J en ai marre de crier !
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Description


La collection "Les consultations du pédopsy" apporte les réponses pragmatiques des pédopsychiatres aux petits soucis psy de l'enfance (de 0 à 6 ans).



Accompagner sa phase d'opposition



Quel parent à bout, épuisé de ne pas réussir à se faire entendre, n'a jamais hurlé sur son enfant ? Mais crions-nous pour nous faire obéir ou précisément parce que nous échouons à nous faire obéir... ? Si nous perdons parfois le contrôle de nous-mêmes avec nos chérubins, c'est que se jouent dans les rapports d'autorité notre capacité à prendre notre place et notre besoin d'être aimés.



Gisèle George dédramatise la situation et propose aux parents démunis des outils simples et efficaces pour poser les bases d'une autorité saine. En partant d'habitudes répandues du type "Je hurle puis je cède" ou "Je me sens coupable quand je sévis", elle pose un diagnostic pour chaque situation puis donne des solutions pratiques facilement applicables.




  • Je pose les bases d'une saine autorité


  • Je me sens coupable quand je sévis


  • Je me justifie tout le temps


  • Je hurle, puis je cède


  • J'ai beaucoup de mal avec la punition


  • Je n'arrive pas à parler, je ne sais que crier


  • Il faut que ça file droit !


  • Si mes enfants n'arrêtent pas de se disputer, je démissionne !


  • Mon mari est partisan de la méthode forte !


  • Je suis seul(e) pour faire autorité


  • Avec leur beau-père, c'est l'enfer !


  • Ma fille a pris le pouvoir


  • Je fais tout, ils ne font rien !


  • L'enfer des devoirs


  • Les questions que se posent les parents

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 29 mars 2012
Nombre de lectures 72
EAN13 9782212030396
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0071€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les consultations du pédopsy" apporte les réponses pragmatiques des pédopsychiatres aux petits soucis psy de l'enfance (de 0 à 6 ans).



Accompagner sa phase d'opposition



Quel parent à bout, épuisé de ne pas réussir à se faire entendre, n'a jamais hurlé sur son enfant ? Mais crions-nous pour nous faire obéir ou précisément parce que nous échouons à nous faire obéir... ? Si nous perdons parfois le contrôle de nous-mêmes avec nos chérubins, c'est que se jouent dans les rapports d'autorité notre capacité à prendre notre place et notre besoin d'être aimés.



Gisèle George dédramatise la situation et propose aux parents démunis des outils simples et efficaces pour poser les bases d'une autorité saine. En partant d'habitudes répandues du type "Je hurle puis je cède" ou "Je me sens coupable quand je sévis", elle pose un diagnostic pour chaque situation puis donne des solutions pratiques facilement applicables.




  • Je pose les bases d'une saine autorité


  • Je me sens coupable quand je sévis


  • Je me justifie tout le temps


  • Je hurle, puis je cède


  • J'ai beaucoup de mal avec la punition


  • Je n'arrive pas à parler, je ne sais que crier


  • Il faut que ça file droit !


  • Si mes enfants n'arrêtent pas de se disputer, je démissionne !


  • Mon mari est partisan de la méthode forte !


  • Je suis seul(e) pour faire autorité


  • Avec leur beau-père, c'est l'enfer !


  • Ma fille a pris le pouvoir


  • Je fais tout, ils ne font rien !


  • L'enfer des devoirs


  • Les questions que se posent les parents

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J’en ai marre de crier !
Comment se faire obéir sans hausser le ton
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Conception (intérieur et première de couverture) : Caleïdo Éditions Mise en pages : PCA
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2012
ISBN : 978-2-212-54949-2
Dr Gisèle George
Charles Brumauld
J’en ai marre de crier !
Comment se faire obéir sans hausser le ton
Dans la même collection :
Haurat Laurence, C’est l’enfer à table !
Pleux Didier, Petits caprices et grosses colères

