Licence pro : bien choisir sa formation
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Description

Quelle licence pro est faite pour vous ?

- Les spécialités examinées une à une
- Les conseils pour bien choisir votre licence pro
- Les formules (alternance...) à la loupe
- Les témoignages des étudiants et des professeurs
Découvrez la licence pro qui vous correspond !
Poursuite d'études en 1 an après un BTS ou DUT, la licence professionnelle est très appréciée des recruteurs. Ce guide rassemble tous les conseils pour choisir la bonne licence professionnelle et passer le cap de la sélection.

Inclus : la liste des spécialités, les témoignages d'étudiants & professionnels, des conseils pratiques, les détails des modalités d'accès, les débouchés...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 février 2020
Nombre de lectures 10
EAN13 9782360759439
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0100€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Direction éditoriale : Stéphane Chabenat Mise en pages : Nord Compo Conception graphique de la couverture : olo.éditions
L’Etudiant éditions est édité par les éditions de l’Opportun 16, rue Dupetit-Thouars 75003 Paris www.editionsopportun.com
ISBN : 978-2-36075-943-9
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo .

Sommaire
Titre
Copyright
Partie 1 - Optez pour une formation qui vous correspond
Chapitre 1 - Quelles différences avec la licence classique ?
 Licences pro versus licences générales
 Licences pro : des filières destinées à l'insertion immédiate
 Une hyperspécialisation
 Repères : la nouvelle licence
Chapitre 2 - À quels profils s'adresse la licence pro ?
 Vous avez suivi une formation courte professionnalisante
 Vous avez suivi une formation générale
  Vous avez fait le choix d'une réorientation
 Vous préférez la pratique à la théorie
Chapitre 3 - Qu'est-ce que la licence pro apporte de plus que le BTS ou le DUT ?
 Un niveau bac+3
 Un an d'expérience professionnelle supplémentaire
 Une spécialisation
 Une approche concrète du monde du travail
 Vers un cursus en 3 ans à l'IUT
Chapitre 4 - Quelles sont les questions à se poser avant d'opter pour une licence pro ?
 Êtes-vous bien fait pour une formation courte ?
 Êtes-vous bien sûr de vouloir entrer sur le marché du travail ?
 Quelle spécialité ou quel métier choisir ?
 Quelle fonction voulez-vous occuper dans l'entreprise ?
Chapitre 5 - Quels sont les critères à prendre en compte pour bien choisir sa licence pro ?
 D'où viennent les intervenants ?
 Les partenariats avec les entreprises
 Le réseau d'anciens
 Le coût de la formation
Chapitre 6 - Comment préparer mon entrée en licence pro ?
 La sélection est-elle sévère ?
 Avoir un vrai projet professionnel
 Être bien renseigné sur les différentes spécialités
 Être bien informé
Partie 2 - Que signifie vraiment être en licence pro ? Projetez-vous !
Chapitre 7 - Comment se déroule concrètement ce type de formation ?
 Lieux de formation et rythme des cours
 Une année chargée
 Des promotions à taille humaine
 Un pied dans l'entreprise avec le projet tutoré
 Contrôle des connaissances
 Je suis en situation de handicap : existe-t-il des structures adaptées ?
Chapitre 8 - Si je choisis de suivre ma licence pro en formation initiale, à quoi dois-je m'attendre ?
 L'alternance ou rien ?
 Quelle est la particularité des stages en licence pro ?
 La structure de la formation
Chapitre 9 - Si je fais le choix de l'alternance, quel type de contrat choisir ?
 Apprentissage ou contrat pro ?
 Comment trouver un employeur ?
 Comment les périodes de cours et de travail s'articulent-elles ?
 Les plus de l'alternance
Chapitre 10 - La licence pro est-elle adaptée à la formation continue ?
 CIF ou VAE ?
Chapitre 11 - Partir à l'étranger, est-ce possible ?
 Suivre son stage à l'étranger
 Dispositifs particuliers
 Le volontariat international en entreprise
Chapitre 12 - Quels sont les taux de réussite en licence pro ?
 Un taux de réussite élevé
 Un diplôme sélectif à l'entrée
 Détails selon les disciplines
 Diplômés de DUT : les mieux placés pour réussir
Chapitre 13 - Comment faire le bon choix ?
 Les grands domaines
 Les spécialités les plus recherchées
 Les spécialités de niche
Partie 3 - Qu'est-ce qui m'attend après la licence pro ?
Chapitre 14 - Que font la majorité des diplômés après une licence pro ?
 Objectif insertion
 Une entrée rapide dans le monde professionnel
 Un tiers des titulaires d'une LP poursuivent leurs études
Chapitre 15 - Quelles sont mes chances d'insertion sur le marché du travail ?
 Photographie des diplômés
 Profil des entreprises
  La LP, élève modèle de l'enseignement supérieur
 La suite du parcours
Chapitre 16 - Quelle est la reconnaissance de ce diplôme auprès des professionnels ?
 Une spécialisation reconnue
 Savoir-faire contre faire savoir
 Un lien étroit avec les entreprises locales
 L'apprentissage, voie royale d'accès à l'emploi
 Ce diplôme est-il reconnu à l'étranger ?
Chapitre 17 - Quels secteurs offrent le plus de débouchés ?
 Vue d'ensemble des branches les plus recherchées
 Une insertion qui frise les 100 % avec quelques inégalités
 Un diplôme qui évolue
Chapitre 18 - Poursuivre mes études après la licence pro : une bonne stratégie ?
 Le master pro n'est pas la suite logique de la licence pro
 Une pression vers le bac+5 ?
 Qu'en pensent les étudiants ?
 Pour les recruteurs, le bac+5 n'est pas la panacée
Chapitre 19 - À quels types de postes et à quel salaire puis-je prétendre avec une licence pro ?
 Profil type d'un diplômé
 Les professions intermédiaires, vivier des licences pro
 Une forte capacité d'évolution
 Le salaire médian
 Et après ?
Liste des licences professionnelles
Partie 1
Optez pour une formation qui vous correspond


