Parlons arabe libanais
287 pages
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Parlons arabe libanais

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Description

L'arabe libanais est une variante des parlers arabes levantins. Il permet de communiquer non seulement avec des Libanais, mais aussi avec des Syriens, des Palestiniens et des Jordaniens dont les parlers sont très proches. Ce manuel est conçu en cinq volets : une présentation générale, une partie grammaire, une partie conversation, une présentation des principaux traits culturels et sociolinguistiques, et enfin, un lexique à doubles entrées, riche de 3000 mots et verbes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2010
Nombre de lectures 1 319
EAN13 9782296259096
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Avant-propos
Ce livre vous propose une initiation à la langue et à la culture
libanaises en cinq parties. Le libanais est présenté dans une
transcription simplifiée en caractères latins, ce qui permet aux
francophones de suivreles explications et d'apprendre la langue
sans passer par l'écriture. Cependant, nous avons jugé intéressant
d'ajouter l'écriture arabe dans les dialogues présentés en troisième
partie, afin d'aider les lecteurs qui veulent pratiquer l'écriture en
parallèle.
La première partie du livre présentebrièvement la place de l'arabe
libanaisau sein des dialectesarabes,ains i que les particularités de
la prononciation du libanais par rapport aux sons représentés dans
le système graphique de l'arabe.Le système de transcriptionadopté
dansce manuel est expliqué ici.
La deuxième partie est consacrée à la grammaire. Les différences
grammaticales qui existent entre le dialecte libanais et l'arabe
littéral sont soulignées dans des notes de bas de page, à l'attention
deceux quiapprennent l'arabe littéral parailleurs.
La troisième partie appelée "Conversation" est composée de 20
dialogues reprenant plusieurs situations de la vie courante des
Libanais.Chaque dialogue est précédé d'un texte quicommente ou
récapitule certains aspects sociaux ou grammaticaux qui y sont
abordés.Les personnes qui parlent sont numérotées par leschiffres
1 et 2.Quand une même personne dit plusieurs phrases, toutes ses
phrases sont précédées du chiffre qui lui correspond. Le chiffre
change quand l’interlocuteur reprend la parole. Certains dialogues
sont présentés en deux versions quicorrespondentà deux registres
de langue différents. Par ailleurs, pour vous permettre de mieux
apprécier la structure interne de chaque énoncé, et pour vous
encourager à créer vos propres phrases par la suite, toutes les
formules utilisées dans cette partie sont présentées sur quatre
lignes :
7ligne 1: phrase libanaise encaractères latins
ligne 2: traduction françaisemot-à-mot (avec grammaire)
ligne 3: phrase libanaise encaractèresarabes
ligne 4: traduction françaisecourante
Notez que dans la première ligne, les mots empruntésà des langues
occidentales (français,anglais, italien) sont écrits en italique.Dans
la deuxième ligne de traduction mot-à-mot, quand un même mot
arabe correspond à plusieurs mots français, les mots français se
trouvent liés entre eux par des tirets. La ligne 3, où le libanais est
écrit en caractères arabes, présente une difficulté importante car il
n'y a pas de consensus sur la manière d'écrire un dialecte avec les
caractères propresà l'arabe littéral, d'autant plus quecescaractères
ne sont pasadaptésau système phonétique dialectal.L'écriture que
vous trouverez ici représente un choix particulier qui ne ferait pas
nécessairement l'unanimité.
La quatrième partie, appelée "La culture et ses mots", n'a
naturellement pas pour but de dresser un panorama culturel
complet du Liban, mais d'évoquer simplement quelques traits
culturels et sociolinguistiques qui vous permettront de mieux
comprendrecette société.
La cinquième partie est constituée d'un lexique à double entrée :
français-libanais, et libanais-français. Vous y trouverez environ
1500 mots usuels dans chaque partie, soit au total 3000 entrées
environ.Ce lexique est d'autant plus précieux que les dictionnaires
d'arabe dialectaloriental sont très peu nombreux. Vous trouvere z
quelques titres mentionnés dans une bibliographie thématique non
exhaustive qui vous est proposée en fin d'ouvrage.
Enfin, je tiens à remercier Marwan Bizri et Hala Bizri, à qui la
quatrième partie dece livre doit tant.Je remercie également Sylvie
Ballyot pour l’enregistrement audio duCD accompagnant le livre,
ainsi que Marwan Bizri et Sirine Fattouh pour leurs voix, Kazuko
Sasaki et Stéphanie Dadour pour leur aide et leurs conseils
techniques.