Gisèle George
Psychiatre, pédopsychiatre et psychothérapeute en cabinet, Gisèle George anime également des groupes d’affirmation de soi. Elle est l’auteure de publications et ouvrages consacrés à la psychologie de l’enfant, parmi lesquels Mon enfant s’oppose, que dire ? Que faire ? , La confiance en soi de votre enfant aux éditions Odile Jacob, et Ces enfants malades du stress , aux éditions Anne Carrière.
Charles Brumauld
Journaliste spécialisé en psychologie de l’enfant et de l’adolescent, Charles Brumauld travaille régulièrement pour le magazine PsychoEnfants . Il est l’auteur des Clins d’œil Les ados et les marques , S’intégrer et se (dé)marquer et Mon ado ne me parle pas , et co-auteur du livre Le vrai rôle du papa , aux éditions Jouvence.
Table des matières Introduction 1 Chapitre 1 Je pose les bases d’une saine autorité L’enfant construit le parent 14 Partir pour mieux revenir : l’attachement 17 Un lien de dépendance ? 19 Du plaisir à la réalité 20 Chapitre 2 Je me sens coupable quand je sévis Un attachement « insecure » 25 Bons ou mauvais parents ? 28 Tenir, et tenir bon ! 32 Chapitre 3 Je me justifie tout le temps Parents d’hier et d’aujourd’hui 39 Un message éducatif brouillé 41 Informer, expliquer, justifier… Comment faire le tri ? 45 Chapitre 4 Je hurle, puis je cède Tenir le cap 54 Le comportement, résultat d’un processus d’apprentissage 56 Chapitre 5 J’ai beaucoup de mal avec la punition Le poids des valises transgénérationnelles 70 La sanction apprentissage 71 Punir… mais comment ? 73 Chapitre 6 Je n’arrive pas à parler, je ne sais que crier Comprendre l’habituation 84 Adapter son langage 86 À chacun son autorité 89 Chapitre 7 Il faut que ça file droit ! Qu’est-ce que l’indisponibilité mentale ? 98 Une société de la performance, mais à quel prix ? 99 Savoir se rendre disponible 101 Chapitre 8 Si mes enfants n’arrêtent pas de se disputer, je démissionne ! La saine rivalité fraternelle 110 « De toute façon, tu préfères mon frère ! » 112 Je projette, tu projettes, ils… 116 Comment faire face aux disputes fraternelles ? 120 Chapitre 9 Mon mari est partisan de la méthode forte ! Plutôt bâton ou carotte ? 128 Qu’est-ce qu’un comportement ? 130 Pour apprendre, il faut comprendre 131 La méthode forte, vraiment efficace ? 133 Comment valoriser un comportement ? 135 Comment critiquer un comportement ? 137 Mettre en place critiques et compliments 139 Chapitre 10 Je suis seul(e) pour faire autorité Les écueils de la solitude éducative 148 Le cercle vicieux de la perte de confiance en soi 150 L’opposition de l’enfant, une affaire personnelle ? 152 Pas de spectacle sans spectateurs 155 Chapitre 11 Avec leur beau-père, c’est l’enfer ! Mea culpa 163 Régler les conflits larvés 165 (Re)donner la place au parent absent 168 Le beau-parent, pas tout à fait un parent 169 Chapitre 12 Ma fille a pris le pouvoir Temps mort ! 180 Différencier opposition et expression émotionnelle 185 Mieux accepter la frustration 189 Chapitre 13 Je fais tout, ils ne font rien ! Une famille mal éduquée 197 Reprogrammer le logiciel « famille » 199 Les sujets qui fâchent 203 La grève des mamans (ou des papas !) 207 Chapitre 14 L’enfer des devoirs Je veux ma maman rien que pour moi ! 216 Quand papa s’en mêle 217 Le rôle des parents en dehors de l’école 219 En rentrant de l’école 221 Chapitre 15 Les questions que se posent les parents Est-ce une question de tempérament ? 229 Mon enfant le fait-il exprès ? 230 Faut-il le mettre à l’internat ? 231 On ne nous apprend pas à être parents ! 233 S’il est comme ça maintenant, sera-t-il pire à l’adolescence ? 234 Vais-je le traumatiser si je pose des limites ? 235 L’éducation sans souci existe-t-elle ? 236 Pourquoi faut-il lui répéter vingt fois les choses ? 238 Il devrait comprendre… 239 Malgré tous ces bons conseils, vous n’y arrivez pas. Qui aller consulter ? 241 Pour conclure 245 Bibliographie 249
Introduction
U n jour, une de mes consultations avait fortement débordé sur les autres. Bilan ? Une heure de retard. Les patients trépignent dans ma salle d’attente, je file les prévenir de ce contretemps. Une femme m’assure qu’elle a pris son aprèsmidi et que l’attente ne la dérange pas. En revanche, l’homme assis juste à côté tique et me dit : « Moi, ça me dérange, je suis très pointilleux sur les horaires. J’ai horreur de ça, cela m’ennuie beaucoup. » Je lui réponds calmement : « Écoutez, je peux tout à fait comprendre que cela vous embête, mais je n’ai pas d’autre solution, vous pouvez marcher une heure ou prendre un autre rendez-vous. » Ce monsieur décide, fronçant les sourcils : « Je vais y réfléchir », emmenant ses enfants jouer au parc Monceau.
