Salaires des enseignants
115 pages
Français

Salaires des enseignants

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115 pages
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Description

Cet ouvrage analyse l'évolution des salaires des enseignants des années 1980 à nos jours. Il montre que malgré les revalorisations successives dont ils ont fait l'objet ces dernières décennies, les salaires des enseignants ont baissé. L'ampleur de la baisse varie selon les catégories d'enseignants. Mais toutes les catégories ont été touchées, les universitaires, les enseignants du secondaire et depuis les années 2000 également les enseignants du primaire. Alors qu'une nouvelle revalorisation des salaires des enseignants est annoncée, il s'agit de faire le point sur l'évolution des salaires des différentes catégories d'enseignants - professeur des universités, maître de conférences, professeur agrégé, professeur certifié, professeur des lycées professionnels et professeur des écoles - des années 1980 à nos jours.

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Date de parution 19 janvier 2021
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EAN13 9782140168932
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait

Bernard Schwengler
SALAIRESDES ENSEIGNANTS La chute
Questions contemporaines
4XHVWLRQV FRQWHPSRUDLQHV Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud, Bruno Péquignot et Xavier Richet &K{PDJH H[FOXVLRQ JOREDOLVDWLRQ« -DPDLV OHV © TXHVWLRQV FRQWHPSRUDLQHV ª Q¶RQW pWp DXVVL QRPEUHXVHV HW DXVVL FRPSOH[HV j DSSUpKHQGHU /H SDUL GH OD FROOHFWLRQ © 4XHVWLRQV FRQWHPSRUDLQHV ª HVW G¶RIIULU XQ HVSDFH GH UpIOH[LRQ HW GH GpEDW j WRXV FHX[ FKHUFKHXUV PLOLWDQWV RX SUDWLFLHQV TXL RVHQW SHQVHU DXWUHPHQW H[SULPHU GHV LGpHV QHXYHV HW RXYULU GH QRXYHOOHV SLVWHV j OD UpIOH[LRQ FROOHFWLYH 'HUQLqUHV SDUXWLRQV $QQLH )(66$*8(7)217$1(7L’hôpital entre don et dettes  &KDQWDO GH /$9(/(<(Un monde nouveau en devenir,Des raisons d’espérer,  &KDQWDO GH /$9(/(<(Vers quel monde allons-nous ?,Des raisons d’être inquiet, .(OKDGM 0DPDGRX $OLRX ',$//2La rationalité dans l’associatif  3KLOLSSH 6&+$))+$86(5le capitalisme. Une mise en abyme du Critiquer monde contemporain  'U *HRUJHV2OLYLHU &$5,66,02Le juste soin. Adapter le système de santé à la réalité épidémiologique et démographique  5pJLV &+5,67,1Le crépuscule du modèle politique et administratif français  7KLHUU\ %(5*(5Famille, où vas-tu ?, <YHV *8(5021'La citoyenneté à travers la géographie  (ULN /28,6Pour en finir avec le peuple  <YRQ 48,1,28L’inquiétante tentation de la démesure, L’homme face à la nature et à lui-même  5RJHU %(1-$0,1Fondement philosophique et social du socialisme 'RPLQLTXH 9,'$/ GLU Les nationalistes à l’assaut de l’Europe $OH[DQGUH %$80$11Effondrement, burn-out et échec scolaire 5RPDLQ 67())(121,Antispécisme, l'animal moral $EGRXOD\H 1*20Migration clandestine sénégalaise vers l’Europe. Enjeux, déterminants et perspectives &KDUOHV 3HUH] .DULQD 6RNRORYDPrison numérique. Mise en lumière de quelques nuances sombres de notre société numérique 
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6$/$,5(6 '(6 (16(,*1$176
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Le vote Front national en Alsace.2EHUOLQ  Déficits publics. L’inertie française./¶+DUPDWWDQ  Les règles budgétaires 'H %RHFN  De l’inflation à la dette publique /¶+DUPDWWDQ  © L’Harmattan, 2021 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21692-8 EAN : 9782343216928
Introduction. Trois générations d’enseignants
La génération 1 : Georges
Georges est né en 1933. Après avoir passé son baccalauréat, en 1951, il a obtenu une licenced’histoire tout en travaillant comme surveillant pour financer ses études. Par la suite, il a enseigné l’histoire-géographie pendant quelques années comme maître auxiliaire dans plusieurs établissements de l’académie de Nancy-Metz. Il a été titularisé à la rentrée scolaire de 1962 dans le corps des professeurs certifiés.