8Carte duLibanListe desabréviations
acc. accompli
ang.empruntà l'anglais
aux. auxiliaire
col. collectif
comp. comparatif
dl. duel
Exp. expression
fém. féminin
fr. empruntau français
IM. inaccompli modal
imp. impératif
in. inaccompli
inv. invariable
it.empruntà l'italien
litt. littéralement
mas. masculin
p.a. participeactif
p.p. participe passif
pl. pluriel
PP personne du pluriel
PPmpersonne du pluriel masculin
prog. progressif
PS personne du singulier
PSfpersonne du singulier féminin
sg. singulier
sgt. singulatif
superl. superlatif
10I. Présentation duLibanais}
}
}
}
}
}
}
}
}
}
}
}
1. Quelarabe parler pour unFrançais ?
Quand on décide d'apprendre l'arabeaujourd'hui, on estconfrontéà
la question : "quel arabe ?". En effet, l'arabe est un terme
générique qui couvre plusieurs parlers pratiqués par 240 millions
de locuteurs, dispersés sur un grand territoire allant du
Moyen-Orient, à l'Afrique du Nord, en passant par la péninsule
arabique. Un Mauritanien ne parle pas le même arabe qu'un
Iraquien ou un Libanais. Les dialectes arabes sont généralement
classés en deux familles : la famille occidentale regroupant les
parlers d'Afrique du Nord, et la famille Orientale regroupant ceux
duNil, duLevant, et duGolfeArabique.
La langue maternelle d'un Arabophone est par conséquent
différente selon qu'il soit libanais, égyptien, saoudien, oualgérien,
ou autre. Cette langue maternelle est un dialecte qui est pratiqué
pour tous les besoins de la vie quotidienne. Ce n'est pas la langue
de l'éducation.En effet, dans les écoles de tout paysarabe,c'est la
fush aque l'on apprend. La fush a, c'est l'arabe littéral standardisé
sous une forme modernisée commune à tous les pays arabes. Un
Arabe scolarisé pratique donc forcément deux variantes d'arabe :
son dialecte, et la langue écrite standard.On dit langue écrite, mais
les sphères couvertes par cette langue ne se limitent absolument
pasà l'usage de l'écrit.L'arabe standard ouarabe littéral est utilisé
dans les médias écrits et oraux, dans les communications et
discours officiels, dans la littérature, dans le système éducatif et
dans les fonctionsadministratives.
Contrairement à l'arabe dialectal, l'arabe littéral, el fush a, peut
atteindre tous les arabophones. En revanche, c'est une langue
grammaticalement peu économique et peu spontanée, nécessitant
une plus grande habilité pour une production "sans fautes
grammaticales". L'éducation scolaire prépare les arabophones à
biencomprendre la langue standard en tant que locuteurs passifs,
et à y produire des petits discours simples et corrects. Pour
maîtriser la langueau-delà dece niveaubasique, un apprentissage
plus poussé ainsi qu'une passion de la langue sont nécessaires. Le
dialecte reste dans tous les cas la langue la plus spontanée et plus
adaptéeau quotidien.
13Les dialectes arabes sont le résultat de la fusion entre la langue
arabe introduite par les conquérants musulmans au VIIème siècle
sur les territoires aujourd'hui devenus arabes, et les langues
indigènes parlées dans ces régions-là à cette époque. Chaque
dialecte est donc teinté decaractéristiques linguistiques relevant de
la langue indigène anciennement parlée avant la conquête
musulmane: danscertains cas c'est le syriaque, dans d'autres c'est
lecopte, etc...
Aujourd'hui, quand des arabophones d'un bout à l'autre du monde
arabe se retrouvent, ils ont la possibilité de parler ensemble soit en
arabe littéral standard (si les locuteurs en question ont été
scolarisés), soit dans un des dialectes véhiculés dans les médias par
la culture populaire. En effet, certains dialectes véhiculant une
cultureattirante deviennent tellement familiersaux oreilles d'autres
Arabes, qu'ils finissent par servir de lingua franca à travers le
monde arabophone. Tel est, par exemple, le cas du dialecte
égyptien, largement compris dans tous les pays arabes, grâce à sa
production de films et de chansons qui le précède comme une
ambassadrice.L'arabe libanais est luiaussiconnu, surtout depuis le
lancement de la télévision par satellite.