Finalement, le monsieur revient. La consultation se déroule dans une ambiance chaleureuse et très détendue. Il m’a confié juste après : « Vous m’avez autorisé à dire tout de suite ce que j’avais sur le cœur, à libérer mon émotion. On n’aurait pas eu cette discussion, cette manière de parler… » Cet homme avait complètement raison. En pleine empathie (« Je comprends »), j’avais autorisé ce dernier à exprimer son ressenti, en restant ferme sur mes positions (« je n’ai pas d’autre solution »), sans agressivité. D’une voix scandée, en m’impliquant avec le « je », j’ai pu gérer sa colère dans le respect. Lui s’est senti pleinement rassuré. Quelque part, il a senti que c’était « pour son bien », puisque je n’avais pas d’autre solution pour lui : aller marcher une heure ou prendre un autre rendez-vous.
Cette anecdote, apparemment anodine, s’avère en réalité très éclairante sur ce qui, à mon sens, devrait illustrer la relation parents-enfants : « J’entends que tu n’es pas comme moi, que tu ne vois pas les choses de la même façon que moi et que tu n’as pas la même notion de la vie que moi. Tu dois entendre que j’ai une certaine expérience, et que l’on doit négocier dans le respect de chacun. Mon rôle est de t’amener là où tu dois aller. Le tien est de respecter les consignes que je te donne. »
Être un bon parent, finalement, c’est aimer son enfant et l’accompagner sur le chemin de l’autonomie en lui donnant les clés de la vie. Autrement dit, tout le monde est bon parent ! Pourtant, ces derniers s’inquiètent et vitupèrent lorsqu’ils viennent me voir en consultation : « On ne nous apprend pas à être parents ! » Ma réponse reste invariablement la même : « Et dieu merci ! » Éberlués, ils me regardent alors avec curiosité, peut-être déçus que docteur George ne dégaine pas ses multiples recettes d’autorité façon Super Nanny ou super Dolto.
Or, on ne le dira jamais assez, et notamment dans cet ouvrage, le lien qui unit un parent avec son enfant est un lien émotionnel unique et singulier qui existe entre le parent et chacun de ses enfants. Il n’est donc pas reproductible, et les problèmes éventuels et les solutions différeront selon chaque enfant. Ce lien d’attachement est très important car il va permettre aux enfants de mieux intégrer le code de la route de la vie, et vous aider à vous pardonner les erreurs que vous allez commettre dans leur éducation. Parfois, ils se serviront de cette connexion affective pour appuyer là où ça fait mal, vous culpabiliser et essayer de vous faire reculer sur vos consignes éducatives. Le « rôle » de l’enfant est d’essayer de transgresser les limites, le rôle du parent est de les faire comprendre et les faire respecter.
J’en ai marre de crier ! est un livre qui s’adresse aux parents qui parfois ou souvent ne trouvent pas de solutions autres que de s’énerver face à leur enfant testeur de limites. Je vous trouve donc courageux d’avoir fait la démarche de choisir cet ouvrage, à plusieurs titres.
Tout d’abord, parce qu’il est souvent difficile de remettre en question ses habitudes éducatives qui s’étalent parfois sur des générations ou qui décrètent des « y’a qu’à, faut que… » suivis d’une paire de gifles. Ce qui n’est pas votre cas, et je vous en félicite, car vous êtes prêts à changer les choses qui ne vont pas, en tenant compte notamment des avis et des propositions de ce livre.
Par ailleurs, notre société distille de la parentalité parfaite, de l’enfant parfait et de l’éducation sans soucis. L’enfant doit être mignon (mais l’on se garde bien de dire comment), performant au niveau scolaire, sportif, aussi lisse que possible, sans jamais rechigner aux consignes de ses parents… Deux grands types d’éducation sont privilégiés, de manière seule ou mixée :