CHAPITRES

1. QUELLES DIFFÉRENCES AVEC LA LICENCE CLASSIQUE ?
2. À QUELS PROFILS S’ADRESSE LA LICENCE PRO ?
3. QU’EST-CE QUE LA LICENCE PRO APPORTE DE PLUS QUE LE BTS OU LE DUT ?
4. QUELLES SONT LES QUESTIONS À SE POSER AVANT D’OPTER POUR UNE LICENCE PRO ?
5. QUELS SONT LES CRITÈRES À PRENDRE EN COMPTE POUR BIEN CHOISIR SA LICENCE PRO ?
6. COMMENT PRÉPARER MON ENTRÉE EN LICENCE PRO ?
Chapitre 1
Quelles différences avec la licence classique ?


Ça y est, votre décision est prise. Ce sera la LP (licence professionnelle) ! Enseignants et psychologues de l’Éducation nationale en vantent les nombreux mérites. Les résultats sont là : des taux de réussite et d’insertion qui s’envolent, un diplôme avec un emploi à la clef... Mais vous êtes-vous posé les bonnes questions sur cette formation ? Vous correspond-elle vraiment ? Êtes-vous prêt à suivre une formation courte ? À entrer rapidement dans la vie active ?

 Licences pro  versus licences générales

Une organisation et des objectifs différents
Mis à part son grade de licence (bac+3), la LP n’a que peu de choses en commun avec son homologue généraliste (LG). Formation courte d’un an à visée professionnelle, elle constitue une année de spécialisation après un bac+2. Majoritairement enseignée dans les instituts universitaires de technologies (IUT), la LP peut aussi être suivie dans les UFR classiques (unités de formation et de recherche) à la fac, dans les CFA ou les lycées. Les promotions comptent entre 15 et 30 étudiants, loin des effectifs pléthoriques des amphis à l’université. En formation initiale, la licence pro comprend un stage obligatoire de douze à seize semaines (parfois plus). Elle peut également être proposée en alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) ou en formation continue.