Un Français apprend en général soit la langue du pays qui
l'intéresse, soit l'arabe littéral, soit un de ces dialectes largement
compris par lesarabophones.
142.Le dialecte libanais
Le libanais, le syrien, le palestinien, et le jordanien,appartiennentà
la famille des dialectes orientaux de l'arabe. Il s'agit, à quelques
différences près, de la même langue, que l'on pourrait appeler
l'arabe levantin. Cette famille dialectale est le résultat du contact
entre l'arabe introduit au VIIème siècle par les conquérants
musulmans et la langue syriaque qui se parlait dans la région à
1l'époque . Plus tard, ces dialectes continueront à évoluer,
notamment sur le plan du lexique, sous l'influence du persan, de
l'italien, du turc, du français et de l'anglais.
Le dialecte libanais présente certaines différences régionales
surtout par rapport à la prononciation et au vocabulaire, un peu
moins par rapport à la grammaire. D'après ces particularités
locales, on peut diviser les "accents" libanais en plusieurs zones,
parmi lesquelles: la région du nord,avecBcharré,Ehden,Hasrun ;
la région de Batrûn et Jbeil ; la région de Beyrouth ; le
Mont-Liban ; la région du Chouf ; Saïda et ses environs; le sud
Liban hors Saïda ; la Bekaa. Cependant, ces différences
n'empêchent en aucun cas la compréhension mutuelle. Dans ce
manuel, nous avons pris le parti d'utiliser les formes les moins
typées régionalement.
À noter également qu'au Liban, on est souvent confronté à un
phénomène particulier de multilinguisme.L'arabe libanais présenté
dansce manuel n'est pas toujours parléainsi.Les locuteurs libanais
y mêlentsouvent des emprunts à d'autres langues, notamment au
français età l'anglais,ainsi qu'à l'arabe littéral.
1
Aujourd'hui, les traces dusyriaquemarquent encore profondément
l'arabe libanais, aussi bien au niveau de la prononciation que de la
grammaire. Par ailleurs, la langue syriaque elle-même s'est conservée de
nos jours dans quelques villages syriens et libanais au sein de la
communauté religieuse chrétienne de rite syriaque, ainsi que chez les
Maronites pour quic'est une langue liturgique.
153.Écriture, prononciation et transcription
L'arabe s'écrit de droiteà gauche.L'écriturearabe,composée de 28
consonnes et de 6 signes vocaliques (3brefs et3 longs) estadaptée
à l'arabe littéral ou à l'arabe classique, mais peu adaptée aux
dialectes, surtoutau niveau vocalique.Dans le tableauci-après, on
présente les sons consonantiques et les sons vocaliques propres à
l'arabe libanais en translittération simplifiée. Dans une deuxième
colonne, on présente les lettres de l'arabe littéraire qui
correspondent à chaque son. Parfois plusieurs sons de l'arabe
littéraire sontreproduits de la même façon en libanais.Comme les
voyelles n'apparaissent jamais seules, mais sont dessignes
diacritiques qui s'ajoutentauxconsonnes, on les présentera dans le
tableau des voyelles accompagnant les lettres b et d, à titre
d'exemple.
Pour les lecteurs qui apprennent à écrire l'arabe en parallèle à
l'apprentissage proposé dansce manuel, il faut rappeler quechaque
lettre arabe peut avoir plusieurs formes selon qu'elle est à l'initiale
du mot, en milieu ou à la fin. Les lettresarabes présentées dans le
tableau des consonnes ci-dessous apparaissent sous la forme dite
"isolée",c’est-à-dire quand elles ne sont pas intégréesà un mot.
À noter également que quand uneconsonne est géminée (redoublée)
en arabe, elle ne s'écrit pas deux fois, mais une seule fois
accompagnée du signe . Ce signe s'appelle la chaddé (avec
l'accent libanais, chaddaen arabe littéral). La gémination se
prononce très distinctement en arabe. Sa présence marque souvent
des phénomènes grammaticaux comme, par exemple, la présence
2
de l’article défini devant certaines consonnes , ou la construction
3du factitif .
