopolitique
auCameroun ............................................................................................... 127
ChaP itre 6
L’avenirde l’enseignementde la languearabe
auCameroun pour une intégration réussie
desarabisants 161
ChaP itre 7
La nécessitéde la miseen placed’une nouvelle politique
éducativeauCameroun ........................................................................ 205
Conclusionet perspectives .................................................................. 213
Bibliographie ................................................................................................ 225
Lexique ............................................................................................................ 247
Listedes tableaux ...................................................................................... 249
Tabledes matières ..................................................................................... 253

Ngainyo.indd 10 14/09/09 14:19:50Préface
Voici un livre qui meten lumière uncas inédit,celuide l’importanced’une
langue, en l’occurrence l’arabe, dans le processus d’intégration sociale et
politiquedes peuplescamerounais. L’histoireet la sociologieduCameroun
ne sauraient en effet se comprendre et s’appréhender sans un détour vers
une sorted’herméneutiquedes langues.La toponymiedu paysenest,àelle
seule,uneparfaiteillustrationdecetterencontredeslanguesvenuesd’ailleurs
aveccellesdupays,toutesengagéesverslaconstructiond’unprésentetd’un
destincommuns.
C’estcelaaussil’histoireduparcoursacadémiqueetprofessionneldeGisèle
Fotso qui,endépitdesécueils qu’on imagine nombreuxetcomplexes pour
une jeune dame chrétienne et originaire des régions tropicales de surcroît,
arrive néanmoins à s’intégrer dans la savane camerounaise façonnée par
des traditions islamiques séculaires et à y mener de fructueuses recherches
sociolinguistiques au point de faire oublier son altérité, si on en juge par
l’accueil qui luiaété réservé sur le plateaude l’Adamaoua.
GisèleFotsoesteneffetuneancienneélèvedel’Écolenormalesupérieure
de Yaoundé. Elle a enseigné le français pendant une dizaine d’années dans
les lycéesetcollègesduCamerounavantde se voirautoriséeà reprendre ses
études.Elles’inscritalorsàl’universitédeParis7etobtientunDEAenScience
politiqueen2004.Puis,onlaretrouvedanslesuddelaFrance,àl’université
de Perpignan oùelle soutienten 2009 une thèsededoctoratenSociologie.
Ceparcourssembleavoirfourniàl’auteureuneformationpluridisciplinaire,
lui permettant d’aller bien au-delà de la sémiotique et du politique, pour
appréhender les dynamiques propres et les tendances qui sous-tendent les
politiquessociolinguistiquesetleurapportdansleprojetdeconstructionde
l’ÉtatengénéraletduCamerounen particulier.
Par une démarche rigoureuse et une rétrospective sociohistorique, des
textes et des chiffres éloquents, des illustrations manifestes et des tableaux
parlants, le tout appuyé par une enquête par questionnaires, et«emballé»
dansunesynthèsenonmoinsrigoureuseetuneanalysemaîtrisantlesderniers

Ngainyo.indd 11 14/09/09 14:19:50L’ L’ C.  C  L     
développementsdelasociolinguistique,GisèleFotsoaréussidanscetouvrage
bienécritdu reste,àdresser lebilan presqueexhaustifd’un secteuréducatif
où tout le monde s’accordeàdire qu’ilestencrise, unecrise profonde.
L’auteure a non seulement voulu apporter un diagnostic complet sur la
situation réelle de l’enseignement de l’arabe dans la région de l’Adamaoua,
encore moins une radioscopiedesécolesfranco-arabes, sans a prioriet sans
préjugé aucun, mais bien plus, elle a tenté aussi des recommandations et
ébauché un plan d’action,frôlant quelquefois leconcretdans ses moindres
détails.
Lesétapesimportantesdel’introductiondel’arabedanslesystèmeéducatif
camerounais sont ainsi évoquées dans une analyse pertinente qui ren d
admirablementcomptedescomplexitéssociohistoriques,corrélativementaux
expériencespédagogiquesempruntées.C’esttoutl’intérêtdecetouvragequi
emboîte le pasaux travaux initiés parRenaudSanterre (1973)etHamadou
Adama (1993) sur l’enseignement arabo-islamique en milieu musulman
de la savane camerounaise. Les enquêtes de terrain réalisées actualisent la
question et informent en même temps des modalités d’adaptation et de
modernisation des problématiques de pédagogie en suscitant une réflexion
sur le développement de l’apprentissage de l’arabe, support des spécificités
socioculturels des peuples musulmans et son apport dans l’intégration des
arabisantsdans leCamerouncontemporain,diverset pluriel.