Une licence générale pour poursuivre ses études
La LG (licence générale), elle, sanctionne des compétences plus académiques dans des domaines comme le droit, les lettres, l’économie, les sciences, les langues... Depuis la mise en place du système licence-master-doctorat (LMD), elle se prépare en trois ans. Premier jalon des études supérieures en université, c’est la voie classique pour une poursuite d’études vers un master (bac+5). Mais une licence permet aussi d’accéder aux écoles spécialisées qui recrutent à bac+3, dans des filières comme le BTP (bâtiment et travaux publics), le journalisme, la communication, ou encore à certains concours de la fonction publique (attaché territorial, bibliothécaire, etc.). Enfin, de nombreuses écoles supérieures de commerce (ESC) proposent désormais des systèmes de passerelles, « les admissions parallèles », pour les bac+3, 4 ou 5.

Une forte diversité des diplômes en licence pro
Pour l’année 2018-2019, on comptait 52 000 inscrits en licence pro. Des effectifs légèrement moins importants que l’année précédente (– 1,1 %). Entre 2000 et 2014, le nombre de LP est passé de 170 à plus de 2 000 ! Cette croissance est le signe d’un certain succès, mais l’offre n’est pas toujours très lisible. Depuis la rentrée 2015, la nomenclature des licences pro a été révisée pour ne retenir que 173 mentions (voir ici la liste des licences professionnelles). Les LP concernent des secteurs très variés. À l’intérieur de chaque mention, des spécialités permettent de cibler un métier ou un secteur professionnel.
Selon une enquête du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), « les licences professionnelles sont plus nombreuses dans l’industrie et les services aux entreprises alors que les licences générales dominent dans l’éducation, la santé, l’action sociale ». Ainsi, les LP gestion des organisations, commercialisation, management, maintenance et informatique sont des spécialités très répandues.

Les taux de réussite ?
Le taux de réussite en licence professionnelle est élevé : 88,8 % en une année, et si l’étudiant « redouble » et fait sa licence professionnelle en deux ans, le taux de réussite s’élève alors à 91 %. Ce taux est important, quel que soit le parcours de l’étudiant à son arrivée en licence professionnelle. Cependant, il est vrai que ce sont les élèves issus de DUT qui réussissent le mieux (95 % de réussite).
La comparaison avec la licence générale est délicate, puisque le nombre d’années d’études et le niveau d’accès ne sont pas les mêmes. Pour ceux qui ont passé le cap des deux premières années, le taux de réussite s’élève généralement à plus de 75 %. Mais il y a beaucoup d’abandons entre-temps. Le taux de réussite en licence générale en trois ans (soit une scolarité sans « redoublement ») n’est que de 28,4 %.
En comparaison, les taux de réussite en DUT en deux ans, principale voie d’origine des étudiants en licence professionnelle (près d’un quart est issu d’un DUT), doublent par rapport à ceux de la faculté.
En effet, beaucoup d’étudiants de LG interrompent leurs études ou bifurquent vers d’autres formations au cours de leur cursus. C’est ce que montre une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, publiée en novembre 2018 : « La première année reste déterminante dans le parcours en licence des bacheliers. Sur 153 000 néobacheliers inscrits en L1 en 2013-2014, 30 % abandonnent après la première année, un pourcentage similaire redouble et 4 étudiants sur 10 accèdent en L2. »
Le taux d’insertion, à dix-huit mois, des diplômés 2015 de licence professionnelle s’élève d’ailleurs à 91 %. Un ratio généralement plus important que celui des licences générales. LP et LG ne poursuivent tout simplement pas les mêmes objectifs. Si vous souhaitez suivre un cursus universitaire traditionnel et continuer vos études ensuite, optez de préférence pour la licence générale. Si vous cherchez plutôt une formation orientée vers l’aspect pratique, et qu’à terme vous voulez entrer au plus vite dans la vie active (entre 21 et 23 ans selon votre parcours antérieur), voici quelques pistes pour en savoir davantage.