2Exemple: 'amar une lune, el-amar la lune, maischames un soleil,
echchames le soleil, et non*el-chames
3Exemple: katab ila écrit, kattab ila fait écrire
16}
}
}
}
a.Consonnes
-en début de mot: 'alb
cœur
c'est unarrêt glottal,
-en médiane el-'alb le
comme un hiatus, il est
' cœur (à ne pas
accompagné de la voyelle
prononcer *elalb)
qui le suit.
-en finale na' le fait de
se plaindre
Ce son de l'arabe littéral
est généralement 'ahw écafé
prononcécomme un ' ( )
en libanais, sauf pour mais
' / q
certains mots de l'arabe
littéral.Dans la région du iqâmé séjour
Chouf, la prononciation 'anâqa élégance
de q est maintenue.
b comme "barque" bâba papa
comme "chien" cha'fé morceauch
comme "danser".Les
mots de l'arabe littéral
contenant un (que l'on
transcrira ici par dh
daraj escalier
d et quand oncite des mots de
dîb loup
l'arabe littéral oùce son
apparaît) sont
généralement reproduits
en libanaisavec un d.
c'est un d emphatique.En
général, les lettres
d emphatiques entraînent la darab ila frappé
postériorisation des
voyelles.
tafahhom
comme "fille"f
compréhension
17
Prononciation
graphiearabe
Description
Exemple}
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}
}
comme dans "hello" en
h ahbal idiot
anglais
c'est un hplus frottéau
niveau de la gorge, un h h mârâne
h trèsappuyé, nous le
marquons par une 'a hâdîsconversations
majuscule.
comme dans "Georges",
jabal montagnej
"jardin"
comme dans "catalan",
k kalebchien
"quoi"
comme la jota espagnole,
kh ou lechallemand de khalasça suffit
Bach
c'est un son guttural,
elbé uneboîte
certains le rapprochent du
bukra abukra
r dans l'expression "ya
demain matin
rienà faire"
comme dans "lampe" lamba lampel
m comme dans "mètre" meter mètre
comme dans "nord".La
voyelle qui le précède
n'est jamais nasalisée
naylon nylon
(comme dans*bon,n
masalan par exemple
*bain).Le n est toujours
prononcécomme s'il
était suivi d'un e muet.
c'est un r roulécomme en rama dân le mois de
r
espagnol ou en italien Ramadan
Aucune lettre de l'arabe
littéral necorrespondàce
mot.Ilapparaît garâj garage
g
-uniquement dans les sigâracigarette
empruntsà des langues
étrangères.
C'est un r grasseyé,
comme le r parisien, mais ghâbé forêtgh
un peu plus liquide. b-y-ghîb il s'absente
Le s est toujours
prononcécomme dans
et samak poissons
"salon", même quand il
est entre deux voyelles ou
18}
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}
}
}
}
}
en fin de mot.Les mots
de l'arabe littéral
contenant un (que l'on
transcrira ici par th quand
oncite des mots de
l'arabe littéral où elle
apparaît) sont, en général,
reproduits en libanais
avec le s.
c'est uns emphatique.Sa
présence entraîne la
postériorisation des salôn salon
s
voyelles qui a sfar jaune
l'accompagnent dans le
mot.
t comme "table" takht lit
c'est unt emphatique.Sa
présence entraîne la
postériorisation des
t tâwlé table
voyelles qui
l'accompagnent dans le
mot.
comme dans "oiseau",
wazîr ministrew
"oie"
comme dans "yoyo",
y yallâallons-y
"yacht"
z comme dans "zoo" zarâfé girafe
c'est un z emphatique.Sa
présence entraîne la
zzarâfé le fait d'être
postériorisation des
z sympathique
voyelles qui
zabétamende
l'accompagnent dans le
mot.
19}
}
}
}
b.Voyelles
Les voyelles brèves sont marquées par des petits signes
4graphiques quiapparaissentautour de laconsonne:
Un trait au-dessus de laconsonneappelé fath apour le sona.
Un signe au-dessus de laconsonne appelé dammé pour le son u
(prononcécomme le français ou).
Un trait au-dessous de la consonne appelé kasra , pour le son i,
parfois prononcé e en libanais (écrit indifféremment e ou é).