e er Il a atteint le 11échelon, soit l’échelon le plus élevé,le 1 septembre 1986 1 avec un salaire net mensuel de 3589 euros.Il a pris sa retraite en 1993, à l’âge de 60 ans, après 42 années d’activité professionnelle (à une époque où il fallait avoir cotisé 37 ans et demi pour avoir droit à une pension de retraite à taux plein).
La génération 2 : Claude, Patrick et Mathilde
Claude, né en 1963, a passé le CAPES de mathématiques en 1985. Il a été titularisé à la rentrée scolaire de septembre 1986, après une année de formation en centre pédagogique régional, et nommé au second échelon du corps des e professeurs certifiés (au moment où Georges atteignait le 11 échelon). Son salaire net mensuel était de 2161 euros.
e En principe, sur la base d’une comparaison entre son salaire de 2échelon et e le salaire de 11 échelon de Georges, Claudepouvait s’attendre à une progression de salaire au cours de sa carrière de 66 % (une progression lui permettant de franchir la distance séparant 2161 euros de 3589 euros).
e 25 années plus tard, en septembre 2011, il atteignait le 11 échelon avec un salaire net mensuel de 3006 euros. De septembre 1986 à septembre 2011, le e salaire de 11 échelon des professeurs certifiés avait subi une diminution de près de 16 % (il était passé de 3589 euros à 3006 euros). Et cette diminution
1 Pour Georges ainsi que pour l’ensemble des enseignants mentionnés dans l’introduction, les salaires indiqués correspondent à un service à temps complet, effectué dans 4 classes, avec fonction de professeur principal en classe de seconde, et une heure supplémentaire par semaine. Les salaires sont exprimés en euros constants de décembre 2018. Leur mode de calcul figure en annexe 1. ϱ
avait réduit d’autant la progression individuelle du salaire de Claude de 1986 à 2011.
Cette baisse de salaire s’est accélérée à partir de 2011. Lorsque Patrick, né en e 1967, professeur certifié à partir du début des années 1990, a atteint le 11 échelon, en septembre 2018, son salaire net mensueln’était plus que de 2780 2 euros. A prix constants , cela correspondait à une nouvelle baisse de près de e 8 % par rapport au salaire de 11 échelon de septembre 2011 (le salaire de e Claude) et à une chute de 23 % par rapport au salaire de 11 échelon de 1986 (le salaire de Georges).
En théorie, la baisse de salaire qui frappe les nouvelles générations par rapport aux générations précédentes peut être compensée par l’accès à de nouvelles échelles de rémunération, plus élevées, en fin de carrière. En effet, pour les professeurs certifiés ont été créées de façon successive la hors classe, en 1989, et la classe exceptionnelle, en 2017.
C’est ainsi que Mathilde, née en 1962, ayant passé son CAPES de sciences e économiques et sociales en 1985, après avoir atteint le 11 échelon de la classe normale en 2009, a été promue à la hors classe des professeurs certifiés en e 2012. Et elle a atteint le 6échelon, soit l’échelon le plus élevé de la hors classe, en septembre 2018, avec un salaire net mensuel de 3296 euros. Et pourtant, à prix constants, il s’agissait d’un salaire inférieur de près de 8 % à e celui de Georges de septembre 1986 (qui était un salaire de 11 échelon de classe normale, la classe unique de 1986)
e Et ce n’est pas un éventuel passage au 7échelon de la hors classe, dont la création est prévuepour l’année 2021, en application du protocole PPCR de 2016 (le protocole parcours professionnels, carrières et rémunérations) qui changerait quelque chose à cela. En effet, la hausse de salaire permise par ce passage permettrait à peine de compenser la hausse des prix. A prix constant, son salaire n’augmenterait pas.
