Parlons talysh
127 pages

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Parlons talysh

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
127 pages

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Les Talysh vivent aux confins de l'Iran et de l'Azerbaïdjan. Ce peuple de langue indo-européenne apparentée au farsi vit dans des conditions culturelles différentes dans les deus pays. En Iran, où ils sont plus de 100 000, leur langue n'est pas enseignée et seul le farsi est officiel. En Azerbaïdjan, des efforts sont faits depuis l'indépendance pour la promouvoir. Le lecteur sera intéressé par les spécificités linguistiques et culturelles que le peuple talysh a su préserver au long des siècles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 350
EAN13 9782296713772
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Parlons talysh
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions

Parlons gagaouze, Güllü Karanfil, 2010.
Parlons dogon, Denis Amadingue DOUYON, 2010.
Parlons nheengatu, Ozias AlvesJr., 2010.
Parlons tpuri, Kolyang Dina TAIWE, 2010.
Parlons sakha, Émilie MAJ et Marine LE BERRE-SEMENOV, 2010.
Parlons arabe libanais , Fida BIZRI, 2010.
Parlons fang. Culture et langue des Fang du Gabon et d’ailleurs , Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE, 2010.
Parlons amis , Rémy GILS, 2010.
Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan, Afghanistan, Tadjikistan et Chine, Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture, Kofi ADU MANYAH, 2009.
Parlons akyé bodin, Firmin AHOUA & Patrice ACHIE BROUH, 2009.
Parlons balinais, Made Windu Antara KESIMAN, Michel MALHERBE, 2009.
Parlons slovaque, Etienne BOISSERIE, Diana JAMBAROVÁ et Vlasta KŘEČ KOVÁ, 2009.
Parlons néwari, Sushila MANANDHAR, 2009.
Parlons farefari, Mary Esther Kropp Dakubu, 2009.
Parlons allemand, Hervé RICHARD, 2009.
Parlons tcherkesse, Amjad JAIMOUKHA, Michel MALHERBE, 2009.
Parlons moba, langue du Nord-Togo, Pierre REINHARD, 2009.
Parlons shanghaïen, Feng LI, 2009.
Parlons bunun, Rémy GILS, 2009.
Parlons suédois, Corinne PENEAU, 2009.
Parlons agni indénié, Firmin AHOUA et Sandrine ADOUAKOU, 2009.
Parlons otomi, Yolanda LASTRA, 2009.
Parlons luo, Neddy ODHIAMBO et Michel MALHERBE, 2009.
Irada P IRIYEVA