Les voyelles longues (â, û, î) sont marquées dans le système
d'écriturede l'arabe par trois consonnes qui se convertissent pour
l'occasion en semi-consonnes (ou semi-voyelles):
a suivant uneconsonne, elle luiconfère le son vocaliqueâ.
w suivant uneconsonne, elle luiconfère le son vocalique û.
y suivant uneconsonne, elle luiconfère le son vocalique î.
Le libanais a d'autres voyelles brèves (o, é, ô, ê), mais le système
d'écriture de l'arabe littéral ne permet pas de les marquer dans la
graphie. Il est donc généralement convenu d'écrire o comm e u, ô
comme û. Le son é est parfois écrit i ou a, selon l'étymologie du
mot.Demême, ê est écrit î ou â.
Comme il est dit précédemment, le dessin desconsonnes de l'arabe
change selon que la lettre en questionapparaît en début,au milieu,
ou en fin de mot. La plupart des consonnes perdent une partie de
leur corps quand elles sont suivies d'un autre signe (une autre
consonne ou une voyelle longue). Seulement 6 consonnes ne
changent pas de forme quand elles sont suivies d'uneautre lettre, et
en restent séparées. Il s'agit de : dh, d, ', z, r, w. Pour
retenir ces lettres, on peut penser au verbe râwada "venir à
l'esprit" qui en regroupe 4 sur 6. Les deux lettres restantes, z et
dha s'écrivant comme r et d mais avec un point au-dessus,
sont faciles à retenir. Dans le tableau ci-dessous récapitulant les
voyelles, nous donnons l'exemple de b (lettre quichange de forme
4Les voyellesbrèves sontrarement marquées sur les mots.En général on
les devine. Elles peuvent cependant être marquées quand unmot prête à
confusion, ou dans les livres pour enfants ou pour débutants.
20}
}
quand elle est suivie d'un autre signe), et de d (lettre qui reste
toujours séparée du signe qui la suit).
signe
son Prononciation Exemple
arabe
a ba abref,comme dans jamalchameau
da papa daraj escalier
â bâ le double de la jâr voisin
dâ durée duabref dâr salon, maison
é ba comme dans "école". lebes habillement
da Parfois sonne dé'' que je sonne
ou légèrementcomme
bi un "i".
di
ê bî comme "é" dans lêbes habillé
dî "école", mais de plus madêris écoles
ou longue durée. 'âsé dur
bâ hêdé tranquille
dâ bêt maison
i bi comme dans ktêbik ton livre
di "Irlande".Parfois
comme "é" dans
"élève"
î bî c'est un i long mersî merci

u bu se prononce "ou", bukrademain
du comme dans "outre", duwwayracercle
"ours"
û bû plus long en durée bûs embrasse
dû que u dûr tourne
o bo se prononce fermé, 'ortauneclique
do comme dans "beau"
ô bô plus long en durée lyômaujourd'hui
dô que o,comme dans drôb frappe
"oh"
21II. GrammaireLa racine enarabe :
Avant de commencer à décrire la grammaire de l'arabe libanais, il
est important decomprendrecomment fonctionnent les racines des
mots arabes, pour comprendre comment ces mots sont dérivés les
uns desautres.
En arabe comme dans la plupart des langues sémitiques, tous les
noms simples et les verbes simples sont formés à partir d'une
racine, souvent triconsonantique, qui, avec une ou deux voyelles,
forme le radical du mot.Par exemple,à partir de la racine * ktb, on
a (avec les voyelles libanaises): ktêb livre, et katab il a écrit, et
kêtib écrivain.
Les noms et verbes dérivés d'une même racine se différencient les
uns desautres par divers petitschangements que l'on peut effectuer
dans la racine consonantique. Par exemple : le redoublement de
consonnes du radical (katab il a écrit, kattab il a fait écrire) ;
l'élimination, la transformation ou l'ajout d'une voyelle (katab il a
écrit, kêtib écrivain) ; la préfixation, l'infixation ou la suffixation
de certainesconsonnes au radical (katab il a écrit, maktûb lettre,
maktab bureau, écritoire.) On verra, sous le chapitre du nom,
quels procédés sont utilisés pour dériver diverses formes nominales.
Dans lechapitredu verbe, on étudiera le schèmedeformation des
9 formes verbales.
Ces structures internes sont communes à tous les dialectes arabes.
Là oùchaque dialecte se distingue desautres,c'est dans lechoix de
ses voyelles, dans la réalisation de certaines consonnes, ainsi que
dans sa préférence pour une structure plutôt qu'uneautre.