Pour atteindre le salaire de Georges de 1986, il faudrait qu’elle soit promue à la classe exceptionnelle. Mais en raison du caractèrerestreint de l’accès à la classe exceptionnelle, il est peu probable qu’elle y parvienne d’ici 2025, e l’année de son 63anniversaire, où elle a prévu de prendre sa retraite.
2 L’évolution des salaires exprimés à prixconstants tient compte des variations des prix et reflète l’évolution du pouvoir d’achat. ϲ
La génération 3 : Chloé
Chloé, née en 1992, a effectué des études de sciences physiques à l’université de Strasbourg. Après avoir obtenu une licence, elle s’est inscrite en master de sciences de l’éducation. Elle a obtenuson CAPES de sciences physiques en e 2017 et a été titularisée à la rentrée de septembre 2018 au 2 échelon de la classe normale de professeur certifié. Son salaire net mensuel était de 2027 euros.
A prix constant, cela correspondait à une baisse de près de 6 % par rapport au salaire net de début de carrière de Claude en 1986. Comparativement à la e baisse de salaire de fin de carrière au 11 échelon, qui de 1986 à 2018 fut de près de 23 %, cette baisse de 6 % du salaire de début de carrière peut sembler modérée. Cette relative modération dans la baisse résulte de la création en 2008 de la prime d’entrée dans les métiers d’enseignement, d’éducation et d’orientation, d’un montant annuel de 1500 euros, et que touche par conséquent Chloé. Mais cette prime n’est versée que la première année d’enseignement.
Sur la base du niveau des salaires en 2018, Chloé peut espérer une progression e individuelle de son salaire de 65 % si elle termine sa carrière au 7 échelon de la hors classe. Il s’agit d’une progression d’une ampleur comparable à celle qui était envisagée pour Claude en 1986, avant la création de la hors classe. e e Pour Claude, cette progression consistait à passer du 2 au 11 échelon de la classe normale (la classe unique de l’époque) et devait s’effectuer en 25 ans (sur la base des duréesmoyennes d’avancementen vigueur en 1986). Pour e Chloé il s’agira d’atteindre le 7échelon de la hors classe, ce qui correspondra au mieux à une durée de près de 32 ans (sur la base des durées moyennes 3 d’avancement en vigueur en 2018).
Et tout ceci est très théorique. On se souvient que pour Claude, sa progression effective de salaire n’a pas correspondu au scénario envisagé en 1986. Il est probable qu’il en sera de même pour Chloé.
3 Avec l’hypothèse d’une nomination à la hors classe une année après avoir atteint le e 11 échelon de la classe normale. ϳ
La comparaison des salaires entre les membres de 3 générations d’enseignants permet d’illustrer le phénomène de baisse que subissent les salaires des enseignants depuis plus de 3 décennies.
Le thème de la rémunérationdes enseignants est l’objet d’un débat récurrent depuis plusieurs années. L’un des épisodesles plus récents de ce débat a été l’annonce à l’automne 2019 par les pouvoirs publics d’une revalorisation de la rémunération des enseignants à l’occasion du projet de réforme des retraites.
Ce débat est alimenté par des études effectuées selon 3 types d’approche. Le premier type est constitué de comparaisons internationales portant sur les niveaux de rémunération entre les enseignants de différents pays. Les études de ce type, qui émanent principalementde l’OCDE, alimentent en France un discours consistant à mettre en parallèle le niveau de rémunération des enseignants français et celui des enseignants d’autres pays. Ces comparaisons portent soit sur l’ensemble des enseignants soit sur certaines catégories d’enseignants (enseignants du primaire, enseignants du secondaire, enseignants en début de carrière, en milieu de carrière, en fin de carrière) (cf. par exemple OCDE, 2019). Le second type d’approches repose sur des comparaisons, internes à la France, entre la rémunération des enseignants d’une part et la rémunération des membres d’autres groupes professionnels d’autre part. On compare la rémunération des enseignants à celle, selon les cas, des fonctionnaires non enseignants, de l’ensemble des salariés, des salariés de niveau de qualification équivalente ou des membres d’une profession particulière (Mingat, Suchaut, 2007). Le troisième type d’approches est de nature temporelle. Ilconsiste à étudier l’évolution de la rémunération des enseignants au cours du temps. Nous nous concentrons pour notre part dans les lignes qui suivent sur ce troisièmetype d’approche en 4 étudiantl’évolution des salairesdes enseignants de 1982 à 2018.