l’autoritarisme et les règles de conduites policières. Il faut bien se tenir à table, ne pas mettre ses coudes dessus, bien se laver les mains, être un gentil petit garçon ou petite fille, et surtout, ne pas faire de vagues dans le monde qui appartient aux adultes. Cet « idéal » d’éducation faisait florès avant la fin des années 1960, dans une France corsetée, avant d’être balayé par mai 1968 et notamment le slogan « Il est interdit d’interdire ». L’avantage de cette méthode est de couper court à toute discussion rebelle. L’ennui est qu’elle empêche le parent et l’enfant d’avoir une relation émotionnelle. Or, nous le verrons tout au long du livre, le lien émotionnel est ce qui tisse le mieux le relationnel, le social, les apprentissages, le respect des consignes ; l’éducation permissive, limite « baba cool », où des parents issus de la jeunesse du baby-boom de l’après-guerre ont rejeté les valeurs traditionnelles et se sont inscrits en rupture avec le mode de vie de leurs parents et de la société de consommation. Les enfants étaient donc éduqués selon un rejet violent de l’autoritarisme postcenturion d’antan, selon un « Je n’interdis rien à mon enfant, je le laisse tout découvrir ». L’avantage d’être un « parent copain » est de se dégager de ses responsabilités qui, parfois, sont épuisantes à faire respecter. L’inconvénient me fut raconté par un de mes patients. Lorsqu’il a eu 13 ans, son père lui a demandé s’il préférait qu’il lui donne des limites ou non. Le jeune lui a répondu : « Cela dépendra. » Mais à moi, il m’a dit : « J’ai été terrorisé, je me suis dit que si je faisais une bêtise, il ne saurait même pas m’en prévenir, m’en protéger ou m’en punir. Je rechignais à appliquer les consignes édictées par ma mère, mais maintenant, je me sens plus rassuré : elle est garante de ma sécurité, et de mon bien-être, même si parfois, j’en ai vraiment marre d’obéir ! »
De nos jours, les parents oscillent entre ces deux types d’éducation, pris par des injonctions contradictoires. Les enfants, qui perçoivent parfois cette hésitation, s’engouffrent dans la brèche pour essayer de faire ce qui leur plaît, au moment où ils l’ont décidé : autrement dit, rester au stade du « plaisir immédiat » de la toute puissance infantile et de l’intolérance à la frustration. Hier, l’enfant était une donnée de plus dans la vie de l’adulte. Aujourd’hui, il est un projet à part entière. Il se réfléchit, se mûrit, se planifie, et les places en crèche sont déjà trouvées (tout du moins, recherchées) avant la naissance de l’enfant. Mais lorsque l’on planifie trop et que l’on ne laisse pas de place à l’imprévu, tout dérape ! Or, l’imprévu, c’est la quintessence d’un enfant ! Il ne faut pas oublier que ce petit être commence son processus d’apprentissage dès son premier souffle, et avancera dans la vie à coups d’erreurs, de tâtonnements, d’expériences hors des sentiers battus et rabattus. Un grain de sable peut alors se muer en tempête du Sahara car, ô surprise, votre enfant s’oppose !
Aujourd’hui, les grossesses sont ultrasurveillées, le développement de l’enfant très normé. À tel âge il doit marcher, à tel âge déclamer tel et tel mot. Alors si l’enfant ne devient pas bipède au bout de 14 mois, c’est la panique à bord ! Aujourd’hui, lorsque l’on désire un enfant, on souhaite également qu’il s’inscrive dans un projet de vie et d’avenir. On pense à lui donner de la nourriture de qualité, à lui faire découvrir des sports afin qu’il ait le goût de l’effort et apprenne la persévérance (tennis, football, danse, jeux du cirque…), à l’accompagner dans ses études pour qu’il décroche le sacro-saint baccalauréat ; bref, à lui donner le meilleur chaque jour afin qu’il réussisse sa vie plus tard et surtout que nous, parents, puissions nous dire que nous avons réussi son éducation.
Ça se tient. Sauf que ces parents sont dans le sacrifice par rapport à leurs enfants, aujourd’hui plus qu’hier. Avant, dans une France essentiellement rurale, les parents transmettaient à leurs enfants une maison, une terre, une petite société pour reprendre le flambeau. Maintenant, c’est difficilement possible, l’exode rural ayant rempli les villes, et le prix de l’immobilier ayant explosé ces dernières années, l’acquisition d’un bien est aujourd’hui plus difficile. Dès lors, que transmettre aux enfants ? Des valeurs ? Lesquelles ? Le monde tourne trop vite (sur lui-même, néanmoins) et plus une seule des valeurs, qui avait fait grandir hier les enfants, ne tient la route