 Licences pro : des filières destinées à l’insertion immédiate
Tandis que huit diplômés de LG sur dix poursuivent leurs études, les titulaires de LP entrent encore majoritairement sur le marché du travail. Ainsi, seulement 36 % des diplômés d’une licence professionnelle en 2015 ont choisi de poursuivre leurs études, selon une note ministérielle de décembre 2018. L’objectif de la LP reste d’acquérir – outre une solide formation théorique, délivrée par des professeurs d’université – les compétences nécessaires à un métier. En LP : priorité est donnée à l’entrée dans le monde professionnel.

Juliette est diplômée d’une licence professionnelle de guide conférencier obtenue à l’Université Lyon 2. « Dans le métier de guide, il faut être rapidement opérationnel, par exemple pour des visites de ville. Or, ce diplôme est très bien perçu par les professionnels pour l’aspect pratique de notre formation », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle est guide au musée des Confluences à Lyon.
La licence générale, elle, valorise plutôt un large spectre de connaissances pluridisciplinaires. En LP, la formation initiale comporte un stage de douze à seize semaines. S’ils choisissent l’alternance, les étudiants passent plus de la moitié de l’année en entreprise. « La licence pro flèche un métier bien identifié, un besoin de l’entreprise », précise Francis Petel, chef d’entreprise et vice-président de la commission formation et éducation, CPME (ex-CGPME).

« Avec une licence générale, on aura plutôt quelqu’un qui a suivi des études universitaires sans se préparer véritablement aux attentes de l’entreprise. On embauche parfois des licences générales (de façon minoritaire), pour leurs connaissances en culture générale. On s’intéressera aux diplômés de licences pro pour leur savoir-faire technique. »

 Une hyperspécialisation
Prolongement des formations professionnelles en deux ans type BTS (brevet de technicien supérieur) ou DUT (diplôme universitaire de technologie), la licence pro constitue une spécialisation. On vous enseigne un métier. Après un DUT génie biologique, Adrien a choisi une LP métiers de la biotechnologie (aujourd’hui LP bio-industries et biotechnologies) à Sorbonne Université :

« On est formés pour être techniciens de laboratoire spécialisés dans des techniques un peu plus avancées que celles du laborantin classique : manipuler des spectromètres de masses, faire de la chromatographie liquide haute performance (HPLC), être capables de mettre en place un protocole expérimental pour répondre à une question précise. Ensuite, on peut prétendre à un titre d’assistant-ingénieur. On ne devient pas des rats de laboratoire. »
Ainsi, après un BTS communication, vous pourrez postuler à des LP aussi variées que communication et valorisation de la création artistique à l’Université de Toulon ou encore MC-CC, c’est-à-dire métiers de la communication, mention chargé de communication (parcours chargé de communication de proximité et des médias numériques) à Cergy-Pontoise.
À l’inverse, en licence générale, les cours dispensés visent une poursuite d’études en master, et éventuellement en doctorat (dans le cadre du système LMD). Ainsi, une licence information-communication offre une approche pluridisciplinaire de la communication et des médias (sémiologie, sociologie, déontologie...) et une méthodologie (recherche d’informations, synthèse, mise en forme...). Dans l’optique de vous préparer à un bac+5, on balaie un champ de connaissances beaucoup plus étendu.

 Repères : la nouvelle licence
Mise en place en 2000, en partenariat avec les entreprises et les branches professionnelles, la licence pro a depuis connu une croissance considérable. Le nombre de diplômés a été multiplié par douze en dix ans. En 2014, on comptait 1 844 diplômes habilités : difficile de s’y retrouver !
Ce fut l’un des gros chantiers de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche du 22 juillet 2013 : la simplification de l’offre de formation en licence (générale et professionnelle) pour lutter contre l’échec des étudiants dans les premières années d’études. La L3 est une période charnière, un diplôme pivot de l’enseignement supérieur, avec d’un côté la poursuite en master pour les licences générales et l’insertion professionnelle pour les LP. Du moins en théorie. L’objectif majeur de la réforme ? Rendre les intitulés de LP plus lisibles pour l’étudiant et pour l’employeur. Les licences générales ont donc été réduites à 45 mentions. En LP, sur les 1 844 intitulés de départ, seuls 173 ont été conservés. Il s’agissait notamment de préserver l’aspect professionnel qui fait la spécificité de la LP. Une nomenclature officielle a été établie : les licences sont organisées en grands domaines (arts, lettres et langues ; droit, économie, gestion ; sciences humaines et sociales ; sciences, technologies, santé), puis en mentions, et enfin en parcours (qui désignent les spécialités). Pour les licences générales (LG), la réforme s’applique depuis la rentrée 2014. Pour les LP (et les masters, également concernés), elle a été mise en œuvre à la rentrée 2015.