En plaidant pour un enseignement de l’arabe qui, pour transmettre la
connaissanceetlesavoirpratiques,useraitd’unepédagogiequiferaitunappel
constant aux facultés de réflexion des élèves au lieu de s’appuyer, comme
c’est souvent lecas, surdes procédésde répétition mécanique,Gisèle Fotso
prospectedans cet essai nombre de solutions organiques et fonctionnelles
dont l’application érigerait la langue arabe en un instrument d’intégration
sociopolitiqueauCamerounengénéraletdans l’Adamaouaen particulier.
C’est dire, pour reprendre les éléments de plan d’action de l’auteure,
qu’outre la responsabilitéde l’État, l’éducationdevraitêtreaussi l’affairedes
collectivités locales,desentreprisesetde la sociétécivile.
C’est dire aussi tout l’intérêt que revêt la lecture de ce livre utile dont
l’ampleur des perspectives qu’il ouvre interpelle la réflexion de tous les
partenairesetacteursde l’éducation tantauCameroun qu’ailleurs.
HamadouAdama
Ngaoundéré, le9août 2009

Ngainyo.indd 1 2 14/09/09 14:19:50C 
Bibliographie
Adama,Hamadou,1993,«Naissanceetévolutiondel’enseignementfranco-arabeau
Cameroun»,thèsededoctoratnouveaurégime,universitéMicheldeMontaigne,
Bordeaux 3.
Santerre,Renaud,1973,Pédagogiemusulmaned’Afriquenoire,Montréal,Pressesde
l’universitédeMontréal.
Ngainyo.indd 1 3 14/09/09 14:19:50Ngainyo.indd 14 14/09/09 14:19:50Introduction
L’enseignement des langues en général et de l’arabe en particulier dans les
établissementsscolairesauCamerounestaucœurdesgrandsenjeuxsociau x
et politiquesdepuis 1960. L’analysedece sujet nécessite que nous le situons
au préalable dans son contexte géographique, économique, linguistique et
historique. En effet, le Cameroun présente une grande diversité au niveau
géographique, économique, démographique et linguistique. D’aucuns le
considèrent comme une «Afrique en miniature » 1. L’histoire du Cameroun
a été façonnée par des événements importants notamment le protectorat
allemand,lemandatfranco-britannique,sansoublierle «djihâd»d’Ousman
DanFodiodans leNord-Cameroun.
Géographie
situationgéographique
Le Cameroun est situéen Afrique centrale. Ils’étend en latitude surplus
de 11°N de la confluence de la Sangha et de la Ngoko au lacTchad; au
plan méridien, il s’étireduRiodelReyà laconfluenceNgoko-Sangho 2.La
2Républiquedu Cameroun est un État d’une superficiede475442km ;
il est délimité parleNigeriaà l’Ouest, leTchadau Nord, laRépublique
centrafricaineà l’Est, laGuinéeéquatoriale, leGabonet leCongoauSud 3.
En2002,leproblèmedeBakassiaétéportédevantlaCourinternationalede
JusticedelaHaye;suiteauxdécisionsdelaCour,lesautoritéscamerounaise
et nigériane ont révisé l’ensemble de leurs frontières 4. Ce qui fit passer
quelques villages jusque là nigérians du côté camerounais: l’un sur le lac
TchadàDarak,et l’autre sur le littoral pétrolieràBakassi 5.
1.LomoMyazhiom,AggéeCélestin,SociétésetrivalitésreligieusesauCamerounsousdomination
française(1916-1958),Éditions l’Harmattan,Paris, 2001, p. 27.
2.BenYamed,Danielle, Atlasdu Cameroun, lesÉditionsJeunesAfriques, paris, 2006, p.58.
3. Ibid., p. 74.
4. Ibid., p. 74.
5. Ibid., p. 74.

Ngainyo.indd 1 5 14/09/09 14:19:50L’ L’ C.  C  L     
Relief
À l’intérieurduCameroun, le reliefest très varié.À l’Ouest, unechaînede
montagnes dominées par le mont Cameroun qui culmine à4095 mètres.
Au Nord, de vastes plaines traversées par deux cours d’eaux (le Logne et la
Bénoué). Le Centre est un vaste plateau de 800 et1500 mètres d’altitude.
Quant au Sud, il est formé de longues plaines ou collines recouvertes en
partie par lagrandeforêtéquatoriale 6.
Climat
Le climat est contrasté, partageant le pays en deux zones : au Nord du
e8parallèle, le régime tropical sec limitéàdeux saisons (une saisonde pluies
et une sèche);auSud, le régime subéquatorialchaudet humideavec quatre
saisons (deux saisonsde pluiesetdeux sèches) 7.
Végétation
Lavégétationestvariée:lasteppeauNord;lasavane,puislaforêtclairevers
l’Ouest; laforêtdenseet la mangroveauSud 8.