Parlons talysh
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris


http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr


ISBN : 978-2-296-13578-9
EAN : 9782296135789

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Introduction
Les Talysh sont un peuple qui vit de part et d’autre de la frontière entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. La langue, l’emplacement géographique depuis l’antiquité, les montagnes et les forêts où s’est installé ce peuple est désigné par l’épithète talysh /tol ı ş . On trouve les Talysh dans le Sud de l’Azerbaïdjan, le long de la frontière iranienne, principalement dans les régions de Lenkoran/ Lankon , Astara/ Ostoro , Lerik/ Lik et Massalli/ Masalli . La frontière coupe en deux leur habitat traditionnel, qui se poursuit en Iran, le long de la côte Sud de la mer Caspienne.
Jusqu’à la fin de l’Union soviétique (1991), il n’y avait aucune communication frontalière et donc le talysh a évolué dans deux directions distinctes. Une partie des Talysh de l’Azerbaïdjan vit dans les montagnes, où le climat est sec, et l’autre vit sur les basses terres côtières humides subtropicales, où elles s’étendent vers le Nord, sur le Mougan/ Mi ğ on (la plaine de Mougan) s’étend entre la rivière l’Araks et la partie Nord du massif Talysh jusqu’à la mer Caspienne. Au Sud et Sud-Est il rejoint la plaine de Lenkoran et la steppe de Salyan. La partie Sud-Ouest de la plaine de Mougan s’étend en Azerbaïdjan du Sud (Iran).
Le nombre des locuteurs de talysh est difficile à déterminer. Peutêtre quelques centaines de milliers. Selon le recensement de 1926, il y avait 77.039 Talysh en Azerbaïdjan soviétique. En 1959, ils étaient considérés comme Azéris et on estimait à seulement 10.500 les Azerbaïdjnais ayant la talysh comme la langue maternelle. Les Talyshs ont subi une pression considérable de la part de l’administration de la République Soviétique d’Azerbaïdjan, dont le but était de regrouper toutes les minorités dans la république en un seul peuple azerbaïdjanais unifié. Cette politique a été relativement facile à appliquer pour les peuples musulmans, car ils étaient tout simplement présentés comme un sous-groupe ethnique azerbaïdjanais. Ceci est confirmé par la politique de recensement qui visait à effacer plusieurs minorités de langues différentes non enregistrées. C’est pour cette raison que les recensements de 1959 et suivants ne mentionnent pas les Talysh. Après l’indépendance de l’Azerbaïdjan la situation a changé positivement. Aujourdhui, le Comité des Statistiques d’Etat de la République d’Azerbaïdjan en recense 76.800. En outre, selon les données de 1983, près de 100.000 Talysh vivent en Iran.
(source : http://www.eki.ee/books/redbook/talysh.shtml ).
La langue talysh (tolishi) est étroitement apparentée au persan mais pas au point que l’intercompréhension soit possible. Elle appartient au groupe iranien des langues indo-européennes. Le parent linguistique le plus proche est le tati en Azerbaïdjan. Les Talyshs n’écrivent pas leur langue, mais si, dans le passé, l’alphabet arabe a été utilisé en cas de besoin, aujourd’hui on utilise l’alphabet Azerbaïdjanais de type latin. En Azerbaïdjan, l’école était en azéri, langue officielle du pays, (comme le farsi est la seule langue enseignée en Iran). En 1930- 1937 la langue talysh a été étudiée à l’école dans les quatre régions du sud de l’Azerbaïdjan (Lerik, Lenkoran, Astara et Massalli). Mais un peu plus tard les professeurs enseignant la langue et les auteurs des livres ont été victimes de la répression stalinienne. Le 20 mai 1931 a commencé la publication du journal ‘ S ı ə tol ı ş ’ ( "Talysh rouge") en deux langues, azéri (en azéri sous le nom " Q ı z ı l talysh ") et talysh. Mais à partir de 1937 le journal n’a plus été publié qu’en azéri.
Depuis l’indépendance de l’Azerbaïdjan, on enseigne de nouveau le talysh à l’école primaire. Tous les Talyshs en Azerbaïdjan sont donc pratiquement bilingues. En Iran, les écoles des territoires talysh ne pratiquent que le persan, langue officielle, mais dans les méderasas (écoles coraniques), on emploie le talysh, le persan et l’arabe.
La région habitée par les Talysh se distingue par la diversité climatique résultant des trois chaînes de montagnes parallèles qui la traverse : le Talysh, le Peshtasar, et l’Alashar-Burovor. La plus grande quantité de pluie qui tombe dans les montagnes permet de bénéficier d’un paysage bien boisé. Un réseau très dense de rivières traverse la région, et les sols jaunes sont favorables à la culture des plantes sub-tropicales. La partie iranienne, en général moins montagneuse, a un climat plus chaud et plus aride. La partie Sud-Ouest de la côte de la mer Caspienne, en Iran, est couverte de 12.000 hectares de forêts denses riches de nombreuses essences d’arbres dont le chêne, le hêtre, l’érable, le tilleul, le platane et le noisetier.
Le mode de vie des Talysh varie considérablement en raison des différences d’environnement. Toutefois, quelle que soit la région dans laquelle ils vivent, la majorité des Talysh sont des agriculteurs. Dans certaines régions, le riz est la culture principale, dans d’autres, c’est le blé et l’orge. Cependant tous les Talysh ne sont pas agriculteurs. Certains sont des artisans qualifiés. Leur artisanat repose surtout sur la soie et les tapis. Certains travaillent l’étain, fabriquent des chaussures, des bijoux et aussi des outils en bois. Les habitants de la partie montagneuse élèvent du bétail.