À RETENIR

Licences pro et licences générales ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Insertion professionnelle immédiate pour l’une, poursuite d’études pour l’autre.
L’une des marques de fabrique de la licence pro est l’hyperspécialisation et l’approche concrète d’un métier, alors qu’en licence générale, on balaie un champ de connaissances beaucoup plus large en vue du bac+5.
Réforme récente  : depuis la rentrée 2015, de 1 844 LP, nous sommes passés à 173 mentions.

POUR ALLER PLUS LOIN

Lire l’interview de Bernard Lickel ci-dessous et ici , et consulter le site du ministère : www.enseignementsup-recherche.gouv.fr .

« Un diplôme universitaire à coloration professionnelle »

Bernard Lickel, directeur de l’IUT Robert Schuman de Strasbourg-Illkirch et ancien président de l’Assemblée des directeurs d’IUT de France, donne les grandes lignes de cette réforme.
La réforme de la licence professionnelle est mise en place depuis la rentrée 2015. D’environ 2 000 intitulés de licences pro, nous sommes passés à 173 « mentions ». Qu’est-ce que cela change pour les étudiants ?
En réalité, il ne s’agit pas d’une réforme de diplôme mais d’une réforme des intitulés, dans la mesure où le cadrage et les contenus ont peu évolué. Le changement d’appellation devait rendre l’offre de formation plus lisible. Cela a probablement été le cas pour les étudiants qui peuvent s’orienter par étapes, en choisissant le domaine puis l’une des 173 mentions avant de s’arrêter sur un parcours, qui leur donne le niveau de précision qu’attendent les professionnels. La mention seule ne permet pas toujours d’identifier de manière précise les métiers associés, les étudiants doivent s’intéresser au parcours et aux compétences visées par la formation pour faire un choix.
C’est une réduction drastique. Est-ce qu’on ne va pas perdre en qualité, en diminuant la quantité ? Est-ce que certaines licences pro ont disparu ?
Les contenus de formation et les objectifs n’ont que peu évolué, et la licence professionnelle reste un diplôme reconnu par les employeurs. À ma connaissance, cette réforme n’a pas entraîné la fermeture de formations, mais il est clair que des mutualisations ont été envisagées ou parfois imposées. Les qualités premières de ces diplômes ont été préservées : la coconstruction avec les professionnels à travers les conseils de perfectionnement (certes, plus étendus) et une forte employabilité des diplômés.
Aujourd’hui, pourquoi faire le choix d’une licence pro ?
Tout simplement parce qu’il y a des emplois à la clé. Ce niveau de formation et de qualification est plébiscité par les employeurs dans les secteurs tertiaire et secondaire ; ils constituent clairement une réponse aux besoins des entreprises et des organismes qui recherchent des cadres intermédiaires. Par ailleurs, ces formations, qu’elles soient en alternance ou en formation initiale, prévoient des périodes en entreprise sur plusieurs mois, et ce dispositif permet aux étudiants de passer progressivement d’un environnement universitaire à un environnement économique.
Chapitre 2
À quels profils s’adresse la licence pro ?

Tous les chemins mènent à la licence pro ? Pas si sûr ! L’essentiel du contingent vient des formations courtes (BTS ou DUT), qui apparaissent comme la voie royale vers la LP. Sélective, la licence professionnelle est toutefois ouverte à tous les titulaires d’un bac+2. Ainsi, si vous venez d’une filière plus générale (une licence 2 par exemple), pas de panique ! Selon les établissements, vous aurez parfois plus de chances d’être sélectionné.