Spécificitégéographiquedu Nord-Cameroun
LeNord-Camerounquicompteactuellementtroisprovinces(Extrême-Nord,
Nord,Adamaoua:divisionsadministrativesen2006)àl’imageduCameroun,
n’a pas une unitégéographique.
AuNord,laplainedeMarouaseprolongeverslelacTchad,avecdesyaérés
quisontdesimmensesétenduesdeterresablonneuseinondéesensaisondes
pluies,etdeuxgrandsfleuves (leChariet leLogone) 9.
À l’Ouest, le massif montagneuxdesMandara,dont l’altitude moyenne
estde700mètres,avecdessommetsquidépassent1200mètres(les «aiguilles
deRhumsiki»)etatteignentparfois1400mètres(HoséréOupayauNordde
Mokolo); les «Mayo» (coursd’eauenfufuldé, langue Peul) quidescendent
desmontsMandaraverslaplainenecoulentquependantlasaisondespluies
quidure six mois (de maià octobre);et se réduisententre tempsàde larges
étenduesde sablearide10 .
6. Ibid., p.58.
7.BenYamed,Danielle (SsDir), Atlasde l’Afrique,ÉditionsJaguar,Paris, 2000, p86.
8. Ibid., p.86.
9. Hallaire A.et BarralH., Atlas régionale, Mandara-Logone, Orstom, Paris, 1967, in Imbert,
eJean,Le Cameroun,Que sais-je?,PUF,Paris, 1973, 3édition, 1982, p. 18.
10.Imbert,Jean,Le Cameroun,op.cit., p. 18.

Ngainyo.indd 16 14/09/09 14:19:50C
Aucentre,lebassindelaBénoué,généralementrecouvertdesa vaneboisée,
estaussi hérisséde picsdontcertains mesurent2000 mètres.
Le Sud est presque entièrement occupé par le vaste plateau de
l’Adamaoua, avec une savane arbustive, à une altitude qui oscille entre 1000 et
1500 mètres11 .
Lemêmecontrasteseremarqueaussidansleclimat:leNorddelarégion
estsecetchaud,commelazonesoudano-sahérienneàlaquelleilappartient,
avec une seule saisondes pluies quidurecinq mois (de maià septembre)12.
AuSud, leclimatest plus tempéré (22°Cde moyenneàNgaoundéré)13 .
Économie
Agricultureetforêt
Secteur clé de l’économie, elles emploient plus de 60 % de la population
active et représente 42% du PIB (produit intérieur brut) en 199814. Le
café et le cacao restent, malgré les difficultés (vieillissement des plantations
etdesplanteurs,etc.),lesprincipalesculturesd’exportationetreprésentent à
eux seuls 28 %de la valeurdesexportations non pétrolièresdecesdernières
années15.
Minesetindustries
Lesminesetlesindustriesreprésentaient22
%duPIBen199816.Lesprincipalesréservesminièressontlessuivantes:pétrole:100 millionsdetonnes;
3gaz naturel: 115 milliardsde m ;bauxite: 1,2milliardde tonnes;etc.17
L’aluminium représente à lui seul7% de la production industrielle et
5% desrecettes d’exportations18. L’agro-industrieest labranche la plus
représentativedusecteurindustrielcamerounais:Sosucam(sucre),Sodecoton
(cotonet huiledecoton),Socapalm (huilede palme),etc.19
11. Ibid., p. 18.
12. Ibid., p. 18.
13. Ibid., p. 18.
14. Ibid., p.87.
15. Ben Yamed, Danielle (Ss Dir.),Atlas du Cameroun, Éditions Jeunes Afrique, Paris, 2006,
p.86.
16.BenYamed, Danielle (SsDir.),Atlasde l’Afrique, 2000,op.cit., p.88.
17. Ibid., p. 8
18.BenYamed, Danielle (SsDir.),Atlasdu Cameroun, 2006,op.cit., p. 94.
19. Ibid., p. 94.

Ngainyo.indd 17 14/09/09 14:19:50L’ L’ C.  C  L     
Commerceextérieur
Le commerce extérieur du Cameroun affiche en 2004 un résultat de
1264,3milliardsd’exportationsetde1383,5 milliardsd’importations, soit
un déficit de 119,5 milliards. Ce déficit est constant depuis le milieu des
années 198020 .