Etudes de la langue
Les livres écrits et les textes concernant le talysh ne sont pas nombreux. La culture autochtone est limitée surtout au folklore. Toutefois aujourd’hui les chercheurs commencent à porter de l’intérêt à cette ancienne région et à sa langue. L’histoire de l’étude de la langue talysh a commencé dans la première moitié du XIX ème siècle. Parmi les premiers chercheurs, on trouve des Russes comme A. Xodzko, I.N. Berezin, P.F. Riss, B.A. Dorn et aussi les chercheurs occidentaux tels que W. Geiger, J. de Morgan etc. Jacques de Morgan, l’archéologue français, auteur de l’ouvrage remarquable "Mission scientifique en Perse " en cinq volumes a décrit les dialectes perses dans le cinquième volume consacré aux études linguistiques. Il porte le titre "Dialectes kurdes. Langues et dialectes du Nord de la Perse". Dans ce livre, Jacques de Morgan a consacré deux chapitres à la langue talysh en donnant le lexique en dialecte de Lenkoran, de Kergan-Roud (Kaganrud) et la conjugaison des verbes (pages 261-288). Il a ajouté aussi des textes en talysh avec l’alphabet arabe.
La grammaire talysh a été étudiée aussi par Miller B.V, linguiste russe (1953), en se basant sur le dialecte du Nord. Le linguiste est arrivé à Lenkoran, village de Veravoul pour étudier l’origine de la langue. Dans son livre « Taлышский язык " (La langue talysh) B.V. Miller expose l’histoire de l’étude de la langue talysh. C’est le premier travail scientifique où la structure de la langue talysh est décrite en détail, ainsi que son système phonétique, sa morphologie et sa syntaxe. Les travaux de Miller se sont poursuivis plus tard grâce à Liya Aleksandrovna Pireyko, l’auteur du’Dictionnaire talysh-russe’. Ce livre a été publié en 1976 à Moscou. En 1978-1979 le dialecte du Sud a été étudié par Lazar G. sur la base de la variété de Massul, près de la ville de Rasht.
Etant un pays multinational, l’Etat azéri a créé aujourd’hui des conditions pour les minorités afin qu’elles puissent développer leur langue et leur culture. La constitution de 1995 protège les droits des minorités. L’article 11 sur la « Culture » prévoit la protection et le développement de la culture nationale Azerbaïdjanaise et aussi celle des minorités ethniques. L’article de la loi du 7 octobre 1992, sur « l’Education », et l’article 3 de la loi sur « La langue d’Etat » donnent le droit à l’enseignement des langues des minorités. Aujourd’hui la langue talysh est enseignée à l’école primaire pendant quatre ans, des manuels sont publiés. Comme toutes les autres minorités les Talyshs ont créé leurs centres culturels, des théâtres et associations. Parmi eux, le groupe de danseuses et de chanteuses folkloriques "Bac ı lar" ( les sœurs ) créé en 1989 est très célébre. Au départ, le groupe comportait six sœurs. Plus tard les sœurs décédées ont été remplacées par d’autres membres de la famille (filles ou belles-filles). Aujourd’hui le groupe continue son activité dans la maison de la culture du village Separadi de Lenkoran et participe souvent aux évènements et fêtes du pays.
Première partie Description de la langue
Phonétique et écriture
Il n’existe pas d’alphabet talysh. A l’époque de l’union soviétique on utilisait l’alphabet azeri cyrillique mais, depuis le 16 mai 1992, on a adopté l’alphabet Azerbaïdjanais latin.
Il est le suivant :
a b c ç d e ә f ğ h x ı i j k q l m n o p r s ş t u v y z
Il y a donc 29 lettres dont 7 voyelles et 22 consonnes.

Les lettres se prononcent comme en français à l’exception des lettres suivantes.
c
se prononce comme dj en français ou j en anglais
ç
se prononce comme tch en français ou ch en anglais
ә
se prononce comme le e anglais dans le mot fath e r.
ğ
se prononce comme le r français
h
est un h fortement aspiré ou h comme en anglais
x
se prononce comme la jota espagnole ou le x russe
ı
est un e bref, proche du ы russe
j
se prononce comme le j français de j eu
q
se prononce comme le g dur français de g amin
ş
se prononce comme ch en français ou sh en anglais
ü
se prononce comme le u français, ou le ü du turc et de l’allemand.