 Vous avez suivi une formation courte professionnalisante

Après un BTS ou un DUT
Les étudiants qui viennent de sections déjà professionnalisantes comme les STS (sections de technicien supérieur) ou les IUT, dominent largement dans les promotions de licence pro. En effet, 24,8 % des inscrits en 2017 en licence pro ont été diplômés en 2016 d’un BTS et 22,5 % d’un DUT (41,7 % n’étaient pas présents l’année précédente à l’université ou en STS). Les chiffres varient d’une université à l’autre ; à Rouen : pour la promotion 2014-2015, il y avait 50 % de BTS, 33 % de DUT, 8 % avaient obtenu un diplôme universitaire, dont 2 % de L2 et 5 % de L3. À Rennes 1, pour une LP obtenue en 2014 en formation initiale, les étudiants qui venaient de BTS représentaient 60,6 %, ceux de DUT 32,5 %. Les diplômés issus d’une LG (niveau L2) représentaient 2 % des diplômés. Les 4,8 % restants avaient déjà validé un niveau au moins équivalent à un bac+3 (licence, autre LP, master 1...). À Lille, selon les chiffres de 2016, 61 % des diplômés avaient validé un BTS, 25 % un DUT et 13 % un diplôme d’une autre filière (LG, CPGE, autre LP, etc.).

« Dans les domaines de la production industrielle, il y a une majorité de profils DUT, détaille Bernard Lickel, directeur de l’IUT Robert-Schuman de Strasbourg-Illkirch , et dans les secteurs tertiaires (services, commerce, publicité), on trouve en général une majorité de BTS. »
De plus en plus d’étudiants de ces filières courtes poursuivent leurs études une fois leur diplôme obtenu (en DUT, cela concerne plus de 82 % d’entre eux, dont 30 % se dirigent en LP [ Le Devenir des diplômés de DUT , quatorzième enquête nationale, Assemblée générale des directeurs d’IUT, décembre 2017]). La licence pro apparaît donc comme la suite logique du BTS ou du DUT. Souvent, elle est enseignée dans le même établissement (dans les IUT en particulier). Les étudiants de filières courtes sont légèrement avantagés sur la forme. Ils connaissent déjà ce type d’enseignement moins académique et plus pratique. Ils ont eu l’occasion d’effectuer des stages. Certains DUT proposent même des formations en alternance.

Après un DEUST
La licence pro est également accessible après un diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques (DEUST), une formation professionnalisante qui, depuis la réforme LMD, tend à se raréfier au profit des BTS et des DUT.

Une ouverture à toutes les formations

« Les profils de nos étudiants sont extrêmement variés, estime Virginie Augereau, responsable de la LP gestion des réseaux ferrés à l’IUT d’Argenteuil (université Cergy-Pontoise) . Un tiers de la formation vient du secteur Transport et Logistique (DUT et BTS confondus). Nous pouvons également noter une forte représentation des diplômés de licence générale comme professionnelle (environ un tiers d’entre eux, qui viennent de licence pro génie civil, tourisme ou encore de L3 sciences du langage). Nous sommes ouverts à toute formation, dans la mesure où les étudiants justifient d’un bac+2 validé. »

 Vous avez suivi une formation générale

Après une L2
La licence professionnelle est donc ouverte à tous les titulaires d’un diplôme de niveau bac+2, professionnel ou généraliste, dans la mesure où celui-ci est compatible avec le domaine de la LP demandée. Pour les filières les plus techniques (comme la LP génie civil et construction de Grenoble), quelques heures de remise à niveau sont programmées en début d’année. Mais selon Julien Longhi, qui a été trois ans responsable de la LP MC-CC, chargé de communication de proximité et des médias numériques à l’IUT de Cergy-Pontoise (enseignée à Sarcelles), ces profils sont rares en LP :