Lesproduitsbrutsconstituentl’essentieldesexportations,notammentle
café, lecacao, lecoton, lebois, lecaoutchouc,etc.21
Démographie
Croissancedémographique
Surleplandémographique,enl’absenced’unrecensementrécent,ledernier
remonteà 1987, on nedispose qued’estimationsde la populationactuelle:
environ15 millionsd’habitantsen200022.D’aprèslesprévisionsdesNations
unies,fondéessurl’analysedesdifférentesenquêtesdeménagesdisponibles,
leCamerounseraitentrédanslaphasedetransitiondémographique,letaux
annuel de croissance passant de 2,8 % à la fin des années 1990 à environ
2,3%actuellementet2%en 201023.Cette populationestde plusen plus
urbaine24.
ethnies
«Àproposdespopulations,ilconvientdenoterl’extraordinairediversitédesgroupes
ethnolinguistiquesoudesentitésethnoculturelle.[…]ensuivantlaclassification
établie par Téophile Obenga, les groupes de populations du Cameroun
appartiennentàtroisdessous-groupes,tchadique,nilo-saharienetnigéro-kordofanien
dugrandgroupenégro-égyptien25[…].
Ces zones ethnoculturelles de majeure importance – suite à une répartition
stricte, fonction de l’appartenance linguistique, divisent les natifs camerounais
enplusde200groupesethniques. L’ethnieétantpriseicidanssonacceptationla
20. Ibid., p. 98.
21. Ibid., p. 98.
22.Rapportd’Étatdusystèmeéducatifcamerounais,synthèsedesprincipauxrésultatspourunepolitique
éducativenouvelle, p. 2 (Archivesde l’Unesco),Paris.
23. Ibid., p. 2.
24.La population urbaineestconsidéréecommecelledes localitésde plusde 10000 habitants ;
ibid., note 1, p. 2.
25.Obenga,Téophile,Originecommunedel’égyptienancien,ducopteetdeslanguesnégro-africaines
modernes. Introductionàlalinguistiquehistoriqueafricaine,Éditions l’Harmattan,Paris, 1993.

Ngainyo.indd 1 8 14/09/09 14:19:50C
plus large: celle qui la situe entre l’appartenance à une communauté de langue
etdecoutume,lefaitdepartagerlesmêmes
traditions26…»
Selonlerecensementde1987,lapopulationdestroisprovincesduNordCameroun (Adamaoua,extrême-NordetNord) s’élèveà 3,18 millions27 .
langues
Surleplanlinguistique,leCamerounestgénéralementprésentécommeune
mosaïquedepeuplesparlantchacunsalangue.Commeceslanguesnesontpas
écritesdansleurgrandemajorité,leuridentification n’estpasévidente.C’est
pourquoiunprogrammederecherchenationalenommé:Atlaslinguistique
duCamerounaétémissurpieddès1971àl’universitédeYaoundé(capitale
duCameroun) sous ladirectiondu professeurH.M.BotBaNjock28.
le projetAlcam(AtlaslinguistiqueduCameroun):historique
«LeprojetAlcam[…],lancésousladirectionduprofesseurH.M.BotBaNjocket
animéparMM. P.RenaudetM.Dieu,débutaen1974àl’universitédeYaoundé.
À l’issue d’une réunion régionale de concertation sur la promotion des langues
africainessousleparrainagedel’Agencedecoopérationculturelleet technique à
Yaoundéen1976,ceprojetfutadoptéparl’Agencequil’étendit[…]auxautres
Étatsdel’Afriquecentrale.Cefut-làl’émergenced’unprogrammedecoopération
linguistiqueàportéerégionaledénommé:Atlaslinguistiquedel’Afriquecentrale
(Alac). L’exécutiondeceprogrammefutplacéesouslacoordinationduCentrede
recherche et de documentation sur les traditions orales et pour le développement
deslanguesafricaines(Cerdotola) 29. »
ob jectifduprojetAlcam
Le projetAlcamavait pourbut principalde procéderà:
«–l’inventairede toutesles variétéslinguistiquesen usageau Cameroun,
26.LomoMyazhiom,AggéeCélestin,SociétéetrivalitésreligieusesauCamerounsousdomination
française(1916-1958),op.cit., p. 29.
nd27.Cechiffre provientd’undocument officielduCameroun:TeHousinCensus (2 GPHC),
sous la direction du ministèredu Plan et du Développement régional, in Laurence, Boutinot
Migration, religionetpolitiqueau Nord Cameroun,Éditions l’Harmattan,Paris, 1999, p. 7.
28.MendoZé,Gervais(SsDir.),Lefrançais,langueafricaine,Enjeuxetatoutspourlafrancophonie,
Publisud,Paris, 1999, p. 67.
29.TabiManga,Jean,LespolitiqueslinguistiquesduCameroun,Essaid’aménagementlinguistique,
ÉditionsKarthala,Paris, 2000, p. 71.