251.Le nom
Le genre: féminin et masculin
Le nom enarabe libanais est marqué par le genre masculin-féminin.
Les noms féminins portent parfois des marques suffixées qui les
différencient des noms masculins et les rendent reconnaissables.
Tel est surtout le cas des noms de paires naturelles
masculin-féminin morphologiquement apparentées, où la marque
du féminin est un "é" (ou un "a") suivi d'un "t" quin'apparaît à
5l'oral que dans lecas où le nom féminin est suivi d'uncomplément .
Voici quelques exemples : kalbé(-t) chienne, khâlé(-t) tante, et
bsayné(-t)chatte.
kalb unchien
kalbé unechienne
mais
kalbétbént-é lachienne de ma fille
khâl oncle
khâlé tante
khâl ziyâd l'oncle deZiad
mais
khâlét ziyâd la tante deZiad
bsênchat
bsayné(-t)chatte
bsaynét ej-jirân lachatte des voisins.
D'autre part, un grand nombre de noms féminins ne portent pas de
marque spécifique. Certains sont reconnaissables à leur
signification,ce sont par exemple des êtres de sexe féminin (bénét
fille, sétt dame, 'émm mère), ou des noms désignant des parties du
corps ('îd main, 'éjér pied, ên œil), ou autres (chamés soleil,
5Vous trouverez, dans la partie lexique, les mots fémininssuivis de (-t)
entre parenthèses, pour bien rappelerque ce (-t) réapparaît quand le mot
est suivi d'uncomplément.
26}
}
'arédd terre, nâr feu). Ils manifestent leur genre féminin
uniquement dans lesaccords qu'ils entraînent.
Parailleurs,certains noms masculins ont uneapparence féminine à
cause de la chute de leur consonne finale, et peuvent donc se
terminer par "a" ou "é". Par exemple : hawavent, acha dîner,
ghada déjeuner, dawa médicament.
Le nombre: singulier, duel, pluriel
Les noms sont fléchis sur trois nombres: le singulier, le duel et le
pluriel.
Les duels, catégorie obligatoire en arabe libanais dès que l'on
compte par deux, sont souvent obtenus par le suffixe -ên qui peut
s'ajouter à un nom masculin ou féminin. Quand il est ajouté à un
nom féminin, le (-t) féminin réapparaît.Ainsiona:
kalb unchien kalbé unechienne
kalb-ên deuxchiens kalbt-ên deuxchiennes
Parfois, l'ajout du suffixe duel -ên entraîne des ajustements
vocaliques : la voyelle de la dernière syllabe du mot peut sauter.
Par exemple:
bénét une fille bént-ên deux filles
Quand un duel est suivi d'un complément ou d'un suffixe, la
marque "-ên" se relâche en "-ayn",comme dans :
ên ayntên ayntayn-a
un œil deux yeux ses deux yeux (à elle)
Les membres ducorps qui sont symétriques ontà la fois un duel et
un pluriel: ên un œil, ayntên deux yeux, et yûn des yeux.
27}
}
}
}
Pour former des pluriels il existe plusieurs schèmes. Certains se
forment à l'aide d'un suffixe de pluriel. Parmi ces suffixes, on
a : -în, -îyyé, -ât, ou-êt.Quand on apprend un nouveau mot, on
doit retenirà la fois son genre et le suffixeavec lequel il forme son
pluriel.En voici quelques exemplesavecchacun deces suffixes :
"-în"comme
él msêfér le voyageur
él msêfrîn les voyageurs
"-iyyé"comme
harâmé voleur
harâm-iyyé des voleurs
Ce même suffixe "-iyyé" sertà former le pluriel et le féminin des
nationalités:
lébnêné unLibanais
lébnêniyyé desLibanais/uneLibanaise
frensêwé unFrançais
frénsêwiyyé desFrançais / uneFrançaise
'énglîzé unAnglais
'énglîziyyé desAnglais / uneAnglaise
ou 'énglîz desAnglais
"-ât"comm e
sayyâravoiture
sayyârât des voitures
"-êt"comme
bénét fille
banêt des filles
D'autres noms ont une forme de pluriel interne, c’est-à-dire qu'ils
ne se forment pas grâce à un suffixe, mais en changeant les
voyelles qui se trouventà l'intérieur du mot :
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