Des années 1980 à nos jours, les salaires des enseignants ont subi des influences contradictoires. Ils ont d’une part été tirés vers le haut par des mesures de revalorisation de carrières. Et ils ont subi par ailleurs des facteurs de baisse, correspondantprincipalement en la perte de valeur du point d’indice et en la hausse des retenues sociales.
Ces influences contradictoires rendent difficiles une perception d’ensemblede leur évolution. Et elles génèrent des discours contradictoires sur leur évolution.Cette difficulté à établir un diagnostic d’ensemble sur l’évolution
4 L’expression de rémunération est une expression générale. Nous lui préférons l’expression de salaire que nous définissons au début de la première partie. ϴ
des salaires des enseignants faisant consensus était déjà perceptible au cours des années 2000. Elle se manifestait par la contradiction entre des analyses faisant état d’une baissedu salaire des enseignants (Bouzidi et alii, 2007) et d’autresévoquant sa stabilité (Goux et alii, 2008). Plus de 10 années après ces analyses, alors que les enseignants ont fait l’objet au cours des années 2010 de nouvelles mesures de revalorisation de carrière, et que par ailleurs la perte de valeur du point d’indiceet la hausse des retenues sociales se sont poursuivies, il nous semble utile de faire le point.
Les lignes qui suivent ont pour objectif de quantifier les influences contradictoires sur les salaires des enseignants afin de mesurer leur évolution réelle.
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Les chapitres 1 et 2 décriventl’évolution, de 1982 à 2018, des différents facteurs qui ont exercé, à la baisse ou à la hausse, une influence sur les salaires des enseignants. Le chapitre 3 est un chapitre synthétique. Il présente la résultante de ces évolutions sur les salaires de 1982 à 2018 pour 6 corps d’enseignants à différents niveaux d’ancienneté. Le chapitre 4 effectueune comparaison entre l’évolution du salaire desenseignants et l’évolution du salaire des fonctionnaires d’Etat non enseignants. Le chapitre 5 envisage la question de l’évolution du salairedes enseignants, pris dans leur ensemble, et non plus corps par corps. Le chapitre 6 présente les effets de la réforme des retraites sur le montant des pensions de retraite des enseignants.
L’essentiel des données que nous utilisons résulte d’un travail de reconstitution des salaires des enseignants à différentes dates pour différents corps et pour différents niveaux d’ancienneté à partir des variables permettant de les calculer: grilles indiciaires, valeur du point d’indice, montant des rémunérations annexes, retenues sociales, indices des prix à la consommation. Ces variables sont présentées en annexe et le lecteur qui le souhaite peut s’en servir pour calculer lui-même l’évolution des salaires des enseignants des années 1980 à nos jours. Nous utilisons également des données figurant dans les rapports annuels publiés par la direction générale de l’Administration et de la Fonction publique (la DGAFP) ainsi que celles figurant dans les bilans sociaux du ministère de l’Education nationale.
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Par ailleurs nous tenons à remercier l’ensemble des personnes qui d’une façon ou d’une autre nous ont aidé dans la rédaction de ce livre: Adrien Friez, Alain Rael, Alexis Torchet, Benoit Teste, Caroline Delavière, Catherine Nave-Bekhti, Christophe Huguel, Daniel Bruder, Dominique Bruneau, Elise Mavraganis, Eric Bientz, Eric Fries Guggenheim, Gilles Oberrieder, Guillaume Schwengler, Isabelle Schmidt, Jean-Paul Villette, Joëlle Batt, Laurent Gomez, Marie Schwengler, Marie-Odile Lortz, Odile Nave, Pascal Kittel, Pascal Politanski, Pierre-Marie Rochard, Régine Francal, Richarde Schultz, Roland Pfefferkorn, Stephane Leymarie, Véronique Dufrenoy
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