Ngainyo.indd 1 9 14/09/09 14:19:50L’ L’ C.  C  L     
–la localisation précise de ces différentes variétés linguistiques sur une carte
géographique,
–lacomparaison et la classification de ces variétés linguistiques sousforme
d’unités-langues(languesdistinctes);
–la description systématiquede ces langues dans tousles registres:syntaxe,
sémantique,etc.;
–l’inventaireetlerecensementdetouslestravauxdescriptifsetthéoriquesportant
surceslangues30. »
Les résultats de l’inventaire préliminaire de l’Atlas linguistique du
Camerounconfirmentl’extrêmediversitélinguistiquedecepays«R.Bretonet
B. Fohtung,auteursdel’AtlasadministratifdeslanguesnationalesduCameroun,
cartographient un totalde 248languescamerounaises31 ».
la spécificitélinguistiqueduNord-Cameroun
La régiondu «GrandNord» 32qui regroupe les provincesduNord,de
l’Extrême-Nordetde l’Adamaoua, n’échappe pasàcettediversité linguistique.
LaprovinceduNordestl’espaced’expansiondufulfulde,reléguantainsi
les autres langues à des positions marginales. C’est le cas des langues de la
sous-familleadamaoua, telles que ledii, lepano, ledooyayo33 .
Dans la province de l’Extrême-Nord, la grande majorité des langues en
présenceappartiennentà lafamille tchadique telles que ledaba, lemerey, le
mbuko, legiziga-nor d,etc.34
Ce sont des langues de la famille adamawa-oubanguienne qui couvrent
la totalitéde la provincede l’Adamaoua (mbum,kali,etc.) 35.
Tousces groupes de langues sont concurrencés par le fulfulde, langue
véhiculairedelafamilleOuest-atlantique.Lefulfuldeestsolidementimplanté
dans cette région du Cameroun du fait de l’influence politique des Peuls à
travers l’histoire politiqueduCameroun36 .
30. Ibid., p. 71-72.
31. Ibid., p. 76.
32.Chaquefois que nous parleronsduNord-Cameroundans leschapitres suivants, il s’agirade
ces trois provinces réunies.
33. Ibid., p.82.
34. Ibid., p.83.
35. Ibid., p.81.
36. Ibid., p.82

Ngainyo.indd 20 14/09/09 14:19:50C
Uneautre languedegrandeextension y joue un rôle important: l’arabe
(dialectechoah), langue sémite parlée par les pasteurs peuls.La languearabe
est devenue véhiculaire dans le département de Logone et Chari. Cette
langue progressedufaitde sonadoption par lesautochtonescomme langue
de l’islamisation37 .
Histoire
Généralités
C’est le 14 juillet188438que le Cameroun est placé sous le protectorat
allemand (1884-1914). Aprèsla premièreguerre mondiale, le partage du
Camerounentrelesvainqueurs(France,Grande-Bretagne),estfaitle6mars
1916àDouala39,telqu’ilseraentérinéparletraitédu19 mai192040etpar
le mandat de la Société des Nations (SDN) le 20 juillet 1922: cet acte de
laSDN nefaisaiten réalité queconfirmeret officialiser une séried’accords
déjà conclus entre vainqueurs, et appliqués depuis six ans41. C’est ce qui
explique qu’il fut administré par la France dans sa partie orientale et la
Grande-Bretagnedanssapartieoccidentale.Latutelledel’Organisationdes
Nationsunies(ONU)confirmeracettesituationle13décembre194642.Le
erCamerounaccèdeàl’indépendancele 1 janvier1960,réaliselaréunification
erle 1 octobre 1961etenfin son unification le 20 mai 197243.
Il est important de préciser que le Cameroun n’entre pas dans l’histoire
par le truchement exclusif de la triple colonisation allemande, britannique
etfrançaise.Lapériodeprécolonialefutintenseetriche,notammentdansla
recherched’une politiqued’aménagement linguistique.Depuis 1845,cette
quêtefutl’œuvredesmissionnairesbaptistes.Cetravailserapoursuivitour à
tourparlesAllemandsavecdeuxconférencessur l’éducationauCameroun,
dont la première se tiendra à Douala en décembre 1907; et la deuxième à
Berlin le7avril 1914; puis par les Britanniques et les Français en 1916.
D’amplesdétails serontdonnésdans leschapitres suivants.
37.Gervais,Mendoze,Lefrançais,langueafricaine,enjeuxetatoutspourlafrancophonie,op.cit.,
p. 73.
38.OloaZambo,Anicet, L’affaireduCamerounseptentrional,Cameroun/Royaume-Uni,Éditions
l’Harmattan,Paris, 2007, p. 76.
39.CapitaleéconomiqueduCameroun.
40.Gaillard,Philippe,Le Cameroun,Tome1,Éditions l’Harmattan,Paris, 1989, p. 110.
41. Ibid., p. 120.
42.OloaZambo,Anicet, L’affairedu Camerounseptentrional,op.cit., p. 93.
43.BenYamed,Danielle (SsDir.), Atlasdu Cameroun,op.cit., p. 72.