Les 7 voyelles en talysh sont : i, e, ә, a, o, u, ı. La voyelle ı se caractérise par sa brièveté et son instabilité. On observe une tendance vers l’assimilation des voyelles en talysh :
bo tıno-bo tono
pour toi
jıqo-joqo
ainsi, comme ça
puçkinә-puçuknә
pincement
pepışie-pepeşe
importuner / obséder

Cependant on rencontre également la dissimilation
utu-uti
fer à repasser
umute-umite
apprendre
zәrər-zərəl
mal / dommage / dégât

D’habitude, on observe la succession de deux voyelles :
moə
mère
pıə
père
jie
vivre

İl y a une tendance à la diphtongaison à la fin de la syllabe et du mot :
noydə
il pose / il met
(tı) nınoy
(t u ) n’as pas mis
veyni
majorité
kəy dılə
à la maison /à l’intérieur de la maison.

La particularité générale du consonantisme de la langue talysh est que les consonnes dépendent des voyelles : à coté des voyelles antérieures, elles se prononcent plus molles (surtout les consonnes k et q ), mais à coté des voyelles postérieures ( a, ı, o, u ) elles se prononcent plus dures. Les consonnes x et h ne subissent pas cette influence. Une autre particularité est le passage des consonnes sourdes occlusives à des sonores si elles se trouvent placées après les sonores:
ıştə-ışdə
son, sa
hişk-hişq
sec
dastə-dasdə
groupe
Le passage de q à ğ :
oqəte-oğəte
garder

Deux consonnes ne peuvent se succéder en début de mot.

En talysh, de nombreux mots ont deux syllabes : ome , arriver; qəte , attraper; hovә , sœur. On rencontre rarement des mots monosyllabiques, mais la régression phonétique des mots semblables est un des traits caracteristiques de la langue talysh:
be
être
şe
aller

maison

père
En règle générale l’accent tombe à la fin du mot. Certaines formes verbales et adverbiales font exception. Les postpositions et le suffixe de l’adjectif, -ә, n’admettent pas l’accent.
Le groupe nominal
Le nom en talysh marque le nombre, le cas, la détermination et l’indétermination.
Le genre
Il n’y a pas de genre grammatical en talysh mais il existe différents moyens pour désigner le genre si nécessaire. Certains mots sont par nature masculins ou féminins comme les noms de parenté :
pә , père; moә , mère; hәsı , belle-mère; hәsuyә , beau-père; hovә , sœur; bıyә , frère; mamu/amu , oncle (côté père); day , oncle (côté mère). Il en est de même pour certains noms de personnes ou d’animaux domestiques:
jen , femme ; merd homme ; kinә , fille ; zoә , garçon / fils; neqo ou kәlә , bœuf; zandәqo , vache ; kağ , poule; suk , coq …
On peut aussi, si nécessaire, marquer le sexe en faisant précéder le nom de homme ou femme, comme, par exemple: jenә hәkim , femme médecin. Pour les animaux, on emploie les mots niyә , mâle; del ou moә , femelle. Le mot moә s’applique aux moutons et vaches et le mot del s’utilise pour le chat, le chien etc. Exemples : moә pәs , brebis, delә pişik , chatte

Le nombre
Le pluriel des noms se forme en ajoutant la terminaison - on à la fin du nom au singulier. Cependant, si le nom se termine par la voyelle - ә et - o , on la supprime.
Exemples :
odәm / odәmon
la personne / les personnes
kinә / kinon
la fille / les filles
vıl / vılon
la fleur / les fleurs
nun / nunon
le pain / les pains
pәs / pәson
le mouton / les moutons
sıpә / sıpon
le chien / les chiens
kılo / kılon
le chapeau / les chapeaux

Si le nom se termine par l’une des voyelles -i , ou -u on ajoute -y entre le nom et la terminaison.
Exemple :
çaxu / çaxuyon
le couteau / les couteaux