aujourd’hui face à la rapidité des changements de vie et de rythme, aux évolutions de la technologie, à la mondialisation, à la remise en cause des grands préceptes spirituels ou politiques. De peur d’être dépassés, les parents suivent le mouvement et gâtent un peu trop leurs enfants (jeux vidéo, vêtements, téléphone portable), afin de combler l’éventuel décalage avec leurs copains. Du coup, ils travaillent comme des fous pour ne pas être socialement déclassés, et que leur progéniture ne manque de rien. Que ce soient des parents d’un milieu social élevé ou plus modeste, tous me tiennent ce discours : « Je veux qu’il ait les mêmes chances que les autres dans la vie. » Sauf que réussir sa vie dépend de la confiance en soi, de la confiance que les parents ont dans leur rôle, des liens émotionnels et d’attachement qui, s’ils sont solides, permettront toujours une adaptation de l’enfant puis de l’adulte à l’adversité. Qu’une maman se sacrifie à faire seule le repas ou le ménage, que les parents rognent sur leur bien-être afin d’avoir les moyens d’acheter le dernier jeu ou vêtement à la mode n’a rien à voir là-dedans ! C’est juste que vous et vos enfants êtes, sans vous en rendre compte, assujettis à un discours consumériste qui prône le paraître au bien-être.
Certains parents, qui ont fait de hautes études, parfois de grandes écoles, gagnent bien leur vie en travaillant tous les deux. Ils ont des responsabilités, voyagent et mettent beaucoup de pression sur la réussite de leur enfant, le surstimulent pour qu’il devienne le plus fort, le plus rapide, le meilleur partout. D’autres ménages, plus modestes, jouent aussi la carte du sacrifice, en travaillant dur pour que leur fils ou leur fille ne connaisse pas le sentiment de manque et d’envie inassouvie (une nouvelle console, le jean que tout le monde porte, le cartable dernier cri) ou pour l’inscrire dans une école privée afin de lui « donner toutes les chances ». Mais ce qui a beaucoup changé, c’est le fait que le poids de l’éducation pèse uniquement sur les épaules des parents. Auparavant, un enfant qui faisait une bêtise dans un village était sanctionné par n’importe qui, fut-il parent ou pas, mais se positionnant en tant que figure d’attachement : « C’est un enfant de mon village, je dois aussi m’en occuper à ma manière, je ne peux le laisser dans une situation qui n’est pas garante de sa sécurité et de son bien-être. » Maintenant, personne ne bouge, et les parents se trouvent en première ligne, isolés. Les aïeux tendent plutôt vers le « grand-parent mais pas trop ». Ils n’hésitent pas à faire partager leurs passions à leurs petits-enfants, sans pour autant rogner sur leur temps précieux de bridge, de croisières ou de vie professionnelle. Ajoutez à cela une remise en question globale des valeurs religieuses, des journées de boulot stressantes, pressurisantes, le spectre du chômage qui touche tous les niveaux sociaux et la « crise » financière. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la marmite explose en rentrant le soir à la maison… Vous vous retrouvez alors en train de hurler vos consignes éducatives, sachant pertinemment que cela ne sert à rien en termes d’apprentissage, mais, qu’en revanche, votre niveau de tension diminuera… Je le dis souvent : un punching-ball avec la photo de votre patron dessus vous calmerait bien plus !
Ce livre peut vous accompagner dans votre volonté de changer le cours des choses. Vous pouvez commencer par n’importe quel chapitre suivant la ou les questions qui vous intéressent le plus, mais sachez que le plan de l’ouvrage s’inscrit dans le contexte de développement de l’enfant et de son comportement. Le premier chapitre reste indispensable pour comprendre les fondements de l’attachement dans la relation parent/enfant, et vous permettra donc de poser l’autorité beaucoup plus sereinement et sans culpabilité. En effet, ce lien d’attachement est le fil conducteur de cette relation qui permet d’être un parent accompagnant, comme une sorte de compagnonnage.
Avant de lire cet ouvrage, gardez en tête les points suivants :