Ngainyo.indd 21 14/09/09 14:19:51L’ L’ C.  C  L     
la spécificitéhistoriqueduNord-Cameroun
La spécificité historique et le système idéologico-religieux constituent de
grandsenjeuxdans le «Grand-Nor d»Cameroun.Carau-delàde sa
particularité linguistique, le «Grand-Nor d» du Cameroun fut le lieu de conquête
des Peuls ouFoulbé lorsdu «djihâh»d’OusmanDanFodio.
Le«djihâd»d’OusmanDan Fodio
• sa vie(1754-1817)
Ousman dan Fodio44appartient au clan des Torobés45,àce peupledes
Toucouleursqui avaient été parmi les premiers au Soudan à recevoir le
message du Prophète Mohamet. «Ils sont souvent confondus avec les Peuls,
dont deux catégories distinctes existaient alors dans le pays Haoussa : les Peuls
«Borodji», qui nomadisaient avec leurs troupeaux, et qui, restés païens,
pratiquaientuneendogamiemaintenantlapuretédeleurstraits,tandisquelesPeuls
Jiddaoucitadinsétaientmusulmanset s’étaientconsidérablementmêlésavecles
autochtones. […] OusmanDan Fodio était ulcéré par le mépris en lequel les
princes païens tenaient les lettrés et par les compromis de l’Islam ambiant avec
lespratiquesanimistes46. »
Ilestnéen1754auGobir.Filsd’Imam47,fondateurdugrandempirede
Sokoto dont les territoires s’étiraient sur environ2000 kilomètres d’Est en
Ouest,duMassina(dansleHautNiger)àl’Adamaoua(Nord-Cameroun)48.
Ilapprit très tôtà lireetàécrireenarabe,entouréde livresetde manuscrits
dontcertainsapportésd’AfriqueduNord oud’Arabie49.
• sesidéespolitico-religieusesetsoncombat
À la base de ses convictions, qui lui avaient été transmises par un maître
touarègue influencé parle rigorisme wahhabite, se trouve la nécessité
44. «DanFodio»signifieenlangueHaoussa «filsdechefreligieux»,inKi-Zerbo,Joseph,Histoire
de l’AfriqueNoire,Éditions,Hatier,Paris, 1972, note 3, p. 361.
45. «Torodo» en peul signifie «celui qui prie avec les autres», in Ki-Zerbo, Joseph, Histoire de
l’AfriqueNoire,op.cit., p. 361.
46. Ibid., p. 361.
47.Chef religieux.
48.LomoMyazhiom,AggéeCélestin,SociétésetrivalitésreligieusesauCamerounsousdomination
française (1916-1958), l’Harmattan,Paris, 2001, p. 76.
e49.Coquery-Vidrovitch,Catherine, L’AfriqueetlesAfricainsau siècle.Mutations,révolutions,
crises,Armand,Collin,Paris, 1999, p. 67.

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d’éradiquer les pratiques animistes50. Il fallait aussi supprimer les impôts
injustesnonprescritsparla «sharia»51. «Lesbasesdesonenseignementétaient
autantpolitiquesquereligieuses:lesrevendicationsnetouchaientpasseulement
les pratiques des croyants, mais le souci de voir l’État régi par les lois de l’islam,
etenparticulierla«sharia»,àl’exclusionde toute tentationsyncrétiqueavecla
traditionanimiste.
Ousmancritiquaitlesabusexercésparlepouvoirhausa,telsquelaconfiscation
desterres,lacorruptiongénéraliséedelajusticeetl’exercicedudroitduSeigneur
surlesfillesdesessujets[…].Il s’élevaaussicontrelapratiquefréquentedemettre
enesclavagedes Peulsmusulmans[…].
DevantlesréticencesduvieuxchefduGobir,BawaJanGwarzo,puisdeson
filsquivoulaitréduirel’impactdecesréformateursenleurinterdisantdeporterle
turbanetlatuniquedontilsfaisaientunsignedereconnaissance,Ousmanappela
àpartirde1797au«jihad»:lepouvoirdesouverainduGobirfutidentifiéau
cultepaïen,tandisquelevraipouvoir«civil»devaitrevenirauchefreligieuxou
Imam52.»En1801,alorsqu’ilestConseillerduroiduGobir,Ousmanentre
en dissidence; jouissant d’une grande renommée parmi les croyants, il est
viterejointàGoudonoùils’estréfugié,pardenombreuxcoreligionnaires53.
Safuiteestcomparée par sesfidèlesà l’hégiredu prophètearabeMohamet.
À son retour, ildéclare la «guerre sainte»aux souverains haoussas islamisés,
qu’il traitede «noirspaïens» (Haabe)54 .