Si un nom est précédé d’un nom de nombre, on n’emploie pas la finale - on , mais on ajoute le mot qılә avant le nom:
Exemples :
3 (se) qılә kinә
trois filles
4 (ço) qılә odәm
quatre hommes
7 (haft) qılә pәs
sept moutons
Le cas
Le nom a deux cas en talysh: le cas direct et le cas indirect (ou oblique). Ils s’expriment à l’aide du suffixe -i pour le cas oblique et s’oppose au cas direct. Les noms au pluriel avec le suffixe -on n’admettent pas la terminaison -i du cas indirect.
Les noms au cas direct ont les fonctions suivantes :
sujet : d ә d ә şe , le père est parti
prédicat: әv r ә is e , il est responsable
complément direct indéterminé: az v ı l çındәm ,
je cueille une fleur
complément du nom: hov ә şol , le châle de la sœur
complément direct avec certaines prépositions et postpositions: b ә şә hr , à la ville
Les noms au cas indirect ont les fonctions suivantes:
sujet dans les phrases ergative: ә ğı li sef şodoşe ,
l’enfant a jeté la pomme
complément direct déterminé: ı m k ә poti sәydәm,
j’achète cette robe
adjectif: kaqi lonә , le nid de la poule
complément indirect dans les constructions avec les prépositions et postpositions: mu ә llimi toniku omәm , je suis arrivé à coté (chez le) du professeur

La détermination et l’indétermination du nom.
La détermination est exprimée à l’aide des adjectifs ı / ım / ın / ә qui correspondent aux démonstratifs français ce, cette, ces et aussi à tous les possessifs:
Exemples :
ın jen
cette femme
ım kitob
ce livre
ә kinә
cette fille
ıştı zoә
ton fils
La détermination s’exprime également avec le cas indirect du nom, employé en fonction du complément direct :
pәsi (çә so) tojnedә
il chasse le mouton ( de la cour )
L’indétermination du nom peut s’exprimer à l’aide de l’article qılәy , un et rarement avec le nombre i , un.
Exemples :
qılәy odәm
une personne
qılәy asp
un cheval
qılәy ğәribә jen omedә.
une femme inconnue arrive.
i kәs
une personne
Cependant, un nom au cas direct, employé dans la phrase comme complément indirect est, en fait, indéterminé :
Exemple :
az bәtı ğә l ә m doydәm
je te donne un crayon .
әv nun sәydә
il achète du pain

Le complément du nom
Contrairement au français, ce complément se place avant le nom. D’après leur formation, les compléments du nom se divisent en quatre groupes :
1. les compléments du nom qui se forment sans suffixe. Si le mot se termine par une voyelle, il ne prend aucune terminaison.
honi ov
eau de source
pencә şişә
vitre de la fenêtre
xolçә ranq
la couleur du tapis
zandәqo dum
la queue de la vache
kijә qujd
la viande du poulet

2. Les compléments du nom qui se forment à l’aide du suffixe -ә . Dans ce cas la première partie prend le suffixe et joue le rôle d’un adjectif.
piә jen
une vieille femme
çuә kәybә
la porte en bois
rostә sıxan le vrai mot

3. Si le mot se termine par une consonne, on ajoute le suffixe -i .
Les compléments du nom se formant à l’aide du suffixe -i expriment la possession comme les compléments du nom sans suffixe.
merdi sıxan
la parole d’homme
әvәsori voş
la pluie du printemps
odәmi dıl
le cœur de l’homme
jeni şol
l’écharpe de la femme
әğıli olәt
le vêtement de l’enfant

4. Les compléments du nom se forment aussi à l’aide du suffixe –y
doy xiçә
la branche de l’arbre
C’est surtout le cas des mots monosyllabiques qui se terminent par une voyelle.
kәy kum
le toit de la maison
koy hәmro
collègue / camarade de travail

On observe qu’au pluriel on ajoute, selon le sens, le suffixe du pluriel tantôt à la première, tantôt à la deuxième partie du groupe.
xolçon ranq
la couleur des tapis
xolçә ranqon
les couleurs du tapis
jeni şolon
les écharpes de la femme
ru sığon
les pierres de la rivière
honiyon ov
l’eau des sources
pencә şişon
les vitres des fenêtres
kan kum / kan kumon
les toits des maisons