ne vous inquiétez pas, l’autorité n’est pas un gros mot, et un comportement d’enfant s’apprend et se désapprend. Il n’y a donc pas de fatalité concernant le devenir de vos enfants ; l’éducation de vos enfants ne s’effectuera pas forcément dans le sens souhaité au départ… S’il est important de viser un idéal éducatif, en rejetant ou en gardant une part de vos « valises transgénérationnelles », il faut essayer de faire la balance entre l’idéal vers lequel on veut tendre et le réel ; abandonnez le fantasme du parent parfait et de l’éducation sans soucis qui, par ailleurs, n’existe pas. Les enfants ne sont pas des clones robotisés, sinon on s’ennuierait sérieusement ! L’autorité n’est pas forcément synonyme d’interdictions limitantes, d’espoirs déçus, de rêves contrariés ; contrairement aux idées reçues, c’est en autorisant, en valorisant et en stimulant le comportement d’un enfant que l’on est le plus autoritaire. Par l’accompagnement dans l’apprentissage, l’enfant sera plus obéissant envers une autorité reconnue, perçue comme garante de sa sécurité et de son bien-être. En deux mots, soyez sévères mais justes ! vous n’êtes pas de mauvais parents ! Arrêtez de le penser ! Vous faites du mieux que vous pouvez avec ce que vous avez. Il ne faut pas oublier que les enfants ne sont pas des anges et qu’ils vont faire des bêtises qui ne seront pas forcément de votre faute. Leur caractère, leur personnalité, leur tempérament et les étapes de leur développement les amèneront à remettre en cause vos valeurs pour les négocier et passer à l’étape suivante. D’ailleurs, de mon point de vue de pédopsychiatre, je préfère un enfant qui râle et rechigne à appliquer les consignes, plutôt qu’un enfant qui ne bouge pas, ne demande rien, ne s’oppose jamais… et qui se réveille tout à coup comme un volcan détruisant tout sur son passage : sa personnalité, sa socialisation, ses apprentissages et sa famille.
« On ne nous apprend pas à être parents » déplorent Pierre et Christiane, pour expliquer leurs cris fréquents et aigus envers Camille, leur fils de 5 ans.
Est-ce que l’on crie pour se faire obéir ou précisément parce qu’on échoue à se faire obéir ? En général, les cris parentaux indiquent que les limites initialement fixées par les parents ont déjà été franchies, les cadres battus en brèche, l’autorité dépassée. Journées de travail stressantes, fatigue, lassitude, sensation de burn out , enfant qui a décidé d’être casse-pieds… Les parents, à bout, ne trouvent parfois d’autre solution que de tonitruer dans les couloirs pour se faire entendre et se faire respecter. Cela peut arriver, ponctuellement, et il ne faut pas culpabiliser outre mesure. En revanche, si crier devient un mode éducatif à part entière, les effets risquent d’être délétères, et ce pour deux raisons :
d’une part, l’enfant s’habituera progressivement, et il deviendra de plus en plus difficile de faire passer des messages éducatifs importants pour son développement et son bien-être. Un enfant « habitué » aux cris de ses parents ne les écoutera plus ;
d’autre part, les hurlements sont le symptôme d’un dysfonctionnement, non la cause. Enfants ou parents, l’un a sans doute mal compris ce que l’autre attendait de lui.
Pour le savoir, il faut s’interroger sur ce qu’attend l’enfant de son parent. Qu’est-ce qu’un parent ? Quel est son rôle, sa fonction, sa mission, envers son enfant ?
Un parent est un peu comme un moniteur d’auto-école qui amène progressivement son élève à s’autonomiser afin de savoir un jour conduire seul sur les routes sinueuses de la vie. Pour cela, l’éducateur devra transmettre à son élève le code de la route, des règles impératives afin qu’il parvienne à une conduite sécurisée. Au début, le moniteur garde le contrôle du véhicule, avec les doubles pédales, et reprend le contrôle à tout moment s’il estime que son élève se met en danger. Comme le parent, il donne des informations que l’enfant ou l’élève met en application, sans forcément y parvenir tout de suite. Parfois, un grand coup de frein rappellera à l’élève que le guide reste à ses côtés lorsque le danger devient trop imminent. Le but est que l’enfant, comme l’élève, parvienne à passer lui-même les vitesses et choisisse son chemin sous le regard bienveillant de son parent-moniteur.
L’enfant construit le parent