Après ses premières victoires sur le Gobir et son installation à Sokoto,
OusmandanFodioconvoqueàKanolesmusulmansinfluents(1808)etfait
connaître son désir de créer à l’Est un commandement important; quatre
Modibe (lettrés) missionnaires sont sélectionnés: Daou, chef des Vallarbé
de Killa, Hamane, un valeureux guerrier qui lui est apparenté, Yamo, chef
des Vallarbé du Boudang sur le Faro, enfin, Adama, du lignage des Bas;
c’est ce dernier qui se voit confier la conduite des opérations du «djihâd»
auCameroun55 .
50. Ibid., p. 68.
51. Ibid., p. 68.
52. Ibid., p. 68-69.
53.Gaillard,Philippe,Le Cameroun, tomeI,op.cit., p.48.
54.Monteil,Vincent, L’Islamnoir– une religionàlaquêtedel’Afrique,Seuil,CollectionEsprit,
Paris, 1980, p. 106-107.
55. Cornevin, Robert, Histoire des peuples de l’Afriquenoire,Berger-Levrault,Paris, 1960,
p. 377.
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Ngainyo.indd 23 14/09/09 14:19:51L’ L’ C.  C  L     
La «guerre sainte» dans la région du Nord-Cameroun sera donc confiée
àAdama.
Adamaetl’empirepeulduCameroun
• sa vieetsoncombat
AdamaestnéàGuri,surleFaro;sonpèreHassamaBâl’aenvoyéétudierau
Bornou où ilestdevenu un musulmanéruditetfervent56.
Dès que Modibo57Adama reçoit le commandement, il s’installe à Yola
et sefaitconnaître par les Peulséparpillésdans la région.
Adama opèreavec habiletéeténergie.Il utilise les rivalitésdesdifférents
chefs, invoque la foi commune et va combattre les «sauvages du nord pour
lareligion58».Ilcombat lesMougourouà l’Ouest, puisattaque le sultandu
MandaraetDaba,ilattaquelesMoundangduMayoKebbi;ducôtéduSud,
ilcombatlesVéré,lesTchamba,lesNamtchi(Doayo)etlesDoui59.Adama
soutient leModiboHamandeGarouacontre lesFaliduTinguelinetétend
son pouvoir jusqu’au confluent Déo-Faro60. Adama, après ses premières
victoiresauprèsdecertains «lamibé61»et ses succès sur les tributsanimistes
delamoyenneBénoué,acontinuéàguerroyer.Entréeencampagneen1810,
la moyenneBénouéest soumiseen 181262 .
Modibo Adama fut un chef de guerre violent et impitoyable. C’est
ainsi que mêmedes «lamibé» opposésà ses pratiques,connurent une mort
violente telsMalamHédeTibatiet JauroHassanadePirma63. Parlantdes
techniquesdeguerre peule, le pèreEngelbertMvengditceci: «Ils arrivent,
grands seigneurs, cavaliers superbes, basculant les «païens»quileurrésistent
souventavecopiniâtreté,réduisentd’autresàlaservitudeouàlavassalité 64.»Le
grandpéripled’Adamadontlerègnedureratrenteneufans(1808-1847)lui
permisd’étendresonempire.Parle «djihâd»,ilconquitdesterrestouchantles
frontièresduroyaumeBamoun(auSud),englobantlesrégionsduSud-Ouest
56.Gaillard,Philippe,Le Cameroun, tomeI,op.cit., p.49.
57.Docteuren théologie musulmane.
58. Cornevin, Robert, Histoire des peuples de l’Afrique noire,Berger-Levrault,Paris, 1960,
p. 378.
59. Ibid., p. 378.
60. Ibid. p. 378.
61.Plurielde lamido:chef spirituel, politiqueet militaired’une région islamisée.
62.Gaillard,Philippe,Le Cameroun, tomeI,op.cit., p.49.
63.Mveng,Engelbert, Histoiredu Cameroun,Présenceafricaine,Paris, 1963, p. 201.
64. Ibid., p. 201.
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Ngainyo.indd 2 4 14/09/09 14:19:51C
jusqu’àNgaoundéréetàRei,affluentdeBénouéàl’Est,etauNordunepartie
duMandaraetauBornou65.
Mais, les conquêtes territoriales ne se firent pas sans heurts. Aussi
subirent-ilsde nombreuses résistances.