Les adjectifs
L’adjectif ne s’accorde ni en genre ni en nombre avec le nom, il est donc invariable en talysh. Il se place avant le nom qu’il qualifie. Le nom est lié à son adjectif épithète par une lettre ә appelée ezafé en persan qui est la marque de l’adjectif.
Si l’adjectif se termine par -o ou -ı , il ne prend pas le suffixe.
ağılmandә odәm
la personne intelligente
ağılmandә odәmon
les personnes intelligentes
(qılәy) ağılmandә odәmi votşe
une personne intelligente a dit

Dans les exemples ci-dessus, on voit que les catégories du nombre, du cas, de détermination et d’indétermination sont exprimés par le nom, mais non pas par l’adjectif.

On divise les adjectifs en quelques sous-groupes :
1. les adjectifs de couleur

rouge
sipi
blanc
siyo
noir
havz
vert
zard
jaune
kavu
bleu
nonc
orange
boz
gris

Exemples :
sı kәpot
robe rouge
bozә parçә
tissu gris
zardә vılon
fleurs jaunes
sıyo çaşon
yeux noirs

2 les adjectifs de goùt
şin
sucré
tel
amer
tırş
acide
təvən
piquant
ses
sans sel
su
salé
təmin
bon / délicieux
betəm
fade

Exemples :
təminə pılo
plov délicieux
suə moyon
poissons salés

3. les adjectifs de l’apparence
sıraf
gros
nozok
fin
kok
gros
lod
mince
qırdul
rond
dıroz
long
kırt
court
bıland
haut / grand
şat
boiteux

Exemples :
bılandә bandon
hautes montagnes
lodә kinә
fille mince

4. Les adjectifs qui expriment les caractéristiques ou l’état physique des objets :
tat
chaud
tar
mouillé
hışk
sec
nam
mou
qon
lourd
tanq
étroit
hıvuj
large
toje
nouveau
kanә
ancien
tij
aigu
kol
cru

Exemples :
hişkә sor
une année sèche
kolә kәrtof
pomme de terre crue
tijә çaxu
un couteau aiguisé

5. Les adjectifs qui expriment les qualités et les caractéristiques psychologiques :
zumand
fort
ağılmand
intelligent
kosib
pauvre
tarso
peureux
bic
malin
behәyo
insolent
sәbrin
patient

Nous avons déjà noté que les noms utilisés comme adjectifs, en complément d’un autre nom, prennent la terminaison -ә .
osnә kәybә
une porte en fer
merdә olәt
vêtement d’homme.
ğızılә anqişde
bague en or

Le comparatif
La construction du comparatif emploie la postposition -ku et la préposition çı .
ım di ç ı ә di ku qәdәliye
ce village est plus petit que l’autre
(ce / village / par rapport à / village-là / petit)
Dans le langage parlé, on observe la suppression de la voyelle de la préposition et sa combinaison avec le pronom démonstratif -ә :
Im di ç ә diku qәdәliye ce village est plus petit que l’autre village

Un autre moyen pour exprimer le comparatif est la préposition -bә ou la préposition composée -bәsә avec la postposition -sә .
әv b ә s ә tı s ә yole
il est plus grand que toi
im kә b ә kә s ә ruşine
cette maison est plus claire que l’autre

Le superlatif peut s’exprimer à l’aide de la postposition -әdә ou des adverbes ve, lap très et avec әn le plus :
çәvonәdә әn ağılmandi le plus intelligent d’eux
әn puçә noxәşi
la pire maladie
tı lap ağılmandiş
tu es très intelligent
ım ranq ve tınde
cette couleur est très / plus foncée
Prépositions et postpositions
Le talysh emploie aussi bien des prépositions que des postpositions. Ainsi, dans se rend souvent par la postposition turque dә :
Exemples :
à l’école
mәktәbәdә
à la maison
kәdә
je suis au travail
mı koәdәm
mais
je travaille
mı ko kardәm