Beaucoup de parents sont en quête du graal : une perfection parentale, un « manuel du parfait parent », qui leur garantirait de ne connaître aucune résistance ou aucune opposition de la part de leur enfant. Ils ne comprennent pas toujours que ce sont les enfants qui, souvent, par leurs demandes, leur apprennent à être parent. Dès la naissance, l’enfant est capable de chercher quelqu’un pour le protéger, par pur instinct de survie : « Je hurle, cette personne m’entend, me comprend et apaise mon malaise. » Il cherche donc et stimule ce qu’on appelle la figure d’attachement (ou caregiver ), qui va répondre à ses sollicitations. La parentalité n’est pas seulement un phénomène inné, liée à l’ontogenèse : l’homme et la femme qui deviennent père et mère acquièrent progressivement le « logiciel » de papa et de maman. Le parent qui est considéré par l’enfant comme la personne de référence pour assurer son autonomie, son bien-être et sa sécurité affective, devient une figure d’attachement. L’apaisement procuré à l’enfant par sa ou ses figures d’attachement renvoie au caregiver l’image qu’il a été un bon parent. L’enfant lance l’information, le parent y répond. De cet échange va naître un lien d’attachement profond qui durera toute la vie.
Répondre à ses premières demandes
Au début, ce lien est très intuitif, voire sensoriel : le bébé va utiliser toute une palette de comportements, et émettre des signaux sensoriels et moteurs afin de susciter une interaction avec son parent. Il crie, pleure ou fait des grimaces, et le parent se rapproche de lui, pour essayer de comprendre son besoin pour agir. L’apaisement de l’enfant va transformer le caregiver en « bon » parent. Ce dernier est rapidement identifié et évalué par l’enfant dans ses compétences de caregiving (lien émotionnel et d’attachement qui lie parents et enfants) : la maman qui donne le lait ou le papa qui donne le biberon vont être associés au besoin alimentaire pressant du nourrisson, auquel répond le caregiver en lui donnant le sein ou, le cas échéant, le biberon.
À la naissance, la mère est plus outillée que le père pour comprendre et anticiper les besoins de l’enfant pour des raisons essentiellement hormonales. Pendant la grossesse, puis à la naissance, la femme secrète de l’ocytocine, hormone de la lactation, mais aussi de l’amour et de l’attachement, surtout après l’accouchement qui marque des niveaux maximums d’ocytocine chez la mère. Ces hormones vont donner la capacité à la maman d’éprouver une empathie, une écoute et un lien émotionnel un peu plus développés que le papa, au début tout au moins. Cela va lui permettre d’être plus sensible et plus apte à décoder le message de son enfant. Ce dernier va d’ailleurs envoyer des messages de plus en plus « opérants ». En d’autres termes, là où l’enfant agissait de manière intuitive, ses prochains signaux vont devenir volontaires, car il sait maintenant que son parent répondra aux signaux émis et compris.
Des demandes de plus en plus variées
Les besoins vont changer, et l’enfant va demander des soins particuliers qui vont se corriger ou s’adapter en fonction du but qu’il se fixe (demander des chatouilles, être aidé pour manger à la petite cuillère). Le caregiver , autrement dit le parent, devra sans cesse revoir ses compétences et les corriger : le nurturing (soins vitaux) devient du nursing (soins d’apaisement), puis de la transmission pour développer l’autonomie de son enfant.
De ce fait, l’enfant va également commencer à élargir le cercle des caregivers , les hiérarchiser et comprendre ce que chacun peut lui apporter. Les parents figurent au sommet de la pyramide, accompagnés des grands-parents, puis de la nounou, de la maîtresse… Parents et enfants, même s’ils tâtonnent parfois pour se trouver, négocier de nouveaux buts, vont réussir à faire naître un lien émotionnel unique et singulier entre eux. Leur relation est si intime, si singulière qu’il ne peut y avoir de manuel du parfait parent, du parfait enfant ou de la parfaite éducation. Un manuel, tel que celui que vous êtes en train de lire, doit vous donner des pistes, mais à vous de les adapter à ce que vous ressentez des besoins de votre enfant. Le parent « parfait » serait celui qui se fait confiance dans son rôle.
Partir pour mieux revenir : l’attachement
Comprendre l’attachement et le détachement