• les résistancesau«dijâd»dansleNord-Cameroun
Faceàcetteguerresansmercicontreles «païens»,quelquesgroupesethniques,
à l’instardesFalides montsMandaras, opposèrent unefarouche résistance ;
Adamafinitparleurconcéderdesenclaves;lesMboumsurentaussirésister,
maisperdirenttouteslesbatailles;ilsselaisserontfinalementincorporerdans
le système peul66.Parcontre, leMandara résistera victorieusementgrâceau
roi Dgjiama qui y règne depuis près d’un demi-siècle; pendant neuf ans,
gagnantdenombreusesbatailles,ilconserveMaroua;en1822,Adamacroit
pourtantlemomentvenud’imposersaloiparlanégociation;c’estainsiqu’il
envoieauMandaradesparlementairesquisontdécapités67.Lespopulations
«païennes» Moundang connaissent eux aussi des revers; mais jamais ils ne
serontdurablement soumis; sibien quecette régionduLogone représente,
hormisl’enclavedeKalfou,lalimiteEstdel’expansionpeule68.Lesattaques
contre lesTikaret lesBamoun resteront infructueuses69 .
«Onpeutpenserqu’àlafindecetteinterventionmusulmaneentre40et50 %
despopulationsétaientencoreattachéesàleursanciennescroyances70. »
Environcinquanteansaprèslamortd’Adama,commenceladécrépitude
de sonempire.
• Décadencedel’empirepeulduCameroun
LorsqueAdamameurten1847,laconquêteest presque terminée71.Sanda,
un de ses fils qui régneront lui succède72. La région qui s’appelait alors
Fombina (le Sud en langue haoussa) est devenue l’Adamaoua (Adamaoua
65.LomoMyazhiom,AggéeCélestin,SociétésetrivalitésreligieusesauCamerounsousdomination
française (1916-1958),op.cit., p. 77.
66.Gaillard,Philippe,Le Cameroun, tomeI,op.cit., p.51.
67. Ibid., p.50.
68.A.Adler,Lemasqueestmortduroi,p. 19,inBoutinoLaurence,Migration,religionetpolitique
au Nord-Cameroun,op.cit., p.51.
69.Cornevin,Robert, Histoiredespeuplesde l’Afriquenoire,op.cit., p. 378.
70.LomoMyazhiom,AggéeCélestin,SociétésetrivalitésreligieusesauCamerounsousdomination
française (1916-1958),op.cit., p. 79.
71.Cornevin,Robert, Histoiredespeuplesde l’Afriquenoire,op.cit., p. 380.
72. Ibid., p. 380.
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Ngainyo.indd 2 5 14/09/09 14:19:51L’ L’ C.  C  L     
signifielepaysd’Adama),leslamidatsduSud(Ngaoundéré,Tibati,Bindéré)
obtiennent leur indépendance de Yola73. L’Adamaoua est subdivisé en un
certainnombred’émirats74(dontceluideBanyo,Garoua,Ngaoundéré,Réi,
Tibati)vassauxde Yola75.
Lesémirssontmoinspréoccupésdeconvertirlesinfidèlesqued’exploiter
leurs sujets,defairedefructueuses razziaset vendreensuitedesesclavesaux
Kanouris,auxArabesetauxHaoussas76 .
Après l’arrivée des Allemands en 1901, les Anglais occupent Yola ;
eSoubeirou(3 successeurd’Adama)seretireàGaroua,puisàMaroua;battu
deuxfoisdesuiteparlescontingentsbritanniques,Soubeirouseréfugiechez
lesSongquilemettentàmort;l’Adamaouabritanniqueprendcommeémir
le quatrièmefilsd’Adama77 .
Cette phase tumultueuse nedurera pas longtemps.CarModiboAdama,
grâceà son talentdechef religieuxetchefdeguerre,avait su structurer son
empire.Sesfondationsétaientsuffisammentsolidespourperdureretimposer,
voiremaintenirlasuprématiepeulesurtouteslesautresethniestrouvéessur
place.
Lesconséquencesdu«djihâd»auCameroun
Lefacteur peulauraainsi modifié le paysage politique, social,etcultureldu
«GrandNord».Onassisteà la miseen placede nouveaux rapportsdeforce.
Mais, surtoutd’une révolution spirituelle quiferadireduNord-Cameroun
qu’ilest une région islamisée.Mais les «Kirdis» (termefulfuldé quidésigne
les «ethniespaïennes»auNord-Cameroun)constituerontunenjeupolitique
majeuraprès l’indépendance.
• Auniveaupolitique
L’islam jouaitdansce processusde mutation politique un rôledéterminant.
C’estainsi que le lamidatdevint le noyaude l’organisation politique.
–L’organisationpolitiquehiérarchiséedeslamidats
Ausommetdulamidatsetrouvelelamido,quiincarneaussibienlespouvoirs
temporelquespirituel.Lelamidosecomportaitcommeunsouverainabsolu
73. Ibid., p. 380.
74.Territoiresgouvernés par unémir/princegouverneur,chef militairearabe.
75.Cornevin,Robert, Histoiredespeuplesde l’Afriquenoire,op.cit., p. 380.
76. Ibid., p. 380.
77. Ibid., p. 380.

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