« Les licences générales représentent environ 5 % de nos effectifs, c’est-à-dire une personne sur une promotion de 22 étudiants. Comme notre licence pro est dispensée en alternance, nous recherchons des jeunes opérationnels en entreprise. Or, les candidats de LG ont rarement effectué des stages ou des petits boulots dans la communication », ajoute-t-il.
Éric de Saint-Léger, directeur de l’IUT, précise : « Peu d’étudiants entrés à l’université de façon traditionnelle choisissent la licence pro après leur L2, car ils se voient continuer jusqu’en master. Tout le cursus est bâti vers cet horizon d’attente. Ils sont peu attirés et ne se sentent pas concernés par les LP. Nous sommes dans le système LMD : ils veulent au moins atteindre le niveau master. »
Bien sûr, il y a toujours des exceptions qui confirment la règle : la LP hôtellerie-restauration internationale de l’université de Nantes reçoit une moitié d’étudiants de langues étrangères appliquées (LEA) ainsi que quelques autres cursus généraux (LLCE, histoire, psychologie) et une autre moitié de BTS hôtellerie-restauration.

« Notre originalité vient du fait que la licence pro émane d’un département de langues (et non de gestion), comme souvent pour les LP hôtellerie-restauration, explique Jacques Gilbert, professeur des universités à l’origine de la création de la formation. Cette licence pro allie compétences techniques et connaissances des langues et des civilisations. C’est pourquoi elle attire des candidats venus de cursus généraux. En créant cette licence pro il y a dix ans, nous sommes partis de l’idée que dans un hôtel, on trouve des personnes aux parcours très différents. Au départ, c’est donc une volonté de mélanger des étudiants avec des profils variés. »
Mais la plupart du temps, les profils L2 sont rares en licence pro. Ils sont donc recherchés. À l’IUT 1 de l’université de Grenoble-Alpes, en LP conduite de travaux en travaux publics, seuls un ou deux étudiants de licence générale se présentent chaque année dans une promotion de 24 étudiants. Benaceur Guessab, responsable du département génie civil, explique : « Nous aimerions qu’ils soient beaucoup plus nombreux ! Mais les jeunes de L2 ne se bousculent pas pour cette formation. » À l’origine, les licences pro ont été créées pour favoriser une certaine mixité, c’est-à-dire intégrer des étudiants de L2, L3 ou en reprise d’études en plus des diplômés bac+2 de cursus courts. Aujourd’hui, cet objectif n’est pas atteint. Environ la moitié des étudiants de licence professionnelle étaient inscrits en DUT ou BTS l’année précédant leur entrée dans le diplôme. Les licences générales représentent entre 5 % et 10 % des effectifs. Ce qui joue plutôt en faveur des étudiants de licences générales, conclut Benaceur Guessab :

« Un étudiant de L2, qui a un dossier moyen, a plus de chances d’être sélectionné qu’un bon étudiant de DUT, car il y a plus de compétition. »

Les passerelles entre licences générales et licences professionnelles
Ainsi, si vous avez suivi une formation générale et que vous souhaitez entrer en licence pro, la porte ne vous est pas fermée, bien au contraire. Comme à Grenoble, les responsables de formation font en sorte de diversifier les profils et d’accueillir le plus possible de licences générales.

 Les conséquences de la réforme : la « spécialisation progressive »
La « spécialisation progressive » fait partie des mesures phares de la réforme. L’idée ? Permettre aux étudiants d’élaborer leur projet professionnel au fur et à mesure de leur avancée dans le cursus. Et leur offrir la possibilité de changer de filière. Parmi les conditions de la « spécialisation progressive » en LG, des « paliers » d’orientation pour faire le point avec les jeunes sont mis en place : « Cette organisation permet à tout étudiant en cours de cycle de retarder ou modifier le choix de sa mention de licence ou de LP en lien avec son projet personnel et professionnel », souligne un arrêté du ministère daté de février 2014. L’idée ? Décloisonner les matières et éviter les redoublements... Ainsi, vous pourrez plus facilement passer de l’une à l’autre des licences (plus souvent de LG à LP), mais aussi changer de spécialité en cours d’année, dans la mesure du possible.

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