Si un enfant perçoit un danger externe (peur de l’autre, froid) ou interne (anxiété, malaise), il se rapprochera, voire s’agrippera à son caregiver . Une fois sécurisé par sa présence physique et/ou psychique, il se sentira capable d’affronter le monde et s’éloignera de son protecteur. Cette réassurance peut être physique ou psychique. Au fur et à mesure de son développement, le simple fait d’avoir en tête l’image d’une figure d’attachement rassurante lui permettra d’élargir son « havre de sécurité ». La consistance de ce lien d’attachement s’avérera importante pour que l’enfant puisse explorer lui-même des territoires inconnus, s’autonomiser tout en se socialisant.
Ce lien d’attachement est donc couplé avec la possibilité de se détacher. L’enfant pense : « Je suis attaché à lui, donc je peux m’en détacher en toute sécurité. » En effet, pour s’autonomiser, entrer en relation avec les autres, il faut pouvoir se détacher de son parent tout en sachant qu’il reste à nos côtés.
Se détacher ne signifie pas que l’enfant n’aime plus ses parents, car ils restent toujours dans leur tête comme les meilleurs garants de sa sécurité et de son bien-être. Ainsi, sûr de leur amour et de leur bienveillance, l’enfant va pouvoir aller vers les autres et gagner en autonomie, car il sait qu’il pourra toujours compter sur eux en cas de besoin.
Petit à petit, le caregiving va évoluer vers un partenariat choisi entre le parent et l’enfant, consenti et corrigé selon les buts de chacun. Les soins parentaux vont davantage se focaliser sur la transmission, l’apprentissage, l’accompagnement (par exemple, maman aidera aux devoirs, papa lui apprendra le vélo, ou l’inverse). Parallèlement, l’enfant, vers 5 ans, va commencer à comprendre et à interpréter les intentions mentales des proches. C’est la « théorie de l’esprit » : « Si je fais ça, maman ou papa vont se mettre en colère. »
La confiance en soi
L’attachement/détachement est l’une des bases de la confiance en soi de l’enfant. Dans la tête de l’enfant, le parent n’est pas un adulte comme les autres. Il s’agit de sa figure d’attachement qui sait ce qui est bon ou pas pour lui. Au contact de son parent, l’enfant développe un sentiment de sécurité et de confiance, car sa figure de soutien est protectrice et disponible. Avoir confiance en son parent lui donnera confiance en lui, par exemple, pour enfourcher son vélo : « Le vélo, c’est dur, mais si papa ou maman me dit que je peux le faire, alors ça doit être possible. »
Pour l’enfant, la deuxième base de la confiance en soi est le lien émotionnel qui s’est tissé dès la naissance. L’enfant est en prise directe avec les émotions et les sentiments de ses caregivers . Pour cette raison, il est important d’utiliser ce lien pour valoriser les progrès et les réussites de son enfant, en passant par le « je », qui implique le parent, associé à un sentiment qui parle au nom du lien émotionnel (« je suis fier », « ça me fait plaisir »). Ces petites « touches d’émotionnel » aideront plus tard au respect d’autres consignes (ranger sa chambre, faire ses devoirs avant de jouer, etc.). Les apprentissages s’intègrent mieux s’ils sont faits dans une ambiance chaleureuse. Les cris n’ont aucune efficacité pour apprendre une table de multiplication, votre plaisir si ! On apprend mieux dans un cadre ludique et chaleureux qu’avec des hurlements.
Un lien de dépendance ?
Le lien d’attachement, au départ, ressemble à s’y méprendre à un lien de dépendance. En effet, prenez l’exemple d’une drogue et de l’addiction qui en découle. Le produit toxique (alcool, joint) vient soulager un malaise impérieux, et le consommateur mémorise alors que pour éliminer son malaise, il doit utiliser systématiquement ce produit. Avec la figure d’attachement, on observe le même système : la réaction quotidienne du parent qui vient soulager une tension, un manque, un besoin de son enfant, l’apaise. L’enfant croit ainsi, au départ, que tous ses besoins, ses malaises, sa survie seront apaisés par le produit : son parent.
L’ennui est que ce sentiment va perdurer tout au long de son enfance, et le jeune apprenti de la vie va continuer à croire que ses parents vont toujours le comprendre et l’apaiser s’il crie ou s’oppose lorsqu’il éprouve un malaise. Par exemple, il se dit : « Quand j’étais petit, ils ne disaient rien, comprenaient et trouvaient la solution. Pourquoi mes parents ne me comprennent pas ?

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