à avec une idée de mouvement est exprimé par la préposition bә.
Exemples :
au jardin
bә boğ
à la mer
bә dıyo
tu vas à la forêt
tı bә vişә şedәş

de exprimant la provenance se traduit par la préposition çә.
Exemples :
du travail
çә ko
de l’hôpital
çә xәstәxanә
il vient de la maison
әv çә kә omedә

avec est exprimé par la préposition dı :
Exemples :
avec qui il discute-t-il ?
әv dı ki qәp jәydә?
avec mon frère
dı çımı bıyә

sans est exprimé par la préposition be .
Exemples :
sans sel
be nemek
sans toi
be tı

Les postpositions les plus utilisées en talysh sont : -ku, -әdә / -dә, o, -ro, -sә.
-ku exprime plusieurs nuances en talysh. Son sens principal sert à exprimer le point de départ d’une action ou d’un objet et correspond à de (du, de la…) du français.
(astә) qujdiku co karde
séparer (l’os) de la viande.
Mais dans l’exemple suivant, la traduction de -ku est par.
kәybә ku dәşe, pencә ku beşe
entrer par la porte et est sortir par la fenêtre.

-ku exprime également la cause.
şoyku bәme pleurer de joie.
sardiku larze trembler du froid
Autre exemple :
ıştә soğnәku tarse avoir peur de son ombre.
ğısmәtiku qarde se détourner du destin.
- әdә/dә exprime le moment, le temps de l’action.
bәdә rujәdә dans le mauvais jour.
puçә vaxtәdә dans le mauvais temps.
-әdә/dә exprime aussi une partie de l’entier
çı ğәndәdә ni
il n’y a pas de ce sucre
çı xurәkәdә (bәhә)
( mange ) de ce plat.
Dans ce dernier cas la postposition peut être remplacée par -o dans certains dialectes
çı ğәndo bıkәş .
pèse de ce sucre.
çı xurәko mәhә .
ne mange pas de ce plat.
la postposition -sә du talysh traduit la préposition sur du français
sur la table
mizisә
sur le toit de la maison
kәy kumisә
sur la route
roysә

-sә sert à exprimer aussi la comparaison et correspond à que du français.
kәysә yol
plus grand que la maison
ğarzisә bevәc
pire que la dette.
-ro est souvent employé avec la préposition bo dans le but de traduire pour :
pour acheter
bo sәyro
pour manger
bo hardero
pour Nazim
bo Nazimiro
qu’est-ce qu’il y a pour manger?
bo hardero çiç heste?
je vais pour acheter du pain
bo nun sәyro şedәm
Les pronoms personnels
Employés comme sujets d’un verbe, les pronoms personnels sont les suivants :
az / mı
je

tu
әv
il / elle
әmә
nous
şımә
vous
әvon
ils / elles
Les pronoms az et mı sont interchangeables. On note que les pronoms ne distinguent pas le masculin du féminin.

S’ils sont compléments d’objet direct, les pronoms personnels prennent les formes suivantes :
mıni
me
tıni
te
əy / әvi
le/la
әmәni
nous
şımәni
vous
әvoni
les

On utilise le pronom әy à Lerik et Lenkoran, mais à Massalli on dit әvi .
Exemples :
tı mıni vindәş
tu me vois
әv şımәni zındәni
il ne vous connaît pas
mı tınim pidә
je t’aime

S’ils sont compléments d’objet indirect, les pronoms personnels prennent les formes suivantes :
bəmı
me
bətı
te
bəy
lui
bəmə
nous
bəşımə
vous
bəvon
leur

On voit que les pronoms indirects se forment avec le préfixe b- / bə- . Si le pronom commence par une voyelle, on prend b- ; s’il commence par une consonne on adopte bә- .
Exemples :
əvon bəmə zanq kardən
ils nous téléphonent
az bəvon otedəm
je leur dis

Certains verbes comme regarder , détester sont des verbes transitifs en français, mais sont intransitifs en talysh et exigent le complément indirect.
Exemples :
tı bəy zəhlə şedə
tu le / la détestes
əmə bəşmə de kardəmon
nous vous regardons
Les possessifs
çımı
mon / ma / mes
ıştı
ton / ta/ tes
çəy/əçəy
son / sa / ses
çəmə

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents